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3. Conclusions

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

3.1 Dans la province du Mono

3.1.1 L'utilisation des pesticides

L'utilisation de pesticides dangeureux tels que l'aldrine (DDT), pour la protection des stocks vivriers, est une pratique encore courante qui justifierait des interventions rapides. Cette action de contr�le sur la diffusion des pesticides est pour le moment rendue impossible en raison de l'absence d'une l�gislation ad�quate en la mati�re.

3.1.2 Apparition du Prostephanus

La propagation r�cente de cet insecte ravageur est inqui�tante, d'autant plus que le danger qu'elle pr�sente n'est pas encore bien per�ue par les paysans.

Au moment du passage du projet, des �quipes d'agence locaux, assist�s par la Coop�ration allemande (GTZ), parcouraient d�j� la province en vue de d�limiter les zones infest�es. De l'avis m�me des techniciens allemands rencontr�s, l'extension de cette invasion dans d'autres provinces, sinon d'autres pays voisins, sera tr�s difficile � �viter.

3.1.3 Difficult�s pour le transport des r�coltes

Pour les paysans rencontr�s, la contrainte majeure � laquelle ils se heurtent en ce qui concerne leur syst�me post-r�colte est l'�vacuation des produits du champ au village. Cette contrainte a pour cons�quence des retards dans l'engrangement des r�coltes, avec des risques accrus d'infestations au champ, et maintenant de vols. Pour eux, la solution � ce probl�me r�side dans l'introduction de la traction animale.

3.2 Dans la province du Borgou

3.2.1 Evolution du stockage du mais dans les zones � culture de rente

La tendance observ�e dans cette province va de plus en plus vers l'utilisation de magasins en banco avec toiture en t�le pour le stockage des �pis de mais en vrac et � m�me le sol, � la place des greniers traditionnels. Les causes de cette �volution sont les suivantes:

(Autrefois, par exemple, les bois n�cessaires aux charpentes des greniers se trouvaient � proximit� des villages et r�sistaient aux intemp�ries et aux termites pendant quatre � six ans ).

3.2.2 Limites du stockage en magasin paysan

Bien que pr�sentant: des avantages (long�vit� de la construction et s�curit� du stock), le stockage dans ces magasins pr�sente plusieurs inconv�nients:

3.2.3 Contraintes relatives � la commercialisation du mais

A la suite de la bonne r�colte de mais de 1984 et de l'op�ration triangulaire en direction du Niger, financ�e par les Pays-Bas (5 000 t livr�es au Niger sur un total de 8 065 t achet�es par l'ONC), les producteurs ainsi encourag�s ont maintenu un haut-niveau de production en 1985. Par manque de fonds, l'ONC n'a malheureusement pu acheter jusqu'� ce jour que 500 t. environ. Il en r�sulte une inqui�tude pour le pr�sent et. un risque pour la production � venir. C'est ce que les paysans ont exprim� � leur mani�re en disant qu'ils �taient pr�ts � livrer imm�diatement tout: leur stock � l'ONC, plut�t que de subir des pertes dans leurs magasins, quitte � n'�tre pay�s que plus tard.

3.2.4 Apparition d'autres techniques traditionnelles de stockage

L'installation relativement r�cente de populations Somba venant de l'Atakora, suite � un manque de terres disponibles dans leur province d'origine, a �t� not�e par le projet dans le Borgou. Ces populations ont �migr� avec leurs traditions, notamment avec leurs m�thodes de stockage en greniers de banco (cf. figure A.4), qui semblent tr�s �labor�es. Ces m�thodes m�riteraient d'�tre mieux �tudi�es et test�es, en vue d'�tre �valu�es pour le stockage du mais dans la r�gion.

Figure A.1: Grenier traditionnel appel� Bliva (sud du B�nin). Utilis� pour le stockage du mais en �pis non d�spath�s.

Figure A.2: Grenier traditionnel Bariba (nordest du B�nin). Enti�rement construiten mati�res v�g�tales. Utilis� pour le stockage des �pis de sorgho et de mais.

Figure A.3: Nouvelle structure de stockage, appel�e magasin. Remplace le grenier traditionnel dans certaines r�gions. Stockage en �pis ou en grain battu dans des sacs pos�s � m�me le sol.

Figure A.4: Greniers traditionnels Somba (nord-ouest du B�nin), utilis�s pour le stockage du grain battu. Celui de gauche montre le corps du grenier fait en banco m�lang� de paille. Celui de droite illustre la toiture de paille mont�e en deux parties: l'une, fixe, prot�geant bien le corps du grenier, l'autre, amovible, recouvrant l'ouverture au sommet du grenier. Ce petit couvercle conique se termine par un crochet permettant de l'accrocher au rebord de l'ouverture, lors des manutentions L'int�rieur du grenier est divis� en compartiments (deux � quatre) permettant de s�parer des produits diff�rents.

 

B. Burkina Faso

Situ� principalement dans la zone soudano-sah�lienne, le Burkina Faso n'en a pas moins souffert des effets de la longue s�cheresse des derni�res ann�es. Cela est vrai, bien s�r, pour sa partie sah�lienne, au nord du pays, mais aussi pour le plateau central, caract�ris� par une forte densit� de population. En revanche, la partie sud, plus humide et moins peupl�e, a �t� beaucoup moins touch�e.

Le mil et le sorgho sont les deux principales productions c�r�ali�res et constituent la base de l'alimentation. En outre, on y trouve du ma�s, produit principalement dans le sud, et- du riz, cultiv� dans les bas-fonds et les vall�es am�nag�es.

Le projet a pu visiter, d'est en ouest, quatre zones habit�es par des groupes ethniques diff�rents, � savoir: � l'est, les Gourmantch�, au centre, les Mossi, au centre-ouest, les Gourounsi (Lela), au sud-ouest:, les Dagari et les Lobi. Ces divers groupes sociaux ont, depuis des si�cles, des techniques de r�colte et de stockage assez semblables, mais avec malgr� tout suffisamment de variantes ou de particularit�s pour qu'elles soientpr�sent�es s�par�ment.

1. Systemes post-recolte

1.1 R�colte et s�chage

1.1.1 Zone est: Gourmantch�

Chez les Gourmantch�, la m�thode de r�colte la plus courante consiste � couper les tiges de mil et de sorgho � la base pour les coucher sur le champ. Ce n'est g�n�ralement que plusieurs jours apr�s que les �pis secs sont cass�s � la main, sans l'aide d`outil, et entass�s sur une aire balay�e, � proximit� du champ. Les �pis ainsi entass�s ne sont: pas prot�g�s, si ce n'est- parfois par des seccos qui les recouvrent et/ou par des branches �pineuses plac�es tout autour du tas. Les �pis restent ainsi dix jours en moyenne sur cet-te aire, appel�e "aire de s�chage". En fait-, les r�coltes de mil et sorgho sont g�n�ralement faites entre la mi-novembre et: la mi-d�cembre, soit un mois et demi environ apr�s la saison des pluies. A ce moment-l�, l'humidit� des grains est d�j� bien inf�rieure au seuil critique pour une bonne conservation 1/. C'est- pourquoi, on peut dire que le d�lai de dix jours observ� avant la mise en grenier, qui expose le stock aux d�pr�dations des rongeurs et parfois des animaux d'�levage, n'est- pas justifi� par des besoins de s�chage, mais plut�t par l'insuffisance des moyens de transport et: la n�cessit� de restaurer ou de construire les greniers.

1.1.2 Zone centre: Mossi

Chez les Mossi, apr�s le pr�stockage au champ tel qu'il est d�crit cidessus, les r�coltes sont: transport�es au village o� les �pis sont entrepos�s dans des structures temporaires de stockage. Ces structures, faites de seccos, sont directement install�es sur le sol autour d'une aire commune de battage. L'op�ration de battage elle-m�me qui rassemble la plupart des habitants du village, n�cessite une bonne pr�paration et se d�roule en g�n�ral deux mois plus tard, chaque famille �tant assist�e par les autres � tour de r�le. Le battage est fait � l'aide de longs morceaux de bois, utilis�s comme fl�aux, et le vannage, avec des pelles �galement en bois, qui servent � lancer les sous-produits de battage en l'air jusqu'� une hauteur d'environ 2 m du sol. Cette op�ration n'est possible qu'en janvier-f�vrier, pendant les p�riodes o� l'harmattan souffle fortement. Les grains sont r�cup�r�s � l'aide de petits balais et assembl�s en tas en vue de leur transport au grenier.

1.1.3 Zone centre-ouest: Gourounsi (Lela)

Les techniques de r�colte et de s�chage des Gourounsi (sous-groupe Lela) comme de plusieurs autres ethnies du Burkina Faso, qui pratiquent �galement le stockage en �pis, sont, identiques � celles des Gourmantch� et ne n�cessitent donc pas une description particuli�re.

1.1.4 Zone sud-ouest: Dagari et Lobi

Chez les Dagari et les Lobi de la province de la Bougouriba, toutes les op�rations de s�chage et de conditionnement des produits vivriers (mil, sorgho, mais) avant la mise en grenier se d�roulent sur les terrasses des habitations.

En effet, aussit�t apr�s la coupe des tiges de mil et de sorgho par les hommes, les femmes enl�vent les �pis et les transportent au village. Le sorgho sera s�ch� au soleil sur les terrasses pendant une semaine en moyenne, avant d'�tre battu, du moins chez les Dagari, puis stock� sans �tre vann�. En revanche les �pis de mil, d�j� suffisamment secs au moment de la r�colte, sont: hach�s en menus morceaux de 2 � 3 cm en vue de leur stockage. Quant aux �pis de ma�s, ils sont d�spath�s et- �tendus sur la terrasse et, s'il n'y a pas de pluie, une semaine suffira pour les s�cher.

Pour le riz, l'op�ration est diff�rente. En effet, on le laisse s�cher sur pied pendant deux � quatre semaines apr�s maturit�, puis il est r�colt� et battu aussit�t au champ.

1.2 Stockage

1.2.1 Structures et techniques de stockage

1.2.1.1 Zone Gourmantch�

Chez les Gourmantch�, aussit�t apr�s le pr�stockage au champ, les r�coltes sont stock�es en �pis dans des greniers en paille. Le grenier typique, appel� Bwabwari, est constitu� d'une ossature en branches provenant normalement d'arbres dont le bois est r�sistant aux termites (cf. figure B.2). Les villageois utilisent de pr�f�rence Acacia senegal (Likongouabi en gourmantch�) ou Dalbergia melanoxylor (Si�bou en gourmantch�, ou �b�ne du S�n�gal). Deux grands seccos (7 m de long sur 1,50 m de large, chacun) superpos�s et attach�s de l'int�rieur � l'ossature, forment les parois du corps du grenier. Trois petits seccos (4 m x 1,50 m) superpos�s forment le plancher et reposent simplement- sur la plate-forme. Un toit conique, fait d'une couche de deux petits seccos recouverts de paille, prot�ge l'ensemble du grenier (cf. figure B.1).

Cependant, suite aux effets de la s�cheresse, les esp�ces d'arbres cit�es plus haut, les tiges d'Andropogon et la paille utilis�e pour la toiture sont de plus en plus difficiles � trouver. De plus, une nouvelle r�glementation sur la coupe des arbres adopt�e par le Burkina Faso en 1985, limit� s�rieusement l'emploi des pi�ces de bois habituelles. Cet ensemble de contraintes explique ais�ment l'apparition d'une �volution des techniques qui consiste � cr�pir d'argile les parois int�rieure et ext�rieure des greniers en paille (cf. figure B.3).

Par ailleurs, il existe aussi chez les Gourmantch� une structure de stockage en banco, recouverte d'un toit en paille et de petite dimension (cf. figure B.4). Ce grenier est destin� � la conservation du grain battu, pour un � deux mois de consommation familiale.

1.2.1.2 Plateau Mossi

Les techniques de stockage des Mossi pr�sentent des diff�rences notables selon qu'il s'agit du nord du plateau, dans le Yatenga par exemple, ou du centre et du centre-est.

Dans ces derni�res zones, le stockage est fait principalement sous forme de grain battu, dans des greniers en paille ou en banco, comme chez les Gourmantch�. Mais l� aussi, les effets de la s�cheresse se sont: faits sentir et se refl�tent dans les modifications des techniques de construction des greniers. En l'absence de bois r�sistant, on observe en effet une utilisation de plus en fr�quente de grosses pierres pour remplacer les poteaux de support: des plates-formes (cf. figure B.1).

Dans le Yatenga, en revanche, le stockage principal du mil et du sorgho est fait en �pis � l'int�rieur de greniers en secco, ou �galement dans de grands greniers (8 � 10 m3) en briques de banco.

1.2.1.3 Zone Gourounsi

Selon les villageois interrog�s, les greniers Gourounsi-Lela �taient autrefois (deux ou trois g�n�rations ant�rieures) enti�rement construits en mat�riaux v�g�taux, comme ceux des Mossi. Mais la rar�faction progressive de ces mat�riaux a conduit les paysans � adopter le grenier en banco.

Ce grenier (figure B.7), qui ressemble beaucoup � ceux des ethnies Dogon et Bwaba, consiste en une plate-forme, faite de trois poutres ma�tresses et d'un plancher de traverses en bois, le tout reposant sur six ou neuf grosses pierres.

Nagu�re, une herbe sp�ciale contre les termites, appel�e "herbe du buffle" ou gononsolo, �tait- �tal�e sur cette plate-forme et recevait la premi�re couche de banco formant le fond du grenier. De nos jours, cette herbe, devenue introuvable du fait de l'extension des surfaces cultiv�es, est remplac�e par des tiges de mil, moins r�sistantes.

Le corps du grenier, de forme trap�zo�dale, est construit en mottes de banco m�lang� � de la paille. Il est couvert d'un toit conique, fait de couches de secco et de paille d'Imperata cylindrica.

Le cr�pissage int�rieur et ext�rieur du grenier est soigneusement renouvel� chaque ann�e par les femmes, qui compl�tent cette op�ration par un enduit finement poli. Le stockage des c�r�ales y est fait sous forme d'�pis.

1.2.1.4 Zone Dagari et Lobi

L'habitat de la grande famille Dagari, souvent isol� en plein champ, ressemble � une forteresse carr�e en banco aux dimensions imposantes. Une seule porte permet l'acc�s � la cour int�rieure, compl�tement entour�e par les pi�ces d'habitation. Le grenier, invisible de l'ext�rieur comme de l'int�rieur de la cour, fait partie int�grante de cet ensemble architectural. Il occupe totalement une pi�ce, avec une seule ouverture au sommet, d�bouchant: sur la terrasse et couverte d'un petit chapeau de paille. Ainsi prot�g� des intemp�ries, le grenier peut durer, selon les villageois Dagari, plus de 50 ans (cf. figure B.8).

Le corps du grenier, en forme de grande jarre (6 � 8 m3), repose sur une plate-forme semblable � celle du grenier Gourounsi d�crit ci-dessus. Il est fabriqu� avec un mortier d'argile, tir� du bord des marigots et m�lang� � une herbe gramin�e finement hach�e. Les parois sont construites en mortes de banco, par couches de 5 � 10 cm de hauteur.

Le stockage du mil y est fait sous forme d'�pis hach�s en menus morceaux, et celui du sorgho, sous forme de grain battu et non vann�. Ces techniques permettent de stocker une plus grande quantit� de produits, tout en r�duisant sensiblement les infestations d'insectes.

Les familles Lobi rencontr�es par le projet dans la zone o� pr�domine l'ethnie Dagari pratiquent des techniques de stockage tr�s semblables � celles qui viennent d'�tre pr�sent�es.

1.2.2 D�g�ts et pertes

1.2.2.1 Caus�s par les insectes

Le sorgho blanc est le produit qui se conserve le plus facilement. Selon les producteurs, quel que soit le type de structure dans laquelle il est stock�, on peut le garder deux � trois ans sans d�g�ts notables. En revanche, le mil et le sorgho rouge 1/ se conservent moins bien et sont g�n�ralement infest�s par les insectes au bout d'un an.

Tant dans les greniers en paille que dans ceux en banco, Corcyra cephalonica et Rhizopertha dominica sont les deux ravageurs qui font le plus de d�g�ts sur le mil et: sur le sorgho. Au bout de cinq � six mois de stockage (soit � partir d'avril ou mai), leur pr�sence devient nettement visible, sauf dans le cas o� le stock a fait l'objet d'un traitement sp�cial. Ainsi par exemple, selon les estimations faites par les paysans, les pertes seraient de 10% sur le mil et de 6% sur le sorgho blanc au bout de 12 mois de conservation. Dans le cas du ni�b�, il faut n�cessairement proc�der � un traitement pour conserver les grains plus de deux mois. Un m�lange de cendre chaude ou froide permet, toujours selon les villageois, de limiter les pertes � 4-5% en un an de stockage.

Quant au riz en paddy, sa conservation ne pose aucun probl�me et il n'y a pratiquement pas de pertes au bout d'un ou m�me de deux ans.

1.2.2.2 Caus�s par les rongeurs et les termites

Les rongeurs et les termites causent surtout des d�g�ts dans les greniers v�g�taux. Les �pis rong�s par les souris, que les villageois peuvent remarquer au moment des pr�l�vements pour la consommation, sont un signe �vident de leur pr�sence dans le grenier tout au long de l'ann�e.

Le probl�me des termites, quant � lui, s'est aggrav� depuis la rar�faction, sinon la disparition des meilleurs bois de construction, contraignant les villageois � remplacer ceux-ci par des mat�riaux moins r�sistants.

En revanche, pour les greniers en banco des diverses zones visit�es, aucune attaque de rongeurs ou de termites n'a �t� signal�e.

1.2.3 Techniques de pr�servation

1.2.3.1 Techniques traditionnelles

Comme m�thode de lutte pr�ventive et parfois curative, les paysans de diverses provinces du Burkina Faso utilisent des produits naturels d'origine v�g�tale contre les insectes des stocks, mais aussi pour prot�ger la structure des greniers contre les termites. Il s'agit principalement des feuilles, mais aussi des fleurs et des fruits de plantes qui poussent � l'�tat- sauvage en brousse.

Parmi les plantes dont l'utilisation, actuelle ou pass�e, a �t� le plus souvent relev�e, il faut mentionner sp�cialement Hyptis spicigera 1/ qui est employ�e surtout: pour pr�server les l�gumineuses en gousse. Une autre plante aux propri�t�s int�ressantes pour la conservation a �t� �galement recens�e, sans qu'on puisse malheureusement identifier son nom scientifique. Il s'agit du Nakpaw, comme l'appellent les Dagari. Les paysans en font s�cher les feuilles et les tiges pour les piler; la poudre (mati�re active) ainsi obtenue est alors m�lang�e � de la cendre qui sert de support. Le traitement se fait par couches successives appliqu�es uniquement sur le sorgho, le riz et l'arachide. En effet, selon les villageois Dagari, le Nakpaw aurait des propri�t�s enivrantes, voire paralysantes. C'est pourquoi il n'est pas utilis� sur le mil, dont la mouture se fait sans d�corticage pr�alable, contrairement au sorgho, au riz et � l'arachide. Sur le mais, le produit: est simplement appliqu� � la base et � la surface du stock.

Pour les paysans Dagari, le Nakpaw serait plus efficace contre les insectes que l'Actellic, gr�ce en particulier � son odeur qui, dans le grenier, persisterait pendant trois ans. Cette affirmation, qui ne manque pas d'int�r�t, m�riterait d'�tre v�rifi�e.

Le Nakpaw, dont les fruits rappellent les gousses de soja, est �galement connu des Lobi, qui l'appellent Tingtingkou, c'est-�-dire "plante qui tue les mouches". Ils disent l'utiliser pour soigner les plaies d'animaux d'�levage, mais non pour la conservation des c�r�ales.

Les Gourounsi Lela de R�o utilisent les fleurs de Cymbopogon giganteus appel� Solo pour lutter contre les insectes. Mais depuis l'apparition des insecticides chimiques, qui co�ncide avec la rar�faction du Solo, cette technique tend � dispara�tre.

On doit �galement signaler la m�thode de conservation des grains de ni�b� dans des jarres ou des canaris en argile, ferm�s de fa�on �tanche. Des produits pulv�rulents tels que la cendre chaude ou froide sont utilis�s pour remplir le maximum d'espace interstitiel et donc occuper le vide qui, autrement, serait pris par l'air. Les d�placements des insectes sont par l� m�me ralentis, et leur asphyxie, acc�l�r�e.

Contre les attaques des termites, il faut aussi mentionner l'application, sur les poteaux et traverses des greniers Mossi et Gourmantch�, de l'huile de karit�, liquide extrait de la fabrication du beurre v�g�tal du m�me nom.

Au cours des ann�es 70, une campagne nationale, utilisant les moyens radiophoniques et les services d'encadrement, a �t� men�e, visant � sensibiliser les agriculteurs et � vulgariser l'utilisation de produits chimiques, en particulier celle du gamma-grain, que le Service de la protection des v�g�taux mettait � la disposition des Organismes r�gionaux de d�veloppement (ORD) en vue de leur distribution.

Cet effort de sensibilisation et de formation explique la ma�trise actuelle, par tous les villageois rencontr�s, de l'emploi des insecticides chimiques en poudre.

Depuis le d�but des ann�es 80, le gamma-grain a �t� remplac� par le Pirimiphos-m�thyl (Actellic), qui �tait alors largement disponible au niveau des ORD. Malheureusement, l'approvisionnement irr�gulier de ces organismes en Actellic, s'ajoutant � la vente libre de nombreux autres produits pesticides sur les march�s locaux, conduit les paysans � employer n'importe quelle poudre, telle que le HCH, sur leurs stocks vivriers.

2. Conclusions

2.1 R�colte et s�chage

Le pr�stockage des �pis de mil et de sorgho au champ entra�ne des pertes, dues principalement aux rongeurs, mais aussi parfois aux animaux d'�levage. Ce d�lai avant la rentr�e de la r�colte, qui peut atteindre une dizaine de jours, pourrait �tre abr�g� si les paysans Gourmantch� disposaient de meilleurs moyens de transport, des charrettes attel�es, par exemple, et des mat�riaux plus r�sistants, notamment contre les attaques de termites, pour construire leurs greniers.

Chez les Mossi des zones centre et centre-est, ces d�lais sont encore plus longs (deux � trois mois) car ils doivent pr�parer longuement l'op�ration de battage qui s'accompagne de tout un c�r�monial traditionnel, et attendre la p�riode de l'harmattan pour effectuer le vannage.

Les Dagari et les Lobi, en revanche, ne connaissent pas ces contraintes. D�s apr�s la r�colte, en effet, ils transportent les r�coltes sur les terrasses d'habitation, lieu privil�gi� pour le s�chage et le conditionnement des denr�es avant le stockage, � l'abri de toutes d�pr�dations.

2.2 Stockage

2.2.1 Structures et techniques de stockage

Les effets d'une s�cheresse prolong�e ont une incidence grandissante sur la construction des greniers en mat�riaux v�g�taux. On le remarque, d'une part par l'utilisation de mat�riaux moins r�sistants, d'autre part par des modifications sensibles des techniques de construction (cr�pissage int�rieur et ext�rieur des greniers en paille, emploi de grosses pierres � la place des poteaux soutenant les plates-formes). Il s'agit: l� d'une �volution vers le grenier en banco, qui s'est d�j� produite depuis un certain temps dans la r�gion de R�o, chez les Gourounsi-Lela, et qui a d�j� fait son apparition dans le Yatenga o� des villageois utilisent maintenant- le grenier de banco. Il est fort probable que ces transformations continueront de se propager. Mais, dans toutes les zones o� l'adoption du grenier en banco s'explique par les effets de la s�cheresse, la recherche du bon bois pour les poutres et- poutrelles des plates-formes restera toujours un obstacle.

Seules les zones plus humides du sud du pays semblent peu affect�es jusqu'ici par cette contrainte.

2.2.2 D�pr�dations et techniques de pr�servation

Le mil, qui est l'une des denr�es de base de l'alimentation des populations, fait l'objet d'importances infestations d'insectes � partir du septi�me mois de stockage. Au cours des derni�res ann�es, o� la r�colte suffisait � peine � couvrir les besoins d'une ann�e de consommation, ces infestations n'avaient pas le temps de faire de gros ravages. Mais, en ann�e de production normale (cas de l'ann�e 1985-86), les pertes en cours de stockage peuvent �tre beaucoup plus graves. Cela s'explique notamment par le fait que les plantes, qui poussaient � l'�tat sauvage, utilis�es traditionnel lement pour la pr�servation des r�coltes, telles que Cymbopogon gisant eus, Hyptis spicigera et le Nakpaw, ont �t� d�laiss�es par les paysans au profit des insecticides chimiques. On peut d'ailleurs se demander si ces plantes, qui n'ont jamais �t� cultiv�es, sont encore disponibles en quantit� suffisante. Cela s'explique aussi par le fait que l'Actellic en poudre, maintenant recommand� par le Service de la protection des v�g�taux, n'est pas toujours disponible au niveau des ORD.

Cet ensemble de contraintes, qui concerne le stockage de toutes les c�r�ales vivri�res, sauf le riz, conduit les paysans � acheter n'importe quel produit pesticide, en vente libre sur les march�s locaux.

3. Recommandations

3.1 Evaluation de certaines structures traditionnelles

La construction des greniers traditionnels, enmat�riaux v�g�taux, utilis�s par les Mossi et les Gourmantch�, est maintenant confront�e � des contraintes li�es � la rar�faction, parfois m�me � la disparition, des bois r�sistants aux termites. Les villageois cherchant des solutions de remplacement, il est n�cessaire de les assister dans cette voie par l'exp�rimentation, et, si n�cessaire, par l'am�lioration d'autres mod�les de greniers traditionnels, aux conceptions et performances int�ressantes, tels que les greniers des Gourounsi-Lela, qui pourraient �ventuellement constituer une bonne solution.

3.2 Inventaire et �valuation des ingr�dients naturels de pr�servation

Les anciennes techniques de conservation qui permettaient le stockage pluri-annuel des c�r�ales faisaient appel � diverses plantes et ingr�dients naturels pour pr�server les r�coltes. Parmi ces ingr�dients, on peut citer le Nakpaw, Hyptis spicigera et Cymbopogon giganteus, connus et parfois utilis�s par certaines ethnies.

Il est vivement recommand� de proc�der � un inventaire syst�matique de toutes les plantes et autres ingr�dients ayant des propri�t�s insecticides et/ ou insectifuges, et d'�valuer leur efficacit� en la comparant � celle d'insecticides chimiques tels que l'Actellic. Les ingr�dients les plus performants devraient faire l'objet d'une production en vue de leur diffusion.

3.3 N�cessit� d'une campagne de sensibilisation et d'une l�gislation sur les produits phytosanitaires

La campagne nationale de sensibilisation sur les produits pesticides, men�e durant les ann�es 70, avait permis aux agriculteurs de ma�triser l'utilisation des insecticides que les ORD distribuaient pour la protection des stock villageois. Il s'agissait notamment du gamma-grain qui, plus tard, a �t� remplac� par l'Actellic. Mais, suite � des ruptures dans l'approvisionnement en Actellic, de nombreux paysans se sont orient�s vers des produits tr�s toxiques tel le HCH, en vente libre sur les petits march�s.

Il est donc recommand�:

Figure B.1: Grenier traditionnel chez les Gourmantch� (Burkina Faso). Noter l'absence de poteaux, ici remplac�s par de grosses pierres soutenant la plateforme.

Figure B.2: Ossature d'un grenier traditionnel gourmantch�.1

Figure B.3: Grenier en mat�riaux v�g�taux aux parois int�rieure et ext�rieure cr�pies d'argile.

Figure B.4: Petit grenier ext�rieur pour la conservation des c�r�ales en grain. Forme cylindrique et se terminant par un d�me ouvert au sommet.

Figure B.5: Autre modification dans la construction du grenier traditionnel chez les Mossi et les Gourmantch�: plate-forme faite simplement de grosses pierres.

Figure B.6: Evolution vers l'utilisation du grenier en banco chez les Gourmantch� et les Mossi. Tendance nouvellement observ�e.

Figure B.7: Grenier traditionnel chez les Gourounsi (R�o, Burkina Faso). A remarquer la finesse du cr�pissage ext�rieur.

Figure B.8: Grenier traditionnel chez les Dagari (Burkina Faso). Le grenier, toujours install� � l'int�rieur d'une pi�ce d'habitation, a une seule ouverture d�bouchant sur une terrasse ou s'effectue l'essentiel du s�chage et du conditionnement des r�coltes.


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