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Ma�s � haute qualit� proteique

Table des mati�res - Pr�c�dente - Suivante

Enfants

La forte consommation de ma�s par la population humaine d'un certain nombre de pays d'Am�rique latine et d'Afrique, ainsi que les carences bien connues en lysine et en tryptophane des prot�ines du ma�s ont conduit les chercheurs � essayer d'obtenir un grain de ma�s dont la prot�ine contiendrait de plus fortes concentrations de ces acides amin�s indispensables.Trois faits permettaient de penser qu'il �tait possible d'obtenir de meilleures vari�t�s de ma�s. Le premier �tait que, par s�lection, on pouvait augmenter la teneur en huile du grain de ma�s d'environ 4 � 15 pour cent (Dudley et Lambert, 1969). Cet accroissement a �t� obtenu en d�veloppant la taille du germe, puisqu'il s'agit de la partie du grain o� l'huile se trouve concentr�e. Ces m�mes chercheurs ont montr� qu'il �tait possible de porter la teneur totale en prot�ines d'environ 6 � 18 pour cent en augmentant la fraction prolamine (z�ine) de l'albumen du ma�s La troisi�me constatation �tait la tr�s grande variabilit� de la teneur en lysine des diff�rentes vari�t�s et s�lections de ma�s.

La recherche d'un mais � haute qualit� prot�ique r�pondant � ces conditions a abouti lorsque Mertz, Bates et Nelson (1964) ont annonc� qu'ils avaient d�couvert que le g�ne opaque-2 utilis� comme marqueur pour la multiplication du ma�s accroissait sensiblement la teneur en lysine et en tryptophane de la prot�ine.

Les r�sultats des premi�res �tudes sur le traitement alcalin du ma�s opaque-2 (cultiv� en Indiana, aux Etats-Unis, en 1965) ont montr� que le proc�d� n'entra�nait de modifications nutritionnelles significatives ni dans la p�te ni dans les tortillas, ainsi que permettaient de le conclure les donn�es chimiques et les exp�riences biologiques sur le rat.

La qualit� prot�ique du ma�s opaque-2 pr�par� � la chaux a �t� �valu�e chez les enfants au moyen de l'indice du bilan azot� (rapport entre l'absorptionet la r�tention de l'azote). Six enfants en bonne sant� ont servi � effectuer deux �tudes. Les r�sultats moyens des bilans azot�s, pour un apport de 1,8 et 1,5 g de prot�ines par kilogramme de poids corporel et par jour sont reproduits au tableau 35. (Bressani, Alvarado et Viteri, 1969). Comme on peut le voir, il n'y avait pas de diff�rences significatives de la r�tention azot�e chez les enfants recevant les r�gimes � base de lait et � base de ma�s opaque-2 trait� � la chaux lorsque le niveau de1'apport en prot�ines �tait de 1,8 g par kilogramme et par jour. Les donn�es font appara�tre des diff�rences d'absorption de l'azote. Dans le cas du ma�s opaque-2 trait�, la digestibilit� apparente des prot�ines repr�sentait en moyenne 73,5 pour cent dans ces �tudes. Sur la base de l'azote m�tabolique f�cal d�termin� chez les enfants, la digestibilit� vraie des prot�ines �tait de 83,8 pour cent. A partir de ces r�sultats, on a pu conclure que les quantit�s de ma�s opaque-2 ing�r�es par les enfants �taient de 16,3 � 16,7 g et de 12,9 � 14,5 g par kilogramme de poids corporel, pour obtenir 1,8 et 1,5 g de prot�ines par kilogramme et par jour, respectivement. Ces chiffres sont �quivalents � un apport total en mais de 140 � 227 g par jour, quantit�s semblables � celles qui sont commun�ment ing�r�es par les enfants au Guatemala.

Au moyen des donn�es recueillies dans le cadre de cette �tude et des donn�es relatives � l'azote endog�ne urinaire, on a pu calculer le rapport entre l'absorption et la r�tention d'azote en provenance du lait et du ma�s opaque-2. Cet indice de bilan azot� constitue une bonne approximation de la valeur biologique des prot�ines. L'indice a donn� 0,80 pour le lait et 0,72 pour le mais opaque-2, ce qui permet de conclure que la valeur prot�ique du ma�s opaque-2 repr�sente 90 pour cent de celle du lait. Lorsqu'on utilisait le chiffre correspondant � la digestibilit� vraie, on a pu calculer que la valeur biologique des prot�ines du ma�s opaque-2 �tait de 87,1 pour cent. Les chiffres indiquaient �galement qu'il fallait 90 mg d'azote absorb� � partir du ma�s opaque2 pour obtenir l'�quilibre azot�.

Aux fins de comparaison, on a proc�d� au m�me type d'analyse pour le mais commun chez les enfants (Scrimshaw et al., 1958; Bressani et al., 1958, 1963). Les donn�es relatives � l'indice de bilan azot� ont �t� obtenues � partir de diverses �tudes au cours desquelles des enfants recevaient un r�gime alimentaire dont les seules prot�ines �taient celles du ma�s. La valeur biologique a �t� calcul�e � 32 pour cent. Ces donn�es ont permis de d�montrer une fois de plus la m�diocre qualit� des prot�ines du ma�s commun.

La diff�rence entre la valeur nutritive des prot�ines du ma�s opaque-2 et celle du ma�s commun appara�t clairement � la figure 2, �tablie � partir de donn�es provenant des �tudes d�crites plus haut. La figure fait appara�tre la r�tention azot�e chez des groupes d'enfants nourris exclusivement au mais opaque-2 et celle d'autres groupes nourris au mais commun, dans les deux cas � diff�rents niveaux d'ingestion de prot�ines. La figure fait �galement appara�tre l'effet de suppl�mentation de la lysine et du tryptophane sur le mais commun. M�me pour des ingestions de 400 g ou 500 g de ma�s commun, la r�tention azot�e reste tr�s faible et elle tombe � des niveaux plus faibles encore lorsque l'ingestion est ramen�e � 200 g ou � 300 g par jour. Avec l'opaque-2, au contraire, des ingestions de 140 g ou 230 g par enfant et par jour entra�nent des r�tentions positives exc�dant m�me celles que l'on obtient avec le ma�s commun suppl�ment� � la lysine et au tryptophane. Cela tend � prouver qu'il pourrait �tre n�cessaire de suppl�menter le mais commun par d'autres acides amin�s pour le rendre comparable, sous le rapport de la valeur prot�ique, au ma�s opaque-2.

La diff�rence entre l'opaque-2, le ma�s commun et ce dernier suppl�ment� par la lysine et le tryptophane s'explique par une meilleure combinaison sp�cifique d'acides amin�s indispensables dans le cas du ma�s opaque-2, puisque la digestibilit� des trois est essentiellement la m�me. De plus, le mais � haute qualit� prot�ique a �galement une plus faible teneur en leucine, incrimin�e dans la faible valeur nutritionnelle du ma�s.

FIGURE 2 - R�tention azot�e chez des enfants nourris au lait, au ma�s commun (seul et suppl�ment�} et au ma�s opaque-2

Les informations pr�sent�es font clairement appara�tre la sup�riorit� des prot�ines du ma�s opaque-2 sur celles du ma�s commun, fait d'une grande importance pour les populations dont le r�gime alimentaire habituel comporte la consommation de grandes quantit�s de ma�s.

Dans une �tude conduite par Luna-Jaspe, Parra et Serrano (1971), la r�tention azot�e du ma�s commun, du ma�s opaque-2 colombien (ICA H208) et du lait a �t� compar�e chez trois enfants de 24 � 29 mois, pesant de 5,9 � 10,1 kg. L'apport prot�ique et calorique �tait d'environ1g et 100 calories par kilogramme de poids corporel et par jour. La r�tention azot�e �tait n�gative lorsque les enfants recevaient le mais opaque-2. Toutefois, le ma�s commun entra�nait un chiffre encore plus faible ou plus n�gatif. Lorsqu'on a donn� du lait � ces enfants, l'un d'entre eux a pr�sent� un bilan n�gatif et les deux autres un bilan positif, le bilan moyen �tant positif.

TABLEAU 36 - Bilans azot�s compar�s chez des enfants nourris au QPM et au ma�s commun

Prot�ines Digestibilit� des prot�ines Utilisation prot�ique netle Valeur biologique R�tention de la source d'azote
  (%) (%) (%) (g/jour)
Cas�ine 98 75 77 1,81
H-208 opaque 91 89 76 1,52
H-208 cristalline 87 65 75 1,50
H-208 commun 78 36 47 0.93

Les auteurs ont indiqu� que la digestibilit� apparente des prot�ines du ma�s commun �tait de 61,5 pour cent, celle du ma�s opaque-2 de 57,9 pour cent et celle du lait de 66,4 pour cent. Ils sont �galement parvenus � la conclusion que le mais opaque-2 a une plus grande valeur nutritionnelle que le ma�s commun. Ils ont cependant fait observer que son utilisation chez de jeunes enfants en rapide croissance devrait �tre surveill�e attentivement et qu'ils ne pouvaient pas le recommander comme source principale de l'apport quotidien en prot�ines.

Les r�sultats obtenus par ces chercheurs rejoignent ceux qu'ont communiqu�s d'autres auteurs (Bressani, Alvarado et Viteri, 1969). Ces derniers ont constat� qu'avec 90 mg d'azote absorb� par kilogramme de poids corporel et par jour l'�quilibre azot� �tait atteint. Les chercheurs qui ont travaill� en Colombie ont constat� que 90 mg d'azote absorb� fournissaient une r�tention n�gative relativement faible, alors que 100 mg d'azote absorb� r�alisaient l'�quilibre azot�. Les diff�rences entre les r�sultats n'�taient pas significatives et pouvaient s'expliquer par l'�ge des enfants, plus jeunes dans le cas de l'�tude colombienne et de plus faible poids corporel que les sujets utilis�s lors de l'�tude de 1969. Un facteur plus important �tait l'apport prot�ique moindre. En tout cas, ces donn�es conduisent � penser qu'un apport journalier minimal d'environ 125 g de ma�s opaque-2 pourrait garantir l'�quilibre azot�. Or. il s'agit d'un r�sultat que l'on ne pourrait m�me pas obtenir en utilisant le double de ma�s commun.

TABLEAU 37 - Digestibilit� et utilisation de l'�nergie et des prot�ines fournies par des r�gimes � base de ma�s commun, de ma�s � haute qualit� prot�ique et de caf�ine, mesur�es chez six enfants en bas �ge

Des �tudes similaires ont �t� conduites par Pradilla et al. (1973) en utilisant la m�me vari�t� de ma�s mais avec le g�ne opaque-2 (H-208 opaque). Un albumen cristall in contenant le g�ne opaque-2 a �galement �t� essay�. Les r�sultats sont reproduits au tableau 36 o� l'on peut observer des valeurs similaires pour la digestibilit�, la valeur biologique et la r�tention azot�e pour les deux s�lections de ma�s contenant le g�ne opaque-2. Ces valeurs �taient l�g�rement inf�rieures � celles de la cas�ine, mais sensiblement sup�rieures � celles du ma�s commun. Lors d'�tudes plus r�centes, Graham et al. (1989) ont proc�d� � une �valuation biologique du QPM Nutricta, vari�t� de ma�s qui contient le g�ne opaque-2. C'est un ma�s � haut rendement, � albumen corn�, qui contient des niveaux �lev�s de lysine et de tryptophane, mais moins �lev�s que ceux du ma�s opaque-2 �tudi� en premier. Ces auteurs se sont servis de six enfants de sexe masculin �g�s de 7,9 � 18,5 mois qui relevaient d'�pisodes de malnutrition. Ces enfants ont re�u un r�gime � base de ma�s commun et de QPM ainsi que de cas�ine, destin� � assurer 6,4 pour cent des calories sous forme de prot�ines. L'apport total en �nergie �tait d'environ 125 kcal par kilogramme et par jour, calcul� pour permettre un gain de poids et une croissance � des rythmes pr�alablement �tablis. Les r�sultats du bilan azot� sont reproduits au tableau 37. L'absorption d'azote du ma�s � haute qualit� prot�ique et du ma�s commun �tait de 70 et 69 pour cent respectivement, et de 82 pour cent pour la cas�ine. La r�tention azot�e exprim�e en pourcentage de l'apport �tait de 32 pour cent pour le ma�s QPM, contre 41 pour cent pour la cas�ine et 22 pour cent pour le mais commun. Ces r�sultats, au m�me titre que ceux pr�c�demment communiqu�s par d'autres chercheurs, confirment l'ind�niable sup�riorit� du ma�s opaque-2 sur le ma�s commun comme aliment de l'enfance.

TABLEAU 38 - Bilan azot� quotidien moyen chez des adultes recevant des quantit�s diff�rentes de ma�s opaque-2

Grains de ma�s Poids corporel (kg)

Azote (g)

    F�ces Urine Bilan
300 64,4 1,38 4,33 0,29
250 64,6 1,23 4,63 0,07
200 64,9 1,17 4,93 -0,09
150 65,0 0,97 5,37 -0,34

Graham et al. ( 1980) et Graham, Placko et MacLean ( 1980) ont �galement publi� les r�sultats d'�tudes portant sur huit enfants mal nourris convalescents, �g�s de 10 � 25 mois, nourris au ma�s opaque-2, � l'albumen d'opaque-2 sugary2 et aux grains entiers. Les prot�ines devaient fournir 6,4 pour cent du total de calories prot�iques, et les r�gimes alimentaires assuraient de 100 � 125 kcal par kilogramme de poids corporel et par jour. Les r�sultats ont fait appara�tre une r�tention apparente d'azote � partir de la farine d'albumen inf�rieure � celle des farines � base de grains entiers, et inf�rieure dans les deux cas � celle de la cas�ine. L'�cart entre les r�tentions d'azote des grains entiers et de l'albumen s'expliquait probablement par les acides amin�s fournis par le germe. Au sujet des acides amin�s libres plasmatiques envisag�s dans les �tudes d�crites plus haut, les m�mes chercheurs ont conclu que les ma�s exp�riment�s �taient peut�tre carenc�s en lysine, tryptophane et isoleucine.

Les auteurs ont �galement indiqu� que pour que les enfants puissent atteindre la r�tention d'azote apport�e par la cas�ine, suppos�e par hypoth�se �gale aux besoins, il leur faudrait obtenir 203,9, 148 ou 122,5 pour cent de leurs besoins en �nergie des farines d'albumen de ma�s commun, d'opaque-2 ou d'opaque-2 sugary-2, ce qui est impossible. Pour les farines enti�res, il leur faudrait obtenir 108,2, 90,3 ou 84,2 pour cent de leur �nergie du ma�s commun, du ma�s opaque-2 ou du ma�s sugary-2.

Des �tudes de croissance chez des enfants nourris au mais QPM ont �t� entreprises par diff�rents chercheurs, et notamment Amorin (1972) et Valverde et al. ( 1981). Dans tous les cas, le ma�s QPM �tait sensiblement sup�rieur au ma�s commun et l�g�rement en dessous de la r�ponse de croissance observ�e dans le cas d'alimentation lact�e.

Graham et al. (1989) ont expliqu� que �pour quiconque connait les probl�mes nutritionnels des enfants sevr�s et des jeunes enfants des pays en d�veloppement, et sait que des millions d'entre eux tirent du ma�s l'essentiel de leur�nergie alimentaire, de leur azote et de leurs acides amin�s essentiels, les avantages potentiels du ma�s � haute qualit� prot�ique sont �normes. Admettre que ces enfants recevront toujours le compl�ment voulu en azote et en acides amin�s est une mauvaise plaisanterie�.

Adultes

Deux �tudes ont �t� publi�es sur l'�valuation de la qualit� prot�ique du ma�s opaque-2 chez les adultes. Dans la premi�re de ces�tudes, Clark et al. (1967) ont utilis� comme sujets de deux exp�riences des �tudiants de l'universit�. Le ma�s utilis� �tait finement broy� et renfermait le grain entier. Il contenait de 11 � 12 pour cent de prot�ines, 4,65 g de lysine par 16 g d'azote et 1,38 g de tryptophane par 16 g d'azote, soit des valeurs semblables � celles du ma�s opaque-2 utilis� dans l'�tude chez l'enfant de Bressani, Alvarado et Viteri (1969). Le ma�s a �t� donn� � raison de 300 g. 250 g. 200 g et 150 g par jour, qui fournissaient 5,58 g. 4,65 g. 3,72 g et 2,79 a d'azote par individu et par jour. Les r�sultats de l'une de ces exp�riences sont reproduits au tableau 38. Tous les individus pr�sentaient un bilan positif lorsque l'apport �tait de 300 a de ma�s, et tous �taient en �tat d'�quilibre lorsqu'ils en recevaient 250 g. Lorsque l'apport �tait de 200 a et 150 g. le bilan �tait n�gatif. A partir de ces donn�es, on a calcul� l'�quation de r�gression entre le bilan azot� et le ma�s consomm�. En moyenne, l'�quilibre azot� �tait obtenu pour un apport de 230 g.

Les m�mes auteurs ont �tudi� l'effet de la suppl�mentation par la lysine ou le tryptophane seuls. Ils ont constat� qu'un seul sujet avait am�lior� sa r�tention d'azote. L'addition de m�thionine n'apportait aucun changement. Cela montrait que les prot�ines du ma�s opaque-2 n'�taient pas carenc�es � l'�gard de ces trois acides amin�s dans le cas des adultes. Des r�sultats analogues ont �t� communiqu�s par Clark et al. ( 1977) lorsque des adultes recevaient du ma�s QPM et du ma�s opaque-2 sugary-2.

TABLEAU 39 - Apport en prot�ines et en acides amin�s du ma�s opaque-2 et du ma�s commun n�cesaire pour obtenir l'�quilibre azot� (g/jour)

  Opaque-2 Commun
Ma�s 250 547
Prot�ines 27,9 43,8
Isoleucine 1,01 2,00
Leucine 2,70 5,60
Lysine 1,34 1,25
M�thionine 0,60 0,80
Cystine 0,55 0,56
Ph�nylalanine 1,33 1,96
Tyrosine 1,14 1,64
Thr�onine 1,10 1,72
Tryptophane 0,39 0,26
Valine 1,54 2,20
Total pour les acides amin�s 11,70 18,99

Malheureusement, il n'y a pas eu de comparaison du ma�s opaque-2 et du ma�s commun dans une m�me �tude portant sur des adultes. La qualit� prot�ique du ma�s commun a, cependant, �t� �valu�e chez les adultes par Kies, Williams et Fox (1965). Dans l'une de ces �tudes, 10 sujets ont re�u du ma�s d�germ� destin� � fournir des apports en azote de 4 g. 6 a et 8 a par jour. Les r�sultats ont indiqu� clairement que lorsque le ma�s d�germ� fournissait 4 a et 6 a d'azote, le bilan azot� moyen �tait n�gatif. Lorsque l'apport �tait port� � 8 a d'azote par jour, le bilan devenait positif. La r�gression entre l'apport d'azote et l'azote fix� a �t� calcul�e. On a pu calculer � partir de l'�quation qu'il fallait 6,9 a d'azote fourni par du ma�s d�germ� pour assurer l'�quilibre azot�. Le coefficient de r�gression, multipli� par 100 et divis� par la digestibilit� des prot�ines, donne la valeur biologique de ces prot�ines. Dans le cas pr�sent, cette valeur �tait de 46,5 pour cent.

Sur la base de 8,0 a de prot�ines pour 100 a de ma�s d�germ�, un apport de 6,9 a d'azote �quivaut � 539 a de ma�s. Ce chiffre est proche des quantit�s de ma�s consomm�es par les adultes du Mexique, du Guatemala et d'EI Salvador.

Dans l'�tude d�crite pr�c�demment, la lysine et le tryptophane ajout�s seuls n'ont pas apport� de changement en ce qui concerne la r�tention moyenne d'azote. Lorsque ces deux acides amin�s �taient ajout�s ensemble, cependant, la r�tention d'azote s'accroissait - sans que cela f�t n�cessairement d� � la quantit� plus �lev�e d'azote administr�e avec l'addition de ces deux acides amin�s. Cette possibilit� peut �tre �cart�e �tant donn� la r�ponse obtenue lorsqu'on ajoutait de l'azote non sp�cifique. Ces donn�es d�montrent que les prot�ines du ma�s commun sont carenc�es en lysine et en tryptophane pour les adultes, comme elles le sont pour les enfants (voir plus haut dans ce chapitre).

Les r�sultats de ces �tudes sur l'apport d'acides amin�s fourni par le ma�s QPM et le ma�s commun (Clark et al., 1967; Kies, Williams et Fox, 1965) sont compar�s au tableau 39. Comme on l'a montr� pr�c�demment dans ce m�me chapitre, il faut deux fois plus de ma�s commun pour obtenir l'�quilibre azot� chez les adultes. Cela �quivaut � un apport en prot�ines environ 1,6 fois plus important dans le cas du ma�s commun que dans celui du ma�s opaque-2. L'ingestion d'acides amin�s essentiels suit la m�me tendance que l'ingestion d'azote total.

En retenant une valeur biologique de 82 pour cent pour le ma�s opaque2, sur les 28 a ing�r�s environ 23 a sont fix�s, ce qui est la quantit� approximative (21 a fix�e � partir du ma�s commun, qui a une valeur biologique de 46,5 pour cent. Ces donn�es font appara�tre les pertes consid�rables d'azote qui se produisent dans le cas du ma�s commun. Mis � part la lysine et le tryptophane, le ma�s commun fournit une plus grande quantit� d'acides amin�s essentiels. Ces derniers constituent toutefois une charge dont l'organisme doit se d�barrasser, charge qui est plus grande dans le cas de la leucine, de la tyrosine et de la valine. Le co�t physiologique de la m�tabolisation de ces acides amin�s superflus n'est pas connu, mais il faudrait l'estimer.

En outre, la sp�cificit� de composition des prot�ines en acides amin�s est d�s�quilibr�e, ce qui pourrait �tre une explication suppl�mentaire de la m�diocre valeur biologique des prot�ines du ma�s commun. Une autre m�thode d'analyse de cette ingestion consiste � l'exprimer en pourcentage de l'apport total en acides amin�s, calcul qui met en relief la carence en lysine et en tryptophane du ma�s commun et fait appara�tre l'exc�s des autres acides amin�s. Cette information, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants, met une fois de plus en �vidence l'excellente qualit� des prot�ines du ma�s opaque-2 et la m�diocre qualit� des prot�ines du ma�s commun.

Valeur bioeogioue des prot�ines du ma�s commun et du ma�s � haute qualite proteique

Il n'existe pas d'�tudes compar�es directes sur la digestibilit� et la valeur biologique des prot�ines du ma�s commun et du ma�s opaque-2. Pour les comparer on fera donc appel aux �tudes sur le ma�s commun de Truswell et Brock ( 1961, 1962) et � celles de Young et al. ( 1971 ) sur le mais opaque-2. Dans l'une des �tudes conduites par Truswell et Brock (1962), les sujets d'exp�rience ont re�u 90 pour cent de leur apport en azote du ma�s et10 pour cent d'autres aliments. Un bilan azot� positif �tait atteint lorsque l'apport en azote �tait sup�rieur � 7 a par jour, encore que, comme dans les autres �tudes, on ait observ� une grande variabilit�. Les auteurs ont calcul� la valeur biologique, qui repr�sentait en moyenne 45 pour cent quand le niveau d'ingestion �tait �lev� et 57 pour cent � un niveau moins �lev� d'apport en azote. La diff�rence �tait attendue puisque la valeur biologique d'une prot�ine d�pend du niveau de l'apport prot�ique. Comme tous les sujets d'exp�rience pr�sentaient un bilan azot� positif lorsque l'apport �tait �lev�, les auteurs en ont conclu que la valeur biologique du ma�s est proche du chiffre de 57 pour cent. Des r�sultats analogues ont �t� obtenus par Young et al. ( 1971). Truswell et Brock ( 1961 ) ont �galement constat� que chez les adultes nourris au ma�s l'addition de lysine, de tryptophane et d'isoleucine portait le bilan azot� de 0,475 � 0,953 a d'azote par jour dans une �tude, et de 0,538 � 1,035 a d'azote par jour dans une seconde �tude. La farine donn�e aux sujets �tait de la farine de ma�s d�germ� dans laquelle les carences apparaissent davantage.

La valeur biologique des prot�ines du ma�s opaque-2 a �t� �tudi�e par Young et al. (1971). Les prot�ines de l'œuf ont �t� utilis�es comme r�f�rence, � raison d'apports de 2,64 a � 3,95 a d'azote par jour. Les auteurs ont calcul� la digestibilit� vraie des prot�ines et la valeur biologique � partir de l'azote m�tabolique f�cal et de l'azote endog�ne urinaire. La digestibilit� des prot�ines du ma�s opaque-2 variait entre 67 et 106 pour cent, avec une moyenne de 92 pour cent pour les huit individus de l'�tude, tandis que pour les prot�ines de l'œuf la variabilit� �tait de 78 � 103 pour cent avec une moyenne de 96 pour cent. La valeur biologique moyenne du ma�s opaque-2 �tait de 80 pour cent et celle de 1'œuf de 96 pour cent.

Signification pratique de l'�valuation des prot�ines du ma�s opaque-2

Les r�sultats des �tudes conduites chez des enfants et des adultes indiquent � l'�vidence la sup�riorit� du ma�s opaque-2 sur le ma�s commun. Malgr� cela, de tous les pays consommateurs de ma�s, seuls la Colombie et le Guatemala se sont efforc�s au cours de ces derni�res ann�es d'introduire ce mais am�lior� dans leurs syst�mes de production agricole. Les raisons n'en apparaissent pas clairement, �tant donn� que les �tudes agronomiques conduites en plusieurs endroits ont montr� qu'entre le mais � haute qualit� prot�ique et le ma�s commun il n'existe pas de diff�rences de pratiques culturales, de rendement par unit� de superficie ou de qualit� physique du grain. De plus, les plantes ont le m�me aspect; les grains du ma�s QPM sont cristallins et les rendements en grains sont comparables � ceux du ma�s commun.Ma�s il se peut que ces {:acteurs rev�tent davantage d importance aux yeux des cultivateurs que les avantages nutritionnels du ma�s � haute qualit� prot�ique.

La teneur en �nergie des deux types de ma�s est semblable, mais la teneur en prot�ines du ma�s QPM est mieux utilis�e en raison de son meilleur �quilibre des acides amin�s essentiels. Cependant, la valeur prot�ique du ma�s opaque-2 peut s'analyser selon d'autres points de vue. On pourrait utiliser les informations du tableau 39 pour se prononcer sur l'introduction des vari�t�s de ma�s opaque-2 dans les pays consommateurs de cette c�r�ale. Il a �t� �tabli que l'ingestion des deux types de ma�s, ainsi que leur teneur en azote (prot�ines) sont semblables, mais que leurs pourcentages de digestibilit� sont tr�s diff�rents: sur 48 a d'azote ing�r� � partir du ma�s commun, 39,4 a seulement sont absorb�s et 8,6 a sont perdus dans les f�ces. Dans le cas du ma�s opaque-2, sur 48 a d'azote ing�r�, 44,2 a sont absorb�s et 3,8 a sont perdus dans les f�ces.

Le fait � retenir est la valeur biologique, qui se d�finit comme la quantit� d'azote absorb� requis pour fournir les acides amin�s n�cessaires aux diff�rentes fonctions m�taboliques. La valeur biologique du ma�s commun est de 45 pour cent; sur 39,4 a absorb�s, 17,7 a sont fix�s et 21,7 a sont excr�t�s. Dans le cas du ma�s opaque-2, la valeur biologique des prot�ines est de 80 pour cent; sur44,2 a d'azote absorb�, 35,4g sont fix�s et 8,8 a sont excr�t�s. La quantit� totale d'azote perdu lorsque le mais commun est consomm� est �gale � 30,3 g. alors que la perte n'est que de 12,6 g. � quantit� �gale, dans le cas du ma�s opaque-2.

En d'autres termes, 37 pour cent seulement de l'apport en ma�s commun sont utilis�s, contre 74 pour cent dans le mais opaque-2. La production et la consommation de ma�s � haute qualit� prot�ique dans les pays consommateurs aurait ainsi un effet extr�mement b�n�fique sur l'�tat nutritionnel des populations, sans compter l'aspect �conomique, �tant donn� qu'il serait fait un meilleur usage des quantit�s produites et consomm�es.


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