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ISBN 92-2-206403-8 ISSN 0258-0462
Premi�re �dition 1990
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Imprim� par le Bureau international du Travail, Gen�ve, Suisse
Le Programme mondial de l'emploi de l'Organisation
internationale du Travail a pour but d'encourager et d'aider les Etats Membres �
adopter et � mettre en uvre des politiques et des programmes d'action en
vue de promouvoir le plein emploi productif et librement choisi et de lutter
contre la pauvret�. Men� � l'aide d'un ensemble de moyens - recherche appliqu�e,
conseils techniques, projets nationaux, �quipes r�gionales � l'oeuvre en
Afrique, en Am�rique latine et en Asie -, il porte en particulier sur le
d�veloppement des r�gions rurales, o� vit toujours la tr�s grande majorit� des
populations pauvres et sous-employ�es, et sur les probl�mes du secteur urbain
non structur�, en expansion rapide.
Face � la crise �conomique et � la mont�e du ch�mage qui ont
marqu� les ann�es quatre-vingt, l'OIT, dans le cadre du Programme mondial de
l'emploi, a engag� un dialogue suivi avec les partenaires sociaux et avec les
autres organisations internationales sur les aspects sociaux de l'ajustement,
avec le souci, qui inspire une grande partie de son travail d'analyse et de
conseil, d'assurer une plus grande �quit� dans les programmes d'adaptation
structurelle. Les activit�s portent notamment sur l'observation de l'�volution
de l'emploi et de la pauvret�, la cr�ation directe d'emplois et de sources de
revenus pour les cat�gories vuln�rables, l'�tude des rapports entre les
interventions macro�conomiques et les interventions micro�conomiques,
l'�volution technique, les probl�mes et les politiques du march� de l'emploi.
Gr�ce � cet ensemble d'activit�s, l'OIT peut aider les Etats
Membres � r�am�nager leurs politiques et leurs plans d'action en vue d'�liminer
la pauvret� et de promouvoir l'emploi productif.
Cet ouvrage fait partie des �tudes et des rapports publi�s dans
le cadre du Programme mondial de l'emploi.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
1.1 N�cessit� d'une transformation des fruits
1.2 Strat�gie nationale
1.3 Importance du choix technologique
1.4 Choix des produits � transformer
1.5 Choix des techniques de transformation
1.6 Effets sur l'environnement
1.7 Public concern� par le pr�sent dossier
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
1.1 N�cessit� d'une transformation des fruits
Les r�gimes alimentaires des populations des pays en
d�veloppement sont principalement fond�s sur deux groupes d'aliments de base qui
assurent l'essentiel de l'apport �nerg�tique. En effet, les produits v�g�taux
repr�sentent dans les pays en d�veloppement plus de 90 pour cent des ressources
en �nergie, les trois quarts �tant assur�es par les c�r�ales et les f�culents
(racines et tubercules). On trouve principalement:
- des r�gimes � base de c�r�ales et de f�culents qui
apportent 63 � 85 pour cent des calories (c'est le cas par exemple en Indon�sie,
en C�te-d'Ivoire, au Br�sil et au Nig�ria);
- des r�gimes � base de c�r�ales qui repr�sentent � elles seules
50 � 75 pour cent des calories (comme au Bangladesh, au Maroc et au
Mexique).
Les statistiques de production �tablies par la FAO montrent bien
d'ailleurs l'importance quantitative de ces groupes d'aliments par rapport aux
fruits (tableau 1).
Cependant, un r�gime alimentaire qui serait fond� uniquement sur
des c�r�ales et des f�culents aboutirait non seulement � une carence calorique,
mais aussi � des carences min�rales et � des avitaminoses comme le montre le
tableau 2.
Une diversification de l'alimentation est donc n�cessaire. Les
fruits, dont la pulpe est en g�n�ral peu riche en mati�res grasses (exception
faite de l'olive et de l'avocat), sont par contre assez riches en glucides;
certains d'entre eux, comme la datte et la ch�taigne, ont m�me une grande valeur
�nerg�tique.
Tableau 1. Production dans les pays en d�veloppement
(1980)
Type de produit
Tonnage (en milliers de t)
C�r�ales
811 381
Racines et tubercules
325 494
Fruits
165 835
Source: FAO, Annuaire de la production, vol.
35, 1981.
Mais c'est essentiellement sur le plan des vitamines et des sels
min�raux que les fruits jouent un r�le nutritionnel pr�pond�rant. Leurs
technologies de transformation devront donc pr�server au maximum ces qualit�s
nutritionnelles, notamment en ce qui concerne:
Tableau 2. Type de carences dans les r�gimes
alimentaires de base des pays en d�veloppement
Insuffisance de l'apport
R�gime � base de c�r�ales et f�culents
R�gime � base de c�r�ales
Vitaminique A
oui
oui
Vitaminique B1
oui
oui (plus ou moins �limin�es par le traitement du grain)
Vitaminique B2
oui
oui
Vitaminique C
Perte sensible selon le traitement des tubercules
oui
Vitaminique PP
Variable selon les c�r�ales et tubercules
Variable selon les c�r�ales
Min�ral Potassium (K)
oui
oui
De nombreux probl�mes se posent toutefois quant � l'apport
r�gulier de ces micronutriments dans l'alimentation quotidienne des populations
des pays en d�veloppement, car les fruits sont des denr�es particuli�rement
p�rissables et saisonni�res qui subissent apr�s r�colte des pertes de nature:
- quantitative: ces pertes sont tr�s
importantes et difficiles � estimer (elles d�pendent du pays et de l'esp�ce
fruiti�re consid�r�e, des conditions locales de transport et de stockage, du
climat, etc.). Les pertes apr�s r�colte de la production mondiale fruiti�re
avoisinent 40 pour cent. Celles de la production de mangues sont
particuli�rement �lev�es dans les pays en d�veloppement;
- qualitative, dues � des d�gradations
d'origine:
a) microbiologique: les fruits
sont naturellement acides pour la plupart. Or, les levures et les moisissures se
d�veloppent rapidement lorsque le pH atteint 4,5, provoquant des fermentations
et des modifications gustatives (pH = indice d'acidit�);
b) chimique: la poursuite de l'�volution physiologique
des fruits se traduit par un ramollissement de texture et une perte pond�rale
(eau, sucre);
c) enzymatique: Les enzymes pr�sents dans les fruits ou
apport�s par les micro-organismes provoquent des alt�rations de couleur et de
texture.
La grenadille, par exemple, doit �tre transform�e imm�diatement
apr�s r�colte ou sinon stock�e � basse temp�rature (inf�rieure � 6,5°C) et
� forte humidit� relative (85-90 pour cent). La goyave, le litchi et le corossol
sont sujets a d'importantes d�gradations (brunissement enzymatique, pertes par
transpiration, attaques fongiques) s'ils ne sont pas rapidement transform�s.
Les causes de pertes sont nombreuses. Les principales d'entre
elles sont �num�r�es ci-apr�s:
- le caract�re saisonnier des p�riodes de r�colte de
la majorit� des fruits tropicaux entra�ne une saturation des march�s r�gionaux
pendant des laps de temps courts. Le surplus de production est gaspill� faute de
pouvoir �tre conserv� pour �tre commercialis� pendant les p�riodes de p�nurie.
Le tableau 3 indique, � titre d'exemple, quelques p�riodes de production
particuli�rement courtes pour certains pays et certains fruits.
- le stockage des fruits apr�s r�colte est en g�n�ral fait dans
de mauvaises conditions, � l'air libre ou dans des locaux insalubres, de taille
inadapt�e et n'offrant aucune protection contre les divers ravageurs (insectes,
oiseaux, rongeurs et chauves-souris frugivores). Par exemple, en Afrique
tropicale et en Inde, diff�rentes esp�ces de papillons piqueurs attaquent des
fruits tr�s divers (mangues, agrumes, goyaves, bananes, avocats) et peuvent
causer des pertes d�passant 60 pour cent;
- le stockage en vrac provoque des alt�rations des couches
inf�rieures des fruits (pourriture des agrumes en entrep�t, par exemple) pouvant
entra�ner une contamination en cha�ne du stock;
- le transport et la manutention des fruits sont souvent
inadapt�s (taille et hygi�ne des v�hicules, infrastructures routi�res,
transports en vrac et longues distances augmentent les risques de
d�gradation).
Tableau 3. P�riodes de r�colte de certains fruits
Pays
Fruits
P�riodes de production
Cameroun
Corossol
Juin-juillet
S�n�gal
Tamarins
Avril-mai
Madagascar
Jujubes
Juillet
R�publique centrafricaine
Goyaves
Juillet-ao�t-septembre
R�union
Litchis
D�cembre-janvier
Equateur
Mangues
D�cembre-janvier
Guyane fran�aise
Ananas
Juin-juillet
Source: MULAT, Calendrier de production des
esp�ces fruiti�res (R.A. 1968)
La transformation des fruits est un moyen de r�duire ces pertes
quantitatives et qualitatives et permet de prolonger leur conservation, avec les
cons�quences suivantes:
- formation, � partir des exc�dents de production,
de stocks tampons de produits transform�s qui pourront �tre consomm�s pendant
toute l'ann�e;
- limitation des d�gradations microbiologiques, chimiques et
enzymatiques (par exemple, lutte contre les bact�ries par acidification des
fruits � pH �lev�, lutte contre les moisissures et les levures par destruction
partielle � la chaleur, lutte contre le blettissement et fl�trissement par
cuisson, lutte contre les enzymes par blanchiment, sucrage ou acidification,
etc);
- annulation de l'action n�faste des ravageurs pendant le
stockage et r�duction des chocs m�caniques pendant le transport gr�ce au
conditionnement des fruits transform�s.
Outre ces cons�quences d'ordre alimentaire, la transformation
des fruits peut avoir un impact socio-�conomique tr�s important dans les zones
rurales et urbaines d�favoris�es des pays en
d�veloppement.
1.2 Strat�gie nationale
Devant l'�ventail des orientations technologiques et des
�chelles de production et compte tenu des priorit�s nationales et r�gionales,
les gouvernements doivent �tablir une strat�gie directionnelle visant la
satisfaction optimale des besoins de leurs diff�rentes populations.
En ce qui concerne les fruits, plusieurs syst�mes destin�s �
satisfaire des march�s diff�rents - comme les besoins des villes, l'alimentation
des zones rurales ou l'exportation - peuvent fort bien cohabiter.
Il est toutefois n�cessaire de faire un choix pour d�terminer:
- la part des unit�s de production destin�e �
l'exportation par rapport � celle des unit�s approvisionnant le march� local et
leurs tailles respectives, en vue d'�quilibrer la balance commerciale du pays;
- le degr� de relation avec les investisseurs �trangers;
- les produits � d�velopper en fonction des mod�les de
consommation actuels et pr�visionnels;
- une politique des prix p�riodiquement r�vis�e qui permette une
accessibilit� des produits propos�s aux populations � faible revenu;
- une politique de l'emploi et une strat�gie d'am�nagement du
territoire;
- l'organisation des circuits d'approvisionnement en produits
frais et en intrants, ainsi que des circuits de distribution des produits
transform�s;
- la mise en place d'une structure d'information, de
vulgarisation, de formation et d'encadrement sur le terrain;
- la strat�gie de commercialisation � d�ployer en tenant compte
de l'influence des march�s captifs institutionnels (�coles, arm�e, h�pitaux,
etc.);
- l'aide � la recherche et au d�veloppement pour le
perfectionnement des technologies am�lior�es mises en place et les innovations
dans ce
domaine.
1.3 Importance du choix technologique
La transformation des produits agricoles est directement reli�e,
en amont, au syst�me de production. En assurant un d�bouch� aux produits frais,
elle contribue � stabiliser la population agricole et l'incite � adapter sa
production, en quantit� et en qualit�, aux besoins du march�.
En aval, la transformation est reli�e au syst�me de consommation
puisqu'elle d�pend, pour un bon �coulement des produits finis, des habitudes
alimentaires de la population et de ses revenus. En revanche, elle peut amener
les consommateurs � modifier en partie leurs habitudes alimentaires en leur
proposant des produits nouveaux. Enfin, elle est assujettie � l'action des
agents ext�rieurs au syst�me (Etat, soci�t�s, constructeurs de mat�riels, etc.).
Le syst�me apr�s-r�colte, qui relie la production agricole �
l'assiette du consommateur, inclut quatre sous-syst�mes caract�ris�s par des
niveaux technologiques et des niveaux de commercialisation diff�rents:
- le sous-syst�me familial: il est le fait
d'individus ou de groupes d'individus (familles) qui produisent pour leur
consommation propre et commercialisent l'exc�dent de r�colte en l'�coulant apr�s
l'avoir transform�, en vue d'acqu�rir des revenus marginaux. L'�chelle de vente
est donc r�duite au quartier ou au village, et la technologie ne d�passe pas le
stade du savoir-faire traditionnel;
- le sous-syst�me artisanal: le savoir-faire local est
valoris� par une l�g�re m�canisation. La production est destin�e � la
transformation qui procure des revenus et des emplois non forc�ment salari�s (il
s'agit souvent d'une famille ou d'une famille �largie). Le circuit de
distribution peut s'�tendre � plusieurs villages;
- le sous-syst�me mini- ou semi-industriel: il fait appel
� une technologie l�g�rement plus pouss�e, tenant compte de l'acquis technique
traditionnel ou introduisant des techniques import�es en les adaptant aux
conditions locales (exemple: mini-conserverie). Il utilise une main-d'oeuvre en
g�n�ral tr�s facilement disponible sur place et non n�cessairement qualifi�e.
L'�chelle de commercialisation touche les bourgs ruraux et la p�riph�rie
urbaine;
- le sous-syst�me industriel: il utilise des technologies
de pointe, import�es le plus souvent, � haute intensit� de capital, et requiert
une main-d'oeuvre sp�cialis�e. Il est souvent �tabli en zone urbaine ou
portuaire et vise principalement l'approvisionnement des villes et
l'exportation. Quelques complexes int�gr�s, install�s en zone rurale, sont
destin�s � l'approvisionnement des march�s urbains.
La strat�gie nationale consiste � faire la part de chacun de ces
sous-syst�mes dans son �conomie en fonction des capacit�s de production des
agriculteurs en amont et du type de structure existant (nombre de consommateurs
potentiels, niveau de revenu) qui absorbera les produits en aval, puisque les
ensembles production-transformation-consommation d�pendent
�troitement les uns des autres.
Or, le choix technologique d�pend de l'�chelle de transformation
retenue et ce choix technologique a lui-m�me des cons�quences socio-�conomiques
bien particuli�res. Au vu de ces cons�quences, les sous-syst�mes artisanal et
mini-industriel paraissent apporter une r�ponse mieux appropri�e aux probl�mes
des pays en d�veloppement, et cela pour les raisons suivantes:
- l'implantation, en zone rurale, d'unit�s de
transformation orient�es vers le march� local, engendre la cr�ation d'emplois
directs n�cessitant une main-d'oeuvre peu qualifi�e et contribue � ralentir
l'exode de la population vers les villes;
- l'existence de d�bouch�s stables pour des produits finis
Incite les paysans � accro�tre leur production agricole;
- la fixation du prix du produit transform� � un niveau donn�
stable limite les fluctuations de prix entre les p�riodes de production et de
p�nurie;
- le choix de techniques adapt�es au milieu, peu m�canis�es,
faiblement exigeantes en capital, faisant appel au savoir-faire local et � des
mati�res premi�res disponibles sur place, aboutit � la production d'aliments bon
march�, � la port�e des populations � bas revenu et correspondant aux habitudes
alimentaires locales;
- enfin, le sous-syst�me artisanal assure une certaine
ind�pendance des pays en d�veloppement vis-�-vis des investisseurs �trangers,
ceci � l'encontre des entreprises agro-industrielles � forte intensit� de
capital, orient�es vers les cultures de rente et l'exportation de produits
tropicaux vers les march�s occidentaux.
Pour ces raisons, le pr�sent dossier technique se limite �
l'�tude des techniques de transformation applicables � l'�chelle artisanale ou
mini-industrielle et laisse de c�t� les techniques industrielles sur lesquelles
de nombreux ouvrages sont
disponibles.
1.4 Choix des produits � transformer
Il a �t� n�cessaire de limiter cette �tude � une s�rie de fruits
tropicaux (tableau 4) choisis en fonction de crit�res pr�cis:
- fruits consomm�s en grandes quantit�s soit �
l'�tat frais, soit � l'�tat transform�, dans les zones rurales et urbaines
d�favoris�es des pays en d�veloppement, et cela d'autant plus que leur p�riode
de r�colte est courte (on tiendra compte de la r�partition des p�riodes de
production des fruits dans le temps et par pays lors de l'�tude de la conception
d'unit�s polyvalentes);
- fruits tr�s p�rissables et sujets � d'importantes pertes apr�s
r�colte par suite de l'absence de structures de transformation; fruits
constituant un apport nutritionnel important (sels min�raux, vitamines);
- fruits ne donnant pas obligatoirement lieu, par les proc�d�s
de transformation qui leur sont appliqu�s, � des produits de consommation de
luxe;
- enfin, fruits pour lesquels il existe une demande potentielle
pour un ou plusieurs types de transformation.
Le tableau 5 fait �tat des crit�res de s�lection de certains
fruits types qui ont �t� choisis pour illustrer l'�tude des diff�rents proc�d�s
de transformation faisant l'objet des chapitres qui suivent. Les autres fruits
ne seront pas n�glig�s pour autant, des indications leur �tant consacr�es en cas
de n�cessit�.
Tableau 4. Classification des fruits �tudi�s
Fruits charnus
Fruits semi-charnus
Fruits compos�s
Syncarpes et sycones
Fruits secs
Gousses
Drupes (Fruits � noyau)
Baies (Fruits � p�pins)
Faux � fruits
Mangues Olives Avocats Noix de
coco Jujubes P�ches Prunes mombin
Dans l'optique d'une �tude des sous-syst�mes de transformation
artisanal et semi-industriel d�finis dans la section 1.3, les technologies qui
entrent en ligne de compte seront s�lectionn�es en fonction:
- de crit�res technico-�conomiques; on
choisira par exemple des techniques ayant un faible co�t d'investissement de
production, fournissant des produits bon march� accessibles aux populations �
faible revenu, ou des techniques de conception et d'utilisation simples ne
faisant pas appel � une main-d'oeuvre tr�s qualifi�e;
- de crit�res socio-�conomiques; on adoptera par exemple
des techniques se r�f�rant au savoir-faire traditionnel (tenant compte des
habitudes alimentaires) en valorisant ses possibilit�s novatrices, ou encore des
techniques utilisant les �nergies, mati�res premi�res et ressources humaines
disponibles sur place.
Les transfonctions retenues, regroup�es en trois �tapes
unitaires de travail distinctes, traiteront successivement:
- des pr�traitements tels que lavage, triage,
parage, blanchiment, pr�chauffage, tamisage, etc;
- des techniques de conservation par voie physique
(s�chage, pasteurisation), chimique (sucrage, addition de sel et de vinaigre) ou
encore microbiologique (fermentations);
- des post-traitements tels que refroidissement,
dessalage, conditionnements, etc., les techniques g�n�rales d'emballage faisant
l'objet du chapitre 8.
Tableau 5. Caract�ristiques de quelques fruits
Production R�partition g�ographique
P�rissabilit� Pertes apr�s r�colte
Crit�res nutritionnels
Transformations
Agrumes
Tr�s importante (oranges surtout)
Vitamine C
Boissons, etc.
Dattes
Importante (surtout au Proche-Orient)
Apport �nerg�tique Apport min�ral (Potassium et calcium)
S�chage, surtout
Mangues
Importante, dans toutes les r�gions
Oui
Vitamine A
Utilisation des fruits verts et m�rs
Goyaves
Oui
Vitamine C
Consommation importante de produits transform�s (ex: p�te de
goyave en Am�rique latine)
Past�ques
Tr�s importante
Oui
Bananes et plantains
Tr�s importante, large r�partition
Apport �nerg�tique Vitamine B1 Magn�sium Source
d'amidon (la banane plantain est la base alimentaire en Ouganda et en Tanzanie)
Nombreuses
Olives
Bassin m�diterran�en
Lipides Vitamine A Potassium Calcium (teneur presque
identique � celle du lait de vache)
Sp�cifique de la conservation en saumure. N�cessit� d'une
transformation pour l'olive verte (am�re et non directement consommable)
Ananas
Importante
Importantes
Tamarins
Apport glucidique Propri�t�s anti-scorbut et laxatives
Importance des boissons (Afrique et Am�rique latine)
Grenadilles
Large r�partition
Oui
N�cessite une transformation (forte teneur en acides). Ar�me et
saveur tr�s appr�ci�s
Litchis
Surtout en Asie tropicale
Oui
P�riode de r�colte tr�s courte (2 mois) d'o� n�cessit� d'une
transformation pour l'approvisionnement en p�riode de p�nurie
1.6 Effets sur l'environnement
L'impact �cologique, �nerg�tique, �conomique et social des
technologies consid�r�es dans le pr�sent dossier technique est trait� au
chapitre 10; les cas particuliers sp�cifiques � chaque produit seront toutefois
expos�s dans les chapitres concernant leur transformation.
Il s'agit en fait de tirer le meilleur parti des ressources
naturelles et des mati�res premi�res disponibles, de mani�re � ce que la
technologie employ�e s'int�gre au milieu de la fa�on la plus harmonieuse
possible. Il faut, � cette fin, consid�rer:
- la compatibilit� du processus de transformation
avec les sources d'�nergie disponibles de la zone consid�r�e;
- le recyclage des d�chets en vue de l'alimentation animale, de
la fabrication de mat�riaux de construction, de la production de combustibles
(charbon de bois, alcool, m�thane) ou d'�l�ments fertilisants pour les cultures,
ainsi que d'autres utilisations industrielles sp�cifiques, comme l'extraction de
pectines et d'huiles essentielles � partir d'�corces d'agrumes et de mangues,
mais qui font souvent appel � des technologies de pointe;
- l'utilisation ou l'�puration des eaux us�es;
- dans le cadre de l'int�gration de la technologie au milieu
humain, la valeur nutritionnelle des produits transform�s en tenant compte, si
possible, des carences en vitamines et �l�ments
min�raux.
1.7 Public concern� par le pr�sent dossier
Par ses aspects techniques, mais �galement du fait des
cons�quences socio-�conomiques qu'elle peut avoir, cette �tude sur la
transformation des fruits s'adresse non seulement aux d�cideurs gouvernementaux
responsables de la d�finition des strat�gies nationales, aux investisseurs
locaux et aux artisans (fabricants de mat�riels) responsables de la
transformation des produits agricoles, mais �galement aux producteurs qu'il est
d'ailleurs souhaitable, pour une meilleure efficacit� du syst�me et au profit du
d�veloppement rural, de regrouper en association avec les transformateurs.
Les technologies et les produits transform�s qui vont �tre
�tudi�s sont pr�sent�s sch�matiquement dans le tableau 6.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
2.1 G�n�ralit�s
2.2 Triage
2.3 Nettoyage et lavage
2.4 Pesage
2.5 Calibrage
2.6 Epluchage
2.7 Parage
2.8 D�noyautage, �p�pinage
2.9 D�coupage
2.10 Pressage
2.11 Broyage
2.12 Extraction par diffusion
2.13 Tamisage
2.14 Clarification - d�bourbage
2.15 Blanchiment et pr�cuisson
2.16 Traitement par agents de conservation
2.17 D�gorgement
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
2.1 G�n�ralit�s
Les fruits destin�s � �tre transform�s selon les divers proc�d�s
qui seront �tudi�s doivent subir auparavant une s�rie de pr�traitements ayant
pour but de les rendre aptes � la consommation et pr�ts � alimenter la cha�ne de
transformation choisie.
Ces techniques de pr�paration interviennent en plusieurs �tapes
qui d�pendent de l'esp�ce fruiti�re et du mode de
conservation.
2.2 Triage
Principe
Le triage a pour objet l'obtention de fruits de maturit�
homog�ne, d'une part, et l'�limination des fruits alt�r�s et des d�bris
foliac�s, d'autre part. Le triage maturit� se fait principalement en
fonction de l'uniformit� de couleur et de fermet�. Les fruits sont dirig�s sur
diverses lignes de transformation selon leur degr� de maturit�.
C'est ainsi que les fruits m�rs et � chair ferme sont
transform�s en pulpe, les fruits de maturit� avanc�e mais sains en pur�es et en
compotes. Les fruits verts peuvent �tre dirig�s vers la ligne
confitures, tandis que ceux de maturit� normale sont s�ch�s ou
transform�s en jus, etc.
Mat�riel
Au stade artisanal, le triage est effectu� manuellement soit sur
une table normale en bois ou en acier inoxydable, avec des paniers situ�s en
dessous et permettant de recueillir les fruits � �liminer, soit sur une table
m�tallique grillag�e � mailles serr�es.
Au stade semi-industriel, le triage peut �galement s'effectuer
sur un tapis roulant caoutchout� constitu� d'un grillage
m�tallique.
2.3 Nettoyage et lavage
Principe
Ces op�rations ont pour but d'�liminer les impuret�s (feuilles,
terre), les r�sidus de produits chimiques pulv�ris�s avant r�colte et les
micro-organismes superficiels.
Le nettoyage consiste en un brossage � sec des fruits avec ou
sans aspersion d'eau.
Le lavage est un traitement effectu�:
- soit par trempage avec ou sans agitation, dans de
l'eau additionn�e de sel (1 � 10 pour cent) ou dans une solution de lessive de
soude (0,1 � 5 pour cent). Dans les deux cas, un rin�age soigneux doit suivre le
lavage;
- soit par aspersion ou vaporisation d'eau. La temp�rature du
bain varie selon les fruits et la transformation choisie. L'agitation des bains
de lavage diminue le temps de traitement et augmente son
efficacit�.
Ces deux proc�d�s peuvent �tre utilis�s en alternance (par
exemple, aspersion puis trempage de quelques minutes), mais dans les deux cas,
l'eau utilis�e doit, dans toute la mesure du possible, �tre propre, fra�che et
potable.
Mat�riel
Le nettoyage est effectu� manuellement au moyen de brosses ou de
rouleaux recouverts de tissu.
Le lavage par trempage est r�alis� dans des bassines ou des bacs
munis de passoires ou de paniers m�talliques ou en plastique (figure 1). L'eau
doit �tre chang�e r�guli�rement pour assurer la propret� des fruits et peut �tre
agit�e m�caniquement ou par simple mise sous pression de l'eau.
Le lavage par aspersion peut se faire:
- au moyen de tuyaux ou de rampes de jets d'eau sous
pression � orifices fins; tuyaux et rampes peuvent �tre mobiles. Les fruits
arros�s sont dispos�s sur des claies grillag�es ou des transporteurs (� rouleaux
ou grillag�s) selon l'�chelle de production choisie;
- dans un tambour rotatif actionn� manuellement ou m�caniquement
(figure 2): il s'agit d'un cylindre grillag� tournant autour d'un axe l�g�rement
inclin� situ� au-dessous d'une rampe d'aspersion.
Cette m�thode s'applique uniquement � des fruits peu fragiles;
plusieurs tambours peuvent �tre install�s en s�rie et �tre aliment�s par des
liquides diff�rents (soude puis eau, par exemple).
La m�thode par trempage n�cessite des volumes d'eau importants
et est donc moins �conomique, d'autant plus que plusieurs trempages successifs
sont effectu�s dans la majorit� des
cas.
2.4 Pesage
S'il est effectu� apr�s triage ou lavage, le pesage est
n�cessaire pour �valuer:
- la quantit� obtenue en fruits d�barrass�s de tous
d�chets; et
- les proportions d'ingr�dients divers (exprim�es en kg pour
cent de fruits) que l'on devra ajouter dans certains cas.
Le pesage peut �galement intervenir apr�s �pluchage, parage et
d�noyautage ou �p�pinage des fruit; il s'effectue � l'aide de
balances.
2.5 Calibrage
Principe
Il consiste � s�lectionner des fruits de m�me taille et de m�me
poids dans le but d'assurer une pr�sentation homog�ne du produit fini et une
meilleure efficacit� de la technique de conservation en facilitant notamment les
transferts de calories au sein des fruits trait�s par la chaleur.
Il est inutile de calibrer les fruits destin�s � �tre r�duits en
pur�e ou en jus, sauf si les �tapes de la cha�ne de transformation comportent
des mat�riels n�cessitant un calibrage pr�alable.
Les fruits de forme sph�rique sont g�n�ralement calibr�s suivant
leur taille, les fruits de forme irr�guli�re en fonction de leur poids.
Mat�riel
Le calibrage pond�ral est r�alis� automatiquement par pes�e des
fruits un par un; il concerne par cons�quent un stade semi-industriel. Un pesage
manuel serait long et fastidieux.
Le calibrage volum�trique est effectu� dans divers appareils
dont les principes de fonctionnement sont expliqu�s ci-apr�s et qui effectuent
une s�lection des fruits selon:
- le diam�tre. Les fruits passent dans un
tambour perfor� d'orifices de diam�tres progressivement croissants; c'est le cas
des trommels simples (figure 3);
- la largeur ou la longueur (fruits non
sph�riques). Les fruits passent dans un tambour comportant des goulottes de
section ayant une forme pr�cise (figure 4); c'est le cas des calibreurs �
alv�oles;
- l'�paisseur. Les fruits passent entre deux rouleaux
rotatifs dont l'�cartement cro�t au fur et a mesure de l'avancement des fruits;
c'est le cas des calibreurs � rouleaux divergents (figure
5).
2.6 Epluchage
Principe
Cette op�ration consiste � �liminer la peau des fruits dans les
cas o� celle-ci n'est pas comestible ou constitue un obstacle � l'efficacit� de
la transformation appliqu�e.
Le d�corticage sera trait� sous cette rubrique, puisqu'il s'agit
�galement d'�liminer l'enveloppe externe de certains fruits (notamment des
fruits secs).
L'�pluchage peut �tre r�alis� de diff�rentes fa�ons:
- manuellement;
- m�caniquement; ou
- par voie chimique, c'est-�-dire par trempage dans un bain
bouillant de soude � 20 pour cent (20 kg de soude par 100 kg de solution)
pendant un temps court. Dans ce cas, un rin�age ult�rieur est n�cessaire pour
�liminer la solution de soude en exc�s et les peaux qui se sont d�tach�es de la
chair des fruits.
Le d�corticage est r�alis� manuellement � l'aide de divers
outils.
Mat�riel
a) Epluchage manuel
Il s'effectue au moyen de couteaux ordinaires ou de couteaux
�plucheurs qui rendent l'op�ration plus facile et permettent d'obtenir des
�pluchures d'�paisseur fine et r�guli�re (figure 6).
Ces instruments doivent �tre en acier inoxydable pour �viter
toute r�action d'oxydation entre le m�tal et les acides naturels des fruits.
b) Epluchage m�canique
Il s'effectue:
- par abrasion, dans le cas de fruits r�sistant �
l'�crasement (agrumes, par exemple), dans des appareils en acier inoxydable
constitu�s d'un cylindre tournant � 40 tours/mn et muni d'un rev�tement interne
abrasif ou de pales en bois. L'�vacuation des d�chets est assur�e par l'eau. Ces
appareils peuvent traiter 120 kg/h (figure 7); ou
- par d�pulpage, c'est-�-dire par �crasement de portions de
fruits sur une grille (figure 8).
L'�pluchage m�canique conduit � l'obtention d'une pur�e ou de
cubes de section identique � celle des orifices de la grille. Il ne convient
donc que pour les proc�d�s de transformation applicables � des fruits devant
�tre r�duits � l'�tat de pur�e (c'est le cas des lignes pulpes, compotes et
marmelades et de la transformation des plantains en farine, etc.).
Certaines centrifugeuses � panier perfor� rotatif et couteaux
trancheurs fixes permettent d'assurer ce d�pulpage.
c) Epluchage chimique
Les r�cipients de trempage sont les m�mes que ceux illustr�s par
la figure 1. Ils doivent r�sister � l'action de la soude. Le rin�age s'effectue
par trempage ou aspersion, avec de l'eau fra�che et potable.
d) D�corticage
Il peut s'op�rer:
- par percussion, c'est-�-dire mart�lement manuel au
moyen de marteaux ou de pierres. Dans le cas de l'anacarde, par exemple, une
personne peut obtenir 4 � 10 kg d'amandes d�cortiqu�es par jour; ou
- par cisaillement, au moyen de cisailles manuelles (dans ce cas
le rendement est le m�me) ou, dans le cas sp�cifique de l'anarcade, au moyen de
pinces br�siliennes (le rendement est de 25 � 40 kg d'amandes par jour pour deux
personnes) ou de pinces � vis (figures 9a et 9b).
Figure 1. Bac de lavage �
panier perfor�
Figure 2. Laveur � tambour
rotatif actionn� � la main
Figure 3. Trieur trommel �
t�les �paisses
Figure 4. Trieur alv�olaire
(Coupe longitudinale)
Figure 4. Trieur alv�olaire
(Coupe transversale et d�tail)
Figure 5. Calibreur �
rouleaux divergents
Figure 6. Mat�riel pour
l'�pluchage manuel
Figure 7. Epluchage par
abrasion
Figure 8. Epluchage par
�pulpage
Figure 9a. D�corticage par
cisaillement (Pince � vis)
Figure 9a. D�corticage par
cisaillement (Etabli pour d�corticage � la pince)
L'enveloppe des noix de coco peut �tre tranch�e � la hache ou �
la machette.
Figure 9b. Pince br�silienne
Cas particuliers
Certains fruits comme les abricots, les figues, les raisins, les
olives et les dattes ne sont pas �pluch�s. Les autres fruits le sont presque
toujours, sauf dans certaines transformations comme la fabrication des fruits
confits o� l'on conserve quelquefois la peau.
L'�pluchage manuel, qui n�cessite peu de mat�riel et convient a
tous les fruits, est souvent le plus pratique et le plus rentable bien qu'il
entra�ne des pertes de pulpe consid�rables.
L'�pluchage par d�pulpage peut tr�s bien s'appliquer aux fruits
fragiles (grenadilles) destin�s � �tre transform�s en pur�e.
L'�pluchage chimique est effectu� sur des produits � peau fine
(avec des concentrations en soude de 5 � 10 pour cent) ou sur des fruits � peau
�paisse (avec des concentrations allant jusqu'� 20 pour cent). On proc�de de
cette mani�re avec les abricots et parfois aussi avec les mangues, les kiwis,
les pommes, les litchis, les pommes de cajou, etc.
Exemples d'�pluchage chimique:
Pommes: soude � 10-15 pour cent, temps de trempage
20 � 30 secondes Litchis: soude � 20 pour cent, 3 minutes.
On peut �galement combiner parfois �pluchage et blanchiment (les
litchis peuvent �tre �pluch�s par trempage dans l'eau � 90°C).
Le d�corticage s'applique aux tamarins, aux ch�taignes, aux noix
de coco et aux anacardes. Ces derniers n�cessitent toujours, avant d�corticage,
un traitement � la chaleur pour fragiliser les coques par expulsion du baume
contenu dans les noix et les lib�rer de l'amande. Cela se fait par torr�faction
(grillage) ou par trempage (friture) dans un bain de baume bouillant, ou encore
par passage dans un courant de vapeur.
Le grillage est peu utilis�, car il provoque une perte de baume,
un roussissement des amandes et une pollution de l'atmosph�re. Lorsqu'il a lieu,
il se fait � petite �chelle dans un cylindre de t�le rotatif constitu� de f�ts
vides soud�s, actionn� manuellement et chauff� par un feu de coques
d'anarcardes. Le cylindre mesure de 4 � 5 m de longueur et de 60 � 80 cm de
diam�tre (figure 10a).
La friture au baume peut se faire:
- dans une friteuse aliment�e manuellement en
discontinu, constitu�e d'un bac � panier m�tallique adaptable, avec une plaque
d'acier pour maintenir le panier immerg�. Cet appareil traite 1,2 tonne de noix
brutes en 16 h; ou
- dans une friteuse discontinue � trois cuves en t�le d'acier
dispos�es en s�rie et chauff�es respectivement � 150, 160 et 170° C par un
feu de coques. Un palan sur rail permet de faire passer 10 kg de noix dans un
panier d'une cuve � l'autre (avec trempage d'une minute par cuve) (figure 10b).
Un essorage sur t�le perfor�e est effectu� en fin de cuisson.
La cuisson � la vapeur pendant 30 mn est effectu�e dans des
appareils de blanchiment.
Les noix de coco doivent �tre d�fibr�es ou d�bourr�es avant
d�corticage. On enl�ve leur enveloppe fibreuse externe (bourre) gr�ce � une
machette, une hache ou un pieu (figure 11). On effectue ensuite un triage des
noix pour �liminer les noix germ�es, endommag�es ou non m�res et l'on fend les
coques � la machette. Un op�rateur peut fendre manuellement 1 500 � 2 000 noix
en 8
h.
2.7 Parage
Principe
Il consiste a �liminer les parties ab�m�es ou les parties non
consommables des fruits, � l'exception du noyau et des p�pins (par exemple le
coeur de l'ananas), qui pourraient d�naturer la saveur du produit fini et
alt�rer ses qualit�s organoleptiques.
Mat�riel
On se sert de couteaux en acier inoxydable (figure 6) ou de
couteaux � forme plus adapt�e pour l'�trognonnage ou l'�coeurage de certains
fruits (figure 12).
Figure 10. Traitement des
anacardes � la chaleur: a) Cylindre rotatif de grillage
Figure 10. Traitement des
anacardes � la chaleur: b) Friteuse discontinue � trois cuves de
baume
2.8 D�noyautage, �p�pinage
Principe
Il s'agit d'�liminer les parties non comestibles (noyaux et
p�pins) qui pourraient donner une amertume prononc�e au produit fini si elles
�taient trait�es avec la chair des fruits. Selon l'esp�ce fruiti�re consid�r�e,
cette op�ration s'effectue avant ou apr�s d�coupage des fruits en deux.
Mat�riel
D�noyautage et �p�pinage sont souvent effectu�s manuellement (au
stade artisanal) � l'aide de cuill�res d�noyauteuses ou �p�pineuses,
d'ustensiles �p�pineurs ou de d�noyauteurs m�nagers � poussoir (figure 13).
Ces op�rations peuvent �galement se faire m�caniquement: les
d�pulpeurs illustr�s a la figure 8 permettent de s�parer les p�pins et les
noyaux de la pulpe des fruits en m�me temps que les peaux. Les
centrifugeuses-essoreuses comportent un panier rotatif perc� d'orifices de
dimension inf�rieure � celle des p�pins ou noyaux et muni de batteurs ou de
couteaux.
Cas particuliers
D'une fa�on g�n�rale, les drupes sont d�noyaut�es tandis que les
baies sont �p�pin�es (tableau 6).
La pomme de cajou est un cas particulier: son p�doncule charnu,
appel� pomme, doit �tre s�par� de la noix ext�rieure au moyen d'un
canif ou d'un fil de nylon.
Les raisins ne seront pas �p�pin�s; on choisira, dans la mesure
du possible, des vari�t�s sans p�pin. Les corossols et les grenadilles seront
�p�pin�s.
2.9 D�coupage
Principe
Cette op�ration, qui vise � obtenir des morceaux de fruits
d'�paisseur r�duite et r�guli�re, a pour but de diminuer les temps de traitement
appliqu�s par la suite en facilitant les �changes de mati�re et de chaleur
effectu�s au cours de ceux-ci (migration de l'eau pendant le s�chage,
p�n�tration de chaleur pendant l'appertisation, p�n�tration de sucre, de sel ou
d'acide dans le cas des confitures, pickles, p�tes de fruits, etc.).
On favorise ainsi une meilleure conservation du produit fini
tout en pr�servant ses qualit�s organoleptiques. Les fruits peuvent �tre
d�coup�s en morceaux de diff�rentes formes (rondelles, tranches, cubes,
oreillons).
Mat�riel
Le d�coupage s'effectue:
- manuellement, avec des couteaux en acier
inoxydable ou des trancheurs � lames multiples (figure 14);
- m�caniquement, avec des trancheurs coniques mont�s sur un axe
rotatif entra�n� par un motor�ducteur d'une puissance �lectrique d'environ 125 W
(figure 15).
Figure 11. Pieux utilis�s pour le d�fibrage des noix de
coco
Figure
Figure
Figure 12. Mat�riel de parage
Figure
Figure
Ustensiles � �p�piner
Figure
Figure
Figure 13. Mat�riel de d�noyautage et �p�pinage
Cuill�res �p�pineuse ou d�noyauteuse
D�noyauteur de petits fruits
Cas particuliers
Tous les fruits charnus, semi-charnus et compos�s (tels que les
figues et les ananas) peuvent �tre d�coup�s manuellement au couteau. Les dattes
et les raisins ne sont g�n�ralement pas d�coup�s. Le trancheur � lames multiples
s'applique plut�t � des fruits r�sistant � l'�crasement tels que les pommes, les
bananes et les ananas. Il en va de m�me pour le trancheur m�canique, qui doit
�tre utilis� avec des fruits � chair ferme de fa�on que le mouvement de rotation
ne soit pas bloqu� par une accumulation de pur�e de fruit entre la partie fixe
et la partie mobile de l'appareil.
En cas de s�chage ult�rieur, l'�paisseur des tranches doit �tre
comprise entre 7 et 10 mm.
Dans les autres types de transformation, l'�paisseur des
tranches varie en fonction des fruits et de la transformation elle-m�me. On se
r�f�rera aux indications donn�es � ce sujet dans chaque
chapitre.
2.10 Pressage
Principe
Cette op�ration a pour but d'extraire le jus des fruits tout en
effectuant un tamisage de la pulpe. On obtient ainsi directement un jus de fruit
clair et pulpeux, contrairement au broyage qui donne une pur�e.
P�pins et noyaux doivent �tre pr�alablement �limin�s pour ne pas
enrichir le jus en tanins qui lui donneraient une astringence excessive.
Le rendement en mo�t, c'est-�-dire en liquide obtenu par rapport
aux fruits par�s, est de l'ordre de 70 � 80 pour cent pour les pommes et de 35 �
40 pour cent pour les agrumes.
Il est assez faible par rapport aux rendements obtenus par
d'autres m�thodes d'extraction (diffusion, broyage), mais la qualit� du jus
ainsi produit est bien meilleure. Le r�sidu (marc) est tr�s riche en mati�res
s�ches.
Mat�riel
L'extraction des jus de fruits peut se faire � l'aide de presses
de diff�rents types ou par centrifugation. Le moyen le plus simple et le plus
primitif consiste � extraire le jus manuellement par torsion d'un sac de tissu
grossier contenant la pulpe, ou encore par pression de sacs entre deux planches
(figure 16). Mais le rendement est faible et le produit fini est de moindre
qualit�.
Figure 14. Trancheurs � lames multiples
Figure
Figure
Figure 15. Tranchage m�canique
Figure
Figure
Figure 16. Pressage manuel:
a) par torsion d'un sac
Figure 16. Pressage manuel:
b) par pression entre des planches
A l'�chelon artisanal, l'extraction des jus peut se faire:
a) en pressoirs discontinus. Le rendement
obtenu � l'extraction est bon et l'on obtient un jus en quelques minutes. Ce
mat�riel n�cessite cependant de longues et p�nibles op�rations de chargement et
de d�chargement des sacs contenant les fruits pr�par�s ou la pulpe de fruits. La
pression doit �tre appliqu�e lentement et progressivement pour �viter que le
mo�t soit trop charg� en d�bris de cellulose (mauvaise filtration). La toile des
sacs risque d'�clater si la pression est trop forte au d�but. Il y a plusieurs
types de pressoirs discontinus, que l'on peut utiliser s�par�ment ou en
association:
- presse � vis (figure 17)
Une vis centrale, actionn�e manuellement ou �lectriquement,
pousse un plateau dans un mouvement descendant ou horizontal contre la masse �
presser.
Figure 17. Presses � vis
Figure
Figure
- presse � levier (figure 18)
Un levier portant des poids provoque la descente d'un plateau
contre la masse � presser.
Figure 18. Presse � levier
- presse hydraulique (figure 19)
Un piston central, actionn� par une pompe � huile ou � eau,
entra�ne un plateau qui comprime fortement les fruits dans une cage cylindrique.
On obtient un jus en 10 mn. La m�thode convient particuli�rement aux jus
difficiles � extraire.
Figure 19. Presse hydraulique
Exemple de rendement dans le cas des pommes: 150 1/h avec un
moteur de 4 CV.
- pressoir pneumatique
Une poche axiale en caoutchouc est gonfl�e d'air � l'aide d'un
compresseur et s'applique contre la paroi interne d'une cage cylindrique en
comprimant la pulpe qu'elle contient.
b) en pressoirs continus dont il existe deux
types:
- presse � tapis
Une toile ou un tapis circule entre des rouleaux ou des plaques
perfor�es. On utilise un moteur de 5 CV. Ces presses de construction simple ont
un d�bit horaire plus important que les pr�c�dentes. Les probl�mes qu'elles
posent sont li�s � l'usure du tapis et au d�bordement de la pulpe sur les c�t�s.
- presse � vis sans fin (figure 20)
Une vis h�lico�dale tourne � l'int�rieur d'un tube perfor� qui
laisse passer le liquide. D'un prix �lev�, ce mat�riel est robuste et facile �
entretenir. (On peut avoir deux vis successives tournant en sens inverse.)
Figure 20. Presse � vis sans
fin
c) en centrifugeuses (figures 21 et 22) dans
lesquelles la pulpe des fruits est press�e par la force centrifuge contre un
tamis conique ou cylindrique rotatif, entra�n� par un moteur, au travers duquel
passe le jus.
Figure 21. Centrifugation
a) Essoreuse-centrifugeuse
b) Essoreuse manuelle
Figure 22. Presse-agrumes
Figure
Figure
Le rendement � l'extraction est tr�s bon et l'on obtient un jus
clair en quelques secondes. La rapidit� du processus permet une bonne
pr�servation de la couleur et de l'ar�me des fruits, car le jus n'a pas le temps
de s'oxyder dans l'appareil. Mais le proc�d� est cher, requiert un usinage
pr�cis (grilles finement perfor�es) et un personnel qualifi�. Il consomme de
l'�nergie et le mat�riel, sensible � l'usure m�canique, est ais�ment d�t�rior�
par des corps �trangers (pierres, etc.).
On trouve sur le march�:
- des essoreuses-centrifugeuses (figure 21a)
Les fruits sont introduits entiers dans un panier centrifuge
conique perfor� dont le centre est un trancheur impeller � deux
lames fixes.
Exemple de rendement: 300 kg/h pour les grenadilles. Le proc�d�
est applicable aux goyaves.
- des essoreuses manuelles (figure 21b) dont le rendement
est �videmment tr�s inf�rieur puisque la vitesse de rotation du tamis d�pend de
la main de l'homme et non pas d'un moteur. Il est pr�f�rable d'op�rer avec des
fruits d�j� broy�s ou press�s.
- des presse-agrumes manuels ou �lectriques (figure 22)
ayant un rendement de 10 kg/h.
Cas particuliers
Les centrifugeuses sont surtout utilis�es pour des fruits �
p�pins tels que les grenadilles, les goyaves et les papayes. Les fruits � noyau
repr�sentent un danger de d�t�rioration pour les grilles fines de ces appareils
et peuvent �tre trait�s dans d'autres types de presses. Ces appareils sont somme
toute assez
polyvalents.
2.11 Broyage
Principe
Le broyage a surtout pour but d'obtenir un nectar ou une pur�e
puisqu'il consiste � r�duire la chair des fruits en une suspension �paisse
homog�ne. Dans ce cas �galement, il faut prendre soin d'�liminer les p�pins et
les noyaux avant de broyer les fruits.
Le rendement � l'extraction est ici de 100 pour cent en pulpe,
mais la qualit� du jus obtenu est inf�rieure. Le broyage int�gral des fruits
donne un produit inconsommable en raison de son amertume que l'on doit alors
diluer, sucrer, puis �ventuellement r�acidifier.
Les mati�res insolubles en exc�s doivent �tre retir�es, si
possible par tamisage. Le liquide obtenu est cependant tr�s bon march� et son
ar�me est prononc�.
Le broyage s'applique �galement aux produits s�ch�s que l'on
veut transformer en farine. Cette �ventualit� sera �voqu�e dans la section
3.4.3.
Mat�riel
a) Broyage manuel. Il se fait au pilon ou au
mortier. Une personne peut broyer 50 kg de produit � l'heure.
b) Broyage m�canique. Le broyage m�canique des produits
humides peut �tre r�alis� dans plusieurs types de mat�riels:
- broyeur � marteaux. Plusieurs
marteaux mobiles ou fixes sont dispos�s radialement sur un axe rotatif tournant
� 1 000-1 500 tours/mn; le produit est ainsi forc� a travers une grille
semi-circulaire perfor�e d'orifices de 3 � 5 mm de diam�tre (figure 23). D'une
grande robustesse, ce type de broyeur peut �tre fabriqu� localement;
- broyeur � meules. Deux disques enduits d'abrasifs sont
dispos�s l'un au dessus de l'autre. Le produit est broy� entre ces deux meules
dont l'une (la meule dormante) est fixe, tandis que l'autre, situ�e � la partie
inf�rieure, est mobile;
- broyeur � lames. Un axe rotatif portant une s�rie de
lames dispos�es radialement est actionn� manuellement ou par l'interm�diaire
d'un moteur (figure 24). Les lames peuvent �tre remplac�es par des r�pes.
- d�pulpeur. Le fruit passe au travers d'une grille
(figure 8). Les dimensions des mailles varient en fonction du fruit
trait�:
bananes: mailles de 0,84 mm
de diam�tre; goyaves: premier broyage avec des mailles de 0,76-0,84 mm, puis
0,43 � 0,51 mm; corossols: 1,5 mm, puis 1,14 mm et 0,51 mm (trois
passages).
Cas particuliers
Le broyage s'applique tr�s facilement � des fruits tels que les
pommes, les bananes, les ananas et m�me les agrumes. Le mat�riel employ� a
l'avantage d'�tre tr�s r�sistant, peu co�teux et polyvalent et de pouvoir �tre
construit localement.
L'extraction des jus de certains fruits peut relever d'autres
m�thodes sp�cifiques. C'est ainsi que les raisins sont press�s et que les
tamarins subissent une extraction par
diffusion.
2.12 Extraction par diffusion
Principe
On cherche � obtenir l'int�gralit� de l'extrait sec soluble des
fruits par diffusion dans l'eau ou la vapeur d'eau.
Par rapport aux autres m�thodes d'extraction du jus, ce proc�d�
pr�sente l'avantage d'avoir un rendement maximal en mati�res s�ches contenues
dans les fruits. Les qualit�s nutritionnelles du jus obtenu sont excellentes, la
plus grande partie des vitamines diffusant facilement dans l'eau.
Mat�riel
La diffusion � l'eau se fait dans des bacs munis de tuyaux et de
vannes. L'eau peut circuler � contre-courant, � chaud ou � froid. Le rendement
est fonction de la temp�rature, de l'�paisseur des morceaux de fruits et du
temps de diffusion.
Malheureusement, les ar�mes diffusent difficilement car ils ne
sont g�n�ralement que peu ou pas solubles dans l'eau. Il faut donc reconcentrer
le liquide apr�s extraction et lui restituer sa saveur.
Figure 23. Sch�ma de principe
du broyeur � marteaux
Figure 24. Broyeurs � lames
Broyeur � bras
Broyeur � moteur
On proc�de comme suit. Une casserole est dispos�e au bain-marie
dans une lessiveuse ou une grande marmite (figure 25a). On place les fruits �
traiter dans un linge tr�s propre et on les recouvre d'un papier parchemin�. Une
�tamine, qui joue le r�le de tamis pour le jus, est fix�e au-dessous du linge
retenant les fruits. On recouvre la lessiveuse d'un couvercle aussi herm�tique
que possible et l'on chauffe pendant une heure environ.
Il existe �galement des appareils, constitu�s de trois parties,
con�us sp�cialement pour ce type d'extraction et dont le principe est illustr�
par la figure 25b: l'eau contenue dans le r�cipient (1) est chauff�e et d�gage
de la vapeur qui fait �clater la pulpe des fruits situ�s en (3) et pasteurise
simultan�ment le jus qui s'en �coule. Ce jus est recueilli dans le r�cipient
(2); un syst�me d'�coulement permet de le mettre en bouteilles ou en flacons.
Cas particuliers
Tous les fruits peuvent �tre trait�s par la m�thode de diffusion
� la vapeur, en particulier les ananas et les pommes. L'extraction � l'eau
s'applique surtout aux tamarins et aux corossols.
On utilise 5 l d'eau pour 1 kg de tamarin, le traitement durant
45 � 60 mn � froid. Dans le cas du corossol, il suffit d'employer 1,5 l d'eau
par kg de fruit, mais on op�re �
chaud.
2.13 Tamisage
Principe
Cette op�ration qui s'applique aux produits d�shydrat�s ayant
subi une op�ration de broyage sera �voqu�e dans la section 3.4.4.
Elle peut �galement s'appliquer a des produits liquides (jus de
fruits) ou p�teux (pur�e) et vise dans ce cas � �liminer les particules les plus
grossi�res (p�pins, d�bris) et les morceaux de fruits non d�sagr�g�s par
pr�cuisson (si une telle op�ration pr�c�de le tamisage, dans le cas des compotes
par exemple) qui risqueraient de nuire � l'homog�n�it� des transferts de chaleur
intervenant par la suite au cours de la pasteurisation.
L'�p�pinage et l'�limination des peaux de fruits non �pluch�s
peuvent �galement intervenir � ce stade (cas des compotes).
Mat�riel
L'op�ration peut se faire manuellement � l'aide d'un tamis en
osier finement tress� ou � l'aide d'un tissu (comme la mousseline ou l'�tamine)
tendu sur un cadre de bois, ou encore � l'aide d'un grillage en acier
inoxydable. On peut �galement utiliser des tamis rotatifs grillag�s actionn�s
manuellement ou par l'interm�diaire d'un moteur (figure 26), ou encore des tamis
anim�s d'un mouvement de
vibration.
2.14 Clarification - d�bourbage
Principe
Cas des jus de fruits
Le mo�t de fruit (liquide obtenu apr�s extraction par pressage,
broyage ou diffusion) n'est pas toujours consommable tel quel. Il convient de
l'�purer, surtout en cas d'extraction pr�alable par broyage o� l'on obtient une
pulpe �paisse charg�e de d�bris insolubles, par une s�rie de traitements
d�sign�s sous le nom g�n�ral de clarification ou
d�bourbage. Ces traitements visent � �liminer les �l�ments plus fins
tels que mati�res collo�dales en solution (prot�ines, tanins, pectines) et
mati�res insolubles en suspension (d�bris cellulosiques).
Figure 25. Extraction du jus
par diffusion � la vapeur (a)
Figure 25. Extraction du jus
par diffusion � la vapeur (b)
Figure 26. Tamis rotatif
actionn� manuellement
Cette �limination peut �tre r�alis�e par:
a) voie naturelle. Apr�s repos du jus pendant
quelque temps, la fermentation pectique se d�clare spontan�ment et une
coagulation des pectines et gommes a lieu. La masse form�e, appel�e
chapeau, remonte � la surface du jus sous l'action d'un d�but de
fermentation alcoolique et se fendille. On peut alors soutirer le jus.
L'inconv�nient de cette m�thode est la production d'alcool qui, m�me pr�sent en
quantit� minime, alt�re tr�s s�rieusement les qualit�s organoleptiques du jus;
b) centrifugation. Quoiqu'�tant le plus on�reux, ce
proc�d� a l'avantage de ne pas modifier les caract�ristiques du jus et d'�tre
rapide;
c) pr�chauffage. La coagulation par chauffage (des
prot�ines, par exemple) emp�che en m�me temps un d�but de fermentation et permet
un d�p�t des tartrates de calcium ou de potassium (cas des raisins) ainsi que
des flavono�des (cas des agrumes). Le pr�chauffage s'effectue a une temp�rature
toujours inf�rieure � 100°C pour ne pas alt�rer les qualit�s
nutritionnelles et organoleptiques du jus;
d) enzymation. On a recours � l'action des enzymes
pectolytiques contenus dans le mo�t (il suffit alors de laisser reposer ce
dernier), ou � l'addition d'enzymes de clarification produits � partir d'une
moisissure comme Aspergillus niger. L'enzymation doit se faire � une
temp�rature de 40-50°C et � un pH sup�rieur � 3 pendant une heure ou plus
selon les esp�ces fruiti�res; ou
e) collage. Il s'agit de l'addition d'une mati�re
collo�dale comme la g�latine en solution � 1 ou 2 pour cent (10 � 20 g de
g�latine pour 100 l de jus). Celle-ci se combine aux prot�ines et tanins du mo�t
qui pr�cipitent en entra�nant les impuret�s du jus.
Pour faciliter la pr�cipitation des jus de fruits ne contenant
pas assez de tanins, on en rajoute sous forme de tanins en solution � 0,5 � 1
pour cent ou sous forme de jus de fruits astringents dans une proportion de 5 �
10 pour cent.
On peut �galement utiliser:
- de la colle de poisson (� raison de 2 � 3 g par
100 l de jus);
- de l'albumine en poudre (5 � 8 g par 100 l de jus);
- de la cas�ine (6 � 10 g par 100 l de jus), et faire pr�c�der
le collage d'un pr�chauffage � 95 °C ou d'une addition de bisulfite de
soude (10 g pour 100 l de jus). On soutire ensuite le jus clarifi�.
Avant toute adjonction de substance collo�dale, il convient de
faire un essai pr�alable sur de petites quantit�s de jus afin de d�terminer les
doses optimales � utiliser.
L'op�ration de collage dure 12 h au maximum. Son efficacit�
augmente si la temp�rature de travail est plus basse, car l'on �vite ainsi tout
d�but de fermentation.
Les solutions de tanin et de g�latine pour le collage des jus se
pr�parent de la fa�on suivante:
- g�latine � 1 pour cent, par exemple. Dans
un r�cipient appropri�, verser 10 g de g�latine en poudre. D�layer celle-ci avec
1 l d'eau ti�de en l'y incorporant par tr�s petites quantit�s � la fois.
Si l'on a des difficult�s pour peser de fa�on pr�cise 10 g pour
la pr�paration d'un litre de solution, pr�parer 10 l de solution (10 l d'eau +
100 g de g�latine) qui seront utilis�s successivement en fonction des besoins;
- tanin � 0,5 pour cent, par exemple. Proc�der de la m�me
fa�on en ajoutant soit 5 g � 1 l d'eau, soit 50 g � 10 l d'eau.
On effectue d'abord l'enzymation (en diluant la quantit�
d'enzyme n�cessaire dans un ou plusieurs litres d'eau, puis en versant ce
m�lange dans le jus en brassant le tout) pendant 2 heures � 20°C environ,
puis on fait un collage � la g�latine, par exemple.
Mode d'emploi pour la d�termination des doses optimales
d'enzyme � ajouter:
- m�langer 10 g d'enzyme � 1 litre d'eau;
- prendre six bouteilles contenant chacune un litre de jus �
clarifier;
- ajouter � chaque bouteille 2,5, 5, 7,5, 10, 12,5 et 15
cm3, respectivement, de la solution � 1 pour cent;
- m�langer et maintenir � la m�me temp�rature que le jus �
traiter;
- 8 heures plus tard (si l'on travaille � 10-15 °C), on
effectue le test suivant pour constater l'efficacit� de l'enzymation. On met 10
cm3 de jus � contr�ler et 20 cm3 d'alcool � 0,5 pour cent
d'acide chlorhydrique (filtrer le jus sur coton s'il contient trop d'impuret�s).
Si un pr�cipit� se forme rapidement, cela signifie que l'enzymation n'a pas �t�
assez pouss�e. On estime par exemple (dans le cas du jus de pommes) qu'aucun
pr�cipit� ne doit se former pendant les 10 premi�res minutes pour que
l'enzymation soit correcte.
Mode d'emploi pour la d�termination des doses optimales de
g�latine � ajouter
- ajouter l'enzyme au jus (comme on vient de
l'indiquer);
- laisser reposer environ 1 h 30;
- ajouter successivement 1, 1,5, 2, 2,5 et 3 cm3
d'une solution de g�latine � 1 pour cent dans 100 cm3 de jus, ce qui
correspond respectivement � des concentrations de 10, 15, 20, 25 et 30 g de
g�latine par hectolitre de jus;
- 15 minutes plus tard, pr�lever un peu de jus, filtrer dans une
�prouvette et ajouter quelques gouttes de g�latine dans chaque
tube.
Si, apr�s cette seconde addition de g�latine, les pr�parations
filtr�es sont troubles, c'est qu'elles ne contiennent pas assez de g�latine. Le
premier jus sans turbidit� contient la quantit� exacte de g�latine, tandis que
les pr�parations suivantes, dont le jus est clair, contiennent d�j� une
concentration trop �lev�e.
A titre de contr�le, on effectuera une deuxi�me s�rie d'essais
avec des jus filtr�s pour savoir si les jus clairs contiennent une quantit� trop
�lev�e de g�latine et l'on ajoutera quelques gouttes de tanin en solution � 0,5
pour cent.
Si les jus restent encore clairs 10 � 20 minutes apr�s cette
addition de tanin, la dose de g�latine est correcte. Par contre, si l'addition
de tanin provoque une pr�cipitation, c'est que le dosage de g�latine est trop
�lev�.
Des doses trop �lev�es de g�latine produisent des effets de
surcollage (trouble apparaissant apr�s la pasteurisation) et une alt�ration de
l'ar�me et de la couleur.
Cas des pulpes
Un traitement s'apparentant � la clarification des jus est
quelquefois pratiqu� avec les pulpes de fruits avant extraction du jus. Il a
pour but:
- de d�truire les parois cellulaires (par
solubilisation des protopectines des parois);
- de diminuer la viscosit� du jus;
- d'extraire la couleur;
- de clarifier le jus;
- de remplacer le d�chiquetage m�canique (foulage, d�but de
broyage) ou thermique (pr�chauffage ayant pour but de liqu�fier la pectine) des
fruits trop fragiles.
La diff�rence entre l'enzymation des pulpes et celle des jus est
que la premi�re n�cessite une plus grande quantit� d'enzymes, puisqu'il faut
traiter tous les fruits.
Mode d'emploi pour l'enzymation des pulpes:
De la premi�re pulpe broy�e, tamis�e si n�cessaire, pr�lever une
quantit� suffisante de jus et y diluer la dose n�cessaire de l'enzyme (une
solution concentr�e du commerce). Verser ensuite ce m�lange sur la pulpe au fur
et � mesure de l'extraction du jus.
La dur�e d'action du m�lange est d'environ 2 h � 50°C ou 5
h � 20°C.
Mat�riel
La clarification s'effectue dans des bacs de d�cantation ou des
cuves en bois ou en acier inoxydable. L'emploi de centrifugeuses peut �tre
requis ainsi que l'utilisation de marmites de cuisson pour le pr�chauffage;
celles-ci seront d�crites dans le chapitre 4 relatif � la transformation des
fruits en confitures.
Apr�s s�dimentation de toutes les particules au fond de la cuve
(on les appelle bourbes), on retire le jus par siphonnage (gr�ce � un tuyau en
caoutchouc reli� � un flotteur en bois) pour ne prendre ni le jus de surface, ni
les impuret�s du fond de cuve.
Cas particuliers
Voici quelques exemples de proc�d�s relatifs aux jus de fruits:
- pommes de cajou. Le probl�me est l'astringence du
jus. Il faut le m�langer avant collage avec des jus riches en pectines (goyaves)
pour diminuer cette astringence, puis effectuer un collage � la g�latine � 5
pour cent et ajouter de la chaux (4 g/l) pour emp�cher une floculation du jus;
- pommes. A une temp�rature de 37,8 °C, enzymation de 5 h
avec 0,8 g de pectinol A (enzyme + glucose + g�latine en m�lange) par litre de
jus, ou de 15 h avec 0,3 g du m�me produit;
- tamarins. Collage � la g�latine en solution � 0,12-0,15 pour
cent;
- raisins. Collage � la bentonite � 5 pour cent ou enzymation
avec 0,09 g de pectinase par kg de raisin pendant 30 mn;
- goyaves. Enzymation avec une pectinase � 0,5 pour cent, 18 h
d'incubation � 40°C;
- abricots. 0,2 g d'enzyme en solution concentr�e du commerce
par litre de jus (environ 2 h �
20°C).
2.15 Blanchiment et pr�cuisson
Principe
a) Blanchiment
Celui-ci a pour objet:
- l'inactivation par la chaleur des enzymes
responsables du brunissement ou de la modification des couleurs naturelles de
certains fruits;
- la dilatation des cellules par ramollissement du fruit, ce qui
provoque l'�limination de l'oxyg�ne de l'air intracellulaire responsable de la
corrosion des mat�riaux de conditionnement (bombage chimique des bo�tes, par
exemple);
- l'arr�t des fermentations et du d�veloppement des moisissures;
- la r�duction de la p�riode de trempage et de cuisson pour la
reconstitution des produits s�ch�s;
- l'assouplissement des tissus de fruit;
- l'�limination de l'anhydride sulfureux absorb� par les fruits
si un traitement par agents de conservation a �t� effectu� avant
blanchiment.
Le blanchiment est effectu� le plut t�t possible apr�s la
pr�paration des fruits et par petites quantit�s, de fa�on discontinue, selon
deux m�thodes:
- blanchiment � l'eau. Les fruits sont plong�s
pendant un temps d�termin� dans de l'eau bouillante, �ventuellement acidifi�e (2
g d'acide citrique par litre en moyenne) ou sal�e. La m�me eau peut servir 5 �
10 fois environ, elle est �galement parfois utilis�e pour le jutage des fruits
au naturel, en raison des principes nutritifs ayant diffus� dans cette eau et
qui, ainsi, ne sont pas perdus. On utilise environ 1 l d'eau par kg de fruits;
- blanchiment � la vapeur. Les fruits sont plac�s dans un
courant de vapeur au-dessus d'un r�cipient contenant de l'eau bouillante. Ils
doivent �tre ensuite refroidis � l'eau froide courante pour stopper les effets
du traitement thermique et �viter dans certains cas (pour le s�chage, par
exemple) qu'ils ne collent ensuite les uns aux autres. Un �gouttage final est
effectu�.
Les avantages et inconv�nients respectifs de ces deux m�thodes
de blanchiment sont expos�s dans le tableau 7.
b) Pr�cuisson
Ce traitement pr�sente les m�mes caract�ristiques et joue le
m�me r�le que le blanchiment dont il diff�re par sa dur�e plus importante.
En outre, la pr�cuisson ramollit consid�rablement les tissus des
fruits, ce qui est souvent le but recherch� (cas des compotes) pour faciliter
les traitements ult�rieurs.
Cette op�ration peut s'effectuer � la vapeur, mais on utilise en
g�n�ral de l'eau bouillante en quantit� tr�s variable:
- si l'on emploie tr�s peu d'eau, les fruits sont
plac�s avec l'eau directement dans le r�cipient chauff�. Il n'y a pas de
refroidissement ni d'�gouttage. Les fruits ainsi trait�s sont en g�n�ral
destin�s � subir une cuisson;
- si l'eau est en quantit� plus importante, il s'agit d'un
simple blanchiment prolong� et les fruits sont plac�s dans un panier, puis
plong�s dans l'eau.
Mat�riel
Il est similaire pour les unit�s artisanales et
semi-industrielles, quoique les dimensions et capacit�s soient sup�rieures dans
le deuxi�me cas et que les mat�riaux utilis�s pour la construction ne soient pas
toujours les m�mes.
a) Blanchiment � l'eau (figure 27). On utilise des
r�cipients de cuisson chauff�s � feu nu ou � la vapeur, en acier inoxydable, en
fonte �maill�e ou en cuivre (ne jamais utiliser le cuivre nu dont le contact
avec les fruits d�truit la vitamine C) dans lesquels on plonge un panier
m�tallique grillag�, une corbeille d'osier ou encore un linge de mousseline pour
les tr�s petite unit�s de production. Un syst�me de palan peut �tre utilis� pour
soulever les paniers contenant de grandes quantit�s de fruits.
b) Blanchiment � la vapeur. On utilise soit les m�mes r�cipients
que ceux pr�c�demment d�crits, en s'assurant que le panier contenant les fruits
ne touche pas l'eau et en couvrant la marmite, soit un mat�riel du type
couscoussi�re, c'est-�-dire une marmite surmont�e d'un r�cipient � fond perfor�
de petits trous et muni d'un couvercle (la marmite contient l'eau et le
r�cipient les fruits).
Tableau 7. Avantages et inconv�nients respectifs du
blanchiment � l'eau ou � la vapeur
Blanchiment � l'eau
Blanchiment � la vapeur
Avantages
Simplicit� du mat�riel
Co�ts d'achat et d'entretien peu �lev�s
Bonne connaissance du traitement thermique � appliquer
Valeur �lev�e du coefficient d'�change thermique entre l'eau et
le produit, donc temps de blanchiment plus court
Lavage simultan� du produit Possibilit� de r�gler la temp�rature
Capacit� importante pour un encombrement r�duit
R�tention de constituants solubles (mais � la suite d'un
traitement ult�rieur, comme le refroidissement � l'eau, cette perte rejoint
celle caus�e par le blanchiment � l'eau)
Inconv�nients
Emploi d'eau en grande quantit� et � temp�rature �lev�e d'o�
· grande consommation d'�nergie
(qui peut �tre r�duite si l'eau est recycl�e)
· volume d'effluents �lev�
Perte d'�l�ments nutritifs dans l'eau de blanchiment par
dissolution
Difficult� de nettoyage du treillis m�tallique
Difficult� d'obtenir un chauffage uniforme
Temp�rature de travail unique
Encombrement important (�paisseur de couche r�duite, couche non
tass�e)
Cas particuliers
Les temps de blanchiment varient en fonction des fruits et de la
transformation qu'on veut leur faire subir; ils seront donn�s dans les
diff�rents
chapitres.
2.16 Traitement par agents de conservation
Principe
Ce traitement a pour but:
- de fixer et de stabiliser la coloration des fruits
et d'emp�cher le brunissement par inactivation des enzymes (action
antioxydante);
- d'assurer une protection contre les insectes;
- d'emp�cher le d�veloppement de moisissures et de levures
(c'est-�-dire de stopper les d�buts de fermentation, alcoolique surtout). Cette
action antiseptique est d'autant plus marqu�e que l'acidit� est plus forte;
- de provoquer une rupture des cellules p�riph�riques qui se
plasmolysent, ce qui entra�ne une �vaporation plus rapide au s�chage; et
- de favoriser la conservation de la vitamine C (presque 50 pour
cent par rapport � un t�moin qui en contient au d�part 84 mg/100
g);
Beaucoup de compos�s chimiques sont � exclure parce que
toxiques. On peut, par contre, utiliser le soufre, tr�s efficace en fumigation
ou en solution:
- soufrage. Par combustion directe de soufre, on
obtient du SO2 (anhydride sulfureux ou dioxyde de soufre). On ajoute
parfois du nitrate de sodium ou potassium (5 pour cent) pour faciliter la
combustion;
- sulfitage. On obtient une solution de SO2 en
additionnant de l'eau et du sulfite ou du m�tabisulfite de sodium. On peut aussi
ajouter de l'acide citrique. Ce trempage est court et suivi d'un �gouttage ou
essorage.
Bien qu'il soit plus on�reux, plus long et moins pratique, le
traitement gazeux (soufrage) est pr�f�r�, car il n'engendre pas de perte de jus.
Les doses moyennes sont comprises entre 100 et 200 g de produit
par 100 kg de fruits. L'agent est appliqu� soit sous forme gazeuse (20
g/m3 de capacit� du soufroir, pendant 3 � 6 h pour la plupart des
fruits), soit sous forme de solution (1 � 3 pour cent).
La dose doit �tre sup�rieure � 100 g/100 kg de fruits (sinon il
y a fermentation) et inf�rieure � 200 g/100 kg de fruits sinon les fruits sont
br�l�s superficiellement, la pulpe devient d�liquescente et le produit prend un
go�t soufr�.
Les fruits ne doivent pas contenir plus de 2,5 � 3 ppm (parties
par million) de soufre apr�s traitement, ce qui correspond � 2,5-3 mg/kg.
L'anhydride sulfureux pr�sente plusieurs inconv�nients:
- il d�colore certains fruits rouges ou violets (la
couleur r�appara�t toutefois plus brillante par chauffage);
- en se combinant avec les sucres r�ducteurs des fruits, 11
donne des compos�s difficilement dissociables. Il est donc impossible de
l'�liminer totalement;
- il se transforme en acide sulfurique
(H2SO4) par oxydation de l'acide sulfureux form�. Cet
acide sulfurique d�nature la saveur et la rend acide; par ailleurs, si le
conditionnement est fait en bo�tes m�talliques, l'acide sulfurique peut attaquer
le m�tal et former de l'hydrog�ne qui, en se combinant avec le SO2
restant, produit de l'acide sulfhydrique (H2S) dont l'odeur est tr�s
d�sagr�able.
Figure 27. Blanchiment � l'eau
a) En corbeille
b) Dans du tissu
c) Montage d'un palan artisanal
d) Blancheur � panier m�tallique
relevable
Mat�riel
Le traitement peut s'effectuer soit au moyen de paniers
contenant les fruits que l'on plonge dans la solution de m�tabisulfite pr�par�e
dans un bac, soit dans des enceintes closes ou chambres de soufrage que l'on
appelle �galement soufroirs. Ces enceintes peuvent se r�duire � une simple b�che
maintenue assez herm�tiquement sur un empilement de claies charg�es de fruits.
Les enceintes de fumigation doivent toutefois contenir:
- un dispositif de combustion du soufre (dans une
bo�te m�tallique ou un po�lon plac� sur un r�chaud ou un fourneau de briques ou
de b�ton), qui sera dispos� � l'ext�rieur (figure 28a) ou � l'int�rieur de la
chambre (figure 28b) munie d'un syst�me d'aspiration d'air; ou
- des bouteilles de gaz qui dispensent directement du
SO2.
Les fruits sont plac�s sur des claies, celles-ci �tant empil�es
� leur tour sur un chariot (figure 28c) qui sera lui-m�me introduit dans la
chambre. Les dimensions des claies varient de 61 × 91 cm � 244 × 91
cm.
Caract�ristiques des chambres de soufrage
- construction �tanche (pour �viter les fuites de
fum�es de soufre);
- mat�riaux de construction permettant le r�chauffement de
l'int�rieur de la chambre par p�n�tration de la chaleur solaire;
- disposition ad�quate et espace suffisant r�serv� pour la
combustion du soufre, afin de r�duire au minimum les dangers
d'incendie.
Les constructions en briques, briques creuses ou b�ton satisfont
mal � la deuxi�me condition. Il est pr�f�rable d'utiliser des t�les d'acier
peintes ext�rieurement et int�rieurement en noir (peinture � l'asphalte, par
exemple).
Cas particuliers
Les pr�cisions concernant les temps et quantit�s de soufre
requis pour chaque fruit en fonction de la transformation qui lui est appliqu�e
seront donn�es dans les diff�rents
chapitres.
2.17 D�gorgement
Principe
Cette op�ration est essentiellement pratiqu�e avant la
conservation par le vinaigre de fruits en morceaux (pickles). Elle a pour but de
faire rendre aux fruits une partie de leur eau de constitution afin d'�viter que
cela ne se produise pendant l'�tape suivante de mac�ration dans le vinaigre, ce
qui provoquerait une dilution de celui-ci ainsi qu'un ramollissement excessif de
la texture des fruits.
Figure 28. Chambre de soufrage
a) Dispositif de combustion du
soufre plac� � l'ext�rieur de la chambre
b) Dispositif de combustion du
soufre plac� � l'int�rieur de la chambre
c) Chariot de soufrage
On fait alterner dans ce but des couches de fruits et des
couches de sel et laisse reposer plusieurs heures (en g�n�ral 12 � 24 h, selon
les fruits). Un rin�age rapide des fruits doit �tre effectu� en fin d'op�ration.
La mise en sel sec des fruits peut intervenir en tant que
traitement ou mode de conditionnement dans certains cas. La question sera
�voqu�e au chapitre 6 concernant la conservation des fruits par le sel et le
vinaigre.
Mat�riel
On peut utiliser n'importe quel r�cipient en m�tal inoxydable ou
en bois (f�ts) ou m�me des jarres de gr�s, de capacit� variable selon les
quantit�s de fruits � traiter.
Le rin�age se fait par trempage rapide ou aspersion d'eau froide
avec les mat�riels d�crits dans la section 2.3.
Cas particuliers
Voici quelques indications au sujet du temps de d�gorgement:
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
3.2 Pr�traitements
3.3 S�chage
3.3.1 Principe
3.3.2 Mat�riel
3.3.3 Cas particuliers
3.4 Post-traitements
3.4.1 Triage
3.4.2 Ressuage
3.4.3 Broyage
3.4.4 Tamisage
3.4.5 Mondage
3.4.6 Conditionnement
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Le s�chage consiste � �liminer partiellement ou totalement l'eau
contenue dans les fruits par l'action combin�e de la chaleur et de la
ventilation.
Il provoque divers changements physiologiques (diminution de
volume, concentration des sucres, etc.) tandis que certains processus chimiques
internes aux fruits sont stabilis�s, ce qui conf�re aux produits une meilleure
aptitude au stockage et une dur�e de conservation beaucoup plus longue.
En r�gle g�n�rale, la teneur en eau r�siduelle des fruits s�ch�s
ne doit pas d�passer 23-24 pour cent. (Les fruits d�shydrat�s destin�s � �tre
r�duits en farine doivent avoir une humidit� finale bien plus faible, de l'ordre
de 8 � 10 pour cent.)
Le s�chage s'applique � l'�chelle artisanale aussi bien qu'�
l'�chelle semi-industrielle, la diff�rence essentielle r�sidant dans le
dimensionnement du mat�riel et le type d'�nergie utilis�e. Les s�choirs d�crits
dans ce chapitre permettent de traiter de 50 kg � plusieurs tonnes de fruits
frais par jour.
Les �tapes successives de la conservation par le s�chage sont
sch�matis�es par la figure 29. Elles n'interviennent cependant pas toujours
toutes et dans le m�me ordre, selon les fruits.
Figure 29. S�quence g�n�rale des op�rations de
conservation par s�chage
Triage ¯ Nettoyage,
lavage ¯ Pr�paration des fruits ¯ Blanchiment ou Traitement par des agents de
conservation ¯
Tableau 8. Ordre des �tapes de pr�traitement avant
s�chage, selon les fruits
Mangues Papayes
Abricots
Pommes
Dattes
Raisins
Kakis
Bananes et plantains (ligne farine)
Bananes
Litchis
Ananas
Figues
Ch�taignes (ligne farine)
Anacardes
Noix de coco (ligne coco r�p�)
Triage
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Nettoyage, lavage
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
Epluchage
X
X
X
X
X
X
X
S�parer noix et
D�bourrage
Parage
X
X
X
X
pommes avant lavage
D�coquage
D�noyautage
X
X
Humidification
Epluchage
Ep�pinage
X
Ressuyage
D�coupage en deux
D�coupage
X
X
X
X
X
X
X
Calibrage
Blanchiment
X
X
X
X
X
X
Traitement � la
Traitement par agents de conservation
X
X
X
X
X
X
chaleur
Autres
D�corticage
Pasteurisation Rin�age R�page
3.2 Pr�traitements
Ceux-ci sont n�cessaires pour:
- assurer une bonne qualit� microbiologique des
produits finis; - pr�server les vitamines et les ar�mes des fruits; -
prot�ger les tanins et les colorants naturels contenus dans les fruits; -
favoriser un s�chage aussi homog�ne que possible.
Les pr�traitements ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Seuls les
compl�ments n�cessaires et sp�cifiques des fruits et de la conservation par le
s�chage sont expos�s ici.
L'ordre des �tapes de pr�traitement avant s�chage, selon
l'esp�ce fruiti�re envisag�e, est indiqu� au tableau 8.
a) Compl�ments concernant le lavage
Le tableau 9 fournit des pr�cisions � ce sujet. Les lavages en
solution alcaline doivent toujours �tre suivis d'un rin�age � l'eau froide.
Tableau 9. Lavage des fruits avant s�chage - Cas
particuliers
Fruits
M�thodes et temps de lavage
Liquide utilis�
Mangues, papayes
Trempage quelques minutes
Solution de m�tabisulfite de soude (0,75 g par l d'eau)
Abricots Pommes Noix de
coco Ananas Bananes Ch�taignes
Soude (� 0,1-0,75%) Solution de 30 g de bicarbonate de soude
par l d'eau avec 15 � 20 ml d'huile d'olives
(vari�t� corinthe)
Pas de lavage
Bananes et plantains
3 lavages: une dizaine de minutes
Eau froide Eau ti�de (40-45°C) Eau � 70-75°C
Anacardes
Nettoyage � sec, puis trempage
Eau froide
Figues
Trempage 10 � 15 s
Solution bouillante � 12 g de chaux par litre ou 1% de soude
b) Compl�ments concernant le d�coupage
Les fruits sont coupes en deux, en rondelles, en tranches ou en
quartiers, ou laiss�s entiers. L'�paisseur des tranches varie de 7 � 10 mm. Le
tableau 10 pr�cise la forme des morceaux d�sir�s.
c) Compl�ments concernant le blanchiment des fruits
Le blanchiment est rarement utilis� pour les fruits en tant que
pr�traitement avant le s�chage. On pr�f�re employer des agents de conservation,
en particulier le soufre, dont le r�le est similaire � celui du blanchiment.
Le tableau 11 indique les fruits qui sont blanchis et la m�thode
utilis�e.
Tableau 10. Modes de d�coupage avant s�chage
Fruits
Modes de d�coupage
Mangues, papayes
Tranches
Abricots
En deux
Pommes
Quartiers, tranches
Noix de coco
En deux
Dattes
Entiers
Raisins
Entiers
Kakis
Quartiers
Plantains
Rondelles
Bananes
Rondelles, tranches, en deux ou entiers
Litchis
Entiers
Ananas
Tranches
Figues
Entiers
Ch�taignes
Entiers
Anacardes
Entiers
Tableau 11. M�thodes de blanchiment avant s�chage
Fruit
M�thodes de blanchiment
Mangues, papayes
A l'eau � 56°C pendant 1 mn (il s'agit simplement d'une
inhibition des spores de surface venues en contact avec la chair du fruit lors
de l'�pluchage)
Abricots
A la vapeur, 5 mn (avant s�chage non solaire seulement)
Pommes
A l'eau bouillante, 10 mn
Bananes et plantains
A l'eau bouillante, 5 mn
Ananas
A la vapeur, 10 mn, facultatif
Figues
A la vapeur, 2 mn, ou � l'eau bouillante sal�e (40 g de sel et 5
g de m�tabisulfite par litre d'eau), 40 � 60 s
Litchis
A la vapeur, 7 s (suivi d'un trempage dans une solution de 5-10
pour cent d'acide citrique et 2 pour cent de sel pendant 2 mn)
Dattes trop astringentes ou trop s�ches
A la vapeur ou � l'eau bouillante
d) Compl�ments concernant le traitement par agents de
conservation
Cette technique est plus employ�e que le blanchiment pour le
pr�traitement des fruits � s�cher. Le tableau 12 donne des pr�cisions sur le
soufrage et la sulfitation des diff�rents fruits. Le temps de soufrage est
souvent plus long lorsqu'on effectue ensuite un s�chage au soleil.
e) Pr�traitement de la noix de coco
La pulpe de la noix de coco subit une pasteurisation par
trempage pendant 1 mn 30 s dans un bain d'eau bouillante. Le mat�riel pr�vu �
cet effet et la technique utilis�e sont expos�s au chapitre 5.
Elle est ensuite r�p�e apr�s rin�age � l'eau froide. Il s'agit
de r�duire les deux moiti�s de l'amande de la noix de coco (pulpe) en petits
filaments tr�s fins et non en pur�e (ce qui serait le cas si l'on utilisait le
broyage, par exemple), pour que le s�chage soit rapide et homog�ne et pour une
question de pr�sentation du produit. Le r�page peut se faire:
- manuellement, avec une r�pe ou toute autre surface
m�tallique perfor�e et munie d'encoches;
- m�caniquement, avec une r�pe � cylindre (figure 30a) ou une
r�pe � disque (figure 30b).
Les r�pes � cylindre peuvent �tre construites sur le m�me
principe (cylindre abrasif en t�le perfor�e) ou peuvent d�chiqueter le produit
au moyen de lames fix�es sur le cylindre. L'alimentation est lat�rale.
La r�pe � disque comporte un disque abrasif horizontal entra�n�
par un moteur. Le produit est introduit dans la machine par une tr�mie
d'alimentation situ�e au-dessus du
disque.
3.3 S�chage
3.3.1 Principe
Le s�chage, on l'a vu, consiste � �liminer par �vaporation
progressive et partielle l'eau de constitution des fruits.
La r�duction de la teneur en eau permet d'accro�tre la dur�e de
conservation, car elle emp�che la prolif�ration des micro-organismes qui ne
peuvent se d�velopper qu'� partir d'un certain seuil d'activit� de l'eau.
Pendant le s�chage, il se produit simultan�ment un transfert de
chaleur et un transfert de masse. Le mode de s�chage convenant le mieux dans le
cas des fruits est le s�chage par rayonnement et convection. Le fluide
caloporteur choisi, l'air, est sec au d�part et se charge de l'humidit� du
produit en passant au travers ou au contact de celui-ci.
D'un usage ais�, peu on�reux, l'air permet de r�aliser un
s�chage naturel et d'�viter tout risque de surchauffe et de perte de jus des
fruits. Le moyen le plus simple, utilis� de mani�re traditionnelle, consiste �
exposer les fruits au soleil, sur des claies ou � m�me le sol.
Tableau 12. Traitements par agents de conservation
avant s�chage
Fruits
Avant s�chage solaire
Avant s�chage non solaire
Mangues, papayes
300 g de m�tabisulfite de sodium/100 kg de fruits + acide
citrique (0,25% en poids) ou jus de lime
Abricots
250 � 300 g/100 kg de soufre. Soufrage pendant au moins 3 h
300 � 400 g/100 kg de S Soufrage 2 h (3 h maximum)
Pommes
200 � 300 g de soufre/100 kg
Soufrage = 45 � 90 mn avant tranchage 30 � 40 mn apr�s tranchage
(avec un soufrage suppl�mentaire parfois pendant les 3 � 5 premi�res heures de
s�chage)
ou solution � 2-3% de bisulfite (sulfitage)
Dattes
Pas de traitement au soufre, mais fumigation au bromure de
m�thyle avant tout pr�traitement contre les insectes
Raisins
3 � 5 h de soufrage (sultanines)
3 h de soufrage
Kakis
Non, sinon il reste astringent
Bananes
300 g m�tabisulfite de sodium/100 l (c'est-�-dire 2 000 ppm
SO2) sulfitage 1 mn
Soufrage = 400 g de soufre/100 kg de fruits + 3% de nitrate de
sodium
Sulfitage = 800 g SO2/100 l + 300 g d'acide citrique,
2-3 mn
Plantains
M�me traitement que les bananes, mais temps plus court
M�me traitement que ci-dessus, mais temps plus court
Litchis
Ananas
Soufrage = 1 h ou 45 mn si blanchiment pr�alable (2% de
SO2 en volume) ou sulfitage = solution de bisulfite de sodium � 1%
Figues
Soufrage = 35 � 50 g S/m3 de chambre, 1 � 3 h
Figure 30. R�page
a) R�pe � cylindre
Vue en coupe
Cylindre � lames dent�es
Cylindre abrasif perfor�
b) R�pe � moteur et � disque perfor� avec alimentation par le
haut
Figure
Figure
Figure
Figure
Bien que le mat�riel utilis� dans ce cas soit de conception et
d'utilisation faciles, que le co�t de fonctionnement soit nul et que le go�t des
produits s�ch�s soit souvent meilleur, il est recommand� d'am�liorer ce syst�me.
En effet le s�chage naturel au soleil pr�sente beaucoup d'inconv�nients: il
entra�ne, en particulier, une perte importante de vitamines par photo-oxydation,
une d�coloration des produits, une perte de sucre par respiration ou
fermentation, des ph�nom�nes de brunissement, une grande lenteur de s�chage due
� une mauvaise a�ration ainsi qu'un risque de contamination par la poussi�re ou
les insectes.
Nous �tudierons successivement:
- le s�chage naturel am�lior�, avec utilisation de
l'�nergie du soleil, parfois coupl�e � celle du vent, sans aucun syst�me de
captage d'�nergie;
- le s�chage solaire (direct, indirect ou mixte) avec syst�me de
captage d'�nergie;
- le s�chage par combustion de divers combustibles (fuel, bois,
gaz, �lectricit�, biomasse).
Un mode de s�chage par conduction, c'est-�-dire par mise en
contact avec une surface chaude, sera �galement mentionn�.
A l'�chelle artisanale, le s�chage par �nergie solaire ou par
combustion de biomasse para�t mieux appropri� en raison des capacit�s moins
importantes � traiter, de la facilit� d'approvisionnement en combustible et du
moindre co�t d'utilisation de l'�nergie solaire. Le s�chage � l'�chelle
semi-industrielle, quant � lui, requiert des techniques et des mat�riels adapt�s
� de plus forts tonnages, ainsi qu'une r�gularit� dans la cadence de traitement
excluant toute d�pendance vis-�-vis des ph�nom�nes climatiques. Il conviendra de
s'int�resser dans ce cas au s�chage par utilisation de fuel, de gaz, etc., ou au
s�chage hybride (utilisation d'�nergie solaire et d'une autre forme d'�nergie).
Ces techniques sont plus on�reuses, mais les mat�riels ont une plus grande dur�e
de vie et peuvent �tre amortis sur une p�riode plus longue.
a) S�chage naturel am�lior�
Il associe le s�chage par exposition directe aux rayons du
soleil au s�chage � l'ombre.
Par son co�t de fonctionnement nul et l'utilisation de mat�riaux
locaux, cette m�thode allie un rapport revenu/investissement �lev� � des
capacit�s initiales de traitement faibles mais facilement extensibles par simple
juxtaposition de mat�riel. Le seul probl�me est celui de la qualit� du produit
fini, � cause des inconv�nients pr�c�demment cit�s.
Le s�chage � l'ombre permet d'�viter les ph�nom�nes de
brunissement et les pertes de vitamines et il pr�serve la couleur des fruits. De
plus, il ne prend gu�re plus de temps que le s�chage naturel au soleil et
n�cessite moins de place; pour cette raison, on compl�te souvent celui-ci par un
s�chage � l'ombre.
Le s�chage naturel est �videmment fonction des conditions
climatiques locales: vitesse du vent, humidit� relative de l'air, insolation,
etc. Il exige par ailleurs des conditions sanitaires tr�s strictes, mais qui
sont souvent difficiles � respecter.
b) S�chage solaire
Celui-ci assure, par rapport au pr�c�dent, une protection et une
hygi�ne meilleure des fruits � s�cher et permet de diminuer les temps de
s�chage. Mais les mat�riels employ�s, on�reux, sont souvent de faible capacit�.
Ce mode de s�chage comprend un dispositif de captage d'�nergie
qui permet un r�chauffement de l'air plus rapide et favorise un s�chage
homog�ne.
La ventilation se fait par thermocirculation (pouvant �tre
facilit�e par un effet chemin�e) ou par l'interm�diaire d'un moyen m�canique
(ventilateur).
Les fruits sont dispos�s:
- soit au soleil, et le s�chage dans ce cas est le
r�sultat de l'exposition au rayonnement solaire et � l'air pr�chauff� dans le
dispositif de captage;
·
premier cas: le dispositif en question est situ� au-dessus des produits et
chauffe ceux-ci en m�me temps que l'air: c'est le s�chage direct;
· second cas: le dispositif est
ind�pendant et n'assure que le r�chauffage de l'air, les fruits restant toujours
au soleil. Ce type de s�chage est appel� mixte;
- soit � l'ombre, ce qui �limine les effets n�fastes
de l'exposition au rayonnement solaire. Le s�chage dans ce cas se fait
uniquement par convection (action de l'air chaud) et est d�nomm�
indirect.
c) S�chage par combustion
Le combustible utilis� (bois, biomasse, fuel, gaz, etc.) a pour
r�le:
- de chauffer l'air qui, au contact du produit,
assurera le s�chage (convection); ou
- de chauffer une surface qui transmettra la chaleur qu'elle a
emmagasin�e au produit d�pos� sur elle (conduction). Ce mode de s�chage ne
s'applique pratiquement pas aux fruits, car il engendre des temp�ratures trop
�lev�es et des risques de surchauffe localis�e (on ne l'utilise que pour les
fruits secs comme l'anarcade).
Le s�chage par combustion pr�sente des avantages et des
inconv�nients. Les rendements obtenus sont plus importants, les produits finis
ont un aspect plus attrayant, le s�chage est plus homog�ne et plus facilement
contr�lable et les mat�riels utilis�s, polyvalents et d'une capacit� importante,
ont une dur�e de vie plus longue. Les inconv�nients sont li�s � un
investissement plus �lev� ainsi qu'� des co�ts de fonctionnement �lev�s, en
raison notamment du prix de l'�nergie (sauf en cas de valorisation de la
biomasse).
Il est parfois conseill� d'effectuer un pr�s�chage au soleil
pour �liminer la couleur verte pouvant exister sur les fruits (chlorophylle).
Cette phase consiste en un fl�trissage du produit.
On peut �galement fractionner le s�chage par combustion en
plusieurs �tapes: c'est le cas par exemple de la m�thode DBD (dry blanch dry)
qui consiste en une d�shydratation partielle (jusqu'� obtention d'un poids de 40
� 60 pour cent du poids initial), puis en un blanchiment � la vapeur suivi de
l'ach�vement du s�chage.
De cette fa�on, les fruits conservent facilement la plus grande
partie de leurs vitamines (les abricots, par exemple, en conservent 50 pour cent
de plus que s'ils avaient �t� s�ch�s au
soleil).
3.3.2 Mat�riel
Un ou deux exemples types de s�choirs sont donn�s en reprenant
la classification de la section 3.3.1. Le tableau 13 indique les
caract�ristiques principales de ces appareils, qui peuvent s'appliquer � tous
les fruits.
S�choirs naturels am�lior�s
a) Au soleil: s�choir � claies sur rails (figure 31). Il
s'agit d'un syst�me de claies sur�lev�es, plac�es � 1 m au moins du sol pour
assurer une bonne ventilation des produits; ces claies sont mont�es sur rails
pour que l'on puisse les rentrer sous abri en cas de temps pluvieux et durant la
nuit. Les claies doivent permettre le passage de l'air: on utilise a cette fin
un treillis m�tallique (acier inoxydable), de l'osier tress� ou encore une
moustiquaire de nylon; le cadre peut �tre en bambou, en bois ou en m�tal. Une
autre possibilit� consiste � fabriquer des aires ciment�es ou recouvertes de
plastique; il faut dans ce cas remuer tr�s souvent les produits pour assurer une
bonne a�ration.
b) A l'ombre: s�choir � crib abrit� (figure 32).
Plusieurs treillis m�talliques en couches superpos�es reposent sur des c�bles
longitudinaux fix�s � des traverses en bois, elles-m�mes rattach�es � des
poteaux d'angle. L'ensemble est recouvert d'un auvent assurant une protection
contre la pluie et le rayonnement solaire incident. Le s�choir doit �tre orient�
nord-sud afin d'utiliser le soleil en d�but de matin�e et en fin d'apr�s-midi
pour le r�chauffement du produit lui-m�me. L'�nergie solaire a pour seul r�le de
r�chauffer l'air qui viendra en contact avec les fruits. Il s'agit d'un s�choir
�olien qui peut �tre efficace m�me par faible vent, � condition que l'humidit�
relative de l'air n'exc�de pas 60 pour cent.
S�choirs solaires
a) S�choir direct: s�choir-coffre (figure 33). Dans ce
cas, les produits re�oivent directement les rayons solaires, mais ceux-ci sont
amplifi�s par un syst�me de serre. Le capteur solaire (d�crit en b) ci-apr�s) et
l'enceinte de s�chage sont r�unis en une bo�te constitu�e d'un vitrage laissant
filtrer le rayonnement et d'une isolation arri�re permettant d'�viter les
d�perditions de chaleur. La bo�te est perc�e d'orifices assurant le passage de
l'air; les fruits, dispos�s sur des plateaux, jouent le r�le d'absorbeur.
Le s�choir est divis� en compartiments ayant chacun une
alimentation en air ind�pendante afin d'�viter toute circulation d'air inutile.
La circulation de l'air se fait par convection naturelle (lorsque l'air
s'�chauffe, sa densit� diminue; �tant plus l�ger, il s'�chappe par les orifices
sup�rieurs du s�choir). L'inclinaison du vitrage doit �tre choisie en fonction
de la latitude du lieu. La capacit� peut �tre augment�e par simple
multiplication des compartiments.
b) S�choir indirect (figure 34). Les s�choirs indirects
fonctionnent selon le principe suivant: l'air pr�chauff� dans un capteur solaire
passe dans une enceinte de s�chage o� s'effectue la d�shydratation des fruits.
On utilise des capteurs plans, plus pratiques et moins on�reux. Leur rendement
(�nergie fournie au fluide caloporteur - l'air - divis�e par l'�nergie solaire
frappant la surface du capteur) est bon et varie entre 50 et 80 pour cent; il
diminue cependant avec l'augmentation de la temp�rature. Les s�choirs indirects
comprennent trois parties (figure 35):
- une surface transparente (verre ou plastique)
laissant filtrer les rayons solaires;
- une surface absorbante situ�e imm�diatement sous la
pr�c�dente, de couleur g�n�ralement fonc�e, et constitu�e de fibres de coco, de
copeaux de bols ou de verre, de tubes soud�s sur une t�le noircie, etc.;
- un caisson d'isolation (laine de verre, copeaux, agglom�r�,
b�ton cellulaire, etc.) constituant le fond et les c�t�s du capteur et ayant
pour r�le de limiter les pertes thermiques. Les parois du capteur sont perc�es
d'orifices permettant le passage de l'air.
Figure 31. S�choir � claies
superpos�es coulissant sur rails
Figure 32. S�choir � crib
abrit� de type am�lior�
Figure 33. S�choir-coffre
Figure
Figure
Tableau 13. Caract�ristiques de quelques s�choirs
solaires
Types de s�choir
Constructeur*
Mat�riaux
Dimensions
Exigences climatiques
Co�t de construction
Co�t de fonctionnement (hors main-d'oeuvre)
Ventilation
Capacit�
Temps et temp�rature de s�chage
Possibilit� d'extension
Dur�e de vie
Remarques
S�choir � claies sur rails (figure 31)
CENICAFE Colombie
Bois (claies) Toiture en t�le ondul�e
2 m2/claie
Forte irradiation solaire
1,2 � 2 dollars/m2 de claie Toit et structure: 10
dollars/m2
Nul
De surface
Jusqu'� 10 kg/m2 en monocouche
Abricots: 1 � 4 jours a temp�rature ambiante
Juxtaposition de modules
Faible
S�choir � crib abrit� (figure 34)
CSIRO Australie
Treillis m�tallique T�le ondul�e (toit) C�bles Bois
Longueur: 50 m Largeur: 1,5 m Hauteur: 2,5 m Treillis �
mailles de 5 cm
Climat aride Basse humidit� relative (60%) Vitesse du vent
5 m/s (apr�s une pluie, vents secs)
Inconnu
Nul
De surface (espacement plus grand des �tages inf�rieurs pour
faciliter le passage de l'air)
20 kg/m2 (surface totale de s�chage: 480
m2)
Raisins: 7 � 14 jours (5 semaines si pas de pr�traitement) �
temp�rature ambiante
Augmentation de la longueur jusqu'� 100 m
20 � 40 ans
Orientation N-S; transformable en s�choir artificiel par
entourage de plastique et insufflation d'air pr�chauff� par combustible
S�choir-coffre (figure 35)
H.C. Agrawal et S.G. Kapoor, Indian Institute of Technology Inde
Structure: bois, bambou, m�tal, brique Verre ou
plastique Fibre de coco, bagasse
Longueur: 2 m Largeur: 66 cm (surface de s�chage: 1,1
m2)
Si faible ensoleillement et forte humidit� relative, diminuer la
charge Le nombre des trous d'a�ration d�pend des conditions climatiques
14 � 20 dollars/m2
20% au maximum du co�t de construction (2,8-5,5
dollars/m2)
Convection naturelle
7,5 kg/m2
Abricots: 2 jours (66°C max.) Raisins: 2 jours
(88°C max.) en climat sec
Adjonction de nouveaux compartiments avec la condition longueur:
largeur = 3
10 ans (avec couverture plastique, 5 ans)
Risques de temp�ratures trop �lev�es
Armoire de s�chage (figure 36)
Institut de physique m�t�orologique S�n�gal
Bois, ciment, b�ton (structure) Verre ou plastique Coques
d'arachides, fibres de coco
25 m2 de claies au total
Forte irradiation solaire
6 000 dollars (amortissable en 2 ans)
Nul (sauf pour le ventilateur)
Convection forc�e (d�bit 1 200 m3/h)
250 kg (10 kg/m2)
Moyenne (tous fruits) 2 j (70°C max.)
Juxtaposition de modules
Effectuer une rotation des plateaux Contr�le de la temp�rature
par action sur le ventilateur
S�choir mixte a ventilation �olienne (figure 37)
Brace Research Institute Canada
Bois Verre ou plastique Grillage m�tallique Paille
10 plateaux sur 5 �tages
L'inclinaison du collecteur est fonction de la r�gion et de la
saison Forte irradiation solaire
17 dollars/m2 de surface de s�chage
Nul
Convection forc�e (ventilateur �olien)
5 � 15 kg/m2
Moyenne (tous fruits) 1 � 2 jours Temp�rature de l'air
entrant dans l'enceinte: 36,2 � 58,4°C
Juxtaposition de modules
7 � 8 ans (plastique remplac� annuellement)
Orientation N-S. Effectuer une rotation des plateaux, ceux du
haut s�chant moins vite
* Pour les adresses, se r�f�rer � l'annexe
III.
Ces capteurs permettent d'obtenir des temp�ratures de l'air
allant jusqu'� 80°C, ce qui est tr�s convenable pour le s�chage des fruits
et assure la pr�servation de leurs qualit�s nutritives et organoleptiques.
La circulation de l'air peut �tre assur�e par convection
naturelle, (c'est-�-dire thermocirculation) ou par convection forc�e, l'air
�tant dans ce cas puls� par un moyen m�canique (ventilateur, par exemple). L'air
s'�chauffe soit en traversant l'absorbeur, soit en l�chant la surface de
celui-ci.
La figure 35 illustre un type de s�choir r�pondant au deuxi�me
cas, l'armoire de s�chage � capteur plan. L'enceinte de s�chage est isol�e
thermiquement et contient une s�rie de claies superpos�es sur lesquelles sont
dispos�s les fruits. L'ouverture de chargement est en arri�re. L'air pr�chauff�
dans le capteur circule de bas en haut et est �vacu� par des orifices situ�s �
l'extr�mit� sup�rieure de l'armoire; un ventilateur, plac� lui aussi � la partie
sup�rieure, facilite la circulation de l'air.
c) S�choir mixte. Le s�choir � ventilation �olienne
illustr� � la figure 36 est constitu� d'un capteur plan � air et d'une enceinte
de s�chage solaris�e, c'est-�-dire comportant sur trois de ses c�t�s (est, sud
et ouest) des panneaux vitr�s laissant filtrer le rayonnement solaire. Les
autres panneaux (nord et partie sup�rieure) sont peints en noir et faits de
mat�riaux isolants. La circulation de l'air est facilit�e par un autogire
(ventilateur �olien) plac� � l'extr�mit� d'une chemin�e.
S�choirs par combustion
Le tableau 14 r�sume les principales caract�ristiques de ces
s�choirs.
a) S�choirs � convection. L'air chaud entre directement
en contact avec le produit � s�cher, qui se trouve:
- immobile, �tal� sur une couche �paisse de 10 � 30
cm: dans ce cas, le s�choir est du type touraille;
- immobile, �tal� sur plusieurs couches fines de 5 cm
superpos�es sur un jeu de claies; le s�choir est du type armoire, �tuve ou
tunnel, selon sa capacit�; ou
- mobile, dispos� en vrac; le s�choir est alors du type
tambour.
b) Tourailles. Un syst�me de ventilation forc�e assure le
passage de l'air chaud, de bas en haut, au travers de la couche. Celle-ci doit
�tre remu�e souvent, en raison de son �paisseur, pour assurer l'homog�n�it� de
la d�shydratation.
Figure 34. S�choir indirect -
Armoire a capteur plan (Coupe longitudinale)
Figure 35. S�choir indirect -
Coupe transversale d'une trav�e de capteur
(Source: Aveert, C., 1981)
L'air peut �tre recycl� ou non en fin de s�chage. Ce mat�riel
permet de traiter diverses esp�ces fruiti�res qui doivent cependant �tre peu
sensibles � l'�crasement (pommes, noix de coco, par exemple). Le sch�ma de
fonctionnement de ce type d'appareil est indiqu� � la figure 37.
Selon leur conception et leur degr� de d�veloppement, les
tourailles permettent de s�cher des quantit�s de produits moyennes � fortes.
Plusieurs mat�riels de cette cat�gorie sont illustr�s par les figures 38 � 41;
leurs caract�ristiques sont r�sum�es dans le tableau 14.
Figure 36. S�choir mixte � ventilation �olienne
a) Vue de face
b) Vue lat�rale
(Source: Brace Research Institute,
1975)
Figure 37. Tourailles
dispos�es en s�rie
(Source: Kneule, 1959)
Figure 38. Hydrotouraille �
recyclage d'air chaud
(Source: Kneule, 1961)
Figure 39. S�choir touraille
type IRAT
(Source; GRET, fiche T 301)
Figure 40. S�choir touraille
type ERLS (a)
Figure 40. S�choir touraille
type ERLS (b)
(Source: GRET, fiche T 359)
Tableau 14. Caract�ristiques de s�choirs � combustion
(� convection)
Types de s�choir
Mat�riaux
Capacit� (kg)
Surface de s�chage
Combustible
Ventilation
Temps de s�chage d'une charge
Remarques
Tourailles
S�choir IRAT France (figure 39)
F�ts en t�le (gaine de chauffage) Pierre (chambre) Argile
(joints) Ciment (calorifugeage)
700-1400
6 m2 (2,15 × 2,75 m)
Bols ou bourres et coques de noix de coco
6 �vents lat�raux de 9 cm de diam�tre
22-26 h (noix de coco)
Remuer fr�quemment le produit a s�cher (valable �galement pour
les deux autres mod�les de tourailles)
S�choir ERLS Nig�ria (figure 40)
F�ts 200 l (conduit) Bidons 20 l
(chemin�e) Argile Fer Grillage, bols, chaume
500-1000
7,4 m2 (1,6 × 4,6 m)
Bols ou fuel
4 entr�es d'air lat�rales avec trappes 1 volet de r�glage
d'entr�e d'air
24 h (noix de coco)
Orientation telle que la plus grande dimension du s�choir soit
parall�le � la direction des vents dominants
S�choir � fum�e Philippines (figure 41)
Bambou Pierre T�le
720-1200
50-56 m2
Coques et bourres de noix de coco
Tirage par une tranch�e souterraine formant chemin�e
Etuves armoires
S�choir des �les Tonga (figure 43)
T�le (f�ts de 200 l) B�ton Bois
1000
73 m2 (3 compartiments de 15 claies de 0,90 ×
1,80 m)
id.
A�ration � la partie sup�rieure de la chambre
36 h (noix de coco)
Charger les �tages inf�rieurs. Apr�s 2-3 h, remuer le produit et
placer les claies sur les �tages sup�rieurs. Recharger ensuite les claies
Inf�rieures
Tunnels
S�choir Comessa Comores (figure 44)
Briques Bols
6000-7000
360 m2 (16 wagons de 15 claies de 1 × 1,50 m)
Variable
Ventilateurs (absorbent une puissance de 6 � 7 CV � 1 150
tours/mn)
24 h (noix de coco)
Le chauffage de l'air n�cessite 120-150 kg de vapeur
Figure 41. S�choir � fum�e
(Philippines)
A. Plate-forme de s�chage B. Foyer C.
Alimentation du foyer E. Enceinte en bois
L'utilisation de mat�riaux locaux et la combustion de biomasse
pour le chauffage de l'air diminuent consid�rablement le co�t de ces
installations.
c) Armoires et �tuves. Ces deux types de s�choirs, tout �
fait polyvalents, diff�rent par leurs dimensions; contrairement � l'�tuve,
l'armoire est de petite taille et ne permet pas l'entr�e d'un op�rateur pour
effectuer le chargement et le d�chargement des fruits � s�cher.
Par contre, dans les �tuves, les fruits sont dispos�s sur des
claies qui sont elles-m�mes plac�es sur un chariot mobile. L'air circule de deux
fa�ons diff�rentes (figure 42):
- soit parall�lement aux claies, ce qui permet le
s�chage des produits par l�chage de ceux-ci. On parle alors de ventilation
horizontale;
- soit transversalement par rapport aux claies. Il s'agit dans
ce cas d'une ventilation transversale.
Le premier syst�me de ventilation horizontale, illustr� � la
figure 42, pr�sente l'avantage de comporter un dispositif isolant les claies les
unes des autres. Ainsi, seul l'air sec traverse chaque claie, l'air humide �tant
directement �vacu� apr�s s�chage des produits.
Les avantages et inconv�nients respectifs de ces deux types de
circulation de l'air sont expos�s dans le tableau 15.
La figure 43 donne un exemple de s�choir type �tuve ou armoire
construit avec des mat�riaux locaux et utilisant comme combustible des coques de
noix de coco embo�t�es les unes dans les autres dans le foyer de combustion. Les
�tuves et armoires peuvent cependant fonctionner avec divers combustibles: gaz,
fuel, biomasse (coques d'anacardes), etc. Les caract�ristiques de ces s�choirs
sont r�sum�es dans le tableau 16.
d) Tunnels. Les tunnels sont des �tuves de grande
capacit� dans lesquelles des chariots charg�s de claies sont introduits et mus
m�caniquement tout au long du s�chage (les chariots peuvent �tre mont�s sur
rails). La circulation de l'air, �galement transversale ou horizontale, peut se
faire soit dans le m�me sens, soit � contre-courant par rapport a la direction
d'avancement des chariots.
Plusieurs ventilateurs et dispositifs de chauffage sont r�partis
tout le long du tunnel, assurant la circulation et le chauffage de l'air. Seuls
les tunnels � fonctionnement discontinu sont envisag�s ici.
Tableau 15. Avantages et inconv�nients respectifs des
ventilations horizontale et transversale des armoires et �tuves de s�chage
Ventilation horizontale
Ventilation transversale
Avantages
Polyvalence Consommation �nerg�tique pour la ventilation peu
importante
S�chage plus rapide Capacit� plus importante
Inconv�nients
Risque de surchauffe locale Difficult� de r�partition
uniforme de l'air Capacit� d'�vaporation plus faible (on installe en g�n�ral
plusieurs armoires ou �tuves en parall�le ou en s�rie)
Applicable seulement aux produits formant une couche poreuse
perm�able N�cessit� d'un syst�me de ventilation plus puissant N�cessit�
d'effectuer une rotation des claies en cas de montage en s�rie
Ces appareils sont tout aussi polyvalents que les armoires et
�tuves cit�es pr�c�demment et permettent le s�chage d'une gamme vari�e de
produits. Le principe des tunnels est illustr� � la figure 42. La figure 44
pr�sente un exemple de r�alisation de ce type de mat�riel, dont les
caract�ristiques figurent au tableau 16.
e) Tambours (figure 45). Les produits � s�cher sont
dispos�s � l'int�rieur d'un cylindre rotatif aliment� par de l'air pr�chauff�.
L'agitation constante des produits implique la diminution des temps de s�chage
et rend ce celui-ci plus homog�ne en facilitant le contact air chaud/produits.
Des ailettes, situ�es radialement � l'int�rieur du tambour, assurent une
meilleure r�partition des produits dans le cylindre et augmentent leur surface
de contact avec l'air chaud. L'inclinaison du s�choir permet l'avancement des
produits au cours du s�chage. Ce type de mat�riel est de conception simple et
permet un s�chage acc�l�r�, mais il pr�sente l'inconv�nient de r�duire les
produits en poudre ou de les �mietter. Il n'est donc utilisable que pour les
fruits destin�s � une transformation ult�rieure en farine.
f) S�choirs � conduction. Dans ce cas, le s�chage des
produits se fait par contact avec une surface chauff�e (bois, gaz, fuel, vapeur,
biomasse).
Ce mode de s�chage pr�sente les inconv�nient suivants:
- risques de surchauffe locale; - temp�ratures
trop �lev�es pour les fruits � s�cher; - s�chage trop rapide provoquant un
durcissement ext�rieur et un roussissement du produit.
Il ne peut �tre appliqu� qu'� certains fruits, en particulier
aux noix de coco et aux fruits secs comme l'anacarde et n'est, de ce fait,
mentionn� que tr�s sommairement ici.
Tableau 16. Caract�ristiques des s�choirs a
combustibles
Capacit� (kg/24 h)
Capacit� de s�chage (kg/m2/h) ou
(kg/m3/h)
Puissance sp�cifique d'�vaporation (kg
d'eau/m2/h) ou (kg d'eau/m3/h)
Consommation de vapeur (chauffage de l'air) (kg de
vapeur/kg d'eau �vapor�e)
Fruits non fragiles pouvant �tre r�duits en miettes
Aire de s�chage
20-100 kg (sur 1 m2)
0,5 - 15
5 � 15
1,5 - 2,5
Oui si agitation m�canique
Fruits pouvant supporter de fortes temp�ratures
Figure 42. Modes de circulation de l'air dans les �tuves
Figure
Figure
Figure
On ne retiendra comme exemple que les aires de s�chage, surfaces
planes fixes et chauffantes sur lesquelles on a dispos� les produits � s�cher.
Ceux-ci doivent �tre remu�s constamment (manuellement au moyen de r�teaux ou
m�caniquement) pour �viter tout ph�nom�ne de
surcuisson.
3.3.3 Cas particuliers
Le tableau 17 donne quelques pr�cisions concernant les temps et
temp�ratures de s�chage applicables aux diff�rents fruits, ainsi que la teneur
en eau finale que l'on doit obtenir pour assurer une longue conservation.
Quelques proc�d�s de traitement des fruits en s�choir �
combustibles sont indiqu�s ci-dessous � titre d'exemples. En effet, les temps de
s�chage et les diff�rentes phases de d�shydratation d�pendent de nombreux
facteurs, et notamment de l'�paisseur de la couche de produits � s�cher et de
l'�tat hygrom�trique de l'atmosph�re. Il conviendra donc de les adapter aux
conditions climatiques locales et au type de mat�riel choisi.
Pommes:
En �tuve:
1�re m�thode:
5 � 6 h � 70°C, puis 10 h � 60°C et 80°C pour
finir
16 � 18 h en tout
2�me m�thode:
commencer � 45°C, puis augmenter progressivement jusqu'�
70°C
16 � 18 h en tout
Raisins:
Un jour au soleil puis en s�choir:
commencer � 88°C et finir � 70°C, ou commencer �
49°C et finir � 74°C
20 � 30 h en tout
Figure 43. S�choir type �tuve de Tonga
Vue de dessus
Exemple de combustible: coques de
noix de coco
Vue de profil
(Source: Grenwood, B.E., 1976)
Figure 44. S�choir tunnel Comessa (Comores)
Coupe transversale
Coupe longitudinale
Figure 45. S�choir tambour
Coupe longitudinale
Coupes transversales montrant
diff�rentes dispositions des ailettes int�rieures
Ananas:
En �tuve:
2 h � 71°C, puis 4 h � 54,5°C
Figues:
Passer progressivement de 45-50°C �
65-70°C
Abricots:
Trois phases:
a) 45-50°C (phase de fl�trissement)
ou au soleil, puis b) 70°C, et enfin c) 80°C (air � 20 pour cent
d'humidit�)
La dur�e totale est de 24 h au minimum. Il est pr�f�rable
d'�taler l'op�ration sur 3 � 6 jours, en sortant les fruits du s�choir pendant
10 � 20 h entre chaque phase.
Bananes:
12 h � 70°C
Plantains:
D�buter � 45°C pendant 3 h, puis aller jusqu'�
55°C (4 h) pour obtenir une humidit� des cossettes de 25 � 30 pour cent,
puis augmenter progressivement jusqu'� 60-65°C pour finir � 70-75°C
La dur�e totale est de 10 h
Mangues:
36 h au soleil (fl�trissement), puis 24 h en
�tuve � 70°C
Anacardes:
3 � 8 h en �tuve �
60-80°C
3.4 Post-traitements
3.4.1 Triage
Principe
Le triage a pour but d'�liminer, apr�s le s�chage, les �l�ments
h�t�rog�nes pouvant nuire � la bonne conservation de l'ensemble des produits
secs. Il peut s'agir:
- de morceaux racornis et grill�s ayant subi un
s�chage trop pouss� (car trop petits ou soumis � des temp�ratures plus �lev�es
que le reste des produits); et
- de morceaux trop gros, rest�s mous et trop hydrat�s par suite
d'un s�chage insuffisant.
Mat�riel
Celui-ci a �t� d�crit au chapitre 2, section 2.2.
Il existe un appareil simple mais capable de trier uniquement
des produits l�gers: il s'agit d'un trieur pneumatique, sur coussin d'air,
illustr� par la figure 46. Un ventilateur permet de cr�er un flux d'air
ascendant sur le produit; les particules de faible densit� sont v�hicul�es par
l'air vers une sortie plac�e � la partie sup�rieure du trieur, tandis que celles
de plus forte densit� traversent le courant d'air et sont �vacu�es par une autre
sortie plac�e � la partie
inf�rieure.
3.4.2 Ressuage
Cette op�ration vise � uniformiser le degr� final d'humidit� de
l'ensemble des produits secs. Ceux-ci sont empil�s dans des caisses de bois ou
sur des claies pendant une � deux semaines au cours desquelles on effectue
plusieurs brassages (manuels, dans le cas des claies, ou par transvasement des
fruits d'une caisse � une autre).
Le ressuage peut s'appliquer � tous les
fruits.
3.4.3 Broyage
Principe
R�alis�e en tant que post-traitement, cette op�ration a pour but
de r�duire certains fruits d�shydrat�s en poudre tr�s fine ou en farine. Seuls
quelques fruits ayant une faible humidit� r�siduelle apr�s s�chage peuvent se
pr�ter � ce traitement: bananes, plantains, ch�taignes apr�s d�corticage, dattes
apr�s d�noyautage ou non.
Mat�riel
Certains broyeurs d�crits � la section 2.11 conviennent pour
r�duire des fruits s�ch�s en poudre:
- Broyage manuel (pilon ou mortier); - Broyage
m�canique:
Broyeur � marteaux;
Broyeur � meules (figure 47);
Broyeur � cylindres: le produit � broyer est introduit entre
deux cylindres parall�les, lisses ou cannel�s, tournant en sens inverse et dont
l'�cartement est fonction de la granulom�trie du produit fini que l'on veut
obtenir (poudre,
semoule).
3.4.4 Tamisage
Cette �tape a pour but d'�liminer les particules trop grosses
obtenues apr�s broyage et d'homog�n�iser la granulom�trie du produit fini.
La noix de coco r�p�e doit �galement subir un tamisage afin
d'�liminer toutes les brisures et les particules trop grosses. Le mat�riel
utilis� a �t� d�crit dans la section
2.13.
3.4.5 Mondage
Principe
Le mondage, appel� �galement d�pelliculage, consiste � supprimer
la peau externe de certains fruits, notamment des anacardes. Cette op�ration est
facilit�e par la faible adh�rence de la pellicule � la chair du fruit apr�s
s�chage.
Mat�riel
L'op�ration peut s'effectuer en utilisant:
- une mondeuse � tambour (figure 48a). Un cylindre
rotatif garni d'abrasif doux, ou simplement d'un grillage, permet de r�aliser
cette op�ration. On nettoie l'appareil par un jet d'air comprim�;
- un d�pelliculeur m�canique � c�nes (figure 48b). Les fruits �
traiter sont vers�s dans un entonnoir rev�tu int�rieurement de brosses et
comportant en son centre des c�nes rotatifs ayant pour effet de frotter les noix
d'anacardes contre les brosses;
- un d�pelliculeur � douches de vapeur (figure 48c). Un seau
contenant les anacardes est soumis � deux jets de vapeur de sens oppos�s qui
provoquent le d�collement de la peau des fruits. Le seau peut �tre agit� en
appuyant sur le serpentin de vapeur qui joue le r�le de ressort. Cette m�thode a
l'inconv�nient de provoquer un brunissement des anacardes; ou
- une tr�mie mondeuse � air comprim� (figure 48d). Le principe
est le m�me que celui de l'appareil pr�c�dent, mais le brunissement est �vit� en
utilisant de l'air comprim� au lieu de vapeur.
Figure 46. Trieur sur coussin
d'air
Figure 47. Broyeur � meules
Vue g�n�rale
Coupe
verticale
3.4.6 Conditionnement
Cette �tape sera trait�e de fa�on d�taill�e au chapitre 8. On se
bornera � dire que les emballages pour fruits s�ch�s doivent remplir diff�rentes
conditions:
- conditions techniques. Les fruits s�ch�s sont des
produits hygroscopiques et oxydables qui doivent �tre conserv�s � l'abri de
l'humidit� (pour �viter tout risque de prolif�ration microbienne), de la lumi�re
et de l'oxyg�ne (pour emp�cher la d�coloration des pigments, l'oxydation des
vitamines, le rancissement des lipides) et de temp�ratures trop �lev�es (qui
favorisent le rancissement des graisses et la perte des ar�mes volatils);
- conditions m�caniques. L'emballage doit prot�ger les fruits
contre les chocs;
- conditions �conomiques. Son co�t doit �tre peu �lev� par
rapport � celui du contenu;
- conditions commerciales. Le produit doit �tre d'aspect
attrayant, l'emballage transparent et si possible l�ger.
Diff�rents types de conditionnement peuvent �tre envisag�s:
- des sacs de coton ou jute (pour les fruits s�ch�s
les plus stables et peu hygroscopiques);
- des pellicules cellulosiques: cellophane (protection m�canique
faible, mais prix modique);
- des sachets de poly�thyl�ne, de polyvinyle, de rilsan
(ralentit le rancissement des fruits s�ch�s, donc prot�ge leurs qualit�s
organoleptiques);
- des bo�tes de bois avec rev�tement int�rieur de papier;
- des bo�tes de carton;
- des bocaux de verre (lourds et on�reux) ou des bo�tes de
fer-blanc pour les produits plus fragiles n�cessitant une imperm�abilit� totale
de l'emballage � la vapeur d'eau.
Figure 48. Mondage des anacardes
a) Mondeuse � tambour
b) D�pelliculeur � c�nes
c) D�pelliculage � la vapeur
d) Tr�mie mondeuse
Tableau 17. Temps et temp�ratures de s�chage des
fruits
Fruits
Temp�rature maximale
Humidit� finale
Taux de s�chage = poids de fruits frais pr�par�s: poids de
fruits secs
Temps (S�chage naturel am�lior�)
Temps (Etuve)
Mangues
70°C
14%
8
5 j
24 h
Abricots
65°C
15 � 18%
5
1-4 j
10-12 h
Noix de coco
70-88°C
3%
45 mn (touraille), 25-30 mn (�tuve)
Pommes
70°C
20 � 24%
5-7
16-18 h
Dattes
70°C (50°C suffisent pour les dattes non m�res,
35°C pour les m�res)
Quelques jours
Raisins
88°C
15-17%
3
7-14 j (� l'ombre)
Kakis
A l'ombre
Bananes Plantains
75°C
6 � 8%
10
Bananes
70°C-90°C en fin de s�chage
15-20%
10-12 h
Litchis
70°C
30 h (Tunnel)
Ananas
70-75°C
3,7
6-12 h
Figues
20%
3
2-4 j
D�conseill�
Ch�taignes
10%
48 h (20 j sur un plancher ajour� avec un feu dessous)
Anacardes
80°C
7%
6-8 h
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
4.1 Introduction
4.2 Confitures, marmelades et gel�es
4.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.2.2 Pr�traitements
4.2.3 Cuisson - concentration
4.2.4 Post-traitements
4.3 P�tes de fruits
4.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.3.2 Pr�traitements
4.3.3 Cuisson
4.3.4 Post-traitements
4.4 Sirops de fruits
4.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.4.2 Pr�traitements
4.4.3 Cuisson-concentration
4.4.4 Post-traitements
4.5 Fruits confits
4.5.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.5.2 Pr�traitements
4.5.3 Confisage
4.5.4 Post-traitements
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
4.1 Introduction
Les techniques de transformation d�crites dans ce chapitre ont
pour but de confire les fruits, c'est-�-dire de porter la teneur en sucre de
leur suc cellulaire � une valeur telle que le produit obtenu ne puisse plus
s'alt�rer.
La conservation est assur�e par:
- l'acidit� naturelle des fruits;
- la concentration �lev�e en sucre inhibant tout d�veloppement
de micro-organismes (et notamment de moisissures);
- la g�lification de la pectine contenue naturellement dans les
fruits ou �ventuellement ajout�e au cours de la transformation, s'il n'en existe
pas assez dans les fruits trait�s.
Les types de produits successivement �tudi�s seront:
- les confitures, marmelades et gel�es;
- les p�tes de fruits;
- les sirops de fruits (la g�lification n'a pas lieu dans ce
cas, car la pectine des fruits est pr�alablement enlev�e);
- les fruits
confits.
4.2 Confitures, marmelades et gel�es
4.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Les sch�mas de fabrication de ces trois types de produits sont
les m�mes; seule la pr�paration des fruits avant cuisson diff�re.
En effet, les confitures sont pr�par�es � partir de fruits
entiers ou en morceaux, les marmelades avec des fruits �cras�s, et les gel�es
avec le jus extrait des fruits.
La s�quence des op�rations de transformation est indiqu�e
sch�matiquement � la figure 49.
Figure 49. Sch�ma g�n�ral de
la transformation des fruits en confiture, gel�e et marmelade
Cette technique de transformation, tr�s r�pandue au niveau
familial, est facilement transposable � l'�chelle artisanale et m�me � l'�chelle
semi-industrielle par simple accroissement des dimensions du mat�riel, de la
quantit� de main-d'oeuvre et des approvisionnements en mati�res premi�res. Elle
permet de produire de 200 � 3 000 kg de confiture par jour, selon l'�chelle
consid�r�e.
4.2.2 Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Les compl�ments
n�cessaires et sp�cifiques � la pr�paration des fruits en vue d'une
transformation en confiture, gel�e ou marmelade sont donn�s ci-apr�s.
a) Compl�ments concernant le triage
On peut utiliser soit des fruits m�rs, soit des fruits qui ne
sont pas encore arriv�s au stade de pleine maturit�, mais il ne faut pas traiter
ensemble des fruits de maturit�s diff�rentes.
Les fruits non totalement m�rs sont valoris�s par ce type de
transformation, car ils sont riches en acides et mati�res pectiques et ont une
texture plus r�sistante. Ils permettent de r�duire les quantit�s d'additifs dans
les confitures et conf�rent un meilleur aspect au produit fini.
Les fruits trop m�rs doivent �tre �cart�s car ils se d�sagr�gent
� la cuisson, entra�nant une g�lification d�ficiente.
b) Compl�ments concernant le lavage
Un �gouttage est pr�f�rable apr�s lavage, pour �viter de
prolonger les temps de cuisson.
c) Compl�ments concernant la pr�paration des fruits
La pr�paration des fruits comprend les op�rations d'�queutage,
d'�pluchage, d'�p�pinage ou de d�noyautage et de pr�cuisson �ventuelle des
fruits fermes et longs � ramollir.
L'�pluchage s'applique � tous les fruits, sauf les figues et
�ventuellement les agrumes que l'on destine � la fabrication de marmelades (les
�corces, s�par�es ou non de la chair de ces fruits, peuvent �tre incorpor�es
dans ce type de produit).
La pr�cuisson dans tr�s peu d'eau concerne les fruits non
totalement m�rs destin�s a la fabrication de confitures, ou certains fruits m�rs
mais � chair ferme, comme la pomme, l'ananas, la goyave, la pomme cajou ou la
ch�taigne (celle-ci dans une quantit� d'eau plus importante). La pr�cuisson dure
environ 15 � 30 minutes, jusqu'� ce que la texture des fruits soit tendre, et
intervient apr�s d�coupage dans le cas de gros fruits.
Les fruits subiront en outre un pr�traitement sp�cifique selon
la ligne de transformation vers laquelle ils seront dirig�s:
- confitures: les fruits de grosse taille seront
d�coup�s en morceaux (mangues, pommes, ananas). Les petits fruits (litchis)
peuvent �tre laiss�s entiers;
- marmelades: les fruits seront r�duits en pur�e par broyage ou
pr�cuisson prolong�e dans tr�s peu d'eau jusqu'� d�sagr�gation de la pulpe. Ils
peuvent �galement subir une mac�ration d'une douzaine d'heures dans la quantit�
de sucre n�cessaire � l'op�ration de cuisson;
- gel�es: le jus des fruits est extrait par pressage, broyage ou
centrifugation apr�s pr�cuisson dans tr�s peu d'eau pour provoquer l'�clatement
des cellules du fruit et faciliter l'expression du jus. Cette extraction du jus
doit se faire � chaud pour d�truire les enzymes pectolytiques qui emp�chent la
g�lification et entra�nent des fermentations
pectiques.
4.2.3 Cuisson - concentration
Principe
Cette op�ration essentielle de la cha�ne de transformation vise
�:
- diminuer la teneur en eau;
- dissoudre la pectine des fruits;
- pasteuriser le m�lange (c'est-�-dire inhiber le d�veloppement
des micro - organismes par la chaleur);
- dissoudre le sucre et provoquer son inversion partielle �
raison de 30 � 50 pour cent (ce sucre, ou saccharose, se transforme en glucose
et en fructose); et
- modifier le go�t des fruits de fa�on contr�l�e.
Pour assurer une bonne conservation des produits finis, il faut
que leur teneur totale en sucres (sucres des fruits + sucres ajout�s) atteigne
apr�s cuisson 63 � 65 pour cent (55 pour cent seulement dans le cas des
marmelades), ce qui correspond � un extrait sec soluble ayant une teneur de 65 �
67 pour cent. La cuisson des fruits se fait en pr�sence de sucres, de pectine et
d'acides, agents de g�lification et de conservation du produit fini. Ces trois
agents seront �tudi�s successivement.
a) Sucres
Ceux-ci sont utilis�s sous plusieurs formes:
- sucre de canne ou de betterave (saccharose, forme
solide);
- �dulcorants liquides (sucre inverti, sirop de glucose, etc.,
anticristallisants mais chers);
- miel (si celui-ci est plus facilement disponible que le
sucre);
- sucres de fruits (raisins, pommes, dattes), On les fabrique
par concentration de mo�ts de fruits. Ces sucres, bien que pouvant r�pondre aux
probl�mes d'approvisionnement en sucre de certains pays, sont cependant tr�s
acides, charg�s en sels et d�naturent la saveur des confitures par leur go�t
caram�lis�. Ils entra�nent de plus une mauvaise g�lification et ont un pouvoir
sucrant inf�rieur � celui du saccharose (1 kg de sucre cristallis� �quivaut �
1,5 kg de sucre de raisin).
Le sucre est ajout� aux fruits dans des proportions pouvant
varier th�oriquement entre 50 et 80 pour cent. Si l'on sort de ces limites, les
probl�mes suivants se posent:
- en dessous de 50 pour cent:
·
g�lification impossible (cas des compotes); ·
risque de moisissures ou de fermentations; ·
confitures trop liquides
- en dessus de 80 pour cent:
· limite
de solubilit� du saccharose (ce qui implique une caram�lisation du sucre non
dissous);
· go�t et ar�mes des fruits
masqu�s par le sucre;
· prise en masse trop rapide;
· confitures trop fermes;
· risque de cristallisation du
sucre
On ajoute en g�n�ral de 63 � 65 pour cent de sucre (par rapport
au poids final de la confiture).
Le saccharose peut �tre additionn� sous forme cristallis�e
solide (ce qui entra�ne le risque d'une l�g�re caram�lisation du sucre en
surface) ou liquide (apr�s dissolution). Cette derni�re m�thode pr�sente
l'avantage de pr�server la pectine, les ar�mes, la texture et la couleur des
fruits, ceux-ci �tant plac�s directement dans un milieu bouillant qui bloque les
d�gradations enzymatiques.
b) Pectines
Ce sont les substances responsables de la formation du gel.
Elles sont contenues naturellement dans les fruits, en plus ou moins grande
quantit�. Il peut �tre n�cessaire d'en rajouter au cours de la cuisson pour
assurer la g�lification du m�lange.
On utilise:
- soit des fruits verts ou des �corces de fruits
riches en pectines (agrumes, mangues, pommes: peaux ou jus concentr�s);
- soit des pectines du commerce sous forme liquide ou solide (on
doit dans ce cas les diluer auparavant dans de l'eau);
Il existe des pectines � prise plus rapide, que l'on utilise
dans le cas des confitures pour favoriser une g�lification pr�coce, avant
remont�e des morceaux de fruits en surface. Les pectines � prise plus lente sont
utilis�es lorsqu'on veut conditionner � plus basse temp�rature (pour �viter la
caram�lisation ou l'exc�s d'inversion du sucre).
La pectine est ajout�e en fin de cuisson, car une temp�rature
trop �lev�e pendant un temps trop long la d�nature et lui fait perdre son
pouvoir g�lifiant.
La dose � ajouter varie selon les fruits. Les citrons, les
pommes, les oranges et les mangues sont d�j� riches en pectines, tandis que les
ananas et les figues en sont pauvres.
c) Acides
Ils sont indispensables dans la fabrication des confitures et
servent �:
- emp�cher le d�veloppement des
micro-organismes; - mettre les pectines en solution pour qu'elles forment un
gel; - permettre l'inversion du saccharose.
La plupart des fruits sont acides et ont donc un pH peu �lev�:
- fruits tr�s acides (par exemple citrons): 1,9 �
2,5; - fruits moyennement acides: 2,5 � 3,5; - fruits peu acides (par
exemple pommes): 3,5 � 4,5.
Le tableau 18 indique le degr� d'acidit� de diff�rents fruits.
On corrige le pH des fruits faiblement acides en ajoutant soit
du jus de citrons ou de limes, soit de l'acide citrique (ou encore tartrique ou
ac�tique) sous forme aqueuse ou anhydre.
Le pH optimal � obtenir est compris entre 2,9 et 3,3. Une trop
forte acidit� finale pr�sente les inconv�nients suivants: vitesse de
g�lification trop rapide, inversion excessive du saccharose et alt�ration du
go�t du produit fini. Si, par contre, l'acidit� est trop faible, la g�lification
se fera mal ou n'aura pas lieu. L'acide doit �tre ajout� en fin de cuisson, car
la temp�rature du m�lange doit �tre suffisamment �lev�e pour que le gel soit
homog�ne.
A titre indicatif, le tableau 19 indique les doses d'acide �
ajouter pour 100 kg de confitures pr�par�es � partir de fruits faiblement
acides.
d) Equilibre sucre-acide-pectine
Ces trois facteurs sont li�s et leurs pourcentages respectifs
d�terminent les limites de la zone de g�lification (voir figure 50).
Figure 50. Limite de la zone
de g�lification en fonction des facteurs sucre, acidit�, pectine
(Source: CHEFTEL, H., CHEFTEL, J.C.,
1980)
Les limites de variation des doses de sucre et d'acide sont
beaucoup plus larges dans le cas de fruits riches en pectine.
On voit que plus l'acidit� est forte, plus la quantit� de sucre
� utiliser est faible. Il existe donc une grande vari�t� de formules de
fabrication des confitures, gel�es et marmelades en fonction:
- de la richesse des fruits en ar�mes, couleur et
pectine; et - des imp�ratifs �conomiques (disponibilit� en sucre,
notamment).
En g�n�ral, les quantit�s de fruits mises en oeuvre sont �gales
ou l�g�rement sup�rieures aux quantit�s de sucre, comme le montre le tableau 20
qui permet de d�terminer les quantit�s respectives de sucre et de fruits �
utiliser pour obtenir une confiture dont la teneur en mati�re s�che soit
convenable, compte tenu de la teneur initiale en glucides (sucres) des fruits.
Cette teneur, donn�e dans le tableau 21, correspond tr�s approximativement �
l'indice r�fractom�trique des fruits. Comme on l'a vu dans la section 4.2.3,
l'extrait sec soluble optimal du produit fini se situe entre 65 et 67 pour cent.
Tableau 18. Acidit� et richesse des fruits en
pectine
Fruits
pH
Pectines (%)
Bananes
4,4-5,2
Ananas
3,2-5,2
Melons
4,5-6,8
Pamplemousses
2,8-3,8
Pommes
2,8-3,2
0,8
Goyaves
3,3-4
0,3
Mangues
4-5,5
Papayes
5-5,5
0,83
Oranges
3,2-4,2
1,2
Citrons
2,1-2,5
Grenadilles
2,8-3
0,2-0,25
Tamarins
2,7-3
Limes
1,9-2,0
Pommes de cajou
Ch�taignes
6,0
Kakis
0,21-0,73
Tableau 19. Doses d'acide pour 100 kg de confitures de
fruits � pH �lev�
Fruits riches en pectine
Fruits pauvres en pectine
Solution d'acide citrique � 50%
0,175-0,230 l
0,320-0,400 l
Solution d'acide tartrique � 50%
0,120-0,160 l
0,220-0,280 l
(Source: GENEST, J.P., et MALEGEANT, J.Y.,
1981)
Tableau 20. Proportions de fruits et de sucre dans les
confitures
Quantit� de sucre mise en oeuvre (kg)
Indice
55
56
57
58
59
r�fractom�trique
des fruits
55
60
65
55
60
65
55
60
65
55
60
65
55
60
65
(%)
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
7
-
-
-
-
60,2
60,55
60,8
61,2
61,55
61,8
62,2
62,55
62,8
63,2
63,55
8
-
-
60,2
60,4
60,8
61,2
61,4
61,8
62,2
62,4
62,8
63,2
63,4
63,8
64,2
9
-
60,4
60,85
60,95
61,4
61,85
61,95
62,4
62,85
62,95
63,4
63,85
63,95
64,4
64,85
10
60,5
61,0
61,5
61,5
62,0
62,5
62,5
63,0
63,5
63,5
64,0
64,5
64,5
65,0
65,5
11
61,05
61,6
62,15
62,05
62,6
63,15
63,05
63,6
64,15
64,05
64,6
65,15
65,05
65,6
66,15
12
61,2
62,2
62,8
62,6
63,2
63,8
63,6
64,2
64,8
64,6
65,2
65,8
65,6
66,2
66,8
13
62,15
62,8
63,45
63,15
63,8
64,45
64,15
64,8
65,45
65,15
65,8
66,45
66,15
66,8
67,45
14
62,7
63,4
64,1
63,7
64,4
65,1
64,7
65,4
66,1
65,7
66,4
67,1
66,7
67,4
68,1
15
63,25
64,0
64,75
64,25
65,0
65,75
65,25
66,0
66,75
66,25
67,0
67,75
67,25
68,0
68,75
16
63,8
64,6
65,4
64,8
65,6
66,4
65,8
66,6
67,4
66,8
67,6
68,4
67,8
68,6
69,4
17
64,35
65,2
66,05
65,35
66,2
67,05
66,35
67,2
68,05
67,35
68,2
69,05
68,35
69,2
70,05
18
64,9
65,8
65,8
65,9
66,8
66,8
66,9
67,8
67,8
67,9
66,8
68,8
68,9
69,8
69,8
19
65,45
66,4
67,35
66,45
67,4
68,35
67,45
68,4
69,35
68,45
69,4
70,35
69,45
70,4
71,35
20
66,0
67,0
68,0
67,0
68,0
69,0
68,0
69,0
70,0
69,0
70,0
71,0
70,0
71,0
72,0
Teneur en mati�res s�ches (en kg pour 100 kg de confitures)
Tableau 20. Proportions de fruits et de sucre dans les
confitures (suite)
Quantit� de sucre mise en oeuvre (kg)
Indice
60
61
62
63
64
r�fractom�trique
Quantit� de fruits mise en oeuvre (kg)
des fruits
55
60
65
55
60
65
55
60
65
55
60
65
55
60
65
(%)
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
%
7
63,8
64,2
64,55
64,8
65,2
66,55
65,8
66,2
66,55
66,8
67,2
67,55
67,8
68,2
68,55
8
64,4
64,8
65,2
65,4
65,8
66,2
66,4
66,8
67,2
67,4
67,8
68,2
68,4
68,8
69,2
9
64,95
65,4
65,85
65,95
66,4
66,85
66,95
67,4
67,85
67,95
68,4
68,85
68,95
69,4
69,85
10
65,5
66,0
66,5
66,5
67,0
67,5
67,5
68,0
68,5
68,5
69,0
69,5
69,5
70,0
70,5
11
66,05
66,6
67,15
67,05
67,6
68,15
68,05
68,6
69,15
69,05
69,6
70,15
70,05
70,6
71,15
12
66,6
67,2
67,8
67,6
68,2
68,8
68,6
69,2
69,8
69,6
70,2
70,8
70,6
71,2
71,8
13
67,15
67,8
68,45
68,15
68,8
69,45
69,15
69,8
70,45
70,15
70,8
71,45
71,15
71,8
72,45
14
67,7
68,4
69,1
68,7
69,4
70,1
69,7
70,4
71,1
70,7
71,4
72,1
71,7
72,4
73,1
15
68,25
69,0
69,75
69,25
70,0
70,75
70,25
71,0
71,75
71,25
72,0
72,75
72,25
73,0
73,75
16
68,8
69,6
70,4
69,8
70,6
71,4
70,8
71,6
72,4
71,8
72,6
73,4
72,8
72,6
74,4
17
69,35
70,2
71,05
70,35
71,2
72,05
71,35
72,2
73,05
72,35
73,2
74,05
73,35
74,2
-
18
69,9
70,8
71,7
70,9
71,8
72,7
71,9
72,8
73,7
72,9
73,8
74,7
73,9
74,8
-
19
70,45
71,4
72,35
71,45
72,4
73,35
72,45
73,4
74,35
73,45
74,4
75,35
74,45
-
-
20
71,0
72,0
73,0
72,0
73,0
74,0
73,0
74,0
75,0
74,0
75,0
-
75,0
-
-
Teneur en mati�res s�ches (en kg pour 100 kg de confitures)
Tableau 21. Teneur des fruits en glucides
Fruits
Sucre (%)
Abricots
10
Mangues
15
Past�ques
6,7
Citrons
2 � 9
Oranges
9
Goyaves
11
Kakis
15
Melons
6,5
Tamarins
21
Pamplemousses
6
Pommes
12
Papayes
10
Bananes
20
Litchis
16
Corossols
18
Grenadilles
22
Ananas
12
Figues
18
Limes
12
Tableau 22. Inconv�nients d'un temps de cuisson trop
court ou trop long dans la fabrication des confitures
Temps trop court
Temps trop long
Inversion insuffisante du saccharose
D�gradation excessive de la pectine (mauvaise g�lification)
Risque de fermentation et d�veloppement de moisissures
Inversion trop importante (risque de cristallisation du glucose
donnant un go�t sableux)
Fruits durs
Perte d'ar�mes, brunissement, perte de vitamines
D�sagr�gation des fruits
Perte d'�nergie
Si l'on se r�f�re au tableau 20, on voit par exemple qu'une
teneur en mati�res s�ches solubles de la confiture d'environ 67 pour cent peut
s'obtenir par cuisson de:
- 63 kg de sucre et 60 kg de fruits (pour des fruits
dont l'indice r�fractom�trique est �gal � 7 pour cent); ou
- 59 kg de sucre et 65 kg de fruits (dans le cas de fruits
d'indice �gal � 12 pour cent); ou encore
- 57 kg de sucre et 55 kg de fruits (pour des fruits dont
l'indice est �gal � 18 pour cent).
On peut suivre deux proc�dures pour calculer les proportions
respectives de fruits et de sucre � mettre en oeuvre dans la fabrication des
confitures, des gel�es et des marmelades. On peut:
- soit utiliser les tableaux 20 et 21, comme on
vient de le voir;
- soit effectuer soi-m�me le calcul de la fa�on suivante, en
consid�rant que le sucre contient 100 pour cent de mati�re s�che.
Supposons que l'on veuille obtenir 100 kg de confiture � 65 pour
cent de mati�res s�ches � partir de fruits contenant 10 pour cent de mati�res
s�ches. Si l'on dispose de 60 kg de fruits, ceux-ci contiendront 6 kg de
mati�res s�ches. Etant donn� que l'on veut obtenir 100 kg de confiture � 65 pour
cent de mati�res s�ches - c'est-�-dire 65 kg de mati�res s�ches en tout - il
faudra ajouter 59 kg de sucre. C'est bien le chiffre que l'on retrouve au
tableau 20. Il faudra, dans ce cas, �vaporer 60 + 59 - 100 = 19 kg d'eau.
Si l'on �tait parti de 100 kg de fruits (c'est-�-dire 10 kg de
mati�res s�ches), il aurait fallu ajouter 55 kg de sucre et �vaporer 100 + 55 -
100 = 55 kg d'eau.
Comme on peut le constater, la cuisson sera beaucoup plus longue
dans le deuxi�me cas, car la quantit� d'eau � �vaporer est beaucoup plus
consid�rable. L'�conomie de sucre entra�ne donc une plus grande consommation
d'�nergie.
e) Temps de cuisson
Il doit �tre de 10 mn environ, en r�gle g�n�rale. Le tableau 22
r�pertorie les inconv�nients d'une cuisson trop longue ou trop courte.
Il faut donc stopper la cuisson � temps pour �viter ces
inconv�nients. Pour ce faire, on peut utiliser plusieurs m�thodes simples de
contr�le:
Au stade artisanal, on peut avoir recours:
- � la nappe, au moyen d'une louche: la
confiture doit former une nappe en s'�gouttant;
- au contact d'un r�cipient froid: si la g�lification a lieu, la
cuisson doit �tre arr�t�e;
- � la mesure de la temp�rature: il existe une correspondance
entre la temp�rature d'�bullition � la pression atmosph�rique et le pourcentage
de mati�res s�ches (tableau 23).
Le savoir-faire des artisans joue ici un r�le important.
Tableau 23. Correspondance entre la temp�rature
d'�bullition et le pourcentage de mati�res s�ches d'une confiture
Temp�rature
Pourcentage de mati�res s�ches
102,4°C
55
103,8°C
60
104,3°C
63
105,0°C
65
105,5°C
67
105,7°C
68
Au stade semi-industriel, on peut se servir:
- du densim�tre (figure 51), instrument qui permet de mesurer la
densit� et le pourcentage d'extrait sec soluble (tableau 24).
Tableau 24. Correspondance entre la densit� et le
pourcentage d'extrait sec soluble d'une confiture
Extrait sec soluble (pourcentage)
Densit�
60
1,288
63
1,307
65
1,318
67
1,331
69
1,343
70
1,349
On arr�te la cuisson lorsque la valeur indiqu�e par le
densim�tre correspond au pourcentage d�sir� de mati�res s�ches dans la confiture
(65 � 67 pour cent, en g�n�ral).
Figure 51. Densim�tres
- du r�fractom�tre (figure 52), appareil qui mesure la d�viation
d'un rayon lumineux � travers une solution de sucre. Cette d�viation est
proportionnelle � la concentration de sucre.
Figure 52. R�fractom�tre �
main
Le temps de cuisson d�pend du mat�riel utilis�. Il est donc
difficile de conseiller un temps particulier pour chaque fruit.
Mat�riel
a) Mat�riel de cuisson
La cuisson se fait en bassines ouvertes, qui permettent une
�vaporation rapide de l'eau et offrent des surfaces de chauffe et d'�vaporation
importantes.
Les bassines conviennent aussi bien au stade artisanal (petites
bassines d'une capacit� de 20 � 50 kg) qu'au stade semi-industriel (bassines de
100 � 200 kg).
Il en existe de plusieurs formes:
- � fond rond (figure 53); - � fond rond et bords
�vas�s (forme dite bordelaise) (figure 54); - � fond plat �
�vaporation rapide (figure 55).
Pour la construction des bassines, on peut utiliser les
mat�riaux suivants: cuivre �tam�, acier inoxydable, terre cuite, fonte ou
aluminium; l'�paisseur devrait �tre de 5 mm en moyenne.
Le choix se fait en fonction des disponibilit�s du pays
consid�r� et des propri�t�s des divers mat�riaux (tableau 25).
Il est possible de construire des marmites de cuisson sur place,
en se r�f�rant par exemple � la fiche T 189 de Gret.
Les bassines peuvent �tre fixes (munies si possible d'un syst�me
d'agitation m�canique pour brasser la masse) ou basculantes. Les bassines fixes
conviennent mieux pour des produits plus �pais (marmelades de pommes, par
exemple).
Figure 53. Bassine de cuisson � fond rond
El�vation
Coupe verticale
Figure 54. Bassine de cuisson
bordelaise
Figure 55. Bassine de cuisson
� fond plat
Tableau 25. Avantages et inconv�nients des mat�riaux
de constitution des bassines � confiture
Mat�riaux
Avantages
Inconv�nients
Fonte, terre cuite
Bonne diffusion de chaleur
Fragile
Cuivre �tam�
Excellent coefficient de transfert de chaleur (mont�e rapide en
temp�rature, pas de probl�mes de surchauffe)
Entretien difficile Corrosion par les acides des fruits
Acier inoxydable
Entretien facile R�siste � la corrosion N'oxyde pas la
vitamine C des fruits
Coefficient de transfert de chaleur moins bon, d'o� consommation
d'�nergie sup�rieure (m�me si l'on diminue l'�paisseur des parois)
Aluminium
Coefficient de transfert de chaleur plus �lev� que celui de
l'inox Mat�riau l�ger
Faible r�sistance aux acides Modifie la couleur des
confitures
Le chauffage des bassines peut se faire par:
- combustion de mat�riaux divers (bois, biomasse,
etc.);
- gaz;
- vapeur (dans le cas des grandes bassines � double fond). La
vapeur n�cessite des investissements plus importants (chaudi�re,
etc.).
On a vu qu'un temps de cuisson r�duit (proche de 10 mn) �tait
pr�f�rable. A chauffage �gal, les petites bassines sont plus avantageuses que
les grandes.
Enfin, le tableau 26 r�sume les avantages et les inconv�nients
des bassines de cuisson.
Le mode d'emploi des bassines ouvertes est le suivant. Il faut
successivement:
- charger les fruits, la pulpe ou le jus avec la
moiti� du sucre et l'eau, �ventuellement; - porter � �bullition 3 � 4 mn sans
agiter; - continuer la cuisson en remuant; - ajouter l'acide et la pectine
en fin de cuisson;
Le temps total de cuisson est compris entre 10 et 12 mn.
Tableau 26. Avantages et inconv�nients des bassines
ouvertes
Avantages
Inconv�nients
Co�t peu �lev�
Bon aspect des confitures (les confitures de fruits entiers ou
oreillons se font qu'en petites bassines)
Les principes volatils restent fix�s par le sucre
Le conditionnement peut se faire directement (a chaud)
Consommation d'�nergie importante (surtout au moment de la mise
en temp�rature), sauf si l'on utilise de la biomasse comme combustible
Les temp�ratures �lev�es (104°C) d�naturent facilement les
fruits
Temps de cuisson assez long
b) Autre mat�riel n�cessaire
- papier pH, pour mesurer l'acidit�; - �cumoire,
pour �cumer la confiture en cours ou en fin de cuisson; - balance � plateaux,
pour peser les divers ingr�dients (fruits, sucre); - cuill�re doseuse en
bois.
Cas particuliers
Il est possible de faire des confitures avec ou sans adjonction
de pectine, selon la teneur en pectine des fruits eux-m�mes.
Les fruits riches en pectine peuvent �tre transform�s en
confitures ou gel�es sans que l'on ait besoin d'en ajouter. Le test suivant
permet de se rendre compte de la richesse d'un fruit en pectine. On m�lange 5 ml
de jus de fruits avec 10 ml d'alcool. On agite le m�lange puis laisse reposer 1
� 2 mn. On constate la formation d'un gel pour les fruits riches en pectine, et
la formation de flocons tr�s fins qui s�dimentent (g�lification non homog�ne)
pour les fruits pauvres en pectine.
a) Fruits pauvres en pectine
Dans ce cas, on ajoute soit de la pectine du commerce, soit de
la pectine faite � partir de fruits riches, soit encore des fruits. Le temps de
cuisson est alors beaucoup plus court.
Pour fabriquer de la pectine � partir des fruits, on proc�de
comme suit:
- on �pluche et d�coupe les fruits et on leur ajoute
1 l d'eau et 2 cuill�res � soupe de jus de citron par kg de fruits pr�par�s;
- on porte le m�lange � �bullition pendant 30 mn en remuant, on
presse et on filtre;
- le marc obtenu est additionn� de son poids d'eau, port� �
�bullition pendant 30 mn, filtr� et ajout� au jus provenant de la premi�re
filtration. Le tout est r�duit par �bullition au quart du volume
initial.
Si l'on utilise des pectines du commerce dont le point de
g�lification se situe � 104°C, il faut se r�f�rer � leur degr� Sag,
c'est-�-dire � la quantit� de sucre que peut g�lifier 1 g de pectine dans une
gel�e renfermant 65 pour cent de sucres totaux et ayant un pH �gal � 3.
Les pectines du commerce ont en g�n�ral un degr� Sag de 150.
Mode de calcul de la quantit� de pectines � utiliser
Supposons que l'on veuille faire une confiture � 65 pour cent de
mati�res s�ches � partir de fruits contenant un certain pourcentage de pectine.
On peut estimer a 40 pour cent le pourcentage de pectine des fruits qui sera
d�grad�, c'est-�-dire perdu pendant la cuisson.
Si l'on d�signe par
Pf
le poids de fruits;
y
le pourcentage de pectine contenu dans les fruits;
Pfs
le poids des mati�res s�ches contenues dans les fruits, et
Ps
le poids du sucre,
on peut �crire que:
- le poids de confiture obtenu sera �gal �
- le poids de pectine apport� par
les fruits sera �gal �
- le poids de pectine disponible
pour la g�lification sera �gal �
- le poids de sucre g�lifi� par
cette pectine sera �gal �
- le poids de sucre restant �
g�lifier sera �gal �
- le poids de pectine du commerce �
150°Sag � ajouter sera �gal �
Dans les cas o� les poids de fruits et de sucre sont identiques,
le poids de pectine � ajouter sera �gal �
On ajoute la pectine en fin de cuisson sous forme de solution
aqueuse � 2,5 pour cent.
Le tableau 27 donne, � titre d'exemple, les proportions des
divers ingr�dients entrant dans les confitures, les gel�es et les marmelades
faites � partir de diff�rents fruits dans les cas o� l'on ajoute de la pectine.
b) Fruits riches en pectine
Cette section viste surtout les gel�es, qui se font � partir de
fruits riches en pectine et en acides (pommes, oranges, citrons).
Les proportions d'ingr�dients pour les diff�rents fruits sont
indiqu�es au tableau 28.
Les temps de cuisson sont beaucoup plus longs que dans le cas de
fruits auxquels on a ajout� de la
pectine.
4.2.4 Post-traitements
A. Conditionnement
Principe
La temp�rature dans les bassines de cuisson avoisine
104-105°C, mais le temps de les vider suffit � faire tomber la temp�rature
� 80-90°C. On met donc en bo�tes le plus t�t possible pour d�truire par la
chaleur les micro-organismes susceptibles d'�tre pr�sents dans l'emballage et
�viter ainsi les risques ult�rieurs de fermentation et de moisissure. On peut
�galement conditionner la confiture ti�de dans le cas de fruits qui surnagent
facilement; on laisse alors refroidir la confiture quelque temps avant de la
verser en pots ou bo�tes, ceux-ci ayant �t� auparavant nettoy�s et �bouillant�s.
On obtient ainsi une meilleure r�partition des fruits dans les r�cipients.
Mat�riel
Il en sera question au chapitre 8 consacr� au conditionnement.
Les modes de conditionnement pr�conis�s sont les suivants:
- bo�tes de m�tal avec rev�tement interne (contre la
corrosion par les acides); - bocaux ou flacons de verre; - pots de terre
cuite.
Les modes de fermeture de ces emballages seront �tudi�s
ult�rieurement. Pr�cisons simplement que l'herm�ticit� des pots de confiture
peut �tre obtenue:
- soit par le mode normal de fermeture (Eurocap,
Twist off, joint de caoutchouc);
- soit par coulage d'une couche de paraffine;
- soit par d�p�t � la surface du produit d'une rondelle de
papier tremp� dans l'alcool ou la glyc�rine, ou encore d'une rondelle de
cellophane tremp�e dans un m�lange d'alcool et de glyc�rine en quantit�s �gales,
additionn� de 1 pour cent d'acide salicylique (pour �viter le dess�chement de la
rondelle).
Tableau 27. Proportions des ingr�dients et modes de
fabrication de confitures, gel�es ou marmelades (avec adjonction de pectine)
Type de produits
Fruits
Fruits Proportions
Mode d'emploi
Gel�es
Grenadilles
1 kg jus 1,5 kg sucre 10 � 14 g pectine avec 70 g sucre
Couper les fruits en deux, vider, recueillir le m�lange pulpe et
p�pins. Tamiser er r�cup�rer le jus. Porter � �bullition, ajouter la pectine et
le sucre. Ajouter le sucre en 3 fois avec reprise de l'�bullition entre chaque
fois. Oter du feu quand la temp�rature atteint 105°C.
Marmelades
Ananas
1,7 kg sucre 1 kg pur�e 8 g pectine avec 40 g
sucre 5 g d'acide citrique dilu� dans 10 ml d'eau
Couper en quatre. Peler les fruits, couper en
morceaux. Blanchir � l'eau bouillante. Ecraser les fruits. Cuire avec le
sucre. Avant la fin de la cuisson, ajouter pectine + acide
Agrumes
1 kg d'oranges 200 g citrons 30 g pectine + 40 g
sucre 1,5 kg sucre
Couper et �p�piner les fruits. Blanchir 20 mn � l'eau
bouillante contenant 100 g de zeste. Puis ajouter pectine et sucre. Cuire 20
mn. Ajouter le sucre. Cuire 20 mn.
Confitures
Ananas
1 kg fruits 1 kg sucre 10 � 20% de mangues (riches en
pectine)
Pr�parer les fruits comme ci-dessus. Cuire les morceaux 20 mn �
l'eau bouillante. Puis ajouter sucre + mangues. Cuire 5 mn
Goyaves
5 kg fruits 6,5 kg sucre 0,5 l eau 3,5 g sorbate de
potassium 30 g pectine avec 120-150 g sucre 30 g d'acide citrique dilu�
dans 4 cl eau
Eplucher et d�couper en morceaux. Pr�chauffer les fruits 20 mn �
�bullition. Puis cuire fruits + eau + sorbate de K jusqu'� �bullition. A ce
moment, ajouter la pectine, puis tout le sucre en 3 ou 4 fois. 2 ou 3 mn avant
la fin, ajouter l'acide.
Tableau 28. Proportions des ingr�dients entrant dans
la fabrication de confitures, gel�es et marmelades (sans adjonction de
pectine)
Fruits
Type de produits
Proportions
Eau
Temps de cuisson
Sucre
Fruits (pr�par�s)
Acide
Past�ques
Confitures
800 g
1 kg
10 g
0,7 l
40 mn
Pommes de cajou
Confitures
700-800 g
1 kg fruits cuits
0,3% (acide citrique ou tartrique)
0
Bananes
Confitures
1 kg
1 kg de fruits frais ou mi-confits � 30° Baum�
0
3-5 mn
Mangues
Confitures
800 g
1 kg
2 cuill�res � caf� de jus de citron 5 mn avant fin de cuisson
0
60 mn
Papayes
Confitures
750 g sucre 20 cl d'eau (sirop)
1 kg
1 jus de citron ou
0
40 mn
1 kg
1 kg
5 g d'acide par kg de fruits
Kakis
Confitures
1 volume
1 volume
1/8 volume
40 mn
Litchis
Confitures
1,5 volume
2 volumes
0
40 mn
Pommes
Confitures
1/3 volume
1/3 fruit
1/7 volume
40 mn
Ananas
Confitures
1 kg
1 kg
0
50 mn
Goyaves
Confitures
1,2 kg
1 kg
40 mn
Figues
Confitures
1 kg
1 kg
1/2 jus citron + zeste
0
Longue cuisson
Tamarins
Confitures
600 g
400 g (fruit tr�s acide)
0
0
Agrumes
- Citrons
Confitures
1 kg sucre et 1,4 l eau (sirop)
1 kg
0
0
30 mn
- Oranges
Confitures
2,5 volumes
3 volumes
2,5 volumes
60 mn
- Pample-mousses
Confitures
2 kg sucre et 1/2 l eau (sirop)
1 kg
- Mandarines
Confitures
750 g sucre et 0,2 l eau (sirop)
1 kg
10 mn
Goyaves
Gel�es
1,2 kg
1 kg jus
0
Citrons
Gel�es
1 kg
1 kg jus
0
Oranges
Gel�es
1 kg
1 kg jus
Zeste de citron blanchi
300 g
Kiwis
Gel�es
750 g
1 kg jus
0
Pommes
Gel�es
1 kg
1 kg jus
Jus citron 1 cuill�re
Mangues
Marmelades
650 g
1 kg pur�e
2 cuill�res � caf� jus citron
15 mn
Goyaves
Marmelades
750 g
1 kg
1 cuill�re � caf� jus citron
Kakis
Marmelades
1/2 volume
1 volume mac�ration 12 h
1/4 l
45 mn
Oranges
Marmelades
2 kg
1 kg
1 l
20 mn
Melons Past�ques
Marmelades
500 g
1 kg mac�ration 12 h
Citron
Pommes
Marmelades
1 kg
1 kg
Pour couvrir fruits et sucre
Il est pr�f�rable, dans les deux derniers cas, de pr�voir une
deuxi�me couverture de protection, par exemple un plastique tendu et retenu au
moyen d'un �lastique, pour pr�server au maximum le produit fini d'une
recontamination possible (moisissures, notamment) et assurer une protection
m�canique suffisante.
B. Refroidissement
Principe
Il doit se faire imm�diatement apr�s conditionnement, pour
�viter la d�gradation de la pectine ou une alt�ration de la couleur par r�action
de Maillard (brunissement, go�t de cuit).
Il faut �viter d'agiter les pots avant g�lification totale
(c'est-�-dire quelques jours apr�s refroidissement) pour �viter la formation
d'un gel granuleux.
Mat�riel
Le refroidissement se fait par immersion ou aspersion d'eau
froide (voir chapitre 2), ou par stockage dans un courant d'air
frais.
4.3 P�tes de fruits
4.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Le principe de conservation est le m�me que celui expos�
pr�c�demment pour les confitures.
Le diagramme de la figure 56 indique la marche � suivre pour ce
type de transformation.
Figure 56. Ligne de
fabrication de p�tes de fruits
Le produit fini doit avoir une teneur en sucres totaux
sup�rieure � 60 pour cent. En fait, l'extrait sec total doit �tre sup�rieur ou
�gal � 75 pour cent pour garantir une bonne conservation des p�tes de fruits.
L'avantage de cette fabrication est qu'elle peut valoriser des
�carts de triage � l'aide d'un mat�riel peu sophistiqu�.
Les capacit�s quotidiennes de production sont du m�me ordre que
pour les confitures et s'�chelonnent de 200 � 3 000 kg de produit fini par
jour.
4.3.2 Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Les fruits destin�s � la
transformation doivent subir les op�rations de lavage, �pluchage, d�coupage,
d�noyautage et �ventuellement �p�pinage.
Ils sont ensuite r�duits en pur�e, soit � froid par broyage,
soit � chaud par pr�cuisson � feu doux dans tr�s peu d'eau jusqu'� ce qu'ils
aient une consistance tendre.
La pur�e est ensuite tamis�e.
Il n'y a pas de pr�traitement sp�cifique selon les fruits;
ceux-ci subissent tous le m�me
traitement.
4.3.3 Cuisson
Principe
On ajoute � la pulpe de fruits un volume �gal de sucre
(saccharose) que l'on verse en plusieurs fois pour ne pas casser l'�bulliton. En
fin de cuisson, on ajoute du sirop de glucose afin de limiter le brunissement de
la pr�paration.
Il est possible, comme pour les confitures, d'ajouter ou non de
la pectine selon la richesse du fruit trait� et la dur�e de cuisson.
En cas d'adjonction de pectine, on peut utiliser:
- soit de la pulpe de fruits riches en pectine
(pommes, par exemple) que l'on ajoutera � la pur�e de fruit avant la cuisson;
- soit de la pectine du commerce que l'on incorporera � sec
pendant la cuisson. La pectine sera pr�alablement m�lang�e � du sucre en poudre
� raison de 1 g de pectine pour 10 g de sucre, afin d'�viter la prise en masse
et de faciliter l'homog�n�isation avec la pr�paration.
Il est �galement souhaitable, apr�s cuisson, d'ajouter de
l'acide (jus de citron ou de lime, ou encore acide citrique, tartrique, etc.)
dans le cas de fruits peu acides, cela en vue d'obtenir un pH voisin de 3,3 �
3,5 qui correspond � une g�lification optimale.
Les proportions � utiliser sont les suivantes:
Fruits: 50 pour cent au moins (par rapport au poids
final); Sucre: 60 pour cent; Pectine du commerce: 6 pour cent au
plus; Acide: jusqu'� ce que le pH atteigne 3,3 � 3,5.
Le temps de cuisson ne doit �tre:
- ni trop long, pour �viter une inversion trop
importante du saccharose (d'o� un probl�me de r�hydratation de la p�te de fruit
si celle-ci contient plus de 30 pour cent de sucre inverti en glucose) ainsi
qu'une d�gradation de la pectine et un brunissement de la pr�paration;
- ni trop court, pour �viter une inversion insuffisante du
saccharose (d'o� probl�me de dess�chement de la p�te de fruit si elle contient
moins de 22 pour cent de sucre inverti en glucose) et un risque de mauvaise
conservation (extrait sec soluble n'atteignant pas la valeur d�sir�e de 75 pour
cent).
En pratique, on arr�te la cuisson au bout de 10-15 mn environ;
celle-ci ne doit jamais d�passer 30-35 mn pour �viter les inconv�nients
pr�cit�s.
Il est n�cessaire de remuer tr�s souvent la pr�paration, surtout
en fin de cuisson, pour �viter une caram�lisation et un go�t de cuit dans le
produit fini.
Mat�riel
C'est le m�me que celui utilis� dans le cas des confitures.
Cas particuliers
Les dattes �tant naturellement tr�s sucr�es, on peut obtenir une
p�te de dattes simplement en d�noyautant les fruits ressu�s et en les broyant
dans un d�pulpeur. Il suffit ensuite de couler le m�lange dans un moule.
Pour les bananes et les pommes, le poids de sucre sera �gal �
celui de fruits
pr�par�s.
4.3.4 Post-traitements
A. Moulage
Principe
Imm�diatement apr�s la fin de la cuisson, on coule le m�lange
dans divers r�cipients ou sur diverses surfaces en une couche assez �paisse (1-2
cm).
Il ne faut pas laisser refroidir le m�lange trop longtemps avant
le moulage, sinon il se prend en masse dans la bassine. La temp�rature ne doit
pas descendre au dessous de 39°C.
Mat�riel
On utilise le mat�riel suivant:
- pour le moulage en r�cipients: des assiettes ou
des r�cipients plats � bords peu relev�s en plastique, en acier inoxydable ou en
verre, enduits de paraffine ou huil�s;
- pour le moulage sur une surface plane: des dalles de b�ton ou
des aires ciment�es planes et recouvertes d'un papier de protection contre la
poussi�re (papier aluminium ou papier kraft huil�, par exemple).
B. S�chage
Il se fait soit dans un endroit sec et a�r� (� l'air libre)
pendant quelques jours, soit dans une �tuve � 75-80°C pendant 10 � 12 h.
C. D�coupage
Il s'agit de d�couper la masse de p�te de fruits en morceaux de
formes et dimensions r�guli�res.
Les mat�riels de d�coupage ont �t� �voqu�s � la section 2.9. On
peut �galement, dans le cas des p�tes de fruits, utiliser un emporte-pi�ce qui
garantit la r�gularit� des morceaux et facilite le travail.
D. Enrobage
On utilise du sucre cristallis� ou de l'amidon dans lesquels on
roule les p�tes de fruits. On peut aussi candir les p�tes de fruits par trempage
dans un sirop � 72°Brix pendant 12 h.
E. Conditionnement
Cette op�ration sera �tudi�e au chapitre 8. Pour les p�tes de
fruits, on utilise des bo�tes m�talliques non serties ou en plastique rigide.
On dispose les p�tes en une ou plusieurs couches s�par�es par
des feuilles de
papier.
4.4 Sirops de fruits
4.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Les sirops s'obtiennent par �vaporation de jus de fruits
additionn� de sucre jusqu'� l'obtention d'une consistance suffisamment sirupeuse
du m�lange (environ 65 g de sucre pour 100 g de m�lange). La conservation du
produit est assur�e par une concentration en sucre telle que l'activit� de l'eau
soit suffisamment basse, ainsi que par l'acidit� naturelle des fruits.
La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e dans la
figure 57.
La fabrication des sirops de fruits peut �tre artisanale ou
semi-industrielle, avec une production pouvant varier de 50 � 500 kg de sirop
par heure.
Figure 57. Sch�ma g�n�ral de
la transformation des fruits en
sirop
4.4.2 Pr�traitements
La m�thode suivie est la m�me que pour la fabrication des jus et
nectars, qui sera trait�e dans la section 5.2; on retrouve les �tapes de
pr�paration des fruits en vue de l'extraction du jus, d'extraction proprement
dite par broyage, pressage ou diffusion et d'affinage du mo�t obtenu. On
trouvera le d�tail de ces op�rations dans le chapitre 2; des pr�cisions
concernant certains fruits seront donn�es dans la section 5.2.
Rappelons que l'extraction du jus se fait g�n�ralement � froid,
contrairement aux jus destin�s � la fabrication de gel�es.
Il existe cependant une deuxi�me m�thode d'extraction des jus
que l'on veut transformer en sirops: cette m�thode, moins employ�e, consiste �
laisser reposer les fruits dans le sucre pendant 24 h, � raison de 50 pour cent
en poids de fruits pr�par�s et 50 pour cent de sucre. Les fruits rendent leur
jus sous l'action du sucre (par diff�rence de pression osmotique) et il suffit
de tamiser l'ensemble pour r�cup�rer le
jus.
4.4.3 Cuisson-concentration
Principe
La cuisson a lieu apr�s adjonction de sucre dans la proportion
de 150 � 200 g de sucre pour 100 g de jus de fruits. (On peut aussi ajouter le
sucre sous forme de sirop fabriqu� � partir de la m�me quantit� de sucre m�lang�
� tr�s peu d'eau.)
Le r�le de la cuisson a �t� expos� dans le cas des confitures
dans la section 4.2.3. Il n'y a pas toutefois de g�lification du produit dans ce
cas, et cela pour deux raisons: le temps de cuisson est beaucoup plus court et
la pectine a �t� �limin�e au moment de la clarification du jus; de ce fait, le
produit fini reste liquide.
Le temps de cuisson doit �tre de 2 � 5 mn � partir de
l'�bullition. Il ne doit pas �tre trop long pour �viter tout ph�nom�ne de
brunissement et go�t de cuit. Cependant, il doit �tre suffisant pour atteindre
la concentration en sucre d�sir�e qui est de l'ordre de 65 g de sucre pour 100 g
de sirop (les sirops de fruits titrent en g�n�ral 65 � 70° Brix, le degr�
Brix �tant �quivalent au pourcentage de sucre). Un degr� Brix est �gal � 1,82
degr� Baum�, approximativement.
On stoppe la cuisson lorsque le sirop est � la concentration
voulue. S'il est trop concentr�, il risque d'y avoir formation de cristaux de
sucre et il faut alors ajouter de l'eau au sirop; s'il n'est pas assez
concentr�, il risque de fermenter et il faut prolonger l'�bullition. La cuisson
doit donc �tre surveill�e avec soin.
Mat�riel
a) Mat�riel de cuisson
On utilise des bassines ouvertes semblables � celles d�crites
pr�c�demment pour les confitures (section 4.2.3).
b) Mat�riel de mesure
On peut utiliser un r�fractom�tre, un densim�tre ou encore un
p�se-sirop, sorte de tube gradu� que l'on plonge dans une �prouvette contenant
un �chantillon de sirop. On lit la teneur en sucre en degr�s Baum� (un degr�
Baum� vaut environ 0,55 degr� Brix). On doit obtenir un sirop titrant 30 �
32°Baum� s'il est bouillant, ou 35 � 37°Baum� s'il est test� froid.
Le tableau 29 rappelle les correspondances entre les diff�rentes
grandeurs mesur�es � l'aide des appareils que l'on vient de mentionner.
Cas particuliers
En g�n�ral, on ajoute 100 � 200 g de sucre pour 100 g de jus
(c'est le cas des raisins, par exemple). Pour certains fruits, cependant, les
proportions diff�rent comme le montre le tableau 30.
Dans le cas des agrumes, on peut am�liorer le go�t du produit
fini en ajoutant un m�lange constitu� des zestes broy�s avec une fois et demie
leur poids en sucre. Cette p�te doit avoir la m�me teneur en sucre que le sirop
pour rester en suspension.
Le sirop obtenu � partir de noix de coco est pr�par� de fa�on un
peu diff�rente. On r�pe la chair du fruit apr�s d�bourrage et concassage, puis
on la presse (� la presse hydraulique); on obtient ainsi un lait de coco que
l'on additionne d'un volume �gal de sirop � 43°Baum�. On fait bouillir le
tout jusqu'� ce qu'il titre 75°Brix, puis on
tamise.
4.4.4 Post-traitements
a) Conditionnement
Le temps de vider la bassine suffit � refroidir le sirop jusque
vers 65-70°C, temp�rature � laquelle doit se faire le conditionnement pour
assurer la pasteurisation du r�cipient.
L'emballage le plus utilis� est la bouteille de verre, qui doit
�tre pr�chauff�e avant remplissage pour �viter la casse. Etant transparentes,
les bouteilles devront �tre conserv�es � l'abri de la lumi�re pour �viter des
modifications de la couleur naturelle des sirops.
Pour plus de d�tails, on se reportera au chapitre 8 consacr� au
conditionnement.
b) Refroidissement
Il est n�cessaire de refroidir pour �viter une alt�ration des
qualit�s organoleptiques du sirop (brunissement, go�t de cuit, etc.).
Le refroidissement s'effectue par trempage ou par aspersion des
r�cipients � l'eau froide.
c) Reconstitution avant consommation
Il faut diluer le sirop, avant consommation, � raison d'un litre
de sirop pour 4 � 5 l d'eau.
Tableau 29. Correspondance entre les grandeurs
mesur�es au thermom�tre, au r�fractom�tre, au p�se-sirop et au densim�tre
Temp�rature d'�bullition (thermom�tre)
Pourcentage d'extrait sec soluble (assimilable au degr�
Brix) (r�fractom�tre)
Degr� Baum� (p�se-sirop)
Densit� (densim�tre)
102,4°C
55%
29,7
1,259
103,8°C
60%
32,3
1,288
105,0°C
65%
34,9
1,318
106,2°C
70%
37,4
1,349
107,5°C
75%
39,9
1,382
Tableau 30. Sirops de fruits - Proportions de sucre et
de fruits
Fruits
Sucre
Jus
Tamarins
400 g
100 g
Grenadilles
400 g
100 g (+ 0,5% de gomme adragante)
Raisins
170 g
100 g
Abricots
950 g
1 l
Ananas
1 kg
Jus d'un fruit avec 3/4 l d'eau
Pommes
1 kg
0,7 l
Pamplemousses
800 g
1 l
Citrons
1 kg
1 l d'eau et 4 citrons
Oranges
1 kg
1 l d'eau et 14 oranges 2-5 g d'acide citrique par litre de
sirop
4.5 Fruits confits
4.5.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Le principe de conservation est le m�me que pour les confitures:
on remplace le liquide cellulaire des fruits par un sirop de sucre selon le
principe de diffusion par osmose.
Les fruits, entiers ou en tranches, sont plac�s dans des bains
successifs de sirop dont on augmente graduellement la concentration en sucre
jusqu'� saturation du produit. Il faut donc que la concentration en sucre du
sirop soit sup�rieure � celle du suc cellulaire.
La fabrication des fruits confits pose toutefois les probl�mes
suivants;
- elle est assez longue;
- les fruits ne conservent pas totalement leur texture et leur
saveur originelles (trop forte concentration en sucre);
- l'approvisionnement en sucre n'est pas toujours
ais�.
Le produit fini doit avoir une concentration minimale en sucre
�gale � 75 pour cent. La figure 58 illustre le processus de fabrication des
fruits confits.
Figure 58. Ligne de
fabrication de fruits confits
La fabrication des fruits confits, et notamment l'�tape du
confisage, est tr�s longue. Pour rentabiliser l'unit� de transformation, il est
donc indispensable de disposer de plusieurs jeux de marmites de cuisson ou de
plusieurs ensembles de bacs � confisage, selon l'�chelle consid�r�e, ou encore
de ne consid�rer la fabrication des fruits confits que comme une subdivision
d'une unit� de production ax�e sur un autre type de transformation (les
confitures ou les p�tes de fruits, par exemple). Les quantit�s qui pourront �tre
produites se chiffrent alors � environ 50-500 kg de produit fini par semaine,
selon l'�chelle
consid�r�e.
4.5.2 Pr�traitements
Ils ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Quelques compl�ments
sp�cifiques au confisage pourront �tre utiles.
a) Compl�ment concernant le triage
Seule la maturit� importe. Les fruits doivent �tre juste m�rs ou
cueillis l�g�rement avant leur maturit�; s'ils sont trop m�rs, il se d�sagr�gent
en effet pendant l'op�ration de confisage; s'ils sont trop verts, ils manquent
de souplesse au cours de cette transformation et se racornissent.
La couleur et la forme ne sont pas des crit�res de s�lection
pour le confisage.
b) Compl�ments concernant le lavage
Le lavage a pour but de faire d�gorger les fruits pour faciliter
le confisage. Il s'effectue par trempage en eau sal�e (c'est-�-dire dans une
saumure). Lorsqu'il dure plusieurs jours, le but recherch� est de provoquer un
d�but de fermentation du produit.
Plusieurs rin�ages rapides doivent succ�der � ce trempage.
Le tableau 31 donne des pr�cisions relatives � certains fruits.
Les autres fruits se contentent en g�n�ral d'un simple lavage � l'eau froide.
c) Compl�ments relatifs au parage, au d�coupage, au
d�noyautage et � l'�p�pinage
Les fruits peuvent �tre confits entiers ou en tranches
(rondelles, fruits coup�s en deux, carpelles d'agrumes, etc.). Apr�s parage, on
�p�pine ou on d�noyaute les fruits (op�ration facultative); dans ce cas, le vide
laiss� par le noyau peut ou non �tre combl� par de la pulpe du m�me fruit.
L'�pluchage n'est pas indispensable. On peut aussi confire des
�corces de fruits, notamment d'agrumes. Cependant, si l'on �pluche les fruits et
qu'on ne les traite pas imm�diatement, il est conseill� de les conserver dans de
l'eau froide pour �viter leur oxydation.
Le tableau 32 �num�re les �tapes � effectuer et l'ordre dans
lequel elles interviennent selon le fruit consid�r�.
d) Compl�ments concernant le traitement par des agents de
conservation
On utilise en g�n�ral 7 � 8 g de soufre par m3 de
chambre de soufrage pendant 12 � 24 h.
Ces doses peuvent toutefois varier selon les fruits ainsi que
selon le mode de traitement choisi (soufrage ou sulfitage), comme le montrent
les exemples ci-dessous:
- pommes de cajou: trempage dans du m�tabisulfite de
sodium pendant 2 ou 3 jours;
- �corces d'agrumes: trempage dans de l'anhydride sulfureux
(SO2) � 1 pour cent;
- abricots: fumigation � raison de 400 g de soufre pour 100 kg
de fruits, ou trempage bref dans une solution d'hydroxyde de calcium � 4 pour
cent.
Tableau 31. Cas particulier du lavage des fruits avant
confisage
Pomme cajou
Saumure � 2% pendant 24 h. Puis saumures plus concentr�es
jusqu'� 10% en augmentant la teneur en sel de 2% par jour
Past�que, melon
Saumure � 20% pendant 2 jours
Kumquat
Saumure � 4% de sel (chlorure de sodium) avec 0,5% de bisulfite
de sodium
Figue
Solution � 4% de sel et 1% de bisulfite de sodium pendant
quelques jours
Papaye
Eau + 15 g de jus de lime par litre, pendant 3 � 4 h
Olive
Saumure 15-20%
Ecorces d'agrumes
Saumure � 15%
Tableau 32. Epluchage et d�coupage pour la pr�paration
de fruits confits Pr�cisions selon les fruits
Fruits
Etapes
Raisin
Egrapper, piquer avec une aiguille
Olive
D�noyauter (facultatif)
Mangue
Eplucher, d�couper, d�noyauter
Datte, Figue
Piquer la peau (avec une aiguille ou une fourchette ou une s�rie
d'�pingles mont�es sur un bouchon)
Papaye, goyave, past�que, melon
Eplucher, d�couper, �p�piner (papaye: piquer la peau au
pr�alable)
Abricot
D�couper, d�noyauter
Pomme cajou
Couper les deux extr�mit�s, piquer la peau, d�couper ou non
Banane
Eplucher, d�couper
Ananas
Couper en deux, �plucher, �ter le coeur, couper en tranches
Ecorce d'agrumes
Ne garder que la partie color�e de l'�corce (et non la partie
blanche am�re) et gratter celle-ci pour que l'huile essentielle contenue
s'�chappe
Ch�taigne
Fendre au couteau, �plucher (avant ou apr�s blanchiment)
Agrumes Kumquat
Piquer la peau, d�couper en carpelles
e) Compl�ments concernant le blanchiment
Outre les r�les expos�s � la section 2.15, le blanchiment permet
ici d'assouplir les tissus des fruits et d'accro�tre leur aptitude � �tre
confits. Le tableau 33 indique le temps et le mode de blanchiment pour
diff�rentes esp�ces fruiti�res destin�es au confisage.
On remarque que le temps de blanchiment des ch�taignes (s'il n'a
pas pour unique but de faciliter l'�pluchage) est tr�s long, car le fruit
contient des r�serves d'amidon qui offrent une grande r�sistance au gonflement
et � la g�latinisation.
Tableau 33. Temps et mode de blanchiment avant
confisage
Fruits
Mode de blanchiment
Temps de blanchiment
Pommes de cajou
Eau bouillante, puis puis vapeur
5 mn 5 mn
Ananas
Eau bouillante
10-25 mn
Kiwis
Eau bouillante
45 s
Kumquats
Eau bouillante
10-15 mn
Ch�taignes
Eau bouillante ou vapeur
1-2 mn temps plus long
Raisins
Eau bouillante
En 2 phases (la 1�re tr�s rapide, la 2e �tant une pr�cuisson)
Olives, mangues bananes, agrumes
Eau bouillante
10-15 mn
Figues
Eau bouillante
Rapide
Ecoces d'agrumes
Eau bouillante
Pendant des p�riodes successives de 1 h jusqu'� attendrissement
(changer l'eau pour �liminer les compos�s amers et l'huile de l'�corce en exc�s)
4.5.3 Confisage
Principe
Il consiste � remplacer l'eau contenue dans les cellules des
fruits blanchis par un sirop de sucre. La teneur en mati�res s�ches des fruits
confits doit �tre de 75 � 80 pour cent afin d'assurer une protection contre les
micro-organismes.
On a vu que la concentration en sucre des sirops doit �tre
sup�rieure � celle du liquide cellulaire des fruits, pour favoriser une bonne
p�n�tration du sucre. Cependant, les �carts ne doivent pas �tre trop importants
pour ne pas faire �clater les membranes cellulaires sous l'action de trop fortes
diff�rences de pression osmotique.
Les sirops utilis�s sont des sirops de saccharose (sucre de
canne ou de betterave) � 28°Baum� (ou 51°Brix), �ventuellement
additionn�s de glucose (ou de sucre inverti) au-del� de 28°Baum� pour
�viter la cristallisation du sucre dans les fruits.
Plusieurs m�thodes de confisage sont possibles.
Un premier sirop bouillant est vers� sur les fruits. Apr�s
mac�ration pendant 24 h, ceux-ci sont �goutt�s et l'op�ration est r�p�t�e avec
un autre sirop de concentration sup�rieure. Les sirops affaiblis par le
confisage peuvent �tre:
- reconcentr�s par �bullition (15 � 25 mn chaque
fois);
- reconcentr�s par addition de sucre � chaud, sous agitation
(addition de 100 g de sucre par kg de sirop soutir�) et avec r�ajustement du
degr� Brix (ou Baum�), en rajoutant de l'eau si n�cessaire; ou
- utilis�s, si leur concentration est suffisante, pour le
confisage des fruits blanchis ou faiblement confits.
La m�thode inverse est bien plus ais�e. Le sirop concentr� passe
d'abord sur les fruits dont le confisage est au dernier stade. Au contact des
fruits, le sirop s'appauvrit et passe sur les fruits moins riches en sucre, etc.
A la fin, le sirop pauvre est concentr� par �bullition, additionn� de sirop
vierge de m�me densit� et renvoy� en t�te.
Le premier sirop utilis� est � 20°Baum� (ou 36°Brix),
le dernier � 36°Baum� (65 � 66 pour cent de sucre ou 65,4° Brix). On
peut aussi d�buter avec des sirops plus concentr�s que 20°Baum�.
Il est possible d'incorporer des colorants aux sirops si les
fruits ont �t� d�color�s � l'anhydride sulfureux.
Voici un exemple typique de la proc�dure � suivre:
- 1er jour: sirop � 29°Baum� (53 pour cent de
sucre), mac�ration pendant 24 h ou passage � l'�tuve pendant 1 � 2 h;
- 2e jour: sirop � 30°Baum� (55 pour cent de sucre);
- et ainsi de suite en augmentant la concentration en sucre de
1°Baum� par jour jusqu'au 7e jour;
- 7e jour: sirop � 35°Baum� (64 pour cent de
sucre).
Le confisage se fait � chaud, � une temp�rature d'environ
65°C: celle-ci diminue la viscosit� du sirop et augmente la vitesse de
confisage tout en diminuant les risques de contamination microbienne pendant
cette op�ration. Pour ce faire, on place le r�cipient contenant le sirop et les
fruits:
- au stade artisanal: dans un endroit chaud et
humide (70°C, humidit� relative 90 pour cent); - au stade
semi-industriel: dans une �tuve ou une pi�ce chauff�e a la vapeur.
Mat�riel
On utilise au stade artisanal des marmites de cuisson identiques
� celles mentionn�es dans la section 4.2.3. Un panier ainsi qu'un couvercle
lourd sont n�cessaires pour contenir les fruits et les maintenir immerg�s dans
le sirop.
Au stade semi-industriel, on travaille avec des bacs de
confisage (figure 59) constitu�s d'une s�rie de r�cipients chauff�s au
bain-marie par barbotage de vapeur. Le mode de chauffage peut �tre diff�rent et
les bacs mont�s sur un syst�me de rails qui permet de les renvoyer en d�but ou
en fin de cha�ne, selon les besoins.
Figure 59. Bacs de confisage
Cas particuliers
Les proc�dures � suivre pour les diff�rents fruits sont r�sum�es
dans le tableau 34. Les fruits sont en g�n�ral laiss�s 4 � 5 jours dans le
dernier sirop.
Autres m�thodes s'apparentant au confisage
- Semi-confisage (type pruneaux). Cette
m�thode peut s'appliquer aux petits fruits, � peau dure ou que l'on n'�pluche
pas (comme les kiwis). La technique est plus simple: on travaille jusqu'� une
concentration en sucre de 60 � 76 pour cent au maximum. Les fruits sont tout
d'abord piqu�s avec une aiguille, puis l'on extrait un peu de jus des fruits par
l�g�re pression ou passage � la vapeur. L'op�ration de confisage se d�roule
ensuite de la fa�on suivante: on passe, en une seule op�ration de cuisson d'une
trentaine de minutes, d'un sirop initial � 35°Brix contenant les fruits a
un sirop de 60 � 75°Brix. Le sirop est additionn� d'acide citrique � 0,4
pour cent.
Le produit est ensuite �goutt� puis s�ch� au soleil pendant
trois jours sur des claies recouvertes de plastique. Les fruits doivent �tre
retourn�s deux fois par jour.
- Proc�d� Osmovac. Il s'agit d'un confisage �
froid (d�shydratation par osmose). Le principe est le m�me que celui du
confisage, mais on ajoute une solution de sucre � froid. Les fruits sont ainsi
s�ch�s et sucr�s en surface.
Cette m�thode est facilement applicable aux
bananes.
4.5.4 Post-traitements
a) Lavage-�gouttage
Le lavage a pour but d'�ter le surplus de sucre en surface; il
est facultatif et se fait par trempage � l'eau chaude (voir la section 2.3).
L'�gouttage se fait sur tamis grillag�.
b) Gla�age
Le gla�age est un trempage dans un sirop de sucre tr�s concentr�
(70 � 80 pour cent de mati�res s�ches) � 120-130°C pour rendre les fruits
r�sistants au ramollissement par absorption d'eau. On utilise du sucre inverti
(par exemple du glucose � 80 pour cent, c'est-�-dire 800 g de glucose plus 200 g
d'eau donnant 1 kg de sirop, auquel on peut ajouter 0,5 � 1,0 pour cent de
pectine) ou un m�lange de glucose et de saccharose.
c) S�chage
Il se fait:
- soit sur claies � l'air libre ou au soleil pendant
3 jours (30-40°C);
- soit en �tuve sur des tamis ou des claies (les fruits �tant
espac�s pour qu'ils ne collent pas entre eux):
· �
75°C pendant 6 h; · ou � 65°C
pendant 8-10 h; · ou encore � 35°C
pendant 18 h.
d) Autres traitements
Les fruits confits non glac�s peuvent �tre saupoudr�s de sucre
cristallis� ou d'amidon apr�s s�chage.
e) Conditionnement
En th�orie, l'emballage n'est pas n�cessaire pour ces produits
qui sont stables, solides et pratiquement non hygroscopiques.
Il est cependant pr�f�rable de les disposer dans des emballages
�tanches � l'humidit�, comme le verre ou certaines mati�res plastiques, mais pas
dans du fer, � moins qu'il ne soit verni int�rieurement, sinon les fruits
confits noirciraient. On utilise dans ce dernier cas des bo�tes m�talliques non
serties.
Il est pr�f�rable d'�viter des temp�ratures d'entreposage trop
�lev�es. Une temp�rature de 18-20°C est recommand�e pour �viter une
dissolution du sucre en surface.
Tableau 34. Confisage des fruits - Concentrations des
sirops utilis�s et proc�dures � suivre
Fruits
Sirops
Proc�dures
Mangues
1er sirop: 1 d'eau + 3 kg sucre - 2 jours
Reconcentrer tous les jours 15-25 mn jusqu'� obtention du
produit final
Pommes de cajou
1er sirop: 25-28°Brix - 24 h
Augmenter la concentration de 10°Brix par jour
Pommes de cajou (autre possibilit�)
1er sirop � 30°Brix (1 d'eau + 3 kg sucre). Porter �
�bullition 10 mn en agitant, ajouter 0,1% d'acide citrique � la fin de
l'agitation
Augmenter la concentration de 6°Brix par jour les 2e et 3e
jours, puis de 4°Brix les 6e, 7e et 8e jours et de 3°Brix jusqu'au 10e
jour. Du 10e au 15e jour, laisser les fruits dans le sirop final � 70°Brix
(70% de sucre)
Kumquats
1er sirop 30°Brix � chaud
Augmenter la concentration de 7°Brix par jour jusqu'�
75°Brix
Olives
Dur�e du confisage: 28-30 jours. Le sirop final doit titrer
85-90°Brix
Papayes
1er sirop � 50°Brix. Porter � �bullition
Reconcentrer jusqu'� 50°Brix, puis jusqu'� 70-75°Brix
(avec 50% sucre)
Bananes
1er sirop � 44°Brix
Concentrer jusqu'� 66°Brix en 8 � 10 fois et en ajoutant du
glucose � partir de 58°Brix
Ananas
1er sirop � 25% de glucose et 75% de saccharose avec 1 g d'acide
citrique par kg de sirop. 24 h � 50°C
Augmenter � 40°Brix, puis jusqu'� 55°Brix (en
augmentant la concentration de 10°Brix par jour) avec 50% de glucose et 50%
de saccharose
Melons, past�ques
1er sirop � 35-45°Brix
Augmenter la concentration de 8-10°Brix par jour jusqu'�
75°Brix
Abricots
1er sirop � 35-45°Brix (50% de saccharose et 50% de
glucose)
Augmenter la concentration de 8-10°Brix par jour jusqu'�
72-74°Brix
Figues
1er sirop � 30°Brix � chaud (70% de saccharose et 30% de
glucose)
Augmenter la concentration de 5 � 10°Brix par jour jusqu'�
une concentration de sucre dans les fruits de 68% (60% de saccharose, 40%
glucose)
Kiwis
Sirop � 72°Brix
Ch�taignes
1er sirop � 40°Brix moyennement chaud
Augmenter la concentration de 5-10°Brix par jour jusqu'�
70°Brix
Raisins
1er sirop � 18°Brix
Augmenter la concentration jusqu'� 75°Brix en 11 jours
Ecorces d'agrumes
1er sirop a 27-35°Brix, �bullition pendant 24-48 h
Augmenter la concentration jusqu'� 70°Brix en 48 h
(directement ou avec un palier � 60°Brix). Finir � 75°Brix
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
5.1 Introduction
5.2 Produits liquides: Jus et nectars
5.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.2.2 Pr�traitements
5.2.3 Pasteurisation
5.2.4 Post-traitements
5.3 Produits solides: Pulpes, pur�es et compotes
5.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.3.2 Pr�traitements
5.3.3 Pasteurisation
5.4 Produits solides: Fruits au naturel et au sirop
5.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.4.2 Pr�traitements
5.4.3 Pasteurisation
5.4.4 Post-traitements - Refroidissement
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
5.1 Introduction
La technique de conservation �tudi�e dans le pr�sent chapitre
consiste � faire subir aux fruits pr�par�s sous diff�rentes formes (jus, pur�es,
morceaux) un traitement thermique dans le but de:
- d�truire les micro-organismes pr�sents sous forme
v�g�tative (levures, moisissures, bact�ries). Les bact�ries sporul�es (forme
thermor�sistante) sont inhib�es par l'acidit� naturelle des fruits (de pH
inf�rieur � 4,5, en g�n�ral); il en r�sulte qu'une simple pasteurisation
stabilisatrice, c'est-�-dire l'application d'une temp�rature inf�rieure ou �gale
� 100°C pendant un temps donn�, est suffisante;
- contribuer � inhiber des alt�rations enzymatiques (alt�rations
de couleur et de texture).
Pour �viter une recontamination microbienne ult�rieure, il est
n�cessaire que le traitement thermique soit coupl� � un conditionnement en
r�cipient herm�tique. Ce conditionnement peut pr�c�der ou suivre le traitement
thermique.
Diff�rents types de produits seront �tudi�s dans ce chapitre:
- liquides: jus et nectars; - solides: pur�es et
compotes, fruits au sirop.
Pour assurer la stabilit� des produits, la temp�rature � coeur
des r�cipients qui les contiennent doit �tre port�e � environ:
- 82-85°C pour les pur�es et compotes; -
80-85°C pour les jus troubles et de pH 3,5 � 4,2; - 75-80°C pour
les jus limpides et de pH inf�rieur � 3,5; - 85°C pour les fruits au
naturel ou au
sirop.
5.2 Produits liquides: Jus et nectars
5.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
La transformation en jus et nectars peut �tre r�alis�e �
l'�chelle artisanale aussi bien qu'� l'�chelle semi-industrielle. Selon les
mat�riels utilis�s, il est possible de produire entre 200 et 300 l/jour. Le
sch�ma g�n�ral de la transformation des fruits en jus et nectars est illustr� �
la figure 60.
Figure 60. Ligne de
transformation des fruits en jus ou
nectars
5.2.2 Pr�traitements
a) Pr�cisions concernant le lavage et le nettoyage
Ces op�rations sont indispensables pour que la qualit� des jus
ne soit pas alt�r�e par d'�ventuels micro-organismes d�velopp�s en surface des
fruits. Elles doivent s'appliquer � tous les fruits.
La pomme cajou, en raison de l'astringence de son jus, doit
subir un trempage en eau froide durant plusieurs heures.
b) Pr�cisions concernant le triage
Les fruits doivent �tre trait�s au moment o� ils ont atteint
leur saveur et leur couleur optimales, c'est-�-dire � pleine maturit�. Les
fruits ab�m�s doivent �tre �cart�s.
La transformation permet de valoriser les rebuts de calibrage
(triage par taille) d'autres types de pr�paration (comme les fruits au sirop,
par exemple).
c) Pr�cisions concernant la pr�paration des fruits et
l'extraction/affinage du mo�t
Les traitements devant pr�c�der l'extraction du jus sont
�num�r�s au tableau 35.
Tableau 35. Pr�traitements devant pr�c�der
l'extraction du jus
Fruits
Epluchage
D�noyautage
Ep�pinage
Blanchiment, pr�cuisson
D�coupage
R�page Broyage
Foulage
Mangues
Vapeur 2,5 mn ou soude
X
Abricots
X
X
En deux
Agrumes
Facultatif (par abrasion) pour r�cup�rer l'huile
En deux uniquement
Goyaves
Traitement des fruits entiers (ou d�coupage en deux et
r�cup�ration de la pulpe et des p�pins)
Grenadilles
Idem
Raisins
5 mn dans l'eau � 60-70°C (apr�s foulage)
Past�ques
X
X
X
Papayes
X
X
X
Pommes
X
X
Pommes de cajou
X
X
Corossols, cachimans
X
X
Ananas
X
En deux (avant �pluchage), puis en morceaux
Tamarins
D�corticage
Le jus perdu au cours de ces pr�traitements doit si possible
�tre r�cup�r� pour �tre ajout� au jus provenant de l'extraction, car il est en
g�n�ral plus riche et plus parfum� que celui-ci.
L'extraction se fait par broyage, diffusion ou pressage, comme
il est indiqu� au chapitre 2 (sections 2.10 � 2.12). Elle est suivie d'une
op�ration d'affinage du mo�t qui se subdivise en plusieurs �tapes, � savoir:
- tamisage; - clarification - d�bourbage; -
filtration (pour obtenir des jus limpides); - homog�n�isation (dans le cas de
jus pulpeux); - d�sa�ration (pour �liminer l'air du mo�t et �viter
l'oxydation de celui-ci).
Ces trois derni�res op�rations n'�tant pas indispensables et
n�cessitant des mat�riels co�teux, nous ne les envisagerons pas.
En g�n�ral, dans les petites unit�s artisanales, l'affinage se
limite au tamisage avec clarification grossi�re par d�cantation en cuve pendant
24 h, puis soutirage du jus. Au stade semi-industriel, on ajoute des enzymes de
clarification ou des adjuvants chimiques pour faciliter l'op�ration et en
diminuer la dur�e.
d) Addition de sucre, d'acide ou d'eau
Le tableau 36 donne une id�e des quantit�s d'ingr�dients que
l'on doit ajouter. Il faut, de fa�on g�n�rale, obtenir un liquide ayant un pH
compris entre 3 et 4 et dont la teneur en mati�res s�ches avoisine 13-15 pour
cent.
Tableau 36. Composition des jus et nectars de
fruits
Fruit
Sucre
Acide
Eau
Ananas
1 l jus
10 g
0
10 ml
Citrons Pamplemousses
1 l jus
100 g
0
Oranges
1 l jus
50 ml jus de citron
Corossols
Jus de 1 kg fruit + 1,5 l d'eau
4 g acide
Mangues
100 g pulpe
30 g
10 g jus
85 g
Goyaves
100 g pulpe
50 g
de citron ou 2-3 g d'acide
35 g
Papayes
100 g pulpe
40 g
1,5 g acide
150-200 g
Grenadilles
100 g pulpe
60 g
Tamarins
1 l jus
62 g
(tr�s acides)
Abricots
100 g pulpe
15 g
85 g
5.2.3 Pasteurisation
Principe
On applique au jus un couple temps/temp�rature (bar�me de
st�rilisation) pour obtenir une destruction des micro-organismes
pathog�nes et une stabilit� biochimique et physique.
La temp�rature doit �tre sup�rieure � 72°C pour �viter une
alt�ration du jus par les germes microbiens, mais inf�rieure ou �gale �
100°C pour limiter un brunissement du jus, un go�t de cuit et la
destruction des vitamines.
Le temps est compt� apr�s la mont�e en temp�rature, c'est-�-dire
une fois que le milieu chauffant a atteint la temp�rature d�sir�e.
On peut faire varier � volont� soit la dur�e du traitement, soit
la temp�rature. Pratiquement, il vaut mieux fixer une temp�rature et faire
varier le temps selon le fruit � traiter.
Le couple temps/temp�rature est fonction du fruit utilis�, du
produit fini � pasteuriser et du r�cipient de conditionnement.
En effet, pour une m�me temp�rature du milieu chauffant, le
transfert de chaleur est plus long si:
- le fruit est plus riche en sucre, en amidon ou en
sels min�raux; - le jus de fruit a une acidit� plus faible (ou un pH plus
�lev�); - le jus � traiter est plus visqueux (nectar); - le r�cipient de
conditionnement a un volume plus �lev�; - le r�cipient est en verre et non en
m�tal.
Le bar�me de pasteurisation est donc propre � chaque produit en
fonction du type de conditionnement. On peut le d�terminer sur �chantillon, par
mesure de la temp�rature � coeur d'une bo�te contenant le produit � pasteuriser,
apr�s diff�rents temps de chauffage, jusqu'� obtention de la temp�rature
d�sir�e; en pratique, cependant, on appliquera au milieu chauffant une
temp�rature toujours sup�rieure � celle que l'on s'est fix�e.
Il est possible d'appliquer le traitement thermique aux jus de
fruits soit avant, soit apr�s le conditionnement.
a) Traitement thermique apr�s conditionnement
Dans ce cas, le produit mis en bo�te est pr�chauff� dans le but
de:
- combattre la corrosion des bo�tes (en cas de
r�cipients m�talliques) en �liminant l'oxyg�ne;
- diminuer le temps de pasteurisation;
- r�duire la pression interne des r�cipients pendant le
traitement thermique en �liminant les gaz dissous;
- pr�server la saveur, la couleur et les vitamines.
Le pr�chauffage se fait � une temp�rature n'exc�dant pas
70-75°C, parfois 80°C. Apr�s avoir ferm� les r�cipients, on les
pasteurise imm�diatement de fa�on � ce que la temp�rature � coeur atteigne
80-85°C pour les jus troubles ayant un pH compris entre 3,5 et 4,2 et
75-80°C pour les jus limpides ayant un pH inf�rieur � 3,5.
Cette technique est d�nomm�e appertisation,
c'est-�-dire application d'un couple temps/temp�rature � un produit plac� dans
un r�cipient herm�tiquement clos. Elle s'applique de la fa�on suivante:
- mont�e en temp�rature jusqu'� 72°C
minimum; - maintien de cette temp�rature pendant 15 minutes environ; -
refroidissement pendant 15 minutes.
Bien entendu, les bar�mes varient en fonction des divers
facteurs mentionn�s pr�c�demment; les chiffres indiqu�s ci-dessus repr�sentent
donc une moyenne.
b) Traitement thermique avant conditionnement
La pasteurisation des jus en vrac doit �tre effectu�e � une
temp�rature sup�rieure � 85°C pour tenir compte des d�perditions de chaleur
lors du remplissage qui suit. Apr�s remplissage et fermeture des r�cipients, il
faut les retourner pendant trois minutes et les agiter pour que le liquide chaud
vienne au contact de toute la surface int�rieure de ces r�cipients: c'est
l'autopasteurisation.
Le traitement par la chaleur des jus non conditionn�s se fait en
g�n�ral par flash pasteurisation, c'est-�-dire en suivant la
proc�dure ci-apr�s:
- porter tr�s rapidement le jus � une temp�rature de
85 � 95°C (en 2-3 s);
- le maintenir pendant 10-12 s au plus � cette temp�rature;
- refroidir imm�diatement � 82-85°C;
- emballer � cette temp�rature (les r�cipients en verre
supportent mal les chocs thermiques et doivent �tre pr�chauff�s).
On peut toutefois appliquer un traitement thermique en vrac de
fa�on continue, par petites quantit�s de jus chauff�es directement dans des
bassines en agitant le liquide et en contr�lant la temp�rature qui ne doit pas
�tre trop �lev�e pour limiter toute alt�ration des qualit�s organoleptiques du
jus. Le temps de pasteurisation est alors plus long que dans le cas de la flash
pasteurisation (une trentaine de minutes environ), jusqu'� obtention de la
temp�rature d�sir�e (75-85°C).
Mat�riel
Pour la pasteurisation apr�s conditionnement, on peut utiliser
au stade artisanal soit des pasteurisateurs discontinus (figure 61), soit des
lessiveuses fonctionnant comme un bain-marie (figure 62).
- Pasteurisateur discontinu. Les r�cipients
de conditionnement sont dispos�s les uns � c�t� des autres dans un panier �
claire-voie. Le panier est introduit dans un bac qui re�oit de l'eau tombant
sous forme de pluie et chauff�e par de la vapeur. Le panier est retir� � la fin
de l'op�ration et recharg� pour un nouveau cycle. On peut utiliser des bacs
pouvant contenir deux paniers. Au stade artisanal, on traite ainsi 20 � 80
litres � l'heure.
- Lessiveuse. Les r�cipients, dispos�s ou non dans un
panier � claire-voie, sont plac�s dans une lessiveuse chauff�e � feu nu,
comportant un syst�me de cales (pour que les r�cipients ne reposent pas
directement sur le fond) et contenant de l'eau de fa�on � ce que les flacons,
bouteilles ou bo�tes soient immerg�s. Cette m�thode ne permet pas le traitement
de fortes capacit�s (20 � 40 litres � l'heure, en moyenne).
Au stade artisanal, on peut �galement pasteuriser avant
conditionnement. Dans ce cas, on chauffe le jus en vrac dans des marmites d'une
capacit� 20-50 kg ou dans de petits pasteurisateurs basculants (figure 63)
comportant un robinet pour l'�vacuation du liquide pasteuris�. Ces appareils
sont chauff�s � feu nu.
Au stade semi-industriel, on peut employer �galement des
pasteurisateurs discontinus de capacit� sup�rieure pour le traitement thermique
apr�s conditionnement. On utilise dans ce cas des chariots plut�t que des
paniers pour le chargement des r�cipients de conditionnement. Le tableau 37
donne un exemple de ce type de mat�riel et de ses caract�ristiques.
Si le traitement thermique a lieu avant conditionnement, on
emploie la flash pasteurisation. Celle-ci est r�alis�e dans un �changeur de
chaleur � plaques en acier inoxydable chauff�es � l'eau ou � la vapeur. Le
tableau 39 donne les caract�ristiques de ces deux modes de chauffage, tandis que
la figure 64 illustre un �changeur et son sch�ma de principe.
L'�changeur est constitu� de plaques m�talliques press�es les
unes contre les autres de fa�on � former des circuits altern�s pour l'�coulement
du jus, d'une part, et le passage de l'agent chauffant (ou refroidissant),
d'autre part. Le jus ruisselle en couche mince le long de ces plaques chauff�es.
L'�changeur peut comporter une section de refroidissement qui r�cup�re les
calories et les transmet au jus qui entre. Chauffage et refroidissement peuvent
ainsi �tre r�alis�s dans un m�me appareil.
Le tableau 38 donne les caract�ristiques d'un mat�riel de ce
type.
Cas particuliers
On a vu que les normes � appliquer pour la pasteurisation des
liquides �taient fonction de plusieurs facteurs (format des r�cipients de
conditionnement, mat�riau de ces r�cipients, temp�rature de pr�chauffage, esp�ce
fruiti�re, etc.). Le tableau 40 indique les normes � respecter selon les fruits,
dans les deux cas d'un traitement thermique r�alis� avant ou apr�s
conditionnement.
5.2.4 Post-traitements
a) Conditionnement
Pour le conditionnement des jus, on utilise les r�cipients
suivants:
- bo�tes m�talliques vernies int�rieurement et
serties (les formats sont normalis�s, on se r�f�rera au tableau 54 concernant
les principales normes utilis�es);
- flacons ou bouteilles de verre;
- complexes carton-aluminium ou aluminium-plastique;
- mati�res plastiques (sous forme de sachets thermosoud�s). Les
bouteilles plastiques ne seront pas �tudi�es ici � cause des probl�mes
d'herm�ticit� que pose leur syst�me de fermeture.
Figure 61. Pasteurisateur
discontinu
(Source: Urion, E., Rouleau, H., 1958)
Figure 62. Lessiveuse
fonctionnant comme bain-marie
Figure 63. Pasteurisateur
basculant � feu nu
(Source: Grenouillet, 1976)
Tableau 37. Caract�ristiques d'un pasteurisateur �
bouteilles (exemple)
(Source: Caron, P.A., 1967)
D�bit horaire
260 bouteilles de 1 l sur 2 �tages d'un chariot (donc 260 l/h)
Dur�e totale du traitement
60 mn
Consommation d'eau
0,7-0,9 m3/h
Consommation de vapeur
40 kg/h
Puissance absorb�e
0,75 CV
Dimensions ext�rieures
Longueur
1,9 m
Largeur
1 m
Hauteur
1,5 m
Sch�ma de traitement
Introduction du chariot Arrosage par eau et mont�e en
temp�rature en 25 mn Maintien de la temp�rature (20 mn) Refroidissement 10
mn Arr�t et sortie du chariot
Tableau 38. Caract�ristiques d'un �changeur � plaques
(flash pasteurisation)
(Source: Caron, P.A., 1967)
D�bit horaire
50 � 500 l/h
Consommation d'eau
jusqu'� 750 m3/h
Taux de r�cup�ration
75-80%
Dimensions
Longueur
jusqu'� 1,3 m (variable selon le d�bit horaire)
Largeur
0,1-0,6 m
Hauteur
0,5-1,5 m
Sch�ma de traitement
Pr�chauffage Chauffage jusqu'� la temp�rature de
pasteurisation Maintien de cette temp�rature Pr�refroidissement par
r�cup�ration de chaleur et refroidissement par eau Refroidissement par eau
glac�e ou saumure
Dur�e du traitement
Variable (30-70 s)
Figure 64. Echangeur de chaleur � plaques
Sch�ma de principe
Vue g�n�rale d'un �changeur �
plaques
(Sources: Urion, E., Rouleau, H., 1948 pour le
sch�ma de principe, et Caron, P.A., 1967 pour la vue de l'�changeur communiqu�e
par ALFA-LAVAL.)
Tableau 39. Caract�ristiques des deux modes de
chauffage des plaques d'un �changeur
Chauffage � l'eau
Chauffage � la vapeur
Pas de risque de surchauffe du jus
Probl�me de r�gulation de temp�rature
Possibilit� de r�gler la temp�rature de l'eau facilement (il
suffit qu'elle soit sup�rieure de 3°C � celle du jus)
Risques de surchauffe
De toute fa�on, la pasteurisation apr�s conditionnement n'est
r�alis�e que dans le cas de r�cipients de m�tal ou de verre. On se reportera au
chapitre 8 pour tous les d�tails concernant les types de conditionnement et
leurs modes de fermeture.
Tableau 40. Normes de pasteurisation des jus et
nectars
Fruits
Pr�chauffage
Pasteurisation en r�cipients
Flash pasteurisation
Temps
Temp�rature
R�cipient
Temps
Temp�rature
Refroidissement
Pommes
30 mn
77°C
30-60 s
88°C
80°C
Tamarins
15 mn
100°C
Verre
Corossols (nectar)
10-15 mn
100°C
Verre
Mangues (nectar)
82-85°C
10 mn
100°C
Bo�te n°2
60 s
88°C
80°C
Papayes (nectar)
82-85°C
10 mn
100°C
Bo�te n°2
Ananas
70°C
10 mn
100°C
Bo�te n°2
88-95°C
85°C
20 mn
82°C
Bo�te n°2
Abricots (nectar)
82-85°C
15-20 mn
100°C
Bo�te n°1 et
96°C
85°C
20-30 mn
bo�te n°1
Raisins
85°C
30 mn
80°C
Verre
82-85°C
79°C
10 mn
100°C
Bo�te n°1 1/4
Pommes de cajou
80°C
20-30 mn
82-85°C
Grenadilles
1,5 mn
avec agitation
Bo�te n°1
4 mn
77-82°C
Bo�te n°10
Oranges
30 s
87°C
80°C
Goyaves (nectar)
60 s
88°C
79°C
Pamplemousses
88°C
10 mn
100°C
Bo�te n°1 1/4
45 s
85°C
79°C
Citrons
80°C
74°C
30 s
77°C
b) Refroidissement
Apr�s l'�tape pasteurisation/conditionnement, un refroidissement
rapide des r�cipients doit �tre effectu� jusqu'� temp�rature ambiante (30°C
environ) afin d'�viter les risques de surcuisson avec le brunissement et le go�t
de cuit qui en r�sultent. Les r�cipients de verre doivent �tre refroidis avec
pr�caution et lentement pour �viter qu'ils ne se cassent.
On proc�de par trempage des r�cipients dans des bacs aliment�s
en eau courante (celle-ci doit �tre renouvel�e constamment pour �viter qu'elle
se r�chauffe au contact des r�cipients) ou par aspersion d'eau froide (gr�ce �
des rampes de jets situ�es au-dessus d'une bande
transporteuse).
5.3 Produits solides: Pulpes, pur�es et compotes
5.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Les produits �tudi�s dans cette section peuvent �tre subdivis�s
en deux cat�gories:
- les pulpes, produites par extraction de la chair
des fruits suivie d'une r�duction en morceaux ou d'une lac�ration et que l'on
conditionne ensuite sans jutage, sauf parfois avec l'eau provenant du
blanchiment;
- les pur�es et compotes, produites elles aussi par extraction
de la chair du fruit suivie d'une cuisson r�alis�e dans tr�s peu d'eau. On
ajoute ensuite du sucre avant conditionnement ou avant cuisson. Dans ce cas, la
pr�paration est la m�me que celle des confitures, mais le temps de cuisson est
moins long et la quantit� de sucre utilis� moins importante.
Dans les deux cas, le sucre ajout� ou contenu naturellement dans
les fruits n'est pas � une concentration suffisante pour assurer la conservation
du produit. On doit donc effectuer une pasteurisation ou un simple embo�tage �
chaud suivi d'un refroidissement du r�cipient apr�s sa fermeture, c'est-�-dire
une autopasteurisation.
La ligne g�n�rale de transformation est illustr�e � la figure
65.
Cette transformation est applicable � l'�chelle artisanale ou
semi-industrielle et permet la production quotidienne d'environ 50 � 500 kg de
compote, pur�e ou pulpe de fruits par jour dans le cadre d'une unit� artisanale,
et de 500 kg � quelques tonnes par jour pour dans une unit�
semi-industrielle.
5.3.2 Pr�traitements
Le chapitre 2 ayant �t� consacr� � l'�tude des pr�traitements,
seuls quelques compl�ments concernant directement la transformation des fruits
en pur�es, compotes ou pulpes seront donn�s ci-apr�s.
A. Compl�ments concernant le triage
Les fruits m�rs et � chair ferme seront transform�s en pulpes et
les fruits de maturit� avanc�e mais sains, en pur�es et compotes.
La transformation en pulpe, pur�e ou compote permet de valoriser
les rebuts de calibrage (provenant par exemple de la ligne fruits au sirop ou au
naturel).
B. Compl�ments concernant le d�coupage
Il suffit d'effectuer un d�coupage grossier, puisque les fruits
vont subir par la suite une cuisson ou une pr�cuisson qui d�sagr�gera leur
chair.
C. Compl�ments concernant le blanchiment et la pr�cuisson
(ligne pulpes)
Cette op�ration est indispensable car l'�tape suivante
d'embo�tage des pulpes doit se faire � chaud.
Le temps de blanchiment varie de 30 s � 3 mn. Les fruits dont la
chair ne se d�sagr�ge pas facilement subiront une pr�cuisson ou un blanchiment
suivi d'un broyage. Tout d�pend en fait de la consistance d�sir�e du produit
fini. Les deux m�thodes peuvent �tre appliqu�es.
Le tableau 41 donne les temps de blanchiment pour la pr�paration
des pulpes � appertiser.
D. Compl�ments concernant la cuisson (ligne compotes)
Cette op�ration se fait dans tr�s peu d'eau (de l'ordre de
0,2-0,25 l d'eau par kg de fruits) et dure au minimum une quinzaine de minutes
jusqu'� d�sagr�gation de la pulpe des fruits et ramollissement de la texture. Si
l'on ajoute du sucre avant cuisson, ce temps doit �tre raccourci. On se
reportera au paragraphe 5.3.2 pour les pr�cisions concernant le mat�riel de
cuisson.
E. Addition de sucre et d'acide
Il faut ajouter 100 g de sucre pour 600 � 700 g de fruits
pr�par�s. L'acide, incorpor� sous forme de jus de citron ou d'acide citrique,
est utilis� dans le cas de fruits � pH �lev�, de fa�on � ramener celui-ci � une
valeur n'exc�dant pas 4,5.
Dans le cas de la pur�e de ch�taignes, on ajoute simplement 2
pour cent de sucre et 1 pour cent de sel.
F. Embo�tage
Principe
L'embo�tage s'effectue � chaud apr�s la cuisson, la pr�cuisson
ou le blanchiment.
Dans la ligne des pulpes, on peut compl�ter le remplissage des
r�cipients (jutage) par l'eau provenant du blanchiment; cela permet de conserver
tous les principes nutritifs ayant diffus� dans cette eau et d'�viter les
risques de corrosion des bo�tes et d'alt�ration des fruits par oxydation.
Mat�riel
Compte tenu des �chelles de production choisies, on effectue le
remplissage manuellement au moyen d'une louche ou d'une remplisseuse-doseuse
pour produits p�teux (figure 67).
Les r�cipients utilis�s doivent �tre rigides, permettre
l'application d'un traitement thermique et comporter une fermeture herm�tique.
On emploie soit des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement, soit des flacons
ou des bocaux de verre.
D'une fa�on g�n�rale, il faut soigneusement nettoyer et laver �
l'eau bouillante tous les r�cipients utilis�s.
G. Pr�chauffage
On effectue cette op�ration selon la m�thode et avec le mat�riel
pr�sent�s dans la section 5.4.2.F.
Elle a pour r�le:
- de diminuer le temps de pasteurisation en
acc�l�rant les transferts de chaleur, particuli�rement lents dans le cas des
produits p�teux que sont les pulpes, pur�es et compotes;
- de d�gazer le produit et diminuer ainsi les risques de
corrosion, de trop forte pression, de fuites au niveau des points de moindre
r�sistance des r�cipients et d'alt�ration de leur contenu;
- d'offrir la possibilit� d'effectuer une autopasteurisation si
la temp�rature � laquelle est port� le contenu du r�cipient est
suffisante.
En pratique, il faut que la temp�rature � coeur du produit
atteigne 70 � 80°C et soit maintenue dans cet intervalle pendant quelques
minutes, ou bien qu'elle se situe entre 90 et 100°C si l'on veut effectuer
une autopasteurisation par la suite.
L'avantage du pr�chauffage est illustr� par l'exemple suivant:
- si l'on met en bo�tes de la pur�e d'abricots �
froid, une pasteurisation de 45 � 60 mn � 100°C est n�cessaire, avec
agitation des bo�tes;
- si, par contre, on proc�de � chaud (70-80°C), il suffit
d'appliquer un traitement � 100°C de 15 � 25 mn, selon le format des
bo�tes.
H. Fermeture des r�cipients de conditionnement
Elle doit avoir lieu imm�diatement apr�s le pr�chauffage. Ainsi,
on ne perd pas le b�n�fice du d�gazage et on limite la pression int�rieure dans
le r�cipient pendant la
pasteurisation.
5.3.3 Pasteurisation
Le principe de la pasteurisation a �t� expos� dans la section
5.2.3. Pr�cisons cependant que dans le cas des pulpes, pur�es et compotes, la
temp�rature � coeur du produit conditionn� doit �tre port�e � 82-85°C.
Si l'on effectue une simple autopasteurisation par retournement
du r�cipient contenant le produit pr�alablement chauff�, le temps de contact
entre produit et r�cipient doit �tre de 3 � 5 mn pour assurer la destruction des
agents de contamination, d'une part, et limiter les r�actions de brunissement,
d'autre part.
Si le pr�chauffage effectu� avant pasteurisation n'a pas permis
d'atteindre une temp�rature � coeur suffisante pour qu'une simple
autopasteurisation assure la conservation � long terme du produit fini, on devra
alors appliquer aux pulpes, pur�es et compotes des normes de pasteurisation
identiques � celles des fruits au sirop (tableau 46), mais uniquement si l'on a
proc�d� � un pr�chauffage.
Figure 65. Ligne de
fabrication des pulpes, pur�es et compotes
Tableau 41. Blanchiment des fruits en vue de
l'appertisation de leur pulpe
Fruits
Mode
Temps
Abricots
Eau 80-85°C
2 mn
Pommes
Eau 100°C
6-20 mn
Oranges
Eau 100°C
Quelques mn (vari�t�s douces) Pr�cuisson (vari�t�s am�res)
Ecorces d'agrumes
Eau 100°C
Pr�cuisson 30 mn-1 h
Mangues
Vapeur
2-2,5 mn
Ch�ta�gnes
Eau 100°C
15-25 mn
Si ce n'est pas le cas, les temps de traitement seront plus
longs (par exemple 45-60 mn � 100°C pour les abricots, 20 mn pour les
ananas, 30 mn pour les goyaves, 30-40 mn pour les pommes). Cette m�thode est
cependant moins recommand�e, un pr�chauffage �tant toujours souhaitable.
Les mat�riels de pasteurisation utilis�s sont les m�mes que ceux
qui ont �t� �tudi�s dans la section 5.2.3.b dans le cadre d'une pasteurisation
r�alis�e apr�s
conditionnement.
5.4 Produits solides: Fruits au naturel et au sirop
5.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Cette section est consacr�e � l'�tude des fruits conserv�s par
la chaleur mais pr�par�s de fa�on � ce qu'ils gardent l'aspect de fruits frais.
La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e � la figure 66.
Les �chelles de production envisag�es dans le cas de la
fabrication des pulpes, pur�es et compotes restent valables pour ces produits,
soit 50 � 500 kg par jour en unit� artisanale et 500 � 3 000 kg par jour en
unit�
semi-industrielle.
5.4.2 Pr�traitements
Les �tapes de triage, lavage, �pluchage, calibrage, d�noyautage
et �p�pinage doivent �tre effectu�es tr�s soigneusement puisque les fruits ne
subissent par la suite aucun broyage, pressage ou cuisson. Il est n�cessaire de
coupler � la qualit� du produit fini une pr�sentation homog�ne. Les op�rations
correspondantes ont �t� d�taill�es dans la chapitre 2 consacr� aux
pr�traitements.
A. Compl�ments concernant le d�coupage
Le d�coupage contribue � l'homog�n�isation et � la rapidit� du
transfert de chaleur au moment de la pasteurisation. Il est �videmment
indispensable lorsque les fruits trait�s sont trop gros pour �tre conditionn�s
tels quels. Les morceaux obtenus doivent �tre de taille et de forme homog�nes.
Le tableau 42 pr�cise les formes sous lesquelles les fruits
doivent �tre pr�sent�s.
B. Compl�ments concernant le blanchiment
Celui-ci n'est pas syst�matique. Lorsqu'il n'est pas r�alis�, le
pr�chauffage fait office de blanchiment, surtout dans la ligne de fabrication
des fruits au naturel o�, �tant r�alis� � une temp�rature inf�rieure � celle du
blanchiment, il pr�serve avantageusement la couleur et le parfum des fruits.
Lorsqu'il n'y a pas de pr�chauffage, les fruits sont
g�n�ralement blanchis. Le tableau 43 indique les temps et modes de blanchiment
appliqu�s � un certain nombre de fruits.
Les pommes n�cessitent toujours un blanchiment pour �viter un
brunissement pr�matur�, m�me dans le cas de la ligne fruits au naturel.
Figure 66. Ligne de
fabrication des fruits au sirop ou au naturel
C. Remplissage
Principe
Les fruits sont d�pos�s et tass�s, mais non �cras�s, dans les
r�cipients de conditionnement pr�alablement nettoy�s et lav�s � l'eau
bouillante. La r�partition des fruits doit �tre homog�ne et il doit y avoir le
moins de vide possible.
Lors du remplissage, il faut tenir compte du fait que les fruits
non pr�alablement blanchis subissent une r�traction de 15 � 20 pour cent en
poids pendant le traitement thermique. Cette op�ration doit �tre rapide ainsi
que le jutage qui va suivre, pour �viter un brunissement des fruits au contact
de l'oxyg�ne de l'air.
Mat�riel
Le remplissage manuel � la louche sur tables de conditionnement
(tables ordinaires ou tapis roulants sur lesquels circulent les bo�tes ou bocaux
� remplir) suffit dans le cas de petites unit�s de production artisanale. Le
remplissage automatique pr�sente d'ailleurs l'inconv�nient d'�craser les fruits
et de ne pas assurer un remplissage homog�ne.
Un pesage des r�cipients est n�cessaire pendant le remplissage
manuel pour s'assurer que le contenu net �goutt� des r�cipients est conforme �
la l�gislation. Le pesage n'est toutefois pas indispensable si le remplissage se
fait en fonction du nombre de tranches de fruits par bo�te.
Tableau 42. D�coupage des fruits destin�s aux lignes
de transformation Fruits au sirop et Fruits au
naturel
Fruits
Mode de d�coupage
Figues, ch�taignes, litchis, raisins
Non d�coup�s
Papayes, mangues
D�coupage en d�s ou en deux (joues de mangue)
Abricots
D�coupage en deux (oreillons)
Pommes
D�coupage en 4 ou 5 tranches
Ananas
D�coupage en tranches cylindriques ou en d�s
Bananes
D�coupage en rondelles
Melons, past�ques
D�coupage en d�s
Agrumes
D�coupage en carpelles (tranches)
Tableau 43. Blanchiment des fruits destin�s aux lignes
Fruits au sirop et Fruits au naturel
Fruits
Agent de blanchiment
Temps de blanchiment
Figues
Eau bouillante
5 mn
Abricots
Eau bouillante
1 mn
Pommes
Eau bouillange + 30% de sel
3-4 mn
Raisins, melons Plantains m�rs
Pas de blanchiment
Bananes
Eau bouillante
Quelques minutes
Pamplemousses
Vapeur
Quelques minutes
Une personne peut remplir manuellement 10 bo�tes environ par
minute. Les r�cipients utilis�s devant �tre rigides et r�sister � la chaleur, on
conditionnera les fruits soit dans des bo�tes m�talliques vernies
int�rieurement, soit dans des flacons ou bocaux de verre (voir le chapitre 8 sur
le conditionnement). Le tableau 44 donne un exemple de la quantit� de fruits
pouvant �tre introduite dans quelques bo�tes m�talliques normalis�es.
Tableau 44. Contenance de quelques r�cipients de
conditionnement
Format
Poids net minimal de fruits (kg)
Bo�te 5/1
4,250
Bo�te 2/1
1,700
Bo�te 1/1
0,500
Bo�te 1/2
0,240
D. Pr�paration des sirops
Principe
On ajoute, aux fruits plac�s dans les r�cipients, un liquide de
couverture (eau, sirop) dont le r�le est de faciliter la p�n�tration de la
chaleur � la pasteurisation, d'�viter les risques d'oxydation et d'am�liorer les
caract�ristiques organoleptiques du produit fini. Les sirops � juter peuvent
�tre de concentrations diff�rentes:
- au naturel: liquide de couverture � teneur en
sucre ne d�passant pas 16 pour cent;
- sirop l�ger: concentration en sucre �gale � 16-20 pour cent
(18-22 pour cent pour les abricots).
La concentration en sucre du sirop � juter est fonction de
plusieurs facteurs.
Si l'on d�signe par
Pn
le poids net du m�lange fruits/sirop dans le r�cipient;
Pf
le poids des fruits au remplissage, compte tenu de la r�traction
dans le cas des fruits non blanchis;
sf
la teneur des fruits en mati�res s�ches, et
sn
la teneur en mati�res s�ches du m�lange fruits/sirop,
on peut en d�duire que:
- le poids total des mati�res s�ches est �gal �
Pn · sn; - le poids des mati�res s�ches dans les
fruits est �gal � Pf · sf; - le poids des mati�res
s�ches dans le sirop est �gal � Pn · sn -
Pf · sf; - le poids de sirop est �gal �
Pn - Pf,
et �crire que la concentration du sucre � ajouter est �gale �:
Les grandeurs figurant dans cette derni�re formule seront
d�termin�es comme suit:
- sf au r�fractom�tre � fruits (une
goutte de jus de fruit suffit);
- Pf en prenant un �chantillon de r�cipients remplis,
en pesant les fruits contenus dans les r�cipients et en calculant leur poids
moyen;
- Pn en calculant la diff�rence entre le poids du
r�cipient plein et le poids du r�cipient vide;
- sn en prenant pour cette grandeur la concentration
en sucre finale Cf que l'on veut obtenir dans le liquide de
couverture.
En g�n�ral, la teneur en mati�res s�ches du sirop est sup�rieure
� celle des fruits (dans lesquels sf est inf�rieur � 18 pour cent).
De toute fa�on, apr�s quelque temps, un �quilibre s'�tablit entre la
concentration en sucre des fruits et celle du sirop, si bien que la
concentration globale sn devient inf�rieure � Cf. Pour
�tre s�r que la teneur en sucre du sirop apr�s �quilibre ne sera pas inf�rieure
au Cf fix�, on majore sn par rapport � Cf.
En pratique, les sirops sont fabriqu�s � partir de quantit�s
d'eau et de sucre � peu pr�s �gales � celles du sirop que l'on veut obtenir (on
ajoute simplement un peu plus d'eau pour tenir compte de l'�vaporation); le
m�lange est ensuite amen� � �bullition.
Mat�riel
Les sirops se pr�parent dans des bassines � confiture.
E. Jutage
Principe
Les vides laiss�s entre les fruits lors du remplissage sont
combl�s par un jus chaud (sirop ou eau de blanchiment). L'op�ration doit se
faire � chaud pour que les produits soient � peu pr�s � la temp�rature de
pr�chauffage; on r�alise ainsi une �conomie d'�nergie. D'autre part, le d�gazage
du produit est meilleur dans le cas d'un jutage � chaud (les sirops sont plus
fluides � chaud qu'� froid).
Il est n�cessaire de laisser un espace libre de 7 � 8 pour cent
au-dessus du produit au moment du jutage pour:
- compenser l'augmentation de volume du liquide de
couverture pendant la pasteurisation et �viter ainsi une surpression �
l'int�rieur des bo�tes et une fragilisation de celles-ci au niveau des points de
moindre r�sistances (sertis);
- faciliter les �changes de chaleur.
Cependant, il ne faut pas laisser un vide trop important, sinon
il y a risque d'oxydation pouvant conduire � une corrosion des bo�tes et � la
d�gradation des produits eux-m�mes.
Mat�riel
Compte tenu des �chelles de production retenues, le remplissage
se fera manuellement:
- avec une louche; ou
- au moyen d'une remplisseuse-doseuse manuelle � piston (figure
67) permettant d'introduire une quantit� de liquide d�termin�e dans le r�cipient
de conditionnement. Le liquide stock� dans un r�servoir se d�verse par un
ajutage pourvu d'un robinet.
Figure 67.
Remplisseuse-doseuse manuelle
Cas particuliers
Le tableau 45 donne des exemples de sirops de couverture pouvant
�tre utilis�s.
On acidifie certains sirops dans le cas de fruits ayant un pH
naturellement �lev� (comme les figues qui ont un pH compris entre 5,5 et 6,0),
ceci dans le but de ramener le pH � 4,0 ou moins pour favoriser l'inhibition des
micro-organismes r�sistant � la chaleur (formes sporul�es des bact�ries, par
exemple).
Tableau 45. Composition des sirops de couverture de
fruits appertis�s
Fruits
Liquide de couverture
Nature
Teneur en sucre
Abricots
Naturel
1 cuill�re � soupe de sucre par bocal de 1 l
Sirop
450 g sucre/l eau 10, 25, 40 ou 55°Brix
Figues
Naturel
Comme pour les abricots
Sirop
16 � 48°Brix (+ acide citrique)
Melons
Sirop
500 g sucre/l eau 40°Brix + 0,5-1,5% acide citrique
Les r�cipients remplis de fruits et de sirop de couverture
seront plac�s dans un bain d'eau bouillante, dans une atmosph�re satur�e de
vapeur, leurs couvercles �tant simplement pos�s ou agraf�s et non herm�tiquement
ferm�s. Le contenu des r�cipients sera port� � 75°C environ (70-80°C)
pendant une dizaine de minutes. Le pr�chauffage a pour r�le:
- d'�liminer l'air inclus dans les cellules des
fruits, dans le jus et dans l'espace libre existant entre le produit et le
couvercle, ceci afin de:
·
diminuer les risques de corrosion; · diminuer
la pression int�rieure des bo�tes pendant la pasteurisation; · prot�ger les sertis et �viter ainsi les risques de
fuite de liquide;
- de remplacer le blanchiment des fruits lorsque
celui-ci n'a pas �t� effectu� auparavant. C'est le cas dans la ligne
Fruits au naturel o� le liquide de couverture des fruits peut �tre
de l'eau ou de l'eau tr�s peu sucr�e (dans le cas des pommes, un blanchiment
pr�alable est toujours n�cessaire).
Le pr�chauffage pr�serve mieux le parfum et la couleur des
fruits que le blanchiment et �vite �galement le go�t de cuit. La dur�e du
pr�chauffage varie selon la temp�rature devant �tre atteinte � coeur du produit
et selon la nature des fruits a traiter.
Mat�riel
On utilise un bac de faible profondeur contenant de l'eau �
70-90°C et chauff� � feu nu (unit�s artisanales) ou par barbotage de vapeur
(�chelle semi-industrielle). Les r�cipients ouverts sont dispos�s dans ce bac,
sans toutefois reposer directement sur le fond pour �viter les risques de
surchauffe. On �vitera cet inconv�nient par l'emploi d'un caillebotis dispos�
entre le fond du bac et les r�cipients, ou en utilisant un mat�riel � double
fond.
Le niveau et la temp�rature de l'eau doivent �tre constants; une
surveillance tr�s attentive de l'op�ration est n�cessaire pour �viter la
submersion des r�cipients.
Cas particuliers
Les r�cipients m�talliques de petite taille seront pr�chauff�s
une dizaine de minutes jusqu'� obtention d'une temp�rature de 80°C � coeur
du produit. Ceux de grosse capacit� (bo�tes n° 10) seront pr�chauff�s
pendant le m�me temps jusqu'� l'obtention d'une temp�rature de 70°C �
coeur.
G. Fermeture
Les modes de fermeture des r�cipients de conditionnement seront
mentionn�s dans la section 8.3. La fermeture elle-m�me a lieu juste avant la
pasteurisation.
5.4.3 Pasteurisation
Le principe de cette op�ration a �t� expos� pr�c�demment dans la
section 4.2.3. Dans le cas de la pasteurisation des fruits au naturel ou au
sirop, on doit obtenir une temp�rature � coeur de 85°C. Un traitement dans
un bain-marie (ou un pasteurisateur discontinu) � 100°C pendant un temps
d�termin� suffit � r�aliser cette condition (tableau 46). Les fruits peu acides,
comme les figues, auront �t� additionn�s d'acide citrique (1 � 2 g/l) de fa�on �
ce que le pH soit ramen� � une valeur maximale de 4,0. De la sorte, l'action
compl�mentaire d'une acidit� suffisante et d'un traitement thermique appropri�
conduisent � l'inhibition des micro-organismes ind�sirables.
Les temps de pasteurisation peuvent �tre d�termin�s de fa�on
pr�cise par sondages quotidiens effectu�s sur les bo�tes m�talliques. Pour ce
faire, les r�cipients remplis et sertis sont plac�s dans le pasteurisateur ou la
lessiveuse. A partir de l'�bullition, on perce toutes les cinq minutes le centre
du couvercle d'une des bo�tes � l'aide d'un poin�on et l'on introduit par cette
ouverture un thermom�tre dont le bulbe doit arriver au centre de la bo�te.
Lorsque la temp�rature d�sir�e est atteinte, on note le temps de pasteurisation
qui a �t� n�cessaire. Cette s�rie de mesures peut �tre r�p�t�e plusieurs fois;
dans ce cas, on retiendra le temps le plus long n�cessaire � l'obtention de la
temp�rature � coeur voulue.
Remarque: Les mesures doivent �tre faites sans agiter les
bo�tes, de fa�on � ce que leur contenu, dont la p�riph�rie est plus chaude que
le centre, ne soit pas homog�n�is�, ce qui fausserait la mesure.
Les temps de pasteurisation des fruits au sirop (pour des sirops
de teneur en sucre minimale de 20 pour cent) sont en g�n�ral sup�rieurs de 5 � 6
mn � ceux requis pour les fruits au
naturel.
5.4.4 Post-traitements - Refroidissement
Le refroidissement des r�cipients de conditionnement doit se
faire rapidement pour engendrer une baisse de temp�rature assez brutale pour
provoquer l'inhibition de l'activit� des micro-organismes ayant r�sist� au
traitement par la chaleur.
Il peut se faire � l'air libre, en formant une pyramide par
disposition des bo�tes en quinconce les unes au-dessus des autres, mais cette
pratique n'est pas recommand�e. Il vaut mieux effectuer un refroidissement par
immersion dans de l'eau froide souvent renouvel�e ou par aspersion d'eau froide.
Cette derni�re m�thode est la plus efficace, car la vaporisation d'eau finement
pulv�ris�e au contact des r�cipients chauds absorbe une quantit� de chaleur plus
importante que lorsque ceux-ci sont simplement immerg�s.
Tableau 46. Bar�mes de pasteurisation des fruits au
naturel et au sirop
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
6.1 Introduction
6.2 Conservation par le sel sans fermentation
(introduction...)
6.2.1 Conservation par le sel sec
6.2.2 Conservation en saumure � temp�rature peu �lev�e
6.3 Conservation par le sel et le vinaigre avec fermentation
6.3.1 Introduction
6.3.2 Conservation par la saumure
6.3.3 Conservation par saumure et vinaigre
6.4 Action combin�e des agents sel, vinaigre, sucre et chaleur
6.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
6.4.2 Pr�traitements
6.4.3 Mise en pr�sence des ingr�dients et cuisson-concentration
6.4.4 Conditionnement
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
6.1 Introduction
La conservation des fruits par le sel et le vinaigre s'effectue
selon deux principes diff�rents, suivant que l'on autorise ou non une
fermentation:
- On peut traiter tout d'abord les fruits avec du
sel en forte concentration (15 pour cent au moins), sans ajouter de vinaigre. A
cette teneur, tout d�veloppement microbien est inhib�, et il n'y a donc pas de
fermentation dans le produit. Le sel est l'agent de conservation.
- On peut �galement traiter les fruits avec une solution saline
� une concentration d'environ 8 � 10 pour cent, ce qui permet le d�veloppement
s�lectif d'une certaine cat�gorie de micro-organismes (les bact�ries lactiques)
et autorise une fermentation. Ces bact�ries vont transformer les sucres
fermentescibles des fruits en acide lactique. Cet acide, ainsi que l'acide
ac�tique provenant du vinaigre que l'on ajoute �galement aux fruits, inhibe le
d�veloppement d'autres micro-organismes nuisibles, tels que les bact�ries
productrices de spores, les bact�ries prot�olytiques et les organismes
pectolytiques. Ce sont donc ici les actions combin�es du sel et du vinaigre qui
assurent la conservation du produit fini.
Ces deux cas vont �tre �tudi�s s�par�ment par la suite.
Il existe �galement un troisi�me mode de conservation des fruits
faisant appel � l'adjonction de vinaigre coupl�e � une op�ration de
cuisson-concentration. La r�duction de la teneur en eau dans les fruits ainsi
que l'action bact�riostatique du vinaigre assurent dans ce cas la conservation
des
fruits.
6.2 Conservation par le sel sans fermentation
Il est assez rare que les fruits - � l'exception des olives - se
pr�tent � ce genre de traitement, car il exige des conditions de temp�rature et
de concentration saline qui priveraient la plupart des fruits de leur
saveur.
6.2.1 Conservation par le sel sec
A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Cette transformation s'applique aux olives noires, c'est-�-dire
cueillies au stade de maturit� (couleur violet-noir). Les principales �tapes en
sont repr�sent�es dans la figure 68.
Figure 68. Sch�ma de conservation par le sel sec
Triage ¯ Calibrage ¯ Lavage ¯
Stockage dans le sel
Ce proc�d� est surtout r�alis� au stade artisanal, les
op�rations s'effectuant manuellement. Cependant, en utilisant des r�cipients de
grande capacit�, la technique est transposable au stade semi-industriel.
B. Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Pr�cisons simplement
que le calibrage est une op�ration importante dont le r�le est ici d'assurer une
action homog�ne du sel sur les fruits.
C. Stockage dans le sel (d�gorgement)
Principe
Le principe de cette op�ration a �t� expos� dans la section
2.17. Elle intervient ici non plus comme pr�traitement, mais comme �tape
principale de la transformation et du mode de conservation. On laisse tout
d'abord les olives reposer pendant deux jours dans des paniers pour provoquer un
tr�s l�ger d�but de fermentation. On dispose ensuite les fruits en couches
s�par�es par des couches de sel, en ajoutant au total une quantit� de sel �gale
� 15-20 pour cent du poids des olives.
Le sel a pour r�le de s�parer l'oleurop�ine (compos� amer de la
pulpe de l'olive) de la chair des fruits par un effet d�shydratant (le sel
provoque un d�gorgement des fruits). Il p�n�tre �galement dans les fruits,
permettant � ceux-ci de se conserver; on obtient ainsi un produit sal� et
ratatin� que l'on peut �ventuellement aromatiser avec de l'anis, de l'origan,
etc.
Une autre m�thode consiste � malaxer les fruits (pr�alablement
piqu�s avec une fourchette ou une aiguille) avec du sel fin trois ou quatre fois
par jour pendant une semaine.
Mat�riel
On utilise des f�ts de bois ou d'acier inoxydable (figures 69 et
70). On peut fermer d'un couvercle maintenu par un poids pour favoriser un
m�lange plus intime entre le sel et les fruits (figure 70).
Les capacit�s des f�ts peuvent �tre tr�s variables (50-200 1) en
fonction de l'�chelle de production choisie. On peut m�me utiliser des cuves en
ciment enduites int�rieurement de paraffine ou de peinture plastifi�e (figure
71).
Au stade artisanal, le d�gorgement peut �tre r�alis� dans des
jarres de gr�s.
Figure 69. F�t en acier
inoxydable
Figure 70. F�ts avec
couvercle
Figure 71. Cuve en ciment
pour saumures
D. Post-traitement - Conditionnement
On peut laisser les fruits et le sel dans les f�ts pendant un
temps ind�termin� ou les transf�rer dans des jarres de gr�s (avec de la saumure
obtenue par d�gorgement des olives dans le sel sec); ainsi, le produit peut se
conserver tr�s longtemps sans fermentation, puisque celle-ci est inhib�e par la
forte concentration en sel.
Un dessalage prolong� est n�cessaire avant la
consommation.
6.2.2 Conservation en saumure � temp�rature peu �lev�e
Ce proc�d� s'applique aux olives vertes (cueillies avant
maturit�). Il fait intervenir des saumures tr�s peu concentr�es, ce qui oblige
de travailler � des temp�ratures d'environ 10°C si l'on veut �viter toute
fermentation. Il est donc difficilement applicable dans les pays en
d�veloppement. De plus, il n�cessite une pasteurisation apr�s
conditionnement.
6.3 Conservation par le sel et le vinaigre avec fermentation
6.3.1 Introduction
La fermentation vise � d�velopper en milieu sal� certains
micro-organismes qui utilisent les mati�res fermentescibles des fruits (les
sucres en particulier) pour les transformer en acide lactique. L'augmentation de
l'acidit� du milieu due � cette fermentation et � une adjonction �ventuelle de
vinaigre �vite le d�veloppement de micro-organismes nuisibles et conf�re au
fruit certaines caract�ristiques particuli�res de couleur, de texture et de
saveur.
Il existe deux sortes de traitements selon la nature du produit
fini et le fruit utilis�:
- saumurage seul: il s'applique aux olives et aux
�corces d'agrumes; - le traitement par le sel et le vinaigre (acide
ac�tique), utilis� pour les pickles de
fruits.
6.3.2 Conservation par la saumure
A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
La conservation par la saumure s'applique aux olives vertes ou
noires et aux �corces d'agrumes. Les lignes de transformation, quelque peu
diff�rentes selon les produits, comme le montre la figure 72, peuvent tr�s
facilement s'appliquer au stade artisanal puisque les techniques employ�es sont
simples et ne n�cessitent aucun mat�riel sophistiqu�. Pour passer au stade
semi-industriel, on augmente simplement l'effectif de la main-d'oeuvre et les
dimensions des cuves ou des f�ts utilis�s.
B. Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Quelques compl�ments
sont donn�s ci-dessous.
Figure 72. Sch�ma de conservation par la saumure
Figure
Figure
a) D�sam�risation
La pulpe des olives vertes cueillies avant maturit� contient un
glucoside appel� oleurop�ine, qui conf�re au fruit un go�t amer et le rend
inconsommable en l'�tat (il est parfois n�cessaire de d�sam�riser �galement les
olives noires).
On �limine l'oleurop�ine par traitement alcalin dans une
solution de soude caustique ou de potasse qui l'hydrolise. On utilise � cet
effet des solutions dont la concentration est comprise entre 2,0 et
4,0°Baum� (c'est-�-dire 1,4 � 2,5 pour cent de soude en volume). Le temps
de trempage varie en fonction:
- du degr� de maturit� des fruits (il est plus long
si les fruits sont plus verts); - de la temp�rature ambiante; - de l'eau
employ�e; - de la concentration de la solution utilis�e.
La p�n�tration de la soude doit s'op�rer jusqu'� proximit� du
noyau des olives (aux deux tiers de la chair, environ). Si le temps de trempage
est trop court, les fruits auront un go�t amer et ne fermenteront peu ou pas;
s'il est trop long, par contre, les fruits risquent de s'ab�mer. L'op�ration
s'effectue dans des bacs de trempage tels que d�crits dans la section 2.3.
b) Compl�ments concernant le lavage et le rincage
Dans le cas des olives noires et des �corces d'agrumes, un
simple lavage � l'eau propre est pratiqu�. Dans le cas des olives vertes, le
lavage sert � �liminer l'exc�s de soude dans la pulpe. On effectue des rin�ages
pendant 24-48 h en changeant l'eau toutes les 3 � 6 h le jour, toutes les 12 h
la nuit; on peut aussi laisser la premi�re eau pendant 12 h et effectuer des
trempages successifs pendant 3-4 h en changeant l'eau tous les jours. On peut
ajouter � d'eau de rin�age 2 pour cent d'acide citrique. Cette op�ration doit
s'effectuer imm�diatement apr�s vidange de la soude pour stopper le processus de
d�sam�risation et �viter le noircissement des olives. Un �gouttage est
indispensable apr�s ce lavage.
Le tableau 47 r�sume les inconv�nients engendr�s par une dur�e
inad�quate des temps de rin�age.
Tableau 47. Inconv�nients d'un temps de rin�age
inadapt� dans la conservation des fruits par saumurage
Rin�age trop long
Rin�age trop court
Perte par entra�nement des mati�res fermentescibles, d'o�
difficult� � obtenir ensuite l'acidit� n�cessaire
Une acidit� trop importante se d�veloppe, d'o�:
- amertume des fruits
-
fermentations butyriques ind�sirables
C. Mise en saumure
Principe
Le saumurage vise �:
- extraire le jus cellulaire contenu dans les fruits
(les faire d�gorger);
- faciliter le d�veloppement de certains micro-organismes
responsables de la fermentation (lactobacilles) tout en inhibant d'autres
micro-organismes nuisibles (Clostridium);
- conf�rer aux fruits des caract�res organoleptiques
pr�cis.
Une saumure initiale est vers�e sur les fruits. Au bout d'un
certain temps, la concentration en sel va baisser car le sel p�n�tre dans la
chair des fruits et ceux-ci c�dent leur eau de constitution (osmose). Il faut
donc r�ajuster la saumure par apports r�guliers de sel, la concentration �tant
mesur�e au densim�tre.
Remarque: Il faut tenir compte de la stratification des
saumures; en effet, celles-ci sont plus dilu�es � la partie sup�rieure des
r�cipients en raison de la mont�e en surface des fruits et de l'eau qu'ils
lib�rent. On rem�die � cet inconv�nient en diluant tr�s lentement le sel ajout�
pour �viter que la saumure de forte densit� ainsi produite ne descende
rapidement vers les couches les plus basses. On utilise � cette fin du gros sel.
Mat�riel
On utilise les m�mes mat�riels que pour le stockage dans le sel
illustr�s par les figures 69, 70 et 71.
Cas particuliers
Les proc�dures � suivre selon les diff�rents fruits que l'on
traite sont expos�es ci-apr�s:
- Ecorces
d'agrumes:
· saumure � 7°Baum� pendant 4 � 5 jours;
· puis stockage en sel sec
(couches altern�es de sel et d'�corces jusqu'au d�but de transparence de
l'�corce);
· enfin, mise en saumure �
10°Baum� pendant 2 mois.
On peut additionner la saumure de 3,7 g de calcium
par litre de saumure pour augmenter la turgescence de la peau.
- Olives
noires:
· saumure � 5 � 9 pour cent pendant 3 � 6 mois; on peut
r�utiliser la m�me saumure apr�s s'�tre assur� que son pH reste voisin de 5
(mesure au papier pH);
· en fin de fermentation,
maintien de la concentration de sel � environ 8 pour cent (ne pas d�passer 10-12
pour cent) avec un pH de 4,5-5,5.
- Olives
vertes:
· saumure initiale � 5 pour cent (parfois 9-10 pour
cent), � r�ajuster avec du sel sec.
La fermentation se d�roule en trois phases au cours desquelles
le pH sera v�rifi� pour s'assurer du bon d�roulement de l'op�ration.
- premi�re phase: 48 h apr�s la mise en saumure, le
pH doit �tre de 5,75 � 8,5;
- deuxi�me phase: les lactobacilles producteurs d'acide lactique
se d�veloppent entre le troisi�me jour (minimum) et le dixi�me (maximum) et se
maintiennent pendant 2 � 5 mois; le pH est de 5,0 environ;
- troisi�me phase: l'acidit� augmente par transformation des
sucres (glucose) en acide lactique; les levures interviennent �galement (esp�ces
fermentatives); le pH atteint 4,0.
Il faut respecter les conditions de pH, la concentration de sel,
les conditions d'hygi�ne (fruits propres, eaux non contamin�es) et effectuer
correctement les op�rations de lavage et d'�gouttage pour �viter le
d�veloppement de micro-organismes ind�sirables (Clostridium,
Propionibacterium) susceptibles de provoquer des alt�rations de go�t,
d'odeur et de texture.
D. Post-traitements
a) A�ration
Cette op�ration ne concerne que les olives noires. Il s'agit
d'extraire ces derni�res de la saumure et de les exposer � l'oxyg�ne de l'air
pendant 70 h au minimum pour raviver leur couleur. Les fruits sont simplement
dispos�s sur des tables � l'air libre.
b) Ouillage
A l'inverse des �tapes pr�c�dentes, cette op�ration ne concerne
que les olives vertes et sert � �viter leur noircissement. Il faut simplement
�viter les pertes de liquide dans les f�ts contenant les fruits et la saumure,
ce qui provoquerait une mise en contact des olives avec l'air et un
d�veloppement des levures oxydatives (d'o� une hausse de pH). Pour que les f�ts
restent pleins, on ajoute donc au besoin de la saumure ayant la m�me
concentration que la saumure initiale.
c) Triage
On �limine les fruits tach�s, d�form�s ou de couleur non
uniforme.
d) Stockage-conditionnement
Il se fait g�n�ralement dans les f�ts o� s'est d�roul� la
fermentation (cas des olives vertes). Les olives noires qui ont �t� expos�es �
l'air sont ensuite conditionn�es en barils ou en bo�tes de fer-blanc (capacit�
10-20 kg), avec un liquide de couverture qui est une saumure � 8 pour cent.
Les �corces d'agrumes sont laiss�es en f�ts, mais on remplace la
saumure par une solution de sel tr�s dilu�e ou par de l'eau de mer.
Dans tous les cas, il est conseill� de recouvrir la surface de
la saumure d'un film d'huile de paraffine pour �viter le d�veloppement de
micro-organismes ind�sirables (voir le chapitre 8 sur le
conditionnement).
6.3.3 Conservation par saumure et vinaigre
A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Les concentrations en sel �tant beaucoup moins �lev�es dans ce
cas que dans celui des saumures examin� dans la section 6.3.2 (conservation par
le sel sans fermentation), il est possible de traiter beaucoup plus de sortes de
fruits, puisque leur go�t ne sera pas masqu� par de trop fortes quantit�s de
sel. En plus du sel et du vinaigre, une addition de sucre peut �galement �tre
envisag�e en fonction de la saveur que l'on d�sire donner au produit fini.
Celui-ci est d�nomm� pickles et il est surtout appr�ci� dans les
pays anglophones. La conservation des pickles est assur�e par l'action conjointe
du vinaigre et du sel.
Cette transformation, possible au stade artisanal en raison de
la simplicit� de sa technique et du mat�riel restreint qu'elle requiert, l'est
�galement au stade semi-industriel en jouant sur la capacit� ou la multiplicit�
du mat�riel ainsi que sur la quantit� de main-d'oeuvre.
La ligne g�n�rale de transformation est illustr�e par la figure
73.
B. Pr�traitements
En compl�ment des indications fournies au chapitre 2 consacr�
aux pr�traitements, quelques pr�cisions sont donn�es ci-apr�s.
Figure 73. Sch�ma de production de pickles
Lavage ¯ Pr�paration des
fruits (parage, �pluchage, d�noyautage ou �p�pinage, d�coupage en petits
morceaux) ¯ Blanchiment ¯ D�gorgement dans le sel sec ¯ Mise en saumure puis �gouttage ¯ Concentration du vinaigre par chauffage ¯
Adjonction de vinaigre
¯ Adjonction d�pices
et �ventuellement de sucre ¯ Conditionnement
a) Compl�ments concernant le blanchiment
Cette �tape, dont l'un des r�les est de stabiliser la couleur
des fruits, est facultative. On pr�f�re en effet, pour certains fruits comme les
figues et les agrumes, obtenir un aspect translucide du produit fini. Les fruits
blanchis sont pr�alablement piqu�s avec une fourchette ou un jeu d'�pingles
fix�es sur un bouchon pour �viter leur �clatement. Le blanchiment peut se faire
a l'eau bouillante ou encore dans du vinaigre � 4 pour cent ou de l'acide
ac�tique dilu� port�s � �bullition: les abricots sont trait�s de cette mani�re
pendant une minute, et les papayes pendant trois minutes. Les mangues et les
melons ne sont pas blanchis.
b) Mise en saumure
Pour permettre la fermentation lactique, c'est-�-dire le
d�veloppement s�lectif de certaines bact�ries produisant de l'acide lactique en
milieu sal�, les saumures utilis�es doivent contenir 8 � 10 pour cent de sel. La
dur�e de l'op�ration est de 15 � 20 jours au minimum. Le mat�riel requis est
celui mentionn� dans la section 6.2.1.
Les fruits doivent �tre convenablement immerg�s pour favoriser
le bon d�roulement de la fermentation, qui doit avoir lieu � l'abri de l'air. Un
couvercle maintenu par un poids sera plac� � cet effet au-dessus des fruits. On
effectue en fin de mise en saumure une vidange de celle-ci et un �gouttage des
fruits.
c) Pr�paration du vinaigre
On peut se r�f�rer au chapitre 7 consacr� � la fabrication de
vinaigre � partir de fruits. Il est n�cessaire de concentrer le vinaigre, dont
la concentration initiale est �gale a 4 pour cent d'acide ac�tique, en le
chauffant � 100°C pendant 5 � 10 mn.
Cette op�ration s'effectue dans des marmites de cuisson
semblables � celles que l'on utilise pour la fabrication des confitures.
C. Adjonction de vinaigre, d'�pices et �ventuellement de
sucre
C'est � ce niveau qu'est compl�t�e l'action stabilisatrice du
sel. En effet, le vinaigre ajout� bouillant et de fa�on � recouvrir les fruits
contribue � augmenter l'acidit� du milieu et � inhiber par cons�quent le
d�veloppement des micro-organismes ind�sirables. Les �pices, ajout�es dans la
proportion d'une � deux cuill�res � soupe de chaque vari�t� par kg de fruits,
ont une action bact�riostatique ou antifongique, selon les cas. On utilise
notamment de la cannelle, des graines de moutarde, du coriandre, du cumin, de la
cardamome ou encore du gingembre, des clous de girofle, du piment et de l'ail.
Le sucre est ajout� � volont� en fonction du go�t que l'on d�sire conf�rer au
produit fini et des habitudes alimentaires des consommateurs, mais il n'est pas
indispensable.
Le m�lange de ces divers ingr�dients peut se faire dans des
cuves, dans des f�ts ou directement dans les r�cipients de conditionnement.
D. Conditionnement
Le conditionnement est trait� au chapitre 8. Les r�cipients
utilis�s pour les pickles sont principalement des bocaux de verre, mais on peut
�galement les conditionner en bo�tes m�talliques vernies int�rieurement pour
�viter toute r�action entre le m�tal du r�cipient et l'acide du contenu.
Certaines mati�res plastiques thermosoudables sont �galement
employ�es.
D'une fa�on g�n�rale, l'emballage doit �tre r�sistant � l'acide,
inerte chimiquement et imperm�able aux
liquides.
6.4 Action combin�e des agents sel, vinaigre, sucre et chaleur
6.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
Le produit sp�cifique correspondant � l'intervention de ces
divers agents de conservation est le chutney. C'est un m�lange � consistance
p�teuse, � la fois sucr�, acide et �pic�, que l'on utilise comme sauce pour
l'accompagnement de mets sal�s. La conservation est assur�e par le sucre, le sel
et le vinaigre dont les modes d'action ont �t� expos�s dans les chapitres
correspondants. Pour diminuer le pourcentage d'eau libre du m�lange
(c'est-�-dire contribuer � une inhibition du d�veloppement des micro-organismes)
et obtenir la consistance voulue, il est n�cessaire de faire subir � l'ensemble
des ingr�dients une cuisson prolong�e � petit feu.
La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e � la figure
74.
Les �chelles de production envisag�es pour la fabrication des
pickles sont �galement valables pour les
chutneys.
6.4.2 Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2.
Figure 74. Ligne de
fabrication des chutneys
La pr�paration des fruits comprend les op�rations d'�pluchage,
de d�noyautage, d'�p�pinage, de parage et de d�coupage en morceaux dont la forme
n'a aucune importance puisqu'ils sont destin�s � �tre r�duits en pur�e par une
op�ration prolong�e de cuisson. La mise en saumure est facultative. Si l'on y
recourt, c'est afin de provoquer un d�but de fermentation des fruits; elle
s'effectue comme pour les
pickles.
6.4.3 Mise en pr�sence des ingr�dients et cuisson-concentration
Principe
L'incorporation des ingr�dients peut se faire avant la cuisson,
qui dure alors environ une heure � �bullition, ou tout au long de celle-ci; dans
ce dernier cas, les adjonctions successives de sucre, de sel, d'�pices et de
vinaigre sont s�par�es par des phases de cuisson d'une dur�e de 15 � 20 mn
chaucune. On cherche � obtenir un produit fini d'une consistance p�teuse, de
couleur brun�tre et d'une texture homog�ne; il faut donc que les fruits aient le
temps de d�sagr�ger totalement au cours de la cuisson.
Si l'on d�sire que le sirop obtenu soit tr�s concentr� et que le
chutney contienne quelques morceaux de fruits ramollis mais non r�duits en
pur�e, on peut faire subir � la phase liquide une concentration s�par�e de 15 �
20 mn.
Mat�riel
On utilise des bassines de cuisson identiques � celles employ�es
pour les confitures. Ces bassines doivent si possible �tre munies d'un syst�me
d'agitation; au stade artisanal, toutefois, on peut obtenir le m�me r�sultat
manuellement avec une louche ou une cuill�re de bois.
Cas particuliers
Le tableau 48 indique les quantit�s des divers ingr�dients qu'il
faut ajouter en cours de cuisson en fonction du poids des fruits
utilis�s.
6.4.4 Conditionnement
Le conditionnement des chutneys s'effectue � chaud, juste apr�s
la fin de la cuisson. Les r�cipients utilis�s peuvent �tre, comme dans le cas
des confitures, gel�es ou marmelades, des bocaux ou flacons de verre, des pots
de terre cuite ou des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement. Le chapitre 8
fournit des pr�cisions concernant les propri�t�s et le mode de fermeture de ces
divers emballages.
Tableau 48. Proportions des ingr�dients entrant dans
la pr�paration des chutneys
Ingr�dients
Fruits
Sucre
Sel
Vinaigre
Fruits (ingr�dients de base)
Mangues vertes
1 kg
1 kg
70 g
0,5 l
Melons
1 kg
500 g
0
1 l
Abricots
1 kg
280 g
1 c.c.
0,25 l
Goyaves
1 kg
600 g
1-2 c.s.
0,8 l
Pommes de cajou
1 kg
1,2 kg
70 g
0,5 l
Additifs (fruits annexes,
Tamarins
Ajouter au m�lange 1 kg/kg fruits
aromates et �pices)
Raisins
600-700 g/kg de fruits
Epices
1 � 2 c.s. de chaque �pice (cannelle, graines de moutarde,
coriandre, cumin, cardamome)
Oignons
300 g/kg de fruits
Clous de girofle
Quelques-uns
Piment
Un peu
Ail
Quelques gousses �cras�es
Gingembre
300 g gingembre/kg de fruits
(c.c. = cuill�re � caf�; c.s. = cuill�re �
soupe)
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
7.1 Introduction
7.2 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
7.3 Pr�traitements
(introduction...)
7.3.1 Compl�ments � l'extraction du jus
7.3.2 Chauffage
7.4 Fermentation alcoolique
7.4.1 Principe
7.4.2 Mat�riel
7.4.3 Cas particuliers
7.5 Ac�tification
7.5.1 Principe
7.5.2 Mat�riel
7.5.3 Cas particuliers
7.6 Post-traitements
7.6.1 D�cantation-filtration
7.6.2 Pasteurisation
7.6.3 Conditionnement
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
7.1 Introduction
Ce chapitre traite de la fabrication du vinaigre qui est, par
d�finition, le produit d'une double fermentation d'un liquide sous l'action
s�lective de certains micro-organismes tels que les levures et les bact�ries, le
liquide en question �tant un extrait de fruits.
Les micro-organismes se d�veloppent naturellement sur un
substrat contenant des mati�res fermentescibles (certains sucres et amidons,
notamment); ils les transforment en alcool, puis en acide. Ils peuvent aussi
�tre inocul�s dans ce substrat par l'homme pour acc�l�rer la phase de d�marrage
de la fermentation. Un traitement ult�rieur � la chaleur (pasteurisation) peut
�tre requis pour stabiliser le produit
fini.
7.2 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
La fabrication du vinaigre comprend, apr�s extraction du jus de
fruits (mo�t), deux �tapes principales:
- la fermentation alcoolique (ou fermentation
submerg�e) qui se d�roule en ana�robiose sous l'action de la levure
Saccharomyces cerevisiae ou S. ellipsoideus, laquelle
transforme les sucres fermentescibles des fruits en alcool �thylique;
- la fermentation ac�tique (ou fermentation a�r�e) qui se
d�roule � l'air libre sous l'action de la bact�rie ac�tobacter (Mycoderma
aceti), laquelle transforme l'alcool �thylique obtenu � la phase pr�c�dente
en alcool ac�tique.
Le produit fini doit contenir 4 pour cent d'acide ac�tique
(c'est-�-dire 4 g d'acide pour 100 ml de liquide). Par cons�quent, seuls des
fruits donnant un jus contenant au moins 8 pour cent de sucres fermentescibles
peuvent entrer dans la fabrication d'un vinaigre r�pondant � cette norme.
La ligne g�n�rale de cette fabrication est illustr�e � la figure
75.
7.3 Pr�traitements
Ceux-ci ont �t� vus au chapitre 2. Les fruits, apr�s lavage,
parage, �pluchage et �ventuellement d�noyautage ou �p�pinage, subissent une
�tape d'extraction de leur
jus.
7.3.1 Compl�ments � l'extraction du jus
Le jus peut �tre extrait de tous les rebuts de calibrage et des
d�chets tels que peaux, brisures, etc. A partir d'une tonne d'ananas, par
exemple, il est possible d'obtenir 450 kg de d�chets � 75 pour cent d'humidit�
et 270 kg de jus par pressage de ces d�chets. Quelques cas particuliers sont
examin�s ci-apr�s.
Figure 75. Ligne de
fabrication du vinaigre
a) Dattes. Ecraser 4 kg de dattes d�noyaut�es avec 5 l d'eau �
35-40°C, laisser mac�rer; le liquide obtenu doit contenir 300 g de sucre
par litre.
b) Bananes. On peut proc�der de l'une des trois mani�res
suivantes:
- broyer les fruits et les m�langer � un volume �gal
d'eau;
- appliquer le traitement calco-sulfurique
suivant:
·
additionner la pulpe broy�e de chaux en poudre (0,25 � 1,0 pour cent) afin
d'�liminer la pectine contenue dans la pulpe et d'�viter ou de ralentir les
ph�nom�nes de brunissement;
· homog�n�iser en tournant
vivement ou en malaxant;
· laisser reposer 15 mn;
· ajouter ensuite de l'acide
sulfurique concentr� 6N pour neutraliser l'exc�s de chaux et ramener le pH � sa
valeur initiale comprise entre 4,2 et 4,7;
· passer ce m�lange dans une
presse ou � la centrifugeuse pour en extraire le jus;
·
d�canter;
- extraire la pectine de la pulpe des fruits par
voie enzymatique au moyen d'une pectinase � froid ou � 50°C et avec une
dose de 0,5 � 1,0 g de pectine par kg de bananes. Il peut �tre souhaitable
d'ajouter du jus de citron pour �viter tout ph�nom�ne d'oxydation qui
d�naturerait la saveur et la couleur du jus.
Les m�thodes d'extraction du jus d'autres fruits ont �t�
�tudi�es
ant�rieurement.
7.3.2 Chauffage
Principe
Cette op�ration a pour but d'homog�n�iser la pulpe et d'�liminer
tous les micro-organismes pr�sents naturellement dans celle-ci ou introduits
lors des diverses manipulations. Elle s'effectue a une temp�rature minimale de
90°C et dure par exemple 1 h pour de 36 l de jus de bananes.
On peut faciliter l'action du traitement thermique en ajoutant
un acide min�ral (2,5 ml d'acide chlorhydrique concentr� par litre de jus) pour
diminuer le pH du jus si celui-ci n'est pas assez bas, c'est-�-dire voisin de
4,0.
Mat�riel
On utilise soit des bassines de cuisson � double fond et
chauff�es � la vapeur, soit un bain-marie qui peut �tre chauff� � feu nu puisque
le liquide n'est pas directement en contact avec la source de
chaleur.
7.4 Fermentation alcoolique
7.4.1 Principe
Le liquide chauff� est transvas� dans une cuve de fermentation
o� il refroidit pendant une nuit jusqu'� ce que sa temp�rature soit tomb�e �
40°C. On ajoute alors une levure du genre Saccharomyces qui
transforme les sucres fermentescibles du jus selon la r�action suivante:
Un rendement th�orique de 51 pour cent d'alcool correspond en
pratique � 45-47 pour cent d'alcool. Si le substrat contient par exemple 10 pour
cent de sucres fermentescibles, on obtiendra environ 4,6 pour cent d'alcool.
Le rendement de la fermentation peut �tre accru en incorporant
des enzymes pectolytiques (0,5 pour cent en poids de la pulpe des fruits) ou en
ajoutant du phosphate diammonique ou bipotassique � raison de 5 g/100 l.
Adjonction de levure. - Celle-ci peut �tre r�alis�e de
diverses mani�res:
- on peut ajouter au liquide du mo�t de fruits ayant
d�j� subi une fermentation alcoolique;
- on peut fabriquer un ferment en proc�dant comme suit. On prend
par exemple 3,8 l de jus de pommes contenant 8 � 15 pour cent de sucre; on fait
bouillir, on refroidit une nuit et l'on inocule la levure Saccharomyces
ellipso�deus. On laisse ensuite fermenter 24 h dans un endroit chaud puis on
inocule avec cette pr�paration 95 � 190 l de jus frais qui pourront eux-m�mes
servir � inoculer d'autres jus; ou
- on peut utiliser de la levure de boulanger d�shydrat�e
(produit stable tr�s facile � stocker). On ajoute dans ce cas 10 pour cent de
ferment (en pour-cent du volume de liquide).
La fermentation dure de 7 � 15 jours. Elle doit se d�rouler en
milieu ana�robiose (c'est-�-dire que les cuves doivent �tre ferm�es) et si
possible sans agitation pour homog�n�iser le m�lange; au d�but de la
fermentation, en effet, la pulpe monte en surface sous l'effet de la production
de CO2, ce qui a pour effet de ralentir le processus.
Les conditions optimales d'une bonne activit� des levures sont
un pH du jus compris entre 4,2 et 4, et une temp�rature de 29-30°C.
Si la temp�rature d�passe 32°C, la vitalit� des levures
diminue et celles-ci font place aux bact�ries qui d�gradent les sucres avec une
production de chaleur beaucoup plus importante que celle produite par l'action
des levures. Cette �l�vation consid�rable de temp�rature a pour effet de stopper
la production d'alcool. Lorsque la teneur en alcool atteint 12 � 18 pour cent
(selon les levures), la fermentation est stopp�e. On d�cante alors le m�lange
(les d�bris de pulpe tombent au fond), puis on siphonne le liquide surnageant et
on le filtre � travers de la gaze ou du nylon. Il doit �tre ensuite stock� �
temp�rature ambiante � l'abri de l'air si la phase d'ac�tification n'intervient
pas tout de
suite.
7.4.2 Mat�riel
La fermentation alcoolique s'effectue en f�ts, en tonneaux ou
dans des cuves constitu�es d'un mat�riau chimiquement inerte (inox, ciment
enduit de vernis, bois). Les r�cipients seront pr�alablement rinc�s avec de
l'eau additionn�e de m�tabisulfite de sodium � 5 pour cent.
La capacit� des r�cipients doit �tre �gale � 1,3 fois le volume
du liquide que l'on d�sire faire fermenter; ainsi, 36 l de jus n�cessiteront un
f�t de 50 l ou deux f�ts de 25 l chacun. On utilise des cuves et des f�ts d'une
capacit� variant entre 20 et 200 l, munis d'un couvercle herm�tique et d'un
robinet permettant le soutirage du liquide (figures 69 �
71).
7.4.3 Cas particuliers
Les proc�dures varient quelque peu selon les esp�ces fruiti�res
trait�es:
- ananas: il suffit d'ajouter du sucre au jus
extrait;
- dattes: il faut ajouter 0,2 g d'acide tartrique par litre de
liquide et du phosphate diammonique (le pH doit �tre compris entre 3,3 et 4,0),
puis du mo�t ferment� et laisser reposer huit jours � 25-30°C;
- oranges: il faut ajouter du sucre ou des m�lasses d'agrumes
dans les jus de presse (on appelle ici m�lasse le jus sucr� et riche en pectine
extrait des d�chets d'agrumes par pressage, puis filtr� et �ventuellement
d�sacidifi�);
- mangues, raisins: proc�dure normale;
- bananes: on ajoutera les levures sous forme de mo�t d�j�
ferment� ou de p�tes ferment�es produites � partir de farine de bananes;
- pommes de cajou: il faut enrichir le jus � 17°Brix (il
titre normalement 11,5°Brix en moyenne) avec un sirop � 40°Brix (20
litres de sirop pour 80 litres de jus), puis ajouter du phosphate et du
m�tabisulfite de sodium (5 g pour 100 1) et laisser fermenter 2 � 10 jours �
temp�rature ambiante.
L'enrichissement d'un jus de fruits en sucre permet sa
fermentation si sa teneur en sucres fermentescibles n'est pas suffisante au
d�part; il permet aussi d'accro�tre la production d'alcool pour un jus � teneur
normale en
sucres.
7.5 Ac�tification
7.5.1 Principe
Cette op�ration s'effectue en a�robiose, c'est-�-dire en
pr�sence d'oxyg�ne. Elle consiste � utiliser une bact�rie du genre ac�tobacter
pour transformer l'alcool �thylique produit � la phase pr�c�dente en acide
ac�tique. La r�action chimique est la suivante:
Le rendement th�orique de cette phase est la production de 0,67
g d'acide ac�tique pour 0,51 g d'alcool (lui-m�me produit � partir de 1 g de
glucose), c'est-�-dire � peu pr�s 130 pour cent d'acide pour 100 pour cent
d'alcool. En r�alit�, on obtiendra 50 � 55 pour cent d'acide ac�tique � partir
de 100 pour cent de sucre.
On peut proc�der selon plusieurs m�thodes:
- laisser le f�t ou la cuve ouverts et attendre une
contamination naturelle par un ac�tobacter; cette m�thode est peu efficace et
peu fiable;
- on peut ajouter du vinaigre non pasteuris� produit lors d'un
cycle pr�c�dent (1 l de vinaigre pour 5 l de liquide ferment�); ou
- on peut ensemencer de l'agar-agar avec une culture
d'ac�tobacter. Cette m�thode comporte des risques assez fr�quents de mutation de
cette bact�rie; si on l'utilise, il vaut mieux la coupler � une addition de 2
pour cent d'acide ac�tique (pourcentage du poids par rapport au volume de
filtrat).
La fermentation d�bute � partir du septi�me jour (la bact�rie
forme alors un film � la surface du liquide); elle doit se d�rouler � une
temp�rature comprise entre 23 et 29°C.
La m�thode � suivre est expos�e au tableau 49; on suppose que
l'on dispose au d�part de 30,2 l de liquide ayant subi la premi�re phase de
fermentation (fermentation alcoolique).
Tableau 49. Production du vinaigre
(Source: Desrosier, N. et J., 1977)
Jours
Jus ajout� ayant subi la fermentation alcoolique
seulement
Acidit� du vinaigre
Quantit� de vinaigre chang�e
Quantit� (l)
Acidit� (%)
(%)
(l)
0
30,2
1,04
1,04
7
1,23
14
2,56
21
4,94
11,4
21
15,1
1,00
3,30
28
4,30
35
5,35
18,9
35
19,5
1,20
3,00
42
4,10
49
5,20
18,9
49
18,9
1,30
3,30
On proc�de comme suit:
- on ajoute le vinaigre non pasteuris� (au jour 0);
- on mesure ensuite r�guli�rement l'acide ac�tique form� (par
titrage avec une solution de soude);
- lorsque l'acidit� (c'est-�-dire la teneur en acide ac�tique)
atteint la valeur d�sir�e (aux alentours de 4 pour cent), ici aux environs du
21e jour, on soutire la moiti� du vinaigre form� et on la remplace par du mo�t
non ac�tifi�;
- on poursuit les mesures d'acidit�; lorsqu'on atteint � nouveau
4 pour cent on remplace une nouvelle fois la moiti� du vinaigre form� par du
mo�t non ac�tifi�, et ainsi de suite.
On stocke au fur et � mesure le vinaigre que l'on a soutir�.
Cette m�thode pr�sente l'avantage d'�tre tr�s rapide gr�ce � une bonne
circulation de l'air dans le liquide en fermentation. En effet, on produit 68 l
de vinaigre en sept semaines avec une cuve de 57 litres de contenance (voir
tableau
49)
7.5.2 Mat�riel
On utilise des f�ts ou des tonneaux en aluminium, en bois, en
m�tal �maill� ou en acier inoxydable, a�r�s par des orifices de diam�tre variant
entre 3,8 et 5,0 cm recouverts de gaze pour emp�cher la p�n�tration des
insectes.
Un indicateur de niveau est souhaitable pour conna�tre les
volumes de vinaigre pr�lev�s. Le f�t sera pourvu d'un robinet de soutirage
(figure 76).
Figure 76. F�t
d'ac�tification
7.5.3 Cas particuliers
- dattes: la fermentation dure 7 jours � 30°C. On peut
obtenir 2 � 4 l de vinaigre � 6-7 pour cent par kg de dattes (avec un reliquat
d'alcool de 120 mg par l de vinaigre);
- bananes: on obtient 1 l de vinaigre � 5 pour cent d'acidit�
par kg de bananes enti�res (le rendement r�el atteint 74 pour cent du taux de
conversion th�orique);
- pommes de cajou: il faut relever si besoin est le degr�
d'alcool du produit de la fermentation alcoolique ou �ventuellement ajouter du
sucre.
7.6 Post-traitements
7.6.1 D�cantation-filtration
La d�cantation se fait en containers ferm�s et compl�tement
remplis pour �viter toute attaque de l'acide ac�tique par des bact�ries
a�robies. Elle a pour but de provoquer la s�dimentation des collo�des et dure un
mois.
Le liquide est ensuite siphonn� et filtr�
grossi�rement.
7.6.2 Pasteurisation
Le principe et le mat�riel de pasteurisation avant
conditionnement ont �t� expos�s dans la section 5.2.3.
Cette op�ration, qui permet de stabiliser le liquide
chimiquement et microbiologiquement et de favoriser le vieillissement du
produit, s'effectue en vrac dans des bassines � double fond pendant 15 mn �
65-70°C.
On peut ajouter du sel (1-2 pour cent en poids par volume) ou
sulfiter le produit (70 ppm de SO2), notamment dans le cas des
bananes.
7.6.3 Conditionnement
Le remplissage s'effectue a chaud, imm�diatement apr�s
pasteurisation, dans des bouteilles de verre ou de plastique. Un mat�riau
r�sistant � l'acide est effectivement requis. Ces r�cipients doivent pouvoir
�tre ferm�s de mani�re herm�tique. Le chapitre 8 renseigne sur les propri�t�s
des mat�riaux d'emballage et les modes de fermeture des
r�cipients.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
8.1 G�n�ralit�s
8.2 Mat�riaux de conditionnement
8.2.1 Types d'emballages primaires
8.2.2 Comparaison des diff�rents types d'emballages
8.2.3 Utilisations possibles des diff�rents mat�riaux de conditionnement
8.3 La fermeture des r�cipients
8.3.1 Principe
8.3.2 Papiers et cartons
8.3.3 Mati�res plastiques
8.3.4 Verre
8.3.5 Textiles
8.3.6 Bo�tes m�talliques
8.3.7 Poteries et terres cuites
8.4 Etiquetage
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
8.1 G�n�ralit�s
a) D�finition
On distingue trois types de conditionnement:
- l'emballage primaire, en contact direct avec le
produit (bo�tes, bocaux, bouteilles, etc.);
- l'emballage secondaire, permettant le groupage des emballages
primaires (cartons);
- l'emballage tertiaire, facilitant la manutention des
emballages secondaires (palettes, conteneurs).
Le pr�sent chapitre traite uniquement de l'emballage primaire,
qui joue un r�le essentiel dans la conservation des produits.
b) But du conditionnement primaire
Le conditionnement, r�alis� avant ou apr�s le traitement destin�
� assurer la conservation des produits, est n�cessaire pour plusieurs raisons;
il doit:
- pr�server l'effet b�n�fique du traitement de
conservation et �viter ainsi soit une r�hydratation du produit (dans le cas o�
il a �t� s�ch�), soit une recontamination du produit (quand il a �t� pasteuris�
ou st�rilis�);
- prot�ger de l'environnement ext�rieur, en particulier dresser
une barri�re physique contre les chocs m�caniques, les d�pr�dateurs, la
poussi�re, la lumi�re et l'oxyg�ne �ventuellement;
- constituer un r�cipient s�r, c'est-�-dire pouvant �tre clos
sans pr�senter de fuites.
c) Caract�ristiques des emballages primaires
Les buts recherch�s lors du conditionnement d�finissent
certaines exigences relatives aux mat�riaux d'emballage primaire (tableau 50).
Certaines d'entre elles sont obligatoires et communes � tous les mat�riaux
d'emballage; d'autres sont au contraire facultatives et d�pendent du traitement
de conservation effectu�.
Il est important de noter que le choix du mat�riau de
conditionnement d�pend dans une large mesure de la nature du produit � emballer
et de la technique de conservation mise en oeuvre. Apr�s avoir subi un
traitement, le produit � conditionner peut en effet pr�senter une protection
naturelle vis-�-vis de certains risques tout en �tant plus particuli�rement
sensible � d'autres. Par exemple, un produit s�ch� en poudre est insensible �
l'�crasement, d'o� l'inutilit� d'un mat�riau rigide; il craint par contre la
r�hydratation.
Tableau 50. Exigences � remplir pour les mat�riaux
d'emballage primaire
Caract�ristiques obligatoires
Caract�ristiques facultatives
Solidit� Imperm�abilit� aux liquides Fermeture emp�chant
l'�coulement du produit
Rigidit� Imperm�abilit� aux gaz Fermeture herm�tique
Inertie vis-�-vis du produit (pas de r�action chimique � son
contact) Co�t peu �lev� par rapport � celui du contenu
Opacit�
8.2 Mat�riaux de conditionnement
8.2.1 Types d'emballages primaires
a) Papier et carton
Le papier est constitu� par un enchev�trement de fibres
cellulosiques auquel on a parfois ajout� certains ingr�dients (charges, colles,
colorants). Il est caract�ris� par une force variable (la force du papier est
d�finie par son poids par unit� de surface: de 16 et 1 000 g/m2 les
valeurs les plus �lev�es �tant celles du carton, � partir de 200-300
g/m2).
Le papier, naturel ou modifi�, sert g�n�ralement d'emballage
primaire, alors que le carton est davantage mais non exclusivement utilis� comme
suremballage.
Le papier et le carton pr�sentent � l'origine une forte porosit�
qu'il est cependant possible de combattre par diff�rents moyens:
- combinaison de mat�riaux diff�rents dont l'un est
imperm�able, formant ainsi des mat�riaux d'emballage composites. On utilise par
exemple l'aluminium ou le poly�thyl�ne;
- affinage du carton;
- impr�gnation du papier ou du carton;
- enduction des papiers par une couche de plastique;
- contrecoll�s papier/papier;
- cartons ondul�s;
- cartons compacts, etc.
Ces diff�rents types d'emballage peuvent �tre utilis�s sous
plusieurs formes: sacs en papier de petite contenance, de grande contenance
allant jusqu'� 50 kg, ou bo�tes de carton pliantes avec rabats jointifs. Les
bo�tes de carton peuvent �galement servir � regrouper les unit�s de
conditionnement de taille inf�rieure (emballage secondaire).
b) Mati�res plastiques
Les caract�ristiques des mati�res plastiques d�pendent
consid�rablement de leur composition chimique (tableau 51).
On peut multiplier les possibilit�s offertes par les mati�res
plastiques en combinant les mati�res primaires cit�es dans le tableau. On
r�alise ainsi des associations:
- ac�tate de cellulose et chlorhydrate de
caoutchouc; on obtient de cette fa�on un mat�riau transparent, stable, r�sistant
� l'humidit� et facilement soudable;
- textile, poly�thyl�ne et papier fort: ensemble tr�s durable et
r�sistant � la vapeur d'eau;
- cellophane et chlorhydrate de caoutchouc.
c) Verre
Le verre, dont le mat�riau de base est le sable quartzeux, est
tr�s utilis� sous forme de bouteilles, de flacons et de bocaux pour conditionner
de nombreux produits alimentaires.
d) Textile
Le textile le plus utilis� est le jute, mais on emploie
�galement du coton, du chanvre et du lin. Comme le papier et le carton, ces
fibres peuvent �tre impr�gn�es de fa�on � augmenter leur imperm�abilit� et leur
r�sistance aux moisissures et � la flamme.
e) M�taux
Les mat�riaux m�talliques utilis�s sont le fer-blanc (constitu�
par une feuille d'acier doux recouverte sur ses deux faces par une couche
d'�tain) et l'aluminium.
- Fer-blanc: les diff�rentes cat�gories de fer-blanc se
distinguent par leur teneur en �tain, le mode d'application de l'�tain et la
duret� de l'acier. Ce mat�riau �tant en lui-m�me sensible � la corrosion, il est
n�cessaire de respecter certaines consignes de fabrication ou d'utilisation
(tableau 52).
Le fer-blanc est utilis� sous forme de bo�tes obtenues par
enroulement d'une plaque de fer-blanc et soudure. Le fond peut �tre soit soud�,
soit serti.
- Aluminium: l'aluminium a des applications tr�s diff�rentes:
utilis� sous forme de sachets en feuilles tr�s minces, il assure une protection
directe des aliments, les sachets �tant regroup�s dans des emballages en carton,
papier ou plastique. L'aluminium est peu utilis� sous forme de bo�tes, en raison
de son co�t �lev�.
f) Terre cuite
La fabrication doit assurer une �tanch�it� �
l'eau.
8.2.2 Comparaison des diff�rents types d'emballages
Certains compl�ments aux indications fournies par le tableau 53
s'av�rent n�cessaires, notamment en ce qui concerne les emballages de verre ou
de m�tal.
Tableau 51. Caract�ristiques des principales mati�res
plastiques utilis�es
Caract�ristiques
Ac�tate de cellulose
Chlorhydrate de polyvinyle
Chlorure de caoutchouc
M�langes de polyvinyle
Poly�thyl�ne
Polyester
Polyamide
Cellophane
Transparence
+
+
+
-
+
Imperm�abilit� aux gaz (O2, N2,
CO2)
+
+
+
+
+
+
+
+ si s�che + si humide
Imperm�abilit� � la vapeur d'eau
+
-
+
+
+
+
+
+ si s�che + si humide
R�sistance m�canique
+
+
+
+
±
+
+
R�sistance chimique (au contact des produit alimentaires)
Bonne pour les graisses et huiles
Bonne
Bonne
Bonne pour les graisses et huiles Faible pour les solvants
organiques
Inerte aux solvants, faible pour les graisses et huiles
Bonne pour les acides, alcalis, graisses et solvants
+
Bonne pour les graisses, huiles, solvants organiques
Faible pour les alcalis et acides
R�sistance thermique
Bonne entre -15° et +150°C
Bonne au-dessous de 30°C
Ramollissement au-dessus de 130°C
Bonne
Bonne entre -15° et + 85°C
Bonne entre -30° et +250°C
Bonne � moins de 110°C
Inflammable
Utilisation principale
Feuilles et films
Jouets-bouchons, films
Feuilles et bouteilles
Films pour doubler des cartons, etc.
Feuilles, sachets films r�tractables, bouteilles
Films
Feuilles, sachets
Feuilles, films
Tableau 52. Corrosion des r�cipients de fer-blanc et
pr�cautions � prendre
Localisation de la corrosion
Cons�quences de la corrosion
Causes de la corrosion
Pr�cautions � prendre
Corrosion externe
Rouille, perforation
Contact m�tal-air humide ou eau
S�cher suffisamment apr�s utilisation Socker � l'abri de
l'humidit�
Rouille, perforation
Contact entre m�taux
Corrosion interne
Dissolution partielle des m�taux, d�gagement d'hydrog�ne,
bombement, �clatement du r�cipient
Acidit� du contenu
Utiliser des bo�tes comportant un vernis de protection
Le rapport co�t du contenant/co�t du contenu d�finit
la rentabilit� d'un mode de conditionnement. Or ce rapport est nettement plus
�lev� dans le cas des r�cipients en verre que pour des bo�tes m�talliques.
Toutefois, le mode de fermeture des r�cipients en verre permet
une r�utilisation du m�me r�cipient un certain nombre de fois, ce qui n'est pas
le cas des bo�tes m�talliques dont l'ouverture entra�ne la destruction. La mise
en place d'un syst�me de consigne et de r�cup�ration des r�cipients en verre
peut donc rendre ce type de conditionnement comp�titif par rapport aux bo�tes
m�talliques. Pour s'en assurer, il faut, dans chaque cas, r�aliser un bilan
�valuant:
- le nombre de r�utilisations possibles pour un m�me
r�cipient; - l'importance des pertes (casse, non retour); - l'�tendue du
march�: plus le march� sera regroup�, plus le syst�me de collecte sera
facilit�; - le co�t de la r�cup�ration (v�hicules, main-d'oeuvre, lavage des
bocaux).
D'autre part le rapport co�t du contenant/co�t du
contenu dont il vient d'�tre question peut �tre artificiellement abaiss�
en utilisant des r�cipients de grande taille. Ce mode de conditionnement risque
cependant de ne trouver que peu d'acheteurs. N�anmoins, dans le cas d'un produit
peu p�rissable, il est possible de vendre le contenu d'un grand r�cipient �
diff�rents clients, � condition toutefois de respecter les consignes
alimentaires d'hygi�ne et le faible d�lai d'�coulement du produit.
A la sortie de l'usine, le prix d'achat comparatif des
diff�rents types de conditionnement se situe approximativement comme suit:
- bocal de verre (syst�me twist off): 10
unit�s par litre; - complexe carton-aluminium-plastique: 3-8 unit�s par
litre, selon la nature du complexe utilis�; - bo�tes m�talliques: 6 � 8
unit�s pour 850 g.
Tableau 53. Caract�ristiques des diff�rents types
d'emballage
Nature des emballages
Formes
Applications
Avantages
Inconv�nients
Souples
Papiers et cartons souples (enduits ou non)
Sachets, bo�tes
Produits secs
Encombrement minimal � vide Absence de
toxicit� L�g�ret� Fermeture facile Faible co�t
Perm�abilit� aux gaz, � l'humidit�, aux odeurs (si non
enduits) Si enduits, rupture de l'enduction aux plis
Mati�res plastiques souples (cellophane et ac�tate de cellulose)
Sachets
Encombrement minimal � vide L�g�ret� Variables suivant les
plastiques
Fermeture herm�tique n�cessitant un appareillage sp�cifique et
cher (voir le tableau 51)
Mat�riaux composites (plastique-plastique ou
plastique-aluminium)
Sachets
Diverses
Encombrement minimal � vid� L�g�ret� Bonne inertie
chimique Imperm�able aux micro-organismes Plus grande r�sistance m�canique
que les mat�riaux simples
Co�t �lev� Fermeture herm�tique n�cessitant un appareillage
sp�cifique et cher Utilisation d�licate pour les traitements thermiques
(pression interne �lev�e) Importation n�cessaire
Textiles
Sacs, sachets
Encombrement minimal � vide L�g�ret� Fabrication locale
possible Faible co�t
Perm�abilit� aux gaz, odeurs et eau D�formation sous les
chocs
Rigides
Verra
Bocaux, flacons, bouteilles
Produits liquides ou p�teux, ou solides dans un milieu liquide
Conditionnement herm�tique possible avec ou sans appareil de
conditionnement R�sistance � des traitements thermiques
importants Imperm�abilit� aux gaz, odeurs, humidit�,
micro-organismes Possibilit� de voir le contenu Inertie chimique
Encombrement et poids � vide �lev�s Fragilit� aux chocs
m�caniques et thermiques Transparence N�cessit� d'un syst�me de consigne
qui s'accompagne n�cessairement de pertes
Mati�res plastiques (poly�thyl�ne, chlorure de polyvinyle)
Bouteilles
Boissons, liquides alimentaires
L�g�ret� Solidit� Variables selon les mati�res plastiques
(voir le tableau 34)
Encombrement � vide important Non biod�gradable
M�tal
Bo�tes
Diverses
Rigidit� et solidit� Imperm�abilit� aux gaz, odeurs, humidit�
et micro-organismes Traitement thermique possible Protection contre la
lumi�re
N�cessit� d'un appareil de fermeture de maniement
d�licat Encombrement et poids � vide �lev�s N�cessit� d'un vernis
int�rieur pour �viter la corrosion par un contenu acide Si reformage des
bo�tes sur place, rupture de la couche de vernis formant un point sensible � la
corrosion Prix �lev� par rapport au contenu pour les petites
tailles Importation
Terre cuite
Pots
Produits ne n�cessitant pas de traitement thermique (probl�me de
fermeture herm�tique) une fois conditionn�s
Fabrication locale possible Faible co�t Fermeture �tanche
possible artisanalement
Pas de fermeture herm�tique r�sistant aux traitements
thermiques Encombrement et poids � vide �lev�s
Cependant, la n�cessit� d'importer les emballages peut augmenter
consid�rablement leur prix d'achat dans les pays en d�veloppement. Le prix des
bo�tes m�talliques, par exemple, peut quadrupler si celles-ci sont import�es
pr�tes � l'emploi, du fait de l'importance du volume qu'elles occupent pendant
le transport. Une solution consiste � importer les bo�tes sous forme de plaques
et � les former sur place, ce qui permet une r�duction du volume, donc du co�t
du fret. Cette solution pr�sente cependant des inconv�nients:
- le reformage peut s'accompagner de craquelures du
vernis int�rieur, ce qui oblige � r�enduire les bo�tes pour �viter leur
corrosion par le contenu;
- le reformage n�cessite un investissement consid�rable en
mat�riel qui ne peut �tre rentabilis� que par une importante production de
bo�tes. Il doit donc �tre pris en charge soit par une unit� de transformation de
fruits et l�gumes de grande taille, soit par une entreprise sp�cialis�e
alimentant plusieurs unit�s de transformation plus petites.
Du fait des co�ts �lev�s des produits import�s, il s'av�re donc
extr�mement important, lors du choix du mode de conditionnement, d'exploiter au
maximum les ressources disponibles localement (verrerie proche, artisanat de
poterie,
etc.)
8.2.3 Utilisations possibles des diff�rents mat�riaux de conditionnement
Le choix du type de conditionnement pour un produit donn� d�pend
beaucoup de la transformation qu'il a subie. La nature de l'emballage utilisable
est pr�cis�e dans chacun des chapitres se rapportant � une technique
particuli�re de conservation. Diff�rents formats sont utilisables; ceux-ci font
l'objet d'une normalisation, notamment en ce qui concerne les bo�tes m�talliques
et les r�cipients en verre (voir le tableau
54).
8.3 La fermeture des r�cipients
8.3.1 Principe
Le mode de fermeture varie consid�rablement selon le type de
r�cipient. Du fait de la faible taille des unit�s de transformation envisag�es,
les seuls emballages �tudi�s ici sont ceux pouvant �tre ferm�s � la main ou �
l'aide d'une machine non automatique. Des syst�mes artisanaux de fermeture
existent �galement pour des r�cipients qui, � l'�chelle industrielle, utilisent
un mode de fermeture totalement diff�rent et automatis�; l'�tanch�it� dans ce
cas est moindre mais peut cependant �tre suffisante dans certains cas
particuliers.
8.3.2 Papiers et cartons
Diff�rentes m�thodes sont utilisables, � savoir:
- le collage (figure 77) � l'aide de colle ou de
ruban adh�sif, ce dernier �tant plus couramment employ� pour les emballages en
carton;
- la couture (figure 78), effectu�e g�n�ralement avec du fil de
coton, peut �tre r�alis�e avec une machine fixe ou portative;
- le ficelage, tr�s facile, pr�sente cependant l'inconv�nient
d'un remplissage n�cessairement incomplet du sac si l'on veut que ce mode de
fermeture r�siste aux manutentions successives.
Tableau 54. Equivalences et caract�ristiques des
principaux types de bo�tes � conserves
1. Normalisation Internationale
2. D�signation
3. Dimensions
No.
Limite de capacit� ml
Pays
Normes
Appellation
� ext. in
� ext. mm
h ext. in
h ext. mm
no. 1
� int. mm
no. 2
h int. mm
Vol. ext.
Vol. ext f oz
Vol. int. ml
Cont. f oz
Cont. ml
1.
4186 � 4314
F
NF-H-33001
5/1
6(1/16)
¬
153
9(11/16)
¬
246
-2.48
150.5
-3.70
242.3
4 523
152.94
4 310
143.69
4 250
F
hors normes
5/1
6(1/16)
¬
153
9(4/16)
¬
235
150.5
231.3
4 320
127.77
4 115
118.05
3 992
2.
3053 � 3147
G.B.
A 10
109.20
3 229
USA
603-700
no. 10
6(3/16)
®
157
7
®
178
154.5
174.3
3 449
116.62
3 268
94.59
2 797
F
hors normes
3/1
6(1/16)
¬
153
7(1/16)
¬
180
150.5
176.3
3 309
97.86
3 136
86.23
2 550
F
NF-H-33002
2/1
4(15/16
¬
125
5(15/16)
¬
150
-2.24
122.8
-3.40
146.1
1 840
62.22
1 730
57.48
1 700
USA
502-510
no. 5
5(2/16)
®
130
5(10/16)
®
143
127.8
139.1
1 898
56.13
1 784
51.08
1 510
USA
404-700
no. 3 cyl (46x)
4(4/16)
®
108
7
®
178
105.8
174.1
1 627
55.01
1 531
44.63
1 320
F
NF-H-33001
5/4
6(1/16)
¬
153
2(14/16)
¬
72.5
150.8
68.6
1 333
45.07
1 225
35.91
1 062
F
hors normes
1 litre
3(15/16)
¬
100
5(12/16)
¬
146.2
97.8
142.8
1 448
37.09
1 097
35.50
1 050
G.B.
A2 (1/2)
29.90
884
3.
837 � 863
F
NF-H-33001
1/1 haute
3(15/16)
¬
100
4(11/16)
¬
118.5
-2.20
97.8
-3.30
115.2
931
31.48
865
28.74
850
F
NF-H-33001
1/1 basse
4(15/16)
¬
125
3(/16)
¬
80
122.8
76.7
981
33.17
908
28.74
850
USA
401-411
no. 2 (1/2)
4(1/16)
®
103
4(11/16)
®
119
100.8
115.7
996
33.68
923
25.73
761
USA
307-604
no. 2 tall
3(7/16)
®
87
6(4/16)
®
159
84.8
155.7
945
31.96
879
24.93
737
USA
307-512
no. 2 cyl
3(7/16)
®
87
5(12/16)
®
146
84.8
142.7
874
29.56
806
22.69
671
G.B.
A2
20.40
603
4.
571 � 589
F
hors normes
3/4
3(5/16)
¬
84
4(9/16)
¬
115.2
81.8
111.9
634
21.44
588
19.61
580
5.
451 � 579
USA
307-409
no. 2
3(7/16)
®
87
4(9/16)
®
116
84.8
112.7
690
23.47
657
17.73
524
G.B.
A1 tall
16.90
500
6.
412 � 432
USA
301-411
no. 1 tall
3(1/16)
®
78
4(11/16)
®
119
-2.08
75.9
-3.12
155.9
566
19.14
524
14.40
426
F
NF-H-33001
1/2 haute
2(13/16)
¬
71.5
4(9/16)
¬
115.5
69.4
162.4
464
15.69
425
14.37
425
F
NF-H-33001
1/2 basse
3(15/16)
¬
100
2(8/16)
¬
64
97.9
60.9
503
17.01
458
14.37
425
USA
401-207.5
no. 1 1/4 pineaple
4(1/16)
®
103
2(7/16)
®
62
100.9
58.9
528
17.85
471
12.23
362
USA
211-414
211 cyl
2(11/16)
®
68
4(14/16)
®
124
65.9
120.9
450
15.32
412
11.79
349
G.B.
A1
11.10
328
7.
306 � 325
USA
211-400
no. 1 picnic
2(11/16)
®
68
4
®
102
65.9
98.9
372
12.58
337
9.45
280
8.
208 � 218
USA
307-205
no. 1 flat
3(7/16)
®
87
2(3/16)
®
56
84.9
52.9
333
11.26
299
7.32
216
USA
180
2(1/16)
¬
52.6
3(8/16)
¬
88.9
-1.96
50.6
-2.94
86.0
193
6.53
173
6.09
180
F
hors normes
(1/5) H
2(3/16)
¬
55
3(1/16)
¬
78
53.0
75.1
185
6.26
166
5.75
170
9.
134 � 148
F
NF-H-33001
(1/6) H
2(3/16)
¬
55
2(11/16)
¬
68
53.0
65.1
162
5.48
144
4.80
142
USA
202-214
-
2(2/16)
®
54
2(14/16)
®
73
52.0
70.1
167
5.65
149
4.23
125
10.
66 � 74
® = sens des
conversions.
8.3.3 Mati�res plastiques
Plusieurs cas peuvent �tre envisag�s selon la mati�re plastique
et le type de r�cipient utilis�s.
a) Sachets plastiques souples
La seule fa�on d'obtenir une fermeture herm�tique dans ce cas
est le thermosoudage, qui n�cessite une machine d'un co�t relativement �lev�,
m�me si son fonctionnement est enti�rement manuel.
On peut cependant se contenter de conditionner les produits secs
non moulus de fa�on plus simple et non �tanche en ayant recours � des sacs de
grande taille en plastique tr�s souple ferm�s avec de la ficelle, du ruban
adh�sif, des agrafes, etc.
b) Bouteilles de plastique rigide
La fermeture, n�cessairement herm�tique puisqu'un tel r�cipient
est destin� a contenir un liquide, ne peut �tre obtenue que par des machines
on�reuses, ce qui rend ce type de conditionnement peu adapt� aux �chelles de
transformation
choisies.
8.3.4 Verre
Le verre peut �tre utilis� sous formes de flacons, de bocaux ou
de bouteilles selon la nature du produit � emballer. A chacune de ces formes
d'utilisation correspond une fermeture sp�cifique.
a) Flacons (pots)
La fermeture peut �tre obtenue au moyen:
- d'une capsule pos�e manuellement ou � l'aide d'une
machine. Plusieurs syst�mes existent, dont:
- le syst�me twist off
(figure 79), dont la pose peut �tre enti�rement manuelle. Il est constitu� d'une
capsule crant�e � joint plastique coul�. Son herm�ticit� �tant due en grande
partie au vide r�alis� dans le flacon au moment de la pose, le capsulage doit
�tre obligatoirement effectu� � chaud;
- le syst�me Eurocap (figure 80) constitu� d'une capsule
m�tallique munie d'un joint plastique et dont la fixation est assur�e � la fois
par une retenue sur une bosse et par le vide partiel cr�� dans le
flacon. Ce syst�me n�cessite une capsuleuse dont le fonctionnement peut �tre
manuel, mais les flacons doivent obligatoirement �tre ferm�s � une temp�rature
aussi �lev�e que possible pour cr�er un vide int�rieur
suffisant;
- d'une couche de paraffine coul�e � chaud sur le
produit et recouverte d'une feuille de cellophane assurant l'isolation de la
paraffine vis-�-vis des poussi�res. Cette m�thode, contrairement au capsulage,
n'est pas applicable � des produits pasteuris�s ou st�rilis�s.
b) Bocaux
Les bocaux se ferment par un syst�me de clapet m�tallique,
l'�tanch�it� �tant assur�e par un joint de caoutchouc (figure 81). La pose est
enti�rement manuelle, mais le bocal et son joint sont d'un prix plus �lev� que
les flacons.
Figure 77. Fermeture par
collage (papier et carton)
Figure 78. Fermeture par
couture (papier et carton)
Figure 79. Fermeture syst�me
twist off (verre)
Figure 80. Fermeture
Eurocap (verre)
c) Bouteilles
De nombreux syst�mes existent pour la fermeture des bouteilles,
dont le goulot doit �tre adapte au mode de fermeture choisi:
- bouchon m�canique ou � �trier (figure 82):
l'obturation de la bouteille est obtenue au moyen d'un c�ne de porcelaine muni
d'un joint de caoutchouc. La porcelaine est travers�e par une monture m�tallique
articul�e qui vient prendre appui dans deux orifices diam�tralement oppos�s
dispos�s dans la bague de la bouteille. Le montage du bouchon se fait � la main;
- bouchon couronne (figure 83), form� d'une capsule de fer-blanc
dont la jupe ondul�e est sertie sur la bague de la bouteille. La capsule est
munie int�rieurement d'un li�ge formant joint, pourvu ou non d'une pastille
isolant le produit du li�ge. Ce type de fermeture n�cessite l'emploi d'une
capsuleuse manuelle pour assurer le sertissage du bouchon (figure 84);
- bouchon de li�ge (figure 85): tr�s r�pandu et peu on�reux, il
se pose manuellement � l'aide d'un appareil sp�cial, sans grande
difficult�.
De nombreux autres syst�mes de fermeture existent (capsules
plastiques, compl�t�es ou non par une enveloppe d'aluminium, etc.), mais les
plus couramment employ�s et les plus facilement utilisables sont les trois types
pr�c�dents.
8.3.5 Textiles
Les sacs de tissu sont clos par couture ou � l'aide d'une
ficelle.
Ces deux m�thodes permettent de pr�venir l'�coulement du produit
hors du
sac.
8.3.6 Bo�tes m�talliques
Celles-ci doivent n�cessairement �tre serties; en d'autres
termes, la jonction doit �tre assur�e par le rabattement des bords du couvercle
sur le bord du corps de la bo�te (figure 86). Le sertissage doit �tre r�alis�
tr�s soigneusement, car il conditionne la conservation du produit pr�alablement
pasteuris� ou st�rilis�.
Des coupes de sertis doivent �tre r�guli�rement effectu�es pour
contr�ler la bonne r�alisation du sertissage et le r�glage correct de
l'appareil. Le sertissage est en effet r�alis� au moyen d'une sertisseuse qui
peut �tre manuelle (figure 87), constitu�e essentiellement:
- d'un mandrin sup�rieur entra�n� par un volant et
contre lequel vient s'appliquer la bo�te munie de son couvercle � sertir;
- de deux molettes mobiles de sertissage, actionn�es par un
levier horizontal;
- d'un plateau inf�rieur press� contre la bo�te par une p�dale �
levier.
Le principe du sertissage est le suivant (figure 88): la
premi�re molette rabat le bord du couvercle en le roulant, tandis que la
deuxi�me provoque l'�crasement des bords.
Figure 81. Bocaux en verre
avec joints de caoutchouc
Figure 82. Bouchon m�canique
ou � �trier (bouteilles)
Le volant de la sertisseuse peut �tre entra�n� par un moteur;
dans ce cas, l'op�rateur a une main libre pour placer et retirer les bo�tes. Le
rendement d'une sertisseuse manuelle est de 40 bo�tes/h; il s'�l�ve � 80
bo�tes/h avec un
moteur.
8.3.7 Poteries et terres cuites
Ces r�cipients peuvent �tre clos de la m�me fa�on que les
flacons de verre, par une couche de paraffine; si le contenu est liquide, il
faut prendre garde � ne pas renverser le
r�cipient.
8.4 Etiquetage
Aux �chelles de transformation �tudi�es, l'�tiquetage se fait
manuellement, l'investissement d'une machine n'�tant pas justifi�.
L'�tiquetage doit permettre de conna�tre:
- la d�nomination du produit; - la date de
fabrication; - le pays d'origine; - le poids et la composition du
produit; - le nom et l'adresse du fabricant.
Figure 86. Jonction �tanche,
par sertissage, d'un couvercle m�tallique sur une bo�te de conserve
Figure 87. Sertisseuse
manuelle pour bo�tes de conserves
Figure 88. Mode de sertissage
d'un couvercle
m�tallique
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
9.1 Hygi�ne du personnel, propret� des locaux et des mati�res premi�res
9.2 Traitement de l'eau en fonction de son utilisation
9.3 Nettoyage des locaux et des appareils
9.3.1 Pr�cautions � prendre lors de la conception de l'usine
9.3.2 Principes de nettoyage
9.4 D�sinfection de l'eau et de l'appareillage
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
9.1 Hygi�ne du personnel, propret� des locaux et des mati�res premi�res
a) Hygi�ne du personnel
L'�tat sanitaire du personnel doit �tre contr�l�, de fa�on �
�viter qu'il ne constitue un contaminant ou un v�hicule de contamination. Il
importe plus particuli�rement de surveiller les personnes atteintes d'affections
des voies respiratoires ou intestinales et �carter les porteurs de furoncles ou
de panaris.
L'information concernant les r�gles de propret� individuelle
doit constituer un �l�ment important de la formation du personnel. Des
installations sanitaires (vestiaires, lavabos et savons) doivent permettre
d'appliquer ces r�gles.
b) Propret� des locaux
Il est n�cessaire de concevoir des locaux peu accessibles aux
animaux. Il s'av�re cependant parfois indispensable de d�truire insectes et
rongeurs: dans ce cas, il faut arr�ter momentan�ment la fabrication.
Pour d�truire les insectes, on a recours � une fumigation aux
gaz toxiques ou � la pulv�risation d'insecticides � action rapide; il faut faire
suivre ces traitements par un lavage et une a�ration pouss�s. Pour �liminer les
rongeurs, il est pr�f�rable d'utiliser des pi�ges plut�t que des poisons qui
peuvent �tre �galement dangereux pour l'homme. L'�ducation du personnel et la
pr�sence d'une personne responsable du maintien de l'ordre et de la propret�
suffisent g�n�ralement.
c) Propret� des mati�res premi�res
Les agents de d�t�rioration de l'hygi�ne (produits �cras�s,
surm�ris, moisis) doivent �tre enti�rement ou partiellement �cart�s au cours du
triage. Le lavage doit �tre effectu� soigneusement sur les produits,
conform�ment aux m�thodes donn�es
pr�c�demment.
9.2 Traitement de l'eau en fonction de son utilisation
Avant d'utiliser une eau, il faut d'abord d�terminer:
- sa charge microbienne et sa composition; - sa
teneur en mati�res en suspension; - sa teneur en sels dissous et la nature de
ces derniers.
Chaque utilisation pose des exigences particuli�res. Il serait
souhaitable de pouvoir disposer de trois qualit�s d'eau: eau potable, eau
d'alimentation des g�n�rateurs de vapeur, eau destin�e � d'autres usages.
a) Eau potable
Une eau potable doit satisfaire des normes pr�cises de nature
physique, microbiologique et chimique, d�finies par la l�gislation de chaque
pays. Elle ne doit avoir ni odeur, ni saveur.
L'usine se trouve plac�e devant l'alternative suivante:
- soit elle s'alimente sur le r�seau public d'eau
potable;
- soit elle proc�de elle-m�me au traitement de son eau, selon
des m�thodes �tablies par un sp�cialiste. Celui-ci sera particuli�rement
attentif � la teneur en certains sels min�raux. En effet, le magn�sium conf�re
une amertume � l'eau, tandis que les bicarbonates g�nent le lavage, l'action des
d�tergents et la cuisson de certains l�gumes. Sous l'action de la chaleur, les
sels de calcium forment un d�p�t et donnent lieu � un d�gagement de gaz
carbonique.
b) Eau d'alimentation des g�n�rateurs de vapeur
Elle pr�sente le risque d'un d�pot de carbonates sous l'action
de la chaleur.
La teneur en substances min�rales totales doit �tre inf�rieure �
3,5 g/l dans le cas o� la pression dans le g�n�rateur de vapeur est inf�rieure �
20 bars. En cas de forte teneur en sels min�raux, diff�rents traitements
permettent de limiter ces risques. Il est n�cessaire dans ce cas de s'adresser �
un sp�cialiste.
c) Eau destin�e � d'autres usages
Il peut s'agir:
- d'eau m�lang�e � des aliments (boissons de fruits,
saumures de l�gumes);
- d'eau utilis�e pour le lavage final des produits, appareils,
r�cipients, etc.;
- d'eau qui subira une cuisson en m�me temps que les produits, �
une temp�rature proche de 100°C:
- d'eau d'alimentation des autoclaves;
- d'eau de refroidissement des bouteilles, bocaux et bo�tes:
elle doit satisfaire � des exigences bact�riologiques sp�ciales (le plus
souvent, on recourt � la chloration);
- d'eau de
pr�lavage.
9.3 Nettoyage des locaux et des appareils
9.3.1 Pr�cautions � prendre lors de la conception de l'usine
Pour faciliter le nettoyage et l'entretien d'une usine, diverses
mesures doivent �tre prises d�s le stade de la conception. Il faut notamment
pr�voir:
- des sols suffisamment inclin�s, non glissants,
offrant une bonne r�sistance m�canique et chimique;
- des drains suffisants;
- des parois lisses pouvant �tre lav�es au jet;
- une ventilation ad�quate.
Les appareils, quant � eux, doivent �tre con�us pour faciliter
leur nettoyage; on pr�voira � cet effet:
- des surfaces lisses (les surfaces en bois sont
tr�s difficiles a nettoyer); - un nombre aussi r�duit que possible d'angles
vifs; - l'�limination des points morts o� les aliments risquent de
stagner; - des orifices de vidange au niveau le plus
bas.
9.3.2 Principes de nettoyage
Pour �viter la contamination des aliments et la d�gradation des
appareils, deux r�gles doivent �tre observ�es:
- ne rien salir ou le moins possible (�vacuation
rapide des eaux ti�des et des d�chets); - nettoyer et d�sinfecter le plus
rapidement possible.
Le nettoyage, qui doit �tre effectu� imm�diatement apr�s le
fonctionnement d'un appareil pour �viter l'incrustation des souillures, peut
�tre r�alis� selon diff�rentes m�thodes que l'on combine g�n�ralement.
a) Nettoyage physique
Il est r�alis� par une action m�canique manuelle � l'aide de
brosses, de goupillons ou des racleurs, par des jets de vapeur ou d'eau, ou
encore � l'aide de d�tergents.
b) Nettoyage par agents chimiques
Les d�tergents et dissolvants sont utilis�s pour �liminer les
souillures.
Leur action est souvent g�n�e par la duret� de l'eau
(c'est-�-dire par sa teneur en bicarbonate de calcium), tandis que leur
efficacit� d�pend de leur concentration, de la dur�e du contact avec la surface
� nettoyer, de la turbulence de la solution dans laquelle ils sont dissous et de
la temp�rature.
Certains mat�riaux peuvent �tre sensibles � l'action de divers
agents chimiques, si bien que divers produits de nettoyage doivent �tre �vit�s
dans certains cas r�pertori�s au tableau 55.
Tableau 55. Sensibilit� de divers mat�riaux aux agents
de nettoyage
Mat�riaux
Agents de nettoyage � employer
Agents de nettoyage a �viter
Acier inoxydable
Solutions faiblement acides (temps court)
Acide chlorydrique (HCl), chlorures
Aluminium Zinc Etain Cuivre
D�tergents faiblement alcalins riches en m�tasilicate de sodium
Fer-blanc
D�tergents faiblement alcalins: phosphate trisodique,
polyphosphates, m�tasilicate de sodium
Bois et tissus (fibres v�g�tales)
Polyphosphates et agent mouillant
Alcalis forts
Tissus et fibres synth�tiques
Suivre les instructions du fabricant
Verre
D�tergents neutres ou faiblement alcalins, proportion �lev�e de
polyphosphates
Alcalis forts
Caoutchouc
Solutions alcalines
Acides et solvants organiques
B�ton, ciment
D�tergents alcalins (m�tasilicate de sodium)
Plastiques
Suivre les instructions du fabricant
Le choix de l'agent de nettoyage d�pend de la nature chimique
des souillures � enlever, de l'�paisseur de la couche � �liminer et de la nature
des mat�riaux constitutifs des appareils. Le choix du produit appropri� une fois
op�r�, il convient de fixer la temp�rature, le temps de nettoyage et la
concentration de la solution de lavage. Le choix de l'agent de nettoyage et de
ces diff�rents param�tres doit �tre effectu� en collaboration avec un
sp�cialiste.
On peut n�anmoins donner quelques indications relatives aux
produits les plus courants (tableau 56).
c) R�alisation du nettoyage
D'une mani�re g�n�rale, les diverses �tapes du nettoyage d'un
appareil sont les suivantes; il faut, dans l'ordre indiqu�:
- effectuer un premier lavage � l'eau froide ou ti�de
(40-50°C) a basse pression;
- laver le sol et l'entourage de l'appareil;
- �ventuellement, faire tremper certaines parties
particuli�rement encrass�es de l'appareil;
- laver avec la solution d�tergente choisie, chaude,
�ventuellement sous forte pression et � l'aide d'une brosse;
- rincer avec de l'eau potable � basse pression, chaude puis
froide.
Tableau 56. Caract�ristiques de quelques agents de
nettoyage
Agents
Avantages
Inconv�nients
Remarques
Hydroxyde de sodium (soude caustique)
Bon march� Bact�ricide
Fortement alcalin Pr�cipice le tartre Difficile �
rincer Corrosif
En combinaison avec les silicates, �limination des graisses et
des r�sidus dess�ch�s ou carbonis�s
Silicates de sodium
D�tergent efficace Prot�ge contre la corrosion
Le m�tasilicate de sodium ne pr�cipite par le
tartre Alcalinit� variable
Phosphate trisodique
Efficace Ne pr�cipite par le tartre Rin�age facile
Assez corrosif Prix �lev�
Savons
Efficaces
Formation de mousse difficile � �liminer Insolubles en milieu
acide ou riche en calcium ou en magn�sium
Acides organiques
Dissolvent les d�p�ts min�raux et alcalino-terreux
Attaquent la pierre et le b�ton L�g�re corrosion des m�taux
Acides
Dissolvent les d�p�ts min�raux
Tr�s agressifs
A employer � bon escient, du fait de leur agressivit�, ensemble
avec un inhibiteur de corrosion
Un dernier rin�age � l'eau froide sera effectu� imm�diatement
avant la reprise de la
fabrication.
9.4 D�sinfection de l'eau et de l'appareillage
a) M�thodes de d�sinfection de l'eau
Ces m�thodes varient suivant la destination de l'eau trait�e; on
a cependant g�n�ralement recours � la chloration:
- eau potable: chloration l�g�re;
- eau de lavage ou eau de d�sinfection: chloration plus pouss�e.
En cas de besoin, on peut �galement d�sinfecter les eaux de lavage ou de rin�age
avec des produits bact�ricides � large spectre d'action.
b) M�thodes de d�sinfection des appareils
Pour que son efficacit� soit r�elle, la d�sinfection doit
absolument �tre pr�c�d�e d'un nettoyage et d'un lavage pouss�. En g�n�ral,
l'appareillage est d�sinfect� sit�t apr�s le nettoyage, puis rinc� � grande eau.
Un nouveau rin�age sera effectu� imm�diatement avant la r�utilisation.
c) Caract�ristiques des agents de d�sinfection (tableau
57)
On peut donner quelques caract�ristiques g�n�rales concernant
divers agents de chloration. Cependant, le choix d'un de ces agents, ses
conditions d'emploi, la fr�quence des op�rations de d�sinfection sont � d�finir
avec un sp�cialiste de fa�on � prendre en compte les conditions propres � chaque
unit� de production.
Tableau 57. Caract�ristiques de quelques agents de
d�sinfection
Agents
Avantages
Inconv�nients
Agents de chloration
Chlore gazeux
Facile a obtenir relativement pur Bon march� Utilis� pour
de grands volumes d'eau
Toxique et irritant pour la gorge Tr�s corrosif pour les
m�taux Danger d'explosion lors du stockage
Hypochlorites
Faciles � appliquer Utilisables pour petits volumes
Instables Chers Risque de pr�cipitation du tartre
Chloramines
Stables � temp�rature �lev�es Action germicide de longue
dur�e
Faible pouvoir germicide
Autres agents
Ammonium quaternaire
Germicide Stable � haute temp�rature Inodore Non
toxique aux doses employ�es
Inefficace en pr�sence de certains d�tergents et de prot�ines
Solutions d'iodoforme
Germicides en milieu acide
Corrosives Peuvent donner des colorations ou des saveurs
ind�sirables
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
10.1 Effets sur la valeur nutritionnelle des produits finis
10.2 Effets sur l'environnement
(introduction...)
10.2.1 Recyclage des sous-produits solides
10.2.2 Applications pharmaceutiques
10.2.3 Autres utilisations
10.2.4 Recyclage des eaux r�siduaires (effluents)
10.3 Consommation �nerg�tique
10.4 Consommation en eau
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
10.1 Effets sur la valeur nutritionnelle des produits finis
Les proc�d�s de transformation �tudi�s dans le pr�sent dossier
technique visent � prolonger la dur�e de conservation des fruits. Ces
traitements sont donc b�n�fiques dans leur ensemble, car:
- ils permettent une consommation hors saison; -
ils offrent une grande vari�t� d'aliments sains; - ils assurent une bonne
qualit� nutritionnelle et organoleptique.
Quelques-uns de ces traitements entra�nent cependant certaines
modifications de la valeur nutritionnelle initiale des fruits; il importe de les
conna�tre pour tenter de les minimiser lorsqu'elles sont n�fastes.
Ces modifications, engendr�es soit par le processus de
conservation lui-m�me, soit au cours des �tapes de pr�paration, font l'objet du
tableau 58.
Le mode de conditionnement lui-m�me peut avoir une influence sur
la valeur nutritionnelle des produits finis apr�s stockage; c'est ainsi que dans
le cas des produits d�shydrat�s, l'imperm�abilit� de l'emballage � l'oxyg�ne
assure une meilleure pr�servation de certaines vitamines. De m�me, le verre,
plus inerte que le m�tal, n'engendre avec le produit fini aucune r�action
chimique susceptible d'alt�rer les caract�ristiques nutritionnelles et
organoleptiques de celui-ci.
Des m�thodes on�reuses et sophistiqu�es de transformation
(lyophilisation) et de conditionnement (sous gaz inerte, par exemple) permettent
d'am�liorer la qualit� des produits finis et de pr�server les �l�ments
nutritifs. L'examen de ces proc�d�s n'entre toutefois pas dans le cadre de la
pr�sente �tude. Nous nous bornerons par cons�quent � pr�ciser les pr�cautions �
prendre pendant la transformation pour limiter les pertes vitaminiques et
min�rales et conf�rer au produit fini des propri�t�s organoleptiques
satisfaisantes.
10.2 Effets sur l'environnement
Les sous-produits r�sultant de la pr�paration et de la
conservation des fruits se pr�sentent sous deux formes:
- sous-produits solides (d�chets d'�pluchage, rebus
de triage et de parage); - sous-produits liquides (eaux de lavage ou de
blanchiment).
L'utilisation �ventuelle de ces deux types de sous-produits est
donc sensiblement diff�rente.
Tableau 58. Pr�cautions � prendre lors de la
conservation des fruits
Pr�traitement ou traitement
Avantages
Inconv�nients
Am�liorations possibles
Stockage avant transformation
Pertes de vitamines (vitamine C, notamment)
Approvisionnement r�gulier de l'usine pour �viter des stocks
trop importants
Epluchage
Elimination des parties plus ou moins indigestes
Pertes vitaminiques (vitamines abondantes dans et sous la peau)
Eviter les traitements alcalins Conserver sous l'eau apr�s
�pluchage si la transformation n'est pas imm�diate
Traitement � l'anhydride sulfureux (SO2)
Pr�servation am�lior�e de la vitamine C Protection contre les
d�gradations microbiologiques et enzymatiques
Destruction de la vitamine B1
Blanchiment, cuisson
Modification du go�t, de la consistance G�latinisation de
l'amidon, donc digestibilit� meilleure Destruction de certaines enzymes
n�fastes
Destruction, donc perte de min�raux, ar�mes et vitamines
hydrosolubles Pigmentation amoindrie Inactivation par la chaleur, donc
perte de vitamine C thermolabile
Pr�f�rer la vapeur � l'eau Cuire en gros morceaux ou sans
peler Pr�-�bullition et cuisson courte Ajouter un agent de conservation de
la couleur (bicarbonate de soude) pour pr�server la chlorophylle
S�chage au soleil
Am�lioration du go�t (par rapport au s�chage � l'air chaud)
Pertes de vitamines Brunissement
S�cher des morceaux de tailles homog�ne
S�chage � l'air chaud (� l'abri du rayonnement solaire)
Protection am�lior�e de la vitamine A (par rapport au s�chage au
soleil)
Perte de vitamines B1 et C et de carot�nes (m�me si att�nu�es)
Conservation par le sel
En cas de dessalage, pertes de vitamines et sels min�raux par
dissolution
Conservation par le vinaigre
Pertes vitaminiques par oxydation Irritation du tube digestif
Conservation par fermentation
Modification de la texture (ramollissement), d'o� une meilleure
digestibilit�
Pertes vitaminiques
Pasteurisation
Pertes vitaminiques et min�rales par dissolution dans le liquide
de couverture
R�duire la dur�e des traitements en diminuant les tailles des
morceaux
Conservation par st�rilisation
Am�lioration de la digestibilit�
Refroidir les r�cipients le plus rapidement possible Remplir
� chaud Utiliser des r�cipients aussi thermo-conducteurs que possible
10.2.1 Recyclage des sous-produits solides
Ces produits peuvent �tre soit utilis�s directement, soie
pr�alablement transform�s avant leur utilisation.
a) Alimentation animale (provendes)
Les d�chets (�corces de fruits, r�sidus de presse, etc.) peuvent
�tre donn�s aux animaux sous diff�rentes formes:
- � l'�tat frais, directement apr�s leur production
(par exemple, fruits trop m�rs, couronnes d'ananas apr�s tranchage, etc.);
- apr�s ensilage � l'abri de l'oxyg�ne pour �viter une
fermentation non contr�l�e des d�chets (notamment des �corces d'agrumes); on
peut �ventuellement induire un d�but de fermentation lactique; ou
- apr�s s�chage: les d�chets sont d'abord malax�s avec de la
chaux pour �viter une acidification excessive, puis press�s pour �vacuer un jus
sucr� et riche en pectine que l'on appelle m�lasse (cette
�limination facilite le s�chage). Les r�sidus de presse sont enfin s�ch�s au
soleil dans un s�choir-tunnel (�corces) ou dans un s�choir-tambour (marcs). Cet
aliment peut �tre rem�lang� ou non avec la m�lasse. Celle-ci peut �galement �tre
utilis�e pour produire de l'alcool �thylique.
Les provendes (aliments pour b�tail) ainsi produites doivent
�tre enrichies en mati�res prot�iques (l�gumineuses, tourteaux) afin de
constituer une ration alimentaire compl�te.
b) Pectines
Les pectines sont extraites par pressage des marcs ou des
�corces de fruits (mangues, pommes, agrumes, etc.). On obtient un liquide � 15
pour cent d'extrait sec que l'on doit �purer, neutraliser � la chaux et filtrer
avant de pouvoir pr�cipiter la pectine par addition d'alcool ou de sel
m�tallique.
c) Huiles essentielles
On peut r�cup�rer deux types d'huiles � partir des d�chets de
fruits:
- des huiles essentielles (� partir d'�corces de
fruits et d'agrumes, notamment): cette op�ration est facilement r�alisable �
l'�chelle artisanale, car elle ne n�cessite ni �quipement sophistiqu�, ni
investissement important;
- des huiles de p�pins ou de noyaux: apr�s lavage et s�chage,
les p�pins ou les amandes contenues dans les noyaux subissent un pressage
permettant d'obtenir une huile qui, en raison de son amertume, doit �tre
saponifi�e (dans le cas par exemple des abricots, des raisins et des
agrumes).
d) Utilisation �nerg�tique
La biomasse peut �tre valoris�e de plusieurs mani�res:
Voies s�ches:
- combustion de d�chets dans des foyers en vue de
produire de l'air chaud ou des gaz qui seront utilis�s pour d�shydrater des
produits alimentaires ou produire de la vapeur;
- carbonisation (ou pyrolyse): cette technique vise � produire
du charbon de bois � partir de r�sidus tels que les coques d'anacardes ou de
noix de coco, les noyaux, etc. On obtient un combustible dot� d'un fort pouvoir
calorifique;
- gaz�ification: cette m�thode permet de convertir l'�nergie
calorifique potentielle des mati�res v�g�tales s�ches en un gaz combustible
utilis� en tant que source d'�nergie thermique ou m�canique. Cette op�ration,
d'un rendement thermique �lev�, s'effectue dans un gazog�ne. Le gaz peut �tre
utilis� dans des moteurs � deux combustibles (dual fuel) ou � allumage
command�.
Voies humides:
- fermentation m�thanique: cette technique permet,
d'une part, la production d'un biocombustible (m�thane) et, d'autre part, la
production d'�l�ments fertilisants (compost) que l'on peut �pandre sur les
champs cultiv�s. L'op�ration s'effectue dans un digesteur en induisant une
fermentation m�thanique � partir de r�sidus lignocellulosiques;
- fermentation alcoolique: � partir de d�chets (de conserverie,
par exemple), on r�cup�re par diffusion un jus sucr� que l'on concentre et que
l'on fait fermenter pour obtenir un jus alcoolis� (transformation des sucres en
�thanol). On peut, par distillation, fabriquer de l'�thanol
pharmaceutique.
10.2.2 Applications pharmaceutiques
Elles sont nombreuses et font appel � des techniques plus
complexes (acide ascorbique, produits chimiques � activit� vitaminique P, etc.).
On peut mentionner par exemple le baume cajou que l'on extrait de la coque des
noix
d'anacardes.
10.2.3 Autres utilisations
On peut utiliser les rebus de triage et de calibrage et les
d�chets de fruits (tels que les peaux) pour produire du vinaigre selon la
m�thode d�crite au chapitre
7.
10.2.4 Recyclage des eaux r�siduaires (effluents)
Ces eaux sont utilis�es:
- soit directement par �pandage sur les champs ou
dans les vergers apr�s correction de leur acidit� par de la chaux;
- soit apr�s �puration par des proc�d�s m�caniques (tamisage,
d�cantation, filtration, etc.), physico-chimiques (pr�cipitation par agents
chimiques) ou biologiques (bact�ries). Les �l�ments �limin�s sont diff�rents
selon la technique employ�e; le choix de la m�thode d�pend donc tout � la fois
de l'origine de l'eau us�e et de la r�utilisation que l'on d�sire en
faire.
10.3 Consommation �nerg�tique
Le tableau 59 indique les besoins en �nergie relatifs aux
diverses techniques de conservation.
Tableau 59. Consommation �nerg�tique comparative de
diff�rentes techniques de conservation
Techniques de conservation
Consommation en �quivalent vapeur (kg de vapeur/100 kg de
produit � traiter)
D�shydratation solaire (par convection naturelle)
0
D�shydratation par combustibles
70-300
Pasteurisation
30-50
St�rilisation
50-100
La d�shydratation par combustibles exige consid�rablement plus
d'�nergie que les autres techniques de conservation. Toutefois, le co�t du
produit fini est �galement fonction du prix du conditionnement, qui est
sensiblement moins �lev� dans le cas de produits d�shydrat�s que dans le cas de
fruits conserv�s par le sucre ou par pasteurisation, ceux-ci �tant
n�cessairement conserv�s en r�cipients de verre ou de m�tal.
Les unit�s de transformation situ�es en des lieux o� le
combustible est facilement disponible et peu on�reux pourront envisager le
recours � cette
technique.
10.4 Consommation en eau
La consommation en eau d'une unit� constitue elle aussi un
crit�re important du choix technologique et peut avoir des cons�quences
consid�rables pour l'environnement dans le cas des r�gions s�ches.
Outre les pr�traitements qui utilisent une grande quantit� d'eau
(lavages, blanchiments), certains traitements comme la st�rilisation et la
pasteurisation n�cessitent entre 0,3 et 0,6 m3 pour 100 kg de produit
� traiter.
Ces traitements sont donc � proscrire dans les zones s�ches o�
l'eau repr�sente une denr�e rare et ch�re. Des syst�mes d'�conomie en eau
peuvent cependant �tre mis au point; on peut avoir recours:
- � une utilisation �chelonn�e de l'eau: cette
m�thode consiste � r�utiliser la m�me eau en veillant � ce que son degr� de
pollution apr�s une op�ration soit inf�rieur � son degr� de pollution apr�s
l'�tape suivante; la figure 89 donne une illustration de cette m�thode;
- au r�emploi de l'eau apr�s �puration. L'�puration, m�me si
elle co�te cher, peut s'av�rer avantageuse dans bien des cas si l'on tient
compte:
· du
co�t de l'eau fournie � l'usine; · des pertes
de mati�res premi�res de valeur pouvant �tre rejet�es avec l'eau; · des co�ts d'�puration des cours d'eau dans lesquels
sont d�vers�s les effluents.
Figure 89. Exemple
d'utilisation �chelonn�e de l'eau
(Source: ONUDI, 1970)
Il n'est pas inutile de rappeler, avant de clore ce chapitre
consacr� aux effets de la transformation des fruits sur l'environnement, que les
eaux r�siduaires des entreprises agro-industrielles, si faible que puisse �tre
leur importance, ne doivent jamais �tre rejet�es dans des cours d'eau sans subir
une �puration pr�alable visant � �liminer les substances min�rales et organiques
qu'elles peuvent contenir en quantit�s excessives.
L'�puration des eaux us�es co�te cher, mais la pr�servation de
l'�quilibre biologique des cours d'eau et de l'environnement est � ce prix, et
celui-ci n'est jamais trop �lev� � long
terme.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
11.1 Introduction
11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique
11.2.1 Introduction
11.2.2 Etude du march�
11.3 Estimation des co�ts de production
(introduction...)
11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels
11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations
11.3.3 Co�t des intrants
11.3.4 Charges de personnel
11.3.5 Frais de gestion et d'administration
11.3.6 Immobilisations fonci�res
11.3.7 Fonds de roulement
11.3.8 Co�ts unitaires de production
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
11.1 Introduction
La conception d'un projet d'unit� de transformation doit �tre
effectu�e selon une proc�dure permettant de d�gager des crit�res de choix aussi
bien techniques qu'�conomiques.
Le pr�sent chapitre aborde de mani�re tr�s succincte certains
probl�mes d'ordre financier et technique pr�sents dans toute �tude de projet.
L'�laboration d'un projet comprend trois phases successives:
- une �tude d'identification qui, en fonction des
habitudes alimentaires, des besoins nutritionnels, du pouvoir d'achat des
consommateurs, de l'analyse des disponibilit�s en mati�res premi�res, en
�nergie, en main-d'oeuvre et en infrastructure, et suite � la d�cision prise de
desservir un march� local ou r�gional, permet de choisir un type de
transformation;
- une �tude de faisabilit� (comportant un dossier technique, un
dossier emploi et un dossier �conomique) visant � d�terminer la capacit� de
production de l'unit� � implanter, le montant des investissements n�cessaires et
un essai d'implantation des diff�rents postes de l'entreprise en fonction des
surfaces allou�es;
- une �tude d'avant-projet d'ex�cution (planning d'ex�cution,
mat�riels � mettre en place, �valuation pr�cise de leur co�t, etc.) qui pr�pare
la r�alisation pratique des travaux de montage de l'entreprise.
Dans le cas des unit�s de transformation de petite taille qui
nous pr�occupent ici, certaines phases pr�alables d'�valuation pourront �tre
regroup�es afin de minimiser les co�ts qu'entra�nerait une �tude exhaustive.
Le pr�sent chapitre a donc pour but d'exposer une m�thode
d'�valuation �conomique simple, applicable � des entreprises modestes dont la
capacit� de production, souvent limit�e par les disponibilit�s en cr�dits
d'investissement, sera con�ue pour satisfaire la demande de march�s locaux ou
r�gionaux.
Les entrepreneurs d�sireux d'investir des sommes importantes
dans des entreprises de transformation agro-industrielles fruiti�res tourn�es
vers les march�s nationaux ou internationaux devront en tout �tat de cause
requ�rir les services de soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es qui �tabliront des
dossiers comparatifs de faisabilit� complets et fiables quant � la rentabilit�
attendue des diff�rentes options technologiques examin�es dans le cadre d'un
projet
donn�.
11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique
11.2.1 Introduction
On proc�dera, dans un premier temps, � l'analyse du march� en
vue de d�terminer le volume et la gamme des produits que l'on se propose de
fabriquer au cours d'un certain nombre d'ann�es.
Dans un deuxi�me temps, on v�rifiera, par une premi�re
estimation des co�ts d'investissement et des co�ts de production, si
l'entreprise est rentable ou non et l'on d�terminera les conditions de sa
rentabilit�.
Les unit�s de plus grande capacit�, dans lesquelles le
management joue un r�le primordial, devront approfondir leur analyse et �tablir
un ou plusieurs �ch�anciers de flux financiers pr�visionnels portant sur une
p�riode de 5 � 20
ans.
11.2.2 Etude du march�
Il s'agit de d�terminer, pour un produit fini donn�, la taille
du march�, son �volution et le niveau de production que la future unit� de
production peut esp�rer �couler en fonction du pouvoir d'achat et des go�ts de
la client�le vis�e ainsi que de la concurrence et de la structure des co�ts. Il
est �galement souhaitable d'effectuer une analyse de l'�volution des prix de
gros et de d�tail ainsi que des prix � l'importation du produit consid�r�, car
les co�ts de production devront �tre inf�rieurs � ceux de la concurrence locale
ou �trang�re.
S'il s'agit d'introduire sur le march� un produit nouveau, le
march� potentiel est th�oriquement consid�rable, � condition toutefois que le
produit en question soit accept� par les consommateurs. Le taux d'acceptabilit�
probable d'un produit nouveau devra d�s lors �tre d�termin� par des m�thodes
statistiques parfaitement d�finies et �prouv�es, et non de mani�re empirique
comme c'est trop souvent le cas.
Ces diverses donn�es une fois acquises, l'entrepreneur devra
faire un choix quant � la capacit� de production de la future entreprise, pour
autant que le march� soit suffisamment ouvert et que la limitation des capitaux
disponibles n'exclue pas toute possibilit� de choix. La taille de l'entreprise
devra �tre d�termin�e non seulement en fonction des d�bouch�s, mais �galement en
fonction des possibilit�s d'approvisionnement en mati�res premi�res, de fa�on �
ce que l'entreprise soit assur�e de tourner � sa capacit� maximale de production
pendant toute l'ann�e. Cette derni�re contrainte implique, pour rentabiliser les
investissements, la n�cessit� pour l'entreprise de ne pas limiter sa production
� un seul fruit et � un seul type de produit.
L'entreprise devra, par ailleurs, n�cessairement adapter sa
production au calendrier de production des esp�ces fruiti�res choisies (comme le
montre l'exemple donn� tableau 60) et orienter si possible sa production vers la
fabrication de deux ou trois produits finis (confiture, gel�e et p�te de fruits
ou marmelade par exemple), tout en simplifiant au maximum sa ligne de
fabrication.
Nous verrons, dans la section 12.1 du chapitre suivant, quelles
autres donn�es de base l'entrepreneur devra rassembler pour s'assurer que
l'unit� de transformation envisag�e soit adapt�e � son environnement et puisse
travailler dans de bonnes
conditions.
11.3 Estimation des co�ts de production
Apr�s avoir d�termin� le niveau de production en fonction des
possibilit�s du march� et des approvisionnements et une fois que le mat�riel de
fabrication a �t� soigneusement choisi apr�s un appel d'offres en fonction de
diff�rents crit�res (co�t et nature du mat�riel propos� - import� ou fabriqu�
partiellement sur place -, choix d'une ligne de fabrication, disponibilit�s en
�nergie, niveau de qualification de la main-d'oeuvre locale, traitement des
sous-produits et rejets, possibilit�es de transport locales, etc.),
l'entrepreneur devra estimer les co�ts comparatifs de production par unit� de
produit fini en fonction des diverses variantes de production offertes par
diff�rentes techniques possibles de fabrication, diff�rents mat�riels ou
diff�rentes formes d'�nergie disponibles.
Tableau 60. Exemple de
calendrier de production d'esp�ces fruiti�res
Si l'on veut pouvoir comparer entre elles diff�rentes options
techniques, l'estimation des co�ts unitaires de production doit �galement tenir
compte des �l�ments suivants:
- frais d'entretien et de r�paration; - co�t des
intrants (fluides, mati�res premi�res, autres mati�res fongibles); - frais de
personnel; - frais de gestion et d'administration; - immobilisations
fonci�res; - int�r�ts du fonds de roulement.
Les m�thodes permettant d'estimer ces diff�rents postes sont
expos�es dans les sections qui
suivent.
11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels
L'amortissement annuel des biens mobiliers et immobiliers d�pend
de leur prix d'achat, du taux d'int�r�t pratiqu� et de leur dur�e de vie.
L'amortissement sera d'autant plus �lev� que les taux d'int�r�ts seront plus
�lev�s et que la dur�e d'utilisation des b�timents et des mat�riels sera plus
courte.
Connaissant le prix d'achat (Z) d'un bien et le taux d'int�r�t
annuel (i), il est facile de d�terminer son co�t annuel d'amortissement en
divisant son prix d'achat par le facteur (F) indiqu� au tableau 61. Ainsi, le
taux annuel d'amortissement d'une machine ayant �t� achet�e 25 000
UM1 � un taux d'int�r�t de 16 pour cent et dont la dur�e
d'utilisation (n) est de 7 ans est �gal �:
1 Unit� mon�taire fictive.
a) Valeur des b�timents et des ouvrages
Celle-ci englobe le co�t de tous les travaux de construction
(g�nie civil, b�timent, am�nagements fixes - eau, �nergie, routes, cl�tures,
etc.) et peut varier dans des proportions consid�rables selon les mat�riaux
utilis�s, l'emplacement choisi et les conditions locales. En 1985, la valeur
d'une construction pouvait varier dans la proportion de 1 � 10. On �tablira la
valeur des investissements immobiliers sur la base de plusieurs devis �tablis
par des entrepreneurs locaux auxquels les travaux pourraient �tre confi�s.
b) Valeur des biens d'�quipement
L'estimation de la valeur des mat�riels non fongibles doit
porter sur le co�t des assurances, des emballages, des transports et des
manutentions, de fa�on � obtenir le prix total de l'�quipement mont� et pr�t �
fonctionner. Pour les mat�riels import�s, il convient donc d'ajouter � la valeur
f.a.b. (pour franco � bord)2 tous les frais d'assurances, de
transports, de transitaires, etc. qui vont grever le mat�riel depuis son port
d'embarquement jusqu'� son lieu de montage, ou d'ajouter � la valeur c.a.f.
(co�t, assurance, fr�t) tous les frais aff�rents au d�barquement et �
l'acheminement du mat�riel, du port d'arriv�e � son lieu d'utilisation.
2 On dit aussi f.o.b.
Si l'on veut obtenir une valeur plus exacte du co�t annuel
d'amortissement des b�timents et des mat�riels en tenant compte de leur valeur
r�siduelle � la fin de leur dur�e de vie utile, on peut utiliser la formule:
dans laquelle (Z), (F), (i) et (n) sont identiques aux
param�tres pr�c�dents et (S) est la valeur r�siduelle attribu�e aux b�timents et
aux mat�riels apr�s amortissement.
L'entrepreneur aura tout avantage � s'adresser � un transitaire
pour conna�tre les co�ts d'acheminement du mat�riel de fabrication n�cessaire.
Le poids et l'encombrement de ce mat�riel sous emballage seront communiqu�s par
le fournisseur.
Tableau 61. Table d'actualisation: valeur actuelle, au
taux d'int�r�t (i), de la somme de (n) annuit�s de 1 UM payables en fin
d'ann�e
Nombre d'ann�es (n)
Taux d'int�r�t (i)
5%
6%
8%
10%
12%
14%
15%
16%
18%
20%
22%
24%
25%
26%
28%
30%
35%
40%
1
0.952
0.943
0.926
0.909
0.893
0.877
0.870
0.862
0.847
0.833
0.820
0.806
0.800
0.794
0.781
0.769
0.741
0.714
2
1.859
1.833
1.783
1.736
1.690
1.647
1.626
1.605
1.566
1.528
1.492
1.457
1.440
1.424
1.392
1.361
1.289
1.224
3
2.723
2.673
2.577
2.487
2.402
2.322
2.283
2.246
2.174
2.106
2.042
1.981
1.952
1.923
1.868
1.816
1.696
1.589
4
3.546
3.465
3.312
3.170
3.037
2.914
2.855
2.798
2.690
2.589
2.494
2.404
2.362
2.320
2.241
2.166
1.997
1.849
5
4.330
4.212
3.993
3.791
3.605
3.433
3.352
3.274
3.217
2.991
2.864
2.745
2.689
2.635
2.532
2.436
2.220
2.035
6
5.076
4.917
4.623
4.355
4.111
3.889
3.784
3.685
3.498
3.326
3.167
3.020
2.951
2.885
2.759
2.643
2.385
2.168
7
5.786
5.582
5.206
4.868
4.564
4.288
4.160
4.039
3.812
3.605
3.416
3.242
3.161
3.083
2.937
2.802
2.508
2.263
8
6.463
6.210
5.747
5.335
4.968
4.639
4.487
4.344
4.078
3.837
3.619
3.421
3.329
3.241
3.076
2.925
2.598
2.331
9
7.108
6.802
6.247
5.759
5.328
4.946
4.772
4.607
4.303
4.031
3.786
3.566
3.463
3.366
3.184
3.019
2.665
2.379
10
7.722
7.360
6.710
6.145
5.650
5.216
5.019
4.833
4.494
4.192
3.923
3.682
3.571
3.465
3.269
3.092
2.715
2.414
11
8.306
7.887
7.139
6.495
5.938
5.453
5.234
5.029
4.656
4.327
4.035
3.776
3.656
3.544
3.335
3.147
2.752
2.438
12
8.863
8.384
7.536
6.814
6.194
5.660
5.421
5.197
4.793
4.439
4.127
3.851
3.725
3.606
3.387
3.190
2.779
2.456
13
9.394
8.853
7.904
7.103
6.424
5.842
5.583
5.342
4.910
4.533
4.203
3.912
3.780
3.656
3.427
3.223
2.799
2.468
14
9.899
9.295
8.244
7.367
6.628
6.002
5.724
5.468
5.008
4.611
4.265
3.962
3.824
3.695
3.459
3.249
2.814
2.477
15
10.380
9.712
8.559
7.606
6.811
6.142
5.847
5.575
5.092
4.675
4.315
4.001
3.859
3.726
3.483
3.268
2.825
2.484
16
10.838
10.106
8.851
7.824
6.974
6.265
5.954
5.669
5.162
4.730
4.357
4.033
3.887
3.751
3.503
3.283
2.834
2.489
17
11.274
10.477
9.122
8.022
7.120
6.373
6.047
5.749
5.222
4.775
4.391
4.059
3.910
3.771
3.518
3.295
2.840
2.492
18
11.690
10.828
9.372
8.201
7.250
6.467
6.128
5.818
5.273
4.812
4.419
4.080
3.928
3.786
3.529
3.304
2.844
2.494
19
12.085
11.158
9.604
8.365
7.366
6.550
6.198
5.877
5.316
4.844
4.442
4.097
3.942
3.799
3.539
3.311
2.848
2.496
20
12.462
11.470
9.818
8.514
7.469
6.623
6.259
5.929
5.353
4.870
4.460
4.110
3.954
3.808
3.546
3.316
2.850
2.497
21
12.821
11.764
10.017
8.649
7.562
6.687
6.312
5.973
5.384
4.891
4.476
4.121
3.963
3.816
3.551
3.320
2.852
2.498
22
13.163
12.042
10.201
8.772
7.645
6.743
6.359
6.011
5.410
4.909
4.488
4.130
3.970
3.822
3.556
3.323
2.853
2.498
23
13.489
12.303
10.371
8.883
7.718
6.792
6.399
6.044
5.432
4.925
4.499
4.137
3.976
3.827
3.559
3.325
2.854
2.499
24
13.799
12.550
10.529
8.985
7.784
6.835
6.434
6.073
5.451
4.937
4.507
4.143
3.981
3.831
3.562
3.327
2.855
2.499
25
14.094
12.783
10.675
9.077
7.843
6.873
6.464
6.097
5.467
4.948
4.514
4.147
3.985
3.834
3.564
3.329
2.856
2.499
11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations
En dehors des cas o�, dans les entreprises de tr�s petite
taille, l'entretien et la r�paration du mat�riel et des b�timents ne sont pas
assur�s par le propri�taire lui-m�me, les frais d'entretien et de r�paration
doivent comprendre non seulement les pi�ces de rechange et autres mati�res
fongibles comme les peintures, les d�tergents, les graisses, etc., mais
�galement le co�t de la main-d'oeuvre affect�e � ces travaux.
Globalement, les travaux et produits d'entretien peuvent �tre
�valu�s annuellement � environ 5-7 pour cent du co�t total du mat�riel de
fabrication dans l'exemple
consid�r�.
11.3.3 Co�t des intrants
Il importe de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res
premi�res (fruits) et en mati�res annexes fongibles (sucre, acides, pectine, par
exemple) ainsi que les besoins en fluides (�lectricit�, fuel, eau) qui vont �tre
consomm�s en une ann�e pour couvrir les besoins de la fabrication. Les besoins
en emballages (bo�tes, bocaux, capsules, cartons, etc.) entrent �galement dans
l'�tablissement des bilans mati�res qu'il convient d'�tablir et de chiffrer avec
soin pour pouvoir d�terminer les co�ts annuels de fabrication.
En cas d'alimentation de l'installation par le r�seau, le co�t
de la consommation annuelle d'�lectricit� s'obtient en multipliant la puissance
de chaque moteur (exprim�e en kW) par le nombre pr�sum� de ses heures
d'utilisation, en faisant la somme des produits ainsi obtenus et en multipliant
celle-ci par le prix d'achat du kWh. Il faudra �ventuellement ajouter � ce co�t
annuel le montant des charges fixes d'abonnement, de location de transformateur,
etc.
Si l'entreprise produit son �lectricit� elle-m�me, le co�t
annuel sera �gal au co�t du combustible utilis� pour actionner le groupe (dont
l'amortissement et l'entretien seront �galement pris en compte).
Les co�ts annuels des combustibles (fuel, gaz ou bois utilis�s
pour actionner des moteurs ou produire de la vapeur) seront calcul�s en
multipliant les consommations horaires en litres de chaque appareil par le
nombre d'heures d'utilisation et par le prix du litre du combustible
correspondant et en faisant la somme des produits ainsi obtenus.
La puissance d'un moteur exprim�e en CV peut �tre convertie en
kW en divisant le nombre de CV par 1,3410. Ainsi, un moteur de 16 CV �quivaut �
un moteur d'environ 12 kW.
Dans certains cas, l'entreprise aura int�r�t a acheter son
�lectricit� pendant certaines p�riodes de l'ann�e et � en produire elle-m�me �
d'autres moments, par exemple en p�riodes d'�tiage. Dans ce dernier cas, elle
pourra m�me envisager de vendre du courant �lectrique � l'Etat ou � des tiers si
la puissance install�e le
permet.
11.3.4 Charges de personnel
Les charges annuelles de personnel sont �troitement li�es � la
taille de l'entreprise, � sa structure et � la nature des produits fabriqu�s.
Une toute petite unit� de production de fruits confits ou de
confitures peut facilement restreindre son personnel au cercle familial, alors
qu'une entreprise semi-industrielle produisant 150 kg/h de confitures en bo�tes
et de p�tes de fruits, comme dans l'exemple cit� au chapitre 12, devra consacrer
une part non n�gligeable de son budget aux salaires vers�s � quelque 30
personnes.
L'entrepreneur doit pouvoir �valuer ses besoins en main-d'oeuvre
non qualifi�e, compte tenu de la capacit� de production de l'entreprise. Le
nombre d'ouvriers n�cessaire pour effectuer une t�che donn�e correspond au
volume de travail � effectuer en un laps de temps donn� (par exemple 8 h) divis�
par la productivit� horaire moyenne. C'est ainsi que s'il faut peler et
d�noyauter 120 kg de mangues par heure (pour obtenir les 70 kg de mangues
pr�par�es n�cessaires � la production des 150 kg de confiture) et qu'une femme
est capable de pr�parer 10 kg de mangues par heure, le poste n�cessitera la
pr�sence de 12 femmes pendant 8 h.
L'effectif de la main-d'oeuvre non qualifi�e peut varier
journellement ou de fa�on saisonni�re selon la nature des travaux � accomplir et
les imp�ratifs de la production. Cette main-d'oeuvre fluctuante est r�num�r�e �
l'heure ou � la t�che selon la l�gislation en vigueur, � l'encontre du personnel
permanent pay� sur une base mensuelle ou hebdomadaire.
Le co�t annuel total (P) du personnel peut �tre calcul� dans ce
cas � partir de la formule:
P = Wt dst + 12 Wp
sp + 12 M,
dans laquelle:
- Wt = nombre de manoeuvres journaliers
temporaires;
- d = nombre de jours durant lesquels les manoeuvres temporaires
sont employ�s;
- st = salaire journalier de la main-d'oeuvre
temporaire;
- Wp = nombre d'employ�s permanents;
- sp = salaire mensuel du personnel permanent (ou
salaire mensuel moyen pond�r� si tous les membres de ce personnel n'ont pas le
m�me salaire);
- M = salaire du directeur de l'entreprise.
Le salaire du directeur de l'entreprise devrait �tre au moins
�gal � celui qu'il pourrait obtenir dans une autre entreprise. Quant aux
salaires des employ�s qualifi�s et des manoeuvres, ils doivent correspondre aux
bar�mes fix�s par la
loi.
11.3.5 Frais de gestion et d'administration
Ces frais sont n�gligeables dans les entreprises familiales de
tr�s petite taille et peuvent atteindre 0,75-1,0 pour cent du chiffre d'affaires
dans les entreprises plus importante susceptibles de commercialiser leur
production � l'�chelle locale ou nationale, voire d'exporter une partie de leurs
produits.
11.3.6 Immobilisations fonci�res
Que l'entreprise soit propri�taire ou locataire du terrain sur
lequel elle est implant�e, il convient de tenir compte, pour �tablir un choix
technologique, de la valeur de ce terrain. Le co�t annuel de cette
immobilisation fonci�re peut �tre estim� en fonction de la superficie occup�e et
du prix de location d'un terrain situ� �
proximit�.
11.3.7 Fonds de roulement
Le fonds de roulement n�cessaire varie en fonction du volume des
stocks de mati�res premi�res et des stocks de produits finis requis pour assurer
la bonne marche de l'entreprise. Ces stocks de s�curit� sont ceux que
l'entreprise estime devoir constituer en intrants (fruits, combustibles,
emballages, r�serves de produits de fabrication, etc.) ou en produits finis pour
faire face aux demandes de la client�le.
L'int�r�t que cet argent immobilis� sous diverses formes
rapporterait s'il �tait plac� � un taux donn� est comptabilis� dans les frais
fixes d'exploitation au m�me titre que les immobilisations fonci�res.
Une petite entreprise familiale pourra fonctionner au jour le
jour sans immobiliser des sommes importantes, tandis qu'une entreprise
semi-industrielle produisant par exemple 150 kg de confiture par heure devra
pr�voir un stock de s�curit� amont de mati�res premi�res d'environ deux mois et
un stock aval de produits finis d'un mois (soit 30 tonnes de confiture), ce qui
repr�sente une somme d'environ 15-17,5 pour cent du chiffre d'affaires annuel.
Le fonds de roulement varie en fonction du choix technologique retenu, notamment
en ce qui concerne les intrants de fabrication n�cessaires.
En g�n�ral, le fonds de roulement est estim� � 20-25 pour cent
des d�penses d'exploitation (co�t des intrants plus charges de
personnel).
11.3.8 Co�ts unitaires de production
L'estimation des co�ts unitaires de production, qui repr�sentent
la somme des co�ts annuels de production d�finis dans les sections 11.3.1 �
11.3.7 divis�e par le tonnage annuel de produits finis fabriqu�s, constitue la
derni�re �tape analytique avant le choix technologique. En effet, la technique
la mieux appropri�e sera celle dont le co�t de production est le plus bas; il
convient de choisir le mat�riel et l'�chelle de production en fonction de ce
crit�re.
Dans les tr�s petites entreprises artisanales utilisant la seule
main-d'oeuvre familiale, le choix technologique se portera sur la technique
associ�e au taux d'amortissement des constructions et des mat�riels ainsi qu'au
co�t unitaire de l'�nergie consomm�e les plus bas, le co�t de la main-d'oeuvre
restant constant.
Dans les entreprises semi-industrielles, le choix devra porter
sur la technique susceptible d'assurer la plus forte valeur ajout�e1
pour le plus faible investissement en mat�riel et les co�ts de production les
plus bas. Il s'agit dans ce cas de comparer le co�t des divers �quipements,
ainsi que les prix de vente au d�tail des produits finis et des sous-produits
qu'ils permettent d'obtenir. Autrement dit, le choix technologique devra �tre
simultan�ment la r�sultante d'un choix technique et d'un choix de produits.
1 La valeur ajout�e se calcule en
retranchant du chiffre d'affaires les d�penses d'exploitation vers�es � des
agents ext�rieurs � l'entreprise: achat des intrants, travaux ex�cut�s par
l'ext�rieur.
Quant aux entreprises industrielles, elles devront proc�der �
des analyses �conomiques et financi�res beaucoup plus fines fond�es sur l'�tude
des �ch�anciers de flux financiers relatifs aux diff�rentes variantes d'un
projet. Ce travail, on l'a vu, doit �tre r�alis� par des soci�t�s d'ing�nierie
sp�cialis�es.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
12.1 Introduction
12.2 Exemple de conception et d'�valuation
(introduction...)
12.2.1 Sous-dossier technique
12.2.2 Sous-dossier �conomique
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
12.1 Introduction
Lors de la conception d'un projet d'unit� de transformation
agro-industrielle, la connaissance d'un certain nombre de donn�es de base est
indispensable pour que l'usine projet�e soit rentable et adapt�e � son
environnement.
L'acquisition des donn�es de base doit porter sur des objets
aussi divers que:
- l'environnement g�oclimatique et humain;
- le march� potentiel;
- la main-d'oeuvre et la l�gislation du travail;
- la disponibilit� et le co�t de l'�nergie, de l'eau, etc.;
- l'�valuation des co�ts d'investissement et les facilit�s de
cr�dit;
- les structures de la production et les disponibilit�s en
mati�res premi�res;
- l'infrastructure locale et les conditions de transport;
- les utilisations potentielles des sous-produits, l'�limination
des d�chets et le traitement des eaux r�siduaires;
- les normes � respecter et la l�gislation locale.
La possession de ces donn�es permet de passer � la pr�paration
de l'avant-projet, puis � la r�alisation du projet lui-m�me. Selon la taille de
l'entreprise projet�e, l'�tude concernant la conception d'une unit� de
transformation doit comprendre deux ou trois grands dossiers:
- un dossier technique; - un dossier
main-d'oeuvre; - un dossier �conomique et financier.
Gr�ce aux donn�es de base dont il vient d'�tre question, le
dossier technique permet de d�finir:
- le choix du proc�d� (apr�s comparaison des
diff�rentes possibilit�s permettant de fabriquer le produit final recherch�);
- le sch�ma de fabrication;
- les bilans mati�res;
- la capacit� de production;
- le plan d'implantation.
Chaque usine constitue �videmment un cas particulier du fait de
son environnement et des contraintes qu'il impose.
Un exemple de dossier technique conduisant � la conception d'une
usine es propos� dans la section 12.2.1; il ne peut toutefois en aucun cas
s'appliquer � toutes les situations puisqu'il r�sulte de certaines
caract�ristiques et de choix
pr�cis.
12.2 Exemple de conception et d'�valuation
L'exemple qui suit est donn� d'un point de vue uniquement
technique, sans aucune �tude de rentabilit� et de viabilit�
�conomique.
12.2.1 Sous-dossier technique
a) Donn�es de base
Dans l'exemple choisi:
- l'usine est implant�e dans une zone fruiti�re dont
le calendrier de production des esp�ces fruiti�res correspond au tableau 60;
- l'usine doit fabriquer des confitures et des marmelades de
mangues, d'oranges, de goyaves, de pommes de cajou, de papayes, de tamarins, de
corossols, de noix de coco, de bananes, d'ananas ainsi que des gel�es de
grenadilles, de goyaves et d'agrumes, et cela gr�ce � la polyvalence de son
mat�riel (les bassines de cuisson permettent �galement de produire des p�tes de
fruits � partir de la plupart des fruits pr�cit�s);
- l'usine va travailler pendant 12 mois � raison de 8 h par jour
et de 6 jours par semaine, soit pendant 300 jours environ;
- la capacit� effective de production est de 150 kg de
confitures par heure n�cessitant 90 kg/h de fruits frais pr�par�s, ce qui
correspond � des quantit�s variables de produits frais selon l'esp�ce fruiti�re
consid�r�e (165 kg d'ananas frais ou 120 kg de mangues par heure, par exemple);
- � l'exception d'un laveur-tambour pour les fruits non fragiles
(comme les agrumes) et d'un presse-agrumes �lectrique permettant de r�aliser une
importante �conomie de temps et de main-d'oeuvre, tous les pr�traitements sont
ex�cut�s manuellement;
- les confitures, les gel�es et les marmelades sont
conditionn�es en bo�tes de 500 g et 1 kg serties manuellement, les p�tes de
fruits �tant d�coup�es, enrob�es et mises � la main en cartons de 600 g. Seul le
remplissage � chaud des bo�tes de confitures et de gel�es est effectu� � l'aide
d'une doseuse semi-automatique.
b) Bilan mati�res
Il s'agit de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res
premi�res et en mati�res annexes (sucre, acide, pectine), les besoins en �nergie
(fuel, �lectricit�) et en eau ainsi que les besoins en emballages (bo�tes,
bocaux, couvercles, capsules, cartons, etc.).
Ces �l�ments sont r�pertori�s dans le tableau 62. Les co�ts des
appareils n'ont pas �t� chiffr�s du fait de leurs grandes variations et des
possibilit�s de r�alisation locale. L'exemple comment� dans le sous-dossier
�conomique 12.2.2 permettra cependant de fixer les ordres de grandeur.
Aux mat�riels �num�r�s dans le tableau 62, il convient d'ajouter
d'autres mat�riels tels que:
- chariots transporteurs, bacs interm�diaires,
tables tournantes pour les manutentions; - mat�riels de stockage pour les
bo�tes, cartons vides ou pleins; - mat�riels de contr�le de fabrication
(thermom�tres, papiers pH, louches, densim�tres, etc.); - la chaudi�re devant
fournir la vapeur n�cessaire (100-200 kg/h) - le mat�riel de nettoyage et de
d�sinfection.
Par ailleurs, les quantit�s de mati�res accessoires (sucre,
acide, pectine) varient consid�rablement selon les fruits trait�s en fonction
notamment de leur richesse en pectine et leur acidit� et la formule de
fabrication que l'on a choisie. Cela explique l'amplitude des fourchettes de
chiffres du tableau 62.
En ce qui concerne les besoins, la fabrication de 150 kg/h de
produits finis n�cessite environ:
- 500 � 1 000 l d'eau, - 100 � 200 kg de
vapeur,
et une puissance install�e de quelque 3 CV (2,2 kW environ),
sans compter l'�clairage �ventuel des b�timents. Il convient d'ajouter � ces
chiffres les besoins en eau chaude et en eau froide pour le nettoyage des
appareils et des sols en fin de journ�e.
c) Bilan main-d'oeuvre et organisation du travail
Les bassines de cuisson et les postes ult�rieurs ne seront
employ�s qu'apr�s que les premiers lots de fruits auront �t� pr�par�s. Par
ailleurs, les postes de pr�traitement seront inoccup�s en fin de journ�e, �
moins que l'on ne mette les fruits pr�par�s le soir � l'abri de l'oxydation en
les conservant jusqu'au lendemain matin dans des bassines remplies d'eau. Le
personnel sera donc affect� aux divers postes en fonction des besoins
momentan�s.
Par ailleurs, certaines �tapes ne concernent qu'un seul type de
produit fini ou qu'une seule esp�ce fruiti�re; on �conomise de ce fait de la
main-d'oeuvre que l'on peut affecter � d'autres activit�s.
Tableau 62. Exemple de bilan mati�res (Fabrication de
confitures et de p�tes de fruits)
Doseuse semi-automatique pour produits p�teux (confitures)
1
jusqu'� 300 bo�tes/h (ou bocaux)
30-60 mn
-
-
0,5 CV
1
150 bo�tes de 1 kg/h ou 300 de 500 g/h
R�cipients inox � bords peu relev�s et fond plat (p�tes de
fruits)
15
Dimensions: 0,75 × 0,75 × 0,05 m Capacit�: 10 kg
p�te de fruits
30-40 mn
-
-
-
2
-
Fermeture r�cipients
Sertisseuses manuelles
2
2 bo�tes/mn/pers. 120 bo�tes/h (selon taille)
30 mn
-
-
-
4
Capsules ou couvercles m�talliques: 150 ou 300/h
Refroidissement (confitures) S�chage (p�tes de fruits)
Etag�res (courant d'air frais)
-
150 bo�tes de 1 kg ou 300 bo�tes de 500 g par charge
Plusieurs jours
-
-
-
1
-
D�coupage
Emporte-pi�ce
5 � 8
12 kg/h/pers.
1 h
-
-
-
5-8
Sucre cristallis�: 10 g/kg produit fini
Enrobage Conditionnement (p�tes de fruits)
Table 5 × 0,8 m
1
Bo�tes cartonn�es de 600 g
Etiquetage
Table 2 × 1 m
1
150 bo�tes/h
1 h
-
-
-
1
Etiquettes Colle, pinceau
Encartonnage
150 bo�tes/h
-
-
-
Ruban adh�sif Cartons de 48 bo�tes de 500 g ou 24 bo�tes de 1
kg 5 � 10 cartons/heure
Dans ces conditions, on peut �valuer les besoins globaux de
l'usine en main-d'oeuvre � environ:
- 25-30 ouvriers pour la pr�paration des
fruits; - un ouvrier pour surveiller la cuisson; - 7-12 ouvriers pour les
post-traitements,
soit une quarantaine de personnes au total, y compris un chef
d'atelier charg� de l'organisation et du contr�le de la production, de
l'entretien, du d�pannage et de la surveillance de la main-d'oeuvre.
c) Plan de l'usine
Certaines r�gles g�n�rales doivent �tre respect�es lors de la
conception d'un plan d'usine; on peut les r�sumer en disant qu'il faut:
- s�parer les divers ateliers (r�ception et stockage
des produits frais, atelier de production, stockage des r�cipients vides,
stockage des produits finis, bureaux, sanitaires et vestiaires, magasin pour
l'entretien, chaufferie);
- �viter les trajets inutiles entre les postes;
- pr�voir une zone d'expansion possible;
- s�parer les aires de manoeuvres des v�hicules pour
l'alimentation de l'usine en produits frais et le d�part de l'usine des produits
finis;
- � l'int�rieur de l'atelier de production, �tablir une
succession des op�rations Celle qu'elle refl�te dans l'espace le sch�ma de
fabrication;
- pr�voir des syst�mes d'�vacuation des eaux us�es par sol
inclin� et caniveaux grillag�s, ainsi qu'une aire de stockage des d�chets hors
de l'usine.
La figure 90 reproduit le plan d'une usine qui s'inspire des
r�gles essentielles que l'on vient d'�num�r�er et qui correspond aux donn�es
techniques de base mentionn�es dans la section
12.2.1.
12.2.2 Sous-dossier �conomique
a) Calcul des d�penses d'investissement
Terrain et am�nagements
Il faut am�nager (drainage, stabilisation) un terrain de 500
m2 dont la valeur est estim�e � 12 000 UM/m2, soit 6 000
000 UM au total.
Construction
Le b�timent occupe une surface au sol de 350 m. Son co�t de
construction est de 35 000 UM/m2, soit 12 250 000 UM au total.
Mat�riels
Dans les mat�riels r�pertori�s au tableau 63 sont inclus les
machines, leur co�t d'installation et de mise en route, les lignes et
�quipements �lectriques et t�l�phoniques, les mat�riels de bureau et d'entretien
ainsi que les engins de manutention.
Figure 90. Plan d'une petite
conserverie de fruits
L�gende:
A: Aire de r�ception B: Stockage des mati�res
premi�res (fruits) C: Pesage D: Lavage E: Triage-parage F:
D�noyautage-�pluchage-d�coupage G: Pressage des agrumes H: Broyage I:
Tamisage J: Bacs � d�chets K: Stocks d'ingr�dients L: Bassines de
cuisson M: Stocks de bo�tes, bocaux et couvercles N: Remplissage O:
D�coupage-enrobage-conditionnement P: Refroidissement/s�chage Q:
Etiquetage-encartonnage R: Stocks de produits finis et cartons vides S:
Chaudi�re T: Magasin d'entretien U: Sanitaires et vestiaires V:
Bureaux W: Zone pr�vue pour l'expansion
Tableau 63. D�penses de mat�riels1
1 Les rapports entre les diff�rents
co�ts, exprim�s en UM (unit� mon�taire fictive) sont conformes � la situation
qui existait en 1985.
Op�rations
Mat�riels
Nombre
Co�t total (installation et mise en route) (UM)
Stockage
Cuves plastiques
15
400 000
Pesage
Bascule
1
500 000
Lavage
Laveur m�canique
1
1 800 000
Triage, parage
Manuel (1 table, 10 couteaux)
100 000
D�noyautage, �pluchage
Manuel (2 tables, 20 couteaux)
200 000
Extraction des jus
Extracteur �lectrique
1
1 500 000
Broyage
Broyeur manuel
1
600 000
Tamisage
Tamis rotatifs manuels
2
500 000
Pesage des ingr�dients
Balances
2
300 000
Cuisson + agitation
Bassines avec agitateur �lectrique
2
2 200 000
Remplissage
Doseuse m�canique �lectrique
1
1 700 000
Cuves inox
15
1 200 000
Fermeture
Sertisseuses manuelles
2
1 200 000
Refroidissement
Etag�res
15
150 000
D�coupage
8 emporte-pi�ce + 1 table
350 000
Etiquetage, encartonnage
Manuel (table)
1
50 000
Manutention
3 diables, 1 l�ve-palettes 50 caisses en plastique
1 600 000
Installation �lectrique
150 000
Mat�riel de bureau
Table, chaises, meubles de rangement
250 000
Mat�riel d'entretien
Tuyaux, cuves
250 000
Total
15 000 000
Le co�t total de ces mat�riels, pour l'usine envisag�e,
s'�tablit � 15 000 000 UM.
Fonds de roulement
Le stock de s�curit� est estim� � 2 mois de production:
- Stock de mati�res premi�res:
Fruits et ingr�dients:
1 800 000 UM
Energie:
300 000 UM
Emballages:
1 900 000 UM
4 000 000 UM
- Stock de produits finis (�quivalant � 1 mois de production ou
30 tonnes de confitures, � raison de 120 000 UM/t), soit
3 600 000 UM
Total du fonds de roulement:
7 600 000 UM
Pi�ces de rechange
Le co�t d'un stock de s�curit� de pi�ces de rechange est
normalement �valu� � 20 pour cent du total des mat�riels; il d�pend de la
facilit� d'approvisionnement. Dans le cas de mat�riels fabriqu�s dans le pays �
proximit� de l'usine, cette �valuation peut �tre faite sur la base de 10 pour
cent du total des mat�riels.
Dans le cas des mat�riels import�s pour lesquels il n'existe pas
sur place de r�seau apr�s-vente, la valeur du stock, de pi�ces de rechange peut
atteindre 20 � 25 pour cent du co�t total des mat�riels.
Dans le cas pr�sent, la valeur du stock de pi�ces de rechange
peut �tre estim�e � 20 pour cent de la valeur des mat�riels correspondants, soit
3 000 000 UM.
Frais de premier �tablissement
Dans le cas d'une entreprise artisanale, les frais de premier
�tablissement sont tr�s faibles. On les estimera � 250 000 UM.
b) D�termination des d�penses techniques d'exploitation
Toutes les d�penses d'exploitation telles que:
- achats de mati�res premi�res et autres
intrants; - consommations d'�nergie et de fluides; - charges
sociales,
sont �tablies en fonction des donn�es de base d�taill�es au
paragraphe 12.2.1.a) ci-dessus (production horaire de 150 kg de confiture �
partir de 150 kg de fruits frais - en moyenne - ce qui repr�sente une
consommation de 1,2 t de fruits frais par jour et de 360 t par an) et du bilan
mati�res qui en d�coule (tableau 62).
Le tableau 65 indique les quantit�s de produits consomm�es par
an ainsi que les prix unitaires correspondants. C'est sur la base des donn�es
qu'il contient qu'ont �t� calcul�es les d�penses techniques d'exploitation
figurant aux postes 2 � 4 du paragraphe 12.2.2.d) ci-apr�s.
c) D�termination des autres d�penses d'exploitation
Aux d�penses techniques r�pertori�es au paragraphe pr�c�dent
viennent s'ajouter les autres d�penses constitutives du co�t de production
telles que les d�penses d'entretien, de r�paration, de gestion et
d'administration, ainsi que les dotations aux amortissements. Ces d�penses
peuvent �tre �valu�es conform�ment aux indications donn�es au chapitre 11
relatif � la m�thodologie d'�tude des co�ts:
D�penses d'entretien et de r�paration
On peut les �valuer � 6 pour cent environ par an des
investissements en mat�riels, soit � 900 000 UM.
D�penses d'administration et de gestion
300 000 UM/an.
Dotations aux amortissements
Pour simplifier, on consid�rera que la dur�e de vie moyenne des
mat�riels est de 10 ans et celle des b�timents de 20 ans. Quant aux taux
d'int�r�ts, on les estimera � 12 pour cent dans les deux cas. On est conduit
dans ces conditions, sur la base des taux d'actualisation indiqu�s au tableau
61, aux montants ci-apr�s:
Co�ts d'investissement (UM)
Dur�es de vie (ans)
Taux d'actualisation
Amortissements annuels (UM)
Mat�riels: 15 000 000
10
5 650
2 654 800
B�timents: 12 250 000
20
7 469
1 640 100
Pi�ces de rechange 3 000 000
5
3 605
832 100
soit un amortissement annuel total de:
5 127 000 UM
d) Calcul des d�penses annuelles d'exploitation
A partir des donn�es des paragraphes a), b) et c) ci-dessus, on
peut �tablir quelles seront les d�penses totales d'exploitation correspondant �
la production d'une ann�e.
1) Mati�res premi�res
Fruits:
360 t
20 000 UM/t
7 200 000 UM
Sucre:
216 t
35 000 UM/t
7 560 000 UM
Additifs:
5 t
50 000 UM/t
250 000 UM
15 010 000 UM
2) Fluides et �nergie
Eau:
3 000 m3
15 UM/m3
45 000 UM
Electricit�:
6 000 kWh
20 UM/kWh
120 000 UM
Fuel:
36 t
70 000 UM/t
2 520 000 UM
2 685 000 UM
3) Emballages
Bo�tes 4/4:
180 000
25 UM/bo�te
4 500 000 UM
Bo�tes 1/2:
360 000
15 UM/bo�te
5 400 000 UM
Cartons:
12 000
50 UM/carton
600 000 UM
Cagettes, palettes
50 000 UM
10 550 000 UM
4) Personnel
Manoeuvres:
20
150 000 UM/an
3 000 000 UM
Ouvriers qualifi�s:
7
320 000 UM/an
2 240 000 UM
Contrema�tre:
1
400 000 UM/an
400 000 UM
Responsable:
1
500 000 UM/an
500 000 UM
Adjoint:
1
400 000 UM/an
400 000 UM
6 540 000 UM
5) Entretien et r�parations
900 000 UM
6) Frais de gestion et d'administration
Bureau, poste, t�l�phone, papeterie, etc.
300 000 UM
7) Amortissements
5 127 000 UM
D�penses totales d'exploitations:
41 112 000 UM
e) Co�ts unitaires de production
Si l'on se reporte au chapitre 11, section 11.3.8, les co�ts
unitaires de production repr�sentent, dans le cas analys� ci-dessus:
Une autre ligne de fabrication, ou une cha�ne de fabrication
�quip�e et log�e diff�remment, conduira a des r�sultats sensiblement diff�rents.
Parmi toutes les options envisag�es, on choisira celle dont le co�t unitaire de
production est le plus bas.
f) Compte d'exploitation pr�visionnel simplifi�
Il peut �tre int�ressant de d�terminer le b�n�fice brut d�gag�
par chaque option. Dans l'exemple choisi:
Stock de d�but d'exercice
3 600 000 UM
Stock de fin d'exercice
3 600 000 UM
Achat de mati�res premi�res
15 010 000 UM
Ventes de confitures
43 200 000 UM
Achats compl�mentaires:
Ventes de p�tes de fruits
1 800 000 UM
- fluides et �nergie
2 685 000 UM
- emballages
10 550 000 UM
Salaires du personnel
6 540 000 UM
Entretien et r�parations
900 000 UM
Gestion et administration
300 000 UM
Dotations aux amortissements
5 127 000 UM
B�n�fice brut
3 888 000 UM
48 600 000 UM
48 600 000 UM
Tableau 64. R�capitulation des d�penses
d'investissement
D�nomination
(en UM)
Terrain et am�nagements
6 000 000
Construction
12 250 000
Mat�riels
15 000 000
Pi�ces de rechange
3 000 000
Frais de premier �tablissement
250 000
Fonds de roulement
7 600 000
Total
44 100 000
Tableau 65. D�termination des d�penses techniques
d'exploitation
D�nomination
Quantit�s consomm�es/an
Prix unitaires
Mati�res premi�res
Fruits
150 kg/h × 8 h × 300 j = 360 t
20 000 UM/t
Sucre
90 kg/h × 8 h × 300 j = 216 t
35 000 UM/t
Additifs
5 t
50 000 UM/t
Fluides
Eau
10 m3/jour en comprenant l'entretien et le lavage de
l'atelier, soit 3 000 m3 au total
15 UM/m3
Electricit�
2,5 kWh × 8 h × 300 j = 6 000 kWh
20 UM/kWh
Fuel
Les besoins de l'unit� sont de 150 kg de vapeur/h, soit 360 t de
vapeur/an (1 t de fuel peut produire 10 t de vapeur), soit encore 36 t de fuel
70 000 UM/t de fuel
Emballages
Bo�tes 4/4
180 000 bo�tes/an
25 UM/bo�te
Bo�tes 1/2
360 000 bo�tes/an
15 UM/bo�te
Cartons avec �tiquetage-feuillard
12 000 cartons
50 UM/carton
Cagettes de r�ception, palettes
50 000 UM/an
Personnel
Manoeuvres
20 manoeuvres permanents
150 000 UM/an
Ouvriers qualifi�s
7 ouvriers permanents
320 000 UM/an
Contrema�tre
1
400 000 UM/an
Responsable d'unit�
1
500 000 UM/an
Adjoint
Administration, comptabilit�
400 000 UM/an
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
ANNEXES
Annexe I: Glossaire de termes techniques
Annexe II: Table de conversion d'unit�s
Annexe III: Liste d'organismes et d'instituts
Annexe IV: Bibliographie
Annexe V: Questionnaire
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
ANNEXES
Annexe I: Glossaire de termes techniques
A�robie
Micro-organisme vivant ayant besoin d'air et plus exactement
d'oxyg�ne pour se d�velopper
Agar-agar
G�lose extraite de certaines algues marines que l'on trouve
principalement dans l'oc�an Indien et le Pacifique
Alcalin
Basique
Alcali
Base
Ana�robie
Micro-organisme pouvant se d�velopper en l'absence d'air ou
d'oxyg�ne
Antifongique
Produit utilis� pour lutter contre les champignons
Antiseptique
Substance emp�chant la prolif�ration des microbes
Appertisation
Proc�d� de conservation des aliments p�rissables par
st�rilisation � la vapeur dans des r�cipients herm�tiquement ferm�s
Aseptique
Exempt de tout germe microbien
Astringence
Qualit� d'une substance qui conf�re une saveur �pre
Bact�ricide
Se dit d'un agent chimique ou physique d�truisant les bact�ries
Bact�rie
Micro-organisme unicellulaire jouant un r�le essentiel dans
l'ensemble des processus biologiques et la d�gradation des produits alimentaires
Bact�riostatique
Se dit d'une substance emp�chant la prolif�ration des bact�ries
sans les d�truire
Base
Compos� qui, dissous dans de l'eau pure, donne une solution de
pH sup�rieur � 7
Biomasse
Masse de mati�re vivante, animale ou v�g�tale
Bourbe
Sorte de boue constitu�e par de fines particules qui se sont
d�pos�es dans des eaux stagnantes
Cellule
Unit� fondamentale de tout organisme vivant
Chlorophylle
Pigment vert donnant leur couleur aux v�g�taux sup�rieurs
Collo�de
Substance compos�e de particules de petites dimensions
dispers�es dans un fluide
Compost
Engrais form� par le m�lange ferment� de d�bris organiques avec
des mati�res min�rales
D�cantation
S�paration par gravit� des mati�res solides en suspension dans
un liquide et qu'on laisse d�poser
Degr� Baum�
Mesure de la densit� d'une solution � l'aide d'un ar�om�tre
Degr� Brix
Poids (en grammes) de mati�re s�che contenue dans 100 g de
solution, donn� par un densim�tre � flotteur (1 degr� Brix = 1,82 degr� Baum�)
Densit�
Grandeur physique correspondant au rapport de la masse d'un
corps homog�ne � celle d'un m�me volume d'eau � 4°C
D�sinfectant
Produit servant � d�truire les micro-organismes les plus
redoutables dans un milieu donn� (mais non tous les micro-organismes)
D�tergent
Produit d'origine naturelle ou synth�tique utilis� pour nettoyer
les appareils, r�cipients, canalisations, etc., agissant par attaque chimique
Drupe
Fruit charnu � noyau qui ne s'ouvre pas spontan�ment lorsqu'il
atteint sa maturit� (abricot, p�che, cerise, etc.)
Duret� (d'une eau)
Caract�ristique d'une eau contenant des sels de calcium ou de
magn�sium
Edulcorant
Substance chimique, en g�n�ral synth�tique, donnant une saveur
sucr�e
Effluent
Ensemble des eaux us�es rejet�es par une usine
Ensilage
M�thode de conservation des produits agricoles, sp�cialement des
fourrages verts, en les mettant dans des silos
Enzyme
Substance prot�inique acc�l�rant certaines r�actions
biochimiques
Ferment
Micro-organisme capable de provoquer une fermentation
Fermentation
Transformation de substances organiques sous l'influence
d'enzymes produits par des micro-organismes
G�latine
Substance albumino�de constitu�e de longues fibres, extraite des
os, des cartilages et de certaines algues et soluble dans l'eau
Granulom�trie
M�thode de classement des produits pulv�rulents selon la
proportion des grains de diff�rents calibres qui le composent
Humidit� relative
Proportion entre la quantit� de vapeur d'eau contenue
effectivement dans l'air et la capacit� d'absorption de l'air � une temp�rature
donn�e, la valeur 100 correspondant au point de saturation en vapeur d'eau
Hydrolyse
D�composition chimique d'une substance par l'action de l'eau;
cette r�action est souvent r�versible
Hydrosoluble
Soluble dans l'eau ou dans une solution aqueuse
Hygrom�trie
D�termination de la quantit� d'humidit� contenue dans l'air
Hygroscopique
Se dit d'une substance qui absorbe facilement l'humidit�
Indice de r�fraction
Mesure de la d�viation que subit un rayon lumineux en passant
d'un milieu dans un autre; mesur� � l'aide d'un r�fractom�tre, cet indice permet
de conna�tre la dose de solide dissoute dans une solution
Intrants (inputs)
El�ments n�cessaires � la production
Inversion du sucre
Traitement du sucre par voie microbiologique ou chimique
conduisant au d�doublement du saccharose (dextrogyre) en glucose et en fructose
(l�vogyre)
Jutage
Remplissage d'un r�cipient de conditionnement avec un jus chaud
destin� � combler les vides
Levure
Champignon microscopique unicellulaire capable de produire des
transformations biologiques � l'air libre ou en milieu clos; les levures sont
des agents de fermentation
Liposoluble
Soluble dans les graisses et les huiles
Marc
R�sidu solide de l'extraction des jus de fruits
M�lasse
Sous-produit liquide de la cristallisation des sucres de canne
ou de betterave (sirop dense, visqueux et incristallisable)
Moisissure
Ensemble de champignons de petite taille qui croissent
rapidement en milieu biologique et provoquent des transformations utiles ou
nuisibles, selon les cas
Mo�t
Liquide sucr� extrait de fruits, servant de mati�re premi�re
dans les industries de fermentation
Neutraliser
Ramener � un pH neutre (�gal � 7)
Organoleptique
Qualifie les sensations appr�hend�es directement par les organes
des sens: go�t, odeur, aspect, texture, couleur d'une substance
Osmose
Ph�nom�ne physique de diffusion d'ions � travers une membrane
semi-perm�able s�parant deux solutions de concentrations diff�rentes
Oxydation
Fixation d'oxyg�ne pouvant avoir lieu � l'air ou en vase clos
Pasteurisation
Destruction de germes pathog�nes par chauffage suivi d'un
refroidissement brusque
Pathog�ne
Capable de provoquer une maladie
Pectine
Substance g�lifiante, glucidique, souvent pr�sente dans les
plantes, en particulier dans les jus de fruits
Pectolytique
Se dit d'une substance qui d�sagr�ge les composants pectiques
pH
Potentiel d'hydrog�ne. Indice caract�risant l'activit� ou la
concentration de l'ion hydrog�ne dans une solution. L'�chelle des pH s'�tend de
0 (tr�s acide) � 14 (tr�s alcalin); la neutralit� est caract�ris�e par un pH de
7
Pigment
Mati�re color�e de structure chimique vari�e
Poids net
Poids d'un r�cipient plein diminu� du poids du r�cipient vide
Pression osmotique
Pression qu'il faut exercer sur une solution pour emp�cher le
solvant pur de traverser la membrane semi-perm�able qui le s�pare de la solution
Prot�olytique
Qui provoque une hydrolyse partielle ou totale des prot�ines
Saumure
Eau plus ou moins fortement sal�e dans laquelle on met des
aliments pour en faire des conserves
Spore
Forme arrondie de certaines bact�ries plus r�sistantes � des
conditions de milieu d�favorables, en particulier � une �l�vation de
temp�rature. Les spores peuvent retrouver la forme v�g�tative lorsque le milieu
redevient favorable
Substrat
Substance sur laquelle agit une enzyme en d�terminant sa
transformation biologique ou chimique
Tanin
Compos� ph�nolique ayant une structure complexe et poss�dant
notamment la propri�t� de pr�cipiter les prot�ines
Tartre
Cro�te dure et insoluble d'origine calcaire qui se forme sur les
parois des r�cipients contenant des liquides, des chaudi�res, des �changeurs,
etc.
Texture
Dans le pr�sent contexte, ce terme exprime les propri�t�s
physiques des aliments (structure) et la mani�re dont ces propri�t�s sont
appr�ci�es dans la bouche (consistance)
Thermolabile
D�truit ou modifi� par la chaleur
Titrage
Op�ration par laquelle on proc�de au dosage volum�trique d'une
solution
Turgescence
R�sultant de l'afflux d'eau dans une cellule, qui conf�re une
certaine fermet� aux tissus v�g�taux
Annexe II: Table de conversion d'unit�s
Longueur
1 inch (in.) = 2,54 cm 1 foot (ft.) = 0,305
m 1 yard (yd.) = 0,914 m
Les institutions mentionn�es ci-apr�s pourront fournir les noms
des constructeurs des �quipements qui ne pourraient �tre r�alis�s localement et
apporter une contribution � l'�tude et � l'implantation de petites unit�s de
transformation de fruits ou de l�gumes.
R�publique f�d�rale d'Allemagne
German Appropriate Technology Exchange 1,
Dag-Hammarskj�ld-Weg 6236 Eschborn 1
Institut f�r Lebensmitteltechnologie Frucht und Gem�se
Technologie 22 K�nigin Luise Strasse Berlin 33
Institut f�r Obst- und Gem�severarbeitung 805 Freising -
Weihenstephan
Autriche
ONUDI Postfach 707 A-1011
Vienne
Belgique
ATOL 9, Blijde Inkomstraat 3000-Leuven
Collectif d'�changes pour la technologie appropri�e
(COTA) 28, rue de la Sablonni�re 1000-Bruxelles
Institut national pour l'am�lioration des conserves et
l�gumes 78, rue du Long Ch�ne 1970-Wezembeek-Oppem
Universit� catholique de Louvain Laboratoire de conservation
des aliments 92, Kardinal Mercierlaan 3030-Heverlee
Leuven
Br�sil
CETEC 2000, Avenida Jose Candido da
Silveira P.O. Box 2306 Belo Horizonte (Minas Gerais)
Canada
Brace Research Institute P.O. Box 400, Mc Donald
Campus Mc Gill University Sainte-Anne de Bellevue (Qu�bec) HOA 100
Centre de recherche et de d�veloppement
international (International Development Research Centre) P.O. Box
8500 Ottawa (Ontario) K16 3H9
Fondation canadienne contre la faim 323, Chapel
Street Ottawa (Ontario) K1N 722
Colombie
Instituto de Investigaciones Tecnol�gicas Avenida
30 No. 52 A 77 Apartado Aereo 7031 Bogota
Danemark
Forsknings Laboratoriet for Gront og
Frugtindustrie 133, Blangstedgaardsuej 5220 Odense SO
Etats-Unis
Control Data Corporation 8100 34th Avenue
South Minneapolis, Minnesota 55440
Industrial Development Research Council Peachtree Air
Terminal 1954 Airport Rd Atlanta, Georgia 30341
Meals for Millions Foundation 1800 Olympic Boulevard P.O.
Box 680 Santa Monica, Ca. 90506
Technoserve 36, Old King's Highway South Darien, Conn
06820
France
Alternatives technologiques et recherches sur les
industries agricoles et alimentaires 1, avenue des Olympiades 91305
Massy
Centre d'�changes et de promotion des artisans en zones �
�quiper 18, rue de Varennes 75007 Paris
Centre international de recherche agronomique pour le
d�veloppement, 42, rue Scheffer 75016 Paris
Centre technique interprofessionnel des fruits et l�gumes 22,
rue Berg�re 75009 Paris
Groupe de recherches et d'�changes technologiques 34, rue
Dumont d'Urville 75116 Paris-C�dex
Institut Appert 44, rue d'Al�sia 75014 Paris
Organisation de coop�ration et de d�veloppement �conomiques
(OCDE) 94, rue Chardon Lagache 75016 Paris
Inde
Central Food Technological Research
Institute Cheluramba Mansion Mysore 570013
Irlande
Kinsealy Research Centre Malahide
Road Dublin 5
Italie
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO) Via delle Terme di Caracalla 00100 Rome
Istituto Sperimentale per la Valorizzazione Tecnologica dei
Prodotti Agricoli 26, Via Venezia 20133 Milano
Stazione Sperimentale per l'Industria delle Conserve
Alimentari 33, Via le Tanara 43100 Parma
Jama�que
Food Technology Institute Jamaica Industrial
Development Corporation 4, Winchester Road Kingston 10
Kenya
UNICEF Food Technology and Nutrition
Section P.O. Box 44145 Nairobi
Nig�ria
Project Development Agency 3, Independance
Layout P.O. Box 609 Enugu
Nouvelle-Guin�e
Department of Primary Industries P.O. Box
2417 Kone Dobu
Pays-Bas
Sprenger Institute 6, Haagsteeg 6708 PM
Wageningen
Royaume-Uni
Beecham Products Beecham House Brentford
Middle TW8 9BD
Intermediate Technology Development Group 9, King
Street London WC 2E8 HN
Tropical Development Research Institute 56/62, Gray's Inn
Road London WC1X 8LU
S�n�gal
Institut de technologie alimentaire Route des
P�res Maristes BP
2765 Dakar-Hann
Annexe IV: Bibliographie
Aubert, C.: S�chage solaire: Technologies appropri�es dans la
transformation des c�r�ales, fruits et l�gumes et de la canne � sucre dans
quatre pays de l'Afrique de l'Ouest (BIT/PECTA, 1981)
Cadiet, P.A.: Le blanchiment des fruits et l�gumes avant
cong�lation (CNRS/SIARC, Massy, France, 1980).
Chouard, P.: La conservation familiale des fruits et l�gumes
et autres denr�es alimentaires (Paris, La Maison Rustique, 1944).
Crowther, P.C.; The processing of banana products for food
use (Londres, TPI-G122, 1979).
Cruess, W.V.: Commercial fruit and vegetables products
(4e �dition, New York, Mc Graw Hill Book Company Inc., 1958).
Desrosier, N.W., Desrosier, J.N.: The technology of food
preservation (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1977).
Dupaigne, P.; Boissons di�t�tiques � base de fruits,
Fruits, vol. 25, 1970, no 9, pp. 635-647.
Dupaigne, P.; Les boissons de fruits. Pr�paration et
conservation (Paris, PUF, collection Techniques vivantes,
1972).
Duverneuil, G.: Les machines sp�cifiques d'�pluchage et de
pr�paration de fruits tropicaux, Machinisme agricole tropical,
1979, vol. 63, no 17.
Duverneuil, G., Haendler, L.: Organisation des usines de
d�corticage m�canique des noix de cajou, Fruits, vol. 28, no 10,
1979.
Duverneuil, G., Haendler, L.: Evolution des m�thodes de
traitement des noix, Fruits, vol. 28, no 7-8, 1979.
FAO, Annuaire de la production, vol. 35, 1981.
Fremond, Y.: Le cocotier (Paris, Maisonneuve et Larose,
Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, no 8, 1966).
Grimwood, B.E.: Les produits du cocotier (Rome, FAO,
Progr�s et mise en valeur - Agriculture, no 9, 1976).
Groupement de recherches et d'�tudes technologiques: Le point
sur la transformation des fruits tropicaux (Paris, dossier no 2, 1984).
Haendler, L.: Produits de transformation de la
banane, Fruits, vol. 21, no 7, 1966, pp. 329-342.
Harris, R.S., Karmas, E.: Nutritional evaluation of food
processing (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1975).
Lancrenon, X.: Les sous-produits des conserveries
d'ananas, dans Industries alimentaires et agricoles, no 7-8, 1982,
pp. 583-588.
Laroussilhe-de, F.: Le Manguier (Paris,
Maisonneuve et Larose, Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, no
29, 1980).
Lasnet de Lanty, H.: Conserves familiales (Paris,
Flammarion, 1965).
Leraillez, P.: La conservation industrielle des fruits
(Paris, J.B. Bailli�re et fils, 1969).
Leroy, J.F.: Les fruits tropicaux et subtropicaux (Paris,
PUF, collection Que sais-je?, 1971).
Lery, F.: Les conserves (Paris, PUF, collection Que
sais-je?, 1971).
Miche, J.C.: La conservation des aliments (Paris, PUF,
collection Techniques vivantes, 1973).
Nagy, S., Shaw, P.E.: Citrus science and technology
(Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., vol. 1-2, 1977).
Nagy, S., Shaw, P.E.: Tropical and subtropical fruits
(Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1980).
Nelson, Tressler: Fruit and vegetable juice processing
technology (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1980).
ONUDI: Le conditionnement des denr�es alimentaires et ses
mat�riaux, Etude sur les industries alimentaires no 5 (Vienne, 1970).
ONUDI: First global study on the food processing industry
(Vienne, 1981).
Praloran, J.C.: Les agrumes (Paris, Maisonneuve et
Larose, Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, 1971).
Villemont, M.: Le grand livre de la nutrition et de la
di�t�tique, vol. 3 (Paris, R. Laffont, 1973).
Woodroof, J.G., Philipps, F.: Beverages - Carbonated and non
carbonated (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1981).
Worgan, J.T.: Canning and bottling as methods of food
preservation in developing countries, Appropriate Technology, vol.
4, no 3, pp.
15-16.
Annexe V: Questionnaire
1. Nom
............................................................................................................
5. Ce dossier vous a-t-il aid� (cocher la case correspondante):
- � prendre connaissance de techniques de conservation que vous
ne connaissiez pas
................................................................
/_/
- � estimer le co�t unitaire de production pour diff�rentes
�chelles de production et diff�rentes
technologies .........................................................................................................
/_/
- � commander de l'�quipement pour la production
locale .........................................................................................................
/_/
- � am�liorer votre technique de production
....................................
/_/
- � diminuer les co�ts de fonctionnement
.......................................
/_/
- � s�lectionner une �chelle de production ou une technologie
pour cr�er une unit� de transformation de l�gumes .......................
/_/
- si vous �tes employ� par le gouvernement, � formuler des
mesures et des politiques pour l'industrie de la conserve
.........................................................................................................
/_/
- Si vous �tes membre d'une institution financi�re, � �tudier
une demande de pr�t pour la cr�ation d'une unit�
.................................
/_/
- Si vous travaillez dans un institut de formation, � l'utiliser
comme mat�riel didactique
..........................................................................
/_/
- Si vous �tes un expert international, � am�liorer la qualit�
des conseils fournis � vos interlocuteurs sur les technologies de conservation
des fruits et l�gumes ..................................................
/_/
6. Ce dossier est-il suffisamment d�taill� en ce qui concerne:
(Oui)
(Non)
- la description des aspects techniques,
/_/
/_/
- l'estimation des co�ts,
/_/
/_/
- l'�valuation des effets socio-�conomiques,
/_/
/_/
- les informations bibliographiques?
/_/
/_/
Si vous avez fourni des r�ponses n�gatives, pri�re d'en donner
les raisons ci-dessous ou sur une feuille
s�par�e ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... .........................................................................................................................
7. Comment pourrait-on am�liorer le pr�sent dossier dans
l'�ventualit� d'une seconde
�dition? ......................................................................................................................... .........................................................................................................................
8. Pri�re de faire parvenir le pr�sent questionnaire, d�ment
rempli, �:
Service de la technologie et de l'emploi Bureau
international du Travail, CH-1211 Gen�ve 22 (Suisse)
9. Si vous d�sirez obtenir des informations compl�mentaires sur
certaines questions trait�es dans le pr�sent dossier, le BIT s'efforcera de vous
les fournir.
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE