4.4.1.2.2 Addition de substances d'origine v�g�tale
Table
des mati�res - Pr�c�dente
- Suivante
On utilise traditionnellement dans la protection des denr�es stock�es de nombreuses esp�ces et parties de v�g�taux.
Bien que les essais effectu�s en laboratoire sur des v�g�taux (pr�parations v�g�tales) se soient souvent r�v�l�s fort prometteurs leur efficacit� s'est r�v�l�e tr�s variable dans les conditions r�elles de stockage. Si la plupart des m�thodes ont des effets limit�s certaines lorsqu'elles sont correctement appliqu�es, offrent une protection satisfaisante des produits stock�s. Les tableaux ci-apr�s contiennent une liste des substances couramment utilis�es et ayant montr� une efficacit� suffisante. m�thodes d'application �tant multiples, il se peut que certaines techniques qui ne sont pas indiqu�es dans le tableau concern� soient localement employ�es. Les plantes qui ne sont pas mentionn�es du tout peuvent n�anmoins rev�tir une signification locale et avoir des effets positifs.
Parties vertes de plantes et poudres obtenues � partir de parties vertes s�ch�es:
| M�thode | Effets | Remarques |
| Feuilles fra�ches ou s�ch�es des diff�rentes esp�ces Annona, ajout�es par couches � la marchandise (m�thode sandwich). |
Puissants effets r�pulsifs et insecticides, pendant 3 � 4 mois, sur les bruches, ainsi que sur les ravageurs du sorgho et du millet. |
Tr�s largement r�pandu en Afrique. A recommander en raison d'une efficacit� prouv�e. |
| Feuilles enti�res ou puiv�ris�es de Hyptis spigicera, ajout�es sous forme de couches ou m�lang�es au grain � raison de 3g de poudre/kg. | Bons effets insecticides sur les broches, agit sur l'oviposition le d�veloppement des larves. Employ� �galement contre les termites. |
Utile contre les bruches des haricots, ainsi que contre la bruche des arachides, Caryedon serratus. |
| Parties de Lantana broy�es, ajout�es selon la m�thode sandwich ou comme couche sup�rieure. |
Effets r�puisifs contre les bruches des l�gumineuses � grains, efficace jusqu'� 6 mois. |
La graine du Siam, Lantana camara, est extr�mement r�pandue en Afrique, et donc largement disponible. |
| Feuilles s�ch�es ou
pulv�ris�es de Neem ou de Melia, m�langees au grain ou appli- qu�es par couches. |
Insecticide et r�puisif,
inhibition du d�veloppement. Agit principalement, jusqu'� une dur�e d'un an, sur les col�opt�res nuisibles des produits stock�s. |
Plante bien connue � usage multiple originaire de l'Inde. Les meilleurs effets sont obtenus � partir de I'huile ou des extraits. |
| Feuilles d'Ocimum canum (basilic � duvet blanc), enti�res ou en poudre, appliquees selon la technique du sandwich. |
Effets insecticides sur les col�opt�res des l�gumineuses � grains et des c�r�ales. |
Excellents effets imm�diats, mais persistance insuffisante pour le stockage de longue dur�e. |
| Feuilles de menthe (Mentha spp.), ajout�es au grain � raison de 0,5 � 2% de son poids. |
Effets insecticides pr�sum�s, agit sur les ravageurs des stocks de c�r�ales. |
Effets rapides sur Sitophilus oryzae, un ravageur relativement difficile � combattre. |
Poudres d'�corces et racines:
| M�thode | Effets | Remarques |
| Poudre d'�corce de Khaya senegalensis (acajou d'Afrique), ajout�e � raison de 50 � 1000 g/ kg de grain. |
Action insecticide probable, jusqu'� trois mois, sur les bruches des l�gumineuses � grains. |
Sp�cialement employ� dans la lutte contre Bruchus maculatus sur le haricot ni�b�. |
| Poudre de rhizomes s�ch�s de Acorus calamus (ajout�e � raison de 0,2 � 1% du poids de la marchandise) |
Effets insecticides et r�pulsifs, inhibition du d�veloppement de nombreux ravageurs durant plus de 6 mois. | La poudre peut �tre stock�e pendant 2 mois sans aucune perte d'efficacit�. L'emploi de doses �lev�es suscite des questions quant � de possibles effets nocifs sur l'homme. |
Poudres de fleurs, de fruits et de semences:
| M�thode | Effets | Remarques |
| Poudre de pyr�thre, appliqu�e sur les structures de stockage et sur la marchandise. |
Action insecticide et r�pulsive
initiale efficace sur la totalit� des ravageurs des stocks. |
La mati�re active se d� grade rapidement, notam- ment en cas d'exposition � la lumi�re. |
| Fruits entiers ou pulv�ris�s de
poivre de Cayenne (Capsicum spp.), m�langes � la marchandise. |
Effets insecticides et r�pul- sifs sur de nombreux rava- geurs, plusieurs mois du- rant. |
Attention: il peut y avoir des irritations oculaires au cours de l'application! Le produit modifie le go�t de la marchandise |
| Fruits entiers ou pulv�ris�s de poivrons (Piper spp.), m�lang�s � la marchandise. | Analogues � ceux du poivre de
Cayenne. Les effets persistent durant 3 mois. |
Cf. poivre de Cayenne. |
| Poudre de noyaux de Neem, Ajout�e � raison de 0,5 � 4% du volume de marchandise. |
Effets identiques � ceux d�- crits pour les pr�parations � base de feuilles, mais plus puissants. |
Les noyaux de Neem pos- s�dent la plus haute teneur en mati�res actives. |
| Poudre de graines d'Annona, Ajout�e � raison de 0,5 � 2% du poids de la marchandise. |
M�mes effets que ceux d�- crits � propos des feuilles. |
Attention: la poudre a des effets irritants pour les yeux! |
Extraits aqueux:
| M�thode | Effets | Remarques |
| Aspersion de la marchandise � l'extrait de pyr�thre. |
Comparable � l'action de la poudre. |
Impact initial �lev�, mais faible persistance. |
| Extrait de Neem (25 � 50 g / litre d'eau) aspersion du grain dans une proportion de 0,5 � 5%. |
Effets comparables � ceux de la poudre de noyaux de Neem. |
Les extraits de Neem sont plus concentr�s que la for- mulation en poudre. |
| Aspersion de la marchandise aux extraits de poivrons. |
Effets identiques � ceux des fruits ou de la poudre du m�me produit. | Utilis� sur les l�gumineuses � grains d sur le riz Modifie la saveur! |
| Aspersion de la marchandise au moyen d'un extrait � 2,5 % de racines d'Annona. |
Effets identiques � ceux d�crits pour les feuilles. |
Huiles v�g�tales:
| M�thode | Effets | Remarques |
| Huile d'arachide (5 ml / kg) |
Effets toxiques sur les embryons, � l'int�rieur des ufs de bruches. L'oviposition est gravement entrav�e. L'action persiste jusqu'� 6 mois. | M�thode simple d bon march�. L'huile d'arachide ne rancit pas rapidement. Pas d'incidence sur la capacit� germinative. |
| Huile de noix de coco (5 � 10 ml / kg) |
Similaires � ceux de l'huile d'arachide. |
Cf. huile d'arachide |
| Huile de palme (5 � 10 ml / kg) |
Cf. huile d'arachide | D� � sa couleur rouge pro- fond, I'huile de palme modifie l'aspect de la mar- chandise. |
| Huile de s�same (5 ml / kg) | Cf. huile d'arachide. | Cf. huile d'arachide. |
| Huile de noyaux de Neem (utilis�e sur les l�gumineu- ses � grains et les c�r�ales � raison de 2 � 3 ml / kg). |
En plus des effets d�crits pour les feuilles, I'huile de Neem agit comme les autres huiles v�g�tales. |
L'huile de Neem a un go�t amer d devient rance en cours de stockage. Recom- mand� pour les semences. |
| Beurre de karit�, fondu et appliqu� � raison de 5 ml/kg sur les c�r�ales et les l�gu- mineuses � grains. |
Agit comme les huiles v�g�tales, en particulier sur les col�opt�res. Les effets persistent pendant 4 mois. | R�sidu de la production du beurre de Parit�. Peut �tre �galement utilis� dans le m�me but. |
Les huiles v�g�tales sont ajout�es en faible quantit� � la marchandise et soigneusement m�lang�es. Elles conviennent tout particuli�rement pour la protection des stocks de l�gumineuses � grains contre les col�opt�res des l�gumineuses bruches huiles agissent contre les larves et les larves et rendent les femelles incapables d'oviposition. Les effets protecteurs sont en g�n�ral satisfaisants, surtout si le grain n'est pas encore infest� au moment du traitement.
Si l'on utilise des substances v�g�tales pour la protection des denr�es stock�es, il faut veiller � ne pas mettre en uvre des esp�ces comme Datura ou Solanum, qui sont hautement toxiques pour l'homme, quand il s'agit de prot�ger des c�r�ales destin�es � la consommation humaine. M�me chose en ce qui concerne les plantes alt�rant fortement la qualit� des denr�es stock�es, comme certaines esp�ces � la saveur particuli�rement am�re. Ces m�mes substances peuvent s'av�rer en revanche tr�s utiles pour la protection des semences.
4.4.1.2.3 Emploi de substances d'origine animale
L'addition de substances d'origine animale n'occupe qu'une place extr�mement restreinte dans la protection des r�coltes. On notera tout de m�me ici le proc�d� qui consiste � enduire de bouse de vache ou de crottes de ch�vres les murs d'argile des silos fermiers contre les ravageurs cach�s. Son efficacit� n'a pas �t� confirm�e par les tests et demeure par cons�quent douteuse.
4.4.1.3 M�thodes physiques
Les m�thodes physiques de lutte contre les ravageurs sont mises en oeuvre aussi bien � titre pr�ventif que curatif. Le traitement peut contribuer � am�liorer l'aptitude au stockage. Pour de plus amples d�tails, se r�f�rer au section 10.1.
4.4.1.3.1 M�thodes m�caniques
Triage manuel des ravageurs
et des grains ou �pis contamin�s
Tamisage des ravageurs
Vannage
Remuage des grains (secouage)
Lors de l'application de m�thodes ayant uniquement pour effet de s�parer les ravageurs de la marchandise sans entra�ner leur mort, il faut veiller � d�truire les insectes tri�s de mani�re � ce qu'ils ne retournent pas dans la marchandise stock�e.
4.4.1.3.2 Action de la chaleur
Exposition des marchandises
au soleil (destruction des larves vivant dans les grains, fuite
des animaux adultes, sensibles � la lumi�re et � la chaleur)
Eviter la chaleur excessive!
R�chauffement dans l'eau, �bullition (parboiling)
Fumage et r�chauffage au feu de conteneurs de stockage
(par exemple dans les greniers en argile).
Stockage du grain au- dessus du foyer (chaleur et fum�e
ont pour effet de chasser les insectes)
Le fumage aux poivrons chauds s�ch�s (Capsicum sp.) a de
bons effets imm�diats, mais il modifie le go�t du grain.
4.4.1.3.3 Stockage � l'abri de l'air
Les conteneurs de stockage fermant herm�tiquement constituent dans les r�gions tr�s s�ches la solution id�ale. Les insectes sont incapables d'y p�n�trer, et les parasites introduits en m�me temps que la r�colte y meurent rapidement en raison d'un manque d'oxyg�ne doubl� d'un taux accru de CO2 (cf. section 4.1.2), d� � la respiration des ravageurs et � celle du grain. On n'insistera jamais assez, dans ce contexte, sur l'importance de la solidit� de la construction ou du conteneur. L'isolation thermique constitue un point essentiel.
Le stockage � l'abri de l'air convient particuli�rement pour le stockage � long terme dans les zones � climat chaud et sec. Dans des conditions de ce type, il est toutefois conseill� de ne pas stocker des semences plus de quelques mois.
Dans les pays tropicaux, I'humidit� relative �lev�e am�ne des conditions optimales pour le d�veloppement de moisissures. Ici le stockage � l'abri de l'air n'est g�n�ralement pas recommand�. Les risques potentiels de cette m�thode de stockage peuvent �tre r�duits par une gestion soigneuse, en ne stockant que des marchandises bien s�ches, et en particulier en maintenant des temp�ratures �quilibr�es dans le magasin afin d'exclure les risque de condensation.
4.4.2 M�thodes biologiques et int�gr�es de lutte
Les m�thodes biologiques de lutte sont trait�es plus en d�tail au chapitre 10. On peut imaginer que la mise en uvre d'ennemis naturels (pr�dateurs, parasitoides) et de micro- organismes sp�cialis�s, l'emploi substances alimentaires attirantes et la propagation de vari�t�s tol�rantes vont prendre � l'avenir dans le secteur du stockage rural une place toujours plus d�terminante.
Sur le plan de la lutte biologique contre les ravageurs des- stocks, les premi�res exp�riences de l�cher d'un antagoniste du grand capucin du mais (Prostaphanus truncatus) ont donn� des r�sultats prometteurs dans le secteur du stockage paysan (cf. section 10.3).
Il existe �galement aujourd'hui une autre approche de gestion int�gr�e des produits stock�s, qui consiste � partager la r�colte afin de r�duire les quantit�s d'insecticide n�cessaires � une pr�vention ad�quate des pertes d'apr�sr�colte. Les essais r�alis�s en Tanzanie, de m�me que les enqu�tes effectu�es en Afrique occidentale ont montr� que, durant les trois � quatre premiers mois de stockage, les insectes nuisibles ne provoquent pas des pertes �conomiques suffisantes pour justifier des traitements aux insecticides synth�tiques.
On en a conclu que la r�colte peut �tre divis�e en deux parties, l'une destin�e � la consommation au cours des trois � quatre mois suivant la r�colte, l'autre destin�e au stockage � plus long terme. La premi�re partie peut �tre stock�e sans traitement chimique, tandis que les c�r�ales pr�vues pour la consommation ult�rieure ou pour la vente devront, elles, �tre soumises � un traitement.
Ce proc�d� permet � l'agriculteur d'�conomiser des insecticides et de l'argent sans incidences �conomiques n�gatives.
4.4.3 M�thodes chimiques
Depuis des si�cles, les paysans n'ont cess�, de s'en remettre aux vertus protectrices des spathes, des cosses, ou encore � la sensibilit� moindre de certaines vari�t�s traditionnelles face aux ravageurs des stocks
Cette confiance est absolument justifi�e, et toute intervention au niveau des proc�d�s de stockage et de mise en culture qui aurait pour objet de rem�dier, par une utilisation accrue d'insecticides, aux inconv�nients partiels qui y sont li�s, doit �tre auparavant soumise � un examen attentif du point de vue socio- �conomique.
Les m�thodes traditionnelles de lutte contre les ravageurs ne paraissant plus suffisantes pour prot�ger les quantit�s sans cesse croissantes de produits stock�s, on assiste � un d�ploiement d'efforts visant � introduire des modifications au sein des syst�mes de stockage traditionnels. Il s'agit dans la plupart des cas de l'utilisation de poudres insecticides � m�langer au produit. L'introduction, au niveau des petites exploitations, d'insecticides chimiques de protection des denr�es stock�es, a cependant entra�n� un certain nombre de probl�mes qui, en d�pit des efforts consid�rables d�ploy�s par les services de vulgarisation concern�s, n'ont pas re�u jusqu'ici de solutions satisfaisantes.
Les enqu�tes r�alis�es au cours de ces derni�res ann�es eh Afrique occidentale ont r�v�l� par exemple que la s�lection et l'application inad�quates d'insecticides chimiques et de fumig�nes �taient des ph�nom�nes tr�s courants au niveau des petites exploitations. Des cas examin�s, il ressort que seule une minorit� d'agriculteurs appliquent correctement les produits. Les erreurs les plus r�pandues sont les suivantes:
Choix d'un produit inad�quat
Parmi les produits chimiques employ�s par les agriculteurs pour la protection des grains alimentaires stock�s, on a relev� � de nombreuses reprises des produits destin�s au traitement des semences et des sols, ou encore des insecticides contre des parasites de l'hygi�ne comme les moustiques et les blattes. Certains de ces produits contiennent, � haute dose, des mati�res actives fortement toxiques pour les mammif�res. pratiques comportent des risques manifestes pour la sant� des consommateurs.
Certains compos�s obsol�tes, comme les hydrocarbures chlor�s, encore utilis�s en Afrique pour combattre par exemple les larves de moustiques, finissent bien souvent dans les greniers alimentaires comme produits de protection des grains.
Application d'insecticides d�grades ou � la formulation inappropri�e
Dans de nombreux cas o� les agriculteurs se plaignaient des effets insuffisants d'insecticides recommand�s pour les produits stock�s, l'analyse chimique a r�v�l� que la mati�re active s'�tait d�grad�e suite � un stockage trop prolong� ou effectu� dans des conditions climatiques d�favorables. Les formulations en poudre, notamment, se d�gradent rapidement dans des conditions climatiques chaudes et humides.
Dans certains cas, toutefois, on a pu d�montrer que des erreurs de formulation commises par l'usine locale �taient � l'origine de l'�chec. On a m�me parfois constat� que le contenu en mati�re active �tait nul depuis la date de production.
Application inad�quate
Il arrive souvent qu'il y ait des erreurs de calcul lors du dosage ou que le produit ne soit pas uniform�ment r�parti, ce qui se traduit soit par une surdose- avec les risques que cela comporte pour le consommateur - soit par un sous- solage Celui- ci aboutit � une protection insuffisante des produits stock�s et favorise l'apparition de r�sistances chez les ravageurs des stocks.
Les fumig�nes sont d�j� en vente sur de nombreux march�s ruraux d'Afrique de l'Ouest. Les marchands proposent m�me des comprim�s � l'unit�, envelopp�s dans du papier. Des enqu�tes ont montr� que l'application de fumig�nes par les petits paysans africains ne s'accompagnait jamais de l'�tanch�it� au gaz requis pour les locaux, ce qui signifie que les traitements n'ont pas les effets d�sir�s et que le risque d'intoxication humaine est consid�rable.
Le manque d'information ad�quate est la principale cause des probl�mes �num�r�s ici. Les marchands ne sont pas suffisamment inform�s pour pouvoir conseiller les paysans sur les modalit�s d'application correctes, ou bien ils n'ont aucun int�r�t � dissuader les agriculteurs d'acheter un produit inadapt�. L'�tiquetage est bien souvent insuffisant pour pr�venir les erreurs d'emploi, surtout du fait que les �tiquettes sont rarement r�dig�es dans les langues autochtones. Le pourcentage �lev� de paysans analphab�tes pose des probl�mes suppl�mentaires au niveau du transfert de connaissances techniques sp�ciales. Derni�re difficult�, non des moindres, beaucoup de services de vulgarisation ou de protection des v�g�taux ne sont pas en mesure de transmettre le savoir n�cessaire en fonction des besoins.
Sauf � mettre en place pour les agriculteurs africains un r�seau de vulgarisation / information efficace sur l'application correcte des insecticides, il semble que la meilleure solution consiste � r�duire au minimum absolu l'emploi de ces produits dans la protection des r�coltes. En mati�re de pr�vention des pertes d'apr�s - r�colte au niveau de la ferme, I'hygi�ne, avec l'ensemble des mesures pr�ventives qu'elle implique, s'est av�r�e � la fois la plus efficace, la plus �conomique et la plus s�re des approches. Parmi les m�thodes traditionnelles fond�es sur des substances d'origine v�g�tale, min�rale, etc., certaines ont montr� une efficacit� suffisante sur les ravageurs des denr�es stock�es pour concurrencer les insecticides synth�tiques, surtout lorsque ceux- ci sont appliqu�s par des fermiers ne poss�dant pas le savoir- faire requis (cf. section 4.4.1).
Dans la majorit� des pays africains, les poudres constituent les formulations les plus r�pandues dans le secteur de la protection des denr�es stock�es � l'�chelon de la ferme, ce qui s'explique par le fait que l'application de poudres est une op�ration relativement simple et s�re, bien que dans certaines conditions les vaporisations soient plus efficaces. Cette section traite par cons�quent uniquement de l'application d'insecticides en poudre au niveau de la ferme. On trouvera au chapitre 8 des informations plus pr�cises en ce qui concerne les possibilit�s et les limites que pr�sente l'usage des insecticides chimiques, de m�me que sur les produits ad�quats et les questions techniques relatives aux m�thodes d'application, la s�curit� et autres aspects.
La mise en uvre de moyens chimiques implique le respect des points suivants:
Faible toxicit�
(protection de l'utilisateur) (cf. section 8.1.7)
Bonne rentabilit� L'exp�rience a montr� qu'il n'�tait
pas forc�ment rentable de traiter � l'insecticide des �pis de
mais en spathes, surtout lorsque le mais avait �t� auparavant
victime d'une forte infestation dans les champs. Cette r�serve
s'applique �galement au traitement de denr�es stock�es ne
s�journant pas plus de 3 � 4 mois dans un conteneur de stockage
de ferme (cf. section 4.4.2).
Disponibilit� des insecticides en temps voulu et �
l'endroit voulu
Emballages de format appropri�, c'est- �- dire de petits
paquets avec mode d'emploi sur l'�tiquette (r�dig� dans une
langue commune ou locale)
M�thodes appropri�es de vulgarisation afin d'inculquer
aux paysans des connaissances fond�es en mati�re de
manipulation des insecticides.
Ces exigences montrent que la diffusion des insecticides chimiques doit obligatoirement s'accompagner de mesures compl�mentaires, � savoir l'existence d'un syst�me de distribution efficace, doubl� d'un service de vulgarisation comp�tent.
Domaines d'application des insecticides dans le secteur du stockage � la ferme:
Traitement de greniers
vides (poudrage, pulv�risation, fumage) donne une bonne
protection pr�ventive.
Traitement de la marchandise stock�e, soit par addition de
poudre insecticide � appliquer en couches, en alternance avec
les c�r�ales (m�thode � sandwich �), soit par un traitement
de surface (pulv�risation ou poudrage), soit par fumage.
Attention: Pour �viter que les r�sidus ne d�passent les seuils admissibles (cf. section 8.1.8), le m�lange d'un insecticide � une marchandise stock�e ne peut intervenir qu'une seule fois par saison, m�me � la suite d'une p�riode de stockage prolong�e.
4.4.3. 1 Poudrage
4.4.3.1.1 Formulations en poudre
Les formulations de poudres insecticides sont des pr�parations pr�tes � l'emploi, qui contiennent de 0,1 � 5% de mati�re active. Ces formulations renferment des substances additionnelles destin�es � renforcer l'adh�rence, de mani�re � ce que l'insecticide se lie parfaitement � la marchandise stock�e. Les formulations en poudre se pr�tent au m�lange avec les c�r�ales, dans lesquelles on les applique par couches (m�thode � sandwich �), ainsi qu'aux traitement de surface de sacs, � l'unit� ou en piles, et de greniers. Voici une liste des produits les plus couramment utilis�s � l'heure
| Mati�re
active (m.a.) |
Produit
du commerce (p.c.) |
Quantit� d'application | |
| (ppm) | (g de
p.c. /100 kg de denr�es) |
||
| Organo- phosphor�s: | |||
| F�nitrothion | Folithion 1% D | 10 | 100 |
| Sumithion 1% D | 10 | 100 | |
| Pirimiphos- m�thyle | Actellic 2% D | 10 | 50 |
| Chlorpyrifos- m�thyle | Reldan 2% D | 10 | 50 |
| M�thacrifos | Damfin 2% D | 10 | 50 |
| Malathion | Malathion 2% D | 8- 12 | 40- 60 |
| Pyr�thrinoides: | |||
| Deltam�thrine | K- Othrin 0.2% D | 1 | 50 |
| Perm�thrine | Permethrin 0.5% D | 2.8 | 55 |
| Fenval�rate | Sumicidin 1% D | 5 | 50 |
| Cyfluthrine | Baythroid 1% D | 2 | 20 |
On trouvera la section 8.1.4 des renseignements sur le choix correct des mati�res actives et les propri�t�s des produits figurant ici.
4.4.3.1.2 Poudreuses
Pour appliquer les formulations en poudre, il est n�cessaire de disposer de poudreuses. Il en existe des mod�les tr�s simples et tr�s efficaces, que l'on peut facilement fabriquer ou acheter sur place:
4.4.3.1.3 Addition de poudre insecticide � la marchandise stock�e
Cette m�thode est principalement en usage chez les petits paysans dans le cas du stockage de grains de mais en sacs. Le processus employ� pour m�langer la poudre insecticide aux c�r�ales est le suivant:
1 Vider les sacs de c�r�ales de mani�re � former un tas sur le sol
2 R�partir uniform�ment la quantit� d'insecticide n�cessaire sur tout le tas
3 M�langer soigneusement l'insecticide aux c�r�ales � l'aide d'une pelle
4 V�rifier que la poudre est bien r�partie
Ensacher et emmagasinage ou verser dans un r�cipient appropri�e des c�r�ales ainsi trait�es.
Lorsqu'il s'agit de quantit�s de c�r�ales assez importantes (plus de deux sacs), la meilleure m�thode consiste � retourner plusieurs fois le tas � l'aide d'une pelle:
4.4.3.1.4 M�thode � sandwich �
La m�thode dite � sandwich � convient aussi bien pour le stockage d'�pis de mais que pour celui d'autres c�r�ales dans des greniers traditionnels. Les greniers doivent �tre soigneusement nettoy�s avant l'emmagasinage:
L'emmagasinage et l'application d'insecticide peuvent alors commencer:
1. Poudrage des murs int�rieurs au moyen d'une fine couche d'insecticide
2. Emplissage d'une couche d'env. 5 �pis d'�paisseur (20 cm maximum)
5. La couche sup�rieure doit toujours �tre poudr�e � l'insecticide:
Le degr� d'infestation du mais sur pied d�pend largement de la protection des �pis fournie par les spathes. Certains examens ont montr� que le stockage des �pis en spathes �tait aussi efficace contre les pertes qu'un traitement � l'insecticide. L'�limination des spathes pr�alablement � une application d'insecticide peut s'av�rer tr�s avantageuse lorsqu'il y a eu auparavant une forte infestation des c�r�ales sur pied. Dans ce cas, les ravageurs pr�sents dans les �pis sont directement expos�s � l'insecticide.