Table des
mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
Dans tous les pays de la sous-r�gion, on observe l'existence de divers services ou organismes publics et priv�s, relevant de diff�rents minist�res et qui s'occupent, chacun de leur c�t�, de tel ou tel aspect des probl�mes d'apr�s r�colte: Protection des v�g�taux, Offices c�r�aliers, Recherche agronomique, Soci�t�s ou Organismes d'encadrement agricole, Soci�t�s de fabrication et/ou de distribution de produits phytopharmaceutiques, etc. Une telle dispersion des comp�tences et des moyens entra�ne des doubles emplois, sinon des concurrences, qui nuisent � l'efficacit� de l'action.
Il est donc recommand� de cr�er, au sein de chaque pays de la sousr�gion, un comit� national charg� de la coordination de l'ensemble des activit�s post-r�colte. Ce comit� responsable, qui devrait �tre interminist�riel, serait constitu�, d'une part d'un minimum de personnel permanent, d'autre part de repr�sentants des diff�rents services et organismes int�ress�s. Une de ses premi�res pr�occupations serait de r�pertorier syst�matiquement les diverses techniques traditionnelles post-r�colte du pays.
L'absence d'une v�ritable l�gislation sur les produits phytopharmaceutiques dans la plupart des pays prive les pouvoirs publics de moyens de contr�le de la fabrication, de la distribution et de l'utilisation de ces produits. Il en r�sulte des erreurs et des abus de toutes sortes, qui peuvent avoir des cons�quences graves, y compris pour la sant� des populations.
Il est donc recommand� aux Etats de se doter des moyens l�gislatifs indispensables pour un contr�le efficace de la composition, de l'homologation, de la distribution et des conditions d'utilisation des produits phytopharmaceutiques.
Le Comit� national, dont la cr�ation est recommand�e ci-avant-, serait tout indiqu� pour pr�parer et faire appliquer une telle l�gislation.
Il existe, � l'�chelle continentale, une institution africaine charg�e de la promotion et de la coordination des activit�s post-r�colte. Il s'agit du Centre r�gional africain de technologie (CRAT), dont le Si�ge se trouve � Dakar. Cr�� en 1982, cet organisme n'est pas arriv� � ce jour � jouer pleinement son r�le. Cela est d�, d'une part � l'absence d'institutions de coordination � l'�chelon national et sous-r�gional, et d'autre part � l'insuffisance des moyens mis � sa disposition.
Il serait souhaitable d'instaurer, dans le cadre institutionnel de la sousr�gion, une Autorit� communautaire charg�e de coordonner et d'harmoniser toutes les actions de recherche et de vulgarisation et de diffuser toute information relative au syst�me post-r�colte. Une telle Autorit�, qui serait une structure l�g�re, devrait travailler en �troite collaboration avec le CRAT pour promouvoir et: coordonner les activit�s post-r�colte communes aux diff�rents comit�s nationaux propos�s � la section 3.1. Une de ses pr�occupations prioritaires devrait �tre la d�limitation des zones d�j� infest�es par Prostophanus truncatus et la promotion de la mise en oeuvre d'une campagne de lutte vigoureuse.
Les magasins en briques de banco et avec toiture en t�le, qui ont tendance � se propager dans la sous-r�gion, ne constituent pas une bonne solution aux contraintes qui ont provoqu� leur apparition.
Il est recommand� de proc�der � des recherches et exp�rimentations de structures plus appropri�es aux exigences techniques et �conomiques du stockage vivrier dans les villages. Cette recherche devrait s'int�resser en particulier aux structures de stockage qui facilitent le traitement phytosanitaire, ou encore mieux, qui �vitent la n�cessit� de tout traitement.
Certaines techniques traditionnelles de stockage en grenier de banco sont tr�s �labor�es. Elles m�riteraient d'�tre mieux connues en vue d'�tre �ventuellement propos�es et diffus�es dans certaines zones comparables o� les contraintes actuelles appellent de nouvelles solutions. On peut citer notamment les greniers Somba du B�nin, Dagari et Gourounsi du Burkina Faso et Dogon du
Mali. Il est recommand� de tester et d'�valuer, sur au moins deux campagnes agricoles, les performances de ces techniques traditionnelles encore bien perp�tu�es. Ces tests devront porter tant sur les mat�riaux et la construction que sur les m�thodes de conservation pratiqu�es.
En ce qui concerne plus sp�cialement les ingr�dients naturels de pr�servation, il est recommand� de proc�der � un inventaire syst�matique de toutes les �tudes et exp�riences effectu�es � ce jour et, en collaboration avec les comit�s nationaux sugg�r�s � la section 3.1, de conduire des essais approfondis sur les ingr�dients r�put�s les plus efficaces.
L'�puisement des stocks pluriannuels, cons�cutif � de longues ann�es de s�cheresse, a conduit � l'apparition d'un nouveau type de stockage communautaire tel que les banques de c�r�ales. Celles-ci, lorsqu'elles sont bien con�ues et bien g�r�es par les villageois, apportent une r�ponse positive au besoin de s�curit� alimentaire dans les villages.
Il est par cons�quent recommand�:
Les recommandations formul�es dans les sections 3.4 � 3.6 m�riteraient de faire l'objet d'un projet r�gional, en appui aux actions des comit�s nationaux et dont l'ex�cution devrait �tre confi�e � l'Autorit� communautaire sugg�r�e � la section 3.3.
Figure 6: Grenier traditionnel de forme trap�zoidale (ethnie Bwa-Ba, Mali).
Figure 7: Grenier de forme trap�zoidale (ethnie Gourounsi, Burkina Faso).
Figure 9: Plate-forme de grenier � section carr�e
Plate-forme de grenier � section carr�e
Les pays visit�s ont �t�, dans l'ordre, les suivants: Niger, Mali, S�n�gal, Mauritanie, C�te d'Ivoire, Burkina Faso. Au total, plus de 8 000 km de routes et de pistes, pour visiter environ 25 villages repr�sentant une vingtaine d'ethnies.
La m�thode de travail reposait: sur un questionnaire approfondi (60 questions environ), scind� en trois parties int�ressant respectivement le pr�stockage (s�chage en particulier), les techniques de construction, avec des aspects socio-�conomiques, et les techniques de conservation. Le questionnaire int�ressait la population de tout un village, mais exigeait- un interlocuteur pr�cis et, autant que possible, repr�sentatif, en accord avec les autorit�s coutumi�res locales. Partout, gr�ce � l'aide des autorit�s administratives et des agents des services agricoles, l'�quipe du projet a b�n�fici� d'un excellent accueil et d'une franche coop�ration.
Dans l'esprit du document de projet et compte tenu du temps imparti, le projet s'est efforc� d'enqu�ter dans des zones repr�sentatives de la diversit� agro-climatique et ethnique de la sous-r�gion. Les zones, que l'on distinguera sommairement d'apr�s le climat, peuvent �tre class�es de la fa�on suivante:
| 1. Climat sec: | R�gions: | Taboue et Tillab�ry (Niger) |
| Produits: | mil, riz, ni�b� | |
| Ethnies: | Haoussa, Sonrhai/Wogoow, Bella | |
| 2. Climat semi-humide: | R�gions: | Madaoua, Dosso et Say (Niger), Fada N'Gourma et Koudougou (Burkina Faso), San (Mali), Tambacounda et Sine-Saloum (S�n�gal), Guidi-Markha (Mauritanie). |
| Produits: | mil, sorgho, ma�s, ni�b� | |
| Ethnies: | Haoussa, Djerma, Gourmantch�, Gourounsi, Bwaba, Malink�, Wolof, S�r�re, Sarakoll�, Sonink�. | |
| 3. Climat humide: | R�gions: | Di�bougou (Burkina Faso), Korhogo (C�te d'Ivoire), Koutiala (Mali), Haute et Basse Casamance (S�n�gal). |
| Produits: | mil, sorgho, riz, mals, ni�b� | |
| Ethnies: | Lobi, Dagari, S�noufo, Minianka, Peulh, Balante, Mandingue du S�n�gal et de Gambie, Diola. |
Audette, R. et Grolleaud, M. OCDE/Club du Sahel et CILSS. Le stockage non �tatique des grains dans les pays sah�liens. Bibliographie g�n�rale. Inventaire, analyse et recommandations. N� D(84)241. 250 p. Paris.
Bernango, C. Dossiers Techniques traditionnelles de conservation des c�r�ales locales. MA/IER, PRTT. Bamako.
FAO. Evaluation quantitative des pertes lors des op�rations de pr�stockage et de stockage du mil et du sorgho. Document de travail N� 2. Projet PFL/BKF/001, Am�lioration des op�rations apr�s r�colte et promotion des structures villageoises correspondantes. Rome.
FAO. Manuel pour l'�tablissement:, l'op�ration et la gestion des banques de c�r�ales. Bulletin N� 64. Rome.
GRET, IER, DMA, GRDR. Etude du stockage des grains au Mali. Paris
La R�publique populaire du B�nin comprend six provinces: l'Atlantique, le Mono, l'0u�m�, le Zou, le Borgou et l'Atakora. Le projet n'a pu visiter que celles du Mono au sud-ouest du pays et du Borgou au nord-est.
La province du Mono a un climat de type guin�en, avec deux saisons pluvieuses. Celle du Borgou est de type soudano-sah�lien, avec une seule saison des pluies.
1.1 Province du Mono
Dans cette province, les principales productions vivri�res sont le mais, le manioc et l'igname, auxquelles s'ajoute le haricot en culture secondaire. Le manioc et l'igname constituent la base de l'alimentation, le mais �tant: principalement destin� � la vente. Chez le producteur interrog�, le mais autoconsomm� repr�sentait environ 10% de sa production.
1.2 Province du Borgou
Dans le Borgou, les principales productions c�r�ali�res sont le sorgho et le mais. En 1984, le sorgho repr�sentait 30% des surfaces cultiv�es et le mais 20%. On y produit �galement des l�gumineuses � grains: haricot:, arachide, soja, mais g�n�ralement sur de petites surfaces.
La production de sorgho est essentiellement consacr�e � l'autoconsommation, alors que celle de mais est principalement destin�e � la commercialisation.
Le coton, cultiv� dans une grande partie de la province, constitue la seule culture industrielle (33 425 t en 1984-85). L� o� celle-ci est implant�e, on observe une augmentation sensible des superficies et des rendements des productions vivri�res, gr�ce en particulier � l'introduction de la culture attel�e et � l'utilisation de la fumure min�rale et des pesticides.
2.1 Ma�s
2.1.1 S�chage
Le r�gime des pluies, tr�s diff�rent entre les deux provinces, a une incidence importante sur cette premi�re op�ration d'apr�s r�colte. Dans le Mono, le s�chage pose plus de probl�mes lors de la premi�re r�colte, en juillet-ao�t, en raison de la courte dur�e de la saison s�che.
Pour la seconde r�colte, faite en novembre-d�cembre, le s�chage du mais a lieu sur pied pendant un mois et demi. On r�colte alors les �pis sans les d�spather et on les laisse sur le champ pendant trois � quatre jours avant de les transporter � pied au village. Les pertes survenant durant cette op�ration (s�chage et attente), attribu�es aux rongeurs (rats, souris, agoutis) et aux oiseaux, sont estim�es � 1-1,5%.
Dans le Borgou, l'essentiel du s�chage a lieu sur pied. Il dure trois ou quatre semaines, au bout desquelles les paysans font la r�colte; depuis cinq ou six ans, ils s'empressent de la rentrer par crainte des vols devenus fr�quents.
Les pertes pendant le s�chage sont peu �lev�es, sauf dans le cas d'invasion de singes lesquels, � d�faut de gardiennage au champ, peuvent causer des d�g�ts assez importants (8 � 25% selon les producteurs).
2.1.2 Stockage
Dans le Mono, on observe deux types de structures de stockage. L'une, appel�e Sagada, est un genre de crib cylindrique, fait de mat�riaux v�g�taux � base de nervures et de feuilles de palmier. L'autre, appel�e Bliva, consiste en une plate-forme circulaire, confectionn�e en nervures de palmes et soutenue par des pilotis en bois (branches d'un arbuste de bas-fonds, appel� commun�ment Er�trine). Les �pis de mais non d�spath�s, entass�s sur une hauteur de 1,5 m environ, sont minutieusement superpos�s � la p�riph�rie en couches circulaires pour former un cylindre tr�s ferme, parfaitement stabilis� sur une hauteur de 1,5 m environ. Des cerclages en fibres v�g�tales, r�partis par hauteurs de cinq couches d'�pis, maintiennent solidairement l'ensemble. Un toit en paille, d�bordant largement le stock, assure une protection efficace contre la pluie (cf. figure A.1) 1/.
Le Bliva, dont le diam�tre (1,5 � 2,5 m) varie selon le volume de la production, est g�n�ralement refait tous les ans.
Le battage du mais qu'on pr�l�ve du Sagada, ne concerne que la part de production destin�e � l'autoconsommation.
Dans le Borgou, les �pis de ma�s d�spath�s sont transport�s au village, soit � pied soit en charrette. Puis ils sont traditionnellement stock�s dans des greniers en paille, nomm�s Sassarou en Bariba (cf. figure A.2). Cependant, suite � l'intensification des cultures, le temps manque pour confectionner un nombre suffisant de greniers, d'autant plus que ceux-ci doivent �tre renouvel�s tous les deux ans. De ce fait, l'utilisation de petits locaux en banco, appel�s magasins, devient une pratique courante (cf. figure A.3).
Pour le battage, deux cas sont � consid�rer suivant qu'il s'agit de grain destin� � la vente ou bien destin� � l'autoconsommation. Dans le premier cas, le grain est battu par les hommes � l'aide de fl�aux, les sous-produits obtenus �tant vann�s par les femmes. Les villageois consid�rent qu'il n'y a pratiquement pas de pertes lors de cette op�ration, car les grains �parpill�s sont r�cup�r�s manuellement. Le produit est alors stock� en sacs, en attendant la vente � l'ONC ou sur les march�s locaux.
Dans le second cas, le ma�s destin� � l'autoconsommation est battu par les femmes puis stock� dans divers types de r�cipients, � l'int�rieur des habitations.
2.2 Sorgho
La culture du sorgho ne concerne ici que la province du Borgou.
2.2.1 S�chage
Le s�chage du sorgho a lieu essentiellement sur pied et dure deux � quatre semaines. Cependant, dans les zones � agriculture intensive, les activit�s agricoles en novembre sont multipli�es et entra�nent un goulot d'�tranglement dans le syst�me post-r�colte. Il en r�sulte un report: de la r�colte du sorgho, parfois jusqu'en d�cembre, ce qui entra�ne des pertes importantes dues aux attaques d'oiseaux et � l'�grenage des �pis.
Lorsque la r�colte est faite en temps opportun, c'est-�-dire environ apr�s 15 jours de s�chage sur pied, les agriculteurs consid�rent que les pertes en cours de s�chage sont minimes (1%). En revanche, si la r�colte est diff�r�e ou trop retard�e, les pertes pour cause d'�grenage ou de d�g�ts d'oiseaux peuvent atteindre, toujours aux dires des paysans, jusqu'� 16%.
2.2.2 Stockage
Contrairement � ce qui se passe pour le mais, la production de sorgho est enti�rement destin�e � l'autoconsommation. Toute la r�colte est stock�e en �pis dans des greniers en fibres v�g�tales. La femme pr�l�ve du grenier la ration n�cessaire � une ou plusieurs semaines de consommation, et la bat sur le sol � l'aide d'un fl�au. Les pertes imputables au battage sont estim�es � environ 2% par les femmes, qui consid�rent n�anmoins que ces pertes sonttotalement r�cup�r�es par la volaille. En attendant la consommation familiale, le grain battu est conserv� dans divers types de r�cipients, toujours situ�s � l'int�rieur des habitations (jarres, pots, sacs, calebasses, etc.).
2.3 Haricot
Dans la province du Mono, le haricot est r�colt� gousse par gousse d�s la maturit�. Le s�chage des gousses a lieu dans la cour de la concession, � m�me le sol. Pour �viter les reprises d'humidit� pendant la nuit, tout le produit est rentr� dans les habitations, et le s�chage continuera ainsi pendant trois jours. La r�colte est alors conserv�e en gousses dans des Sagada.
Dans le Borgou, le haricot est s�ch� sur pied pendant environ deux semaines. Toute la r�colt� est destin�e � l'autoconsommation. Elle est:stock�e en gousses dans des greniers v�g�taux � l'int�rieur de la concession, ou m�me dans les champs. Au fur et � mesure des besoins, la femme pr�l�ve la ration n�cessaire pour la pr�paration culinaire.
2.4 D�g�ts et pertes
Dans la zone visit�e du Mono, le projet: a constat� d'importantes attaques d'insectes dans les stocks, principalement � l'int�rieur des Sagada. Ces attaques commenceraient au champ d�s avant la r�colte. La pr�sence de Sitophilus, mais aussi de Prostephanus truncatus, a �t� remarqu�e dans la plupart des greniers observ�s. L'infestation par ce dernier ravageur tr�s redout� proviendrait du Togo, tout proche, o� sa pr�sence a �t� signal�e depuis pr�s de deux ans.
Selon le groupe de paysans interrog�s, les pertes dues aux insectes dans un Bliva au bout de six mois de stockage, seraient de l'ordre de 2 � 3%; celles dues aux rongeurs, de 3%. A cela s'ajoutent des pertes que les agriculteurs consid�rent comme plus importantes, � savoir les pertes au battage, cons�cutives aux d�pr�dations d'insectes. En effet, lors du battage, les grains attaqu�s deviennent irr�cup�rables, entra�nant une perte, sur du mais stock� depuis trois mois, qui peut atteindre 15% (toujours d'apr�s les paysans).
Dans le Borgou, le mais est d�j� infest� par les insectes au moment de la r�colte, alors que pour le sorgho l'infestation n'est apparente qu'au bout de cinq � six mois de stockage, soit au d�but de l'hivernage (en mai). A cette p�riode, l'infestation sur le mais est consid�r�e par les paysans comme d�j� s�rieuse. Sur le sorgho, cette infestation ne devient importante qu'� partir de huit � neuf mois, en ao�t. Quant au haricot, l'infestation est d�j� importante au bout d'un mois. Pour les paysans interrog�s, le degr� d'infestation est li� � la personne m�me s'occupant du stockage: "certains, disent-ils, ont la bonne main, et d'autres pas". Dans ce dernier cas, apr�s 12 mois de stockage du sorgho, les pertes dues aux insectes sont estim�es � 5% alors que celles imputables aux rongeurs sont de l'ordre de 10%.
2.5 Techniques de pr�servation
2.5.1 Traditionnelles
Dans le Mono, du moins dans la zone visit�e, la seule technique locale de pr�servation consiste � disposer des feuilles de neem entre des couches d'�pis de mais de 20 cm d'�paisseur environ. Cette technique n'est maintenant appliqu�e que par les paysans qui n'ont pas les moyens de se procurer les pesticides chimiques.
Dans le Borgou, ces techniques sont peu �volu�es comparativement � celles observ�es dans d'autres r�gions. Pour les c�r�ales, elles consistent principalement � saupoudrer de cendre les �pis stock�s dans les greniers, mais les villageois consid�rent que cette technique est peu efficace. Les �pis de ma�s r�serv�s pour la semence sont suspendus � l'int�rieur des habitations pour b�n�ficier de la fum�e protectrice des feux domestiques. Certains paysans font br�ler du piment sous la base du grenier pour chasser les rongeurs.
Les gousses de haricot destin�es � l'autoconsommation sont elles aussi trait�es avec la cendre, en saupoudrage. Mais le haricot destin� � la semence est conserv� en grains m�lang�s � de la cendre, et stock� dans des jarres ou des pots en argile ferm�s herm�tiquement.
Dans les zones � production intensive, ces diverses techniques ont tendance � dispara�tre au profit des insecticides chimiques, consid�r�s comme plus efficaces.
2.5.2 Insecticides chimiques
Dans le Mono, l'insecticide vulgaris� par les services du CARDER est le Pirimiphos-m�thyl en poudre (� 2% de mati�re active). Cependant, les agriculteurs lui pr�f�rent le d�cam�thrin en formulation liquide, ou encore l'aldrine (DDT), qui sont moins co�teux parce que vendus par les m�mes services � des prix subventionn�s pour le traitement de la culture du coton.
Dans le Borgou, l'utilisation de l'Actellic en poudre, � 2% de mati�re active, n'est r�pandue que dans les zones encadr�es pour la production cotonni�re. L'Actellic, qui est commercialis� en sachet de 50 g � raison de 130 FCFA le sachet, est appliqu� sur des couches successives de mais (environ 20 cm d'�paisseur), � la dose de 50 g par 100 kg de produit stock�.
Les agriculteurs qui pratiquent cette technique de pr�servation semblent bien la ma�triser, gr�ce aux conseils des agents d'encadrement du CARDER.