Table
des mati�res - Pr�c�dente - Suivante
Dans l'ensemble des pays sah�liens de la sous-r�gion, le Cap-Vert occupe une place � part. Cela tient avant tout � son caract�re insulaire qui le distingue fonci�rement des pays continentaux, tout en accentuant de fa�on paradoxale l'aridit� habituelle du climat r�gional, au point qu'on peut parler d'un pays super sah�lien.
De cette situation particuli�re, on retiendra les principaux traits suivants:
Alors que dans le sahel continental, la s�cheresse a s�vi principalement durant les ann�es 1972-74 et 1982-84, au Cap-Vert, elle dure depuis au moins 20 ans; il en d�coule une d�pendance alimentaire structurelle et quasi totale en ce qui concerne les c�r�ales.
Les vivres import�s, notamment le ma�s, le bl� et le haricot, arrivent par bateau aux deux principaux ports (Praia, �le de Santiago, et Mindelo, �le de Santo Antao) et, de l�, sont r�partis dans les autres �les, toujours par voie maritime.
Sur les dix �les que comprend l'archipel, neuf sont peupl�es et totalisent (estimation de 1986) 341 820 habitants. Mais � elle seule, Santiago a plus de la moiti� des habitants et, avec trois autres �les (Sao Vicente, Santo Antao et Fogo), 90% de la population.
La quasi-absence, depuis de longues ann�es, de production locale, de mais notamment, a eu pour cons�quence que le mode de stockage traditionnel a pratiquement disparu. Il s'ensuit un vaste effort d'organisation et d'installations nouvelles.
Le mais est la culture c�r�ali�re principale et constitue la base de l'alimentation. Du fait de la s�cheresse, sa production a consid�rablement baiss� depuis plus de 20 ans. Au cours des 10 derni�res ann�es, cette production n'a jamais atteint le quart des besoins annuels et la derni�re r�colte (1985) n'en a atteint que 3%.
Le haricot est l'autre produit vivrier traditionnel et constitue, avec le mais, la base du plat- national appel� cachupa. Sa prodution, depuis dix ans, a �t� meilleure que celle du ma�s puisqu'elle a permis, en moyenne, de couvrir un tiers des besoins. Cependant, cette ann�e, elle est tomb�e � 28% de la demande nationale.
A ces deux produits, s'ajoutent le manioc et surtout- la pomme de terre, dont la production et la consommation sont en augmentation.
2.1 Stockage et conservation
2.1.1 M�thodes traditionnelles
Du fait de la chute de la production depuis de longues ann�es, les modes traditionnels de stockage ont pratiquement disparu, et l'on ne peut que se fonder sur les souvenirs de ceux qui les ont connus pour en �voquer quelques aspects.
Il s'agit d'ailleurs essentiellement du stockage du mais. Apr�s s�chage, les �pis non d�spath�s �taient stock�s en tas circulaires qui rappellent beaucoup, semble-t-il, les Bliva du sud du B�nin et du Togo.
Pour la conservation des grains battus de mais et de haricot, on utilisait des r�cipients de fabrication locale qu'on bouchait de fa�on �tanche, apr�s adjonction d'ingr�dients naturels de pr�servation. L'ingr�dient naturel le plus souvent cit�, et encore utilis�, est le petit piment rouge qui, s�ch� etmoulu, est m�lang� au stock. Cet:te m�thode de type pr�ventif qui fait appel � des produits v�g�taux ayant des propri�t�s r�pulsives (odeur par exemple) se retrouve, d'une fa�on ou d'une autre, dans de nombreux syst�mes traditionnels.
2.1.2 Evolution des m�thodes locales
L'apparition de r�cipients plus pratiques et plus r�sistants a acc�l�r� la mutation des m�thodes locales, parall�lement � la quasi-disparition des r�coltes. Il s'agit principalement de bidons ou f�ts m�talliques et de carafes en verre. Les f�ts sont utilis�s pour stocker le ma�s, en �pi ou en grain, et les carafes (genre bombonnes de vin), pour conserver les grains de haricot-. Le couvercle du f�t est ajust� herm�tiquement, tandis que le bouchon de la carafe est rendu tr�s �tanche par l'enrobage de cire ou de bougie fondue. Avant d�p�t du grain, le paysan veille � ce que le s�chage soit termin� et ajoute, comme autrefois, du piment rouge r�duit en poudre. D'apr�s un des techniciens agricoles interrog�s, ces m�thodes assez r�centes permettent- de conserver les stocks de mais et de haricot en bon �tat pendant six ans.
2.1.3 Le stockage public
Pour des raisons de logistique autant que de n�cessit� �conomique, le stockage des denr�es alimentaires a �t� confi� au plan national � l'Entreprise publique d'approvisionnement (EMPA). Cette soci�t� d�tient le monopole de l'approvisionnement (importations), du stockage et de la distribution des produits. Ses installations sont de deux types:
La couverture en stockage public correspondrait alors � 82% de la consommation nationale annuelle. Cependant, un certain nombre de ces magasins de l'int�rieur sont d'anciens locaux qui ne remplissent pas les conditions requises pour une bonne conservation. En particulier, ils ne permettent pas d'assurer une bonne ventilation, faute d'ouverture d'a�ration. Pour le Directeur de la protection v�g�tale, c'est l� le probl�me majeur du r�seau public de stockage.
2.2 Protection des denr�es et des stocks
2.2.1 Parasites: principaux insectes
Les principaux insectes ravageurs que l'on trouve dans les produits stock�s sont les suivants:
Mais : Sitophilus, Tribolium, Rhizopertha, Ephestia, Sitotroga, Corcyra
Riz : Rhizopertha
Haricot : Callosobruchus
NB: On notera qu'on ne trouve pas encore de Trogoderma dans l'archipel.
2.2.2 Inspection et traitement
En collaboration avec les Services de la protection v�g�tale (PV), l'EMPA est charg�e de veiller au contr�le de la qualit� des denr�es et de l'�tat sanitaire des entrep�ts et magasins.
A l'arriv�e des produits, un contr�le syst�matique est op�r� avant l'entreposage en sac; puis des visites p�riodiques sont organis�es, selon un calendrier r�gulier, pour v�rifier l'�tat de conservation des stocks. Les techniciens font les recommandations n�cessaires et une �quipe sp�cialis�e dans les traitements peut �tre appel�e en cas d'urgence.
Pour ce faire, l'EMPA dispose d'un cabinet technique compos� de la fa�on suivante:
Dans les autres �les, les centres de stockage disposent tous d'agents de traitement. Ceux-ci re�oivent une formation appropri�e au cours de stages sp�cialis�s, tel le s�minaire pour magasiniers organis� en 1982.
D'autre part, l'EMPA apporte son assistance technique aux autres organismes ou petites entreprises de stockage (magasins priv�s) qui le demandent:, en particulier aux services du Minist�re de l'�ducation qui g�rent des stocks (dons alimentaires) distribu�s dans le cadre du PAM.
2.2.3 Lutte et d�sinfections chimiques
Les principaux moyens chimiques employ�s sont les suivants:
2.2.4 L�gislation
Un d�cret-loi de la Pr�sidence de la R�publique, approuv� le 31.12.1980, a jet� les bases d'une l�gislation en mati�re de protection v�g�tale et agroalimentaire dont les principaux d�crets d'application ("portaria") sont parus le 7.12.1985. Elle stipule notamment que, seule la Division de la protection v�g�tale, d�pendant du Minist�re du d�veloppement rural (MDR) a le droit d'importer les produits phytopharmaceutiques, dont la commercialisation est as sur�e par le Fomento Agro Pecuario (FAP), organisme d�pendant �galement du MDR.
Il existe une commission interminist�rielle charg�e de l'homologation tant des pesticides phytosanitaires que des produits pharmaceutiques en mati�re de sant� humaine. Cette commission est compos�e, � �galit�, de d�l�gu�s du Minist�re de la sant� et du MDR, et pr�sid�e par l'un ou l'autre suivant: les domaines concern�s.
Il convient de souligner qu'un service de quarantaine, encore peu op�rationnel, faute de moyens, doit �tre renforc� prochainement pour un contr�le rigoureux aux fronti�res (ports), en vue d'�viter sp�cialement l'entr�e de Trogoderma granurium et de Prostephaous truncatus qui n'ont pas encore p�n�tr� sur l'archipel.
D�j�, une action pr�ventive est entreprise � propos d'un d�pr�dateur de la pomme de terre, Spinotarsus sp, appel� couramment mille pattes. Comme ce parasite ne se rencontre encore que sur deux �les, Sao Vicente et Santo Antao, la PV a pris des mesures s�v�res d'inspection et de contr�le des lieux de transit, notamment les a�roports de l'int�rieur.
Elle m�ne en m�me temps une campagne d'information �ducative pour faire comprendre les dangers d'une invasion parasitaire et la n�cessit� de ces mesures.
2.2.5 Commercialisation des denr�es de base
Outre les c�r�ales et les l�gumineuses, l'EMPA entrepose dans ses magasins des produits agricoles de consommation courante tels que pommes de terre et oignons, et d'autres denr�es de base, sucre et caf� en particulier. Ces divers produits, dont l'arrivage se fait en gros emballages, sont reconditionn�s manuellement en petites unit�s (sacs de 1 kg) pour l'approvisionnement du commerce de d�tail. En outre, � Praia et � Mindelo, l'EMPA poss�de des petits postes de vente o� ces articles de base sont vendus directement au consommateur, aux prix impos�s. Ainsi, cette activit� commerciale d'un office public a le double avantage de cr�er des emplois et de r�gulariser les prix sur le march�.
3.1 Valeur du r�seau et des services publics
Il convient avant tout de noter l'importance du r�seau de stockage mis en place, tant en capacit� d'entreposage qu'en r�partition g�ographique, et l'efficacit� de son organisation.
Il faut aussi souligner l'existence d'une l�gislation sp�cifique et, chose plus rare, de la volont� de la mettre en pratique. L'application de mesures r�pressives et surtout pr�ventives est une oeuvre de longue haleine etrequ�rerait sans doute plus de moyens que ceux dont dispose actuellement le le Gouvernement du Cap-Vert.
3.2 D�ficiences des magasins secondaires
Un certain nombre de magasins de petits centres administratifs (Conseil, D�l�gation) sont install�s dans des locaux anciens et non pr�vus � cet effet. Les murs manquent parfois d'�tanch�it�, les dimensions ou la disposition int�rieure ne permettent pas une bonne r�partition des divers types de stocks, et surtout les ouvertures n�cessaires � une ventilation r�guli�re sont inexistantes.
3.3 Juxtaposition de produits diff�rents
Si les divers produits sont g�n�ralement bien ensach�s et empil�s sur des palettes, il arrive que des produits de nature diff�rente sont: juxtapos�s ou stock�s dans une m�me pi�ce, par exemple c�r�ales et lait en poudre, ou encore sucre et huile. Cette proximit� est nuisible � la conservation des uns comme des autres, en raison sp�cialement de leurs diff�rences d'ordre hygrom�trique.
Cela est vrai, � plus forte raison, lorsque des contraintes passag�res (intemp�ries, etc.) obligent � d�poser provisoirement des mat�riaux de construction, par exemple des sacs de ciment, dans des entrep�ts r�serv�s aux denr�es alimentaires.
3.4 Insuffisance des moyens financiers
Ces diverses d�ficiences sont imputables principalement au manque de moyens financiers qui seraient n�cessaires pour am�liorer les infrastructures existantes et pour installer de nouveaux �quipements, tant au plan local (villages) que national, avec le concours d'un personnel comp�tent.
La C�te d'Ivoire est un pays � vocation agricole o� les cultures de rente (caf�, cacao, ol�agineux et coton) destin�es � l'exportation occupent une place pr�pond�rante. Les principales productions vivri�res (igname, banane, plantain, riz, mals, sorgho) proviennent presque exclusivement des petites exploitations familiales et sont destin�es essentiellement (80,90%) � l'autoconsommation.
Dans l'�ventail des productions vivri�res, le projet n'�tait concern� que par les c�r�ales et les l�gumineuses � graines. C'est pourquoi, apr�s en avoir d�battu avec les services int�ress�s du Minist�re du d�veloppement rural (MDR) et compte tenu du temps disponible, elle a choisi d'aller enqu�ter uniquement dans le d�partement de Korhogo, au nord du pays. En effet, outre l'igname et le manioc, qui y sont des produits de grande consommation, cette zone a l'avantage de produire aussi du sorgho, du mil, du fond o. du riz (pluvial et: irrigu�) et de l'arachide. Les S�noufo constituent l'ethnie principale de la zone visit�e.
1.1 R�colte et s�chage
La r�colte du sorgho est une activit� collective � laquelle prennent part tous les membres de la famille, y compris les enfants. Ces derniers couchent les tiges de c�r�ales et les hommes coupent les �pis qu'ils mettent en petits tas avant de les lier en bottes. Sans quitter le champ, les bottes sont alors entass�es sur une claie pendant une dur�e moyenne d'un mois.
Les rongeurs et les oiseaux sont les principaux d�pr�dateurs durant cette op�ration de s�chage et: occasionnent des pertes que les paysans �valuent � environ 5%.
Le ma�s n'est r�colt� qu'au bout d'un mois de s�chage sur pied. Puis les �pis sont coup�s et d�spath�s avant d'�tre transport�s au village pour un compl�ment de s�chage qui est fait � m�me le sol pendant cinq jours durant lesquels les enfants surveillent: le produit en vue d'�viter les d�g�ts caus�s par les volailles.
Le riz est r�colt� apr�s maturit�, au bout de dix jours de s�chage sur pied. Ce d�lai occasionne des pertes dues aux oiseaux, mais aucune action n'est prise pour y rem�dier. Aussit�t r�colt�, le riz est mis en bot-tes pour �tre stock� dans les greniers.
1.2 Stockage
1.2.1 Structures
Le grenier S�noufo, appel� Boudoul, est une structure cylindrique en banco, dont la hauteur est le double ou le triple du diam�tre (cf. figure D.1). Pour �tablir la plate-forme, les villageois tracent un cercle, � l'aide d'une ficelle et d'une pointe, sur le site choisi. A �gale distance sur la circonf�rence de ce cercle, des petits trous sont creus�s pour y poser des pierres de 15 � 20 cm de diam�tre. Une pierre est �galement install�e au centre du cercle. Des poutres de courte dimension relient entre elles les pierres et soutiennent un plancher de rondins (8 � 10 cm de diam�tre), dont la longueur peut varier de 100 � 150 cm suivant la taille du grenier. Les paysans utilisent de pr�f�rence le bois de di�gam, r�put� tr�s solide et qui, selon eux, a la particularit� de d�gager une odeur r�pulsive pour les termites.
Le plancher de rondins est recouvert d'une couche (10 cm d'�paisseur) de banco, faite d'un mortier d'argile et de rachis d'�pis de riz. Au bout d'une semaine de s�chage de cette assise, la construction du corps du grenier peut commencer. Les murs sont traditionnellement mont�s par couches avec des mottes de banco (10 cm d'�paisseur environ). Mais il faut noter que cette technique de construction, qui donne des murs tr�s r�sistants, est de plus en plus remplac�e par l'utilisation de briquettes plus �paisses (20 x 10 x 6 cm). Cette nouvelle m�thode permet de construire beaucoup plus rapidement (une journ�e au lieu de trois � quatre semaines), mais les greniers ainsi fabriqu�s sont nettement moins solides et durables que les greniers en mortes qui peuvent durer au moins dix ans.
Des pi�ces de bois servant d'entretoises traversent les murs de part en part, donnant plus de rigidit� � la structure et permettant de fixer le toit. En m�me temps, elles facilitent l'acc�s � l'int�rieur du grenier et le tassement des �pis. Une ouverture carr�e est toujours am�nag�e dans la partie sup�rieure des murs. Le toit conique en paille (Imperata cylindrica) recouvre le sommet du grenier.
Il existe un autre mode de stockage pour le riz en �pis. A la r�colte, celui-ci est mis en bottes et entrepos� sur des claies install�es dans les champs. Le stock est recouvert de paille et, bien qu'il soit parfois �loign� des villages, peut �tre conserv� ainsi pendant deux ans.
1.2.2 M�thodes de conservation
Dans la zone �tudi�e, toutes les c�r�ales sont traditionnellement stock�es en �pis. Cependant, avec l'accroissement des superficies, notamment pour la culture du riz, et l'am�lioration de la productivit�, on s'oriente de plus en plus vers le stockage en grain, � l'int�rieur des greniers, ou m�me en sac, � l'int�rieur des habitations. Toutefois, les agriculteurs reconnaissent que ces derni�res m�thodes entra�nent de plus grandes pertes de conservation. Les principaux d�pr�dateurs sont les insectes et les rongeurs. D'apr�s les villageois, au bout d'un an de conservation, les pertes dues aux insectes seraient de 4 � 5% pour le sorgho, de 3,5% pour le mais et de 2% pour le riz. Quant aux rongeurs, qui arrivent m�me � p�n�trer par la base du grenier o� ils font leur nid, les d�g�ts qu'ils provoquent en un an sont estim�s � 7,5% pour le sorgho, 4 � 5 % pour le ma�s et 1% pour le riz.
Dans cette zone, les paysans n'utilisent aucun produit de pr�servation, naturel ou chimique. On peut signaler cependant qu'autrefois le mais en �pis, entrepos� sur une claie, faisait l'objet d'un traitement avec la fum�e d'un feu de bois pendant environ deux mois. Selon les villageois, les grains ainsi trait�s devenaient tr�s durs et se conservaient tr�s longtemps. Mais maintenant, � cause de la surcharge de travail, cette technique semble avoir disparu.
2.1 R�colte et s�chage
Pour le sorgho, dont la r�colte co�ncide avec celle du riz et du coton, on observe un retard dans l'�vacuation des �pis vers les greniers, ce qui oblige � faire un pr�stockage sur claie, au champ, pendant un mois. Il en r�sulte des attaques par les oiseaux et les rongeurs, entra�nant des pertes que les producteurs �valuent � 5%.
Le ma�s, en revanche, apr�s maturit�, est s�ch� pendant un mois avant d'�tre r�colt�, ce qui favorise l'infestation au champ par les insectes (Sitophilus).
Quant au riz, il est s�ch� sur pied en une dizaine de jours, p�riode au cours de laquelle les agriculteurs ne prennent aucune mesure de lutte contre les oiseaux qui, pourtant, peuvent faire des d�g�ts s�rieux.
2.2 Stockage
Malgr� la tendance actuelle � construire des greniers en briquettes de banco, moins r�sistants et moins durables que les greniers en mottes, les structures familiales de stockage des S�noufo semblent bien appropri�es � la conservation des c�r�ales en �pis.
Cependant, suite � l'accroissement des superficies et des rendements, les capacit�s habituelles de stockage deviennent insuffisantes. Plut�t que de multiplier le nombre des greniers, les producteurs, du moins les plus importants, ont recours au stockage en grain, dans les greniers, ou m�me en sacs, dans les habitations. Ces m�mes producteurs reconnaissent n�anmoins que cette forme de conservation entra�ne des pertes nettement plus �lev�es que le stockage en �pis.
Dans la zone visit�e, aucun produit de conservation n'est utilis� en cours de stockage. On peut en d�duire, compte tenu de la diversit� des cultures et du volume des productions (mais, sorgho, riz, igname, coton, etc.), que les pertes enregistr�es semblent avoir peu d'importance aux yeux des paysans.
3.1 R�colte et s�chage
Les retards dans la r�colte du mais aggravent les risques d'infestation d'insectes au champ, qui se r�percutent sur la qualit� de la conservation. Afin de r�duire sensiblement les d�lais qu'on observe (un mois environ) avant la r�colte du mais, il est recommand� d'entreprendre la vulgarisation des cribs � mais. De telles structures, qui ont �t� amplement test�es en zones humides dans diff�rents pays, permettraient de s�cher beaucoup plus rapidement les �pis de mais et d'avancer ainsi la mise en grenier. La Compagnie ivoirienne pour le d�veloppement des textiles (CIDT), qui encadre d�j� les agriculteurs de cette zone, pourrait facilement se charger de la diffusion de cette m�thode.
3.2 Stockage
Le stockage traditionnel en �pis assurait une bonne conservation, m�me en l'absence de produits de pr�servation naturels ou chimiques. Mais l'�volution actuelle, qui consiste � stocker en grain plut�t qu'en �pis, entra�ne des pertes plus importantes. Pour r�duire ces pertes, il est n�cessaire de prendre des mesures, contre les infestations d'insectes en particulier.
Avant de penser aux insecticides chimiques, il est recommand�:
Parall�lement � cette action, il est recommand� d'identifier et, si n�cessaire, de vulgariser, parmi les insecticides fabriqu�s dans le pays, ceux qui s'av�rent les plus efficaces tout en �tant peu toxiques et simples � utiliser. Cela devrait se faire avant que les paysans, face aux contraintes impos�es par les nouvelles formes de stockage en grain, soient tent�s d'employer n'importe quel produit pesticide rencontr� sur le march� ou utilis� pour le coton.
Le ma�tre d'oeuvre de l'ensemble de ces actions pourrait �tre la Direction de la protection des v�g�taux, en �troite collaboration avec les institutions de recherche agronomique et les soci�t�s d'encadrement agricole.
3.3 L�gislation phytosanitaire
La l�gislation existante sur les produits phytosanitaires a besoin d'�tre actualis�e et, plus encore, appliqu�e. Il est recommand� d'entreprendre cette r�forme, tant dans ses principes que dans les modalit�s d'ex�cution, et de doter les services publics int�ress�s des moyens ad�quats pour la faire appliquer.
Figure D.1: Grenier traditionnel S�noufo (Korogho, C�te d'Ivoire).
Le riz est la principale production c�r�ali�re de la Guin�e-Bissau (80 000 t en 1980-81). On y produit �galement du mil, du sorgho et du mais (40 000 t en 1980-81), principalement dans les r�gions Nord et Nord-Ouest du pays. La totalit� de la production c�r�ali�re est autoconsomm�e.
Seule la zone nord du pays (alentours de Contubel) a pu �tre visit�e. On y trouve les ethnies Mandingue et Peulh, chacune ayant ses pratiques postr�colte bien sp�cifiques. La r�gion Sud et celle des Iles, o� l'on produit essentiellement du riz et qui sont soumises � des contraintes diff�rentes, n'ont pu �tre visit�es.
Par cons�quent-, le syst�me post-r�colte d�crit ici concerne uniquement la r�gion Nord, chez les Mandingue.
1.1 Le riz
1.1.1 R�colte et s�chage
Les techniques post-r�colte diff�rent selon qu'il s'agit de riz pluvial ou de riz irrigu�. Le riz pluvial est r�colt� manuellement, �pi par �pi, par les femmes qui les rassemblent en gerbes (environ 5 kg de paddy), avant de les transporter � la maison pour le stockage. L'essentiel du s�chage du riz pluvial est fait sur pied au champ, avant la r�colte qui n'a lieu qu'au d�but de la saison s�che. La p�riode de conservation co�ncidant avec la saison s�che, l'op�ration de s�chage des gerbes de riz pluvial est continu�e � l'int�rieur des greniers ouverts � l'air dans lesquels elles sont: stock�es.
En revanche, le riz irrigu� est r�colt� par les hommes en mai-juin au d�but de la saison des pluies. Les plants de riz sont fauch�s, et battus aussit�t � l'aide de fl�aux en bois. Ce n'est qu'apr�s le battage que les grains de paddy sont �tal�s en couche mince sur une aire proprement balay�e, parfois ciment�e, pour le s�chage au soleil. Cette fa�on de proc�der a pour but de h�ter le s�chage des grains de riz. Lorsque le temps le permet-, le s�chage du paddy ne dure en moyenne que trois jours, au cours desquels les grains sont ramass�s et rentr�s � l'int�rieur des habitations tous les soirs afin d'�viter les reprises d'humidit� durant la nuit.
1.1.2 Stockage
Les �pis de riz pluvial mis en gerbes sont: stock�s dans des greniers enti�rement faits de mat�riaux v�g�taux et tr�s ouverts � l'air ext�rieur. Il s'agit du Bountoung, (figure E.1) grenier bien d�gag� du sol et constitu� d'une plate-forme horizontale faite de branchages, recouverts de nattes en lamelles de bambou tress�es (Crinting). La plate-forme, dont la hauteur peut atteindre 1,50 m, est soutenue par six poteaux en bois solide et r�sistant.
D'ordinaire, les paysans pr�f�rent le bois de feu, appel� ici Koulengo, reconnu pour sa solidit� et sa r�sistance aux termites. Selon les paysans, une vingtaine d'ann�es auparavant, cette esp�ce arbor�e se retrouvait facilement � proximit� des villages. Actuellement, � cause des feux de brousse, de l'utilisation du Koulengo pour produire du charbon et de l'extension des surfaces mises en culture, il faut aller loin pour le trouver (2 � 3 km des villages).
Le corps du grenier est fait en lamelles de bambou tress�es (Crinting) dont la long�vit� est en moyenne de dix ans (cf. figure E.2). La m�me paille, Imperata cylindrica (appel� Nyantang) sert pour la toiture des habitations et pour celle des greniers. La toiture d�borde largement au-dessous des parois du grenier qu'elle prot�ge du soleil et de la pluie. Imperata cylindrica est pr�f�r�e � toutes les autres herbes 2/, � cause de sa long�vit� qui d�passe dix ans.
Les grains de paddy provenant de la r�colte du riz irrigu� sont stock�s soit dans de petits greniers en argile, (appel�s Khowlow), soit dans des sacs en jute, � l'int�rieur des habitations. Lorsqu'il s'agit de la conservation de graines de semences, l'ouverture du petit grenier est bouch�e � l'aide d'argile pour r�aliser un stockage �tanche � l'air. Elle ne sera rouverte qu'au moment des semis.
1.2 Le sorgho
Le sorgho n'est r�colt� qu'en novembre-d�cembre � la fin de la saison des pluies. Le s�chage est fait sur pied avant la r�colte et dure en moyenne deux � trois semaines apr�s la maturit� des grains.
Les �pis sont r�colt�s et mis en bottes par les hommes qui les transportent vers le village, g�n�ralement � l'aide de charrettes. Ceux qui n'en poss�dent pas payent 7 � 10% de la r�colte transport�e.
Le stockage du sorgho est fait en bottes dans les greniers en v�g�taux (Bountoung), comme pour celui du riz pluvial.
1.3 Le ma�s
Dans la r�gion, le ma�s est souvent cultiv� en association avec le sorgho. Arrivant � maturit� bien avant ce dernier, il est r�colt� en ao�t, en pleine p�riode pluvieuse. Les plants de mais sont coup�s avant la r�colte des �pis. Ceci permet d'a�rer le champ pour le sorgho.
Les �pis sont transport�s � la maison o� ils sont d�spath�s avant leur s�chage. Une claie en bois d'environ 1,50 m de hauteur soutient la couche d'�pis. Un feu de bois � la base de la claie permet d'activer le s�chage qui ne dure en moyenne qu'une semaine. Le feu doit �tre activ� tous les soirs pour permettre le s�chage au cours de la nuit et �viter les reprises d'humidit�.
Lorsque l'�pi est assez sec, un frottement du doigt suffit normalement pour l'�gr�ner. Pour les villageois, c'est le signe que les �pis de mais peuvent- alors �tre stock�s dans le Bountoung.
Bien qu'aucun produit naturel ou chimique de pr�servation contre les insectes ne soit utilis� en cours de stockage dans la r�gion, les paysans affirment qu'ils n'ont aucun probl�me � ce sujet.
Leur pr�occupation majeure est engendr�e par les rongeurs (rats et souris) qui occasionnent des d�g�ts importants. Lors d'attaques graves, "il suffit de soulever les �pis pour voir qu'ils sont vides", disent-ils. Pour faire face � ce probl�me, ils utilisent de petits pi�ges qui s'av�rent peu efficaces pour contr�ler l'activit� des rongeurs. Autrefois, pour lutter contre les souris, ils utilisaient des chats qu'ils �levaient; malheureusement ceuxci ont commenc� � manifester une pr�f�rence pour leurs poussins.