5.5. D�veloppement du s�chage des fruits, l�gumes, tubercules et �pices en C�te d'Ivoire

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- Jean-Claude Amon

 

LE CONTEXTE LOCAL

Situ�e approximativement entre les 5�me et 10�me parall�le Nord, la C�te d'Ivoire, comporte comme le Nig�ria, outre la zone de lagunes en bordure du Golfe de Guin�e, une zone humide avec de hautes for�ts, abritant de riches cultures de "rente" : caf;, cacao, cocos, palmistes, ananas, puis une zone de savanes, dont la v�g�tation devient de plus en plus clairsem�e a mesure quo l'on se rapproche des fronti�res du Mali et de la Haute-Volta. Le relief' en pente douce depuis les r�gions du Sahel vers la mer, est peu accus�.

Le climat est, dans l'ensemble favorable au s�chage solaire, bien que les r�gions du sud aient un ensoleillement plus limit� pendant les saisons des pluies.

 

LES PRODUITS SECHES

Fruits : malgr� une production tr�s importante et vari�e, tr�s peu de fruits sont s�ch�s par les agriculteurs en C�te-d'Ivoire.

L�gumes : de nombreux l�gumes et condiments sont par contre s�ch�s :

Champignons (diverses esp�ces)   T�tes et pieds
Echalotte Alium ascolonicum Djaba Bulbes et feuilles
Oignons Alium cepa Djawa Bulbes et feuilles
Baselle Basella alba Kah Jeunes pousses
Poivron Capsicum annuum Poivron Fruits m�rs
Piment Capsicum frutescens Kpesse Fruits m�rs
Cayenne - - - Mako Fruits m�rs
Car�te Corchorius olitorius Praba Feuilles et pousses
Okra-Gombo Hibiscus esoulentus Gbolo Fruits � divers stades
Oseille-Guin�e Hibiscus sabdariffa Dah Calices et feuilles
Tomate Lycopersicum enculent. Tomati Fruits m�rs
Aubergine douce Solanum melongena N'Drowa Fruits m�rs
Aubergine ambre Solanum inkanum Gnangnam Fruits
Manioc Manihiot esculenta Banagou Tranches �pluch�es
Kapok   Vouaga Calices
Cucurbitac�es (diverses esp�ces) Ahoua Graines

Piments de divers types, gombos sont, de loin? les produits s�ch�s de fa�on courante' avec les d�riv�s du manioc.

Diverses graines de l�gumineuses' haricots? pois? etc ..... ainsi que les arachides? sont �galement consomm�es s�ches, mais il s'agit ici d'un s�chage naturel ne faisant pas intervenir les s�choirs.

 

LES PRODUITS QUI POURRAIENT ETRE SECHES

L'utilisation de s�choirs am�lior�s devrait permettre de d�shydrater d'autres produits v�g�taux non habituellement s�ch�s, et qui pourraient ainsi �tre conserv�s et constituer des provisions.

Il s'agit de :

 

TECHNIQUES UTILISEES

Comme dans les autres pays visit�s? les techniques sont toujours tr�s sommaires. Les produits? entiers? s'ils sont de petite taille? ou tranch�s, s'ils sont plus gros ou encore tr�s riches en eau? sont d�pos�s sur des surfaces unies? quelquefois � m�me le sol? tass� et balay�. On utilise des nattes? pi�ces de tissus? des plateaux? des t�les r�cup�r�es lorsqu'on en dispose, ce qui permet de rassembler plus facilement les produits s�ch�s? ou en cours de s�chage pour les abriter de la pluie ou de l'humidit� de la nuit.

Le s�chage sur claie est rare? par contre on utilise volontiers toutes surfaces facile � balayer : chauss�e de route momentan�ment neutralis�e par des troncs d'arbres en travers' les rares v�hicules de passage �tant invit�s � faire un petit d�tour en quittant la chauss�e. Nous avons m�me vu des l�gumes mis � s�cher sur les quais de gares de la R.A.N. ...

Nous n'avons pas vu de produits s�ch�s ayant subi un traitement particulier. Le pilage des produits' une fois s�ch�s? parait moins r�pandu qu'au S�n�gal, sauf pour les gombos? souvent offerts en poudre.

 

RESULTATS ET QUALITE

La plupart des produits s�ch�s ont �t� suffisamment d�shydrat�s pour pouvoir se conserver sans alt�rations importantes. Par contre, la plupart? � l'exception des piments? ont perdu leur couleur et leur pr�sentation est peu attrayante.

Les conditions climatiques (ensoleillement souvent r�duit, ciel voil�) imposent un s�chage plus long, oompte-tenu de ce que les produits sont rarement pos�s sur une claire-voie permettant la circulation de l'air par la partie inf�rieure, et qu'aucun effet de serre n'est utilis�.

De ce fait, la perte d'ar�me est plus importante, et les occasions de pollution par les poussi�res plus nombreuses.

Certains produits, notamment les l�gumes verts (Cor�te) sont souvent offerts sur le march� � l'�tat demi-sec, un fanage incomplet ayant cependant donn� au v�g�tal une certaine raideur qui permettra au produit de poursuivre sa dessication naturellement, � condition qu'il soit entrepos�, non tass�, dans un endroit a�r�.

Des tranches de manioc �pluch�es et s�ch�es �taient propos�es sur le march� de Bouak� dans un �tat d'infestation par charan�ons tr�s avanc�, au point que les tranches, cass�es � la main, ont lib�r� 15% de leur poids sous forme d'une poussi�re blanch�tre repr�sentant les d�chets alimentaires des charan�ons.

 

ETUDES FAITES SUR PLACE

Divers travaux de recherches et de recherches appliqu�es ont �t� effectu�s sur le s�chage solaire par divers Instituts, notamment par l'I.2.T. et par le C.I.R.T. Ces travaux concernent? pour la plupart l'application du s�chage solaire a des produits dits "de rente", comme le caf�, le cacao.

Nous n'avons pu recueillir que tr�s peu d'informations sur les applications de la d�shydratation solaire dans le cas de petites productions horticoles obtenues dans le cadre des petites exploitations familiales.

Le CIRT, de Cocody-Abidjan, s'int�resse cependant de tr�s pr�s au d�veloppement des techniques de s�chage solaire des petites cultures vivri�res, et pense qu'une base pr�cieuse pour ce type de d�veloppement pourrait �tre trouv�e dans le cadre des Groupements � vocation coop�rative (G.V.C.) dont les activit�s se situent tout-�-fait au niveau de la petite exploitation paysanne.

 

CAS PARTICULIERS

Dans la r�gion autour de Dabakala, il existe une technique traditionnellement utilis�e pour le s�chage et surtout le stockage de divers produits s�ch�s.

Dabakala se trouve en zone de Savanes? � mi-chemin entre Katiola et le parc national de la COMOE.

Les produits s�ch�s dans la r�gion de Dabakala sont :

Le s�chage est effectu� la aussi sur des nattes tress�es, sur des plateaux � retords' pos�s sur les toitures ou sur des ch�ss�e de bois a 1,70 de hauteur, pour �viter les d�gats des animaux.

L'originalit� de la technique utilis�e concerne surtout le stockage : les produits une fois bien s�ch�s sont plac�s dans des canaris de terre de taille d�croissante. Le premier? le plus grand et coiff� par la base du suivant et un joint assez �tanche est plac� entre l'ouverture du premier canari et le fond du suivant' de taille plus r�duite.

Ce joint est constitu� par une sorte de mastic obtenu en grattant de la pulpe d'igname fraiche bien malax�e avec du sel.

En s�chant' ce mastic r�alise un joint �tanche plus hygi�nique que la bouse de vache �galement utilis�e � cet effet.


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