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CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
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11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique
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VIEW THE DOCUMENT11.2.2 Etude du march�
11.3 Estimation des co�ts de production
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VIEW THE DOCUMENT11.3.8 Co�ts unitaires de production

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION

11.1 Introduction

La conception d'un projet d'unit� de transformation doit �tre effectu�e selon une proc�dure permettant de d�gager des crit�res de choix aussi bien techniques qu'�conomiques.

Le pr�sent chapitre aborde de mani�re tr�s succincte certains probl�mes d'ordre financier et technique pr�sents dans toute �tude de projet.

L'�laboration d'un projet comprend trois phases successives:

- une �tude d'identification qui, en fonction des habitudes alimentaires, des besoins nutritionnels, du pouvoir d'achat des consommateurs, de l'analyse des disponibilit�s en mati�res premi�res, en �nergie, en main-d'oeuvre et en infrastructure, et suite � la d�cision prise de desservir un march� local ou r�gional, permet de choisir un type de transformation;

- une �tude de faisabilit� (comportant un dossier technique, un dossier emploi et un dossier �conomique) visant � d�terminer la capacit� de production de l'unit� � implanter, le montant des investissements n�cessaires et un essai d'implantation des diff�rents postes de l'entreprise en fonction des surfaces allou�es;

- une �tude d'avant-projet d'ex�cution (planning d'ex�cution, mat�riels � mettre en place, �valuation pr�cise de leur co�t, etc.) qui pr�pare la r�alisation pratique des travaux de montage de l'entreprise.

Dans le cas des unit�s de transformation de petite taille qui nous pr�occupent ici, certaines phases pr�alables d'�valuation pourront �tre regroup�es afin de minimiser les co�ts qu'entra�nerait une �tude exhaustive.

Le pr�sent chapitre a donc pour but d'exposer une m�thode d'�valuation �conomique simple, applicable � des entreprises modestes dont la capacit� de production, souvent limit�e par les disponibilit�s en cr�dits d'investissement, sera con�ue pour satisfaire la demande de march�s locaux ou r�gionaux.

Les entrepreneurs d�sireux d'investir des sommes importantes dans des entreprises de transformation agro-industrielles fruiti�res tourn�es vers les march�s nationaux ou internationaux devront en tout �tat de cause requ�rir les services de soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es qui �tabliront des dossiers comparatifs de faisabilit� complets et fiables quant � la rentabilit� attendue des diff�rentes options technologiques examin�es dans le cadre d'un projet donn�.

11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique

11.2.1 Introduction

On proc�dera, dans un premier temps, � l'analyse du march� en vue de d�terminer le volume et la gamme des produits que l'on se propose de fabriquer au cours d'un certain nombre d'ann�es.

Dans un deuxi�me temps, on v�rifiera, par une premi�re estimation des co�ts d'investissement et des co�ts de production, si l'entreprise est rentable ou non et l'on d�terminera les conditions de sa rentabilit�.

Les unit�s de plus grande capacit�, dans lesquelles le management joue un r�le primordial, devront approfondir leur analyse et �tablir un ou plusieurs �ch�anciers de flux financiers pr�visionnels portant sur une p�riode de 5 � 20 ans.

11.2.2 Etude du march�

Il s'agit de d�terminer, pour un produit fini donn�, la taille du march�, son �volution et le niveau de production que la future unit� de production peut esp�rer �couler en fonction du pouvoir d'achat et des go�ts de la client�le vis�e ainsi que de la concurrence et de la structure des co�ts. Il est �galement souhaitable d'effectuer une analyse de l'�volution des prix de gros et de d�tail ainsi que des prix � l'importation du produit consid�r�, car les co�ts de production devront �tre inf�rieurs � ceux de la concurrence locale ou �trang�re.

S'il s'agit d'introduire sur le march� un produit nouveau, le march� potentiel est th�oriquement consid�rable, � condition toutefois que le produit en question soit accept� par les consommateurs. Le taux d'acceptabilit� probable d'un produit nouveau devra d�s lors �tre d�termin� par des m�thodes statistiques parfaitement d�finies et �prouv�es, et non de mani�re empirique comme c'est trop souvent le cas.

Ces diverses donn�es une fois acquises, l'entrepreneur devra faire un choix quant � la capacit� de production de la future entreprise, pour autant que le march� soit suffisamment ouvert et que la limitation des capitaux disponibles n'exclue pas toute possibilit� de choix. La taille de l'entreprise devra �tre d�termin�e non seulement en fonction des d�bouch�s, mais �galement en fonction des possibilit�s d'approvisionnement en mati�res premi�res, de fa�on � ce que l'entreprise soit assur�e de tourner � sa capacit� maximale de production pendant toute l'ann�e. Cette derni�re contrainte implique, pour rentabiliser les investissements, la n�cessit� pour l'entreprise de ne pas limiter sa production � un seul fruit et � un seul type de produit.

L'entreprise devra, par ailleurs, n�cessairement adapter sa production au calendrier de production des esp�ces fruiti�res choisies (comme le montre l'exemple donn� tableau 60) et orienter si possible sa production vers la fabrication de deux ou trois produits finis (confiture, gel�e et p�te de fruits ou marmelade par exemple), tout en simplifiant au maximum sa ligne de fabrication.

Nous verrons, dans la section 12.1 du chapitre suivant, quelles autres donn�es de base l'entrepreneur devra rassembler pour s'assurer que l'unit� de transformation envisag�e soit adapt�e � son environnement et puisse travailler dans de bonnes conditions.

11.3 Estimation des co�ts de production

Apr�s avoir d�termin� le niveau de production en fonction des possibilit�s du march� et des approvisionnements et une fois que le mat�riel de fabrication a �t� soigneusement choisi apr�s un appel d'offres en fonction de diff�rents crit�res (co�t et nature du mat�riel propos� - import� ou fabriqu� partiellement sur place -, choix d'une ligne de fabrication, disponibilit�s en �nergie, niveau de qualification de la main-d'oeuvre locale, traitement des sous-produits et rejets, possibilit�es de transport locales, etc.), l'entrepreneur devra estimer les co�ts comparatifs de production par unit� de produit fini en fonction des diverses variantes de production offertes par diff�rentes techniques possibles de fabrication, diff�rents mat�riels ou diff�rentes formes d'�nergie disponibles.


Tableau 60. Exemple de calendrier de production d'esp�ces fruiti�res

Si l'on veut pouvoir comparer entre elles diff�rentes options techniques, l'estimation des co�ts unitaires de production doit �galement tenir compte des �l�ments suivants:

- frais d'entretien et de r�paration;
- co�t des intrants (fluides, mati�res premi�res, autres mati�res fongibles);
- frais de personnel;
- frais de gestion et d'administration;
- immobilisations fonci�res;
- int�r�ts du fonds de roulement.

Les m�thodes permettant d'estimer ces diff�rents postes sont expos�es dans les sections qui suivent.

11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels

L'amortissement annuel des biens mobiliers et immobiliers d�pend de leur prix d'achat, du taux d'int�r�t pratiqu� et de leur dur�e de vie. L'amortissement sera d'autant plus �lev� que les taux d'int�r�ts seront plus �lev�s et que la dur�e d'utilisation des b�timents et des mat�riels sera plus courte.

Connaissant le prix d'achat (Z) d'un bien et le taux d'int�r�t annuel (i), il est facile de d�terminer son co�t annuel d'amortissement en divisant son prix d'achat par le facteur (F) indiqu� au tableau 61. Ainsi, le taux annuel d'amortissement d'une machine ayant �t� achet�e 25 000 UM1 � un taux d'int�r�t de 16 pour cent et dont la dur�e d'utilisation (n) est de 7 ans est �gal �:


1 Unit� mon�taire fictive.

a) Valeur des b�timents et des ouvrages

Celle-ci englobe le co�t de tous les travaux de construction (g�nie civil, b�timent, am�nagements fixes - eau, �nergie, routes, cl�tures, etc.) et peut varier dans des proportions consid�rables selon les mat�riaux utilis�s, l'emplacement choisi et les conditions locales. En 1985, la valeur d'une construction pouvait varier dans la proportion de 1 � 10. On �tablira la valeur des investissements immobiliers sur la base de plusieurs devis �tablis par des entrepreneurs locaux auxquels les travaux pourraient �tre confi�s.

b) Valeur des biens d'�quipement

L'estimation de la valeur des mat�riels non fongibles doit porter sur le co�t des assurances, des emballages, des transports et des manutentions, de fa�on � obtenir le prix total de l'�quipement mont� et pr�t � fonctionner. Pour les mat�riels import�s, il convient donc d'ajouter � la valeur f.a.b. (pour franco � bord)2 tous les frais d'assurances, de transports, de transitaires, etc. qui vont grever le mat�riel depuis son port d'embarquement jusqu'� son lieu de montage, ou d'ajouter � la valeur c.a.f. (co�t, assurance, fr�t) tous les frais aff�rents au d�barquement et � l'acheminement du mat�riel, du port d'arriv�e � son lieu d'utilisation.

2 On dit aussi f.o.b.

Si l'on veut obtenir une valeur plus exacte du co�t annuel d'amortissement des b�timents et des mat�riels en tenant compte de leur valeur r�siduelle � la fin de leur dur�e de vie utile, on peut utiliser la formule:


dans laquelle (Z), (F), (i) et (n) sont identiques aux param�tres pr�c�dents et (S) est la valeur r�siduelle attribu�e aux b�timents et aux mat�riels apr�s amortissement.

L'entrepreneur aura tout avantage � s'adresser � un transitaire pour conna�tre les co�ts d'acheminement du mat�riel de fabrication n�cessaire. Le poids et l'encombrement de ce mat�riel sous emballage seront communiqu�s par le fournisseur.

Tableau 61. Table d'actualisation: valeur actuelle, au taux d'int�r�t (i), de la somme de (n) annuit�s de 1 UM payables en fin d'ann�e

Nombre d'ann�es (n)

Taux d'int�r�t (i)


5%

6%

8%

10%

12%

14%

15%

16%

18%

20%

22%

24%

25%

26%

28%

30%

35%

40%

1

0.952

0.943

0.926

0.909

0.893

0.877

0.870

0.862

0.847

0.833

0.820

0.806

0.800

0.794

0.781

0.769

0.741

0.714

2

1.859

1.833

1.783

1.736

1.690

1.647

1.626

1.605

1.566

1.528

1.492

1.457

1.440

1.424

1.392

1.361

1.289

1.224

3

2.723

2.673

2.577

2.487

2.402

2.322

2.283

2.246

2.174

2.106

2.042

1.981

1.952

1.923

1.868

1.816

1.696

1.589

4

3.546

3.465

3.312

3.170

3.037

2.914

2.855

2.798

2.690

2.589

2.494

2.404

2.362

2.320

2.241

2.166

1.997

1.849

5

4.330

4.212

3.993

3.791

3.605

3.433

3.352

3.274

3.217

2.991

2.864

2.745

2.689

2.635

2.532

2.436

2.220

2.035

6

5.076

4.917

4.623

4.355

4.111

3.889

3.784

3.685

3.498

3.326

3.167

3.020

2.951

2.885

2.759

2.643

2.385

2.168

7

5.786

5.582

5.206

4.868

4.564

4.288

4.160

4.039

3.812

3.605

3.416

3.242

3.161

3.083

2.937

2.802

2.508

2.263

8

6.463

6.210

5.747

5.335

4.968

4.639

4.487

4.344

4.078

3.837

3.619

3.421

3.329

3.241

3.076

2.925

2.598

2.331

9

7.108

6.802

6.247

5.759

5.328

4.946

4.772

4.607

4.303

4.031

3.786

3.566

3.463

3.366

3.184

3.019

2.665

2.379

10

7.722

7.360

6.710

6.145

5.650

5.216

5.019

4.833

4.494

4.192

3.923

3.682

3.571

3.465

3.269

3.092

2.715

2.414

11

8.306

7.887

7.139

6.495

5.938

5.453

5.234

5.029

4.656

4.327

4.035

3.776

3.656

3.544

3.335

3.147

2.752

2.438

12

8.863

8.384

7.536

6.814

6.194

5.660

5.421

5.197

4.793

4.439

4.127

3.851

3.725

3.606

3.387

3.190

2.779

2.456

13

9.394

8.853

7.904

7.103

6.424

5.842

5.583

5.342

4.910

4.533

4.203

3.912

3.780

3.656

3.427

3.223

2.799

2.468

14

9.899

9.295

8.244

7.367

6.628

6.002

5.724

5.468

5.008

4.611

4.265

3.962

3.824

3.695

3.459

3.249

2.814

2.477

15

10.380

9.712

8.559

7.606

6.811

6.142

5.847

5.575

5.092

4.675

4.315

4.001

3.859

3.726

3.483

3.268

2.825

2.484

16

10.838

10.106

8.851

7.824

6.974

6.265

5.954

5.669

5.162

4.730

4.357

4.033

3.887

3.751

3.503

3.283

2.834

2.489

17

11.274

10.477

9.122

8.022

7.120

6.373

6.047

5.749

5.222

4.775

4.391

4.059

3.910

3.771

3.518

3.295

2.840

2.492

18

11.690

10.828

9.372

8.201

7.250

6.467

6.128

5.818

5.273

4.812

4.419

4.080

3.928

3.786

3.529

3.304

2.844

2.494

19

12.085

11.158

9.604

8.365

7.366

6.550

6.198

5.877

5.316

4.844

4.442

4.097

3.942

3.799

3.539

3.311

2.848

2.496

20

12.462

11.470

9.818

8.514

7.469

6.623

6.259

5.929

5.353

4.870

4.460

4.110

3.954

3.808

3.546

3.316

2.850

2.497

21

12.821

11.764

10.017

8.649

7.562

6.687

6.312

5.973

5.384

4.891

4.476

4.121

3.963

3.816

3.551

3.320

2.852

2.498

22

13.163

12.042

10.201

8.772

7.645

6.743

6.359

6.011

5.410

4.909

4.488

4.130

3.970

3.822

3.556

3.323

2.853

2.498

23

13.489

12.303

10.371

8.883

7.718

6.792

6.399

6.044

5.432

4.925

4.499

4.137

3.976

3.827

3.559

3.325

2.854

2.499

24

13.799

12.550

10.529

8.985

7.784

6.835

6.434

6.073

5.451

4.937

4.507

4.143

3.981

3.831

3.562

3.327

2.855

2.499

25

14.094

12.783

10.675

9.077

7.843

6.873

6.464

6.097

5.467

4.948

4.514

4.147

3.985

3.834

3.564

3.329

2.856

2.499

11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations

En dehors des cas o�, dans les entreprises de tr�s petite taille, l'entretien et la r�paration du mat�riel et des b�timents ne sont pas assur�s par le propri�taire lui-m�me, les frais d'entretien et de r�paration doivent comprendre non seulement les pi�ces de rechange et autres mati�res fongibles comme les peintures, les d�tergents, les graisses, etc., mais �galement le co�t de la main-d'oeuvre affect�e � ces travaux.

Globalement, les travaux et produits d'entretien peuvent �tre �valu�s annuellement � environ 5-7 pour cent du co�t total du mat�riel de fabrication dans l'exemple consid�r�.

11.3.3 Co�t des intrants

Il importe de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res premi�res (fruits) et en mati�res annexes fongibles (sucre, acides, pectine, par exemple) ainsi que les besoins en fluides (�lectricit�, fuel, eau) qui vont �tre consomm�s en une ann�e pour couvrir les besoins de la fabrication. Les besoins en emballages (bo�tes, bocaux, capsules, cartons, etc.) entrent �galement dans l'�tablissement des bilans mati�res qu'il convient d'�tablir et de chiffrer avec soin pour pouvoir d�terminer les co�ts annuels de fabrication.

En cas d'alimentation de l'installation par le r�seau, le co�t de la consommation annuelle d'�lectricit� s'obtient en multipliant la puissance de chaque moteur (exprim�e en kW) par le nombre pr�sum� de ses heures d'utilisation, en faisant la somme des produits ainsi obtenus et en multipliant celle-ci par le prix d'achat du kWh. Il faudra �ventuellement ajouter � ce co�t annuel le montant des charges fixes d'abonnement, de location de transformateur, etc.

Si l'entreprise produit son �lectricit� elle-m�me, le co�t annuel sera �gal au co�t du combustible utilis� pour actionner le groupe (dont l'amortissement et l'entretien seront �galement pris en compte).

Les co�ts annuels des combustibles (fuel, gaz ou bois utilis�s pour actionner des moteurs ou produire de la vapeur) seront calcul�s en multipliant les consommations horaires en litres de chaque appareil par le nombre d'heures d'utilisation et par le prix du litre du combustible correspondant et en faisant la somme des produits ainsi obtenus.

La puissance d'un moteur exprim�e en CV peut �tre convertie en kW en divisant le nombre de CV par 1,3410. Ainsi, un moteur de 16 CV �quivaut � un moteur d'environ 12 kW.

Dans certains cas, l'entreprise aura int�r�t a acheter son �lectricit� pendant certaines p�riodes de l'ann�e et � en produire elle-m�me � d'autres moments, par exemple en p�riodes d'�tiage. Dans ce dernier cas, elle pourra m�me envisager de vendre du courant �lectrique � l'Etat ou � des tiers si la puissance install�e le permet.

11.3.4 Charges de personnel

Les charges annuelles de personnel sont �troitement li�es � la taille de l'entreprise, � sa structure et � la nature des produits fabriqu�s.

Une toute petite unit� de production de fruits confits ou de confitures peut facilement restreindre son personnel au cercle familial, alors qu'une entreprise semi-industrielle produisant 150 kg/h de confitures en bo�tes et de p�tes de fruits, comme dans l'exemple cit� au chapitre 12, devra consacrer une part non n�gligeable de son budget aux salaires vers�s � quelque 30 personnes.

L'entrepreneur doit pouvoir �valuer ses besoins en main-d'oeuvre non qualifi�e, compte tenu de la capacit� de production de l'entreprise. Le nombre d'ouvriers n�cessaire pour effectuer une t�che donn�e correspond au volume de travail � effectuer en un laps de temps donn� (par exemple 8 h) divis� par la productivit� horaire moyenne. C'est ainsi que s'il faut peler et d�noyauter 120 kg de mangues par heure (pour obtenir les 70 kg de mangues pr�par�es n�cessaires � la production des 150 kg de confiture) et qu'une femme est capable de pr�parer 10 kg de mangues par heure, le poste n�cessitera la pr�sence de 12 femmes pendant 8 h.

L'effectif de la main-d'oeuvre non qualifi�e peut varier journellement ou de fa�on saisonni�re selon la nature des travaux � accomplir et les imp�ratifs de la production. Cette main-d'oeuvre fluctuante est r�num�r�e � l'heure ou � la t�che selon la l�gislation en vigueur, � l'encontre du personnel permanent pay� sur une base mensuelle ou hebdomadaire.

Le co�t annuel total (P) du personnel peut �tre calcul� dans ce cas � partir de la formule:

P = Wt dst + 12 Wp sp + 12 M,

dans laquelle:

- Wt = nombre de manoeuvres journaliers temporaires;

- d = nombre de jours durant lesquels les manoeuvres temporaires sont employ�s;

- st = salaire journalier de la main-d'oeuvre temporaire;

- Wp = nombre d'employ�s permanents;

- sp = salaire mensuel du personnel permanent (ou salaire mensuel moyen pond�r� si tous les membres de ce personnel n'ont pas le m�me salaire);

- M = salaire du directeur de l'entreprise.

Le salaire du directeur de l'entreprise devrait �tre au moins �gal � celui qu'il pourrait obtenir dans une autre entreprise. Quant aux salaires des employ�s qualifi�s et des manoeuvres, ils doivent correspondre aux bar�mes fix�s par la loi.

11.3.5 Frais de gestion et d'administration

Ces frais sont n�gligeables dans les entreprises familiales de tr�s petite taille et peuvent atteindre 0,75-1,0 pour cent du chiffre d'affaires dans les entreprises plus importante susceptibles de commercialiser leur production � l'�chelle locale ou nationale, voire d'exporter une partie de leurs produits.

11.3.6 Immobilisations fonci�res

Que l'entreprise soit propri�taire ou locataire du terrain sur lequel elle est implant�e, il convient de tenir compte, pour �tablir un choix technologique, de la valeur de ce terrain. Le co�t annuel de cette immobilisation fonci�re peut �tre estim� en fonction de la superficie occup�e et du prix de location d'un terrain situ� � proximit�.

11.3.7 Fonds de roulement

Le fonds de roulement n�cessaire varie en fonction du volume des stocks de mati�res premi�res et des stocks de produits finis requis pour assurer la bonne marche de l'entreprise. Ces stocks de s�curit� sont ceux que l'entreprise estime devoir constituer en intrants (fruits, combustibles, emballages, r�serves de produits de fabrication, etc.) ou en produits finis pour faire face aux demandes de la client�le.

L'int�r�t que cet argent immobilis� sous diverses formes rapporterait s'il �tait plac� � un taux donn� est comptabilis� dans les frais fixes d'exploitation au m�me titre que les immobilisations fonci�res.

Une petite entreprise familiale pourra fonctionner au jour le jour sans immobiliser des sommes importantes, tandis qu'une entreprise semi-industrielle produisant par exemple 150 kg de confiture par heure devra pr�voir un stock de s�curit� amont de mati�res premi�res d'environ deux mois et un stock aval de produits finis d'un mois (soit 30 tonnes de confiture), ce qui repr�sente une somme d'environ 15-17,5 pour cent du chiffre d'affaires annuel. Le fonds de roulement varie en fonction du choix technologique retenu, notamment en ce qui concerne les intrants de fabrication n�cessaires.

En g�n�ral, le fonds de roulement est estim� � 20-25 pour cent des d�penses d'exploitation (co�t des intrants plus charges de personnel).

11.3.8 Co�ts unitaires de production

L'estimation des co�ts unitaires de production, qui repr�sentent la somme des co�ts annuels de production d�finis dans les sections 11.3.1 � 11.3.7 divis�e par le tonnage annuel de produits finis fabriqu�s, constitue la derni�re �tape analytique avant le choix technologique. En effet, la technique la mieux appropri�e sera celle dont le co�t de production est le plus bas; il convient de choisir le mat�riel et l'�chelle de production en fonction de ce crit�re.

Dans les tr�s petites entreprises artisanales utilisant la seule main-d'oeuvre familiale, le choix technologique se portera sur la technique associ�e au taux d'amortissement des constructions et des mat�riels ainsi qu'au co�t unitaire de l'�nergie consomm�e les plus bas, le co�t de la main-d'oeuvre restant constant.

Dans les entreprises semi-industrielles, le choix devra porter sur la technique susceptible d'assurer la plus forte valeur ajout�e1 pour le plus faible investissement en mat�riel et les co�ts de production les plus bas. Il s'agit dans ce cas de comparer le co�t des divers �quipements, ainsi que les prix de vente au d�tail des produits finis et des sous-produits qu'ils permettent d'obtenir. Autrement dit, le choix technologique devra �tre simultan�ment la r�sultante d'un choix technique et d'un choix de produits.

1 La valeur ajout�e se calcule en retranchant du chiffre d'affaires les d�penses d'exploitation vers�es � des agents ext�rieurs � l'entreprise: achat des intrants, travaux ex�cut�s par l'ext�rieur.

Quant aux entreprises industrielles, elles devront proc�der � des analyses �conomiques et financi�res beaucoup plus fines fond�es sur l'�tude des �ch�anciers de flux financiers relatifs aux diff�rentes variantes d'un projet. Ce travail, on l'a vu, doit �tre r�alis� par des soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es.

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