La technique de conservation �tudi�e dans le pr�sent chapitre consiste � faire subir aux fruits pr�par�s sous diff�rentes formes (jus, pur�es, morceaux) un traitement thermique dans le but de:
- d�truire les micro-organismes pr�sents sous forme v�g�tative (levures, moisissures, bact�ries). Les bact�ries sporul�es (forme thermor�sistante) sont inhib�es par l'acidit� naturelle des fruits (de pH inf�rieur � 4,5, en g�n�ral); il en r�sulte qu'une simple pasteurisation stabilisatrice, c'est-�-dire l'application d'une temp�rature inf�rieure ou �gale � 100°C pendant un temps donn�, est suffisante;- contribuer � inhiber des alt�rations enzymatiques (alt�rations de couleur et de texture).
Pour �viter une recontamination microbienne ult�rieure, il est n�cessaire que le traitement thermique soit coupl� � un conditionnement en r�cipient herm�tique. Ce conditionnement peut pr�c�der ou suivre le traitement thermique.
Diff�rents types de produits seront �tudi�s dans ce chapitre:
- liquides: jus et nectars;
- solides: pur�es et compotes, fruits au sirop.
Pour assurer la stabilit� des produits, la temp�rature � coeur des r�cipients qui les contiennent doit �tre port�e � environ:
- 82-85°C pour les pur�es et compotes;
- 80-85°C pour les jus troubles et de pH 3,5 � 4,2;
- 75-80°C pour les jus limpides et de pH inf�rieur � 3,5;
- 85°C pour les fruits au naturel ou au sirop.
La transformation en jus et nectars peut �tre r�alis�e � l'�chelle artisanale aussi bien qu'� l'�chelle semi-industrielle. Selon les mat�riels utilis�s, il est possible de produire entre 200 et 300 l/jour. Le sch�ma g�n�ral de la transformation des fruits en jus et nectars est illustr� � la figure 60.
a) Pr�cisions concernant le lavage et le nettoyage
Ces op�rations sont indispensables pour que la qualit� des jus ne soit pas alt�r�e par d'�ventuels micro-organismes d�velopp�s en surface des fruits. Elles doivent s'appliquer � tous les fruits.
La pomme cajou, en raison de l'astringence de son jus, doit subir un trempage en eau froide durant plusieurs heures.
b) Pr�cisions concernant le triage
Les fruits doivent �tre trait�s au moment o� ils ont atteint leur saveur et leur couleur optimales, c'est-�-dire � pleine maturit�. Les fruits ab�m�s doivent �tre �cart�s.
La transformation permet de valoriser les rebuts de calibrage (triage par taille) d'autres types de pr�paration (comme les fruits au sirop, par exemple).
c) Pr�cisions concernant la pr�paration des fruits et l'extraction/affinage du mo�t
Les traitements devant pr�c�der l'extraction du jus sont �num�r�s au tableau 35.
Tableau 35. Pr�traitements devant pr�c�der l'extraction du jus
|
Fruits |
Epluchage |
D�noyautage |
Ep�pinage |
Blanchiment, pr�cuisson |
D�coupage |
R�page Broyage |
Foulage |
|
Mangues |
Vapeur 2,5 mn ou soude |
X | | | | | |
|
Abricots | |
X | |
X |
En deux | |
|
|
Agrumes |
Facultatif (par abrasion) pour r�cup�rer l'huile | | | |
En deux uniquement |
| |
|
Goyaves |
Traitement des fruits entiers (ou d�coupage en deux et r�cup�ration de la pulpe et des p�pins) | ||||||
|
Grenadilles |
| | |
Idem | | | |
|
Raisins | |
| |
5 mn dans l'eau � 60-70°C (apr�s foulage) | | | |
|
Past�ques |
X | |
X | |
X | | |
|
Papayes |
X | |
X | |
X | | |
|
Pommes |
X | | | | |
X | |
|
Pommes de cajou |
X | | |
X | | | |
|
Corossols, cachimans |
X | | | |
X | | |
|
Ananas |
X | | | |
En deux (avant �pluchage), puis en morceaux | |
|
|
Tamarins |
D�corticage |
| | |
| | |
Le jus perdu au cours de ces pr�traitements doit si possible �tre r�cup�r� pour �tre ajout� au jus provenant de l'extraction, car il est en g�n�ral plus riche et plus parfum� que celui-ci.
L'extraction se fait par broyage, diffusion ou pressage, comme il est indiqu� au chapitre 2 (sections 2.10 � 2.12). Elle est suivie d'une op�ration d'affinage du mo�t qui se subdivise en plusieurs �tapes, � savoir:
- tamisage;
- clarification - d�bourbage;
- filtration (pour obtenir des jus limpides);
- homog�n�isation (dans le cas de jus pulpeux);
- d�sa�ration (pour �liminer l'air du mo�t et �viter l'oxydation de celui-ci).
Ces trois derni�res op�rations n'�tant pas indispensables et n�cessitant des mat�riels co�teux, nous ne les envisagerons pas.
En g�n�ral, dans les petites unit�s artisanales, l'affinage se limite au tamisage avec clarification grossi�re par d�cantation en cuve pendant 24 h, puis soutirage du jus. Au stade semi-industriel, on ajoute des enzymes de clarification ou des adjuvants chimiques pour faciliter l'op�ration et en diminuer la dur�e.
d) Addition de sucre, d'acide ou d'eau
Le tableau 36 donne une id�e des quantit�s d'ingr�dients que l'on doit ajouter. Il faut, de fa�on g�n�rale, obtenir un liquide ayant un pH compris entre 3 et 4 et dont la teneur en mati�res s�ches avoisine 13-15 pour cent.
Tableau 36. Composition des jus et nectars de fruits
| |
Fruit |
Sucre |
Acide |
Eau |
|
Ananas |
1 l jus |
10 g |
0 |
10 ml |
|
Citrons Pamplemousses |
1 l jus |
100 g |
0 | |
|
Oranges |
1 l jus | |
50 ml jus de citron |
|
|
Corossols |
Jus de 1 kg fruit + 1,5 l d'eau | |
4 g acide | |
|
Mangues |
100 g pulpe |
30 g |
10 g jus |
85 g |
|
Goyaves |
100 g pulpe |
50 g |
de citron ou 2-3 g d'acide |
35 g |
|
Papayes |
100 g pulpe |
40 g |
1,5 g acide |
150-200 g |
|
Grenadilles |
100 g pulpe |
60 g | | |
|
Tamarins |
1 l jus |
62 g |
(tr�s acides) |
|
|
Abricots |
100 g pulpe |
15 g | |
85 g |
Principe
On applique au jus un couple temps/temp�rature (bar�me de st�rilisation) pour obtenir une destruction des micro-organismes pathog�nes et une stabilit� biochimique et physique.
La temp�rature doit �tre sup�rieure � 72°C pour �viter une alt�ration du jus par les germes microbiens, mais inf�rieure ou �gale � 100°C pour limiter un brunissement du jus, un go�t de cuit et la destruction des vitamines.
Le temps est compt� apr�s la mont�e en temp�rature, c'est-�-dire une fois que le milieu chauffant a atteint la temp�rature d�sir�e.
On peut faire varier � volont� soit la dur�e du traitement, soit la temp�rature. Pratiquement, il vaut mieux fixer une temp�rature et faire varier le temps selon le fruit � traiter.
Le couple temps/temp�rature est fonction du fruit utilis�, du produit fini � pasteuriser et du r�cipient de conditionnement.
En effet, pour une m�me temp�rature du milieu chauffant, le transfert de chaleur est plus long si:
- le fruit est plus riche en sucre, en amidon ou en sels min�raux;
- le jus de fruit a une acidit� plus faible (ou un pH plus �lev�);
- le jus � traiter est plus visqueux (nectar);
- le r�cipient de conditionnement a un volume plus �lev�;
- le r�cipient est en verre et non en m�tal.
Le bar�me de pasteurisation est donc propre � chaque produit en fonction du type de conditionnement. On peut le d�terminer sur �chantillon, par mesure de la temp�rature � coeur d'une bo�te contenant le produit � pasteuriser, apr�s diff�rents temps de chauffage, jusqu'� obtention de la temp�rature d�sir�e; en pratique, cependant, on appliquera au milieu chauffant une temp�rature toujours sup�rieure � celle que l'on s'est fix�e.
Il est possible d'appliquer le traitement thermique aux jus de fruits soit avant, soit apr�s le conditionnement.
a) Traitement thermique apr�s conditionnement
Dans ce cas, le produit mis en bo�te est pr�chauff� dans le but de:
- combattre la corrosion des bo�tes (en cas de r�cipients m�talliques) en �liminant l'oxyg�ne;- diminuer le temps de pasteurisation;
- r�duire la pression interne des r�cipients pendant le traitement thermique en �liminant les gaz dissous;
- pr�server la saveur, la couleur et les vitamines.
Le pr�chauffage se fait � une temp�rature n'exc�dant pas 70-75°C, parfois 80°C. Apr�s avoir ferm� les r�cipients, on les pasteurise imm�diatement de fa�on � ce que la temp�rature � coeur atteigne 80-85°C pour les jus troubles ayant un pH compris entre 3,5 et 4,2 et 75-80°C pour les jus limpides ayant un pH inf�rieur � 3,5.
Cette technique est d�nomm�e appertisation, c'est-�-dire application d'un couple temps/temp�rature � un produit plac� dans un r�cipient herm�tiquement clos. Elle s'applique de la fa�on suivante:
- mont�e en temp�rature jusqu'� 72°C minimum;
- maintien de cette temp�rature pendant 15 minutes environ;
- refroidissement pendant 15 minutes.
Bien entendu, les bar�mes varient en fonction des divers facteurs mentionn�s pr�c�demment; les chiffres indiqu�s ci-dessus repr�sentent donc une moyenne.
b) Traitement thermique avant conditionnement
La pasteurisation des jus en vrac doit �tre effectu�e � une temp�rature sup�rieure � 85°C pour tenir compte des d�perditions de chaleur lors du remplissage qui suit. Apr�s remplissage et fermeture des r�cipients, il faut les retourner pendant trois minutes et les agiter pour que le liquide chaud vienne au contact de toute la surface int�rieure de ces r�cipients: c'est l'autopasteurisation.
Le traitement par la chaleur des jus non conditionn�s se fait en g�n�ral par flash pasteurisation, c'est-�-dire en suivant la proc�dure ci-apr�s:
- porter tr�s rapidement le jus � une temp�rature de 85 � 95°C (en 2-3 s);- le maintenir pendant 10-12 s au plus � cette temp�rature;
- refroidir imm�diatement � 82-85°C;
- emballer � cette temp�rature (les r�cipients en verre supportent mal les chocs thermiques et doivent �tre pr�chauff�s).
On peut toutefois appliquer un traitement thermique en vrac de fa�on continue, par petites quantit�s de jus chauff�es directement dans des bassines en agitant le liquide et en contr�lant la temp�rature qui ne doit pas �tre trop �lev�e pour limiter toute alt�ration des qualit�s organoleptiques du jus. Le temps de pasteurisation est alors plus long que dans le cas de la flash pasteurisation (une trentaine de minutes environ), jusqu'� obtention de la temp�rature d�sir�e (75-85°C).
Mat�riel
Pour la pasteurisation apr�s conditionnement, on peut utiliser au stade artisanal soit des pasteurisateurs discontinus (figure 61), soit des lessiveuses fonctionnant comme un bain-marie (figure 62).
- Pasteurisateur discontinu. Les r�cipients de conditionnement sont dispos�s les uns � c�t� des autres dans un panier � claire-voie. Le panier est introduit dans un bac qui re�oit de l'eau tombant sous forme de pluie et chauff�e par de la vapeur. Le panier est retir� � la fin de l'op�ration et recharg� pour un nouveau cycle. On peut utiliser des bacs pouvant contenir deux paniers. Au stade artisanal, on traite ainsi 20 � 80 litres � l'heure.- Lessiveuse. Les r�cipients, dispos�s ou non dans un panier � claire-voie, sont plac�s dans une lessiveuse chauff�e � feu nu, comportant un syst�me de cales (pour que les r�cipients ne reposent pas directement sur le fond) et contenant de l'eau de fa�on � ce que les flacons, bouteilles ou bo�tes soient immerg�s. Cette m�thode ne permet pas le traitement de fortes capacit�s (20 � 40 litres � l'heure, en moyenne).
Au stade artisanal, on peut �galement pasteuriser avant conditionnement. Dans ce cas, on chauffe le jus en vrac dans des marmites d'une capacit� 20-50 kg ou dans de petits pasteurisateurs basculants (figure 63) comportant un robinet pour l'�vacuation du liquide pasteuris�. Ces appareils sont chauff�s � feu nu.
Au stade semi-industriel, on peut employer �galement des pasteurisateurs discontinus de capacit� sup�rieure pour le traitement thermique apr�s conditionnement. On utilise dans ce cas des chariots plut�t que des paniers pour le chargement des r�cipients de conditionnement. Le tableau 37 donne un exemple de ce type de mat�riel et de ses caract�ristiques.
Si le traitement thermique a lieu avant conditionnement, on emploie la flash pasteurisation. Celle-ci est r�alis�e dans un �changeur de chaleur � plaques en acier inoxydable chauff�es � l'eau ou � la vapeur. Le tableau 39 donne les caract�ristiques de ces deux modes de chauffage, tandis que la figure 64 illustre un �changeur et son sch�ma de principe.
L'�changeur est constitu� de plaques m�talliques press�es les unes contre les autres de fa�on � former des circuits altern�s pour l'�coulement du jus, d'une part, et le passage de l'agent chauffant (ou refroidissant), d'autre part. Le jus ruisselle en couche mince le long de ces plaques chauff�es. L'�changeur peut comporter une section de refroidissement qui r�cup�re les calories et les transmet au jus qui entre. Chauffage et refroidissement peuvent ainsi �tre r�alis�s dans un m�me appareil.
Le tableau 38 donne les caract�ristiques d'un mat�riel de ce type.
Cas particuliers
On a vu que les normes � appliquer pour la pasteurisation des liquides �taient fonction de plusieurs facteurs (format des r�cipients de conditionnement, mat�riau de ces r�cipients, temp�rature de pr�chauffage, esp�ce fruiti�re, etc.). Le tableau 40 indique les normes � respecter selon les fruits, dans les deux cas d'un traitement thermique r�alis� avant ou apr�s conditionnement.
a) Conditionnement
Pour le conditionnement des jus, on utilise les r�cipients suivants:
- bo�tes m�talliques vernies int�rieurement et serties (les formats sont normalis�s, on se r�f�rera au tableau 54 concernant les principales normes utilis�es);- flacons ou bouteilles de verre;
- complexes carton-aluminium ou aluminium-plastique;
- mati�res plastiques (sous forme de sachets thermosoud�s). Les bouteilles plastiques ne seront pas �tudi�es ici � cause des probl�mes d'herm�ticit� que pose leur syst�me de fermeture.
(Source: Urion, E., Rouleau, H., 1958)
(Source: Grenouillet, 1976)
Tableau 37. Caract�ristiques d'un pasteurisateur � bouteilles (exemple)
(Source: Caron, P.A., 1967)
|
D�bit horaire |
260 bouteilles de 1 l sur 2 �tages d'un chariot (donc 260 l/h) | |
|
Dur�e totale du traitement |
60 mn | |
|
Consommation d'eau |
0,7-0,9 m3/h | |
|
Consommation de vapeur |
40 kg/h | |
|
Puissance absorb�e |
0,75 CV | |
|
Dimensions ext�rieures | ||
| |
Longueur |
1,9 m |
| |
Largeur |
1 m |
| |
Hauteur |
1,5 m |
|
Sch�ma de traitement |
Introduction du chariot | |
Tableau 38. Caract�ristiques d'un �changeur � plaques (flash pasteurisation)
(Source: Caron, P.A., 1967)
|
D�bit horaire |
50 � 500 l/h | |
|
Consommation d'eau |
jusqu'� 750 m3/h | |
|
Taux de r�cup�ration |
75-80% | |
|
Dimensions | ||
| |
Longueur |
jusqu'� 1,3 m (variable selon le d�bit horaire) |
| |
Largeur |
0,1-0,6 m |
| |
Hauteur |
0,5-1,5 m |
|
Sch�ma de traitement |
Pr�chauffage | |
|
Dur�e du traitement |
Variable (30-70 s) | |
Figure 64. Echangeur de chaleur � plaques
(Sources: Urion, E., Rouleau, H., 1948 pour le sch�ma de principe, et Caron, P.A., 1967 pour la vue de l'�changeur communiqu�e par ALFA-LAVAL.)
Tableau 39. Caract�ristiques des deux modes de chauffage des plaques d'un �changeur
|
Chauffage � l'eau |
Chauffage � la vapeur |
|
Pas de risque de surchauffe du jus |
Probl�me de r�gulation de temp�rature |
|
Possibilit� de r�gler la temp�rature de l'eau facilement (il suffit qu'elle soit sup�rieure de 3°C � celle du jus) |
Risques de surchauffe |
De toute fa�on, la pasteurisation apr�s conditionnement n'est r�alis�e que dans le cas de r�cipients de m�tal ou de verre. On se reportera au chapitre 8 pour tous les d�tails concernant les types de conditionnement et leurs modes de fermeture.
Tableau 40. Normes de pasteurisation des jus et nectars
|
Fruits |
Pr�chauffage |
Pasteurisation en r�cipients |
Flash pasteurisation | ||||
| | |
Temps |
Temp�rature |
R�cipient |
Temps |
Temp�rature |
Refroidissement |
|
Pommes | |
30 mn |
77°C | |
30-60 s |
88°C |
80°C |
|
Tamarins | |
15 mn |
100°C |
Verre | | | |
|
Corossols (nectar) |
|
10-15 mn |
100°C |
Verre | | | |
|
Mangues (nectar) |
82-85°C |
10 mn |
100°C |
Bo�te n°2 |
60 s |
88°C |
80°C |
|
Papayes (nectar) |
82-85°C |
10 mn |
100°C |
Bo�te n°2 |
| | |
|
Ananas |
70°C |
10 mn |
100°C |
Bo�te n°2 |
|
88-95°C |
85°C |
| | |
20 mn |
82°C |
Bo�te n°2 |
| | |
|
Abricots (nectar) |
82-85°C |
15-20 mn |
100°C |
Bo�te n°1 et |
|
96°C |
85°C |
| | |
20-30 mn | |
bo�te n°1 |
| | |
|
Raisins |
85°C |
30 mn |
80°C |
Verre | |
82-85°C |
79°C |
| | |
10 mn |
100°C |
Bo�te n°1 1/4 |
| | |
|
Pommes de cajou |
80°C |
20-30 mn |
82-85°C |
| | |
|
|
Grenadilles |
|
1,5 mn |
avec agitation |
Bo�te n°1 |
| | |
| |
|
4 mn |
77-82°C |
Bo�te n°10 |
| | |
|
Oranges | |
| | |
30 s |
87°C |
80°C |
|
Goyaves (nectar) |
| | |
|
60 s |
88°C |
79°C |
|
Pamplemousses |
88°C |
10 mn |
100°C |
Bo�te n°1 1/4 |
45 s |
85°C |
79°C |
|
Citrons |
80°C | |
74°C | |
30 s |
77°C | |
b) Refroidissement
Apr�s l'�tape pasteurisation/conditionnement, un refroidissement rapide des r�cipients doit �tre effectu� jusqu'� temp�rature ambiante (30°C environ) afin d'�viter les risques de surcuisson avec le brunissement et le go�t de cuit qui en r�sultent. Les r�cipients de verre doivent �tre refroidis avec pr�caution et lentement pour �viter qu'ils ne se cassent.
On proc�de par trempage des r�cipients dans des bacs aliment�s en eau courante (celle-ci doit �tre renouvel�e constamment pour �viter qu'elle se r�chauffe au contact des r�cipients) ou par aspersion d'eau froide (gr�ce � des rampes de jets situ�es au-dessus d'une bande transporteuse).
Les produits �tudi�s dans cette section peuvent �tre subdivis�s en deux cat�gories:
- les pulpes, produites par extraction de la chair des fruits suivie d'une r�duction en morceaux ou d'une lac�ration et que l'on conditionne ensuite sans jutage, sauf parfois avec l'eau provenant du blanchiment;- les pur�es et compotes, produites elles aussi par extraction de la chair du fruit suivie d'une cuisson r�alis�e dans tr�s peu d'eau. On ajoute ensuite du sucre avant conditionnement ou avant cuisson. Dans ce cas, la pr�paration est la m�me que celle des confitures, mais le temps de cuisson est moins long et la quantit� de sucre utilis� moins importante.
Dans les deux cas, le sucre ajout� ou contenu naturellement dans les fruits n'est pas � une concentration suffisante pour assurer la conservation du produit. On doit donc effectuer une pasteurisation ou un simple embo�tage � chaud suivi d'un refroidissement du r�cipient apr�s sa fermeture, c'est-�-dire une autopasteurisation.
La ligne g�n�rale de transformation est illustr�e � la figure 65.
Cette transformation est applicable � l'�chelle artisanale ou semi-industrielle et permet la production quotidienne d'environ 50 � 500 kg de compote, pur�e ou pulpe de fruits par jour dans le cadre d'une unit� artisanale, et de 500 kg � quelques tonnes par jour pour dans une unit� semi-industrielle.
Le chapitre 2 ayant �t� consacr� � l'�tude des pr�traitements, seuls quelques compl�ments concernant directement la transformation des fruits en pur�es, compotes ou pulpes seront donn�s ci-apr�s.
A. Compl�ments concernant le triage
Les fruits m�rs et � chair ferme seront transform�s en pulpes et les fruits de maturit� avanc�e mais sains, en pur�es et compotes.
La transformation en pulpe, pur�e ou compote permet de valoriser les rebuts de calibrage (provenant par exemple de la ligne fruits au sirop ou au naturel).
B. Compl�ments concernant le d�coupage
Il suffit d'effectuer un d�coupage grossier, puisque les fruits vont subir par la suite une cuisson ou une pr�cuisson qui d�sagr�gera leur chair.
C. Compl�ments concernant le blanchiment et la pr�cuisson (ligne pulpes)
Cette op�ration est indispensable car l'�tape suivante d'embo�tage des pulpes doit se faire � chaud.
Le temps de blanchiment varie de 30 s � 3 mn. Les fruits dont la chair ne se d�sagr�ge pas facilement subiront une pr�cuisson ou un blanchiment suivi d'un broyage. Tout d�pend en fait de la consistance d�sir�e du produit fini. Les deux m�thodes peuvent �tre appliqu�es.
Le tableau 41 donne les temps de blanchiment pour la pr�paration des pulpes � appertiser.
D. Compl�ments concernant la cuisson (ligne compotes)
Cette op�ration se fait dans tr�s peu d'eau (de l'ordre de 0,2-0,25 l d'eau par kg de fruits) et dure au minimum une quinzaine de minutes jusqu'� d�sagr�gation de la pulpe des fruits et ramollissement de la texture. Si l'on ajoute du sucre avant cuisson, ce temps doit �tre raccourci. On se reportera au paragraphe 5.3.2 pour les pr�cisions concernant le mat�riel de cuisson.
E. Addition de sucre et d'acide
Il faut ajouter 100 g de sucre pour 600 � 700 g de fruits pr�par�s. L'acide, incorpor� sous forme de jus de citron ou d'acide citrique, est utilis� dans le cas de fruits � pH �lev�, de fa�on � ramener celui-ci � une valeur n'exc�dant pas 4,5.
Dans le cas de la pur�e de ch�taignes, on ajoute simplement 2 pour cent de sucre et 1 pour cent de sel.
F. Embo�tage
Principe
L'embo�tage s'effectue � chaud apr�s la cuisson, la pr�cuisson ou le blanchiment.
Dans la ligne des pulpes, on peut compl�ter le remplissage des r�cipients (jutage) par l'eau provenant du blanchiment; cela permet de conserver tous les principes nutritifs ayant diffus� dans cette eau et d'�viter les risques de corrosion des bo�tes et d'alt�ration des fruits par oxydation.
Mat�riel
Compte tenu des �chelles de production choisies, on effectue le remplissage manuellement au moyen d'une louche ou d'une remplisseuse-doseuse pour produits p�teux (figure 67).
Les r�cipients utilis�s doivent �tre rigides, permettre l'application d'un traitement thermique et comporter une fermeture herm�tique. On emploie soit des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement, soit des flacons ou des bocaux de verre.
D'une fa�on g�n�rale, il faut soigneusement nettoyer et laver � l'eau bouillante tous les r�cipients utilis�s.
G. Pr�chauffage
On effectue cette op�ration selon la m�thode et avec le mat�riel pr�sent�s dans la section 5.4.2.F.
Elle a pour r�le:
- de diminuer le temps de pasteurisation en acc�l�rant les transferts de chaleur, particuli�rement lents dans le cas des produits p�teux que sont les pulpes, pur�es et compotes;- de d�gazer le produit et diminuer ainsi les risques de corrosion, de trop forte pression, de fuites au niveau des points de moindre r�sistance des r�cipients et d'alt�ration de leur contenu;
- d'offrir la possibilit� d'effectuer une autopasteurisation si la temp�rature � laquelle est port� le contenu du r�cipient est suffisante.
En pratique, il faut que la temp�rature � coeur du produit atteigne 70 � 80°C et soit maintenue dans cet intervalle pendant quelques minutes, ou bien qu'elle se situe entre 90 et 100°C si l'on veut effectuer une autopasteurisation par la suite.
L'avantage du pr�chauffage est illustr� par l'exemple suivant:
- si l'on met en bo�tes de la pur�e d'abricots � froid, une pasteurisation de 45 � 60 mn � 100°C est n�cessaire, avec agitation des bo�tes;- si, par contre, on proc�de � chaud (70-80°C), il suffit d'appliquer un traitement � 100°C de 15 � 25 mn, selon le format des bo�tes.
H. Fermeture des r�cipients de conditionnement
Elle doit avoir lieu imm�diatement apr�s le pr�chauffage. Ainsi, on ne perd pas le b�n�fice du d�gazage et on limite la pression int�rieure dans le r�cipient pendant la pasteurisation.
Le principe de la pasteurisation a �t� expos� dans la section 5.2.3. Pr�cisons cependant que dans le cas des pulpes, pur�es et compotes, la temp�rature � coeur du produit conditionn� doit �tre port�e � 82-85°C.
Si l'on effectue une simple autopasteurisation par retournement du r�cipient contenant le produit pr�alablement chauff�, le temps de contact entre produit et r�cipient doit �tre de 3 � 5 mn pour assurer la destruction des agents de contamination, d'une part, et limiter les r�actions de brunissement, d'autre part.
Si le pr�chauffage effectu� avant pasteurisation n'a pas permis d'atteindre une temp�rature � coeur suffisante pour qu'une simple autopasteurisation assure la conservation � long terme du produit fini, on devra alors appliquer aux pulpes, pur�es et compotes des normes de pasteurisation identiques � celles des fruits au sirop (tableau 46), mais uniquement si l'on a proc�d� � un pr�chauffage.
Tableau 41. Blanchiment des fruits en vue de l'appertisation de leur pulpe
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Fruits |
Mode |
Temps |
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Abricots |
Eau 80-85°C |
2 mn |
|
Pommes |
Eau 100°C |
6-20 mn |
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Oranges |
Eau 100°C |
Quelques mn (vari�t�s douces) |
|
Ecorces d'agrumes |
Eau 100°C |
Pr�cuisson 30 mn-1 h |
|
Mangues |
Vapeur |
2-2,5 mn |
|
Ch�ta�gnes |
Eau 100°C |
15-25 mn |
Si ce n'est pas le cas, les temps de traitement seront plus longs (par exemple 45-60 mn � 100°C pour les abricots, 20 mn pour les ananas, 30 mn pour les goyaves, 30-40 mn pour les pommes). Cette m�thode est cependant moins recommand�e, un pr�chauffage �tant toujours souhaitable.
Les mat�riels de pasteurisation utilis�s sont les m�mes que ceux qui ont �t� �tudi�s dans la section 5.2.3.b dans le cadre d'une pasteurisation r�alis�e apr�s conditionnement.
Cette section est consacr�e � l'�tude des fruits conserv�s par la chaleur mais pr�par�s de fa�on � ce qu'ils gardent l'aspect de fruits frais. La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e � la figure 66.
Les �chelles de production envisag�es dans le cas de la fabrication des pulpes, pur�es et compotes restent valables pour ces produits, soit 50 � 500 kg par jour en unit� artisanale et 500 � 3 000 kg par jour en unit� semi-industrielle.
Les �tapes de triage, lavage, �pluchage, calibrage, d�noyautage et �p�pinage doivent �tre effectu�es tr�s soigneusement puisque les fruits ne subissent par la suite aucun broyage, pressage ou cuisson. Il est n�cessaire de coupler � la qualit� du produit fini une pr�sentation homog�ne. Les op�rations correspondantes ont �t� d�taill�es dans la chapitre 2 consacr� aux pr�traitements.
A. Compl�ments concernant le d�coupage
Le d�coupage contribue � l'homog�n�isation et � la rapidit� du transfert de chaleur au moment de la pasteurisation. Il est �videmment indispensable lorsque les fruits trait�s sont trop gros pour �tre conditionn�s tels quels. Les morceaux obtenus doivent �tre de taille et de forme homog�nes.
Le tableau 42 pr�cise les formes sous lesquelles les fruits doivent �tre pr�sent�s.
B. Compl�ments concernant le blanchiment
Celui-ci n'est pas syst�matique. Lorsqu'il n'est pas r�alis�, le pr�chauffage fait office de blanchiment, surtout dans la ligne de fabrication des fruits au naturel o�, �tant r�alis� � une temp�rature inf�rieure � celle du blanchiment, il pr�serve avantageusement la couleur et le parfum des fruits.
Lorsqu'il n'y a pas de pr�chauffage, les fruits sont g�n�ralement blanchis. Le tableau 43 indique les temps et modes de blanchiment appliqu�s � un certain nombre de fruits.
Les pommes n�cessitent toujours un blanchiment pour �viter un brunissement pr�matur�, m�me dans le cas de la ligne fruits au naturel.
C. Remplissage
Principe
Les fruits sont d�pos�s et tass�s, mais non �cras�s, dans les r�cipients de conditionnement pr�alablement nettoy�s et lav�s � l'eau bouillante. La r�partition des fruits doit �tre homog�ne et il doit y avoir le moins de vide possible.
Lors du remplissage, il faut tenir compte du fait que les fruits non pr�alablement blanchis subissent une r�traction de 15 � 20 pour cent en poids pendant le traitement thermique. Cette op�ration doit �tre rapide ainsi que le jutage qui va suivre, pour �viter un brunissement des fruits au contact de l'oxyg�ne de l'air.
Mat�riel
Le remplissage manuel � la louche sur tables de conditionnement (tables ordinaires ou tapis roulants sur lesquels circulent les bo�tes ou bocaux � remplir) suffit dans le cas de petites unit�s de production artisanale. Le remplissage automatique pr�sente d'ailleurs l'inconv�nient d'�craser les fruits et de ne pas assurer un remplissage homog�ne.
Un pesage des r�cipients est n�cessaire pendant le remplissage manuel pour s'assurer que le contenu net �goutt� des r�cipients est conforme � la l�gislation. Le pesage n'est toutefois pas indispensable si le remplissage se fait en fonction du nombre de tranches de fruits par bo�te.
Tableau 42. D�coupage des fruits destin�s aux lignes de transformation Fruits au sirop et Fruits au naturel
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Fruits |
Mode de d�coupage |
|
Figues, ch�taignes, litchis, raisins |
Non d�coup�s |
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Papayes, mangues |
D�coupage en d�s ou en deux (joues de mangue) |
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Abricots |
D�coupage en deux (oreillons) |
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Pommes |
D�coupage en 4 ou 5 tranches |
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Ananas |
D�coupage en tranches cylindriques ou en d�s |
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Bananes |
D�coupage en rondelles |
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Melons, past�ques |
D�coupage en d�s |
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Agrumes |
D�coupage en carpelles (tranches) |
Tableau 43. Blanchiment des fruits destin�s aux lignes Fruits au sirop et Fruits au naturel
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Fruits |
Agent de blanchiment |
Temps de blanchiment |
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Figues |
Eau bouillante |
5 mn |
|
Abricots |
Eau bouillante |
1 mn |
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Pommes |
Eau bouillange + 30% de sel |
3-4 mn |
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Raisins, melons |
Pas de blanchiment |
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|
Bananes |
Eau bouillante |
Quelques minutes |
|
Pamplemousses |
Vapeur |
Quelques minutes |
Une personne peut remplir manuellement 10 bo�tes environ par minute. Les r�cipients utilis�s devant �tre rigides et r�sister � la chaleur, on conditionnera les fruits soit dans des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement, soit dans des flacons ou bocaux de verre (voir le chapitre 8 sur le conditionnement). Le tableau 44 donne un exemple de la quantit� de fruits pouvant �tre introduite dans quelques bo�tes m�talliques normalis�es.
Tableau 44. Contenance de quelques r�cipients de conditionnement
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Format |
Poids net minimal de fruits (kg) |
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Bo�te 5/1 |
4,250 |
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Bo�te 2/1 |
1,700 |
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Bo�te 1/1 |
0,500 |
|
Bo�te 1/2 |
0,240 |
D. Pr�paration des sirops
Principe
On ajoute, aux fruits plac�s dans les r�cipients, un liquide de couverture (eau, sirop) dont le r�le est de faciliter la p�n�tration de la chaleur � la pasteurisation, d'�viter les risques d'oxydation et d'am�liorer les caract�ristiques organoleptiques du produit fini. Les sirops � juter peuvent �tre de concentrations diff�rentes:
- au naturel: liquide de couverture � teneur en sucre ne d�passant pas 16 pour cent;- sirop l�ger: concentration en sucre �gale � 16-20 pour cent (18-22 pour cent pour les abricots).
La concentration en sucre du sirop � juter est fonction de plusieurs facteurs.
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Si l'on d�signe par |
Pn |
le poids net du m�lange fruits/sirop dans le r�cipient; |
| |
Pf |
le poids des fruits au remplissage, compte tenu de la r�traction dans le cas des fruits non blanchis; |
| |
sf |
la teneur des fruits en mati�res s�ches, et |
| |
sn |
la teneur en mati�res s�ches du m�lange fruits/sirop, |
on peut en d�duire que:
- le poids total des mati�res s�ches est �gal � Pn · sn;
- le poids des mati�res s�ches dans les fruits est �gal � Pf · sf;
- le poids des mati�res s�ches dans le sirop est �gal � Pn · sn - Pf · sf;
- le poids de sirop est �gal � Pn - Pf,
et �crire que la concentration du sucre � ajouter est �gale �:
Les grandeurs figurant dans cette derni�re formule seront d�termin�es comme suit:
- sf au r�fractom�tre � fruits (une goutte de jus de fruit suffit);- Pf en prenant un �chantillon de r�cipients remplis, en pesant les fruits contenus dans les r�cipients et en calculant leur poids moyen;
- Pn en calculant la diff�rence entre le poids du r�cipient plein et le poids du r�cipient vide;
- sn en prenant pour cette grandeur la concentration en sucre finale Cf que l'on veut obtenir dans le liquide de couverture.
En g�n�ral, la teneur en mati�res s�ches du sirop est sup�rieure � celle des fruits (dans lesquels sf est inf�rieur � 18 pour cent). De toute fa�on, apr�s quelque temps, un �quilibre s'�tablit entre la concentration en sucre des fruits et celle du sirop, si bien que la concentration globale sn devient inf�rieure � Cf. Pour �tre s�r que la teneur en sucre du sirop apr�s �quilibre ne sera pas inf�rieure au Cf fix�, on majore sn par rapport � Cf.
En pratique, les sirops sont fabriqu�s � partir de quantit�s d'eau et de sucre � peu pr�s �gales � celles du sirop que l'on veut obtenir (on ajoute simplement un peu plus d'eau pour tenir compte de l'�vaporation); le m�lange est ensuite amen� � �bullition.
Mat�riel
Les sirops se pr�parent dans des bassines � confiture.
E. Jutage
Principe
Les vides laiss�s entre les fruits lors du remplissage sont combl�s par un jus chaud (sirop ou eau de blanchiment). L'op�ration doit se faire � chaud pour que les produits soient � peu pr�s � la temp�rature de pr�chauffage; on r�alise ainsi une �conomie d'�nergie. D'autre part, le d�gazage du produit est meilleur dans le cas d'un jutage � chaud (les sirops sont plus fluides � chaud qu'� froid).
Il est n�cessaire de laisser un espace libre de 7 � 8 pour cent au-dessus du produit au moment du jutage pour:
- compenser l'augmentation de volume du liquide de couverture pendant la pasteurisation et �viter ainsi une surpression � l'int�rieur des bo�tes et une fragilisation de celles-ci au niveau des points de moindre r�sistances (sertis);- faciliter les �changes de chaleur.
Cependant, il ne faut pas laisser un vide trop important, sinon il y a risque d'oxydation pouvant conduire � une corrosion des bo�tes et � la d�gradation des produits eux-m�mes.
Mat�riel
Compte tenu des �chelles de production retenues, le remplissage se fera manuellement:
- avec une louche; ou- au moyen d'une remplisseuse-doseuse manuelle � piston (figure 67) permettant d'introduire une quantit� de liquide d�termin�e dans le r�cipient de conditionnement. Le liquide stock� dans un r�servoir se d�verse par un ajutage pourvu d'un robinet.
Cas particuliers
Le tableau 45 donne des exemples de sirops de couverture pouvant �tre utilis�s.
On acidifie certains sirops dans le cas de fruits ayant un pH naturellement �lev� (comme les figues qui ont un pH compris entre 5,5 et 6,0), ceci dans le but de ramener le pH � 4,0 ou moins pour favoriser l'inhibition des micro-organismes r�sistant � la chaleur (formes sporul�es des bact�ries, par exemple).
Tableau 45. Composition des sirops de couverture de fruits appertis�s
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Fruits |
Liquide de couverture | |
| |
Nature |
Teneur en sucre |
|
Abricots |
Naturel |
1 cuill�re � soupe de sucre par bocal de 1 l |
| |
Sirop |
450 g sucre/l eau 10, 25, 40 ou 55°Brix |
|
Figues |
Naturel |
Comme pour les abricots |
| |
Sirop |
16 � 48°Brix (+ acide citrique) |
|
Melons |
Sirop |
500 g sucre/l eau |
|
Raisins |
Sirop |
400 g sucre/l eau |
|
Pommes |
Sirop |
500 g sucre/l eau |
|
Pommes de cajou |
Sirop |
25,5°Brix |
|
Pamplemousses |
Sirop |
40°Brix ou moins |
|
Oranges |
Sirop |
50°Brix |
|
Bananes |
Sirop |
30°Brix (+ 0,5% acide citrique + 0,1 - 0,2% chlorure de calcium) |
|
Litchis |
Sirop |
40 � 50°Brix (+ acide) |
|
Mangues |
Sirop |
40°Brix (+ 0,25% acide citrique) |
|
Papayes |
Sirop |
30 � 50°Brix (+ 0,5% acide citrique) |
|
Fruits en d�s |
Sirop |
40°Brix ou 1 kg de sucre pour 6-7 kg de fruits |
|
Goyaves |
Sirop |
65°Brix |
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Ananas |
Sirop |
20 � 40°Brix |
F. Pr�chauffage
Principe
Les r�cipients remplis de fruits et de sirop de couverture seront plac�s dans un bain d'eau bouillante, dans une atmosph�re satur�e de vapeur, leurs couvercles �tant simplement pos�s ou agraf�s et non herm�tiquement ferm�s. Le contenu des r�cipients sera port� � 75°C environ (70-80°C) pendant une dizaine de minutes. Le pr�chauffage a pour r�le:
- d'�liminer l'air inclus dans les cellules des fruits, dans le jus et dans l'espace libre existant entre le produit et le couvercle, ceci afin de:
· diminuer les risques de corrosion;
· diminuer la pression int�rieure des bo�tes pendant la pasteurisation;
· prot�ger les sertis et �viter ainsi les risques de fuite de liquide;
- de remplacer le blanchiment des fruits lorsque celui-ci n'a pas �t� effectu� auparavant. C'est le cas dans la ligne Fruits au naturel o� le liquide de couverture des fruits peut �tre de l'eau ou de l'eau tr�s peu sucr�e (dans le cas des pommes, un blanchiment pr�alable est toujours n�cessaire).
Le pr�chauffage pr�serve mieux le parfum et la couleur des fruits que le blanchiment et �vite �galement le go�t de cuit. La dur�e du pr�chauffage varie selon la temp�rature devant �tre atteinte � coeur du produit et selon la nature des fruits a traiter.
Mat�riel
On utilise un bac de faible profondeur contenant de l'eau � 70-90°C et chauff� � feu nu (unit�s artisanales) ou par barbotage de vapeur (�chelle semi-industrielle). Les r�cipients ouverts sont dispos�s dans ce bac, sans toutefois reposer directement sur le fond pour �viter les risques de surchauffe. On �vitera cet inconv�nient par l'emploi d'un caillebotis dispos� entre le fond du bac et les r�cipients, ou en utilisant un mat�riel � double fond.
Le niveau et la temp�rature de l'eau doivent �tre constants; une surveillance tr�s attentive de l'op�ration est n�cessaire pour �viter la submersion des r�cipients.
Cas particuliers
Les r�cipients m�talliques de petite taille seront pr�chauff�s une dizaine de minutes jusqu'� obtention d'une temp�rature de 80°C � coeur du produit. Ceux de grosse capacit� (bo�tes n° 10) seront pr�chauff�s pendant le m�me temps jusqu'� l'obtention d'une temp�rature de 70°C � coeur.
G. Fermeture
Les modes de fermeture des r�cipients de conditionnement seront mentionn�s dans la section 8.3. La fermeture elle-m�me a lieu juste avant la pasteurisation.
Le principe de cette op�ration a �t� expos� pr�c�demment dans la section 4.2.3. Dans le cas de la pasteurisation des fruits au naturel ou au sirop, on doit obtenir une temp�rature � coeur de 85°C. Un traitement dans un bain-marie (ou un pasteurisateur discontinu) � 100°C pendant un temps d�termin� suffit � r�aliser cette condition (tableau 46). Les fruits peu acides, comme les figues, auront �t� additionn�s d'acide citrique (1 � 2 g/l) de fa�on � ce que le pH soit ramen� � une valeur maximale de 4,0. De la sorte, l'action compl�mentaire d'une acidit� suffisante et d'un traitement thermique appropri� conduisent � l'inhibition des micro-organismes ind�sirables.
Les temps de pasteurisation peuvent �tre d�termin�s de fa�on pr�cise par sondages quotidiens effectu�s sur les bo�tes m�talliques. Pour ce faire, les r�cipients remplis et sertis sont plac�s dans le pasteurisateur ou la lessiveuse. A partir de l'�bullition, on perce toutes les cinq minutes le centre du couvercle d'une des bo�tes � l'aide d'un poin�on et l'on introduit par cette ouverture un thermom�tre dont le bulbe doit arriver au centre de la bo�te. Lorsque la temp�rature d�sir�e est atteinte, on note le temps de pasteurisation qui a �t� n�cessaire. Cette s�rie de mesures peut �tre r�p�t�e plusieurs fois; dans ce cas, on retiendra le temps le plus long n�cessaire � l'obtention de la temp�rature � coeur voulue.
Remarque: Les mesures doivent �tre faites sans agiter les bo�tes, de fa�on � ce que leur contenu, dont la p�riph�rie est plus chaude que le centre, ne soit pas homog�n�is�, ce qui fausserait la mesure.
Les temps de pasteurisation des fruits au sirop (pour des sirops de teneur en sucre minimale de 20 pour cent) sont en g�n�ral sup�rieurs de 5 � 6 mn � ceux requis pour les fruits au naturel.
Le refroidissement des r�cipients de conditionnement doit se faire rapidement pour engendrer une baisse de temp�rature assez brutale pour provoquer l'inhibition de l'activit� des micro-organismes ayant r�sist� au traitement par la chaleur.
Il peut se faire � l'air libre, en formant une pyramide par disposition des bo�tes en quinconce les unes au-dessus des autres, mais cette pratique n'est pas recommand�e. Il vaut mieux effectuer un refroidissement par immersion dans de l'eau froide souvent renouvel�e ou par aspersion d'eau froide. Cette derni�re m�thode est la plus efficace, car la vaporisation d'eau finement pulv�ris�e au contact des r�cipients chauds absorbe une quantit� de chaleur plus importante que lorsque ceux-ci sont simplement immerg�s.
Tableau 46. Bar�mes de pasteurisation des fruits au naturel et au sirop
|
Fruits |
Temp�rature |
Bar�me selon le type de conditionnement | ||||
| |
d'embo�tage |
Bo�tes m�talliques (jutage avec sirop) |
Bocaux de verre | |||
| | |
N° 2 (524 ml) |
2,5 (761 ml) |
1/1 (850 ml) |
N° 10 (2 797 ml) |
1 000 ml |
|
Abricots |
75-80°C |
|
8-18 mn � 100°C |
20-25 mn � 100°c |
|
Naturel: 45 mn � 100°C |
|
Pommes |
71°C |
20 mn � 100°C |
20 mn � 100°C |
|
35 mn � 100°C |
Sirop: 25 mn � 100°C |
|
Raisins | |
|
12 mn � 100°C |
| |
Sirop: 30 mn � 100°C |
|
Ananas |
70-75°C |
20 mn � 82°C |
10 � 25 mn � 100°C | |
30-40 mn � 100°C |
Naturel: 20-25 mn � 100°C (pour 850 ml) |
|
Oranges |
79-92°C |
| |
40 mn � 100°C |
| |
|
Pamplemousses |
82°C |
10 mn � 100°C ou 25-30 mn � 82°C | |
40 mn � 100°C |
| |
|
Pommes de cajou |
80-85°C |
|
25 � 30 mn � 100°C |
| | |
|
Mangues |
85-88°C |
15-20 mn � 100°C |
20 � 30 mn � 100°C |
| | |
|
Papayes |
88°C | |
12 � 18 mn � 100°C |
| | |
|
Goyaves |
70°C | |
|
20 mn � 100°C |
| |
|
Litchis |
77°C |
10-12 mn � 100°C | |
| | |
|
Melons, past�ques |
82°C | |
| | |
Sirop: 45 mn � 100°C |
|
Ch�taignes | |
| | | |
Sirop: 15 mn � 100°C |
|
Figues |
50-65°C |
30-60 mn � 100°C |
40-65 mn � 100°C |
|
60 mn � 100°C au moins |
Naturel: 45 mn � 100°C |
|
Dattes | |
30-45 mn � 100°C (au naturel) | | | | |
|
Bananes | |
10-12 mn � 100°C | | | | |