Table des mati�res
- Pr�c�dente - Suivante
Sur le plan de la valeur nutritive, le ma�s est tout � fait comparable aux autres c�r�ales. En fait, il est l�g�rement sup�rieur � la farine de froment et tr�s l�g�rement inf�rieur au riz. Il s'agit des trois c�r�ales les plus consomm�es dans le monde. Le probl�me du ma�s tient au r�gime alimentaire dont il fait partie, r�gime essentiellement carenc� � l'�gard des aliments suppl�mentaires qui seraient n�cessaires � l'am�lioration des �l�ments nutritifs ing�r�s avec les quantit�s relativement importantes de ma�s. Les populations qui consomment du ma�s auraient tout � gagner sur le plan nutritionnel si le ma�s qu'elles consomment comportait les g�nes lysine et tryptophane du ma�s � haute qualit� prot�ique ou si elles le consommaient additionn� de quantit�s suffisantes d'aliments protidiques tels que les l�gumes secs, le lait, les f�ves de soja ou les graines et feuilles d'amarante.Ma�s �tant donn� que cela ne se produira pas dans un proche avenir, il convient de prendre d'autres mesures. C'est pourquoi la pr�sente section propose un certain nombre de possibilit�s, r�sultats des �tudes destin�es � am�liorer la qualit� nutritionnelle des r�gimes � base de ma�s.
Dans le monde entier, notamment dans les pays en d�veloppement, le r�gime alimentaire des populations est bas� sur la consommation d'une c�r�ale, g�n�ralement le ma�s, le sorgho ou le riz, et d'un l�gume sec, haricots communs ou autres. Les r�sultats de nombreuses �tudes ont montr� que ces deux types de nourriture de base se compl�tent l'un l'autre. Un effet de compl�ment a �t� observ�, par exemple quand des animaux �taient nourris de rations dans lesquelles les prot�ines �taient d�riv�es du ma�s et des haricots communs, en proportions variables allant de 100:0 � 0:100. Lorsque chaque composante fournissait pr�s de 50 pour cent des prot�ines de l'alimentation, on obtenait une qualit� �lev�e, sup�rieure aux qualit�s de chaque composante prise individuellement. Ce fait s'explique par la sp�cificit� de composition en acides amin�s de chaque composante. Les prot�ines du ma�s sont d�ficitaires en lysine et en tryptophane mais comportent d'assez importantes quantit�s d'acides amin�s soufr�s (m�thionine et cystine). En revanche, les prot�ines des l�gumineuses sont relativement riches en lysine et en tryptophane mais pauvres en acides amin�s soufr�s (Bressani et El�as, 1974). A partir de ces �tudes, on est parvenu � la conclusion que c'est dans la proportion de 30 parties de haricots pour 70 parties de ma�s que les prot�ines des haricots ou des l�gumineuses compl�tent le mieux celles du ma�s.
Cette m�me r�ponse s'observe �galement avec le mais compl�t� par des ni�b�s, des haricots velus de la basse Nubie, des f�ves de soja et autres l�gumineuses. La r�ponse reste identique, m�me si le niveau prot�ique du r�gime n'est pas fix� comme dans l'exemple ci-dessus, mais elle varie en fonction de la teneur en prot�ines de chaque composante. Des r�sultats b�n�fiques ont �t� obtenus en ajoutant de l'huile au r�gime � raison de quantit�s allant de O � 10 pour cent. Il est � noter �galement que l'ingestion alimentaire �tait la plus �lev�e au niveau maximal de compl�mentation. En d'autres termes, il y avait �galement apport plus �lev� en �nergie.
La grande importance de la qualit� des prot�ines a �chapp� � ceux qui assurent que, dans les r�gimes alimentaires, l'�nergie est plus limitante que les prot�ines. L'effet de compl�ment mentionn� ci-dessus a �galement �t� d�crit chez les humains. Le bilan azot� a �t� exp�riment� dans des �tudes concernant des enfants nourris au mais trait� � la chaux et aux haricots, selon deux proportions fixes et une troisi�me ad libitum, au choix des enfants (figure 6). Le bilan azot� obtenu avec la proportion fixe de la phase1(76:24) �tait inf�rieur � celui obtenu lorsque la proportion du ma�s par rapport aux haricots dans le r�gime alimentaire �tait de 60:40 (phase 2). Le bilan azot� s'am�liorait lorsque les enfants �taient laiss�s libres de choisir, et leur choix approchait de sept parts de ma�s pour trois parts de haricots en poids. Tout aussi important est le fait que l'ingestion totale d'aliments augmentait �galement. L'ingestion habituelle de ma�s et de haricots, �tablie par des enqu�tes alimentaires remontant aux ann�es 60, variait entre 11:1 et 18: 1; la suppl�mentation en haricots �tait donc relativement faible. Des donn�es plus r�centes (Garcia et Urrutia, 1978) concernant des enfants de trois ans ont montr� un rapport de 8:4 entre le mais et les haricots, et le rapport �tait encore plus faible chez les enfants de 6 � 11 mois.
FIGURE 6 - R�tention azot�e chez des entants recevant des r�gimes � base de ma�s/haricots
Les combinaisons de prot�ines du ma�s et des haricots? m�me si elles ont une valeur prot�ique relativement �lev�e dans les exp�riences chez l'animal ne conviennent pas au traitement des enfants souffrant de malnutrition prot�ique. De plus, l'accroissement des niveaux d'acides amin�s plasmatiques constat� par Arroyave �t al. (1961) � la suite d'un repas exp�rimental de lait �tait beaucoup �lev� apr�s une p�riode de traitement faisant appel � une combinaison ma�s-haricots 1:1 que la r�ponse observ�e lorsqu'on donnait des prot�ines du lait apr�s traitement soit au lait soit avec un m�lange v�g�tal compos� de ma�s, de farine de coton, de levure de torula et de sels min�raux (Bressani et Scrimshaw, 1961). Ces r�sultats ont confirm� l'insuffisance du r�gime � base de ma�s et de haricots. De m�me, les r�sultats de bilans azot�s d'enfants nourris avec des m�langes de ma�s et de haricots, compar�s au lait et � d'autres prot�ines v�g�tales, ont �t� relativement faibles. G�mez et al. ( 1957) ont fait conna�tre les r�sultats d'exp�riences de bilans azot�s chez huit enfants, de un � cinq ans, souffrant de malnutrition chronique grave qui, pendant l'exp�rience, ont �t� mis � un r�gime de farine de ma�s et de haricots. L'absorption comme la fixation d'azote �taient extr�mement variables selon les enfants; quatre d'entre eux pr�sentaient un bilan azot� positif et quatre un bilan n�gatif. L'addition de tryptophane et de lysine au r�gime � base de ma�s et de haricots a consid�rablement am�lior� l'absorption et la r�tention d'azote dans quatre cas. Ces �tudes ne pr�cisaient pas les quantit�s de ma�s et de haricots m�lang�es, et l'ingestion de prot�ines variait entre 1,53 g et 8,50 g par jour. Frenk ( 1961 ) a �galement observ� de m�diocres r�sultats chez des enfants nourris au mais et aux haricots. Une am�lioration sensible �tait obtenue lors de la suppl�mentation par la farine de poisson.
Comme d'autres chercheurs, Hansen ( 1961 ) a constat� que le lait permettait d'amorcer la gu�rison du kwashiorkor sans difficult�; en revanche, un m�lange � deux composantes, � raison de 66 pour cent de farine de ma�s et 33 pour cent de farine de ni�b�s n'a pas permis d'entamer la gu�rison dans les trois cas trait�s par ce moyen. Un m�lange � trois composantes constitu� de parties �gales de farine de ma�s, de germes de ma�s et de doliques (Vigna sinensis) a permis d'obtenir une gu�rison satisfaisante dans le seul cas o� elle a �t� employ�e.
Il faudrait 238 g du m�lange sec � trois composantes et 267 g du m�lange � deux composantes pour fournir les acides amin�s essentiels contenus dans 100 g de lait �cr�m�. Etant donn� que les formules v�g�tales supposent aussi une dilution relativement plus importante, il est difficile d'en donner suffisamment pour satisfaire les besoins en prot�ines.
Scrimshaw et al. (1961) ont estim� que l'�chec rencontr� lorsqu'on a voulu amorcer la gu�rison du kwashiorkor avec des m�langes de ma�s et de haricots s'explique par le volume excessif de l'aliment par rapport � sa teneur en prot�ines. Hansen et al. ( 1960) ont fait valoir que les diff�rences de valeur biologique des prot�ines essay�es se traduisaient � l'�vidence dans la r�tention azot�e, qui repr�sentait en moyenne de 13 � 14 pour cent pour le lait, 8,8 pour cent pour le m�lange � deux composantes et 5,7 pour cent seulement pour le m�lange � trois composantes. On en a conclu que les m�langes � deux et � trois composantes suffisaient chacun � assurer la pr�vention du kwashiorkor apr�s gu�rison de la maladie, mais que seul le m�lange � trois composantes comportait des prot�ines en concentration suffisante et de qualit� satisfaisante pour pouvoir servir au traitement.
Il convient de noter que le m�lange � deux composantes � 66 pour cent de farine de ma�s et 33 pour cent de farine de ni�b�s n'est pas la meilleure combinaison de ces deux sources de prot�ines. Bressani et Scrimshaw ( 1961 ) ont indiqu� que, dans les meilleurs m�langes de ces deux aliments, les ni�b�s fournissaient de 50 � 75 pour cent des prot�ines et le ma�s de 50 � 25 pour cent.
D'autres �tudes conduites par Hansen et al. ( 1960) et Brock ( 1961 ) ont permis de mesurer, au moyen du bilan azot�, la valeur nutritive du ma�s seul et du ma�s suppl�ment� par la lysine et le tryptophane, par la farine de pois additionn�e de farine de poisson et par la farine de pois additionn�e de lait. La r�tention d'azote a �t� sensiblement accrue par chacune de ces formes de suppl�mentation, mais � des ingestions de prot�ines de moins de 2,5 g par kilogramme de poids corporel et par jour elle �tait sensiblement moindre avec le suppl�ment de lysine et de tryptophane ou le suppl�ment de farine de pois qu'avec un r�gime lact�. Ces diff�rences disparaissaient avec des ingestions de prot�ines plus �lev�es. Le m�lange ma�s-pois suppl�ment� avec 12 pour cent de lait ou 10 pour cent de farine de poisson a donn� des r�tentions d'azote comparables � celles observ�es avec un r�gime lact� pour tous les niveaux d'ingestion de prot�ines. Ces r�sultats variables concernant les prot�ines de haricots ou d'autres l�gumineuses peuvent s'expliquer par le type de l�gumineuse utilis�, par des carences en acides amin�s ou par quelque facteur inconnu. Ils m�riteraient d'�tre approfondis car les l�gumineuses rec�lent d'importantes potentialit�s pour la solution des probl�mes nutritionnels de la plan�te.
TABLEAU 42 - Effet sur la valeur nutritive d'un r�gime � base de ma�s/haricots (90/10) de l'addition de lysine et de tryptophane au mais ou de m�thionine aux haricots
| Traitement di�t�tique | Gain de poids moyen (g/28 jour) | Coefficient d'efficacit� prot�ique |
| Mais | ||
| Haricots | 69 | 2,11 |
| Mais+ lysine + tryptophane | ||
| Haricots | 103 | 2,64 |
| Ma�s | ||
| Haricots+ m�hionine | 66 | 1,93 |
| Mais+ lysine + tryptophane | ||
| Haricots+ m�thionine | 108 | 2,64 |
Baptist et de Mel (1955) ont obtenu une r�ponse tr�s satisfaisantechez 23 enfants cingalais, de un � six ans, avec un r�gime mixte compos� de trois c�r�ales et de quatre l�gumes secs, suppl�ment� au lait �cr�m�. D'autre part, Navarrete et Bressani ( 1981 ) ont indiqu�, d'apr�s des �tudes de bilan azot� chez les adultes, qu'un r�gime � base de haricots r�alisait l'�quilibre azot� pour une ingestion de 114 mg d'azote par kilogramme et par jour; toutefois, un m�lange ma�s/haricots dans la proportion 87:13 permettait de r�aliser l'�quilibre azot� pour une ingestion de 98 mg d'azote par kilogramme et par jour.
Toutes ces �tudes tendent � montrer que, m�me si la valeur nutritive des prot�ines du ma�s est am�lior�e par l'addition de haricots, la qualit� de ces prot�ines n'est toujours pas suffisante pour nourrir des enfants en bas �ge ou d'�ge pr�scolaire. Cela est apparu lorsque des suppl�ments de prot�ines de haute qualit� ont �galement �t� exp�riment�s avec le r�gime ma�s/haricots.
Le volume des aliments, qui limite l'ingestion, et la qualit� nutritionnelle sont deux facteurs d'importance dans les m�langes ou r�gimes � base de ma�s/haricots.
Acides amin�s
On a pu montrer que l'addition de 0,3 pour cent de L-lysine HCI et de 0,1 0 pour cent de DL-tryptophane � un r�gime contenant 90 pour cent de ma�s et 10 pour cent de haricots entra�nait une sensible augmentation du gain de poids et de la qualit� prot�ique. Aucune autre am�lioration n'�tait observ�e lorsqu'on ajoutait aussi de la m�thionine (voir tableau 42). On a pu constater la signification que rev�t la qualit� prot�ique dans un r�gime � base de ma�s et de haricots lorsqu'on offrait des r�gimes compos�s de m�langes de ma�s et de haricots additionn�s de m�thionine. Les r�sultats ont confirm� la limitation de cet acide amin� dans les haricots puisque l'on observait une r�ponse lorsqu'on ajoutait encore d'autres haricots au r�gime. De m�me, ces r�gimes � base de ma�s et de haricots additionn�s de m�thionine amenaient de surcro�t les sujets � consommer de plus grandes quantit�s d'aliments et d'�nergie, preuve de la valeur de la qualit� prot�ique lorsqu'il s'agit de stimuler l'ingestion alimentaire (Contreras, El�as et Bressani, 1980, 1981). Les r�sultats ont encore permis de d�montrer que, m�me lorsque la combinaison est id�ale - � savoir une proportion ma�s/haricots de 7:3 -, la qualit� du r�gime reste insuffisante pour les jeunes enfants. et � plus forte raison lorsque la proportion de haricots tombe au-dessous de 3.
Vitamines et sels min�raux
Un r�signe de ma�s et de haricots dans la proportion 7:3 r�pond � la seule addition d'un m�lange complet de vitamine B et de vitamines liposolubles et plus encore � un suppl�ment complet de sels min�raux, mais non aux calories ni � la lysine et au tryptophane. Avec les doubles combinaisons, les meilleurs r�sultats ont �t� obtenus avec les sels min�raux additionn�s d'acides amin�s, les sels min�raux additionn�s de vitamines, les sels min�raux additionn�s de calories, les vitamines additionn�es d'acides amin�s et les vitamines additionn�es de calories. L'addition de calories plus acides amin�s n'am�liorait sensiblement ni le gain de poids des sujets ni le coefficient d'efficacit� prot�ique du r�gime. Pour les combinaisons triples, une ingestion suffisante de vitamines et de sels min�raux est n�cessaire avant que l'on puisse obtenir un effet des acides amin�s, �tant donn� que les animaux auxquels on donne une alimentation enrichie en acides amin�s font probablement une carence en vitamines et en sels min�raux. M�me si cela peut appara�tre �vident, il n'en est g�n�ralement pas tenu compte dans la pratique.
TABLEAU 43 - Valeur nutritive d'un r�gime � base de ma�s/haricots (90110) suppl�ment� en vitamines. sels min�raux. calories et acides amin�s
| Suppl�ment | Gain de poids moyen (g/28 jours) | Coefficient d'efficacit� prot�ique |
| N�ant (r�gime de base) | 26 � 2,3 | 1,11 �0,07 |
| + m�lange de vitamines | 49 �4,0 | 1,55 � 0,06 |
| + m�lange de sels min�raux | 65 �4,3 | 1,94 �0,06 |
| + calories (5 pour cent d'huile) | 23 �1,2 | 0,95 �0,05 |
| + acides amin�s | 26 �2,5 | 1,13 �0,08 |
On a observ� que des animaux recevant des rations enrichies en acides amin�s faisaient des carences en vitamines et en sels min�raux et que beaucoup mouraient. L'interpr�tation retenue �tait que cela r�sultait d'une d�pl�tion de ces �l�ments nutritifs provoqu�e par l'effet catalytique de l'am�lioration de la qualit� prot�ique sur le potentiel de l'animal � r�agir � ce stimulus.
L'apport d'un suppl�ment de calories dans le r�gime alimentaire a entra�n� une l�g�re diminution de la qualit� de ce dernier. Cela laisse entendre que l'addition de calories abaissait l'apport prot�ique du r�gime alimentaire, ce qui, � son tour, en r�duisait la qualit� en renfor�ant les carences en acides amin�s essentiels du m�lange de ma�s et de haricots. Des r�sultats analogues ont �t� obtenus par Contreras, El�as et Bressani ( 1980, 1981 ) chez de jeunes rats en croissance et des porcs � qui l'on donnait des m�langes de ma�s/haricots dans les proportions, en poids, de 87:13 ou de 70:30. Ces auteurs ont confirm� les r�sultats pr�c�demment communiqu�s et indiqu� que l'une des principales contraintes des r�gimes � base de ma�s et de haricots est leur volume, qui en restreint l'ingestion. Les r�sultats de certaines de ces suppl�mentations chez le rat sont r�sum�s au tableau 43.
Un certain nombre d'�tudes ont �t� entreprises pour savoir si un accroissement de la teneur en prot�ines du r�gime faisant appel au m�me genre de prot�ines que celles du ma�s et des haricots am�liorerait les performances animales. Elles ont montr� que l'utilisation dans le r�gime � base de ma�s et de haricots d'un ma�s � 13 pour cent de prot�ines venant remplacer un mais � 8,3 pour cent de prot�ines se traduisait par une certaine augmentation du gain de poids et des prot�ines utilisables, malgr� la diminution de la qualit� des prot�ines, ainsi qu'en t�moignent les chiffres du coefficient d'efficacit� prot�ique et de la valeur nutritive. Il fallait s'y attendre �tant donn� que les prot�ines utilisables d�pendent de la quantit� et de la qualit� des prot�ines. Lorsque les deux �chantillons de ma�s (� faible et � haute teneur en prot�ines) ont �t� suppl�ment�s dans ce r�gime � base de ma�s et de haricots par la lysine et le tryptophane, on a obtenu une am�lioration du gain de poids et des prot�ines utilisables sup�rieure � l'am�lioration obtenue � partir du r�gime utilisant le ma�s � haute qualit� prot�ique. Des augmentations du gain de poids et des prot�ines utilisables, par rapport au r�gime de base, ont �galement �t� obtenues lorsque la quantit� de haricots du r�gime a �t� augment�e de 10 � 20 pour cent, mais elles �taient moins �lev�es en comparaison des r�gimes correspondants suppl�ment�s aux acides amin�s. On a donn� pour explication � ces r�sultats le fait que les r�gimes � base de ma�s et de haricots dans la proportion 90:10 sont limitants, d'abord sous le rapport de la qualit� prot�ique et ensuite, dans une moindre mesure, de la quantit� de prot�ines (G�mezBrenes, El�as et Bressani, 1972; El�as et Bressani, 1971; Bressani, El�as et de Espa�a, 1981). Cela rejoint les travaux de Arroyave ( 1974), qui a indiqu� que pour obtenir chez des enfants de un � deux ans une r�tention azot�e ad�quate � partir du ma�s et des haricots, comparable � celle obtenue avec 1,27 g de prot�ine de lait par kilogramme et par jour, il fallait 1,7 g de prot�ine parkilogramme et par jour. Ces r�sultats montrent que les prot�ines du ma�s commun du r�gime alimentaire sont am�lior�es par l'addition de lysine et de tryptophane.
Suppl�ments pour animaux
Diverses �tudes conduites chez les animaux ont montr� que la m�thionine est l'acide amin� limitant dans les r�gimes contenant plus de 30 parties de haricots, tandis que les r�gimes contenant plus de 70 parties de ma�s sont limitants en lysine. Le r�gime assurant la meilleure qualit� est carenc� dans ces deux acides amin�s (Bressani, Valiente et Tejada, 1962). En m�me temps, ces r�gimes ont une faible teneur en prot�ines totales. Ainsi, pour am�liorer la qualit� des m�langes ma�s/haricots, il est n�cessaire d'ajouter des sources de prot�ines riches en ces deux acides amin�s. Des �tudes chez des animaux nourris � base de ma�s/haricots et de diverses sources de prot�ines animales, telles que la volaille ou le boeuf ont indiqu� que l'addition de 20 � 30 pour cent de prot�ines animales se traduirait par des accroissements significatifs de la valeur nutritive (Bresani, 1987). Dans d'autres exp�riences, des chercheurs ont nourri des animaux ad libitum avec 1, 2, 3 et 4 g de lait � titre de suppl�ment quotidien d'un r�gime � base de ma�s et de haricots. Les r�sultats ont d�montr� qu'environ1� 2 g de lait par jour ajout�s � une ingestion de base de 15 g par jour suffisaient � accro�tre la qualit� nutritionnelle du r�gime alimentaire, �valu�e du point de vue de la qualit� des prot�ines. Dans ces �tudes, on a constat� que 12 pour cent de lait �tait le minimum n�cessaire pour amener une am�lioration relativement importante de la qualit� du r�gime � base de ma�s et de haricots. En outre, l'effet du suppl�ment �tait plus coh�rent lorsqu'il �tait donn� journellement. Chez des chiens en croissance pris comme animaux d'exp�rience, Murillo, Cabezas et Bressani ( 1974) ont constat� que 20 pour cent de lait �tait le compl�ment minimum pour conf�rer � un r�gime � base de ma�s/haricots le bilan azot� le plus �lev�. Ce r�sultat n'�tait pas obtenu lorsque le r�gime de base ma�s/haricots �tait suppl�ment� par la lysine, la m�thionine et le tryptophane, tels qu'on les trouve dans les prot�ines du lait. Torun et Viteri ( 1981 ) et Toron et al., ( 1984) ont montr�, par leurs �tudes sur le m�tabolisme d'enfants, qu'un r�gime � base de haricots/ma�s dans la proportion 85:15 en
poids, avec 18 pour cent de prot�ines animales (lait), �tait le moyen d'obtenir des r�ponses biologiques de valeur et coh�rentes. Ces auteurs en ont conclu qu'en retenant le r�gime utilis� pour l'�tude les ingestions de prot�ines �taient suffisantes lorsque les ingestions d'�nergie correspondaient aux estimations des besoins �nerg�tiques.
Ma�s a haute qualit� prot�ique
Le remplacement du ma�s commun par du ma�s � haute qualit� prot�ique est une autre solution qui pourrait am�liorer la qualit� des r�gimes � base de ma�s/haricots. Les r�sultats obtenus en nourrissant des animaux de m�langes de ma�s � haute qualit� prot�ique et de haricots ont montr� que, comme avec le ma�s commun, la compl�mentation optimale a lieu pour un rapport 50:50 des prot�ines du r�gime, �quivalant � une proportion de ma�s/haricots. de 70:30 en poids (Bressani et El�as 1969). Cependant, deux diff�rences sont � noter. L'une tient au fait que le gain de poids des animaux tout comme la qualit� des prot�ines �taient plus �lev�s avec les m�langes ma�s � haute qualit� prot�ique/haricots qu'avec les m�langes mais commun/haricots. Le second point � signaler, peut-�tre plus important encore, est que le gain de poids et la qualit� des prot�ines fournies par les m�langes contenant plus de 70 parties de ma�s ne diff�raient pas des valeurs obtenues avec le meilleur m�lange, soit un r�gime � 70:30. De m�me, au cours d'une p�riode exp�rimentale de 28 jours, l'ingestion est pass�e de 224 g par animal � 388 g au point maximum et est demeur�e constante pour tous les autres r�gimes dont le m�lange comportait des niveaux plus �lev�s de ma�s � haute qualit� prot�ique.
Dans d'autres s�ries d'�tudes, la qualit� prot�ique du ma�s � haute qualit� prot�ique en tant que composante d'un r�gime ma�s/haricots � 82,8 pour cent de ma�s et 10,5 pour cent de haricots cuits a �t� �valu�e chez de jeunes chiens et des chiens adultes nourris � deux niveaux de prot�ines (Bressani et El�as, 1972; Murillo, Cabezas et Bressani, 1974). L'effet du r�gime ma�s � haute qualit� prot�ique/haricots a �t� compar� � des r�gimes analogues compos�s de ma�s commun et de haricots et de ma�s commun suppl�ment� par la lysine et le tryptophane et de haricots. Les bilans azot�s ont montr� que la r�tention d'azote chez les jeunes chiens ou les chiens adultes nourris aux haricots et au ma�s � haute qualit� prot�ique �tait aussi �lev�e, voire plus �lev�e, que lorsque le ma�s commun du r�gime �tait suppl�ment� par la lysine et le tryptophane, et que dans les deux cas elle �tait sensiblement plus �lev�e que lorsqu'on donnait du ma�s et des haricots seuls.
Ces �tudes. ainsi que d'autres effectu�es chez les porcs en croissance, ont indiqu� �galement que les r�gimes � base de ma�s/haricots sont volumineux, ce qui limite la quantit� pouvant �tre ing�r�e pour satisfaire pleinement les besoins nutritionnels (Contreras, El�as et Bressani, 1980, 1981).
M�langes alimentaires de haute qualit�
Dans de nombreux pays en d�veloppement et depuis fort longtemps, beaucoup d'efforts ont �t� faits pour mettre au point des m�langes alimentaires de haute qualit� susceptibles d'apporter les �l�ments nutritifs, et notamment les prot�ines, que fournissent normalement les produits alimentaires d'origine animale. La plupart de ces aliments ont une teneur relativement �lev�e en prot�ines ainsi qu'une bonne composition sp�cifique en acides amin�s essentiels, qui permet de corriger jusqu'� un certain point les carences en acides amin�s et autres �l�ments nutritifs des r�gimes � base de ma�s/haricots � condition qu'ils soient consomm�s en quantit�s suffisantes. Des �tudes ont confirm� l'existence de cet effet suppl�mentaire. De jeunes animaux en croissance ont re�u un r�gime de base compos� d'environ 85 pour cent de ma�s trait� � la chaux et de 15 pour cent de haricots noirs cuits. Ce r�gime a �t� convenablement suppl�ment� au moyen de sels min�raux, de vitamines et d'�nergie. Des groupes d'animaux ont re�u chaque jour I, 2, 3 et 4g d'un aliment � haute valeur prot�ique � base de ma�s, de f�ves de soja et de lait �cr�m�. Les r�sultats ont d�montr� que ces niveaux, et notamment les plus �lev�s, permettaient effectivement de suppl�menter le r�gime de base, ainsi qu'en t�moignaient le gain de poids, l'utilisation prot�ique et les param�tres biochimiques (de Souza, El�as et Bressani, 1970).
Ces r�gimes � base d'aliments d'origine animale et d'aliments de haute qualit� sont efficaces car ils peuvent fournir les �l�ments nutritifs qui continuent � faire d�faut dans les r�gimes � base de ma�s et de haricots. Par cons�quent, toute nourriture d'origine animale et certains v�g�taux tels que le soja et les l�gumes verts � feuilles contribueraient �galement � am�liorer la qualit� de ces r�gimes.
L�gumes verts
Lorsqu'on examine le r�gime � base de ma�s/haricots, on constate qu'outre la qualit� prot�ique d'autres �l�ments nutritifs font d�faut. On a d�j� parl� de l'effet obtenu lorsqu'on ajoute des vitamines et/ou des sels min�raux � un tel r�gime. D'autres �tudes ont fait appel pour la suppl�mentation du r�gime de base ma�s/haricots, � de petites quantit�s de l�gumes verts tels que l'amarante, les �pinards et le chipilin (crotalaria). Ces l�gumes feuillus ne fournissent pas seulement des acides amin�s indispensables et des prot�ines, mais aussi des vitamines et des carot�nes qui assurent jusqu'� un certain point les besoins de l'animal en vitamine A.
Divers l�gumes verts destin�s � suppl�menter les r�gimes ma�s/haricots, ont �t� d�crits: les r�sultats en sont indiqu�s au tableau 44. Parmi les l�gumes �tudi�s figurent les pommes de terre bouillies, les carottes, les pois verts, les haricots verts, et les feuilles d'�pinards, d'amarante et de crotalaria. Deux ensembles de r�gimes ont �t� exp�riment�s, l'un avec vitamines et l'autre sans. L'addition �tait de 5 pour cent en poids sec. Tous les l�gumes de l'un et l'autre ensembles de r�gimes ont am�lior� le gain de poids et accru l'ingestion. Les prot�ines utilisables �taient �galement plus �lev�es dans les r�gimes ma�s/haricots, additionn�s de l�gumes verts que dans les r�gimes t�moins, l'utilisation la plus �lev�e �tant obtenue avec les l�gumes verts en branches. Les valeurs nutritionnelles �taient plus �lev�es avec l'addition de vitamines que sans. Ces �tudes montrent � l'�vidence que l'on peut obtenir une am�lioration nutritionnelle des r�gimes ma�s/haricots 87:13 en fournissant des vitamines et en ajoutant des prot�ines et des acides amin�s indispensables.