Cover

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

Contents — 19 sections
  1. Section 1
  2. Section 2
  3. PREFACE
  4. REMERCIEMENTS
  5. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  6. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  7. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  8. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  9. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  10. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  11. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  12. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  13. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  14. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  15. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  16. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  17. Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
  18. QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
  19. COUVERTURE ARRIERE
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
1.1 N�cessit� d'une transformation des fruits
1.2 Strat�gie nationale
1.3 Importance du choix technologique
1.4 Choix des produits � transformer
1.5 Choix des techniques de transformation
1.6 Effets sur l'environnement
1.7 Public concern� par le pr�sent dossier
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
2.1 G�n�ralit�s
2.2 Triage
2.3 Nettoyage et lavage
2.4 Pesage
2.5 Calibrage
2.6 Epluchage
2.7 Parage
2.8 D�noyautage, �p�pinage
2.9 D�coupage
2.10 Pressage
2.11 Broyage
2.12 Extraction par diffusion
2.13 Tamisage
2.14 Clarification - d�bourbage
2.15 Blanchiment et pr�cuisson
2.16 Traitement par agents de conservation
2.17 D�gorgement
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
3.2 Pr�traitements
3.3 S�chage
3.3.1 Principe
3.3.2 Mat�riel
3.3.3 Cas particuliers
3.4 Post-traitements
3.4.1 Triage
3.4.2 Ressuage
3.4.3 Broyage
3.4.4 Tamisage
3.4.5 Mondage
3.4.6 Conditionnement
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
4.1 Introduction
4.2 Confitures, marmelades et gel�es
4.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.2.2 Pr�traitements
4.2.3 Cuisson - concentration
4.2.4 Post-traitements
4.3 P�tes de fruits
4.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.3.2 Pr�traitements
4.3.3 Cuisson
4.3.4 Post-traitements
4.4 Sirops de fruits
4.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.4.2 Pr�traitements
4.4.3 Cuisson-concentration
4.4.4 Post-traitements
4.5 Fruits confits
4.5.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.5.2 Pr�traitements
4.5.3 Confisage
4.5.4 Post-traitements
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
5.1 Introduction
5.2 Produits liquides: Jus et nectars
5.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.2.2 Pr�traitements
5.2.3 Pasteurisation
5.2.4 Post-traitements
5.3 Produits solides: Pulpes, pur�es et compotes
5.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.3.2 Pr�traitements
5.3.3 Pasteurisation
5.4 Produits solides: Fruits au naturel et au sirop
5.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.4.2 Pr�traitements
5.4.3 Pasteurisation
5.4.4 Post-traitements - Refroidissement
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
6.1 Introduction
6.2 Conservation par le sel sans fermentation
(introduction...)
6.2.1 Conservation par le sel sec
6.2.2 Conservation en saumure � temp�rature peu �lev�e
6.3 Conservation par le sel et le vinaigre avec fermentation
6.3.1 Introduction
6.3.2 Conservation par la saumure
6.3.3 Conservation par saumure et vinaigre
6.4 Action combin�e des agents sel, vinaigre, sucre et chaleur
6.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
6.4.2 Pr�traitements
6.4.3 Mise en pr�sence des ingr�dients et cuisson-concentration
6.4.4 Conditionnement
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
7.1 Introduction
7.2 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
7.3 Pr�traitements
(introduction...)
7.3.1 Compl�ments � l'extraction du jus
7.3.2 Chauffage
7.4 Fermentation alcoolique
7.4.1 Principe
7.4.2 Mat�riel
7.4.3 Cas particuliers
7.5 Ac�tification
7.5.1 Principe
7.5.2 Mat�riel
7.5.3 Cas particuliers
7.6 Post-traitements
7.6.1 D�cantation-filtration
7.6.2 Pasteurisation
7.6.3 Conditionnement
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
8.1 G�n�ralit�s
8.2 Mat�riaux de conditionnement
8.2.1 Types d'emballages primaires
8.2.2 Comparaison des diff�rents types d'emballages
8.2.3 Utilisations possibles des diff�rents mat�riaux de conditionnement
8.3 La fermeture des r�cipients
8.3.1 Principe
8.3.2 Papiers et cartons
8.3.3 Mati�res plastiques
8.3.4 Verre
8.3.5 Textiles
8.3.6 Bo�tes m�talliques
8.3.7 Poteries et terres cuites
8.4 Etiquetage
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
9.1 Hygi�ne du personnel, propret� des locaux et des mati�res premi�res
9.2 Traitement de l'eau en fonction de son utilisation
9.3 Nettoyage des locaux et des appareils
9.3.1 Pr�cautions � prendre lors de la conception de l'usine
9.3.2 Principes de nettoyage
9.4 D�sinfection de l'eau et de l'appareillage
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
10.1 Effets sur la valeur nutritionnelle des produits finis
10.2 Effets sur l'environnement
(introduction...)
10.2.1 Recyclage des sous-produits solides
10.2.2 Applications pharmaceutiques
10.2.3 Autres utilisations
10.2.4 Recyclage des eaux r�siduaires (effluents)
10.3 Consommation �nerg�tique
10.4 Consommation en eau
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
11.1 Introduction
11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique
11.2.1 Introduction
11.2.2 Etude du march�
11.3 Estimation des co�ts de production
(introduction...)
11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels
11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations
11.3.3 Co�t des intrants
11.3.4 Charges de personnel
11.3.5 Frais de gestion et d'administration
11.3.6 Immobilisations fonci�res
11.3.7 Fonds de roulement
11.3.8 Co�ts unitaires de production
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
12.1 Introduction
12.2 Exemple de conception et d'�valuation
(introduction...)
12.2.1 Sous-dossier technique
12.2.2 Sous-dossier �conomique
ANNEXES
Annexe I: Glossaire de termes techniques
Annexe II: Table de conversion d'unit�s
Annexe III: Liste d'organismes et d'instituts
Annexe IV: Bibliographie
Annexe V: Questionnaire
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE
Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
ANNEXES
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE

S�rie Technologie
Dossier technique n° 14

Pr�par� sous l'�gide du Bureau international du Travail et du Programme des Nations Unies pour l'environnement



Programme
mondial
de l’emploi

Bureau
international
du Travail
Gen�ve


Copyright © Organisation internationale du Travail 1990

Les publications du Bureau international du Travail jouissent de la protection du droit d'auteur en vertu du protocole n° 2, annexe � la Convention universelle pour la protection du droit d'auteur. Toutefois, de courts passages pourront �tre reproduits sans autorisation, � la condition que leur source soit d�ment mentionn�e. Toute demande d'autorisation de reproduction ou de traduction devra �tre adress�e au Service des publications (Droits et licences), Bureau international du Travail, CH-1211 Gen�ve 22, Suisse. Ces demandes seront toujours les bienvenues.

ISBN 92-2-206403-8
ISSN 0258-0462

Premi�re �dition 1990

Les d�signations utilis�es dans les publications du BIT, qui sont conformes � la pratique des Nations Unies, et la pr�sentation des donn�es qui y figurent n'impliquent de la part du Bureau international du Travail aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorit�s, ni quant au trac� de ses fronti�res.

Les articles, �tudes et autres textes sign�s n'engagent que leurs auteurs et leur publication ne signifie pas que le Bureau international du Travail souscrit aux opinions qui y sont exprim�es.

La mention ou la non-mention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou proc�d� commercial n'implique de la part du Bureau international du Travail aucune appr�ciation favorable ou d�favorable.

Les publications du Bureau international du Travail peuvent �tre obtenues dans les principales librairies ou aupr�s des bureaux locaux du BIT. On peut aussi se les procurer directement, de m�me qu'un catalogue ou une liste des nouvelles publications, � l'adresse suivante: Publications du BIT, Bureau international du Travail, CH-1211 Gen�ve 22, Suisse.

Imprim� par le Bureau international du Travail, Gen�ve, Suisse

Le Programme mondial de l'emploi de l'Organisation internationale du Travail a pour but d'encourager et d'aider les Etats Membres � adopter et � mettre en œuvre des politiques et des programmes d'action en vue de promouvoir le plein emploi productif et librement choisi et de lutter contre la pauvret�. Men� � l'aide d'un ensemble de moyens - recherche appliqu�e, conseils techniques, projets nationaux, �quipes r�gionales � l'oeuvre en Afrique, en Am�rique latine et en Asie -, il porte en particulier sur le d�veloppement des r�gions rurales, o� vit toujours la tr�s grande majorit� des populations pauvres et sous-employ�es, et sur les probl�mes du secteur urbain non structur�, en expansion rapide.

Face � la crise �conomique et � la mont�e du ch�mage qui ont marqu� les ann�es quatre-vingt, l'OIT, dans le cadre du Programme mondial de l'emploi, a engag� un dialogue suivi avec les partenaires sociaux et avec les autres organisations internationales sur les aspects sociaux de l'ajustement, avec le souci, qui inspire une grande partie de son travail d'analyse et de conseil, d'assurer une plus grande �quit� dans les programmes d'adaptation structurelle. Les activit�s portent notamment sur l'observation de l'�volution de l'emploi et de la pauvret�, la cr�ation directe d'emplois et de sources de revenus pour les cat�gories vuln�rables, l'�tude des rapports entre les interventions macro�conomiques et les interventions micro�conomiques, l'�volution technique, les probl�mes et les politiques du march� de l'emploi.

Gr�ce � cet ensemble d'activit�s, l'OIT peut aider les Etats Membres � r�am�nager leurs politiques et leurs plans d'action en vue d'�liminer la pauvret� et de promouvoir l'emploi productif.

Cet ouvrage fait partie des �tudes et des rapports publi�s dans le cadre du Programme mondial de l'emploi.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
ANNEXES
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE

PREFACE

Dans les pays en d�veloppement, le stockage et la transformation des produits alimentaires v�g�taux ou animaux ont une importance consid�rable, d'une part, en raison du r�le �conomique et social qu'ils rev�tent en milieu rural et urbain o� ces activit�s constituent une source de revenus non n�gligeables, d'autre part, en raison du r�le essentiel que ces activit�s jouent, aux plans nutritionnel et sanitaire, dans la strat�gie nationale d'autosuffisance alimentaire qui pr�occupe de nombreux gouvernements.

La transformation des produits alimentaires p�rissables en vue d'assurer leur conservation sur une longue p�riode est une pr�occupation humaine n�e avec la r�volution n�olithique. Plus r�cemment, c'est devenu une n�cessit� �conomique justifi�e notamment par la r�duction des pertes de nourriture qu'elle permet d'obtenir ainsi que par une n�cessit� sociale li�e aux droits fondamentaux de l'homme moderne de disposer de nourriture en permanence et en quantit� suffisante. Par ailleurs, la possibilit� qu'offre la conservation des aliments d'affranchir l'agriculture des al�as climatiques et des fluctuations saisonni�res de production et de prix qui en d�coulent assure non seulement une meilleure stabilit� des march�s int�rieurs, mais elle permet �galement � certains pays d'exporter des surplus agricoles g�n�rateurs de devises n�gociables.

Le pr�sent dossier technique traite exclusivement des petites conserveries de fruits, bien que la plupart des entreprises aient en fait vocation pour transformer �galement des l�gumes. Fruits et l�gumes sont en effet souvent indissociables ou compl�mentaires � plus d'un titre. Dans les deux cas, il s'agit d'un mat�riel v�g�tal � forte teneur en eau, donc particuli�rement biod�gradable sous l'action conjugu�e des insectes, des moisissures, des multisyst�mes enzymatiques et des temp�ratures �lev�es. Fruits et l�gumes sont en grande majorit� cultiv�s au niveau familial, quand il ne s'agit pas d'essences spontan�es faisant l'objet de cueillettes. Cette production g�ographiquement diffuse subit des pertes quantitatives et qualitatives consid�rables, souvent estim�es � 50 pour cent des r�coltes, dues en grande partie au caract�re saisonnier des r�coltes mais �galement aux mauvaises conditions de transport, de transformation et de commercialisation qui pr�valent dans de nombreux pays en d�veloppement.

Compl�mentaires, fruits et l�gumes le sont �galement au plan nutritionnel, car ils constituent un suppl�ment indispensable des r�gimes de base constitu�s de c�r�ales et de f�culents relativement pauvres en vitamines et en sels min�raux divers. Ins�parables, fruits et l�gumes le sont, d'autre part, tr�s souvent en mati�re de transformation, non seulement du fait de la similitude des traitements technologiques qu'ils subissent et des �quipements n�cessaires � leur transformation, mais �galement par la possibilit� qu'offrent leurs calendriers respectifs de r�colte de maintenir une conserverie en activit� durant toute l'ann�e, avec tous les avantages socio-�conomiques que cela comporte.

Si plusieurs pays en d�veloppement ont bien r�ussi � maintenir un �quilibre n�cessaire entre l'implantation d'entreprises industrielles import�es et � haute intensit� de capital et le d�veloppement de petites et moyennes entreprises peu m�canis�es et peu sophistiqu�es, certains autres pays, par contre, �prouvent encore des difficult�s � d�finir une politique r�aliste de d�veloppement dans le secteur agro-industriel, la principale difficult� consistant � d�finir, pour une industrie donn�e, une �chelle de transformation adapt�e aux nombreuses contraintes impos�es par l'environnement. En ce qui concerne les fruits et les l�gumes, leur transformation peut �tre envisag�e aussi bien au niveau de la mini-entreprise familiale qu'� celui de la grande industrie classique. Une prise de d�cision devra cependant prendre par priorit� en consid�ration la n�cessit� d'adapter la taille de l'entreprise au volume et au syst�me de production des mati�res premi�res en amont, ainsi qu'aux d�bouch�s potentiels offerts par le march� cibl� en aval, lui-m�me li� � l'�volution du pouvoir d'achat des consommateurs essentiellement citadins.

Une autre difficult� que rencontrent parfois les d�cideurs politiques et les responsables techniques du d�veloppement industriel est li�e au manque de connaissances techniques suffisantes pour orienter judicieusement une d�cision, la diffusion des informations techniques souhaitables vers les milieux concern�s (politiciens, cultivateurs, fonctionnaires, financiers, entrepreneurs) �tant trop souvent inexistante ou mal assur�e. Pour pallier � cela, le BIT a entrepris de publier et de diffuser largement une s�rie d'ouvrages techniques portant sur la promotion de petites et moyennes entreprises artisanales de transformation de diff�rents produits manufactur�s ou alimentaires; certains de ces ouvrages d'acc�s facile sont publi�s conjointement avec la FAO, l'ONUDI ou le PNUE.

Le pr�sent document, dont la publication a �t� rendue possible gr�ce � une subvention du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, d�crit des techniques de transformation relativement simples, ne requ�rant aucun mat�riel automatis� ou sophistiqu�, dont la mise en application peut �tre envisag�e aussi bien au niveau de la petite entreprise familiale qu'� l'�chelon d'une moyenne entreprise � caract�re semi-industriel. Ce dossier technique fait partie d'une s�rie de huit publications sur le stockage et la transformation des produits alimentaires1. A l'instar des autres publications de la s�rie, il vise � familiariser les petits producteurs et entrepreneurs avec des proc�d�s et des techniques de production sp�cifiques de diff�rents produits afin de les aider � s�lectionner et � appliquer les m�thodes les mieux adapt�es aux conditions socio-�conomiques locales. Mais contrairement � d'autres documents de la s�rie, ce dossier ne fournit pas de liste de fournisseurs d'�quipements, un grand nombre d'entre eux �tant repr�sent�s dans la plupart des pays en d�veloppement. Les lecteurs soucieux d'obtenir de plus amples informations sur les proc�d�s et mat�riels d�crits pourront s'adresser soit directement � des fournisseurs locaux, soit aux divers organismes et instituts dont la liste est donn�e en annexe.

1 Les dossiers publi�s en version fran�aise concernent le stockage du grain, la conservation des fruits et la conservation des l�gumes. Cinq dossiers portant respectivement sur la mouture du ma�s, la transformation du poisson, l'extraction de l'huile d'arachide et de copra, la transformation de la viande de porc et de la viande de boeuf ne sont actuellement disponibles qu'en version anglaise.

Ce dossier donne des informations techniques pr�cises et d�taill�es sur tous les modes de conservation classiques des fruits, exception faite des proc�d�s industriels tels que la cong�lation, la cryoconcentration ou l'irradiation, trop on�reux et �nergivores et inapplicables � l'�chelon de transformation artisanale seul pris en consid�ration ici.

Le chapitre 1er fait plus particuli�rement �tat des �l�ments techniques et socio-�conomiques � prendre en consid�ration en vue de d�finir une strat�gie nationale de d�veloppement dans ce secteur d'activit� ainsi qu'une �chelle de transformation adapt�e aux conditions particuli�res de chaque pays en d�veloppement, l'accent �tant mis sur l'int�r�t que rev�t le sous-syst�me artisanal pour la plupart d'entre eux. Ce chapitre s'adresse donc en priorit� aux d�cideurs politiques et aux investisseurs soucieux de valoriser au mieux les ressources dont ils disposent.

Les chapitres 2 � 8 int�resseront plus particuli�rement les responsables de la fabrication des conserves de fruits, quel que soit le niveau de transformation consid�r�, de la m�nag�re qui s�che des fruits destin�s � la consommation familiale, � l'artisan qui fabrique des conserves appertis�es destin�s � la vente. Parmi ces chapitres techniques, deux d'entre eux traitent d'aspects g�n�raux de la conservation puisqu'ils d�crivent en d�tail:

- les pr�traitements que doivent subir, selon leur nature, les fruits avant d'�tre stabilis�s sous une forme ou sous une autre (chapitre 2);

- les divers modes de conditionnement - types d'emballages, mat�riaux utilis�s, syst�mes de fermeture, �tiquetage - utilis�s pour maintenir les fruits transform�s � l'abri des sources d'alt�ration du milieu ext�rieur (chapitre 8).

Les chapitres 3 � 6, qui constituent le corps de l'ouvrage, d�crivent avec minutie toutes les s�quences des diverses cha�nes possibles de transformation, en pr�cisant pour chacune d'elles le principe sur lequel elles se fondent, les mat�riels sp�cifiques qu'elles requi�rent et les cas particuliers qu'elles englobent. Sont ainsi trait�s successivement:

- la conservation par s�chage (chapitre 3), ancestrale et universellement pratiqu�e dans les pays chauds, qu'il s'agisse du s�chage naturel ou du s�chage artificiel par conduction ou convection, r�alis� dans diff�rentes structures de s�chage souvent construites en mat�riaux locaux;

- la conservation par le sucre (chapitre 4), dont la forme la plus r�pandue est repr�sent�e par les confitures, les marmelades et les gel�es de fruits, ainsi que par les sirops de fruits tropicaux. Ces produits courants, relativement faciles � pr�parer au niveau familial, peuvent �tre commercialis�s sur diff�rents march�s int�rieurs ou ext�rieurs. Les p�tes de fruits et les fruits confits, quoique moins consomm�s dans les pays en d�veloppement, peuvent �galement constituer une source de revenus gr�ce � l'exportation;

- la production de diverses conserves pasteuris�es ou appertis�es telles que les compotes de fruits, les jus et les nectars, les fruits au naturel et au sirop, �voqu�e au chapitre 5. Elle concerne plus la petite et moyenne entreprise semi-industrielle que la production familiale ou villageoise, car elle requiert un appareillage plus �labor� et un niveau de technicit� plus �lev� que la pr�paration de confitures familiales;

- la conservation de produits tels que les olives vertes et noires, dont la production est strictement limit�e au bassin m�diterran�en, ainsi que la fabrication de pickles et de chutney (chapitre 6). Les proc�d�s de conservation correspondant � ces types de produits, fond�s sur l'action singuli�re ou simultan�e de sel, de vinaigre, de sucre et de chaleur, conf�rent aux fruits qui les subissent une saveur aigre-douce particuli�rement appr�ci�e des consommateurs anglo-saxons et nordiques.

Quant au chapitre 7, il traite de la production d'alcool �thylique et de vinaigre � partir des jus de fruits.

L'hygi�ne et la propret� des hommes, du mat�riel et des locaux constituant un des facteurs essentiels de r�ussite en mati�re de conservation des fruits, le chapitre 9 fournit des pr�cisions utiles sur le traitement des eaux destin�es � divers usages ainsi que sur les modes de nettoyage et de d�sinfection des appareillages et des locaux. Par ailleurs, l'implantation d'une conserverie artisanale ou semi-industrielle ne peut laisser les pouvoirs publics et notamment le l�gislateur indiff�rents, compte tenu des effets que l'entreprise peut avoir sur l'environnement. A cet �gard, le chapitre 10 traite de l'effet polluant de certains sous-produits et de leurs utilisations, des alt�rations nutritionnelles possibles dues aux divers traitements subis - pouvant aller jusqu'� des intoxications mortelles - ainsi que des probl�mes li�s � la consommation d'�nergie.

Les deux derniers chapitres de ce dossier int�resseront plus particuli�rement les futurs entrepreneurs d�sireux de cr�er une conserverie ainsi que les institutions financi�res puisqu'ils traitent respectivement:

- de la m�thodologie d'�tude des co�ts de production (chapitre 11), tous les facteurs � prendre en consid�ration dans l'�tablissement d'un dossier succinct de faisabilit� �tant pass�s en revue;

- de la conception d'une unit� de transformation (chapitre 12) r�alis�e � la lumi�re de la m�thodologie d�crite au chapitre pr�c�dent et illustr�e par un exemple chiffr� concret ayant une valeur indicative g�n�rale.

Un glossaire de termes techniques figure � l'annexe I et une table de conversion d'unit�s � l'annexe II. L'annexe III fournit une liste d'organismes et d'instituts auxquels les lecteurs int�ress�s pourront s'adresser pour obtenir de plus amples informations et �ventuellement des documents. Une bibliographie sommaire figure en fin de dossier.

Les lecteurs souhaitant formuler des observations ou des commentaires sur le contenu de ce dossier pourront le faire en retournant le questionnaire joint au dossier au BIT. Leurs commentaires et observations seront pris en compte dans la pr�paration d'autres dossiers.

Ce dossier technique a �t� pr�par� par le Centre international de recherches agricoles pour le d�veloppement (CIRAD) de Montpellier et M. J.C. Miche, consultant du BIT, sous la supervision de M. Allal, responsable de la s�rie des dossiers techniques au Service de la technologie et de l'emploi du BIT. M. Marcel Robert, consultant du BIT, a �galement tr�s largement contribu� � la pr�paration de l'ouvrage.

A.S. Bhalla
Chef du Service de la technologie et de l'emploi,
D�partement de l'emploi et du d�veloppement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
ANNEXES
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE

REMERCIEMENTS

La publication de ce dossier a �t� rendue possible gr�ce au concours du Programme des Nations Unies pour l'Environnement qui a financ� les services de l'auteur et � celui du Centre technique de coop�ration agricole et rurale (CTA) qui a financ� l'impression.

Le Bureau international du Travail exprime sa reconnaissance � ces deux organisations pour cette aide g�n�reuse.

Le Centre technique de coop�ration agricole et rurale (CTA) a �t� cr�� dans le cadre de la Convention de Lom� entre les Etats membres de la Communaut� europ�enne et les Etats du groupe ACP (Afrique-Cara�bes-Pacifique).

Il a pour mission d'offrir aux pays ACP un meilleur acc�s � l'information scientifique et technique, � la recherche, � la formation et aux innovations dans les domaines du d�veloppement agricole et rural et de la vulgarisation.

A ce titre, il r�alise des �tudes, organise des rencontres de sp�cialistes, r�alise et encourage publications et traductions d'ouvrages et met � la disposition des pays ACP son service d'information.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
1.1 N�cessit� d'une transformation des fruits
1.2 Strat�gie nationale
1.3 Importance du choix technologique
1.4 Choix des produits � transformer
1.5 Choix des techniques de transformation
1.6 Effets sur l'environnement
1.7 Public concern� par le pr�sent dossier

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE

1.1 N�cessit� d'une transformation des fruits

Les r�gimes alimentaires des populations des pays en d�veloppement sont principalement fond�s sur deux groupes d'aliments de base qui assurent l'essentiel de l'apport �nerg�tique. En effet, les produits v�g�taux repr�sentent dans les pays en d�veloppement plus de 90 pour cent des ressources en �nergie, les trois quarts �tant assur�es par les c�r�ales et les f�culents (racines et tubercules). On trouve principalement:

- des r�gimes � base de c�r�ales et de f�culents qui apportent 63 � 85 pour cent des calories (c'est le cas par exemple en Indon�sie, en C�te-d'Ivoire, au Br�sil et au Nig�ria);

- des r�gimes � base de c�r�ales qui repr�sentent � elles seules 50 � 75 pour cent des calories (comme au Bangladesh, au Maroc et au Mexique).

Les statistiques de production �tablies par la FAO montrent bien d'ailleurs l'importance quantitative de ces groupes d'aliments par rapport aux fruits (tableau 1).

Cependant, un r�gime alimentaire qui serait fond� uniquement sur des c�r�ales et des f�culents aboutirait non seulement � une carence calorique, mais aussi � des carences min�rales et � des avitaminoses comme le montre le tableau 2.

Une diversification de l'alimentation est donc n�cessaire. Les fruits, dont la pulpe est en g�n�ral peu riche en mati�res grasses (exception faite de l'olive et de l'avocat), sont par contre assez riches en glucides; certains d'entre eux, comme la datte et la ch�taigne, ont m�me une grande valeur �nerg�tique.

Tableau 1. Production dans les pays en d�veloppement (1980)

Type de produit

Tonnage (en milliers de t)

C�r�ales

811 381

Racines et tubercules

325 494

Fruits

165 835

Source: FAO, Annuaire de la production, vol. 35, 1981.

Mais c'est essentiellement sur le plan des vitamines et des sels min�raux que les fruits jouent un r�le nutritionnel pr�pond�rant. Leurs technologies de transformation devront donc pr�server au maximum ces qualit�s nutritionnelles, notamment en ce qui concerne:

- les apports min�raux:

· potassium (surtout olive, avocat, figue, datte, fruits secs);
· phosphore (noix de cajou);
· calcium (agrumes, datte, olive);
· magn�sium (banane, figue).

- les apports vitaminiques:

· vitamine C (surtout agrumes, kiwi, goyave, ch�taigne);
· provitamine A (kaki, mangue, avocat);
· vitamine B1 (banane, figue, ch�taigne);
· vitamine PP (datte, figue, avocat).

Tableau 2. Type de carences dans les r�gimes alimentaires de base des pays en d�veloppement

Insuffisance de l'apport

R�gime � base de c�r�ales et f�culents

R�gime � base de c�r�ales

Vitaminique A

oui

oui

Vitaminique B1

oui

oui (plus ou moins �limin�es par le traitement du grain)

Vitaminique B2

oui

oui

Vitaminique C

Perte sensible selon le traitement des tubercules

oui

Vitaminique PP

Variable selon les c�r�ales et tubercules

Variable selon les c�r�ales

Min�ral Potassium (K)

oui

oui

De nombreux probl�mes se posent toutefois quant � l'apport r�gulier de ces micronutriments dans l'alimentation quotidienne des populations des pays en d�veloppement, car les fruits sont des denr�es particuli�rement p�rissables et saisonni�res qui subissent apr�s r�colte des pertes de nature:

- quantitative: ces pertes sont tr�s importantes et difficiles � estimer (elles d�pendent du pays et de l'esp�ce fruiti�re consid�r�e, des conditions locales de transport et de stockage, du climat, etc.). Les pertes apr�s r�colte de la production mondiale fruiti�re avoisinent 40 pour cent. Celles de la production de mangues sont particuli�rement �lev�es dans les pays en d�veloppement;

- qualitative, dues � des d�gradations d'origine:

a) microbiologique: les fruits sont naturellement acides pour la plupart. Or, les levures et les moisissures se d�veloppent rapidement lorsque le pH atteint 4,5, provoquant des fermentations et des modifications gustatives (pH = indice d'acidit�);

b) chimique: la poursuite de l'�volution physiologique des fruits se traduit par un ramollissement de texture et une perte pond�rale (eau, sucre);

c) enzymatique: Les enzymes pr�sents dans les fruits ou apport�s par les micro-organismes provoquent des alt�rations de couleur et de texture.

La grenadille, par exemple, doit �tre transform�e imm�diatement apr�s r�colte ou sinon stock�e � basse temp�rature (inf�rieure � 6,5°C) et � forte humidit� relative (85-90 pour cent). La goyave, le litchi et le corossol sont sujets a d'importantes d�gradations (brunissement enzymatique, pertes par transpiration, attaques fongiques) s'ils ne sont pas rapidement transform�s.

Les causes de pertes sont nombreuses. Les principales d'entre elles sont �num�r�es ci-apr�s:

- le caract�re saisonnier des p�riodes de r�colte de la majorit� des fruits tropicaux entra�ne une saturation des march�s r�gionaux pendant des laps de temps courts. Le surplus de production est gaspill� faute de pouvoir �tre conserv� pour �tre commercialis� pendant les p�riodes de p�nurie. Le tableau 3 indique, � titre d'exemple, quelques p�riodes de production particuli�rement courtes pour certains pays et certains fruits.

- le stockage des fruits apr�s r�colte est en g�n�ral fait dans de mauvaises conditions, � l'air libre ou dans des locaux insalubres, de taille inadapt�e et n'offrant aucune protection contre les divers ravageurs (insectes, oiseaux, rongeurs et chauves-souris frugivores). Par exemple, en Afrique tropicale et en Inde, diff�rentes esp�ces de papillons piqueurs attaquent des fruits tr�s divers (mangues, agrumes, goyaves, bananes, avocats) et peuvent causer des pertes d�passant 60 pour cent;

- le stockage en vrac provoque des alt�rations des couches inf�rieures des fruits (pourriture des agrumes en entrep�t, par exemple) pouvant entra�ner une contamination en cha�ne du stock;

- le transport et la manutention des fruits sont souvent inadapt�s (taille et hygi�ne des v�hicules, infrastructures routi�res, transports en vrac et longues distances augmentent les risques de d�gradation).

Tableau 3. P�riodes de r�colte de certains fruits

Pays

Fruits

P�riodes de production

Cameroun

Corossol

Juin-juillet

S�n�gal

Tamarins

Avril-mai

Madagascar

Jujubes

Juillet

R�publique centrafricaine

Goyaves

Juillet-ao�t-septembre

R�union

Litchis

D�cembre-janvier

Equateur

Mangues

D�cembre-janvier

Guyane fran�aise

Ananas

Juin-juillet

Source: MULAT, Calendrier de production des esp�ces fruiti�res (R.A. 1968)

La transformation des fruits est un moyen de r�duire ces pertes quantitatives et qualitatives et permet de prolonger leur conservation, avec les cons�quences suivantes:

- formation, � partir des exc�dents de production, de stocks tampons de produits transform�s qui pourront �tre consomm�s pendant toute l'ann�e;

- limitation des d�gradations microbiologiques, chimiques et enzymatiques (par exemple, lutte contre les bact�ries par acidification des fruits � pH �lev�, lutte contre les moisissures et les levures par destruction partielle � la chaleur, lutte contre le blettissement et fl�trissement par cuisson, lutte contre les enzymes par blanchiment, sucrage ou acidification, etc);

- annulation de l'action n�faste des ravageurs pendant le stockage et r�duction des chocs m�caniques pendant le transport gr�ce au conditionnement des fruits transform�s.

Outre ces cons�quences d'ordre alimentaire, la transformation des fruits peut avoir un impact socio-�conomique tr�s important dans les zones rurales et urbaines d�favoris�es des pays en d�veloppement.

1.2 Strat�gie nationale

Devant l'�ventail des orientations technologiques et des �chelles de production et compte tenu des priorit�s nationales et r�gionales, les gouvernements doivent �tablir une strat�gie directionnelle visant la satisfaction optimale des besoins de leurs diff�rentes populations.

En ce qui concerne les fruits, plusieurs syst�mes destin�s � satisfaire des march�s diff�rents - comme les besoins des villes, l'alimentation des zones rurales ou l'exportation - peuvent fort bien cohabiter.

Il est toutefois n�cessaire de faire un choix pour d�terminer:

- la part des unit�s de production destin�e � l'exportation par rapport � celle des unit�s approvisionnant le march� local et leurs tailles respectives, en vue d'�quilibrer la balance commerciale du pays;

- le degr� de relation avec les investisseurs �trangers;

- les produits � d�velopper en fonction des mod�les de consommation actuels et pr�visionnels;

- une politique des prix p�riodiquement r�vis�e qui permette une accessibilit� des produits propos�s aux populations � faible revenu;

- une politique de l'emploi et une strat�gie d'am�nagement du territoire;

- l'organisation des circuits d'approvisionnement en produits frais et en intrants, ainsi que des circuits de distribution des produits transform�s;

- la mise en place d'une structure d'information, de vulgarisation, de formation et d'encadrement sur le terrain;

- la strat�gie de commercialisation � d�ployer en tenant compte de l'influence des march�s captifs institutionnels (�coles, arm�e, h�pitaux, etc.);

- l'aide � la recherche et au d�veloppement pour le perfectionnement des technologies am�lior�es mises en place et les innovations dans ce domaine.

1.3 Importance du choix technologique

La transformation des produits agricoles est directement reli�e, en amont, au syst�me de production. En assurant un d�bouch� aux produits frais, elle contribue � stabiliser la population agricole et l'incite � adapter sa production, en quantit� et en qualit�, aux besoins du march�.

En aval, la transformation est reli�e au syst�me de consommation puisqu'elle d�pend, pour un bon �coulement des produits finis, des habitudes alimentaires de la population et de ses revenus. En revanche, elle peut amener les consommateurs � modifier en partie leurs habitudes alimentaires en leur proposant des produits nouveaux. Enfin, elle est assujettie � l'action des agents ext�rieurs au syst�me (Etat, soci�t�s, constructeurs de mat�riels, etc.).

Le syst�me apr�s-r�colte, qui relie la production agricole � l'assiette du consommateur, inclut quatre sous-syst�mes caract�ris�s par des niveaux technologiques et des niveaux de commercialisation diff�rents:

- le sous-syst�me familial: il est le fait d'individus ou de groupes d'individus (familles) qui produisent pour leur consommation propre et commercialisent l'exc�dent de r�colte en l'�coulant apr�s l'avoir transform�, en vue d'acqu�rir des revenus marginaux. L'�chelle de vente est donc r�duite au quartier ou au village, et la technologie ne d�passe pas le stade du savoir-faire traditionnel;

- le sous-syst�me artisanal: le savoir-faire local est valoris� par une l�g�re m�canisation. La production est destin�e � la transformation qui procure des revenus et des emplois non forc�ment salari�s (il s'agit souvent d'une famille ou d'une famille �largie). Le circuit de distribution peut s'�tendre � plusieurs villages;

- le sous-syst�me mini- ou semi-industriel: il fait appel � une technologie l�g�rement plus pouss�e, tenant compte de l'acquis technique traditionnel ou introduisant des techniques import�es en les adaptant aux conditions locales (exemple: mini-conserverie). Il utilise une main-d'oeuvre en g�n�ral tr�s facilement disponible sur place et non n�cessairement qualifi�e. L'�chelle de commercialisation touche les bourgs ruraux et la p�riph�rie urbaine;

- le sous-syst�me industriel: il utilise des technologies de pointe, import�es le plus souvent, � haute intensit� de capital, et requiert une main-d'oeuvre sp�cialis�e. Il est souvent �tabli en zone urbaine ou portuaire et vise principalement l'approvisionnement des villes et l'exportation. Quelques complexes int�gr�s, install�s en zone rurale, sont destin�s � l'approvisionnement des march�s urbains.

La strat�gie nationale consiste � faire la part de chacun de ces sous-syst�mes dans son �conomie en fonction des capacit�s de production des agriculteurs en amont et du type de structure existant (nombre de consommateurs potentiels, niveau de revenu) qui absorbera les produits en aval, puisque les ensembles “production-transformation-consommation” d�pendent �troitement les uns des autres.

Or, le choix technologique d�pend de l'�chelle de transformation retenue et ce choix technologique a lui-m�me des cons�quences socio-�conomiques bien particuli�res. Au vu de ces cons�quences, les sous-syst�mes artisanal et mini-industriel paraissent apporter une r�ponse mieux appropri�e aux probl�mes des pays en d�veloppement, et cela pour les raisons suivantes:

- l'implantation, en zone rurale, d'unit�s de transformation orient�es vers le march� local, engendre la cr�ation d'emplois directs n�cessitant une main-d'oeuvre peu qualifi�e et contribue � ralentir l'exode de la population vers les villes;

- l'existence de d�bouch�s stables pour des produits finis Incite les paysans � accro�tre leur production agricole;

- la fixation du prix du produit transform� � un niveau donn� stable limite les fluctuations de prix entre les p�riodes de production et de p�nurie;

- le choix de techniques adapt�es au milieu, peu m�canis�es, faiblement exigeantes en capital, faisant appel au savoir-faire local et � des mati�res premi�res disponibles sur place, aboutit � la production d'aliments bon march�, � la port�e des populations � bas revenu et correspondant aux habitudes alimentaires locales;

- enfin, le sous-syst�me artisanal assure une certaine ind�pendance des pays en d�veloppement vis-�-vis des investisseurs �trangers, ceci � l'encontre des entreprises agro-industrielles � forte intensit� de capital, orient�es vers les cultures de rente et l'exportation de produits tropicaux vers les march�s occidentaux.

Pour ces raisons, le pr�sent dossier technique se limite � l'�tude des techniques de transformation applicables � l'�chelle artisanale ou mini-industrielle et laisse de c�t� les techniques industrielles sur lesquelles de nombreux ouvrages sont disponibles.

1.4 Choix des produits � transformer

Il a �t� n�cessaire de limiter cette �tude � une s�rie de fruits tropicaux (tableau 4) choisis en fonction de crit�res pr�cis:

- fruits consomm�s en grandes quantit�s soit � l'�tat frais, soit � l'�tat transform�, dans les zones rurales et urbaines d�favoris�es des pays en d�veloppement, et cela d'autant plus que leur p�riode de r�colte est courte (on tiendra compte de la r�partition des p�riodes de production des fruits dans le temps et par pays lors de l'�tude de la conception d'unit�s polyvalentes);

- fruits tr�s p�rissables et sujets � d'importantes pertes apr�s r�colte par suite de l'absence de structures de transformation; fruits constituant un apport nutritionnel important (sels min�raux, vitamines);

- fruits ne donnant pas obligatoirement lieu, par les proc�d�s de transformation qui leur sont appliqu�s, � des produits de consommation de luxe;

- enfin, fruits pour lesquels il existe une demande potentielle pour un ou plusieurs types de transformation.

Le tableau 5 fait �tat des crit�res de s�lection de certains fruits types qui ont �t� choisis pour illustrer l'�tude des diff�rents proc�d�s de transformation faisant l'objet des chapitres qui suivent. Les autres fruits ne seront pas n�glig�s pour autant, des indications leur �tant consacr�es en cas de n�cessit�.

Tableau 4. Classification des fruits �tudi�s

Fruits charnus

Fruits semi-charnus

Fruits compos�s

Syncarpes et sycones

Fruits secs

Gousses

Drupes (Fruits � noyau)

Baies (Fruits � p�pins)

Faux � fruits






Mangues
Olives
Avocats
Noix de coco
Jujubes
P�ches
Prunes mombin

Dattes
Agrumes
(oranges)
(kumquats)
Kakis
Raisins
Papayes
Poires
Kiwis
Melons
Mangoustans

Pommes
Pommes cajou

Bananes et plantains
Grenadilles
Litchis
Durians

Corossols
Cachimans

Ananas
Figues
Fruits � pain

Anacardes
Ch�taignes

Tamarins

1.5 Choix des techniques de transformation

Dans l'optique d'une �tude des sous-syst�mes de transformation artisanal et semi-industriel d�finis dans la section 1.3, les technologies qui entrent en ligne de compte seront s�lectionn�es en fonction:

- de crit�res technico-�conomiques; on choisira par exemple des techniques ayant un faible co�t d'investissement de production, fournissant des produits bon march� accessibles aux populations � faible revenu, ou des techniques de conception et d'utilisation simples ne faisant pas appel � une main-d'oeuvre tr�s qualifi�e;

- de crit�res socio-�conomiques; on adoptera par exemple des techniques se r�f�rant au savoir-faire traditionnel (tenant compte des habitudes alimentaires) en valorisant ses possibilit�s novatrices, ou encore des techniques utilisant les �nergies, mati�res premi�res et ressources humaines disponibles sur place.

Les transfonctions retenues, regroup�es en trois �tapes unitaires de travail distinctes, traiteront successivement:

- des pr�traitements tels que lavage, triage, parage, blanchiment, pr�chauffage, tamisage, etc;

- des techniques de conservation par voie physique (s�chage, pasteurisation), chimique (sucrage, addition de sel et de vinaigre) ou encore microbiologique (fermentations);

- des post-traitements tels que refroidissement, dessalage, conditionnements, etc., les techniques g�n�rales d'emballage faisant l'objet du chapitre 8.

Tableau 5. Caract�ristiques de quelques fruits


Production
R�partition g�ographique

P�rissabilit�
Pertes apr�s r�colte

Crit�res nutritionnels

Transformations

Agrumes

Tr�s importante (oranges surtout)


Vitamine C

Boissons, etc.

Dattes

Importante (surtout au Proche-Orient)


Apport �nerg�tique
Apport min�ral (Potassium et calcium)

S�chage, surtout

Mangues

Importante, dans toutes les r�gions

Oui

Vitamine A

Utilisation des fruits verts et m�rs

Goyaves


Oui

Vitamine C

Consommation importante de produits transform�s (ex: p�te de goyave en Am�rique latine)

Past�ques

Tr�s importante

Oui



Bananes et plantains

Tr�s importante, large r�partition


Apport �nerg�tique
Vitamine B1
Magn�sium
Source d'amidon (la banane plantain est la base alimentaire en Ouganda et en Tanzanie)

Nombreuses

Olives

Bassin m�diterran�en


Lipides
Vitamine A
Potassium
Calcium (teneur presque identique � celle du lait de vache)

Sp�cifique de la conservation en saumure.
N�cessit� d'une transformation pour l'olive verte (am�re et non directement consommable)

Ananas

Importante



Importantes

Tamarins



Apport glucidique Propri�t�s anti-scorbut et laxatives

Importance des boissons (Afrique et Am�rique latine)

Grenadilles

Large r�partition

Oui


N�cessite une transformation (forte teneur en acides). Ar�me et saveur tr�s appr�ci�s

Litchis

Surtout en Asie tropicale

Oui


P�riode de r�colte tr�s courte (2 mois) d'o� n�cessit� d'une transformation pour l'approvisionnement en p�riode de p�nurie

1.6 Effets sur l'environnement

L'impact �cologique, �nerg�tique, �conomique et social des technologies consid�r�es dans le pr�sent dossier technique est trait� au chapitre 10; les cas particuliers sp�cifiques � chaque produit seront toutefois expos�s dans les chapitres concernant leur transformation.

Il s'agit en fait de tirer le meilleur parti des ressources naturelles et des mati�res premi�res disponibles, de mani�re � ce que la technologie employ�e s'int�gre au milieu de la fa�on la plus harmonieuse possible. Il faut, � cette fin, consid�rer:

- la compatibilit� du processus de transformation avec les sources d'�nergie disponibles de la zone consid�r�e;

- le recyclage des d�chets en vue de l'alimentation animale, de la fabrication de mat�riaux de construction, de la production de combustibles (charbon de bois, alcool, m�thane) ou d'�l�ments fertilisants pour les cultures, ainsi que d'autres utilisations industrielles sp�cifiques, comme l'extraction de pectines et d'huiles essentielles � partir d'�corces d'agrumes et de mangues, mais qui font souvent appel � des technologies de pointe;

- l'utilisation ou l'�puration des eaux us�es;

- dans le cadre de l'int�gration de la technologie au milieu humain, la valeur nutritionnelle des produits transform�s en tenant compte, si possible, des carences en vitamines et �l�ments min�raux.

1.7 Public concern� par le pr�sent dossier

Par ses aspects techniques, mais �galement du fait des cons�quences socio-�conomiques qu'elle peut avoir, cette �tude sur la transformation des fruits s'adresse non seulement aux d�cideurs gouvernementaux responsables de la d�finition des strat�gies nationales, aux investisseurs locaux et aux artisans (fabricants de mat�riels) responsables de la transformation des produits agricoles, mais �galement aux producteurs qu'il est d'ailleurs souhaitable, pour une meilleure efficacit� du syst�me et au profit du d�veloppement rural, de regrouper en association avec les transformateurs.

Les technologies et les produits transform�s qui vont �tre �tudi�s sont pr�sent�s sch�matiquement dans le tableau 6.

Tableau 6. Fruits et techniques de transformation

Techniques de transformation

Fruits charnus

Fruits semi-charnus

Fruits compos�s

Syncarpes et sycones

Fruits secs

Gousses


Drupes (fruits � noyau)

Baies (fruits � p�pins)

Faux fruits






S�chage


- fruits secs

Abricots
Mangues
Noix de coco

Kakis
Dattes
Raisins
Papayes


Bananes
Litchis


Ananas
Figues

Anacardes
Ch�taignes



- farines


Dattes


Bananes



Ch�taignes


Sucrage


- confitures, marmelades

Mangues
Abricots

Past�ques
Agrumes
Goyaves
Kiwis
Kakis
Melons

Pommes
Pommes de cajou

Bananes
Litchis

Corossols

Ananas
Figues

Ch�taignes

Tamarins


- gel�es

Mangues

Goyaves
Kakis


Grenadilles

Corossols





- p�tes de fruits

Mangues

Goyaves
Agrumes
Dattes

Pommes

Bananes


Figues




- sirops

Noix de coco

Agrumes

Pommes de cajou

Grenadilles


Ananas


Tamarins


- fruits confits

Mangues
Olives
Abricots

Agrumes
Kumquats
Papayes
Melons
Past�ques
Kiwis
Raisins

Pommes de cajou

Bananes


Ananas
Figues

Ch�taignes


Chaleur (pasteurisation)


- jus et nectars

Mangues
Abricots

Agrumes
Goyaves
Raisins
Past�ques
Papayes

Pommes
Pommes de cajou

Grenadilles

Ananas

Tamarins


- pur�es et compotes

Mangues Abricots

Agrumes
Papayes
Goyaves

Pommes

Bananes

Ch�taignes


- fruits au naturel et au sirop

Mangues
Abricots

Papayes
Goyaves
Agrumes
Raisins
Past�ques
Melons
Dattes

Pommes
Pommes de cajou

Litchis

Ananas
Figues

Ch�taignes

Sel et vinaigre


- sans fermentation (sel)

Olives







- avec fermentation: sel

Olives

Agrumes (�corces)








sel + vinaigre (pickles)

Mangues (vertes)
Abricots

Past�ques
Melons
Goyaves
Agrumes
Raisins

Pommes








sucre + sel + vinaigre (chutneys)

Mangues (vertes)
Abricots

Melons
Goyaves
Raisins

Pommes de cajou

Figues

Tamarins

Fermentation


- vin

Mangues

Dattes
Agrumes
Raisins

Pommes de cajou

Bananes

Ananas

Tamarins


- bi�re




Bananes et plantains






- vinaigre

Mangues

Dattes
Agrumes
Goyaves

Pommes

Bananes

Corossols

Ananas



Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
2.1 G�n�ralit�s
2.2 Triage
2.3 Nettoyage et lavage
2.4 Pesage
2.5 Calibrage
2.6 Epluchage
2.7 Parage
2.8 D�noyautage, �p�pinage
2.9 D�coupage
2.10 Pressage
2.11 Broyage
2.12 Extraction par diffusion
2.13 Tamisage
2.14 Clarification - d�bourbage
2.15 Blanchiment et pr�cuisson
2.16 Traitement par agents de conservation
2.17 D�gorgement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS

2.1 G�n�ralit�s

Les fruits destin�s � �tre transform�s selon les divers proc�d�s qui seront �tudi�s doivent subir auparavant une s�rie de pr�traitements ayant pour but de les rendre aptes � la consommation et pr�ts � alimenter la cha�ne de transformation choisie.

Ces techniques de pr�paration interviennent en plusieurs �tapes qui d�pendent de l'esp�ce fruiti�re et du mode de conservation.

2.2 Triage

Principe

Le triage a pour objet l'obtention de fruits de maturit� homog�ne, d'une part, et l'�limination des fruits alt�r�s et des d�bris foliac�s, d'autre part. Le triage “maturit�” se fait principalement en fonction de l'uniformit� de couleur et de fermet�. Les fruits sont dirig�s sur diverses lignes de transformation selon leur degr� de maturit�.

C'est ainsi que les fruits m�rs et � chair ferme sont transform�s en pulpe, les fruits de maturit� avanc�e mais sains en pur�es et en compotes. Les fruits verts peuvent �tre dirig�s vers la ligne “confitures”, tandis que ceux de maturit� normale sont s�ch�s ou transform�s en jus, etc.

Mat�riel

Au stade artisanal, le triage est effectu� manuellement soit sur une table normale en bois ou en acier inoxydable, avec des paniers situ�s en dessous et permettant de recueillir les fruits � �liminer, soit sur une table m�tallique grillag�e � mailles serr�es.

Au stade semi-industriel, le triage peut �galement s'effectuer sur un tapis roulant caoutchout� constitu� d'un grillage m�tallique.

2.3 Nettoyage et lavage

Principe

Ces op�rations ont pour but d'�liminer les impuret�s (feuilles, terre), les r�sidus de produits chimiques pulv�ris�s avant r�colte et les micro-organismes superficiels.

Le nettoyage consiste en un brossage � sec des fruits avec ou sans aspersion d'eau.

Le lavage est un traitement effectu�:

- soit par trempage avec ou sans agitation, dans de l'eau additionn�e de sel (1 � 10 pour cent) ou dans une solution de lessive de soude (0,1 � 5 pour cent). Dans les deux cas, un rin�age soigneux doit suivre le lavage;

- soit par aspersion ou vaporisation d'eau. La temp�rature du bain varie selon les fruits et la transformation choisie. L'agitation des bains de lavage diminue le temps de traitement et augmente son efficacit�.

Ces deux proc�d�s peuvent �tre utilis�s en alternance (par exemple, aspersion puis trempage de quelques minutes), mais dans les deux cas, l'eau utilis�e doit, dans toute la mesure du possible, �tre propre, fra�che et potable.

Mat�riel

Le nettoyage est effectu� manuellement au moyen de brosses ou de rouleaux recouverts de tissu.

Le lavage par trempage est r�alis� dans des bassines ou des bacs munis de passoires ou de paniers m�talliques ou en plastique (figure 1). L'eau doit �tre chang�e r�guli�rement pour assurer la propret� des fruits et peut �tre agit�e m�caniquement ou par simple mise sous pression de l'eau.

Le lavage par aspersion peut se faire:

- au moyen de tuyaux ou de rampes de jets d'eau sous pression � orifices fins; tuyaux et rampes peuvent �tre mobiles. Les fruits arros�s sont dispos�s sur des claies grillag�es ou des transporteurs (� rouleaux ou grillag�s) selon l'�chelle de production choisie;

- dans un tambour rotatif actionn� manuellement ou m�caniquement (figure 2): il s'agit d'un cylindre grillag� tournant autour d'un axe l�g�rement inclin� situ� au-dessous d'une rampe d'aspersion.

Cette m�thode s'applique uniquement � des fruits peu fragiles; plusieurs tambours peuvent �tre install�s en s�rie et �tre aliment�s par des liquides diff�rents (soude puis eau, par exemple).

La m�thode par trempage n�cessite des volumes d'eau importants et est donc moins �conomique, d'autant plus que plusieurs trempages successifs sont effectu�s dans la majorit� des cas.

2.4 Pesage

S'il est effectu� apr�s triage ou lavage, le pesage est n�cessaire pour �valuer:

- la quantit� obtenue en fruits d�barrass�s de tous d�chets; et

- les proportions d'ingr�dients divers (exprim�es en kg pour cent de fruits) que l'on devra ajouter dans certains cas.

Le pesage peut �galement intervenir apr�s �pluchage, parage et d�noyautage ou �p�pinage des fruit; il s'effectue � l'aide de balances.

2.5 Calibrage

Principe

Il consiste � s�lectionner des fruits de m�me taille et de m�me poids dans le but d'assurer une pr�sentation homog�ne du produit fini et une meilleure efficacit� de la technique de conservation en facilitant notamment les transferts de calories au sein des fruits trait�s par la chaleur.

Il est inutile de calibrer les fruits destin�s � �tre r�duits en pur�e ou en jus, sauf si les �tapes de la cha�ne de transformation comportent des mat�riels n�cessitant un calibrage pr�alable.

Les fruits de forme sph�rique sont g�n�ralement calibr�s suivant leur taille, les fruits de forme irr�guli�re en fonction de leur poids.

Mat�riel

Le calibrage pond�ral est r�alis� automatiquement par pes�e des fruits un par un; il concerne par cons�quent un stade semi-industriel. Un pesage manuel serait long et fastidieux.

Le calibrage volum�trique est effectu� dans divers appareils dont les principes de fonctionnement sont expliqu�s ci-apr�s et qui effectuent une s�lection des fruits selon:

- le diam�tre. Les fruits passent dans un tambour perfor� d'orifices de diam�tres progressivement croissants; c'est le cas des trommels simples (figure 3);

- la largeur ou la longueur (fruits non sph�riques). Les fruits passent dans un tambour comportant des goulottes de section ayant une forme pr�cise (figure 4); c'est le cas des calibreurs � alv�oles;

- l'�paisseur. Les fruits passent entre deux rouleaux rotatifs dont l'�cartement cro�t au fur et a mesure de l'avancement des fruits; c'est le cas des calibreurs � rouleaux divergents (figure 5).

2.6 Epluchage

Principe

Cette op�ration consiste � �liminer la peau des fruits dans les cas o� celle-ci n'est pas comestible ou constitue un obstacle � l'efficacit� de la transformation appliqu�e.

Le d�corticage sera trait� sous cette rubrique, puisqu'il s'agit �galement d'�liminer l'enveloppe externe de certains fruits (notamment des fruits secs).

L'�pluchage peut �tre r�alis� de diff�rentes fa�ons:

- manuellement;

- m�caniquement; ou

- par voie chimique, c'est-�-dire par trempage dans un bain bouillant de soude � 20 pour cent (20 kg de soude par 100 kg de solution) pendant un temps court. Dans ce cas, un rin�age ult�rieur est n�cessaire pour �liminer la solution de soude en exc�s et les peaux qui se sont d�tach�es de la chair des fruits.

Le d�corticage est r�alis� manuellement � l'aide de divers outils.

Mat�riel

a) Epluchage manuel

Il s'effectue au moyen de couteaux ordinaires ou de couteaux �plucheurs qui rendent l'op�ration plus facile et permettent d'obtenir des �pluchures d'�paisseur fine et r�guli�re (figure 6).

Ces instruments doivent �tre en acier inoxydable pour �viter toute r�action d'oxydation entre le m�tal et les acides naturels des fruits.

b) Epluchage m�canique

Il s'effectue:

- par abrasion, dans le cas de fruits r�sistant � l'�crasement (agrumes, par exemple), dans des appareils en acier inoxydable constitu�s d'un cylindre tournant � 40 tours/mn et muni d'un rev�tement interne abrasif ou de pales en bois. L'�vacuation des d�chets est assur�e par l'eau. Ces appareils peuvent traiter 120 kg/h (figure 7); ou

- par d�pulpage, c'est-�-dire par �crasement de portions de fruits sur une grille (figure 8).

L'�pluchage m�canique conduit � l'obtention d'une pur�e ou de cubes de section identique � celle des orifices de la grille. Il ne convient donc que pour les proc�d�s de transformation applicables � des fruits devant �tre r�duits � l'�tat de pur�e (c'est le cas des lignes pulpes, compotes et marmelades et de la transformation des plantains en farine, etc.).

Certaines centrifugeuses � panier perfor� rotatif et couteaux trancheurs fixes permettent d'assurer ce d�pulpage.

c) Epluchage chimique

Les r�cipients de trempage sont les m�mes que ceux illustr�s par la figure 1. Ils doivent r�sister � l'action de la soude. Le rin�age s'effectue par trempage ou aspersion, avec de l'eau fra�che et potable.

d) D�corticage

Il peut s'op�rer:

- par percussion, c'est-�-dire mart�lement manuel au moyen de marteaux ou de pierres. Dans le cas de l'anacarde, par exemple, une personne peut obtenir 4 � 10 kg d'amandes d�cortiqu�es par jour; ou

- par cisaillement, au moyen de cisailles manuelles (dans ce cas le rendement est le m�me) ou, dans le cas sp�cifique de l'anarcade, au moyen de pinces br�siliennes (le rendement est de 25 � 40 kg d'amandes par jour pour deux personnes) ou de pinces � vis (figures 9a et 9b).


Figure 1. Bac de lavage � panier perfor�


Figure 2. Laveur � tambour rotatif actionn� � la main


Figure 3. Trieur trommel � t�les �paisses


Figure 4. Trieur alv�olaire (Coupe longitudinale)


Figure 4. Trieur alv�olaire (Coupe transversale et d�tail)


Figure 5. Calibreur � rouleaux divergents


Figure 6. Mat�riel pour l'�pluchage manuel


Figure 7. Epluchage par abrasion


Figure 8. Epluchage par �pulpage


Figure 9a. D�corticage par cisaillement (Pince � vis)


Figure 9a. D�corticage par cisaillement (Etabli pour d�corticage � la pince)

L'enveloppe des noix de coco peut �tre tranch�e � la hache ou � la machette.


Figure 9b. Pince br�silienne

Cas particuliers

Certains fruits comme les abricots, les figues, les raisins, les olives et les dattes ne sont pas �pluch�s. Les autres fruits le sont presque toujours, sauf dans certaines transformations comme la fabrication des fruits confits o� l'on conserve quelquefois la peau.

L'�pluchage manuel, qui n�cessite peu de mat�riel et convient a tous les fruits, est souvent le plus pratique et le plus rentable bien qu'il entra�ne des pertes de pulpe consid�rables.

L'�pluchage par d�pulpage peut tr�s bien s'appliquer aux fruits fragiles (grenadilles) destin�s � �tre transform�s en pur�e.

L'�pluchage chimique est effectu� sur des produits � peau fine (avec des concentrations en soude de 5 � 10 pour cent) ou sur des fruits � peau �paisse (avec des concentrations allant jusqu'� 20 pour cent). On proc�de de cette mani�re avec les abricots et parfois aussi avec les mangues, les kiwis, les pommes, les litchis, les pommes de cajou, etc.

Exemples d'�pluchage chimique:

Pommes: soude � 10-15 pour cent, temps de trempage 20 � 30 secondes
Litchis: soude � 20 pour cent, 3 minutes.

On peut �galement combiner parfois �pluchage et blanchiment (les litchis peuvent �tre �pluch�s par trempage dans l'eau � 90°C).

Le d�corticage s'applique aux tamarins, aux ch�taignes, aux noix de coco et aux anacardes. Ces derniers n�cessitent toujours, avant d�corticage, un traitement � la chaleur pour fragiliser les coques par expulsion du baume contenu dans les noix et les lib�rer de l'amande. Cela se fait par torr�faction (grillage) ou par trempage (friture) dans un bain de baume bouillant, ou encore par passage dans un courant de vapeur.

Le grillage est peu utilis�, car il provoque une perte de baume, un roussissement des amandes et une pollution de l'atmosph�re. Lorsqu'il a lieu, il se fait � petite �chelle dans un cylindre de t�le rotatif constitu� de f�ts vides soud�s, actionn� manuellement et chauff� par un feu de coques d'anarcardes. Le cylindre mesure de 4 � 5 m de longueur et de 60 � 80 cm de diam�tre (figure 10a).

La friture au baume peut se faire:

- dans une friteuse aliment�e manuellement en discontinu, constitu�e d'un bac � panier m�tallique adaptable, avec une plaque d'acier pour maintenir le panier immerg�. Cet appareil traite 1,2 tonne de noix brutes en 16 h; ou

- dans une friteuse discontinue � trois cuves en t�le d'acier dispos�es en s�rie et chauff�es respectivement � 150, 160 et 170° C par un feu de coques. Un palan sur rail permet de faire passer 10 kg de noix dans un panier d'une cuve � l'autre (avec trempage d'une minute par cuve) (figure 10b). Un essorage sur t�le perfor�e est effectu� en fin de cuisson.

La cuisson � la vapeur pendant 30 mn est effectu�e dans des appareils de blanchiment.

Les noix de coco doivent �tre d�fibr�es ou d�bourr�es avant d�corticage. On enl�ve leur enveloppe fibreuse externe (bourre) gr�ce � une machette, une hache ou un pieu (figure 11). On effectue ensuite un triage des noix pour �liminer les noix germ�es, endommag�es ou non m�res et l'on fend les coques � la machette. Un op�rateur peut fendre manuellement 1 500 � 2 000 noix en 8 h.

2.7 Parage

Principe

Il consiste a �liminer les parties ab�m�es ou les parties non consommables des fruits, � l'exception du noyau et des p�pins (par exemple le coeur de l'ananas), qui pourraient d�naturer la saveur du produit fini et alt�rer ses qualit�s organoleptiques.

Mat�riel

On se sert de couteaux en acier inoxydable (figure 6) ou de couteaux � forme plus adapt�e pour l'�trognonnage ou l'�coeurage de certains fruits (figure 12).


Figure 10. Traitement des anacardes � la chaleur: a) Cylindre rotatif de grillage


Figure 10. Traitement des anacardes � la chaleur: b) Friteuse discontinue � trois cuves de baume

2.8 D�noyautage, �p�pinage

Principe

Il s'agit d'�liminer les parties non comestibles (noyaux et p�pins) qui pourraient donner une amertume prononc�e au produit fini si elles �taient trait�es avec la chair des fruits. Selon l'esp�ce fruiti�re consid�r�e, cette op�ration s'effectue avant ou apr�s d�coupage des fruits en deux.

Mat�riel

D�noyautage et �p�pinage sont souvent effectu�s manuellement (au stade artisanal) � l'aide de cuill�res d�noyauteuses ou �p�pineuses, d'ustensiles �p�pineurs ou de d�noyauteurs m�nagers � poussoir (figure 13).

Ces op�rations peuvent �galement se faire m�caniquement: les d�pulpeurs illustr�s a la figure 8 permettent de s�parer les p�pins et les noyaux de la pulpe des fruits en m�me temps que les peaux. Les centrifugeuses-essoreuses comportent un panier rotatif perc� d'orifices de dimension inf�rieure � celle des p�pins ou noyaux et muni de batteurs ou de couteaux.

Cas particuliers

D'une fa�on g�n�rale, les drupes sont d�noyaut�es tandis que les baies sont �p�pin�es (tableau 6).

La pomme de cajou est un cas particulier: son p�doncule charnu, appel� “pomme”, doit �tre s�par� de la noix ext�rieure au moyen d'un canif ou d'un fil de nylon.

Les raisins ne seront pas �p�pin�s; on choisira, dans la mesure du possible, des vari�t�s sans p�pin. Les corossols et les grenadilles seront �p�pin�s.

2.9 D�coupage

Principe

Cette op�ration, qui vise � obtenir des morceaux de fruits d'�paisseur r�duite et r�guli�re, a pour but de diminuer les temps de traitement appliqu�s par la suite en facilitant les �changes de mati�re et de chaleur effectu�s au cours de ceux-ci (migration de l'eau pendant le s�chage, p�n�tration de chaleur pendant l'appertisation, p�n�tration de sucre, de sel ou d'acide dans le cas des confitures, pickles, p�tes de fruits, etc.).

On favorise ainsi une meilleure conservation du produit fini tout en pr�servant ses qualit�s organoleptiques. Les fruits peuvent �tre d�coup�s en morceaux de diff�rentes formes (rondelles, tranches, cubes, oreillons).

Mat�riel

Le d�coupage s'effectue:

- manuellement, avec des couteaux en acier inoxydable ou des trancheurs � lames multiples (figure 14);

- m�caniquement, avec des trancheurs coniques mont�s sur un axe rotatif entra�n� par un motor�ducteur d'une puissance �lectrique d'environ 125 W (figure 15).

Figure 11. Pieux utilis�s pour le d�fibrage des noix de coco


Figure


Figure

Figure 12. Mat�riel de parage


Figure


Figure

Ustensiles � �p�piner


Figure


Figure

Figure 13. Mat�riel de d�noyautage et �p�pinage


Cuill�res �p�pineuse ou d�noyauteuse


D�noyauteur de petits fruits

Cas particuliers

Tous les fruits charnus, semi-charnus et compos�s (tels que les figues et les ananas) peuvent �tre d�coup�s manuellement au couteau. Les dattes et les raisins ne sont g�n�ralement pas d�coup�s. Le trancheur � lames multiples s'applique plut�t � des fruits r�sistant � l'�crasement tels que les pommes, les bananes et les ananas. Il en va de m�me pour le trancheur m�canique, qui doit �tre utilis� avec des fruits � chair ferme de fa�on que le mouvement de rotation ne soit pas bloqu� par une accumulation de pur�e de fruit entre la partie fixe et la partie mobile de l'appareil.

En cas de s�chage ult�rieur, l'�paisseur des tranches doit �tre comprise entre 7 et 10 mm.

Dans les autres types de transformation, l'�paisseur des tranches varie en fonction des fruits et de la transformation elle-m�me. On se r�f�rera aux indications donn�es � ce sujet dans chaque chapitre.

2.10 Pressage

Principe

Cette op�ration a pour but d'extraire le jus des fruits tout en effectuant un tamisage de la pulpe. On obtient ainsi directement un jus de fruit clair et pulpeux, contrairement au broyage qui donne une pur�e.

P�pins et noyaux doivent �tre pr�alablement �limin�s pour ne pas enrichir le jus en tanins qui lui donneraient une astringence excessive.

Le rendement en mo�t, c'est-�-dire en liquide obtenu par rapport aux fruits par�s, est de l'ordre de 70 � 80 pour cent pour les pommes et de 35 � 40 pour cent pour les agrumes.

Il est assez faible par rapport aux rendements obtenus par d'autres m�thodes d'extraction (diffusion, broyage), mais la qualit� du jus ainsi produit est bien meilleure. Le r�sidu (marc) est tr�s riche en mati�res s�ches.

Mat�riel

L'extraction des jus de fruits peut se faire � l'aide de presses de diff�rents types ou par centrifugation. Le moyen le plus simple et le plus primitif consiste � extraire le jus manuellement par torsion d'un sac de tissu grossier contenant la pulpe, ou encore par pression de sacs entre deux planches (figure 16). Mais le rendement est faible et le produit fini est de moindre qualit�.

Figure 14. Trancheurs � lames multiples


Figure


Figure

Figure 15. Tranchage m�canique


Figure


Figure


Figure 16. Pressage manuel: a) par torsion d'un sac


Figure 16. Pressage manuel: b) par pression entre des planches

A l'�chelon artisanal, l'extraction des jus peut se faire:

a) en pressoirs discontinus. Le rendement obtenu � l'extraction est bon et l'on obtient un jus en quelques minutes. Ce mat�riel n�cessite cependant de longues et p�nibles op�rations de chargement et de d�chargement des sacs contenant les fruits pr�par�s ou la pulpe de fruits. La pression doit �tre appliqu�e lentement et progressivement pour �viter que le mo�t soit trop charg� en d�bris de cellulose (mauvaise filtration). La toile des sacs risque d'�clater si la pression est trop forte au d�but. Il y a plusieurs types de pressoirs discontinus, que l'on peut utiliser s�par�ment ou en association:

- presse � vis (figure 17)

Une vis centrale, actionn�e manuellement ou �lectriquement, pousse un plateau dans un mouvement descendant ou horizontal contre la masse � presser.

Figure 17. Presses � vis


Figure


Figure

- presse � levier (figure 18)

Un levier portant des poids provoque la descente d'un plateau contre la masse � presser.


Figure 18. Presse � levier

- presse hydraulique (figure 19)

Un piston central, actionn� par une pompe � huile ou � eau, entra�ne un plateau qui comprime fortement les fruits dans une cage cylindrique. On obtient un jus en 10 mn. La m�thode convient particuli�rement aux jus difficiles � extraire.


Figure 19. Presse hydraulique

Exemple de rendement dans le cas des pommes: 150 1/h avec un moteur de 4 CV.

- pressoir pneumatique

Une poche axiale en caoutchouc est gonfl�e d'air � l'aide d'un compresseur et s'applique contre la paroi interne d'une cage cylindrique en comprimant la pulpe qu'elle contient.

b) en pressoirs continus dont il existe deux types:

- presse � tapis

Une toile ou un tapis circule entre des rouleaux ou des plaques perfor�es. On utilise un moteur de 5 CV. Ces presses de construction simple ont un d�bit horaire plus important que les pr�c�dentes. Les probl�mes qu'elles posent sont li�s � l'usure du tapis et au d�bordement de la pulpe sur les c�t�s.

- presse � vis sans fin (figure 20)

Une vis h�lico�dale tourne � l'int�rieur d'un tube perfor� qui laisse passer le liquide. D'un prix �lev�, ce mat�riel est robuste et facile � entretenir. (On peut avoir deux vis successives tournant en sens inverse.)


Figure 20. Presse � vis sans fin

c) en centrifugeuses (figures 21 et 22) dans lesquelles la pulpe des fruits est press�e par la force centrifuge contre un tamis conique ou cylindrique rotatif, entra�n� par un moteur, au travers duquel passe le jus.

Figure 21. Centrifugation


a) Essoreuse-centrifugeuse


b) Essoreuse manuelle

Figure 22. Presse-agrumes


Figure


Figure

Le rendement � l'extraction est tr�s bon et l'on obtient un jus clair en quelques secondes. La rapidit� du processus permet une bonne pr�servation de la couleur et de l'ar�me des fruits, car le jus n'a pas le temps de s'oxyder dans l'appareil. Mais le proc�d� est cher, requiert un usinage pr�cis (grilles finement perfor�es) et un personnel qualifi�. Il consomme de l'�nergie et le mat�riel, sensible � l'usure m�canique, est ais�ment d�t�rior� par des corps �trangers (pierres, etc.).

On trouve sur le march�:

- des essoreuses-centrifugeuses (figure 21a)

Les fruits sont introduits entiers dans un panier centrifuge conique perfor� dont le centre est un trancheur “impeller” � deux lames fixes.

Exemple de rendement: 300 kg/h pour les grenadilles. Le proc�d� est applicable aux goyaves.

- des essoreuses manuelles (figure 21b) dont le rendement est �videmment tr�s inf�rieur puisque la vitesse de rotation du tamis d�pend de la main de l'homme et non pas d'un moteur. Il est pr�f�rable d'op�rer avec des fruits d�j� broy�s ou press�s.

- des presse-agrumes manuels ou �lectriques (figure 22) ayant un rendement de 10 kg/h.

Cas particuliers

Les centrifugeuses sont surtout utilis�es pour des fruits � p�pins tels que les grenadilles, les goyaves et les papayes. Les fruits � noyau repr�sentent un danger de d�t�rioration pour les grilles fines de ces appareils et peuvent �tre trait�s dans d'autres types de presses. Ces appareils sont somme toute assez polyvalents.

2.11 Broyage

Principe

Le broyage a surtout pour but d'obtenir un nectar ou une pur�e puisqu'il consiste � r�duire la chair des fruits en une suspension �paisse homog�ne. Dans ce cas �galement, il faut prendre soin d'�liminer les p�pins et les noyaux avant de broyer les fruits.

Le rendement � l'extraction est ici de 100 pour cent en pulpe, mais la qualit� du jus obtenu est inf�rieure. Le broyage int�gral des fruits donne un produit inconsommable en raison de son amertume que l'on doit alors diluer, sucrer, puis �ventuellement r�acidifier.

Les mati�res insolubles en exc�s doivent �tre retir�es, si possible par tamisage. Le liquide obtenu est cependant tr�s bon march� et son ar�me est prononc�.

Le broyage s'applique �galement aux produits s�ch�s que l'on veut transformer en farine. Cette �ventualit� sera �voqu�e dans la section 3.4.3.

Mat�riel

a) Broyage manuel. Il se fait au pilon ou au mortier. Une personne peut broyer 50 kg de produit � l'heure.

b) Broyage m�canique. Le broyage m�canique des produits humides peut �tre r�alis� dans plusieurs types de mat�riels:

- broyeur � marteaux. Plusieurs marteaux mobiles ou fixes sont dispos�s radialement sur un axe rotatif tournant � 1 000-1 500 tours/mn; le produit est ainsi forc� a travers une grille semi-circulaire perfor�e d'orifices de 3 � 5 mm de diam�tre (figure 23). D'une grande robustesse, ce type de broyeur peut �tre fabriqu� localement;

- broyeur � meules. Deux disques enduits d'abrasifs sont dispos�s l'un au dessus de l'autre. Le produit est broy� entre ces deux meules dont l'une (la meule dormante) est fixe, tandis que l'autre, situ�e � la partie inf�rieure, est mobile;

- broyeur � lames. Un axe rotatif portant une s�rie de lames dispos�es radialement est actionn� manuellement ou par l'interm�diaire d'un moteur (figure 24). Les lames peuvent �tre remplac�es par des r�pes.

- d�pulpeur. Le fruit passe au travers d'une grille (figure 8). Les dimensions des mailles varient en fonction du fruit trait�:

bananes: mailles de 0,84 mm de diam�tre;
goyaves: premier broyage avec des mailles de 0,76-0,84 mm, puis 0,43 � 0,51 mm;
corossols: 1,5 mm, puis 1,14 mm et 0,51 mm (trois passages).

Cas particuliers

Le broyage s'applique tr�s facilement � des fruits tels que les pommes, les bananes, les ananas et m�me les agrumes. Le mat�riel employ� a l'avantage d'�tre tr�s r�sistant, peu co�teux et polyvalent et de pouvoir �tre construit localement.

L'extraction des jus de certains fruits peut relever d'autres m�thodes sp�cifiques. C'est ainsi que les raisins sont press�s et que les tamarins subissent une extraction par diffusion.

2.12 Extraction par diffusion

Principe

On cherche � obtenir l'int�gralit� de l'extrait sec soluble des fruits par diffusion dans l'eau ou la vapeur d'eau.

Par rapport aux autres m�thodes d'extraction du jus, ce proc�d� pr�sente l'avantage d'avoir un rendement maximal en mati�res s�ches contenues dans les fruits. Les qualit�s nutritionnelles du jus obtenu sont excellentes, la plus grande partie des vitamines diffusant facilement dans l'eau.

Mat�riel

La diffusion � l'eau se fait dans des bacs munis de tuyaux et de vannes. L'eau peut circuler � contre-courant, � chaud ou � froid. Le rendement est fonction de la temp�rature, de l'�paisseur des morceaux de fruits et du temps de diffusion.

Malheureusement, les ar�mes diffusent difficilement car ils ne sont g�n�ralement que peu ou pas solubles dans l'eau. Il faut donc reconcentrer le liquide apr�s extraction et lui restituer sa saveur.


Figure 23. Sch�ma de principe du broyeur � marteaux

Figure 24. Broyeurs � lames


Broyeur � bras


Broyeur � moteur

On proc�de comme suit. Une casserole est dispos�e au bain-marie dans une lessiveuse ou une grande marmite (figure 25a). On place les fruits � traiter dans un linge tr�s propre et on les recouvre d'un papier parchemin�. Une �tamine, qui joue le r�le de tamis pour le jus, est fix�e au-dessous du linge retenant les fruits. On recouvre la lessiveuse d'un couvercle aussi herm�tique que possible et l'on chauffe pendant une heure environ.

Il existe �galement des appareils, constitu�s de trois parties, con�us sp�cialement pour ce type d'extraction et dont le principe est illustr� par la figure 25b: l'eau contenue dans le r�cipient (1) est chauff�e et d�gage de la vapeur qui fait �clater la pulpe des fruits situ�s en (3) et pasteurise simultan�ment le jus qui s'en �coule. Ce jus est recueilli dans le r�cipient (2); un syst�me d'�coulement permet de le mettre en bouteilles ou en flacons.

Cas particuliers

Tous les fruits peuvent �tre trait�s par la m�thode de diffusion � la vapeur, en particulier les ananas et les pommes. L'extraction � l'eau s'applique surtout aux tamarins et aux corossols.

On utilise 5 l d'eau pour 1 kg de tamarin, le traitement durant 45 � 60 mn � froid. Dans le cas du corossol, il suffit d'employer 1,5 l d'eau par kg de fruit, mais on op�re � chaud.

2.13 Tamisage

Principe

Cette op�ration qui s'applique aux produits d�shydrat�s ayant subi une op�ration de broyage sera �voqu�e dans la section 3.4.4.

Elle peut �galement s'appliquer a des produits liquides (jus de fruits) ou p�teux (pur�e) et vise dans ce cas � �liminer les particules les plus grossi�res (p�pins, d�bris) et les morceaux de fruits non d�sagr�g�s par pr�cuisson (si une telle op�ration pr�c�de le tamisage, dans le cas des compotes par exemple) qui risqueraient de nuire � l'homog�n�it� des transferts de chaleur intervenant par la suite au cours de la pasteurisation.

L'�p�pinage et l'�limination des peaux de fruits non �pluch�s peuvent �galement intervenir � ce stade (cas des compotes).

Mat�riel

L'op�ration peut se faire manuellement � l'aide d'un tamis en osier finement tress� ou � l'aide d'un tissu (comme la mousseline ou l'�tamine) tendu sur un cadre de bois, ou encore � l'aide d'un grillage en acier inoxydable. On peut �galement utiliser des tamis rotatifs grillag�s actionn�s manuellement ou par l'interm�diaire d'un moteur (figure 26), ou encore des tamis anim�s d'un mouvement de vibration.

2.14 Clarification - d�bourbage

Principe

Cas des jus de fruits

Le mo�t de fruit (liquide obtenu apr�s extraction par pressage, broyage ou diffusion) n'est pas toujours consommable tel quel. Il convient de l'�purer, surtout en cas d'extraction pr�alable par broyage o� l'on obtient une pulpe �paisse charg�e de d�bris insolubles, par une s�rie de traitements d�sign�s sous le nom g�n�ral de “clarification” ou “d�bourbage”. Ces traitements visent � �liminer les �l�ments plus fins tels que mati�res collo�dales en solution (prot�ines, tanins, pectines) et mati�res insolubles en suspension (d�bris cellulosiques).


Figure 25. Extraction du jus par diffusion � la vapeur (a)


Figure 25. Extraction du jus par diffusion � la vapeur (b)


Figure 26. Tamis rotatif actionn� manuellement

Cette �limination peut �tre r�alis�e par:

a) voie naturelle. Apr�s repos du jus pendant quelque temps, la fermentation pectique se d�clare spontan�ment et une coagulation des pectines et gommes a lieu. La masse form�e, appel�e “chapeau”, remonte � la surface du jus sous l'action d'un d�but de fermentation alcoolique et se fendille. On peut alors soutirer le jus. L'inconv�nient de cette m�thode est la production d'alcool qui, m�me pr�sent en quantit� minime, alt�re tr�s s�rieusement les qualit�s organoleptiques du jus;

b) centrifugation. Quoiqu'�tant le plus on�reux, ce proc�d� a l'avantage de ne pas modifier les caract�ristiques du jus et d'�tre rapide;

c) pr�chauffage. La coagulation par chauffage (des prot�ines, par exemple) emp�che en m�me temps un d�but de fermentation et permet un d�p�t des tartrates de calcium ou de potassium (cas des raisins) ainsi que des flavono�des (cas des agrumes). Le pr�chauffage s'effectue a une temp�rature toujours inf�rieure � 100°C pour ne pas alt�rer les qualit�s nutritionnelles et organoleptiques du jus;

d) enzymation. On a recours � l'action des enzymes pectolytiques contenus dans le mo�t (il suffit alors de laisser reposer ce dernier), ou � l'addition d'enzymes de clarification produits � partir d'une moisissure comme Aspergillus niger. L'enzymation doit se faire � une temp�rature de 40-50°C et � un pH sup�rieur � 3 pendant une heure ou plus selon les esp�ces fruiti�res; ou

e) collage. Il s'agit de l'addition d'une mati�re collo�dale comme la g�latine en solution � 1 ou 2 pour cent (10 � 20 g de g�latine pour 100 l de jus). Celle-ci se combine aux prot�ines et tanins du mo�t qui pr�cipitent en entra�nant les impuret�s du jus.

Pour faciliter la pr�cipitation des jus de fruits ne contenant pas assez de tanins, on en rajoute sous forme de tanins en solution � 0,5 � 1 pour cent ou sous forme de jus de fruits astringents dans une proportion de 5 � 10 pour cent.

On peut �galement utiliser:

- de la colle de poisson (� raison de 2 � 3 g par 100 l de jus);

- de l'albumine en poudre (5 � 8 g par 100 l de jus);

- de la cas�ine (6 � 10 g par 100 l de jus), et faire pr�c�der le collage d'un pr�chauffage � 95 °C ou d'une addition de bisulfite de soude (10 g pour 100 l de jus). On soutire ensuite le jus clarifi�.

Avant toute adjonction de substance collo�dale, il convient de faire un essai pr�alable sur de petites quantit�s de jus afin de d�terminer les doses optimales � utiliser.

L'op�ration de collage dure 12 h au maximum. Son efficacit� augmente si la temp�rature de travail est plus basse, car l'on �vite ainsi tout d�but de fermentation.

Les solutions de tanin et de g�latine pour le collage des jus se pr�parent de la fa�on suivante:

- g�latine � 1 pour cent, par exemple. Dans un r�cipient appropri�, verser 10 g de g�latine en poudre. D�layer celle-ci avec 1 l d'eau ti�de en l'y incorporant par tr�s petites quantit�s � la fois.

Si l'on a des difficult�s pour peser de fa�on pr�cise 10 g pour la pr�paration d'un litre de solution, pr�parer 10 l de solution (10 l d'eau + 100 g de g�latine) qui seront utilis�s successivement en fonction des besoins;

- tanin � 0,5 pour cent, par exemple. Proc�der de la m�me fa�on en ajoutant soit 5 g � 1 l d'eau, soit 50 g � 10 l d'eau.

On effectue d'abord l'enzymation (en diluant la quantit� d'enzyme n�cessaire dans un ou plusieurs litres d'eau, puis en versant ce m�lange dans le jus en brassant le tout) pendant 2 heures � 20°C environ, puis on fait un collage � la g�latine, par exemple.

Mode d'emploi pour la d�termination des doses optimales d'enzyme � ajouter:

- m�langer 10 g d'enzyme � 1 litre d'eau;

- prendre six bouteilles contenant chacune un litre de jus � clarifier;

- ajouter � chaque bouteille 2,5, 5, 7,5, 10, 12,5 et 15 cm3, respectivement, de la solution � 1 pour cent;

- m�langer et maintenir � la m�me temp�rature que le jus � traiter;

- 8 heures plus tard (si l'on travaille � 10-15 °C), on effectue le test suivant pour constater l'efficacit� de l'enzymation. On met 10 cm3 de jus � contr�ler et 20 cm3 d'alcool � 0,5 pour cent d'acide chlorhydrique (filtrer le jus sur coton s'il contient trop d'impuret�s). Si un pr�cipit� se forme rapidement, cela signifie que l'enzymation n'a pas �t� assez pouss�e. On estime par exemple (dans le cas du jus de pommes) qu'aucun pr�cipit� ne doit se former pendant les 10 premi�res minutes pour que l'enzymation soit correcte.

Mode d'emploi pour la d�termination des doses optimales de g�latine � ajouter

- ajouter l'enzyme au jus (comme on vient de l'indiquer);

- laisser reposer environ 1 h 30;

- ajouter successivement 1, 1,5, 2, 2,5 et 3 cm3 d'une solution de g�latine � 1 pour cent dans 100 cm3 de jus, ce qui correspond respectivement � des concentrations de 10, 15, 20, 25 et 30 g de g�latine par hectolitre de jus;

- 15 minutes plus tard, pr�lever un peu de jus, filtrer dans une �prouvette et ajouter quelques gouttes de g�latine dans chaque tube.

Si, apr�s cette seconde addition de g�latine, les pr�parations filtr�es sont troubles, c'est qu'elles ne contiennent pas assez de g�latine. Le premier jus sans turbidit� contient la quantit� exacte de g�latine, tandis que les pr�parations suivantes, dont le jus est clair, contiennent d�j� une concentration trop �lev�e.

A titre de contr�le, on effectuera une deuxi�me s�rie d'essais avec des jus filtr�s pour savoir si les jus clairs contiennent une quantit� trop �lev�e de g�latine et l'on ajoutera quelques gouttes de tanin en solution � 0,5 pour cent.

Si les jus restent encore clairs 10 � 20 minutes apr�s cette addition de tanin, la dose de g�latine est correcte. Par contre, si l'addition de tanin provoque une pr�cipitation, c'est que le dosage de g�latine est trop �lev�.

Des doses trop �lev�es de g�latine produisent des effets de surcollage (trouble apparaissant apr�s la pasteurisation) et une alt�ration de l'ar�me et de la couleur.

Cas des pulpes

Un traitement s'apparentant � la clarification des jus est quelquefois pratiqu� avec les pulpes de fruits avant extraction du jus. Il a pour but:

- de d�truire les parois cellulaires (par solubilisation des protopectines des parois);

- de diminuer la viscosit� du jus;

- d'extraire la couleur;

- de clarifier le jus;

- de remplacer le d�chiquetage m�canique (foulage, d�but de broyage) ou thermique (pr�chauffage ayant pour but de liqu�fier la pectine) des fruits trop fragiles.

La diff�rence entre l'enzymation des pulpes et celle des jus est que la premi�re n�cessite une plus grande quantit� d'enzymes, puisqu'il faut traiter tous les fruits.

Mode d'emploi pour l'enzymation des pulpes:

De la premi�re pulpe broy�e, tamis�e si n�cessaire, pr�lever une quantit� suffisante de jus et y diluer la dose n�cessaire de l'enzyme (une solution concentr�e du commerce). Verser ensuite ce m�lange sur la pulpe au fur et � mesure de l'extraction du jus.

La dur�e d'action du m�lange est d'environ 2 h � 50°C ou 5 h � 20°C.

Mat�riel

La clarification s'effectue dans des bacs de d�cantation ou des cuves en bois ou en acier inoxydable. L'emploi de centrifugeuses peut �tre requis ainsi que l'utilisation de marmites de cuisson pour le pr�chauffage; celles-ci seront d�crites dans le chapitre 4 relatif � la transformation des fruits en confitures.

Apr�s s�dimentation de toutes les particules au fond de la cuve (on les appelle bourbes), on retire le jus par siphonnage (gr�ce � un tuyau en caoutchouc reli� � un flotteur en bois) pour ne prendre ni le jus de surface, ni les impuret�s du fond de cuve.

Cas particuliers

Voici quelques exemples de proc�d�s relatifs aux jus de fruits:

- pommes de cajou. Le probl�me est l'astringence du jus. Il faut le m�langer avant collage avec des jus riches en pectines (goyaves) pour diminuer cette astringence, puis effectuer un collage � la g�latine � 5 pour cent et ajouter de la chaux (4 g/l) pour emp�cher une floculation du jus;

- pommes. A une temp�rature de 37,8 °C, enzymation de 5 h avec 0,8 g de pectinol A (enzyme + glucose + g�latine en m�lange) par litre de jus, ou de 15 h avec 0,3 g du m�me produit;

- tamarins. Collage � la g�latine en solution � 0,12-0,15 pour cent;

- raisins. Collage � la bentonite � 5 pour cent ou enzymation avec 0,09 g de pectinase par kg de raisin pendant 30 mn;

- goyaves. Enzymation avec une pectinase � 0,5 pour cent, 18 h d'incubation � 40°C;

- abricots. 0,2 g d'enzyme en solution concentr�e du commerce par litre de jus (environ 2 h � 20°C).

2.15 Blanchiment et pr�cuisson

Principe

a) Blanchiment

Celui-ci a pour objet:

- l'inactivation par la chaleur des enzymes responsables du brunissement ou de la modification des couleurs naturelles de certains fruits;

- la dilatation des cellules par ramollissement du fruit, ce qui provoque l'�limination de l'oxyg�ne de l'air intracellulaire responsable de la corrosion des mat�riaux de conditionnement (bombage chimique des bo�tes, par exemple);

- l'arr�t des fermentations et du d�veloppement des moisissures;

- la r�duction de la p�riode de trempage et de cuisson pour la reconstitution des produits s�ch�s;

- l'assouplissement des tissus de fruit;

- l'�limination de l'anhydride sulfureux absorb� par les fruits si un traitement par agents de conservation a �t� effectu� avant blanchiment.

Le blanchiment est effectu� le plut t�t possible apr�s la pr�paration des fruits et par petites quantit�s, de fa�on discontinue, selon deux m�thodes:

- blanchiment � l'eau. Les fruits sont plong�s pendant un temps d�termin� dans de l'eau bouillante, �ventuellement acidifi�e (2 g d'acide citrique par litre en moyenne) ou sal�e. La m�me eau peut servir 5 � 10 fois environ, elle est �galement parfois utilis�e pour le jutage des fruits au naturel, en raison des principes nutritifs ayant diffus� dans cette eau et qui, ainsi, ne sont pas perdus. On utilise environ 1 l d'eau par kg de fruits;

- blanchiment � la vapeur. Les fruits sont plac�s dans un courant de vapeur au-dessus d'un r�cipient contenant de l'eau bouillante. Ils doivent �tre ensuite refroidis � l'eau froide courante pour stopper les effets du traitement thermique et �viter dans certains cas (pour le s�chage, par exemple) qu'ils ne collent ensuite les uns aux autres. Un �gouttage final est effectu�.

Les avantages et inconv�nients respectifs de ces deux m�thodes de blanchiment sont expos�s dans le tableau 7.

b) Pr�cuisson

Ce traitement pr�sente les m�mes caract�ristiques et joue le m�me r�le que le blanchiment dont il diff�re par sa dur�e plus importante.

En outre, la pr�cuisson ramollit consid�rablement les tissus des fruits, ce qui est souvent le but recherch� (cas des compotes) pour faciliter les traitements ult�rieurs.

Cette op�ration peut s'effectuer � la vapeur, mais on utilise en g�n�ral de l'eau bouillante en quantit� tr�s variable:

- si l'on emploie tr�s peu d'eau, les fruits sont plac�s avec l'eau directement dans le r�cipient chauff�. Il n'y a pas de refroidissement ni d'�gouttage. Les fruits ainsi trait�s sont en g�n�ral destin�s � subir une cuisson;

- si l'eau est en quantit� plus importante, il s'agit d'un simple blanchiment prolong� et les fruits sont plac�s dans un panier, puis plong�s dans l'eau.

Mat�riel

Il est similaire pour les unit�s artisanales et semi-industrielles, quoique les dimensions et capacit�s soient sup�rieures dans le deuxi�me cas et que les mat�riaux utilis�s pour la construction ne soient pas toujours les m�mes.

a) Blanchiment � l'eau (figure 27). On utilise des r�cipients de cuisson chauff�s � feu nu ou � la vapeur, en acier inoxydable, en fonte �maill�e ou en cuivre (ne jamais utiliser le cuivre nu dont le contact avec les fruits d�truit la vitamine C) dans lesquels on plonge un panier m�tallique grillag�, une corbeille d'osier ou encore un linge de mousseline pour les tr�s petite unit�s de production. Un syst�me de palan peut �tre utilis� pour soulever les paniers contenant de grandes quantit�s de fruits.

b) Blanchiment � la vapeur. On utilise soit les m�mes r�cipients que ceux pr�c�demment d�crits, en s'assurant que le panier contenant les fruits ne touche pas l'eau et en couvrant la marmite, soit un mat�riel du type couscoussi�re, c'est-�-dire une marmite surmont�e d'un r�cipient � fond perfor� de petits trous et muni d'un couvercle (la marmite contient l'eau et le r�cipient les fruits).

Tableau 7. Avantages et inconv�nients respectifs du blanchiment � l'eau ou � la vapeur

Blanchiment � l'eau

Blanchiment � la vapeur

Avantages

Simplicit� du mat�riel

Co�ts d'achat et d'entretien peu �lev�s

Bonne connaissance du traitement thermique � appliquer

Valeur �lev�e du coefficient d'�change thermique entre l'eau et le produit, donc temps de blanchiment plus court

Lavage simultan� du produit Possibilit� de r�gler la temp�rature Capacit� importante pour un encombrement r�duit

Faible quantit� d'eau utilis�e, d'o� consommation d'�nergie l�g�rement moindre et faible quantit� d'effluents

R�tention de constituants solubles (mais � la suite d'un traitement ult�rieur, comme le refroidissement � l'eau, cette perte rejoint celle caus�e par le blanchiment � l'eau)

Inconv�nients

Emploi d'eau en grande quantit� et � temp�rature �lev�e d'o�

· grande consommation d'�nergie (qui peut �tre r�duite si l'eau est recycl�e)

· volume d'effluents �lev�

Perte d'�l�ments nutritifs dans l'eau de blanchiment par dissolution

Difficult� de nettoyage du treillis m�tallique

Difficult� d'obtenir un chauffage uniforme

Temp�rature de travail unique

Encombrement important (�paisseur de couche r�duite, couche non tass�e)

Cas particuliers

Les temps de blanchiment varient en fonction des fruits et de la transformation qu'on veut leur faire subir; ils seront donn�s dans les diff�rents chapitres.

2.16 Traitement par agents de conservation

Principe

Ce traitement a pour but:

- de fixer et de stabiliser la coloration des fruits et d'emp�cher le brunissement par inactivation des enzymes (action antioxydante);

- d'assurer une protection contre les insectes;

- d'emp�cher le d�veloppement de moisissures et de levures (c'est-�-dire de stopper les d�buts de fermentation, alcoolique surtout). Cette action antiseptique est d'autant plus marqu�e que l'acidit� est plus forte;

- de provoquer une rupture des cellules p�riph�riques qui se plasmolysent, ce qui entra�ne une �vaporation plus rapide au s�chage; et

- de favoriser la conservation de la vitamine C (presque 50 pour cent par rapport � un t�moin qui en contient au d�part 84 mg/100 g);

Beaucoup de compos�s chimiques sont � exclure parce que toxiques. On peut, par contre, utiliser le soufre, tr�s efficace en fumigation ou en solution:

- soufrage. Par combustion directe de soufre, on obtient du SO2 (anhydride sulfureux ou dioxyde de soufre). On ajoute parfois du nitrate de sodium ou potassium (5 pour cent) pour faciliter la combustion;

- sulfitage. On obtient une solution de SO2 en additionnant de l'eau et du sulfite ou du m�tabisulfite de sodium. On peut aussi ajouter de l'acide citrique. Ce trempage est court et suivi d'un �gouttage ou essorage.

Bien qu'il soit plus on�reux, plus long et moins pratique, le traitement gazeux (soufrage) est pr�f�r�, car il n'engendre pas de perte de jus.

Les doses moyennes sont comprises entre 100 et 200 g de produit par 100 kg de fruits. L'agent est appliqu� soit sous forme gazeuse (20 g/m3 de capacit� du soufroir, pendant 3 � 6 h pour la plupart des fruits), soit sous forme de solution (1 � 3 pour cent).

La dose doit �tre sup�rieure � 100 g/100 kg de fruits (sinon il y a fermentation) et inf�rieure � 200 g/100 kg de fruits sinon les fruits sont br�l�s superficiellement, la pulpe devient d�liquescente et le produit prend un go�t soufr�.

Les fruits ne doivent pas contenir plus de 2,5 � 3 ppm (parties par million) de soufre apr�s traitement, ce qui correspond � 2,5-3 mg/kg.

L'anhydride sulfureux pr�sente plusieurs inconv�nients:

- il d�colore certains fruits rouges ou violets (la couleur r�appara�t toutefois plus brillante par chauffage);

- en se combinant avec les sucres r�ducteurs des fruits, 11 donne des compos�s difficilement dissociables. Il est donc impossible de l'�liminer totalement;

- il se transforme en acide sulfurique (H2SO4) par oxydation de l'acide sulfureux form�. Cet acide sulfurique d�nature la saveur et la rend acide; par ailleurs, si le conditionnement est fait en bo�tes m�talliques, l'acide sulfurique peut attaquer le m�tal et former de l'hydrog�ne qui, en se combinant avec le SO2 restant, produit de l'acide sulfhydrique (H2S) dont l'odeur est tr�s d�sagr�able.

Figure 27. Blanchiment � l'eau


a) En corbeille


b) Dans du tissu


c) Montage d'un palan artisanal


d) Blancheur � panier m�tallique relevable

Mat�riel

Le traitement peut s'effectuer soit au moyen de paniers contenant les fruits que l'on plonge dans la solution de m�tabisulfite pr�par�e dans un bac, soit dans des enceintes closes ou chambres de soufrage que l'on appelle �galement soufroirs. Ces enceintes peuvent se r�duire � une simple b�che maintenue assez herm�tiquement sur un empilement de claies charg�es de fruits.

Les enceintes de fumigation doivent toutefois contenir:

- un dispositif de combustion du soufre (dans une bo�te m�tallique ou un po�lon plac� sur un r�chaud ou un fourneau de briques ou de b�ton), qui sera dispos� � l'ext�rieur (figure 28a) ou � l'int�rieur de la chambre (figure 28b) munie d'un syst�me d'aspiration d'air; ou

- des bouteilles de gaz qui dispensent directement du SO2.

Les fruits sont plac�s sur des claies, celles-ci �tant empil�es � leur tour sur un chariot (figure 28c) qui sera lui-m�me introduit dans la chambre. Les dimensions des claies varient de 61 × 91 cm � 244 × 91 cm.

Caract�ristiques des chambres de soufrage

- construction �tanche (pour �viter les fuites de fum�es de soufre);

- mat�riaux de construction permettant le r�chauffement de l'int�rieur de la chambre par p�n�tration de la chaleur solaire;

- disposition ad�quate et espace suffisant r�serv� pour la combustion du soufre, afin de r�duire au minimum les dangers d'incendie.

Les constructions en briques, briques creuses ou b�ton satisfont mal � la deuxi�me condition. Il est pr�f�rable d'utiliser des t�les d'acier peintes ext�rieurement et int�rieurement en noir (peinture � l'asphalte, par exemple).

Cas particuliers

Les pr�cisions concernant les temps et quantit�s de soufre requis pour chaque fruit en fonction de la transformation qui lui est appliqu�e seront donn�es dans les diff�rents chapitres.

2.17 D�gorgement

Principe

Cette op�ration est essentiellement pratiqu�e avant la conservation par le vinaigre de fruits en morceaux (pickles). Elle a pour but de faire rendre aux fruits une partie de leur eau de constitution afin d'�viter que cela ne se produise pendant l'�tape suivante de mac�ration dans le vinaigre, ce qui provoquerait une dilution de celui-ci ainsi qu'un ramollissement excessif de la texture des fruits.

Figure 28. Chambre de soufrage


a) Dispositif de combustion du soufre plac� � l'ext�rieur de la chambre


b) Dispositif de combustion du soufre plac� � l'int�rieur de la chambre


c) Chariot de soufrage

On fait alterner dans ce but des couches de fruits et des couches de sel et laisse reposer plusieurs heures (en g�n�ral 12 � 24 h, selon les fruits). Un rin�age rapide des fruits doit �tre effectu� en fin d'op�ration.

La mise en sel sec des fruits peut intervenir en tant que traitement ou mode de conditionnement dans certains cas. La question sera �voqu�e au chapitre 6 concernant la conservation des fruits par le sel et le vinaigre.

Mat�riel

On peut utiliser n'importe quel r�cipient en m�tal inoxydable ou en bois (f�ts) ou m�me des jarres de gr�s, de capacit� variable selon les quantit�s de fruits � traiter.

Le rin�age se fait par trempage rapide ou aspersion d'eau froide avec les mat�riels d�crits dans la section 2.3.

Cas particuliers

Voici quelques indications au sujet du temps de d�gorgement:

- abricots: 24 h,
- melons: 12 h,
- mangues: 24 h.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
3.2 Pr�traitements
3.3 S�chage
3.3.1 Principe
3.3.2 Mat�riel
3.3.3 Cas particuliers
3.4 Post-traitements
3.4.1 Triage
3.4.2 Ressuage
3.4.3 Broyage
3.4.4 Tamisage
3.4.5 Mondage
3.4.6 Conditionnement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE

3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Le s�chage consiste � �liminer partiellement ou totalement l'eau contenue dans les fruits par l'action combin�e de la chaleur et de la ventilation.

Il provoque divers changements physiologiques (diminution de volume, concentration des sucres, etc.) tandis que certains processus chimiques internes aux fruits sont stabilis�s, ce qui conf�re aux produits une meilleure aptitude au stockage et une dur�e de conservation beaucoup plus longue.

En r�gle g�n�rale, la teneur en eau r�siduelle des fruits s�ch�s ne doit pas d�passer 23-24 pour cent. (Les fruits d�shydrat�s destin�s � �tre r�duits en farine doivent avoir une humidit� finale bien plus faible, de l'ordre de 8 � 10 pour cent.)

Le s�chage s'applique � l'�chelle artisanale aussi bien qu'� l'�chelle semi-industrielle, la diff�rence essentielle r�sidant dans le dimensionnement du mat�riel et le type d'�nergie utilis�e. Les s�choirs d�crits dans ce chapitre permettent de traiter de 50 kg � plusieurs tonnes de fruits frais par jour.

Les �tapes successives de la conservation par le s�chage sont sch�matis�es par la figure 29. Elles n'interviennent cependant pas toujours toutes et dans le m�me ordre, selon les fruits.

Figure 29. S�quence g�n�rale des op�rations de conservation par s�chage

Triage
¯
Nettoyage, lavage
¯
Pr�paration des fruits
¯
Blanchiment
ou
Traitement par des agents de conservation
¯

S�chage

¯
Refroidissement
¯
Triage
¯
Ressuage
¯
Autres traitements sp�cifiques
¯
Conditionnement

Tableau 8. Ordre des �tapes de pr�traitement avant s�chage, selon les fruits


Mangues Papayes

Abricots

Pommes

Dattes

Raisins

Kakis

Bananes et plantains (ligne farine)

Bananes

Litchis

Ananas

Figues

Ch�taignes (ligne farine)

Anacardes

Noix de coco (ligne coco r�p�)

Triage

X

X

X

X

X


X

X

X

X

X

X

X

X

Nettoyage, lavage

X

X

X

X

X


X

X



X

X

X

X

Epluchage

X


X



X

X

X

X

X



S�parer noix et

D�bourrage

Parage

X

X

X







X



pommes avant lavage

D�coquage

D�noyautage

X

X











Humidification

Epluchage

Ep�pinage



X










Ressuyage

D�coupage en deux

D�coupage

X

X

X



X

X

X


X



Calibrage


Blanchiment

X


X

X





X

X

X


Traitement � la


Traitement par agents de conservation

X

X

X


X





X

X


chaleur


Autres













D�corticage

Pasteurisation
Rin�age
R�page

3.2 Pr�traitements

Ceux-ci sont n�cessaires pour:

- assurer une bonne qualit� microbiologique des produits finis;
- pr�server les vitamines et les ar�mes des fruits;
- prot�ger les tanins et les colorants naturels contenus dans les fruits;
- favoriser un s�chage aussi homog�ne que possible.

Les pr�traitements ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Seuls les compl�ments n�cessaires et sp�cifiques des fruits et de la conservation par le s�chage sont expos�s ici.

L'ordre des �tapes de pr�traitement avant s�chage, selon l'esp�ce fruiti�re envisag�e, est indiqu� au tableau 8.

a) Compl�ments concernant le lavage

Le tableau 9 fournit des pr�cisions � ce sujet. Les lavages en solution alcaline doivent toujours �tre suivis d'un rin�age � l'eau froide.

Tableau 9. Lavage des fruits avant s�chage - Cas particuliers

Fruits

M�thodes et temps de lavage

Liquide utilis�

Mangues, papayes

Trempage quelques minutes

Solution de m�tabisulfite de soude (0,75 g par l d'eau)

Abricots
Pommes
Noix de coco
Ananas
Bananes
Ch�taignes

Trempage ou aspersion

Eau froide

Dattes

Nettoyage � sec, puis aspersion

Solution d�tergente

Raisins (vari�t�s muscat et blanco)

Trempage 4 s

Soude: 4 � 5,6 g/l eau � 93°C, ou 3 g/l eau � 100°C

(vari�t� sultanine)

Trempage 3 � 6 s ou trempage � froid 30 mn

Soude (� 0,1-0,75%)
Solution de 30 g de bicarbonate de soude par l d'eau avec 15 � 20 ml d'huile d'olives

(vari�t� corinthe)

Pas de lavage


Bananes et plantains

3 lavages: une dizaine de minutes

Eau froide
Eau ti�de (40-45°C)
Eau � 70-75°C

Anacardes

Nettoyage � sec, puis trempage

Eau froide

Figues

Trempage 10 � 15 s

Solution bouillante � 12 g de chaux par litre ou 1% de soude

b) Compl�ments concernant le d�coupage

Les fruits sont coupes en deux, en rondelles, en tranches ou en quartiers, ou laiss�s entiers. L'�paisseur des tranches varie de 7 � 10 mm. Le tableau 10 pr�cise la forme des morceaux d�sir�s.

c) Compl�ments concernant le blanchiment des fruits

Le blanchiment est rarement utilis� pour les fruits en tant que pr�traitement avant le s�chage. On pr�f�re employer des agents de conservation, en particulier le soufre, dont le r�le est similaire � celui du blanchiment.

Le tableau 11 indique les fruits qui sont blanchis et la m�thode utilis�e.

Tableau 10. Modes de d�coupage avant s�chage

Fruits

Modes de d�coupage

Mangues, papayes

Tranches

Abricots

En deux

Pommes

Quartiers, tranches

Noix de coco

En deux

Dattes

Entiers

Raisins

Entiers

Kakis

Quartiers

Plantains

Rondelles

Bananes

Rondelles, tranches, en deux ou entiers

Litchis

Entiers

Ananas

Tranches

Figues

Entiers

Ch�taignes

Entiers

Anacardes

Entiers

Tableau 11. M�thodes de blanchiment avant s�chage

Fruit

M�thodes de blanchiment

Mangues, papayes

A l'eau � 56°C pendant 1 mn (il s'agit simplement d'une inhibition des spores de surface venues en contact avec la chair du fruit lors de l'�pluchage)

Abricots

A la vapeur, 5 mn (avant s�chage non solaire seulement)

Pommes

A l'eau bouillante, 10 mn

Bananes et plantains

A l'eau bouillante, 5 mn

Ananas

A la vapeur, 10 mn, facultatif

Figues

A la vapeur, 2 mn, ou � l'eau bouillante sal�e (40 g de sel et 5 g de m�tabisulfite par litre d'eau), 40 � 60 s

Litchis

A la vapeur, 7 s (suivi d'un trempage dans une solution de 5-10 pour cent d'acide citrique et 2 pour cent de sel pendant 2 mn)

Dattes trop astringentes ou trop s�ches

A la vapeur ou � l'eau bouillante

d) Compl�ments concernant le traitement par agents de conservation

Cette technique est plus employ�e que le blanchiment pour le pr�traitement des fruits � s�cher. Le tableau 12 donne des pr�cisions sur le soufrage et la sulfitation des diff�rents fruits. Le temps de soufrage est souvent plus long lorsqu'on effectue ensuite un s�chage au soleil.

e) Pr�traitement de la noix de coco

La pulpe de la noix de coco subit une pasteurisation par trempage pendant 1 mn 30 s dans un bain d'eau bouillante. Le mat�riel pr�vu � cet effet et la technique utilis�e sont expos�s au chapitre 5.

Elle est ensuite r�p�e apr�s rin�age � l'eau froide. Il s'agit de r�duire les deux moiti�s de l'amande de la noix de coco (pulpe) en petits filaments tr�s fins et non en pur�e (ce qui serait le cas si l'on utilisait le broyage, par exemple), pour que le s�chage soit rapide et homog�ne et pour une question de pr�sentation du produit. Le r�page peut se faire:

- manuellement, avec une r�pe ou toute autre surface m�tallique perfor�e et munie d'encoches;

- m�caniquement, avec une r�pe � cylindre (figure 30a) ou une r�pe � disque (figure 30b).

Les r�pes � cylindre peuvent �tre construites sur le m�me principe (cylindre abrasif en t�le perfor�e) ou peuvent d�chiqueter le produit au moyen de lames fix�es sur le cylindre. L'alimentation est lat�rale.

La r�pe � disque comporte un disque abrasif horizontal entra�n� par un moteur. Le produit est introduit dans la machine par une tr�mie d'alimentation situ�e au-dessus du disque.

3.3 S�chage

3.3.1 Principe

Le s�chage, on l'a vu, consiste � �liminer par �vaporation progressive et partielle l'eau de constitution des fruits.

La r�duction de la teneur en eau permet d'accro�tre la dur�e de conservation, car elle emp�che la prolif�ration des micro-organismes qui ne peuvent se d�velopper qu'� partir d'un certain seuil d'activit� de l'eau.

Pendant le s�chage, il se produit simultan�ment un transfert de chaleur et un transfert de masse. Le mode de s�chage convenant le mieux dans le cas des fruits est le s�chage par rayonnement et convection. Le fluide caloporteur choisi, l'air, est sec au d�part et se charge de l'humidit� du produit en passant au travers ou au contact de celui-ci.

D'un usage ais�, peu on�reux, l'air permet de r�aliser un s�chage naturel et d'�viter tout risque de surchauffe et de perte de jus des fruits. Le moyen le plus simple, utilis� de mani�re traditionnelle, consiste � exposer les fruits au soleil, sur des claies ou � m�me le sol.

Tableau 12. Traitements par agents de conservation avant s�chage

Fruits

Avant s�chage solaire

Avant s�chage non solaire

Mangues, papayes

300 g de m�tabisulfite de sodium/100 kg de fruits + acide citrique (0,25% en poids) ou jus de lime


Abricots

250 � 300 g/100 kg de soufre.
Soufrage pendant au moins 3 h

300 � 400 g/100 kg de S
Soufrage 2 h (3 h maximum)

Pommes

200 � 300 g de soufre/100 kg

Soufrage = 45 � 90 mn avant tranchage 30 � 40 mn apr�s tranchage (avec un soufrage suppl�mentaire parfois pendant les 3 � 5 premi�res heures de s�chage)


ou solution � 2-3% de bisulfite (sulfitage)


Dattes

Pas de traitement au soufre, mais fumigation au bromure de m�thyle avant tout pr�traitement contre les insectes

Raisins

3 � 5 h de soufrage (sultanines)

3 h de soufrage

Kakis

Non, sinon il reste astringent

Bananes

300 g m�tabisulfite de sodium/100 l (c'est-�-dire 2 000 ppm SO2) sulfitage 1 mn

Soufrage = 400 g de soufre/100 kg de fruits + 3% de nitrate de sodium

Sulfitage = 800 g SO2/100 l + 300 g d'acide citrique, 2-3 mn

Plantains

M�me traitement que les bananes, mais temps plus court

M�me traitement que ci-dessus, mais temps plus court

Litchis



Ananas


Soufrage = 1 h ou 45 mn si blanchiment pr�alable (2% de SO2 en volume) ou sulfitage = solution de bisulfite de sodium � 1%

Figues

Soufrage = 35 � 50 g S/m3 de chambre, 1 � 3 h

Figure 30. R�page

a) R�pe � cylindre


Vue en coupe


Cylindre � lames dent�es


Cylindre abrasif perfor�

b) R�pe � moteur et � disque perfor� avec alimentation par le haut


Figure


Figure


Figure


Figure

Bien que le mat�riel utilis� dans ce cas soit de conception et d'utilisation faciles, que le co�t de fonctionnement soit nul et que le go�t des produits s�ch�s soit souvent meilleur, il est recommand� d'am�liorer ce syst�me. En effet le s�chage naturel au soleil pr�sente beaucoup d'inconv�nients: il entra�ne, en particulier, une perte importante de vitamines par photo-oxydation, une d�coloration des produits, une perte de sucre par respiration ou fermentation, des ph�nom�nes de brunissement, une grande lenteur de s�chage due � une mauvaise a�ration ainsi qu'un risque de contamination par la poussi�re ou les insectes.

Nous �tudierons successivement:

- le s�chage naturel am�lior�, avec utilisation de l'�nergie du soleil, parfois coupl�e � celle du vent, sans aucun syst�me de captage d'�nergie;

- le s�chage solaire (direct, indirect ou mixte) avec syst�me de captage d'�nergie;

- le s�chage par combustion de divers combustibles (fuel, bois, gaz, �lectricit�, biomasse).

Un mode de s�chage par conduction, c'est-�-dire par mise en contact avec une surface chaude, sera �galement mentionn�.

A l'�chelle artisanale, le s�chage par �nergie solaire ou par combustion de biomasse para�t mieux appropri� en raison des capacit�s moins importantes � traiter, de la facilit� d'approvisionnement en combustible et du moindre co�t d'utilisation de l'�nergie solaire. Le s�chage � l'�chelle semi-industrielle, quant � lui, requiert des techniques et des mat�riels adapt�s � de plus forts tonnages, ainsi qu'une r�gularit� dans la cadence de traitement excluant toute d�pendance vis-�-vis des ph�nom�nes climatiques. Il conviendra de s'int�resser dans ce cas au s�chage par utilisation de fuel, de gaz, etc., ou au s�chage hybride (utilisation d'�nergie solaire et d'une autre forme d'�nergie). Ces techniques sont plus on�reuses, mais les mat�riels ont une plus grande dur�e de vie et peuvent �tre amortis sur une p�riode plus longue.

a) S�chage naturel am�lior�

Il associe le s�chage par exposition directe aux rayons du soleil au s�chage � l'ombre.

Par son co�t de fonctionnement nul et l'utilisation de mat�riaux locaux, cette m�thode allie un rapport revenu/investissement �lev� � des capacit�s initiales de traitement faibles mais facilement extensibles par simple juxtaposition de mat�riel. Le seul probl�me est celui de la qualit� du produit fini, � cause des inconv�nients pr�c�demment cit�s.

Le s�chage � l'ombre permet d'�viter les ph�nom�nes de brunissement et les pertes de vitamines et il pr�serve la couleur des fruits. De plus, il ne prend gu�re plus de temps que le s�chage naturel au soleil et n�cessite moins de place; pour cette raison, on compl�te souvent celui-ci par un s�chage � l'ombre.

Le s�chage naturel est �videmment fonction des conditions climatiques locales: vitesse du vent, humidit� relative de l'air, insolation, etc. Il exige par ailleurs des conditions sanitaires tr�s strictes, mais qui sont souvent difficiles � respecter.

b) S�chage solaire

Celui-ci assure, par rapport au pr�c�dent, une protection et une hygi�ne meilleure des fruits � s�cher et permet de diminuer les temps de s�chage. Mais les mat�riels employ�s, on�reux, sont souvent de faible capacit�.

Ce mode de s�chage comprend un dispositif de captage d'�nergie qui permet un r�chauffement de l'air plus rapide et favorise un s�chage homog�ne.

La ventilation se fait par thermocirculation (pouvant �tre facilit�e par un effet chemin�e) ou par l'interm�diaire d'un moyen m�canique (ventilateur).

Les fruits sont dispos�s:

- soit au soleil, et le s�chage dans ce cas est le r�sultat de l'exposition au rayonnement solaire et � l'air pr�chauff� dans le dispositif de captage;

· premier cas: le dispositif en question est situ� au-dessus des produits et chauffe ceux-ci en m�me temps que l'air: c'est le s�chage direct;

· second cas: le dispositif est ind�pendant et n'assure que le r�chauffage de l'air, les fruits restant toujours au soleil. Ce type de s�chage est appel� mixte;

- soit � l'ombre, ce qui �limine les effets n�fastes de l'exposition au rayonnement solaire. Le s�chage dans ce cas se fait uniquement par convection (action de l'air chaud) et est d�nomm� indirect.

c) S�chage par combustion

Le combustible utilis� (bois, biomasse, fuel, gaz, etc.) a pour r�le:

- de chauffer l'air qui, au contact du produit, assurera le s�chage (convection); ou

- de chauffer une surface qui transmettra la chaleur qu'elle a emmagasin�e au produit d�pos� sur elle (conduction). Ce mode de s�chage ne s'applique pratiquement pas aux fruits, car il engendre des temp�ratures trop �lev�es et des risques de surchauffe localis�e (on ne l'utilise que pour les fruits secs comme l'anarcade).

Le s�chage par combustion pr�sente des avantages et des inconv�nients. Les rendements obtenus sont plus importants, les produits finis ont un aspect plus attrayant, le s�chage est plus homog�ne et plus facilement contr�lable et les mat�riels utilis�s, polyvalents et d'une capacit� importante, ont une dur�e de vie plus longue. Les inconv�nients sont li�s � un investissement plus �lev� ainsi qu'� des co�ts de fonctionnement �lev�s, en raison notamment du prix de l'�nergie (sauf en cas de valorisation de la biomasse).

Il est parfois conseill� d'effectuer un pr�s�chage au soleil pour �liminer la couleur verte pouvant exister sur les fruits (chlorophylle). Cette phase consiste en un fl�trissage du produit.

On peut �galement fractionner le s�chage par combustion en plusieurs �tapes: c'est le cas par exemple de la m�thode DBD (dry blanch dry) qui consiste en une d�shydratation partielle (jusqu'� obtention d'un poids de 40 � 60 pour cent du poids initial), puis en un blanchiment � la vapeur suivi de l'ach�vement du s�chage.

De cette fa�on, les fruits conservent facilement la plus grande partie de leurs vitamines (les abricots, par exemple, en conservent 50 pour cent de plus que s'ils avaient �t� s�ch�s au soleil).

3.3.2 Mat�riel

Un ou deux exemples types de s�choirs sont donn�s en reprenant la classification de la section 3.3.1. Le tableau 13 indique les caract�ristiques principales de ces appareils, qui peuvent s'appliquer � tous les fruits.

S�choirs naturels am�lior�s

a) Au soleil: s�choir � claies sur rails (figure 31). Il s'agit d'un syst�me de claies sur�lev�es, plac�es � 1 m au moins du sol pour assurer une bonne ventilation des produits; ces claies sont mont�es sur rails pour que l'on puisse les rentrer sous abri en cas de temps pluvieux et durant la nuit. Les claies doivent permettre le passage de l'air: on utilise a cette fin un treillis m�tallique (acier inoxydable), de l'osier tress� ou encore une moustiquaire de nylon; le cadre peut �tre en bambou, en bois ou en m�tal. Une autre possibilit� consiste � fabriquer des aires ciment�es ou recouvertes de plastique; il faut dans ce cas remuer tr�s souvent les produits pour assurer une bonne a�ration.

b) A l'ombre: s�choir � crib abrit� (figure 32). Plusieurs treillis m�talliques en couches superpos�es reposent sur des c�bles longitudinaux fix�s � des traverses en bois, elles-m�mes rattach�es � des poteaux d'angle. L'ensemble est recouvert d'un auvent assurant une protection contre la pluie et le rayonnement solaire incident. Le s�choir doit �tre orient� nord-sud afin d'utiliser le soleil en d�but de matin�e et en fin d'apr�s-midi pour le r�chauffement du produit lui-m�me. L'�nergie solaire a pour seul r�le de r�chauffer l'air qui viendra en contact avec les fruits. Il s'agit d'un s�choir �olien qui peut �tre efficace m�me par faible vent, � condition que l'humidit� relative de l'air n'exc�de pas 60 pour cent.

S�choirs solaires

a) S�choir direct: s�choir-coffre (figure 33). Dans ce cas, les produits re�oivent directement les rayons solaires, mais ceux-ci sont amplifi�s par un syst�me de serre. Le capteur solaire (d�crit en b) ci-apr�s) et l'enceinte de s�chage sont r�unis en une bo�te constitu�e d'un vitrage laissant filtrer le rayonnement et d'une isolation arri�re permettant d'�viter les d�perditions de chaleur. La bo�te est perc�e d'orifices assurant le passage de l'air; les fruits, dispos�s sur des plateaux, jouent le r�le d'absorbeur.

Le s�choir est divis� en compartiments ayant chacun une alimentation en air ind�pendante afin d'�viter toute circulation d'air inutile. La circulation de l'air se fait par convection naturelle (lorsque l'air s'�chauffe, sa densit� diminue; �tant plus l�ger, il s'�chappe par les orifices sup�rieurs du s�choir). L'inclinaison du vitrage doit �tre choisie en fonction de la latitude du lieu. La capacit� peut �tre augment�e par simple multiplication des compartiments.

b) S�choir indirect (figure 34). Les s�choirs indirects fonctionnent selon le principe suivant: l'air pr�chauff� dans un capteur solaire passe dans une enceinte de s�chage o� s'effectue la d�shydratation des fruits. On utilise des capteurs plans, plus pratiques et moins on�reux. Leur rendement (�nergie fournie au fluide caloporteur - l'air - divis�e par l'�nergie solaire frappant la surface du capteur) est bon et varie entre 50 et 80 pour cent; il diminue cependant avec l'augmentation de la temp�rature. Les s�choirs indirects comprennent trois parties (figure 35):

- une surface transparente (verre ou plastique) laissant filtrer les rayons solaires;

- une surface absorbante situ�e imm�diatement sous la pr�c�dente, de couleur g�n�ralement fonc�e, et constitu�e de fibres de coco, de copeaux de bols ou de verre, de tubes soud�s sur une t�le noircie, etc.;

- un caisson d'isolation (laine de verre, copeaux, agglom�r�, b�ton cellulaire, etc.) constituant le fond et les c�t�s du capteur et ayant pour r�le de limiter les pertes thermiques. Les parois du capteur sont perc�es d'orifices permettant le passage de l'air.


Figure 31. S�choir � claies superpos�es coulissant sur rails


Figure 32. S�choir � crib abrit� de type am�lior�

Figure 33. S�choir-coffre


Figure


Figure

Tableau 13. Caract�ristiques de quelques s�choirs solaires


Types de s�choir

Constructeur*

Mat�riaux

Dimensions

Exigences climatiques

Co�t de construction

Co�t de fonctionnement (hors main-d'oeuvre)

Ventilation

Capacit�

Temps et temp�rature de s�chage

Possibilit� d'extension

Dur�e de vie

Remarques

S�choir � claies sur rails (figure 31)

CENICAFE
Colombie

Bois (claies)
Toiture en t�le ondul�e

2 m2/claie

Forte irradiation solaire

1,2 � 2 dollars/m2 de claie
Toit et structure: 10 dollars/m2

Nul

De surface

Jusqu'� 10 kg/m2 en monocouche

Abricots: 1 � 4 jours a temp�rature ambiante

Juxtaposition de modules

Faible

S�choir � crib abrit� (figure 34)

CSIRO
Australie

Treillis m�tallique
T�le ondul�e (toit)
C�bles
Bois

Longueur: 50 m
Largeur: 1,5 m
Hauteur: 2,5 m
Treillis � mailles de 5 cm

Climat aride
Basse humidit� relative (60%)
Vitesse du vent 5 m/s (apr�s une pluie, vents secs)

Inconnu

Nul

De surface (espacement plus grand des �tages inf�rieurs pour faciliter le passage de l'air)

20 kg/m2 (surface totale de s�chage: 480 m2)

Raisins: 7 � 14 jours (5 semaines si pas de pr�traitement) � temp�rature ambiante

Augmentation de la longueur jusqu'� 100 m

20 � 40 ans

Orientation N-S; transformable en s�choir artificiel par entourage de plastique et insufflation d'air pr�chauff� par combustible

S�choir-coffre (figure 35)

H.C. Agrawal et S.G. Kapoor, Indian Institute of Technology Inde

Structure: bois, bambou, m�tal, brique
Verre ou plastique
Fibre de coco, bagasse

Longueur: 2 m
Largeur: 66 cm
(surface de s�chage: 1,1 m2)

Si faible ensoleillement et forte humidit� relative, diminuer la charge
Le nombre des trous d'a�ration d�pend des conditions climatiques

14 � 20 dollars/m2

20% au maximum du co�t de construction (2,8-5,5 dollars/m2)

Convection naturelle

7,5 kg/m2

Abricots: 2 jours (66°C max.)
Raisins: 2 jours (88°C max.) en climat sec

Adjonction de nouveaux compartiments avec la condition longueur: largeur = 3

10 ans (avec couverture plastique, 5 ans)

Risques de temp�ratures trop �lev�es

Armoire de s�chage (figure 36)

Institut de physique m�t�orologique S�n�gal

Bois, ciment, b�ton (structure)
Verre ou plastique
Coques d'arachides, fibres de coco

25 m2 de claies au total

Forte irradiation solaire

6 000 dollars (amortissable en 2 ans)

Nul (sauf pour le ventilateur)

Convection forc�e (d�bit 1 200 m3/h)

250 kg (10 kg/m2)

Moyenne (tous fruits)
2 j (70°C max.)

Juxtaposition de modules


Effectuer une rotation des plateaux Contr�le de la temp�rature par action sur le ventilateur

S�choir mixte a ventilation �olienne (figure 37)

Brace Research Institute Canada

Bois
Verre ou plastique
Grillage m�tallique
Paille

10 plateaux sur 5 �tages

L'inclinaison du collecteur est fonction de la r�gion et de la saison
Forte irradiation solaire

17 dollars/m2 de surface de s�chage

Nul

Convection forc�e (ventilateur �olien)

5 � 15 kg/m2

Moyenne (tous fruits)
1 � 2 jours
Temp�rature de l'air entrant dans l'enceinte: 36,2 � 58,4°C

Juxtaposition de modules

7 � 8 ans (plastique remplac� annuellement)

Orientation N-S. Effectuer une rotation des plateaux, ceux du haut s�chant moins vite

* Pour les adresses, se r�f�rer � l'annexe III.

Ces capteurs permettent d'obtenir des temp�ratures de l'air allant jusqu'� 80°C, ce qui est tr�s convenable pour le s�chage des fruits et assure la pr�servation de leurs qualit�s nutritives et organoleptiques.

La circulation de l'air peut �tre assur�e par convection naturelle, (c'est-�-dire thermocirculation) ou par convection forc�e, l'air �tant dans ce cas puls� par un moyen m�canique (ventilateur, par exemple). L'air s'�chauffe soit en traversant l'absorbeur, soit en l�chant la surface de celui-ci.

La figure 35 illustre un type de s�choir r�pondant au deuxi�me cas, l'armoire de s�chage � capteur plan. L'enceinte de s�chage est isol�e thermiquement et contient une s�rie de claies superpos�es sur lesquelles sont dispos�s les fruits. L'ouverture de chargement est en arri�re. L'air pr�chauff� dans le capteur circule de bas en haut et est �vacu� par des orifices situ�s � l'extr�mit� sup�rieure de l'armoire; un ventilateur, plac� lui aussi � la partie sup�rieure, facilite la circulation de l'air.

c) S�choir mixte. Le s�choir � ventilation �olienne illustr� � la figure 36 est constitu� d'un capteur plan � air et d'une enceinte de s�chage solaris�e, c'est-�-dire comportant sur trois de ses c�t�s (est, sud et ouest) des panneaux vitr�s laissant filtrer le rayonnement solaire. Les autres panneaux (nord et partie sup�rieure) sont peints en noir et faits de mat�riaux isolants. La circulation de l'air est facilit�e par un autogire (ventilateur �olien) plac� � l'extr�mit� d'une chemin�e.

S�choirs par combustion

Le tableau 14 r�sume les principales caract�ristiques de ces s�choirs.

a) S�choirs � convection. L'air chaud entre directement en contact avec le produit � s�cher, qui se trouve:

- immobile, �tal� sur une couche �paisse de 10 � 30 cm: dans ce cas, le s�choir est du type touraille;

- immobile, �tal� sur plusieurs couches fines de 5 cm superpos�es sur un jeu de claies; le s�choir est du type armoire, �tuve ou tunnel, selon sa capacit�; ou

- mobile, dispos� en vrac; le s�choir est alors du type tambour.

b) Tourailles. Un syst�me de ventilation forc�e assure le passage de l'air chaud, de bas en haut, au travers de la couche. Celle-ci doit �tre remu�e souvent, en raison de son �paisseur, pour assurer l'homog�n�it� de la d�shydratation.


Figure 34. S�choir indirect - Armoire a capteur plan (Coupe longitudinale)


Figure 35. S�choir indirect - Coupe transversale d'une trav�e de capteur

(Source: Aveert, C., 1981)

L'air peut �tre recycl� ou non en fin de s�chage. Ce mat�riel permet de traiter diverses esp�ces fruiti�res qui doivent cependant �tre peu sensibles � l'�crasement (pommes, noix de coco, par exemple). Le sch�ma de fonctionnement de ce type d'appareil est indiqu� � la figure 37.

Selon leur conception et leur degr� de d�veloppement, les tourailles permettent de s�cher des quantit�s de produits moyennes � fortes. Plusieurs mat�riels de cette cat�gorie sont illustr�s par les figures 38 � 41; leurs caract�ristiques sont r�sum�es dans le tableau 14.

Figure 36. S�choir mixte � ventilation �olienne


a) Vue de face


b) Vue lat�rale

(Source: Brace Research Institute, 1975)


Figure 37. Tourailles dispos�es en s�rie

(Source: Kneule, 1959)


Figure 38. Hydrotouraille � recyclage d'air chaud

(Source: Kneule, 1961)


Figure 39. S�choir touraille type IRAT

(Source; GRET, fiche T 301)


Figure 40. S�choir touraille type ERLS (a)


Figure 40. S�choir touraille type ERLS (b)

(Source: GRET, fiche T 359)

Tableau 14. Caract�ristiques de s�choirs � combustion (� convection)

Types de s�choir

Mat�riaux

Capacit� (kg)

Surface de s�chage

Combustible

Ventilation

Temps de s�chage d'une charge

Remarques

Tourailles

S�choir IRAT
France
(figure 39)

F�ts en t�le (gaine de chauffage)
Pierre (chambre)
Argile (joints)
Ciment (calorifugeage)

700-1400

6 m2
(2,15 × 2,75 m)

Bols ou bourres et coques de noix de coco

6 �vents lat�raux de 9 cm de diam�tre

22-26 h
(noix de coco)

Remuer fr�quemment le produit a s�cher (valable �galement pour les deux autres mod�les de tourailles)

S�choir ERLS
Nig�ria
(figure 40)

F�ts 200 l (conduit)
Bidons 20 l (chemin�e)
Argile
Fer
Grillage, bols, chaume

500-1000

7,4 m2
(1,6 × 4,6 m)

Bols ou fuel

4 entr�es d'air lat�rales avec trappes 1 volet de r�glage d'entr�e d'air

24 h
(noix de coco)

Orientation telle que la plus grande dimension du s�choir soit parall�le � la direction des vents dominants

S�choir � fum�e
Philippines
(figure 41)

Bambou
Pierre
T�le

720-1200

50-56 m2

Coques et bourres de noix de coco

Tirage par une tranch�e souterraine formant chemin�e



Etuves armoires

S�choir des �les Tonga
(figure 43)

T�le (f�ts de 200 l)
B�ton
Bois

1000

73 m2
(3 compartiments de 15 claies de 0,90 × 1,80 m)

id.

A�ration � la partie sup�rieure de la chambre

36 h
(noix de coco)

Charger les �tages inf�rieurs. Apr�s 2-3 h, remuer le produit et placer les claies sur les �tages sup�rieurs. Recharger ensuite les claies Inf�rieures

Tunnels

S�choir Comessa
Comores
(figure 44)

Briques
Bols

6000-7000

360 m2 (16 wagons de 15 claies de 1 × 1,50 m)

Variable

Ventilateurs (absorbent une puissance de 6 � 7 CV � 1 150 tours/mn)

24 h
(noix de coco)

Le chauffage de l'air n�cessite 120-150 kg de vapeur


Figure 41. S�choir � fum�e (Philippines)

A. Plate-forme de s�chage
B. Foyer
C. Alimentation du foyer
E. Enceinte en bois

L'utilisation de mat�riaux locaux et la combustion de biomasse pour le chauffage de l'air diminuent consid�rablement le co�t de ces installations.

c) Armoires et �tuves. Ces deux types de s�choirs, tout � fait polyvalents, diff�rent par leurs dimensions; contrairement � l'�tuve, l'armoire est de petite taille et ne permet pas l'entr�e d'un op�rateur pour effectuer le chargement et le d�chargement des fruits � s�cher.

Par contre, dans les �tuves, les fruits sont dispos�s sur des claies qui sont elles-m�mes plac�es sur un chariot mobile. L'air circule de deux fa�ons diff�rentes (figure 42):

- soit parall�lement aux claies, ce qui permet le s�chage des produits par l�chage de ceux-ci. On parle alors de ventilation horizontale;

- soit transversalement par rapport aux claies. Il s'agit dans ce cas d'une ventilation transversale.

Le premier syst�me de ventilation horizontale, illustr� � la figure 42, pr�sente l'avantage de comporter un dispositif isolant les claies les unes des autres. Ainsi, seul l'air sec traverse chaque claie, l'air humide �tant directement �vacu� apr�s s�chage des produits.

Les avantages et inconv�nients respectifs de ces deux types de circulation de l'air sont expos�s dans le tableau 15.

La figure 43 donne un exemple de s�choir type �tuve ou armoire construit avec des mat�riaux locaux et utilisant comme combustible des coques de noix de coco embo�t�es les unes dans les autres dans le foyer de combustion. Les �tuves et armoires peuvent cependant fonctionner avec divers combustibles: gaz, fuel, biomasse (coques d'anacardes), etc. Les caract�ristiques de ces s�choirs sont r�sum�es dans le tableau 16.

d) Tunnels. Les tunnels sont des �tuves de grande capacit� dans lesquelles des chariots charg�s de claies sont introduits et mus m�caniquement tout au long du s�chage (les chariots peuvent �tre mont�s sur rails). La circulation de l'air, �galement transversale ou horizontale, peut se faire soit dans le m�me sens, soit � contre-courant par rapport a la direction d'avancement des chariots.

Plusieurs ventilateurs et dispositifs de chauffage sont r�partis tout le long du tunnel, assurant la circulation et le chauffage de l'air. Seuls les tunnels � fonctionnement discontinu sont envisag�s ici.

Tableau 15. Avantages et inconv�nients respectifs des ventilations horizontale et transversale des armoires et �tuves de s�chage

Ventilation horizontale

Ventilation transversale

Avantages

Polyvalence
Consommation �nerg�tique pour la ventilation peu importante

S�chage plus rapide
Capacit� plus importante

Inconv�nients

Risque de surchauffe locale
Difficult� de r�partition uniforme de l'air
Capacit� d'�vaporation plus faible (on installe en g�n�ral plusieurs armoires ou �tuves en parall�le ou en s�rie)

Applicable seulement aux produits formant une couche poreuse perm�able
N�cessit� d'un syst�me de ventilation plus puissant
N�cessit� d'effectuer une rotation des claies en cas de montage en s�rie

Ces appareils sont tout aussi polyvalents que les armoires et �tuves cit�es pr�c�demment et permettent le s�chage d'une gamme vari�e de produits. Le principe des tunnels est illustr� � la figure 42. La figure 44 pr�sente un exemple de r�alisation de ce type de mat�riel, dont les caract�ristiques figurent au tableau 16.

e) Tambours (figure 45). Les produits � s�cher sont dispos�s � l'int�rieur d'un cylindre rotatif aliment� par de l'air pr�chauff�. L'agitation constante des produits implique la diminution des temps de s�chage et rend ce celui-ci plus homog�ne en facilitant le contact air chaud/produits. Des ailettes, situ�es radialement � l'int�rieur du tambour, assurent une meilleure r�partition des produits dans le cylindre et augmentent leur surface de contact avec l'air chaud. L'inclinaison du s�choir permet l'avancement des produits au cours du s�chage. Ce type de mat�riel est de conception simple et permet un s�chage acc�l�r�, mais il pr�sente l'inconv�nient de r�duire les produits en poudre ou de les �mietter. Il n'est donc utilisable que pour les fruits destin�s � une transformation ult�rieure en farine.

f) S�choirs � conduction. Dans ce cas, le s�chage des produits se fait par contact avec une surface chauff�e (bois, gaz, fuel, vapeur, biomasse).

Ce mode de s�chage pr�sente les inconv�nient suivants:

- risques de surchauffe locale;
- temp�ratures trop �lev�es pour les fruits � s�cher;
- s�chage trop rapide provoquant un durcissement ext�rieur et un roussissement du produit.

Il ne peut �tre appliqu� qu'� certains fruits, en particulier aux noix de coco et aux fruits secs comme l'anacarde et n'est, de ce fait, mentionn� que tr�s sommairement ici.

Tableau 16. Caract�ristiques des s�choirs a combustibles


Capacit� (kg/24 h)

Capacit� de s�chage (kg/m2/h) ou (kg/m3/h)

Puissance sp�cifique d'�vaporation (kg d'eau/m2/h) ou (kg d'eau/m3/h)

Consommation de vapeur (chauffage de l'air) (kg de vapeur/kg d'eau �vapor�e)

Consommation �nerg�tique annexe (ventilation) (kWh/kg d'eau �vapor�e)

Vitesse de l'air (m/s)

Type de produit trait�

Tourailles

100 � 500 kg
(sur 1 m2)

5 � 20

3 � 10



Fruits peu sensibles � l'�crasement

Armoires Etuves a ventilation horizontale

100 � 800 kg
(sur 60-70 m2)

0,7 - 5

0,5 � 1,5

2,2 - 2,5

0,5-5

1-10

Tous fruits

transversale

1 � 2,5 t
(sur 60-70 m2)

0,7 - 10

1 � 12

1,2 - 1,5

0,3 - 0,6

0,6 - 1

Tous fruits

Tunnel

1 � 5 - 6 t
(sur 300 m2)

Fonction du type de ventilation

Fonction du type de ventilation (0,15 � 12)

0,4 - 6

4-7


Tous fruits (grosses quantit�s)

Tambour

120 kg - 1,2 t
(sur 1 m3)

5 � 50

5 � 30

0,9 - 2

0,7 � 10 (rotation du tambour � 0,2-0,5 m/s)

0,3 - 3

Fruits non fragiles pouvant �tre r�duits en miettes

Aire de s�chage

20-100 kg
(sur 1 m2)

0,5 - 15

5 � 15

1,5 - 2,5

Oui si agitation m�canique


Fruits pouvant supporter de fortes temp�ratures

Figure 42. Modes de circulation de l'air dans les �tuves


Figure


Figure


Figure

On ne retiendra comme exemple que les aires de s�chage, surfaces planes fixes et chauffantes sur lesquelles on a dispos� les produits � s�cher. Ceux-ci doivent �tre remu�s constamment (manuellement au moyen de r�teaux ou m�caniquement) pour �viter tout ph�nom�ne de surcuisson.

3.3.3 Cas particuliers

Le tableau 17 donne quelques pr�cisions concernant les temps et temp�ratures de s�chage applicables aux diff�rents fruits, ainsi que la teneur en eau finale que l'on doit obtenir pour assurer une longue conservation.

Quelques proc�d�s de traitement des fruits en s�choir � combustibles sont indiqu�s ci-dessous � titre d'exemples. En effet, les temps de s�chage et les diff�rentes phases de d�shydratation d�pendent de nombreux facteurs, et notamment de l'�paisseur de la couche de produits � s�cher et de l'�tat hygrom�trique de l'atmosph�re. Il conviendra donc de les adapter aux conditions climatiques locales et au type de mat�riel choisi.

Pommes:

En �tuve:




1�re m�thode:

5 � 6 h � 70°C, puis 10 h � 60°C et 80°C pour finir

16 � 18 h en tout


2�me m�thode:

commencer � 45°C, puis augmenter progressivement jusqu'� 70°C

16 � 18 h en tout

Raisins:

Un jour au soleil puis en s�choir:




commencer � 88°C et finir � 70°C,
ou commencer � 49°C et finir � 74°C

20 � 30 h en tout

Figure 43. S�choir type �tuve de Tonga


Vue de dessus


Exemple de combustible: coques de noix de coco


Vue de profil

(Source: Grenwood, B.E., 1976)

Figure 44. S�choir tunnel “Comessa” (Comores)


Coupe transversale


Coupe longitudinale

Figure 45. S�choir tambour


Coupe longitudinale


Coupes transversales montrant diff�rentes dispositions des ailettes int�rieures

Ananas:

En �tuve:

2 h � 71°C, puis
4 h � 54,5°C

Figues:

Passer progressivement de 45-50°C � 65-70°C

Abricots:

Trois phases:

a) 45-50°C (phase de fl�trissement) ou au soleil, puis
b) 70°C, et enfin
c) 80°C (air � 20 pour cent d'humidit�)

La dur�e totale est de 24 h au minimum. Il est pr�f�rable d'�taler l'op�ration sur 3 � 6 jours, en sortant les fruits du s�choir pendant 10 � 20 h entre chaque phase.

Bananes:

12 h � 70°C

Plantains:

D�buter � 45°C pendant 3 h, puis aller jusqu'� 55°C (4 h) pour obtenir une humidit� des cossettes de 25 � 30 pour cent, puis augmenter progressivement jusqu'� 60-65°C pour finir � 70-75°C

La dur�e totale est de 10 h

Mangues:

36 h au soleil (fl�trissement), puis
24 h en �tuve � 70°C

Anacardes:

3 � 8 h en �tuve � 60-80°C

3.4 Post-traitements

3.4.1 Triage

Principe

Le triage a pour but d'�liminer, apr�s le s�chage, les �l�ments h�t�rog�nes pouvant nuire � la bonne conservation de l'ensemble des produits secs. Il peut s'agir:

- de morceaux racornis et grill�s ayant subi un s�chage trop pouss� (car trop petits ou soumis � des temp�ratures plus �lev�es que le reste des produits); et

- de morceaux trop gros, rest�s mous et trop hydrat�s par suite d'un s�chage insuffisant.

Mat�riel

Celui-ci a �t� d�crit au chapitre 2, section 2.2.

Il existe un appareil simple mais capable de trier uniquement des produits l�gers: il s'agit d'un trieur pneumatique, sur coussin d'air, illustr� par la figure 46. Un ventilateur permet de cr�er un flux d'air ascendant sur le produit; les particules de faible densit� sont v�hicul�es par l'air vers une sortie plac�e � la partie sup�rieure du trieur, tandis que celles de plus forte densit� traversent le courant d'air et sont �vacu�es par une autre sortie plac�e � la partie inf�rieure.

3.4.2 Ressuage

Cette op�ration vise � uniformiser le degr� final d'humidit� de l'ensemble des produits secs. Ceux-ci sont empil�s dans des caisses de bois ou sur des claies pendant une � deux semaines au cours desquelles on effectue plusieurs brassages (manuels, dans le cas des claies, ou par transvasement des fruits d'une caisse � une autre).

Le ressuage peut s'appliquer � tous les fruits.

3.4.3 Broyage

Principe

R�alis�e en tant que post-traitement, cette op�ration a pour but de r�duire certains fruits d�shydrat�s en poudre tr�s fine ou en farine. Seuls quelques fruits ayant une faible humidit� r�siduelle apr�s s�chage peuvent se pr�ter � ce traitement: bananes, plantains, ch�taignes apr�s d�corticage, dattes apr�s d�noyautage ou non.

Mat�riel

Certains broyeurs d�crits � la section 2.11 conviennent pour r�duire des fruits s�ch�s en poudre:

- Broyage manuel (pilon ou mortier);
- Broyage m�canique:

Broyeur � marteaux;

Broyeur � meules (figure 47);

Broyeur � cylindres: le produit � broyer est introduit entre deux cylindres parall�les, lisses ou cannel�s, tournant en sens inverse et dont l'�cartement est fonction de la granulom�trie du produit fini que l'on veut obtenir (poudre, semoule).

3.4.4 Tamisage

Cette �tape a pour but d'�liminer les particules trop grosses obtenues apr�s broyage et d'homog�n�iser la granulom�trie du produit fini.

La noix de coco r�p�e doit �galement subir un tamisage afin d'�liminer toutes les brisures et les particules trop grosses. Le mat�riel utilis� a �t� d�crit dans la section 2.13.

3.4.5 Mondage

Principe

Le mondage, appel� �galement d�pelliculage, consiste � supprimer la peau externe de certains fruits, notamment des anacardes. Cette op�ration est facilit�e par la faible adh�rence de la pellicule � la chair du fruit apr�s s�chage.

Mat�riel

L'op�ration peut s'effectuer en utilisant:

- une mondeuse � tambour (figure 48a). Un cylindre rotatif garni d'abrasif doux, ou simplement d'un grillage, permet de r�aliser cette op�ration. On nettoie l'appareil par un jet d'air comprim�;

- un d�pelliculeur m�canique � c�nes (figure 48b). Les fruits � traiter sont vers�s dans un entonnoir rev�tu int�rieurement de brosses et comportant en son centre des c�nes rotatifs ayant pour effet de frotter les noix d'anacardes contre les brosses;

- un d�pelliculeur � douches de vapeur (figure 48c). Un seau contenant les anacardes est soumis � deux jets de vapeur de sens oppos�s qui provoquent le d�collement de la peau des fruits. Le seau peut �tre agit� en appuyant sur le serpentin de vapeur qui joue le r�le de ressort. Cette m�thode a l'inconv�nient de provoquer un brunissement des anacardes; ou

- une tr�mie mondeuse � air comprim� (figure 48d). Le principe est le m�me que celui de l'appareil pr�c�dent, mais le brunissement est �vit� en utilisant de l'air comprim� au lieu de vapeur.


Figure 46. Trieur sur coussin d'air

Figure 47. Broyeur � meules


Vue g�n�rale


Coupe verticale

3.4.6 Conditionnement

Cette �tape sera trait�e de fa�on d�taill�e au chapitre 8. On se bornera � dire que les emballages pour fruits s�ch�s doivent remplir diff�rentes conditions:

- conditions techniques. Les fruits s�ch�s sont des produits hygroscopiques et oxydables qui doivent �tre conserv�s � l'abri de l'humidit� (pour �viter tout risque de prolif�ration microbienne), de la lumi�re et de l'oxyg�ne (pour emp�cher la d�coloration des pigments, l'oxydation des vitamines, le rancissement des lipides) et de temp�ratures trop �lev�es (qui favorisent le rancissement des graisses et la perte des ar�mes volatils);

- conditions m�caniques. L'emballage doit prot�ger les fruits contre les chocs;

- conditions �conomiques. Son co�t doit �tre peu �lev� par rapport � celui du contenu;

- conditions commerciales. Le produit doit �tre d'aspect attrayant, l'emballage transparent et si possible l�ger.

Diff�rents types de conditionnement peuvent �tre envisag�s:

- des sacs de coton ou jute (pour les fruits s�ch�s les plus stables et peu hygroscopiques);

- des pellicules cellulosiques: cellophane (protection m�canique faible, mais prix modique);

- des sachets de poly�thyl�ne, de polyvinyle, de rilsan (ralentit le rancissement des fruits s�ch�s, donc prot�ge leurs qualit�s organoleptiques);

- des bo�tes de bois avec rev�tement int�rieur de papier;

- des bo�tes de carton;

- des bocaux de verre (lourds et on�reux) ou des bo�tes de fer-blanc pour les produits plus fragiles n�cessitant une imperm�abilit� totale de l'emballage � la vapeur d'eau.

Figure 48. Mondage des anacardes


a) Mondeuse � tambour


b) D�pelliculeur � c�nes


c) D�pelliculage � la vapeur


d) Tr�mie mondeuse

Tableau 17. Temps et temp�ratures de s�chage des fruits

Fruits

Temp�rature maximale

Humidit� finale

Taux de s�chage = poids de fruits frais pr�par�s: poids de fruits secs

Temps (S�chage naturel am�lior�)

Temps (Etuve)

Mangues

70°C

14%

8

5 j

24 h

Abricots

65°C

15 � 18%

5

1-4 j

10-12 h

Noix de coco

70-88°C

3%


45 mn (touraille), 25-30 mn (�tuve)

Pommes

70°C

20 � 24%

5-7


16-18 h

Dattes

70°C (50°C suffisent pour les dattes non m�res, 35°C pour les m�res)



Quelques jours


Raisins

88°C

15-17%

3

7-14 j (� l'ombre)


Kakis




A l'ombre


Bananes Plantains

75°C

6 � 8%

10



Bananes

70°C-90°C en fin de s�chage

15-20%



10-12 h

Litchis

70°C


30 h (Tunnel)

Ananas

70-75°C

3,7


6-12 h

Figues


20%

3

2-4 j

D�conseill�

Ch�taignes


10%



48 h (20 j sur un plancher ajour� avec un feu dessous)

Anacardes

80°C

7%


6-8 h

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
4.1 Introduction
4.2 Confitures, marmelades et gel�es
4.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.2.2 Pr�traitements
4.2.3 Cuisson - concentration
4.2.4 Post-traitements
4.3 P�tes de fruits
4.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.3.2 Pr�traitements
4.3.3 Cuisson
4.3.4 Post-traitements
4.4 Sirops de fruits
4.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.4.2 Pr�traitements
4.4.3 Cuisson-concentration
4.4.4 Post-traitements
4.5 Fruits confits
4.5.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
4.5.2 Pr�traitements
4.5.3 Confisage
4.5.4 Post-traitements

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE

4.1 Introduction

Les techniques de transformation d�crites dans ce chapitre ont pour but de confire les fruits, c'est-�-dire de porter la teneur en sucre de leur suc cellulaire � une valeur telle que le produit obtenu ne puisse plus s'alt�rer.

La conservation est assur�e par:

- l'acidit� naturelle des fruits;

- la concentration �lev�e en sucre inhibant tout d�veloppement de micro-organismes (et notamment de moisissures);

- la g�lification de la pectine contenue naturellement dans les fruits ou �ventuellement ajout�e au cours de la transformation, s'il n'en existe pas assez dans les fruits trait�s.

Les types de produits successivement �tudi�s seront:

- les confitures, marmelades et gel�es;

- les p�tes de fruits;

- les sirops de fruits (la g�lification n'a pas lieu dans ce cas, car la pectine des fruits est pr�alablement enlev�e);

- les fruits confits.

4.2 Confitures, marmelades et gel�es

4.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Les sch�mas de fabrication de ces trois types de produits sont les m�mes; seule la pr�paration des fruits avant cuisson diff�re.

En effet, les confitures sont pr�par�es � partir de fruits entiers ou en morceaux, les marmelades avec des fruits �cras�s, et les gel�es avec le jus extrait des fruits.

La s�quence des op�rations de transformation est indiqu�e sch�matiquement � la figure 49.


Figure 49. Sch�ma g�n�ral de la transformation des fruits en confiture, gel�e et marmelade

Cette technique de transformation, tr�s r�pandue au niveau familial, est facilement transposable � l'�chelle artisanale et m�me � l'�chelle semi-industrielle par simple accroissement des dimensions du mat�riel, de la quantit� de main-d'oeuvre et des approvisionnements en mati�res premi�res. Elle permet de produire de 200 � 3 000 kg de confiture par jour, selon l'�chelle consid�r�e.

4.2.2 Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Les compl�ments n�cessaires et sp�cifiques � la pr�paration des fruits en vue d'une transformation en confiture, gel�e ou marmelade sont donn�s ci-apr�s.

a) Compl�ments concernant le triage

On peut utiliser soit des fruits m�rs, soit des fruits qui ne sont pas encore arriv�s au stade de pleine maturit�, mais il ne faut pas traiter ensemble des fruits de maturit�s diff�rentes.

Les fruits non totalement m�rs sont valoris�s par ce type de transformation, car ils sont riches en acides et mati�res pectiques et ont une texture plus r�sistante. Ils permettent de r�duire les quantit�s d'additifs dans les confitures et conf�rent un meilleur aspect au produit fini.

Les fruits trop m�rs doivent �tre �cart�s car ils se d�sagr�gent � la cuisson, entra�nant une g�lification d�ficiente.

b) Compl�ments concernant le lavage

Un �gouttage est pr�f�rable apr�s lavage, pour �viter de prolonger les temps de cuisson.

c) Compl�ments concernant la pr�paration des fruits

La pr�paration des fruits comprend les op�rations d'�queutage, d'�pluchage, d'�p�pinage ou de d�noyautage et de pr�cuisson �ventuelle des fruits fermes et longs � ramollir.

L'�pluchage s'applique � tous les fruits, sauf les figues et �ventuellement les agrumes que l'on destine � la fabrication de marmelades (les �corces, s�par�es ou non de la chair de ces fruits, peuvent �tre incorpor�es dans ce type de produit).

La pr�cuisson dans tr�s peu d'eau concerne les fruits non totalement m�rs destin�s a la fabrication de confitures, ou certains fruits m�rs mais � chair ferme, comme la pomme, l'ananas, la goyave, la pomme cajou ou la ch�taigne (celle-ci dans une quantit� d'eau plus importante). La pr�cuisson dure environ 15 � 30 minutes, jusqu'� ce que la texture des fruits soit tendre, et intervient apr�s d�coupage dans le cas de gros fruits.

Les fruits subiront en outre un pr�traitement sp�cifique selon la ligne de transformation vers laquelle ils seront dirig�s:

- confitures: les fruits de grosse taille seront d�coup�s en morceaux (mangues, pommes, ananas). Les petits fruits (litchis) peuvent �tre laiss�s entiers;

- marmelades: les fruits seront r�duits en pur�e par broyage ou pr�cuisson prolong�e dans tr�s peu d'eau jusqu'� d�sagr�gation de la pulpe. Ils peuvent �galement subir une mac�ration d'une douzaine d'heures dans la quantit� de sucre n�cessaire � l'op�ration de cuisson;

- gel�es: le jus des fruits est extrait par pressage, broyage ou centrifugation apr�s pr�cuisson dans tr�s peu d'eau pour provoquer l'�clatement des cellules du fruit et faciliter l'expression du jus. Cette extraction du jus doit se faire � chaud pour d�truire les enzymes pectolytiques qui emp�chent la g�lification et entra�nent des fermentations pectiques.

4.2.3 Cuisson - concentration

Principe

Cette op�ration essentielle de la cha�ne de transformation vise �:

- diminuer la teneur en eau;

- dissoudre la pectine des fruits;

- pasteuriser le m�lange (c'est-�-dire inhiber le d�veloppement des micro - organismes par la chaleur);

- dissoudre le sucre et provoquer son inversion partielle � raison de 30 � 50 pour cent (ce sucre, ou saccharose, se transforme en glucose et en fructose); et

- modifier le go�t des fruits de fa�on contr�l�e.

Pour assurer une bonne conservation des produits finis, il faut que leur teneur totale en sucres (sucres des fruits + sucres ajout�s) atteigne apr�s cuisson 63 � 65 pour cent (55 pour cent seulement dans le cas des marmelades), ce qui correspond � un extrait sec soluble ayant une teneur de 65 � 67 pour cent. La cuisson des fruits se fait en pr�sence de sucres, de pectine et d'acides, agents de g�lification et de conservation du produit fini. Ces trois agents seront �tudi�s successivement.

a) Sucres

Ceux-ci sont utilis�s sous plusieurs formes:

- sucre de canne ou de betterave (saccharose, forme solide);

- �dulcorants liquides (sucre inverti, sirop de glucose, etc., anticristallisants mais chers);

- miel (si celui-ci est plus facilement disponible que le sucre);

- sucres de fruits (raisins, pommes, dattes), On les fabrique par concentration de mo�ts de fruits. Ces sucres, bien que pouvant r�pondre aux probl�mes d'approvisionnement en sucre de certains pays, sont cependant tr�s acides, charg�s en sels et d�naturent la saveur des confitures par leur go�t caram�lis�. Ils entra�nent de plus une mauvaise g�lification et ont un pouvoir sucrant inf�rieur � celui du saccharose (1 kg de sucre cristallis� �quivaut � 1,5 kg de sucre de raisin).

Le sucre est ajout� aux fruits dans des proportions pouvant varier th�oriquement entre 50 et 80 pour cent. Si l'on sort de ces limites, les probl�mes suivants se posent:

- en dessous de 50 pour cent:

· g�lification impossible (cas des compotes);
· risque de moisissures ou de fermentations;
· confitures trop liquides

- en dessus de 80 pour cent:

· limite de solubilit� du saccharose (ce qui implique une caram�lisation du sucre non dissous);

· go�t et ar�mes des fruits masqu�s par le sucre;

· prise en masse trop rapide;

· confitures trop fermes;

· risque de cristallisation du sucre

On ajoute en g�n�ral de 63 � 65 pour cent de sucre (par rapport au poids final de la confiture).

Le saccharose peut �tre additionn� sous forme cristallis�e solide (ce qui entra�ne le risque d'une l�g�re caram�lisation du sucre en surface) ou liquide (apr�s dissolution). Cette derni�re m�thode pr�sente l'avantage de pr�server la pectine, les ar�mes, la texture et la couleur des fruits, ceux-ci �tant plac�s directement dans un milieu bouillant qui bloque les d�gradations enzymatiques.

b) Pectines

Ce sont les substances responsables de la formation du gel. Elles sont contenues naturellement dans les fruits, en plus ou moins grande quantit�. Il peut �tre n�cessaire d'en rajouter au cours de la cuisson pour assurer la g�lification du m�lange.

On utilise:

- soit des fruits verts ou des �corces de fruits riches en pectines (agrumes, mangues, pommes: peaux ou jus concentr�s);

- soit des pectines du commerce sous forme liquide ou solide (on doit dans ce cas les diluer auparavant dans de l'eau);

Il existe des pectines � prise plus rapide, que l'on utilise dans le cas des confitures pour favoriser une g�lification pr�coce, avant remont�e des morceaux de fruits en surface. Les pectines � prise plus lente sont utilis�es lorsqu'on veut conditionner � plus basse temp�rature (pour �viter la caram�lisation ou l'exc�s d'inversion du sucre).

La pectine est ajout�e en fin de cuisson, car une temp�rature trop �lev�e pendant un temps trop long la d�nature et lui fait perdre son pouvoir g�lifiant.

La dose � ajouter varie selon les fruits. Les citrons, les pommes, les oranges et les mangues sont d�j� riches en pectines, tandis que les ananas et les figues en sont pauvres.

c) Acides

Ils sont indispensables dans la fabrication des confitures et servent �:

- emp�cher le d�veloppement des micro-organismes;
- mettre les pectines en solution pour qu'elles forment un gel;
- permettre l'inversion du saccharose.

La plupart des fruits sont acides et ont donc un pH peu �lev�:

- fruits tr�s acides (par exemple citrons): 1,9 � 2,5;
- fruits moyennement acides: 2,5 � 3,5;
- fruits peu acides (par exemple pommes): 3,5 � 4,5.

Le tableau 18 indique le degr� d'acidit� de diff�rents fruits.

On corrige le pH des fruits faiblement acides en ajoutant soit du jus de citrons ou de limes, soit de l'acide citrique (ou encore tartrique ou ac�tique) sous forme aqueuse ou anhydre.

Le pH optimal � obtenir est compris entre 2,9 et 3,3. Une trop forte acidit� finale pr�sente les inconv�nients suivants: vitesse de g�lification trop rapide, inversion excessive du saccharose et alt�ration du go�t du produit fini. Si, par contre, l'acidit� est trop faible, la g�lification se fera mal ou n'aura pas lieu. L'acide doit �tre ajout� en fin de cuisson, car la temp�rature du m�lange doit �tre suffisamment �lev�e pour que le gel soit homog�ne.

A titre indicatif, le tableau 19 indique les doses d'acide � ajouter pour 100 kg de confitures pr�par�es � partir de fruits faiblement acides.

d) Equilibre sucre-acide-pectine

Ces trois facteurs sont li�s et leurs pourcentages respectifs d�terminent les limites de la zone de g�lification (voir figure 50).


Figure 50. Limite de la zone de g�lification en fonction des facteurs sucre, acidit�, pectine

(Source: CHEFTEL, H., CHEFTEL, J.C., 1980)

Les limites de variation des doses de sucre et d'acide sont beaucoup plus larges dans le cas de fruits riches en pectine.

On voit que plus l'acidit� est forte, plus la quantit� de sucre � utiliser est faible. Il existe donc une grande vari�t� de formules de fabrication des confitures, gel�es et marmelades en fonction:

- de la richesse des fruits en ar�mes, couleur et pectine; et
- des imp�ratifs �conomiques (disponibilit� en sucre, notamment).

En g�n�ral, les quantit�s de fruits mises en oeuvre sont �gales ou l�g�rement sup�rieures aux quantit�s de sucre, comme le montre le tableau 20 qui permet de d�terminer les quantit�s respectives de sucre et de fruits � utiliser pour obtenir une confiture dont la teneur en mati�re s�che soit convenable, compte tenu de la teneur initiale en glucides (sucres) des fruits. Cette teneur, donn�e dans le tableau 21, correspond tr�s approximativement � l'indice r�fractom�trique des fruits. Comme on l'a vu dans la section 4.2.3, l'extrait sec soluble optimal du produit fini se situe entre 65 et 67 pour cent.

Tableau 18. Acidit� et richesse des fruits en pectine

Fruits

pH

Pectines (%)

Bananes

4,4-5,2


Ananas

3,2-5,2


Melons

4,5-6,8


Pamplemousses

2,8-3,8


Pommes

2,8-3,2

0,8

Goyaves

3,3-4

0,3

Mangues

4-5,5


Papayes

5-5,5

0,83

Oranges

3,2-4,2

1,2

Citrons

2,1-2,5


Grenadilles

2,8-3

0,2-0,25

Tamarins

2,7-3


Limes

1,9-2,0


Pommes de cajou



Ch�taignes

6,0


Kakis


0,21-0,73

Tableau 19. Doses d'acide pour 100 kg de confitures de fruits � pH �lev�


Fruits riches en pectine

Fruits pauvres en pectine

Solution d'acide citrique � 50%

0,175-0,230 l

0,320-0,400 l

Solution d'acide tartrique � 50%

0,120-0,160 l

0,220-0,280 l

(Source: GENEST, J.P., et MALEGEANT, J.Y., 1981)

Tableau 20. Proportions de fruits et de sucre dans les confitures


Quantit� de sucre mise en oeuvre (kg)

Indice

55

56

57

58

59

r�fractom�trique


des fruits

55

60

65

55

60

65

55

60

65

55

60

65

55

60

65

(%)

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

7

-

-

-

-

60,2

60,55

60,8

61,2

61,55

61,8

62,2

62,55

62,8

63,2

63,55

8

-

-

60,2

60,4

60,8

61,2

61,4

61,8

62,2

62,4

62,8

63,2

63,4

63,8

64,2

9

-

60,4

60,85

60,95

61,4

61,85

61,95

62,4

62,85

62,95

63,4

63,85

63,95

64,4

64,85

10

60,5

61,0

61,5

61,5

62,0

62,5

62,5

63,0

63,5

63,5

64,0

64,5

64,5

65,0

65,5

11

61,05

61,6

62,15

62,05

62,6

63,15

63,05

63,6

64,15

64,05

64,6

65,15

65,05

65,6

66,15

12

61,2

62,2

62,8

62,6

63,2

63,8

63,6

64,2

64,8

64,6

65,2

65,8

65,6

66,2

66,8

13

62,15

62,8

63,45

63,15

63,8

64,45

64,15

64,8

65,45

65,15

65,8

66,45

66,15

66,8

67,45

14

62,7

63,4

64,1

63,7

64,4

65,1

64,7

65,4

66,1

65,7

66,4

67,1

66,7

67,4

68,1

15

63,25

64,0

64,75

64,25

65,0

65,75

65,25

66,0

66,75

66,25

67,0

67,75

67,25

68,0

68,75

16

63,8

64,6

65,4

64,8

65,6

66,4

65,8

66,6

67,4

66,8

67,6

68,4

67,8

68,6

69,4

17

64,35

65,2

66,05

65,35

66,2

67,05

66,35

67,2

68,05

67,35

68,2

69,05

68,35

69,2

70,05

18

64,9

65,8

65,8

65,9

66,8

66,8

66,9

67,8

67,8

67,9

66,8

68,8

68,9

69,8

69,8

19

65,45

66,4

67,35

66,45

67,4

68,35

67,45

68,4

69,35

68,45

69,4

70,35

69,45

70,4

71,35

20

66,0

67,0

68,0

67,0

68,0

69,0

68,0

69,0

70,0

69,0

70,0

71,0

70,0

71,0

72,0

Teneur en mati�res s�ches (en kg pour 100 kg de confitures)

Tableau 20. Proportions de fruits et de sucre dans les confitures (suite)


Quantit� de sucre mise en oeuvre (kg)

Indice

60

61

62

63

64

r�fractom�trique

Quantit� de fruits mise en oeuvre (kg)

des fruits

55

60

65

55

60

65

55

60

65

55

60

65

55

60

65

(%)

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

%

7

63,8

64,2

64,55

64,8

65,2

66,55

65,8

66,2

66,55

66,8

67,2

67,55

67,8

68,2

68,55

8

64,4

64,8

65,2

65,4

65,8

66,2

66,4

66,8

67,2

67,4

67,8

68,2

68,4

68,8

69,2

9

64,95

65,4

65,85

65,95

66,4

66,85

66,95

67,4

67,85

67,95

68,4

68,85

68,95

69,4

69,85

10

65,5

66,0

66,5

66,5

67,0

67,5

67,5

68,0

68,5

68,5

69,0

69,5

69,5

70,0

70,5

11

66,05

66,6

67,15

67,05

67,6

68,15

68,05

68,6

69,15

69,05

69,6

70,15

70,05

70,6

71,15

12

66,6

67,2

67,8

67,6

68,2

68,8

68,6

69,2

69,8

69,6

70,2

70,8

70,6

71,2

71,8

13

67,15

67,8

68,45

68,15

68,8

69,45

69,15

69,8

70,45

70,15

70,8

71,45

71,15

71,8

72,45

14

67,7

68,4

69,1

68,7

69,4

70,1

69,7

70,4

71,1

70,7

71,4

72,1

71,7

72,4

73,1

15

68,25

69,0

69,75

69,25

70,0

70,75

70,25

71,0

71,75

71,25

72,0

72,75

72,25

73,0

73,75

16

68,8

69,6

70,4

69,8

70,6

71,4

70,8

71,6

72,4

71,8

72,6

73,4

72,8

72,6

74,4

17

69,35

70,2

71,05

70,35

71,2

72,05

71,35

72,2

73,05

72,35

73,2

74,05

73,35

74,2

-

18

69,9

70,8

71,7

70,9

71,8

72,7

71,9

72,8

73,7

72,9

73,8

74,7

73,9

74,8

-

19

70,45

71,4

72,35

71,45

72,4

73,35

72,45

73,4

74,35

73,45

74,4

75,35

74,45

-

-

20

71,0

72,0

73,0

72,0

73,0

74,0

73,0

74,0

75,0

74,0

75,0

-

75,0

-

-

Teneur en mati�res s�ches (en kg pour 100 kg de confitures)

Tableau 21. Teneur des fruits en glucides

Fruits

Sucre (%)

Abricots

10

Mangues

15

Past�ques

6,7

Citrons

2 � 9

Oranges

9

Goyaves

11

Kakis

15

Melons

6,5

Tamarins

21

Pamplemousses

6

Pommes

12

Papayes

10

Bananes

20

Litchis

16

Corossols

18

Grenadilles

22

Ananas

12

Figues

18

Limes

12

Tableau 22. Inconv�nients d'un temps de cuisson trop court ou trop long dans la fabrication des confitures

Temps trop court

Temps trop long

Inversion insuffisante du saccharose

D�gradation excessive de la pectine (mauvaise g�lification)

Risque de fermentation et d�veloppement de moisissures

Inversion trop importante (risque de cristallisation du glucose donnant un go�t sableux)

Fruits durs

Perte d'ar�mes, brunissement, perte de vitamines


D�sagr�gation des fruits


Perte d'�nergie

Si l'on se r�f�re au tableau 20, on voit par exemple qu'une teneur en mati�res s�ches solubles de la confiture d'environ 67 pour cent peut s'obtenir par cuisson de:

- 63 kg de sucre et 60 kg de fruits (pour des fruits dont l'indice r�fractom�trique est �gal � 7 pour cent); ou

- 59 kg de sucre et 65 kg de fruits (dans le cas de fruits d'indice �gal � 12 pour cent); ou encore

- 57 kg de sucre et 55 kg de fruits (pour des fruits dont l'indice est �gal � 18 pour cent).

On peut suivre deux proc�dures pour calculer les proportions respectives de fruits et de sucre � mettre en oeuvre dans la fabrication des confitures, des gel�es et des marmelades. On peut:

- soit utiliser les tableaux 20 et 21, comme on vient de le voir;

- soit effectuer soi-m�me le calcul de la fa�on suivante, en consid�rant que le sucre contient 100 pour cent de mati�re s�che.

Supposons que l'on veuille obtenir 100 kg de confiture � 65 pour cent de mati�res s�ches � partir de fruits contenant 10 pour cent de mati�res s�ches. Si l'on dispose de 60 kg de fruits, ceux-ci contiendront 6 kg de mati�res s�ches. Etant donn� que l'on veut obtenir 100 kg de confiture � 65 pour cent de mati�res s�ches - c'est-�-dire 65 kg de mati�res s�ches en tout - il faudra ajouter 59 kg de sucre. C'est bien le chiffre que l'on retrouve au tableau 20. Il faudra, dans ce cas, �vaporer 60 + 59 - 100 = 19 kg d'eau.

Si l'on �tait parti de 100 kg de fruits (c'est-�-dire 10 kg de mati�res s�ches), il aurait fallu ajouter 55 kg de sucre et �vaporer 100 + 55 - 100 = 55 kg d'eau.

Comme on peut le constater, la cuisson sera beaucoup plus longue dans le deuxi�me cas, car la quantit� d'eau � �vaporer est beaucoup plus consid�rable. L'�conomie de sucre entra�ne donc une plus grande consommation d'�nergie.

e) Temps de cuisson

Il doit �tre de 10 mn environ, en r�gle g�n�rale. Le tableau 22 r�pertorie les inconv�nients d'une cuisson trop longue ou trop courte.

Il faut donc stopper la cuisson � temps pour �viter ces inconv�nients. Pour ce faire, on peut utiliser plusieurs m�thodes simples de contr�le:

Au stade artisanal, on peut avoir recours:

- � la “nappe”, au moyen d'une louche: la confiture doit former une nappe en s'�gouttant;

- au contact d'un r�cipient froid: si la g�lification a lieu, la cuisson doit �tre arr�t�e;

- � la mesure de la temp�rature: il existe une correspondance entre la temp�rature d'�bullition � la pression atmosph�rique et le pourcentage de mati�res s�ches (tableau 23).

Le savoir-faire des artisans joue ici un r�le important.

Tableau 23. Correspondance entre la temp�rature d'�bullition et le pourcentage de mati�res s�ches d'une confiture

Temp�rature

Pourcentage de mati�res s�ches

102,4°C

55

103,8°C

60

104,3°C

63

105,0°C

65

105,5°C

67

105,7°C

68

Au stade semi-industriel, on peut se servir:

- du densim�tre (figure 51), instrument qui permet de mesurer la densit� et le pourcentage d'extrait sec soluble (tableau 24).

Tableau 24. Correspondance entre la densit� et le pourcentage d'extrait sec soluble d'une confiture

Extrait sec soluble (pourcentage)

Densit�

60

1,288

63

1,307

65

1,318

67

1,331

69

1,343

70

1,349

On arr�te la cuisson lorsque la valeur indiqu�e par le densim�tre correspond au pourcentage d�sir� de mati�res s�ches dans la confiture (65 � 67 pour cent, en g�n�ral).


Figure 51. Densim�tres

- du r�fractom�tre (figure 52), appareil qui mesure la d�viation d'un rayon lumineux � travers une solution de sucre. Cette d�viation est proportionnelle � la concentration de sucre.


Figure 52. R�fractom�tre � main

Le temps de cuisson d�pend du mat�riel utilis�. Il est donc difficile de conseiller un temps particulier pour chaque fruit.

Mat�riel

a) Mat�riel de cuisson

La cuisson se fait en bassines ouvertes, qui permettent une �vaporation rapide de l'eau et offrent des surfaces de chauffe et d'�vaporation importantes.

Les bassines conviennent aussi bien au stade artisanal (petites bassines d'une capacit� de 20 � 50 kg) qu'au stade semi-industriel (bassines de 100 � 200 kg).

Il en existe de plusieurs formes:

- � fond rond (figure 53);
- � fond rond et bords �vas�s (forme dite “bordelaise”) (figure 54);
- � fond plat � �vaporation rapide (figure 55).

Pour la construction des bassines, on peut utiliser les mat�riaux suivants: cuivre �tam�, acier inoxydable, terre cuite, fonte ou aluminium; l'�paisseur devrait �tre de 5 mm en moyenne.

Le choix se fait en fonction des disponibilit�s du pays consid�r� et des propri�t�s des divers mat�riaux (tableau 25).

Il est possible de construire des marmites de cuisson sur place, en se r�f�rant par exemple � la fiche T 189 de Gret.

Les bassines peuvent �tre fixes (munies si possible d'un syst�me d'agitation m�canique pour brasser la masse) ou basculantes. Les bassines fixes conviennent mieux pour des produits plus �pais (marmelades de pommes, par exemple).

Figure 53. Bassine de cuisson � fond rond


El�vation


Coupe verticale


Figure 54. Bassine de cuisson bordelaise


Figure 55. Bassine de cuisson � fond plat

Tableau 25. Avantages et inconv�nients des mat�riaux de constitution des bassines � confiture

Mat�riaux

Avantages

Inconv�nients

Fonte, terre cuite

Bonne diffusion de chaleur

Fragile

Cuivre �tam�

Excellent coefficient de transfert de chaleur (mont�e rapide en temp�rature, pas de probl�mes de surchauffe)

Entretien difficile
Corrosion par les acides des fruits

Acier inoxydable

Entretien facile
R�siste � la corrosion
N'oxyde pas la vitamine C des fruits

Coefficient de transfert de chaleur moins bon, d'o� consommation d'�nergie sup�rieure (m�me si l'on diminue l'�paisseur des parois)

Aluminium

Coefficient de transfert de chaleur plus �lev� que celui de l'inox
Mat�riau l�ger

Faible r�sistance aux acides
Modifie la couleur des confitures

Le chauffage des bassines peut se faire par:

- combustion de mat�riaux divers (bois, biomasse, etc.);

- gaz;

- vapeur (dans le cas des grandes bassines � double fond). La vapeur n�cessite des investissements plus importants (chaudi�re, etc.).

On a vu qu'un temps de cuisson r�duit (proche de 10 mn) �tait pr�f�rable. A chauffage �gal, les petites bassines sont plus avantageuses que les grandes.

Enfin, le tableau 26 r�sume les avantages et les inconv�nients des bassines de cuisson.

Le mode d'emploi des bassines ouvertes est le suivant. Il faut successivement:

- charger les fruits, la pulpe ou le jus avec la moiti� du sucre et l'eau, �ventuellement;
- porter � �bullition 3 � 4 mn sans agiter;
- continuer la cuisson en remuant;
- ajouter l'acide et la pectine en fin de cuisson;

Le temps total de cuisson est compris entre 10 et 12 mn.

Tableau 26. Avantages et inconv�nients des bassines ouvertes

Avantages

Inconv�nients

Co�t peu �lev�

Bon aspect des confitures (les confitures de fruits entiers ou oreillons se font qu'en petites bassines)

Les principes volatils restent fix�s par le sucre

Le conditionnement peut se faire directement (a chaud)

Consommation d'�nergie importante (surtout au moment de la mise en temp�rature), sauf si l'on utilise de la biomasse comme combustible

Les temp�ratures �lev�es (104°C) d�naturent facilement les fruits

Temps de cuisson assez long

b) Autre mat�riel n�cessaire

- papier pH, pour mesurer l'acidit�;
- �cumoire, pour �cumer la confiture en cours ou en fin de cuisson;
- balance � plateaux, pour peser les divers ingr�dients (fruits, sucre);
- cuill�re doseuse en bois.

Cas particuliers

Il est possible de faire des confitures avec ou sans adjonction de pectine, selon la teneur en pectine des fruits eux-m�mes.

Les fruits riches en pectine peuvent �tre transform�s en confitures ou gel�es sans que l'on ait besoin d'en ajouter. Le test suivant permet de se rendre compte de la richesse d'un fruit en pectine. On m�lange 5 ml de jus de fruits avec 10 ml d'alcool. On agite le m�lange puis laisse reposer 1 � 2 mn. On constate la formation d'un gel pour les fruits riches en pectine, et la formation de flocons tr�s fins qui s�dimentent (g�lification non homog�ne) pour les fruits pauvres en pectine.

a) Fruits pauvres en pectine

Dans ce cas, on ajoute soit de la pectine du commerce, soit de la pectine faite � partir de fruits riches, soit encore des fruits. Le temps de cuisson est alors beaucoup plus court.

Pour fabriquer de la pectine � partir des fruits, on proc�de comme suit:

- on �pluche et d�coupe les fruits et on leur ajoute 1 l d'eau et 2 cuill�res � soupe de jus de citron par kg de fruits pr�par�s;

- on porte le m�lange � �bullition pendant 30 mn en remuant, on presse et on filtre;

- le marc obtenu est additionn� de son poids d'eau, port� � �bullition pendant 30 mn, filtr� et ajout� au jus provenant de la premi�re filtration. Le tout est r�duit par �bullition au quart du volume initial.

Si l'on utilise des pectines du commerce dont le point de g�lification se situe � 104°C, il faut se r�f�rer � leur degr� Sag, c'est-�-dire � la quantit� de sucre que peut g�lifier 1 g de pectine dans une gel�e renfermant 65 pour cent de sucres totaux et ayant un pH �gal � 3.

Les pectines du commerce ont en g�n�ral un degr� Sag de 150.

Mode de calcul de la quantit� de pectines � utiliser

Supposons que l'on veuille faire une confiture � 65 pour cent de mati�res s�ches � partir de fruits contenant un certain pourcentage de pectine. On peut estimer a 40 pour cent le pourcentage de pectine des fruits qui sera d�grad�, c'est-�-dire perdu pendant la cuisson.

Si l'on d�signe par

Pf

le poids de fruits;


y

le pourcentage de pectine contenu dans les fruits;


Pfs

le poids des mati�res s�ches contenues dans les fruits, et


Ps

le poids du sucre,

on peut �crire que:

- le poids de confiture obtenu sera �gal �



- le poids de pectine apport� par les fruits sera �gal �



- le poids de pectine disponible pour la g�lification sera �gal �



- le poids de sucre g�lifi� par cette pectine sera �gal �



- le poids de sucre restant � g�lifier sera �gal �



- le poids de pectine du commerce � 150°Sag � ajouter sera �gal �

Dans les cas o� les poids de fruits et de sucre sont identiques, le poids de pectine � ajouter sera �gal �


On ajoute la pectine en fin de cuisson sous forme de solution aqueuse � 2,5 pour cent.

Le tableau 27 donne, � titre d'exemple, les proportions des divers ingr�dients entrant dans les confitures, les gel�es et les marmelades faites � partir de diff�rents fruits dans les cas o� l'on ajoute de la pectine.

b) Fruits riches en pectine

Cette section viste surtout les gel�es, qui se font � partir de fruits riches en pectine et en acides (pommes, oranges, citrons).

Les proportions d'ingr�dients pour les diff�rents fruits sont indiqu�es au tableau 28.

Les temps de cuisson sont beaucoup plus longs que dans le cas de fruits auxquels on a ajout� de la pectine.

4.2.4 Post-traitements

A. Conditionnement

Principe

La temp�rature dans les bassines de cuisson avoisine 104-105°C, mais le temps de les vider suffit � faire tomber la temp�rature � 80-90°C. On met donc en bo�tes le plus t�t possible pour d�truire par la chaleur les micro-organismes susceptibles d'�tre pr�sents dans l'emballage et �viter ainsi les risques ult�rieurs de fermentation et de moisissure. On peut �galement conditionner la confiture ti�de dans le cas de fruits qui surnagent facilement; on laisse alors refroidir la confiture quelque temps avant de la verser en pots ou bo�tes, ceux-ci ayant �t� auparavant nettoy�s et �bouillant�s. On obtient ainsi une meilleure r�partition des fruits dans les r�cipients.

Mat�riel

Il en sera question au chapitre 8 consacr� au conditionnement.

Les modes de conditionnement pr�conis�s sont les suivants:

- bo�tes de m�tal avec rev�tement interne (contre la corrosion par les acides);
- bocaux ou flacons de verre;
- pots de terre cuite.

Les modes de fermeture de ces emballages seront �tudi�s ult�rieurement. Pr�cisons simplement que l'herm�ticit� des pots de confiture peut �tre obtenue:

- soit par le mode normal de fermeture (Eurocap, “Twist off”, joint de caoutchouc);

- soit par coulage d'une couche de paraffine;

- soit par d�p�t � la surface du produit d'une rondelle de papier tremp� dans l'alcool ou la glyc�rine, ou encore d'une rondelle de cellophane tremp�e dans un m�lange d'alcool et de glyc�rine en quantit�s �gales, additionn� de 1 pour cent d'acide salicylique (pour �viter le dess�chement de la rondelle).

Tableau 27. Proportions des ingr�dients et modes de fabrication de confitures, gel�es ou marmelades (avec adjonction de pectine)

Type de produits

Fruits

Fruits Proportions

Mode d'emploi

Gel�es

Grenadilles

1 kg jus
1,5 kg sucre
10 � 14 g pectine avec
70 g sucre

Couper les fruits en deux, vider, recueillir le m�lange pulpe et p�pins. Tamiser er r�cup�rer le jus. Porter � �bullition, ajouter la pectine et le sucre. Ajouter le sucre en 3 fois avec reprise de l'�bullition entre chaque fois. Oter du feu quand la temp�rature atteint 105°C.

Marmelades

Ananas

1,7 kg sucre
1 kg pur�e
8 g pectine avec
40 g sucre
5 g d'acide citrique dilu� dans 10 ml d'eau

Couper en quatre. Peler les fruits, couper en morceaux.
Blanchir � l'eau bouillante.
Ecraser les fruits. Cuire avec le sucre. Avant la fin de la cuisson, ajouter pectine + acide


Agrumes

1 kg d'oranges
200 g citrons
30 g pectine + 40 g sucre
1,5 kg sucre

Couper et �p�piner les fruits.
Blanchir 20 mn � l'eau bouillante contenant 100 g de zeste.
Puis ajouter pectine et sucre. Cuire 20 mn.
Ajouter le sucre. Cuire 20 mn.

Confitures

Ananas

1 kg fruits
1 kg sucre
10 � 20% de mangues (riches en pectine)

Pr�parer les fruits comme ci-dessus. Cuire les morceaux 20 mn � l'eau bouillante. Puis ajouter sucre + mangues.
Cuire 5 mn


Goyaves

5 kg fruits
6,5 kg sucre
0,5 l eau
3,5 g sorbate de potassium
30 g pectine avec 120-150 g sucre
30 g d'acide citrique dilu� dans 4 cl eau

Eplucher et d�couper en morceaux. Pr�chauffer les fruits 20 mn � �bullition. Puis cuire fruits + eau + sorbate de K jusqu'� �bullition. A ce moment, ajouter la pectine, puis tout le sucre en 3 ou 4 fois. 2 ou 3 mn avant la fin, ajouter l'acide.

Tableau 28. Proportions des ingr�dients entrant dans la fabrication de confitures, gel�es et marmelades (sans adjonction de pectine)

Fruits

Type de produits

Proportions

Eau

Temps de cuisson



Sucre

Fruits (pr�par�s)

Acide



Past�ques

Confitures

800 g

1 kg

10 g

0,7 l

40 mn

Pommes de cajou

Confitures

700-800 g

1 kg fruits cuits

0,3% (acide citrique ou tartrique)

0


Bananes

Confitures

1 kg

1 kg de fruits frais ou mi-confits � 30° Baum�


0

3-5 mn

Mangues

Confitures

800 g

1 kg

2 cuill�res � caf� de jus de citron
5 mn avant fin de cuisson

0

60 mn

Papayes

Confitures

750 g sucre
20 cl d'eau (sirop)

1 kg

1 jus de citron ou

0

40 mn



1 kg

1 kg

5 g d'acide par kg de fruits



Kakis

Confitures

1 volume

1 volume


1/8 volume

40 mn

Litchis

Confitures

1,5 volume

2 volumes


0

40 mn

Pommes

Confitures

1/3 volume

1/3 fruit


1/7 volume

40 mn

Ananas

Confitures

1 kg

1 kg


0

50 mn

Goyaves

Confitures

1,2 kg

1 kg



40 mn

Figues

Confitures

1 kg

1 kg

1/2 jus citron + zeste

0

Longue cuisson

Tamarins

Confitures

600 g

400 g (fruit tr�s acide)

0

0


Agrumes


- Citrons

Confitures

1 kg sucre et 1,4 l eau (sirop)

1 kg

0

0

30 mn


- Oranges

Confitures

2,5 volumes

3 volumes


2,5 volumes

60 mn


- Pample-mousses

Confitures

2 kg sucre et 1/2 l eau (sirop)

1 kg




- Mandarines

Confitures

750 g sucre et 0,2 l eau (sirop)

1 kg


10 mn

Goyaves

Gel�es

1,2 kg

1 kg jus

0



Citrons

Gel�es

1 kg

1 kg jus

0



Oranges

Gel�es

1 kg

1 kg jus

Zeste de citron blanchi

300 g


Kiwis

Gel�es

750 g

1 kg jus

0



Pommes

Gel�es

1 kg

1 kg jus

Jus citron 1 cuill�re



Mangues

Marmelades

650 g

1 kg pur�e

2 cuill�res � caf� jus citron


15 mn

Goyaves

Marmelades

750 g

1 kg

1 cuill�re � caf� jus citron



Kakis

Marmelades

1/2 volume

1 volume mac�ration 12 h


1/4 l

45 mn

Oranges

Marmelades

2 kg

1 kg


1 l

20 mn

Melons Past�ques

Marmelades

500 g

1 kg mac�ration 12 h

Citron



Pommes

Marmelades

1 kg

1 kg


Pour couvrir fruits et sucre


Il est pr�f�rable, dans les deux derniers cas, de pr�voir une deuxi�me couverture de protection, par exemple un plastique tendu et retenu au moyen d'un �lastique, pour pr�server au maximum le produit fini d'une recontamination possible (moisissures, notamment) et assurer une protection m�canique suffisante.

B. Refroidissement

Principe

Il doit se faire imm�diatement apr�s conditionnement, pour �viter la d�gradation de la pectine ou une alt�ration de la couleur par r�action de Maillard (brunissement, go�t de cuit).

Il faut �viter d'agiter les pots avant g�lification totale (c'est-�-dire quelques jours apr�s refroidissement) pour �viter la formation d'un gel granuleux.

Mat�riel

Le refroidissement se fait par immersion ou aspersion d'eau froide (voir chapitre 2), ou par stockage dans un courant d'air frais.

4.3 P�tes de fruits

4.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Le principe de conservation est le m�me que celui expos� pr�c�demment pour les confitures.

Le diagramme de la figure 56 indique la marche � suivre pour ce type de transformation.


Figure 56. Ligne de fabrication de p�tes de fruits

Le produit fini doit avoir une teneur en sucres totaux sup�rieure � 60 pour cent. En fait, l'extrait sec total doit �tre sup�rieur ou �gal � 75 pour cent pour garantir une bonne conservation des p�tes de fruits.

L'avantage de cette fabrication est qu'elle peut valoriser des �carts de triage � l'aide d'un mat�riel peu sophistiqu�.

Les capacit�s quotidiennes de production sont du m�me ordre que pour les confitures et s'�chelonnent de 200 � 3 000 kg de produit fini par jour.

4.3.2 Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2. Les fruits destin�s � la transformation doivent subir les op�rations de lavage, �pluchage, d�coupage, d�noyautage et �ventuellement �p�pinage.

Ils sont ensuite r�duits en pur�e, soit � froid par broyage, soit � chaud par pr�cuisson � feu doux dans tr�s peu d'eau jusqu'� ce qu'ils aient une consistance tendre.

La pur�e est ensuite tamis�e.

Il n'y a pas de pr�traitement sp�cifique selon les fruits; ceux-ci subissent tous le m�me traitement.

4.3.3 Cuisson

Principe

On ajoute � la pulpe de fruits un volume �gal de sucre (saccharose) que l'on verse en plusieurs fois pour ne pas casser l'�bulliton. En fin de cuisson, on ajoute du sirop de glucose afin de limiter le brunissement de la pr�paration.

Il est possible, comme pour les confitures, d'ajouter ou non de la pectine selon la richesse du fruit trait� et la dur�e de cuisson.

En cas d'adjonction de pectine, on peut utiliser:

- soit de la pulpe de fruits riches en pectine (pommes, par exemple) que l'on ajoutera � la pur�e de fruit avant la cuisson;

- soit de la pectine du commerce que l'on incorporera � sec pendant la cuisson. La pectine sera pr�alablement m�lang�e � du sucre en poudre � raison de 1 g de pectine pour 10 g de sucre, afin d'�viter la prise en masse et de faciliter l'homog�n�isation avec la pr�paration.

Il est �galement souhaitable, apr�s cuisson, d'ajouter de l'acide (jus de citron ou de lime, ou encore acide citrique, tartrique, etc.) dans le cas de fruits peu acides, cela en vue d'obtenir un pH voisin de 3,3 � 3,5 qui correspond � une g�lification optimale.

Les proportions � utiliser sont les suivantes:

Fruits: 50 pour cent au moins (par rapport au poids final);
Sucre: 60 pour cent;
Pectine du commerce: 6 pour cent au plus;
Acide: jusqu'� ce que le pH atteigne 3,3 � 3,5.

Le temps de cuisson ne doit �tre:

- ni trop long, pour �viter une inversion trop importante du saccharose (d'o� un probl�me de r�hydratation de la p�te de fruit si celle-ci contient plus de 30 pour cent de sucre inverti en glucose) ainsi qu'une d�gradation de la pectine et un brunissement de la pr�paration;

- ni trop court, pour �viter une inversion insuffisante du saccharose (d'o� probl�me de dess�chement de la p�te de fruit si elle contient moins de 22 pour cent de sucre inverti en glucose) et un risque de mauvaise conservation (extrait sec soluble n'atteignant pas la valeur d�sir�e de 75 pour cent).

En pratique, on arr�te la cuisson au bout de 10-15 mn environ; celle-ci ne doit jamais d�passer 30-35 mn pour �viter les inconv�nients pr�cit�s.

Il est n�cessaire de remuer tr�s souvent la pr�paration, surtout en fin de cuisson, pour �viter une caram�lisation et un go�t de cuit dans le produit fini.

Mat�riel

C'est le m�me que celui utilis� dans le cas des confitures.

Cas particuliers

Les dattes �tant naturellement tr�s sucr�es, on peut obtenir une p�te de dattes simplement en d�noyautant les fruits ressu�s et en les broyant dans un d�pulpeur. Il suffit ensuite de couler le m�lange dans un moule.

Pour les bananes et les pommes, le poids de sucre sera �gal � celui de fruits pr�par�s.

4.3.4 Post-traitements

A. Moulage

Principe

Imm�diatement apr�s la fin de la cuisson, on coule le m�lange dans divers r�cipients ou sur diverses surfaces en une couche assez �paisse (1-2 cm).

Il ne faut pas laisser refroidir le m�lange trop longtemps avant le moulage, sinon il se prend en masse dans la bassine. La temp�rature ne doit pas descendre au dessous de 39°C.

Mat�riel

On utilise le mat�riel suivant:

- pour le moulage en r�cipients: des assiettes ou des r�cipients plats � bords peu relev�s en plastique, en acier inoxydable ou en verre, enduits de paraffine ou huil�s;

- pour le moulage sur une surface plane: des dalles de b�ton ou des aires ciment�es planes et recouvertes d'un papier de protection contre la poussi�re (papier aluminium ou papier kraft huil�, par exemple).

B. S�chage

Il se fait soit dans un endroit sec et a�r� (� l'air libre) pendant quelques jours, soit dans une �tuve � 75-80°C pendant 10 � 12 h.

C. D�coupage

Il s'agit de d�couper la masse de p�te de fruits en morceaux de formes et dimensions r�guli�res.

Les mat�riels de d�coupage ont �t� �voqu�s � la section 2.9. On peut �galement, dans le cas des p�tes de fruits, utiliser un emporte-pi�ce qui garantit la r�gularit� des morceaux et facilite le travail.

D. Enrobage

On utilise du sucre cristallis� ou de l'amidon dans lesquels on roule les p�tes de fruits. On peut aussi candir les p�tes de fruits par trempage dans un sirop � 72°Brix pendant 12 h.

E. Conditionnement

Cette op�ration sera �tudi�e au chapitre 8. Pour les p�tes de fruits, on utilise des bo�tes m�talliques non serties ou en plastique rigide.

On dispose les p�tes en une ou plusieurs couches s�par�es par des feuilles de papier.

4.4 Sirops de fruits

4.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Les sirops s'obtiennent par �vaporation de jus de fruits additionn� de sucre jusqu'� l'obtention d'une consistance suffisamment sirupeuse du m�lange (environ 65 g de sucre pour 100 g de m�lange). La conservation du produit est assur�e par une concentration en sucre telle que l'activit� de l'eau soit suffisamment basse, ainsi que par l'acidit� naturelle des fruits.

La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e dans la figure 57.

La fabrication des sirops de fruits peut �tre artisanale ou semi-industrielle, avec une production pouvant varier de 50 � 500 kg de sirop par heure.


Figure 57. Sch�ma g�n�ral de la transformation des fruits en sirop

4.4.2 Pr�traitements

La m�thode suivie est la m�me que pour la fabrication des jus et nectars, qui sera trait�e dans la section 5.2; on retrouve les �tapes de pr�paration des fruits en vue de l'extraction du jus, d'extraction proprement dite par broyage, pressage ou diffusion et d'affinage du mo�t obtenu. On trouvera le d�tail de ces op�rations dans le chapitre 2; des pr�cisions concernant certains fruits seront donn�es dans la section 5.2.

Rappelons que l'extraction du jus se fait g�n�ralement � froid, contrairement aux jus destin�s � la fabrication de gel�es.

Il existe cependant une deuxi�me m�thode d'extraction des jus que l'on veut transformer en sirops: cette m�thode, moins employ�e, consiste � laisser reposer les fruits dans le sucre pendant 24 h, � raison de 50 pour cent en poids de fruits pr�par�s et 50 pour cent de sucre. Les fruits rendent leur jus sous l'action du sucre (par diff�rence de pression osmotique) et il suffit de tamiser l'ensemble pour r�cup�rer le jus.

4.4.3 Cuisson-concentration

Principe

La cuisson a lieu apr�s adjonction de sucre dans la proportion de 150 � 200 g de sucre pour 100 g de jus de fruits. (On peut aussi ajouter le sucre sous forme de sirop fabriqu� � partir de la m�me quantit� de sucre m�lang� � tr�s peu d'eau.)

Le r�le de la cuisson a �t� expos� dans le cas des confitures dans la section 4.2.3. Il n'y a pas toutefois de g�lification du produit dans ce cas, et cela pour deux raisons: le temps de cuisson est beaucoup plus court et la pectine a �t� �limin�e au moment de la clarification du jus; de ce fait, le produit fini reste liquide.

Le temps de cuisson doit �tre de 2 � 5 mn � partir de l'�bullition. Il ne doit pas �tre trop long pour �viter tout ph�nom�ne de brunissement et go�t de cuit. Cependant, il doit �tre suffisant pour atteindre la concentration en sucre d�sir�e qui est de l'ordre de 65 g de sucre pour 100 g de sirop (les sirops de fruits titrent en g�n�ral 65 � 70° Brix, le degr� Brix �tant �quivalent au pourcentage de sucre). Un degr� Brix est �gal � 1,82 degr� Baum�, approximativement.

On stoppe la cuisson lorsque le sirop est � la concentration voulue. S'il est trop concentr�, il risque d'y avoir formation de cristaux de sucre et il faut alors ajouter de l'eau au sirop; s'il n'est pas assez concentr�, il risque de fermenter et il faut prolonger l'�bullition. La cuisson doit donc �tre surveill�e avec soin.

Mat�riel

a) Mat�riel de cuisson

On utilise des bassines ouvertes semblables � celles d�crites pr�c�demment pour les confitures (section 4.2.3).

b) Mat�riel de mesure

On peut utiliser un r�fractom�tre, un densim�tre ou encore un p�se-sirop, sorte de tube gradu� que l'on plonge dans une �prouvette contenant un �chantillon de sirop. On lit la teneur en sucre en degr�s Baum� (un degr� Baum� vaut environ 0,55 degr� Brix). On doit obtenir un sirop titrant 30 � 32°Baum� s'il est bouillant, ou 35 � 37°Baum� s'il est test� froid.

Le tableau 29 rappelle les correspondances entre les diff�rentes grandeurs mesur�es � l'aide des appareils que l'on vient de mentionner.

Cas particuliers

En g�n�ral, on ajoute 100 � 200 g de sucre pour 100 g de jus (c'est le cas des raisins, par exemple). Pour certains fruits, cependant, les proportions diff�rent comme le montre le tableau 30.

Dans le cas des agrumes, on peut am�liorer le go�t du produit fini en ajoutant un m�lange constitu� des zestes broy�s avec une fois et demie leur poids en sucre. Cette p�te doit avoir la m�me teneur en sucre que le sirop pour rester en suspension.

Le sirop obtenu � partir de noix de coco est pr�par� de fa�on un peu diff�rente. On r�pe la chair du fruit apr�s d�bourrage et concassage, puis on la presse (� la presse hydraulique); on obtient ainsi un lait de coco que l'on additionne d'un volume �gal de sirop � 43°Baum�. On fait bouillir le tout jusqu'� ce qu'il titre 75°Brix, puis on tamise.

4.4.4 Post-traitements

a) Conditionnement

Le temps de vider la bassine suffit � refroidir le sirop jusque vers 65-70°C, temp�rature � laquelle doit se faire le conditionnement pour assurer la pasteurisation du r�cipient.

L'emballage le plus utilis� est la bouteille de verre, qui doit �tre pr�chauff�e avant remplissage pour �viter la casse. Etant transparentes, les bouteilles devront �tre conserv�es � l'abri de la lumi�re pour �viter des modifications de la couleur naturelle des sirops.

Pour plus de d�tails, on se reportera au chapitre 8 consacr� au conditionnement.

b) Refroidissement

Il est n�cessaire de refroidir pour �viter une alt�ration des qualit�s organoleptiques du sirop (brunissement, go�t de cuit, etc.).

Le refroidissement s'effectue par trempage ou par aspersion des r�cipients � l'eau froide.

c) Reconstitution avant consommation

Il faut diluer le sirop, avant consommation, � raison d'un litre de sirop pour 4 � 5 l d'eau.

Tableau 29. Correspondance entre les grandeurs mesur�es au thermom�tre, au r�fractom�tre, au p�se-sirop et au densim�tre

Temp�rature d'�bullition (thermom�tre)

Pourcentage d'extrait sec soluble (assimilable au degr� Brix) (r�fractom�tre)

Degr� Baum� (p�se-sirop)

Densit� (densim�tre)

102,4°C

55%

29,7

1,259

103,8°C

60%

32,3

1,288

105,0°C

65%

34,9

1,318

106,2°C

70%

37,4

1,349

107,5°C

75%

39,9

1,382

Tableau 30. Sirops de fruits - Proportions de sucre et de fruits

Fruits

Sucre

Jus

Tamarins

400 g

100 g

Grenadilles

400 g

100 g (+ 0,5% de gomme adragante)

Raisins

170 g

100 g

Abricots

950 g

1 l

Ananas

1 kg

Jus d'un fruit avec 3/4 l d'eau

Pommes

1 kg

0,7 l

Pamplemousses

800 g

1 l

Citrons

1 kg

1 l d'eau et 4 citrons

Oranges

1 kg

1 l d'eau et 14 oranges 2-5 g d'acide citrique par litre de sirop

4.5 Fruits confits

4.5.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Le principe de conservation est le m�me que pour les confitures: on remplace le liquide cellulaire des fruits par un sirop de sucre selon le principe de diffusion par osmose.

Les fruits, entiers ou en tranches, sont plac�s dans des bains successifs de sirop dont on augmente graduellement la concentration en sucre jusqu'� saturation du produit. Il faut donc que la concentration en sucre du sirop soit sup�rieure � celle du suc cellulaire.

La fabrication des fruits confits pose toutefois les probl�mes suivants;

- elle est assez longue;

- les fruits ne conservent pas totalement leur texture et leur saveur originelles (trop forte concentration en sucre);

- l'approvisionnement en sucre n'est pas toujours ais�.

Le produit fini doit avoir une concentration minimale en sucre �gale � 75 pour cent. La figure 58 illustre le processus de fabrication des fruits confits.


Figure 58. Ligne de fabrication de fruits confits

La fabrication des fruits confits, et notamment l'�tape du confisage, est tr�s longue. Pour rentabiliser l'unit� de transformation, il est donc indispensable de disposer de plusieurs jeux de marmites de cuisson ou de plusieurs ensembles de bacs � confisage, selon l'�chelle consid�r�e, ou encore de ne consid�rer la fabrication des fruits confits que comme une subdivision d'une unit� de production ax�e sur un autre type de transformation (les confitures ou les p�tes de fruits, par exemple). Les quantit�s qui pourront �tre produites se chiffrent alors � environ 50-500 kg de produit fini par semaine, selon l'�chelle consid�r�e.

4.5.2 Pr�traitements

Ils ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Quelques compl�ments sp�cifiques au confisage pourront �tre utiles.

a) Compl�ment concernant le triage

Seule la maturit� importe. Les fruits doivent �tre juste m�rs ou cueillis l�g�rement avant leur maturit�; s'ils sont trop m�rs, il se d�sagr�gent en effet pendant l'op�ration de confisage; s'ils sont trop verts, ils manquent de souplesse au cours de cette transformation et se racornissent.

La couleur et la forme ne sont pas des crit�res de s�lection pour le confisage.

b) Compl�ments concernant le lavage

Le lavage a pour but de faire d�gorger les fruits pour faciliter le confisage. Il s'effectue par trempage en eau sal�e (c'est-�-dire dans une saumure). Lorsqu'il dure plusieurs jours, le but recherch� est de provoquer un d�but de fermentation du produit.

Plusieurs rin�ages rapides doivent succ�der � ce trempage.

Le tableau 31 donne des pr�cisions relatives � certains fruits. Les autres fruits se contentent en g�n�ral d'un simple lavage � l'eau froide.

c) Compl�ments relatifs au parage, au d�coupage, au d�noyautage et � l'�p�pinage

Les fruits peuvent �tre confits entiers ou en tranches (rondelles, fruits coup�s en deux, carpelles d'agrumes, etc.). Apr�s parage, on �p�pine ou on d�noyaute les fruits (op�ration facultative); dans ce cas, le vide laiss� par le noyau peut ou non �tre combl� par de la pulpe du m�me fruit.

L'�pluchage n'est pas indispensable. On peut aussi confire des �corces de fruits, notamment d'agrumes. Cependant, si l'on �pluche les fruits et qu'on ne les traite pas imm�diatement, il est conseill� de les conserver dans de l'eau froide pour �viter leur oxydation.

Le tableau 32 �num�re les �tapes � effectuer et l'ordre dans lequel elles interviennent selon le fruit consid�r�.

d) Compl�ments concernant le traitement par des agents de conservation

On utilise en g�n�ral 7 � 8 g de soufre par m3 de chambre de soufrage pendant 12 � 24 h.

Ces doses peuvent toutefois varier selon les fruits ainsi que selon le mode de traitement choisi (soufrage ou sulfitage), comme le montrent les exemples ci-dessous:

- pommes de cajou: trempage dans du m�tabisulfite de sodium pendant 2 ou 3 jours;

- �corces d'agrumes: trempage dans de l'anhydride sulfureux (SO2) � 1 pour cent;

- abricots: fumigation � raison de 400 g de soufre pour 100 kg de fruits, ou trempage bref dans une solution d'hydroxyde de calcium � 4 pour cent.

Tableau 31. Cas particulier du lavage des fruits avant confisage

Pomme cajou

Saumure � 2% pendant 24 h. Puis saumures plus concentr�es jusqu'� 10% en augmentant la teneur en sel de 2% par jour

Past�que, melon

Saumure � 20% pendant 2 jours

Kumquat

Saumure � 4% de sel (chlorure de sodium) avec 0,5% de bisulfite de sodium

Figue

Solution � 4% de sel et 1% de bisulfite de sodium pendant quelques jours

Papaye

Eau + 15 g de jus de lime par litre, pendant 3 � 4 h

Olive

Saumure 15-20%

Ecorces d'agrumes

Saumure � 15%

Tableau 32. Epluchage et d�coupage pour la pr�paration de fruits confits Pr�cisions selon les fruits

Fruits

Etapes

Raisin

Egrapper, piquer avec une aiguille

Olive

D�noyauter (facultatif)

Mangue

Eplucher, d�couper, d�noyauter

Datte, Figue

Piquer la peau (avec une aiguille ou une fourchette ou une s�rie d'�pingles mont�es sur un bouchon)

Papaye, goyave, past�que, melon

Eplucher, d�couper, �p�piner (papaye: piquer la peau au pr�alable)

Abricot

D�couper, d�noyauter

Pomme cajou

Couper les deux extr�mit�s, piquer la peau, d�couper ou non

Banane

Eplucher, d�couper

Ananas

Couper en deux, �plucher, �ter le coeur, couper en tranches

Ecorce d'agrumes

Ne garder que la partie color�e de l'�corce (et non la partie blanche am�re) et gratter celle-ci pour que l'huile essentielle contenue s'�chappe

Ch�taigne

Fendre au couteau, �plucher (avant ou apr�s blanchiment)

Agrumes Kumquat

Piquer la peau, d�couper en carpelles

e) Compl�ments concernant le blanchiment

Outre les r�les expos�s � la section 2.15, le blanchiment permet ici d'assouplir les tissus des fruits et d'accro�tre leur aptitude � �tre confits. Le tableau 33 indique le temps et le mode de blanchiment pour diff�rentes esp�ces fruiti�res destin�es au confisage.

On remarque que le temps de blanchiment des ch�taignes (s'il n'a pas pour unique but de faciliter l'�pluchage) est tr�s long, car le fruit contient des r�serves d'amidon qui offrent une grande r�sistance au gonflement et � la g�latinisation.

Tableau 33. Temps et mode de blanchiment avant confisage

Fruits

Mode de blanchiment

Temps de blanchiment

Pommes de cajou

Eau bouillante, puis
puis vapeur

5 mn
5 mn

Ananas

Eau bouillante

10-25 mn

Kiwis

Eau bouillante

45 s

Kumquats

Eau bouillante

10-15 mn

Ch�taignes

Eau bouillante ou vapeur

1-2 mn
temps plus long

Raisins

Eau bouillante

En 2 phases (la 1�re tr�s rapide, la 2e �tant une pr�cuisson)

Olives, mangues bananes, agrumes

Eau bouillante

10-15 mn

Figues

Eau bouillante

Rapide

Ecoces d'agrumes

Eau bouillante

Pendant des p�riodes successives de 1 h jusqu'� attendrissement (changer l'eau pour �liminer les compos�s amers et l'huile de l'�corce en exc�s)

4.5.3 Confisage

Principe

Il consiste � remplacer l'eau contenue dans les cellules des fruits blanchis par un sirop de sucre. La teneur en mati�res s�ches des fruits confits doit �tre de 75 � 80 pour cent afin d'assurer une protection contre les micro-organismes.

On a vu que la concentration en sucre des sirops doit �tre sup�rieure � celle du liquide cellulaire des fruits, pour favoriser une bonne p�n�tration du sucre. Cependant, les �carts ne doivent pas �tre trop importants pour ne pas faire �clater les membranes cellulaires sous l'action de trop fortes diff�rences de pression osmotique.

Les sirops utilis�s sont des sirops de saccharose (sucre de canne ou de betterave) � 28°Baum� (ou 51°Brix), �ventuellement additionn�s de glucose (ou de sucre inverti) au-del� de 28°Baum� pour �viter la cristallisation du sucre dans les fruits.

Plusieurs m�thodes de confisage sont possibles.

Un premier sirop bouillant est vers� sur les fruits. Apr�s mac�ration pendant 24 h, ceux-ci sont �goutt�s et l'op�ration est r�p�t�e avec un autre sirop de concentration sup�rieure. Les sirops affaiblis par le confisage peuvent �tre:

- reconcentr�s par �bullition (15 � 25 mn chaque fois);

- reconcentr�s par addition de sucre � chaud, sous agitation (addition de 100 g de sucre par kg de sirop soutir�) et avec r�ajustement du degr� Brix (ou Baum�), en rajoutant de l'eau si n�cessaire; ou

- utilis�s, si leur concentration est suffisante, pour le confisage des fruits blanchis ou faiblement confits.

La m�thode inverse est bien plus ais�e. Le sirop concentr� passe d'abord sur les fruits dont le confisage est au dernier stade. Au contact des fruits, le sirop s'appauvrit et passe sur les fruits moins riches en sucre, etc. A la fin, le sirop pauvre est concentr� par �bullition, additionn� de sirop vierge de m�me densit� et renvoy� en t�te.

Le premier sirop utilis� est � 20°Baum� (ou 36°Brix), le dernier � 36°Baum� (65 � 66 pour cent de sucre ou 65,4° Brix). On peut aussi d�buter avec des sirops plus concentr�s que 20°Baum�.

Il est possible d'incorporer des colorants aux sirops si les fruits ont �t� d�color�s � l'anhydride sulfureux.

Voici un exemple typique de la proc�dure � suivre:

- 1er jour: sirop � 29°Baum� (53 pour cent de sucre), mac�ration pendant 24 h ou passage � l'�tuve pendant 1 � 2 h;

- 2e jour: sirop � 30°Baum� (55 pour cent de sucre);

- et ainsi de suite en augmentant la concentration en sucre de 1°Baum� par jour jusqu'au 7e jour;

- 7e jour: sirop � 35°Baum� (64 pour cent de sucre).

Le confisage se fait � chaud, � une temp�rature d'environ 65°C: celle-ci diminue la viscosit� du sirop et augmente la vitesse de confisage tout en diminuant les risques de contamination microbienne pendant cette op�ration. Pour ce faire, on place le r�cipient contenant le sirop et les fruits:

- au stade artisanal: dans un endroit chaud et humide (70°C, humidit� relative 90 pour cent);
- au stade semi-industriel: dans une �tuve ou une pi�ce chauff�e a la vapeur.

Mat�riel

On utilise au stade artisanal des marmites de cuisson identiques � celles mentionn�es dans la section 4.2.3. Un panier ainsi qu'un couvercle lourd sont n�cessaires pour contenir les fruits et les maintenir immerg�s dans le sirop.

Au stade semi-industriel, on travaille avec des bacs de confisage (figure 59) constitu�s d'une s�rie de r�cipients chauff�s au bain-marie par barbotage de vapeur. Le mode de chauffage peut �tre diff�rent et les bacs mont�s sur un syst�me de rails qui permet de les renvoyer en d�but ou en fin de cha�ne, selon les besoins.


Figure 59. Bacs de confisage

Cas particuliers

Les proc�dures � suivre pour les diff�rents fruits sont r�sum�es dans le tableau 34. Les fruits sont en g�n�ral laiss�s 4 � 5 jours dans le dernier sirop.

Autres m�thodes s'apparentant au confisage

- Semi-confisage (type pruneaux). Cette m�thode peut s'appliquer aux petits fruits, � peau dure ou que l'on n'�pluche pas (comme les kiwis). La technique est plus simple: on travaille jusqu'� une concentration en sucre de 60 � 76 pour cent au maximum. Les fruits sont tout d'abord piqu�s avec une aiguille, puis l'on extrait un peu de jus des fruits par l�g�re pression ou passage � la vapeur. L'op�ration de confisage se d�roule ensuite de la fa�on suivante: on passe, en une seule op�ration de cuisson d'une trentaine de minutes, d'un sirop initial � 35°Brix contenant les fruits a un sirop de 60 � 75°Brix. Le sirop est additionn� d'acide citrique � 0,4 pour cent.

Le produit est ensuite �goutt� puis s�ch� au soleil pendant trois jours sur des claies recouvertes de plastique. Les fruits doivent �tre retourn�s deux fois par jour.

- Proc�d� Osmovac. Il s'agit d'un confisage � froid (d�shydratation par osmose). Le principe est le m�me que celui du confisage, mais on ajoute une solution de sucre � froid. Les fruits sont ainsi s�ch�s et sucr�s en surface.

Cette m�thode est facilement applicable aux bananes.

4.5.4 Post-traitements

a) Lavage-�gouttage

Le lavage a pour but d'�ter le surplus de sucre en surface; il est facultatif et se fait par trempage � l'eau chaude (voir la section 2.3). L'�gouttage se fait sur tamis grillag�.

b) Gla�age

Le gla�age est un trempage dans un sirop de sucre tr�s concentr� (70 � 80 pour cent de mati�res s�ches) � 120-130°C pour rendre les fruits r�sistants au ramollissement par absorption d'eau. On utilise du sucre inverti (par exemple du glucose � 80 pour cent, c'est-�-dire 800 g de glucose plus 200 g d'eau donnant 1 kg de sirop, auquel on peut ajouter 0,5 � 1,0 pour cent de pectine) ou un m�lange de glucose et de saccharose.

c) S�chage

Il se fait:

- soit sur claies � l'air libre ou au soleil pendant 3 jours (30-40°C);

- soit en �tuve sur des tamis ou des claies (les fruits �tant espac�s pour qu'ils ne collent pas entre eux):

· � 75°C pendant 6 h;
· ou � 65°C pendant 8-10 h;
· ou encore � 35°C pendant 18 h.

d) Autres traitements

Les fruits confits non glac�s peuvent �tre saupoudr�s de sucre cristallis� ou d'amidon apr�s s�chage.

e) Conditionnement

En th�orie, l'emballage n'est pas n�cessaire pour ces produits qui sont stables, solides et pratiquement non hygroscopiques.

Il est cependant pr�f�rable de les disposer dans des emballages �tanches � l'humidit�, comme le verre ou certaines mati�res plastiques, mais pas dans du fer, � moins qu'il ne soit verni int�rieurement, sinon les fruits confits noirciraient. On utilise dans ce dernier cas des bo�tes m�talliques non serties.

Il est pr�f�rable d'�viter des temp�ratures d'entreposage trop �lev�es. Une temp�rature de 18-20°C est recommand�e pour �viter une dissolution du sucre en surface.

Tableau 34. Confisage des fruits - Concentrations des sirops utilis�s et proc�dures � suivre

Fruits

Sirops

Proc�dures

Mangues

1er sirop: 1 d'eau + 3 kg sucre - 2 jours

Reconcentrer tous les jours 15-25 mn jusqu'� obtention du produit final

Pommes de cajou

1er sirop: 25-28°Brix - 24 h

Augmenter la concentration de 10°Brix par jour

Pommes de cajou (autre possibilit�)

1er sirop � 30°Brix (1 d'eau + 3 kg sucre). Porter � �bullition 10 mn en agitant, ajouter 0,1% d'acide citrique � la fin de l'agitation

Augmenter la concentration de 6°Brix par jour les 2e et 3e jours, puis de 4°Brix les 6e, 7e et 8e jours et de 3°Brix jusqu'au 10e jour. Du 10e au 15e jour, laisser les fruits dans le sirop final � 70°Brix (70% de sucre)

Kumquats

1er sirop 30°Brix � chaud

Augmenter la concentration de 7°Brix par jour jusqu'� 75°Brix

Olives

Dur�e du confisage: 28-30 jours. Le sirop final doit titrer 85-90°Brix

Papayes

1er sirop � 50°Brix. Porter � �bullition

Reconcentrer jusqu'� 50°Brix, puis jusqu'� 70-75°Brix (avec 50% sucre)

Bananes

1er sirop � 44°Brix

Concentrer jusqu'� 66°Brix en 8 � 10 fois et en ajoutant du glucose � partir de 58°Brix

Ananas

1er sirop � 25% de glucose et 75% de saccharose avec 1 g d'acide citrique par kg de sirop. 24 h � 50°C

Augmenter � 40°Brix, puis jusqu'� 55°Brix (en augmentant la concentration de 10°Brix par jour) avec 50% de glucose et 50% de saccharose

Melons, past�ques

1er sirop � 35-45°Brix

Augmenter la concentration de 8-10°Brix par jour jusqu'� 75°Brix

Abricots

1er sirop � 35-45°Brix (50% de saccharose et 50% de glucose)

Augmenter la concentration de 8-10°Brix par jour jusqu'� 72-74°Brix

Figues

1er sirop � 30°Brix � chaud (70% de saccharose et 30% de glucose)

Augmenter la concentration de 5 � 10°Brix par jour jusqu'� une concentration de sucre dans les fruits de 68% (60% de saccharose, 40% glucose)

Kiwis

Sirop � 72°Brix

Ch�taignes

1er sirop � 40°Brix moyennement chaud

Augmenter la concentration de 5-10°Brix par jour jusqu'� 70°Brix

Raisins

1er sirop � 18°Brix

Augmenter la concentration jusqu'� 75°Brix en 11 jours

Ecorces d'agrumes

1er sirop a 27-35°Brix, �bullition pendant 24-48 h

Augmenter la concentration jusqu'� 70°Brix en 48 h (directement ou avec un palier � 60°Brix). Finir � 75°Brix

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
5.1 Introduction
5.2 Produits liquides: Jus et nectars
5.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.2.2 Pr�traitements
5.2.3 Pasteurisation
5.2.4 Post-traitements
5.3 Produits solides: Pulpes, pur�es et compotes
5.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.3.2 Pr�traitements
5.3.3 Pasteurisation
5.4 Produits solides: Fruits au naturel et au sirop
5.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
5.4.2 Pr�traitements
5.4.3 Pasteurisation
5.4.4 Post-traitements - Refroidissement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR

5.1 Introduction

La technique de conservation �tudi�e dans le pr�sent chapitre consiste � faire subir aux fruits pr�par�s sous diff�rentes formes (jus, pur�es, morceaux) un traitement thermique dans le but de:

- d�truire les micro-organismes pr�sents sous forme v�g�tative (levures, moisissures, bact�ries). Les bact�ries sporul�es (forme thermor�sistante) sont inhib�es par l'acidit� naturelle des fruits (de pH inf�rieur � 4,5, en g�n�ral); il en r�sulte qu'une simple pasteurisation stabilisatrice, c'est-�-dire l'application d'une temp�rature inf�rieure ou �gale � 100°C pendant un temps donn�, est suffisante;

- contribuer � inhiber des alt�rations enzymatiques (alt�rations de couleur et de texture).

Pour �viter une recontamination microbienne ult�rieure, il est n�cessaire que le traitement thermique soit coupl� � un conditionnement en r�cipient herm�tique. Ce conditionnement peut pr�c�der ou suivre le traitement thermique.

Diff�rents types de produits seront �tudi�s dans ce chapitre:

- liquides: jus et nectars;
- solides: pur�es et compotes, fruits au sirop.

Pour assurer la stabilit� des produits, la temp�rature � coeur des r�cipients qui les contiennent doit �tre port�e � environ:

- 82-85°C pour les pur�es et compotes;
- 80-85°C pour les jus troubles et de pH 3,5 � 4,2;
- 75-80°C pour les jus limpides et de pH inf�rieur � 3,5;
- 85°C pour les fruits au naturel ou au sirop.

5.2 Produits liquides: Jus et nectars

5.2.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

La transformation en jus et nectars peut �tre r�alis�e � l'�chelle artisanale aussi bien qu'� l'�chelle semi-industrielle. Selon les mat�riels utilis�s, il est possible de produire entre 200 et 300 l/jour. Le sch�ma g�n�ral de la transformation des fruits en jus et nectars est illustr� � la figure 60.


Figure 60. Ligne de transformation des fruits en jus ou nectars

5.2.2 Pr�traitements

a) Pr�cisions concernant le lavage et le nettoyage

Ces op�rations sont indispensables pour que la qualit� des jus ne soit pas alt�r�e par d'�ventuels micro-organismes d�velopp�s en surface des fruits. Elles doivent s'appliquer � tous les fruits.

La pomme cajou, en raison de l'astringence de son jus, doit subir un trempage en eau froide durant plusieurs heures.

b) Pr�cisions concernant le triage

Les fruits doivent �tre trait�s au moment o� ils ont atteint leur saveur et leur couleur optimales, c'est-�-dire � pleine maturit�. Les fruits ab�m�s doivent �tre �cart�s.

La transformation permet de valoriser les rebuts de calibrage (triage par taille) d'autres types de pr�paration (comme les fruits au sirop, par exemple).

c) Pr�cisions concernant la pr�paration des fruits et l'extraction/affinage du mo�t

Les traitements devant pr�c�der l'extraction du jus sont �num�r�s au tableau 35.

Tableau 35. Pr�traitements devant pr�c�der l'extraction du jus

Fruits

Epluchage

D�noyautage

Ep�pinage

Blanchiment, pr�cuisson

D�coupage

R�page Broyage

Foulage

Mangues

Vapeur 2,5 mn ou soude

X






Abricots


X


X

En deux



Agrumes

Facultatif (par abrasion) pour r�cup�rer l'huile




En deux uniquement



Goyaves

Traitement des fruits entiers (ou d�coupage en deux et r�cup�ration de la pulpe et des p�pins)

Grenadilles




Idem




Raisins




5 mn dans l'eau � 60-70°C (apr�s foulage)




Past�ques

X


X


X



Papayes

X


X


X



Pommes

X





X


Pommes de cajou

X



X




Corossols, cachimans

X




X



Ananas

X




En deux (avant �pluchage), puis en morceaux



Tamarins

D�corticage







Le jus perdu au cours de ces pr�traitements doit si possible �tre r�cup�r� pour �tre ajout� au jus provenant de l'extraction, car il est en g�n�ral plus riche et plus parfum� que celui-ci.

L'extraction se fait par broyage, diffusion ou pressage, comme il est indiqu� au chapitre 2 (sections 2.10 � 2.12). Elle est suivie d'une op�ration d'affinage du mo�t qui se subdivise en plusieurs �tapes, � savoir:

- tamisage;
- clarification - d�bourbage;
- filtration (pour obtenir des jus limpides);
- homog�n�isation (dans le cas de jus pulpeux);
- d�sa�ration (pour �liminer l'air du mo�t et �viter l'oxydation de celui-ci).

Ces trois derni�res op�rations n'�tant pas indispensables et n�cessitant des mat�riels co�teux, nous ne les envisagerons pas.

En g�n�ral, dans les petites unit�s artisanales, l'affinage se limite au tamisage avec clarification grossi�re par d�cantation en cuve pendant 24 h, puis soutirage du jus. Au stade semi-industriel, on ajoute des enzymes de clarification ou des adjuvants chimiques pour faciliter l'op�ration et en diminuer la dur�e.

d) Addition de sucre, d'acide ou d'eau

Le tableau 36 donne une id�e des quantit�s d'ingr�dients que l'on doit ajouter. Il faut, de fa�on g�n�rale, obtenir un liquide ayant un pH compris entre 3 et 4 et dont la teneur en mati�res s�ches avoisine 13-15 pour cent.

Tableau 36. Composition des jus et nectars de fruits


Fruit

Sucre

Acide

Eau

Ananas

1 l jus

10 g

0

10 ml

Citrons Pamplemousses

1 l jus

100 g

0


Oranges

1 l jus


50 ml jus de citron


Corossols

Jus de 1 kg fruit + 1,5 l d'eau


4 g acide


Mangues

100 g pulpe

30 g

10 g jus

85 g

Goyaves

100 g pulpe

50 g

de citron ou 2-3 g d'acide

35 g

Papayes

100 g pulpe

40 g

1,5 g acide

150-200 g

Grenadilles

100 g pulpe

60 g



Tamarins

1 l jus

62 g

(tr�s acides)


Abricots

100 g pulpe

15 g


85 g

5.2.3 Pasteurisation

Principe

On applique au jus un couple temps/temp�rature (“bar�me de st�rilisation”) pour obtenir une destruction des micro-organismes pathog�nes et une stabilit� biochimique et physique.

La temp�rature doit �tre sup�rieure � 72°C pour �viter une alt�ration du jus par les germes microbiens, mais inf�rieure ou �gale � 100°C pour limiter un brunissement du jus, un go�t de cuit et la destruction des vitamines.

Le temps est compt� apr�s la mont�e en temp�rature, c'est-�-dire une fois que le milieu chauffant a atteint la temp�rature d�sir�e.

On peut faire varier � volont� soit la dur�e du traitement, soit la temp�rature. Pratiquement, il vaut mieux fixer une temp�rature et faire varier le temps selon le fruit � traiter.

Le couple temps/temp�rature est fonction du fruit utilis�, du produit fini � pasteuriser et du r�cipient de conditionnement.

En effet, pour une m�me temp�rature du milieu chauffant, le transfert de chaleur est plus long si:

- le fruit est plus riche en sucre, en amidon ou en sels min�raux;
- le jus de fruit a une acidit� plus faible (ou un pH plus �lev�);
- le jus � traiter est plus visqueux (nectar);
- le r�cipient de conditionnement a un volume plus �lev�;
- le r�cipient est en verre et non en m�tal.

Le bar�me de pasteurisation est donc propre � chaque produit en fonction du type de conditionnement. On peut le d�terminer sur �chantillon, par mesure de la temp�rature � coeur d'une bo�te contenant le produit � pasteuriser, apr�s diff�rents temps de chauffage, jusqu'� obtention de la temp�rature d�sir�e; en pratique, cependant, on appliquera au milieu chauffant une temp�rature toujours sup�rieure � celle que l'on s'est fix�e.

Il est possible d'appliquer le traitement thermique aux jus de fruits soit avant, soit apr�s le conditionnement.

a) Traitement thermique apr�s conditionnement

Dans ce cas, le produit mis en bo�te est pr�chauff� dans le but de:

- combattre la corrosion des bo�tes (en cas de r�cipients m�talliques) en �liminant l'oxyg�ne;

- diminuer le temps de pasteurisation;

- r�duire la pression interne des r�cipients pendant le traitement thermique en �liminant les gaz dissous;

- pr�server la saveur, la couleur et les vitamines.

Le pr�chauffage se fait � une temp�rature n'exc�dant pas 70-75°C, parfois 80°C. Apr�s avoir ferm� les r�cipients, on les pasteurise imm�diatement de fa�on � ce que la temp�rature � coeur atteigne 80-85°C pour les jus troubles ayant un pH compris entre 3,5 et 4,2 et 75-80°C pour les jus limpides ayant un pH inf�rieur � 3,5.

Cette technique est d�nomm�e “appertisation”, c'est-�-dire application d'un couple temps/temp�rature � un produit plac� dans un r�cipient herm�tiquement clos. Elle s'applique de la fa�on suivante:

- mont�e en temp�rature jusqu'� 72°C minimum;
- maintien de cette temp�rature pendant 15 minutes environ;
- refroidissement pendant 15 minutes.

Bien entendu, les bar�mes varient en fonction des divers facteurs mentionn�s pr�c�demment; les chiffres indiqu�s ci-dessus repr�sentent donc une moyenne.

b) Traitement thermique avant conditionnement

La pasteurisation des jus en vrac doit �tre effectu�e � une temp�rature sup�rieure � 85°C pour tenir compte des d�perditions de chaleur lors du remplissage qui suit. Apr�s remplissage et fermeture des r�cipients, il faut les retourner pendant trois minutes et les agiter pour que le liquide chaud vienne au contact de toute la surface int�rieure de ces r�cipients: c'est l'autopasteurisation.

Le traitement par la chaleur des jus non conditionn�s se fait en g�n�ral par “flash pasteurisation”, c'est-�-dire en suivant la proc�dure ci-apr�s:

- porter tr�s rapidement le jus � une temp�rature de 85 � 95°C (en 2-3 s);

- le maintenir pendant 10-12 s au plus � cette temp�rature;

- refroidir imm�diatement � 82-85°C;

- emballer � cette temp�rature (les r�cipients en verre supportent mal les chocs thermiques et doivent �tre pr�chauff�s).

On peut toutefois appliquer un traitement thermique en vrac de fa�on continue, par petites quantit�s de jus chauff�es directement dans des bassines en agitant le liquide et en contr�lant la temp�rature qui ne doit pas �tre trop �lev�e pour limiter toute alt�ration des qualit�s organoleptiques du jus. Le temps de pasteurisation est alors plus long que dans le cas de la flash pasteurisation (une trentaine de minutes environ), jusqu'� obtention de la temp�rature d�sir�e (75-85°C).

Mat�riel

Pour la pasteurisation apr�s conditionnement, on peut utiliser au stade artisanal soit des pasteurisateurs discontinus (figure 61), soit des lessiveuses fonctionnant comme un bain-marie (figure 62).

- Pasteurisateur discontinu. Les r�cipients de conditionnement sont dispos�s les uns � c�t� des autres dans un panier � claire-voie. Le panier est introduit dans un bac qui re�oit de l'eau tombant sous forme de pluie et chauff�e par de la vapeur. Le panier est retir� � la fin de l'op�ration et recharg� pour un nouveau cycle. On peut utiliser des bacs pouvant contenir deux paniers. Au stade artisanal, on traite ainsi 20 � 80 litres � l'heure.

- Lessiveuse. Les r�cipients, dispos�s ou non dans un panier � claire-voie, sont plac�s dans une lessiveuse chauff�e � feu nu, comportant un syst�me de cales (pour que les r�cipients ne reposent pas directement sur le fond) et contenant de l'eau de fa�on � ce que les flacons, bouteilles ou bo�tes soient immerg�s. Cette m�thode ne permet pas le traitement de fortes capacit�s (20 � 40 litres � l'heure, en moyenne).

Au stade artisanal, on peut �galement pasteuriser avant conditionnement. Dans ce cas, on chauffe le jus en vrac dans des marmites d'une capacit� 20-50 kg ou dans de petits pasteurisateurs basculants (figure 63) comportant un robinet pour l'�vacuation du liquide pasteuris�. Ces appareils sont chauff�s � feu nu.

Au stade semi-industriel, on peut employer �galement des pasteurisateurs discontinus de capacit� sup�rieure pour le traitement thermique apr�s conditionnement. On utilise dans ce cas des chariots plut�t que des paniers pour le chargement des r�cipients de conditionnement. Le tableau 37 donne un exemple de ce type de mat�riel et de ses caract�ristiques.

Si le traitement thermique a lieu avant conditionnement, on emploie la flash pasteurisation. Celle-ci est r�alis�e dans un �changeur de chaleur � plaques en acier inoxydable chauff�es � l'eau ou � la vapeur. Le tableau 39 donne les caract�ristiques de ces deux modes de chauffage, tandis que la figure 64 illustre un �changeur et son sch�ma de principe.

L'�changeur est constitu� de plaques m�talliques press�es les unes contre les autres de fa�on � former des circuits altern�s pour l'�coulement du jus, d'une part, et le passage de l'agent chauffant (ou refroidissant), d'autre part. Le jus ruisselle en couche mince le long de ces plaques chauff�es. L'�changeur peut comporter une section de refroidissement qui r�cup�re les calories et les transmet au jus qui entre. Chauffage et refroidissement peuvent ainsi �tre r�alis�s dans un m�me appareil.

Le tableau 38 donne les caract�ristiques d'un mat�riel de ce type.

Cas particuliers

On a vu que les normes � appliquer pour la pasteurisation des liquides �taient fonction de plusieurs facteurs (format des r�cipients de conditionnement, mat�riau de ces r�cipients, temp�rature de pr�chauffage, esp�ce fruiti�re, etc.). Le tableau 40 indique les normes � respecter selon les fruits, dans les deux cas d'un traitement thermique r�alis� avant ou apr�s conditionnement.

5.2.4 Post-traitements

a) Conditionnement

Pour le conditionnement des jus, on utilise les r�cipients suivants:

- bo�tes m�talliques vernies int�rieurement et serties (les formats sont normalis�s, on se r�f�rera au tableau 54 concernant les principales normes utilis�es);

- flacons ou bouteilles de verre;

- complexes carton-aluminium ou aluminium-plastique;

- mati�res plastiques (sous forme de sachets thermosoud�s). Les bouteilles plastiques ne seront pas �tudi�es ici � cause des probl�mes d'herm�ticit� que pose leur syst�me de fermeture.


Figure 61. Pasteurisateur discontinu

(Source: Urion, E., Rouleau, H., 1958)


Figure 62. Lessiveuse fonctionnant comme bain-marie


Figure 63. Pasteurisateur basculant � feu nu

(Source: Grenouillet, 1976)

Tableau 37. Caract�ristiques d'un pasteurisateur � bouteilles (exemple)

(Source: Caron, P.A., 1967)

D�bit horaire

260 bouteilles de 1 l sur 2 �tages d'un chariot (donc 260 l/h)

Dur�e totale du traitement

60 mn

Consommation d'eau

0,7-0,9 m3/h

Consommation de vapeur

40 kg/h

Puissance absorb�e

0,75 CV

Dimensions ext�rieures


Longueur

1,9 m


Largeur

1 m


Hauteur

1,5 m

Sch�ma de traitement

Introduction du chariot
Arrosage par eau et mont�e en temp�rature en 25 mn
Maintien de la temp�rature (20 mn)
Refroidissement 10 mn
Arr�t et sortie du chariot

Tableau 38. Caract�ristiques d'un �changeur � plaques (flash pasteurisation)

(Source: Caron, P.A., 1967)

D�bit horaire

50 � 500 l/h

Consommation d'eau

jusqu'� 750 m3/h

Taux de r�cup�ration

75-80%

Dimensions


Longueur

jusqu'� 1,3 m (variable selon le d�bit horaire)


Largeur

0,1-0,6 m


Hauteur

0,5-1,5 m

Sch�ma de traitement

Pr�chauffage
Chauffage jusqu'� la temp�rature de pasteurisation
Maintien de cette temp�rature
Pr�refroidissement par r�cup�ration de chaleur et refroidissement par eau
Refroidissement par eau glac�e ou saumure

Dur�e du traitement

Variable (30-70 s)

Figure 64. Echangeur de chaleur � plaques


Sch�ma de principe


Vue g�n�rale d'un �changeur � plaques

(Sources: Urion, E., Rouleau, H., 1948 pour le sch�ma de principe, et Caron, P.A., 1967 pour la vue de l'�changeur communiqu�e par ALFA-LAVAL.)

Tableau 39. Caract�ristiques des deux modes de chauffage des plaques d'un �changeur

Chauffage � l'eau

Chauffage � la vapeur

Pas de risque de surchauffe du jus

Probl�me de r�gulation de temp�rature

Possibilit� de r�gler la temp�rature de l'eau facilement (il suffit qu'elle soit sup�rieure de 3°C � celle du jus)

Risques de surchauffe

De toute fa�on, la pasteurisation apr�s conditionnement n'est r�alis�e que dans le cas de r�cipients de m�tal ou de verre. On se reportera au chapitre 8 pour tous les d�tails concernant les types de conditionnement et leurs modes de fermeture.

Tableau 40. Normes de pasteurisation des jus et nectars

Fruits

Pr�chauffage

Pasteurisation en r�cipients

Flash pasteurisation



Temps

Temp�rature

R�cipient

Temps

Temp�rature

Refroidissement

Pommes


30 mn

77°C


30-60 s

88°C

80°C

Tamarins


15 mn

100°C

Verre




Corossols (nectar)


10-15 mn

100°C

Verre




Mangues (nectar)

82-85°C

10 mn

100°C

Bo�te n°2

60 s

88°C

80°C

Papayes (nectar)

82-85°C

10 mn

100°C

Bo�te n°2




Ananas

70°C

10 mn

100°C

Bo�te n°2


88-95°C

85°C



20 mn

82°C

Bo�te n°2




Abricots (nectar)

82-85°C

15-20 mn

100°C

Bo�te n°1 et


96°C

85°C



20-30 mn


bo�te n°1




Raisins

85°C

30 mn

80°C

Verre


82-85°C

79°C



10 mn

100°C

Bo�te n°1 1/4




Pommes de cajou

80°C

20-30 mn

82-85°C





Grenadilles


1,5 mn

avec agitation

Bo�te n°1






4 mn

77-82°C

Bo�te n°10




Oranges





30 s

87°C

80°C

Goyaves (nectar)





60 s

88°C

79°C

Pamplemousses

88°C

10 mn

100°C

Bo�te n°1 1/4

45 s

85°C

79°C

Citrons

80°C


74°C


30 s

77°C


b) Refroidissement

Apr�s l'�tape pasteurisation/conditionnement, un refroidissement rapide des r�cipients doit �tre effectu� jusqu'� temp�rature ambiante (30°C environ) afin d'�viter les risques de surcuisson avec le brunissement et le go�t de cuit qui en r�sultent. Les r�cipients de verre doivent �tre refroidis avec pr�caution et lentement pour �viter qu'ils ne se cassent.

On proc�de par trempage des r�cipients dans des bacs aliment�s en eau courante (celle-ci doit �tre renouvel�e constamment pour �viter qu'elle se r�chauffe au contact des r�cipients) ou par aspersion d'eau froide (gr�ce � des rampes de jets situ�es au-dessus d'une bande transporteuse).

5.3 Produits solides: Pulpes, pur�es et compotes

5.3.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Les produits �tudi�s dans cette section peuvent �tre subdivis�s en deux cat�gories:

- les pulpes, produites par extraction de la chair des fruits suivie d'une r�duction en morceaux ou d'une lac�ration et que l'on conditionne ensuite sans jutage, sauf parfois avec l'eau provenant du blanchiment;

- les pur�es et compotes, produites elles aussi par extraction de la chair du fruit suivie d'une cuisson r�alis�e dans tr�s peu d'eau. On ajoute ensuite du sucre avant conditionnement ou avant cuisson. Dans ce cas, la pr�paration est la m�me que celle des confitures, mais le temps de cuisson est moins long et la quantit� de sucre utilis� moins importante.

Dans les deux cas, le sucre ajout� ou contenu naturellement dans les fruits n'est pas � une concentration suffisante pour assurer la conservation du produit. On doit donc effectuer une pasteurisation ou un simple embo�tage � chaud suivi d'un refroidissement du r�cipient apr�s sa fermeture, c'est-�-dire une autopasteurisation.

La ligne g�n�rale de transformation est illustr�e � la figure 65.

Cette transformation est applicable � l'�chelle artisanale ou semi-industrielle et permet la production quotidienne d'environ 50 � 500 kg de compote, pur�e ou pulpe de fruits par jour dans le cadre d'une unit� artisanale, et de 500 kg � quelques tonnes par jour pour dans une unit� semi-industrielle.

5.3.2 Pr�traitements

Le chapitre 2 ayant �t� consacr� � l'�tude des pr�traitements, seuls quelques compl�ments concernant directement la transformation des fruits en pur�es, compotes ou pulpes seront donn�s ci-apr�s.

A. Compl�ments concernant le triage

Les fruits m�rs et � chair ferme seront transform�s en pulpes et les fruits de maturit� avanc�e mais sains, en pur�es et compotes.

La transformation en pulpe, pur�e ou compote permet de valoriser les rebuts de calibrage (provenant par exemple de la ligne fruits au sirop ou au naturel).

B. Compl�ments concernant le d�coupage

Il suffit d'effectuer un d�coupage grossier, puisque les fruits vont subir par la suite une cuisson ou une pr�cuisson qui d�sagr�gera leur chair.

C. Compl�ments concernant le blanchiment et la pr�cuisson (ligne pulpes)

Cette op�ration est indispensable car l'�tape suivante d'embo�tage des pulpes doit se faire � chaud.

Le temps de blanchiment varie de 30 s � 3 mn. Les fruits dont la chair ne se d�sagr�ge pas facilement subiront une pr�cuisson ou un blanchiment suivi d'un broyage. Tout d�pend en fait de la consistance d�sir�e du produit fini. Les deux m�thodes peuvent �tre appliqu�es.

Le tableau 41 donne les temps de blanchiment pour la pr�paration des pulpes � appertiser.

D. Compl�ments concernant la cuisson (ligne compotes)

Cette op�ration se fait dans tr�s peu d'eau (de l'ordre de 0,2-0,25 l d'eau par kg de fruits) et dure au minimum une quinzaine de minutes jusqu'� d�sagr�gation de la pulpe des fruits et ramollissement de la texture. Si l'on ajoute du sucre avant cuisson, ce temps doit �tre raccourci. On se reportera au paragraphe 5.3.2 pour les pr�cisions concernant le mat�riel de cuisson.

E. Addition de sucre et d'acide

Il faut ajouter 100 g de sucre pour 600 � 700 g de fruits pr�par�s. L'acide, incorpor� sous forme de jus de citron ou d'acide citrique, est utilis� dans le cas de fruits � pH �lev�, de fa�on � ramener celui-ci � une valeur n'exc�dant pas 4,5.

Dans le cas de la pur�e de ch�taignes, on ajoute simplement 2 pour cent de sucre et 1 pour cent de sel.

F. Embo�tage

Principe

L'embo�tage s'effectue � chaud apr�s la cuisson, la pr�cuisson ou le blanchiment.

Dans la ligne des pulpes, on peut compl�ter le remplissage des r�cipients (jutage) par l'eau provenant du blanchiment; cela permet de conserver tous les principes nutritifs ayant diffus� dans cette eau et d'�viter les risques de corrosion des bo�tes et d'alt�ration des fruits par oxydation.

Mat�riel

Compte tenu des �chelles de production choisies, on effectue le remplissage manuellement au moyen d'une louche ou d'une remplisseuse-doseuse pour produits p�teux (figure 67).

Les r�cipients utilis�s doivent �tre rigides, permettre l'application d'un traitement thermique et comporter une fermeture herm�tique. On emploie soit des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement, soit des flacons ou des bocaux de verre.

D'une fa�on g�n�rale, il faut soigneusement nettoyer et laver � l'eau bouillante tous les r�cipients utilis�s.

G. Pr�chauffage

On effectue cette op�ration selon la m�thode et avec le mat�riel pr�sent�s dans la section 5.4.2.F.

Elle a pour r�le:

- de diminuer le temps de pasteurisation en acc�l�rant les transferts de chaleur, particuli�rement lents dans le cas des produits p�teux que sont les pulpes, pur�es et compotes;

- de d�gazer le produit et diminuer ainsi les risques de corrosion, de trop forte pression, de fuites au niveau des points de moindre r�sistance des r�cipients et d'alt�ration de leur contenu;

- d'offrir la possibilit� d'effectuer une autopasteurisation si la temp�rature � laquelle est port� le contenu du r�cipient est suffisante.

En pratique, il faut que la temp�rature � coeur du produit atteigne 70 � 80°C et soit maintenue dans cet intervalle pendant quelques minutes, ou bien qu'elle se situe entre 90 et 100°C si l'on veut effectuer une autopasteurisation par la suite.

L'avantage du pr�chauffage est illustr� par l'exemple suivant:

- si l'on met en bo�tes de la pur�e d'abricots � froid, une pasteurisation de 45 � 60 mn � 100°C est n�cessaire, avec agitation des bo�tes;

- si, par contre, on proc�de � chaud (70-80°C), il suffit d'appliquer un traitement � 100°C de 15 � 25 mn, selon le format des bo�tes.

H. Fermeture des r�cipients de conditionnement

Elle doit avoir lieu imm�diatement apr�s le pr�chauffage. Ainsi, on ne perd pas le b�n�fice du d�gazage et on limite la pression int�rieure dans le r�cipient pendant la pasteurisation.

5.3.3 Pasteurisation

Le principe de la pasteurisation a �t� expos� dans la section 5.2.3. Pr�cisons cependant que dans le cas des pulpes, pur�es et compotes, la temp�rature � coeur du produit conditionn� doit �tre port�e � 82-85°C.

Si l'on effectue une simple autopasteurisation par retournement du r�cipient contenant le produit pr�alablement chauff�, le temps de contact entre produit et r�cipient doit �tre de 3 � 5 mn pour assurer la destruction des agents de contamination, d'une part, et limiter les r�actions de brunissement, d'autre part.

Si le pr�chauffage effectu� avant pasteurisation n'a pas permis d'atteindre une temp�rature � coeur suffisante pour qu'une simple autopasteurisation assure la conservation � long terme du produit fini, on devra alors appliquer aux pulpes, pur�es et compotes des normes de pasteurisation identiques � celles des fruits au sirop (tableau 46), mais uniquement si l'on a proc�d� � un pr�chauffage.


Figure 65. Ligne de fabrication des pulpes, pur�es et compotes

Tableau 41. Blanchiment des fruits en vue de l'appertisation de leur pulpe

Fruits

Mode

Temps

Abricots

Eau 80-85°C

2 mn

Pommes

Eau 100°C

6-20 mn

Oranges

Eau 100°C

Quelques mn (vari�t�s douces)
Pr�cuisson (vari�t�s am�res)

Ecorces d'agrumes

Eau 100°C

Pr�cuisson 30 mn-1 h

Mangues

Vapeur

2-2,5 mn

Ch�ta�gnes

Eau 100°C

15-25 mn

Si ce n'est pas le cas, les temps de traitement seront plus longs (par exemple 45-60 mn � 100°C pour les abricots, 20 mn pour les ananas, 30 mn pour les goyaves, 30-40 mn pour les pommes). Cette m�thode est cependant moins recommand�e, un pr�chauffage �tant toujours souhaitable.

Les mat�riels de pasteurisation utilis�s sont les m�mes que ceux qui ont �t� �tudi�s dans la section 5.2.3.b dans le cadre d'une pasteurisation r�alis�e apr�s conditionnement.

5.4 Produits solides: Fruits au naturel et au sirop

5.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Cette section est consacr�e � l'�tude des fruits conserv�s par la chaleur mais pr�par�s de fa�on � ce qu'ils gardent l'aspect de fruits frais. La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e � la figure 66.

Les �chelles de production envisag�es dans le cas de la fabrication des pulpes, pur�es et compotes restent valables pour ces produits, soit 50 � 500 kg par jour en unit� artisanale et 500 � 3 000 kg par jour en unit� semi-industrielle.

5.4.2 Pr�traitements

Les �tapes de triage, lavage, �pluchage, calibrage, d�noyautage et �p�pinage doivent �tre effectu�es tr�s soigneusement puisque les fruits ne subissent par la suite aucun broyage, pressage ou cuisson. Il est n�cessaire de coupler � la qualit� du produit fini une pr�sentation homog�ne. Les op�rations correspondantes ont �t� d�taill�es dans la chapitre 2 consacr� aux pr�traitements.

A. Compl�ments concernant le d�coupage

Le d�coupage contribue � l'homog�n�isation et � la rapidit� du transfert de chaleur au moment de la pasteurisation. Il est �videmment indispensable lorsque les fruits trait�s sont trop gros pour �tre conditionn�s tels quels. Les morceaux obtenus doivent �tre de taille et de forme homog�nes.

Le tableau 42 pr�cise les formes sous lesquelles les fruits doivent �tre pr�sent�s.

B. Compl�ments concernant le blanchiment

Celui-ci n'est pas syst�matique. Lorsqu'il n'est pas r�alis�, le pr�chauffage fait office de blanchiment, surtout dans la ligne de fabrication des fruits au naturel o�, �tant r�alis� � une temp�rature inf�rieure � celle du blanchiment, il pr�serve avantageusement la couleur et le parfum des fruits.

Lorsqu'il n'y a pas de pr�chauffage, les fruits sont g�n�ralement blanchis. Le tableau 43 indique les temps et modes de blanchiment appliqu�s � un certain nombre de fruits.

Les pommes n�cessitent toujours un blanchiment pour �viter un brunissement pr�matur�, m�me dans le cas de la ligne fruits au naturel.


Figure 66. Ligne de fabrication des fruits au sirop ou au naturel

C. Remplissage

Principe

Les fruits sont d�pos�s et tass�s, mais non �cras�s, dans les r�cipients de conditionnement pr�alablement nettoy�s et lav�s � l'eau bouillante. La r�partition des fruits doit �tre homog�ne et il doit y avoir le moins de vide possible.

Lors du remplissage, il faut tenir compte du fait que les fruits non pr�alablement blanchis subissent une r�traction de 15 � 20 pour cent en poids pendant le traitement thermique. Cette op�ration doit �tre rapide ainsi que le jutage qui va suivre, pour �viter un brunissement des fruits au contact de l'oxyg�ne de l'air.

Mat�riel

Le remplissage manuel � la louche sur tables de conditionnement (tables ordinaires ou tapis roulants sur lesquels circulent les bo�tes ou bocaux � remplir) suffit dans le cas de petites unit�s de production artisanale. Le remplissage automatique pr�sente d'ailleurs l'inconv�nient d'�craser les fruits et de ne pas assurer un remplissage homog�ne.

Un pesage des r�cipients est n�cessaire pendant le remplissage manuel pour s'assurer que le contenu net �goutt� des r�cipients est conforme � la l�gislation. Le pesage n'est toutefois pas indispensable si le remplissage se fait en fonction du nombre de tranches de fruits par bo�te.

Tableau 42. D�coupage des fruits destin�s aux lignes de transformation “Fruits au sirop” et “Fruits au naturel”

Fruits

Mode de d�coupage

Figues, ch�taignes, litchis, raisins

Non d�coup�s

Papayes, mangues

D�coupage en d�s ou en deux (joues de mangue)

Abricots

D�coupage en deux (oreillons)

Pommes

D�coupage en 4 ou 5 tranches

Ananas

D�coupage en tranches cylindriques ou en d�s

Bananes

D�coupage en rondelles

Melons, past�ques

D�coupage en d�s

Agrumes

D�coupage en carpelles (tranches)

Tableau 43. Blanchiment des fruits destin�s aux lignes “Fruits au sirop” et “Fruits au naturel”

Fruits

Agent de blanchiment

Temps de blanchiment

Figues

Eau bouillante

5 mn

Abricots

Eau bouillante

1 mn

Pommes

Eau bouillange + 30% de sel

3-4 mn

Raisins, melons
Plantains m�rs

Pas de blanchiment

Bananes

Eau bouillante

Quelques minutes

Pamplemousses

Vapeur

Quelques minutes

Une personne peut remplir manuellement 10 bo�tes environ par minute. Les r�cipients utilis�s devant �tre rigides et r�sister � la chaleur, on conditionnera les fruits soit dans des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement, soit dans des flacons ou bocaux de verre (voir le chapitre 8 sur le conditionnement). Le tableau 44 donne un exemple de la quantit� de fruits pouvant �tre introduite dans quelques bo�tes m�talliques normalis�es.

Tableau 44. Contenance de quelques r�cipients de conditionnement

Format

Poids net minimal de fruits (kg)

Bo�te 5/1

4,250

Bo�te 2/1

1,700

Bo�te 1/1

0,500

Bo�te 1/2

0,240

D. Pr�paration des sirops

Principe

On ajoute, aux fruits plac�s dans les r�cipients, un liquide de couverture (eau, sirop) dont le r�le est de faciliter la p�n�tration de la chaleur � la pasteurisation, d'�viter les risques d'oxydation et d'am�liorer les caract�ristiques organoleptiques du produit fini. Les sirops � juter peuvent �tre de concentrations diff�rentes:

- au naturel: liquide de couverture � teneur en sucre ne d�passant pas 16 pour cent;

- sirop l�ger: concentration en sucre �gale � 16-20 pour cent (18-22 pour cent pour les abricots).

La concentration en sucre du sirop � juter est fonction de plusieurs facteurs.

Si l'on d�signe par

Pn

le poids net du m�lange fruits/sirop dans le r�cipient;


Pf

le poids des fruits au remplissage, compte tenu de la r�traction dans le cas des fruits non blanchis;


sf

la teneur des fruits en mati�res s�ches, et


sn

la teneur en mati�res s�ches du m�lange fruits/sirop,

on peut en d�duire que:

- le poids total des mati�res s�ches est �gal � Pn · sn;
- le poids des mati�res s�ches dans les fruits est �gal � Pf · sf;
- le poids des mati�res s�ches dans le sirop est �gal � Pn · sn - Pf · sf;
- le poids de sirop est �gal � Pn - Pf,

et �crire que la concentration du sucre � ajouter est �gale �:


Les grandeurs figurant dans cette derni�re formule seront d�termin�es comme suit:

- sf au r�fractom�tre � fruits (une goutte de jus de fruit suffit);

- Pf en prenant un �chantillon de r�cipients remplis, en pesant les fruits contenus dans les r�cipients et en calculant leur poids moyen;

- Pn en calculant la diff�rence entre le poids du r�cipient plein et le poids du r�cipient vide;

- sn en prenant pour cette grandeur la concentration en sucre finale Cf que l'on veut obtenir dans le liquide de couverture.

En g�n�ral, la teneur en mati�res s�ches du sirop est sup�rieure � celle des fruits (dans lesquels sf est inf�rieur � 18 pour cent). De toute fa�on, apr�s quelque temps, un �quilibre s'�tablit entre la concentration en sucre des fruits et celle du sirop, si bien que la concentration globale sn devient inf�rieure � Cf. Pour �tre s�r que la teneur en sucre du sirop apr�s �quilibre ne sera pas inf�rieure au Cf fix�, on majore sn par rapport � Cf.

En pratique, les sirops sont fabriqu�s � partir de quantit�s d'eau et de sucre � peu pr�s �gales � celles du sirop que l'on veut obtenir (on ajoute simplement un peu plus d'eau pour tenir compte de l'�vaporation); le m�lange est ensuite amen� � �bullition.

Mat�riel

Les sirops se pr�parent dans des bassines � confiture.

E. Jutage

Principe

Les vides laiss�s entre les fruits lors du remplissage sont combl�s par un jus chaud (sirop ou eau de blanchiment). L'op�ration doit se faire � chaud pour que les produits soient � peu pr�s � la temp�rature de pr�chauffage; on r�alise ainsi une �conomie d'�nergie. D'autre part, le d�gazage du produit est meilleur dans le cas d'un jutage � chaud (les sirops sont plus fluides � chaud qu'� froid).

Il est n�cessaire de laisser un espace libre de 7 � 8 pour cent au-dessus du produit au moment du jutage pour:

- compenser l'augmentation de volume du liquide de couverture pendant la pasteurisation et �viter ainsi une surpression � l'int�rieur des bo�tes et une fragilisation de celles-ci au niveau des points de moindre r�sistances (sertis);

- faciliter les �changes de chaleur.

Cependant, il ne faut pas laisser un vide trop important, sinon il y a risque d'oxydation pouvant conduire � une corrosion des bo�tes et � la d�gradation des produits eux-m�mes.

Mat�riel

Compte tenu des �chelles de production retenues, le remplissage se fera manuellement:

- avec une louche; ou

- au moyen d'une remplisseuse-doseuse manuelle � piston (figure 67) permettant d'introduire une quantit� de liquide d�termin�e dans le r�cipient de conditionnement. Le liquide stock� dans un r�servoir se d�verse par un ajutage pourvu d'un robinet.


Figure 67. Remplisseuse-doseuse manuelle

Cas particuliers

Le tableau 45 donne des exemples de sirops de couverture pouvant �tre utilis�s.

On acidifie certains sirops dans le cas de fruits ayant un pH naturellement �lev� (comme les figues qui ont un pH compris entre 5,5 et 6,0), ceci dans le but de ramener le pH � 4,0 ou moins pour favoriser l'inhibition des micro-organismes r�sistant � la chaleur (formes sporul�es des bact�ries, par exemple).

Tableau 45. Composition des sirops de couverture de fruits appertis�s

Fruits

Liquide de couverture


Nature

Teneur en sucre

Abricots

Naturel

1 cuill�re � soupe de sucre par bocal de 1 l


Sirop

450 g sucre/l eau 10, 25, 40 ou 55°Brix

Figues

Naturel

Comme pour les abricots


Sirop

16 � 48°Brix (+ acide citrique)

Melons

Sirop

500 g sucre/l eau
40°Brix + 0,5-1,5% acide citrique

Raisins

Sirop

400 g sucre/l eau
10,20, 30 ou 40°Brix

Pommes

Sirop

500 g sucre/l eau

Pommes de cajou

Sirop

25,5°Brix

Pamplemousses

Sirop

40°Brix ou moins

Oranges

Sirop

50°Brix

Bananes

Sirop

30°Brix (+ 0,5% acide citrique + 0,1 - 0,2% chlorure de calcium)

Litchis

Sirop

40 � 50°Brix (+ acide)

Mangues

Sirop

40°Brix (+ 0,25% acide citrique)

Papayes

Sirop

30 � 50°Brix (+ 0,5% acide citrique)

Fruits en d�s

Sirop

40°Brix ou 1 kg de sucre pour 6-7 kg de fruits

Goyaves

Sirop

65°Brix

Ananas

Sirop

20 � 40°Brix

F. Pr�chauffage

Principe

Les r�cipients remplis de fruits et de sirop de couverture seront plac�s dans un bain d'eau bouillante, dans une atmosph�re satur�e de vapeur, leurs couvercles �tant simplement pos�s ou agraf�s et non herm�tiquement ferm�s. Le contenu des r�cipients sera port� � 75°C environ (70-80°C) pendant une dizaine de minutes. Le pr�chauffage a pour r�le:

- d'�liminer l'air inclus dans les cellules des fruits, dans le jus et dans l'espace libre existant entre le produit et le couvercle, ceci afin de:

· diminuer les risques de corrosion;
· diminuer la pression int�rieure des bo�tes pendant la pasteurisation;
· prot�ger les sertis et �viter ainsi les risques de fuite de liquide;

- de remplacer le blanchiment des fruits lorsque celui-ci n'a pas �t� effectu� auparavant. C'est le cas dans la ligne “Fruits au naturel” o� le liquide de couverture des fruits peut �tre de l'eau ou de l'eau tr�s peu sucr�e (dans le cas des pommes, un blanchiment pr�alable est toujours n�cessaire).

Le pr�chauffage pr�serve mieux le parfum et la couleur des fruits que le blanchiment et �vite �galement le go�t de cuit. La dur�e du pr�chauffage varie selon la temp�rature devant �tre atteinte � coeur du produit et selon la nature des fruits a traiter.

Mat�riel

On utilise un bac de faible profondeur contenant de l'eau � 70-90°C et chauff� � feu nu (unit�s artisanales) ou par barbotage de vapeur (�chelle semi-industrielle). Les r�cipients ouverts sont dispos�s dans ce bac, sans toutefois reposer directement sur le fond pour �viter les risques de surchauffe. On �vitera cet inconv�nient par l'emploi d'un caillebotis dispos� entre le fond du bac et les r�cipients, ou en utilisant un mat�riel � double fond.

Le niveau et la temp�rature de l'eau doivent �tre constants; une surveillance tr�s attentive de l'op�ration est n�cessaire pour �viter la submersion des r�cipients.

Cas particuliers

Les r�cipients m�talliques de petite taille seront pr�chauff�s une dizaine de minutes jusqu'� obtention d'une temp�rature de 80°C � coeur du produit. Ceux de grosse capacit� (bo�tes n° 10) seront pr�chauff�s pendant le m�me temps jusqu'� l'obtention d'une temp�rature de 70°C � coeur.

G. Fermeture

Les modes de fermeture des r�cipients de conditionnement seront mentionn�s dans la section 8.3. La fermeture elle-m�me a lieu juste avant la pasteurisation.

5.4.3 Pasteurisation

Le principe de cette op�ration a �t� expos� pr�c�demment dans la section 4.2.3. Dans le cas de la pasteurisation des fruits au naturel ou au sirop, on doit obtenir une temp�rature � coeur de 85°C. Un traitement dans un bain-marie (ou un pasteurisateur discontinu) � 100°C pendant un temps d�termin� suffit � r�aliser cette condition (tableau 46). Les fruits peu acides, comme les figues, auront �t� additionn�s d'acide citrique (1 � 2 g/l) de fa�on � ce que le pH soit ramen� � une valeur maximale de 4,0. De la sorte, l'action compl�mentaire d'une acidit� suffisante et d'un traitement thermique appropri� conduisent � l'inhibition des micro-organismes ind�sirables.

Les temps de pasteurisation peuvent �tre d�termin�s de fa�on pr�cise par sondages quotidiens effectu�s sur les bo�tes m�talliques. Pour ce faire, les r�cipients remplis et sertis sont plac�s dans le pasteurisateur ou la lessiveuse. A partir de l'�bullition, on perce toutes les cinq minutes le centre du couvercle d'une des bo�tes � l'aide d'un poin�on et l'on introduit par cette ouverture un thermom�tre dont le bulbe doit arriver au centre de la bo�te. Lorsque la temp�rature d�sir�e est atteinte, on note le temps de pasteurisation qui a �t� n�cessaire. Cette s�rie de mesures peut �tre r�p�t�e plusieurs fois; dans ce cas, on retiendra le temps le plus long n�cessaire � l'obtention de la temp�rature � coeur voulue.

Remarque: Les mesures doivent �tre faites sans agiter les bo�tes, de fa�on � ce que leur contenu, dont la p�riph�rie est plus chaude que le centre, ne soit pas homog�n�is�, ce qui fausserait la mesure.

Les temps de pasteurisation des fruits au sirop (pour des sirops de teneur en sucre minimale de 20 pour cent) sont en g�n�ral sup�rieurs de 5 � 6 mn � ceux requis pour les fruits au naturel.

5.4.4 Post-traitements - Refroidissement

Le refroidissement des r�cipients de conditionnement doit se faire rapidement pour engendrer une baisse de temp�rature assez brutale pour provoquer l'inhibition de l'activit� des micro-organismes ayant r�sist� au traitement par la chaleur.

Il peut se faire � l'air libre, en formant une pyramide par disposition des bo�tes en quinconce les unes au-dessus des autres, mais cette pratique n'est pas recommand�e. Il vaut mieux effectuer un refroidissement par immersion dans de l'eau froide souvent renouvel�e ou par aspersion d'eau froide. Cette derni�re m�thode est la plus efficace, car la vaporisation d'eau finement pulv�ris�e au contact des r�cipients chauds absorbe une quantit� de chaleur plus importante que lorsque ceux-ci sont simplement immerg�s.

Tableau 46. Bar�mes de pasteurisation des fruits au naturel et au sirop

Fruits

Temp�rature

Bar�me selon le type de conditionnement


d'embo�tage

Bo�tes m�talliques (jutage avec sirop)

Bocaux de verre



N° 2 (524 ml)

2,5 (761 ml)

1/1 (850 ml)

N° 10 (2 797 ml)

1 000 ml

Abricots

75-80°C


8-18 mn � 100°C

20-25 mn � 100°c

Naturel: 45 mn � 100°C
Sirop: 35 mn � 100°C

Pommes

71°C

20 mn � 100°C

20 mn � 100°C


35 mn � 100°C

Sirop: 25 mn � 100°C

Raisins



12 mn � 100°C



Sirop: 30 mn � 100°C

Ananas

70-75°C

20 mn � 82°C

10 � 25 mn � 100°C


30-40 mn � 100°C

Naturel: 20-25 mn � 100°C (pour 850 ml)
Sirop: 25-30 mn � 100°C (pour 850 ml)

Oranges

79-92°C



40 mn � 100°C



Pamplemousses

82°C

10 mn � 100°C ou 25-30 mn � 82°C


40 mn � 100°C



Pommes de cajou

80-85°C


25 � 30 mn � 100°C



Mangues

85-88°C

15-20 mn � 100°C

20 � 30 mn � 100°C



Papayes

88°C


12 � 18 mn � 100°C



Goyaves

70°C



20 mn � 100°C



Litchis

77°C

10-12 mn � 100°C




Melons, past�ques

82°C





Sirop: 45 mn � 100°C

Ch�taignes






Sirop: 15 mn � 100°C

Figues

50-65°C

30-60 mn � 100°C

40-65 mn � 100°C

60 mn � 100°C au moins

Naturel: 45 mn � 100°C
Sirop: 20 mn � 100°C

Dattes


30-45 mn � 100°C (au naturel)





Bananes


10-12 mn � 100°C





Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
6.1 Introduction
6.2 Conservation par le sel sans fermentation
(introduction...)
6.2.1 Conservation par le sel sec
6.2.2 Conservation en saumure � temp�rature peu �lev�e
6.3 Conservation par le sel et le vinaigre avec fermentation
6.3.1 Introduction
6.3.2 Conservation par la saumure
6.3.3 Conservation par saumure et vinaigre
6.4 Action combin�e des agents sel, vinaigre, sucre et chaleur
6.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
6.4.2 Pr�traitements
6.4.3 Mise en pr�sence des ingr�dients et cuisson-concentration
6.4.4 Conditionnement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE

6.1 Introduction

La conservation des fruits par le sel et le vinaigre s'effectue selon deux principes diff�rents, suivant que l'on autorise ou non une fermentation:

- On peut traiter tout d'abord les fruits avec du sel en forte concentration (15 pour cent au moins), sans ajouter de vinaigre. A cette teneur, tout d�veloppement microbien est inhib�, et il n'y a donc pas de fermentation dans le produit. Le sel est l'agent de conservation.

- On peut �galement traiter les fruits avec une solution saline � une concentration d'environ 8 � 10 pour cent, ce qui permet le d�veloppement s�lectif d'une certaine cat�gorie de micro-organismes (les bact�ries lactiques) et autorise une fermentation. Ces bact�ries vont transformer les sucres fermentescibles des fruits en acide lactique. Cet acide, ainsi que l'acide ac�tique provenant du vinaigre que l'on ajoute �galement aux fruits, inhibe le d�veloppement d'autres micro-organismes nuisibles, tels que les bact�ries productrices de spores, les bact�ries prot�olytiques et les organismes pectolytiques. Ce sont donc ici les actions combin�es du sel et du vinaigre qui assurent la conservation du produit fini.

Ces deux cas vont �tre �tudi�s s�par�ment par la suite.

Il existe �galement un troisi�me mode de conservation des fruits faisant appel � l'adjonction de vinaigre coupl�e � une op�ration de cuisson-concentration. La r�duction de la teneur en eau dans les fruits ainsi que l'action bact�riostatique du vinaigre assurent dans ce cas la conservation des fruits.

6.2 Conservation par le sel sans fermentation

Il est assez rare que les fruits - � l'exception des olives - se pr�tent � ce genre de traitement, car il exige des conditions de temp�rature et de concentration saline qui priveraient la plupart des fruits de leur saveur.

6.2.1 Conservation par le sel sec

A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Cette transformation s'applique aux olives noires, c'est-�-dire cueillies au stade de maturit� (couleur violet-noir). Les principales �tapes en sont repr�sent�es dans la figure 68.

Figure 68. Sch�ma de conservation par le sel sec

Triage
¯
Calibrage
¯
Lavage
¯

Stockage dans le sel

Ce proc�d� est surtout r�alis� au stade artisanal, les op�rations s'effectuant manuellement. Cependant, en utilisant des r�cipients de grande capacit�, la technique est transposable au stade semi-industriel.

B. Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Pr�cisons simplement que le calibrage est une op�ration importante dont le r�le est ici d'assurer une action homog�ne du sel sur les fruits.

C. Stockage dans le sel (d�gorgement)

Principe

Le principe de cette op�ration a �t� expos� dans la section 2.17. Elle intervient ici non plus comme pr�traitement, mais comme �tape principale de la transformation et du mode de conservation. On laisse tout d'abord les olives reposer pendant deux jours dans des paniers pour provoquer un tr�s l�ger d�but de fermentation. On dispose ensuite les fruits en couches s�par�es par des couches de sel, en ajoutant au total une quantit� de sel �gale � 15-20 pour cent du poids des olives.

Le sel a pour r�le de s�parer l'oleurop�ine (compos� amer de la pulpe de l'olive) de la chair des fruits par un effet d�shydratant (le sel provoque un d�gorgement des fruits). Il p�n�tre �galement dans les fruits, permettant � ceux-ci de se conserver; on obtient ainsi un produit sal� et ratatin� que l'on peut �ventuellement aromatiser avec de l'anis, de l'origan, etc.

Une autre m�thode consiste � malaxer les fruits (pr�alablement piqu�s avec une fourchette ou une aiguille) avec du sel fin trois ou quatre fois par jour pendant une semaine.

Mat�riel

On utilise des f�ts de bois ou d'acier inoxydable (figures 69 et 70). On peut fermer d'un couvercle maintenu par un poids pour favoriser un m�lange plus intime entre le sel et les fruits (figure 70).

Les capacit�s des f�ts peuvent �tre tr�s variables (50-200 1) en fonction de l'�chelle de production choisie. On peut m�me utiliser des cuves en ciment enduites int�rieurement de paraffine ou de peinture plastifi�e (figure 71).

Au stade artisanal, le d�gorgement peut �tre r�alis� dans des jarres de gr�s.


Figure 69. F�t en acier inoxydable


Figure 70. F�ts avec couvercle


Figure 71. Cuve en ciment pour saumures

D. Post-traitement - Conditionnement

On peut laisser les fruits et le sel dans les f�ts pendant un temps ind�termin� ou les transf�rer dans des jarres de gr�s (avec de la saumure obtenue par d�gorgement des olives dans le sel sec); ainsi, le produit peut se conserver tr�s longtemps sans fermentation, puisque celle-ci est inhib�e par la forte concentration en sel.

Un dessalage prolong� est n�cessaire avant la consommation.

6.2.2 Conservation en saumure � temp�rature peu �lev�e

Ce proc�d� s'applique aux olives vertes (cueillies avant maturit�). Il fait intervenir des saumures tr�s peu concentr�es, ce qui oblige de travailler � des temp�ratures d'environ 10°C si l'on veut �viter toute fermentation. Il est donc difficilement applicable dans les pays en d�veloppement. De plus, il n�cessite une pasteurisation apr�s conditionnement.

6.3 Conservation par le sel et le vinaigre avec fermentation

6.3.1 Introduction

La fermentation vise � d�velopper en milieu sal� certains micro-organismes qui utilisent les mati�res fermentescibles des fruits (les sucres en particulier) pour les transformer en acide lactique. L'augmentation de l'acidit� du milieu due � cette fermentation et � une adjonction �ventuelle de vinaigre �vite le d�veloppement de micro-organismes nuisibles et conf�re au fruit certaines caract�ristiques particuli�res de couleur, de texture et de saveur.

Il existe deux sortes de traitements selon la nature du produit fini et le fruit utilis�:

- saumurage seul: il s'applique aux olives et aux �corces d'agrumes;
- le traitement par le sel et le vinaigre (acide ac�tique), utilis� pour les pickles de fruits.

6.3.2 Conservation par la saumure

A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

La conservation par la saumure s'applique aux olives vertes ou noires et aux �corces d'agrumes. Les lignes de transformation, quelque peu diff�rentes selon les produits, comme le montre la figure 72, peuvent tr�s facilement s'appliquer au stade artisanal puisque les techniques employ�es sont simples et ne n�cessitent aucun mat�riel sophistiqu�. Pour passer au stade semi-industriel, on augmente simplement l'effectif de la main-d'oeuvre et les dimensions des cuves ou des f�ts utilis�s.

B. Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� d�taill�s au chapitre 2. Quelques compl�ments sont donn�s ci-dessous.

Figure 72. Sch�ma de conservation par la saumure


Figure


Figure

a) D�sam�risation

La pulpe des olives vertes cueillies avant maturit� contient un glucoside appel� oleurop�ine, qui conf�re au fruit un go�t amer et le rend inconsommable en l'�tat (il est parfois n�cessaire de d�sam�riser �galement les olives noires).

On �limine l'oleurop�ine par traitement alcalin dans une solution de soude caustique ou de potasse qui l'hydrolise. On utilise � cet effet des solutions dont la concentration est comprise entre 2,0 et 4,0°Baum� (c'est-�-dire 1,4 � 2,5 pour cent de soude en volume). Le temps de trempage varie en fonction:

- du degr� de maturit� des fruits (il est plus long si les fruits sont plus verts);
- de la temp�rature ambiante;
- de l'eau employ�e;
- de la concentration de la solution utilis�e.

La p�n�tration de la soude doit s'op�rer jusqu'� proximit� du noyau des olives (aux deux tiers de la chair, environ). Si le temps de trempage est trop court, les fruits auront un go�t amer et ne fermenteront peu ou pas; s'il est trop long, par contre, les fruits risquent de s'ab�mer. L'op�ration s'effectue dans des bacs de trempage tels que d�crits dans la section 2.3.

b) Compl�ments concernant le lavage et le rincage

Dans le cas des olives noires et des �corces d'agrumes, un simple lavage � l'eau propre est pratiqu�. Dans le cas des olives vertes, le lavage sert � �liminer l'exc�s de soude dans la pulpe. On effectue des rin�ages pendant 24-48 h en changeant l'eau toutes les 3 � 6 h le jour, toutes les 12 h la nuit; on peut aussi laisser la premi�re eau pendant 12 h et effectuer des trempages successifs pendant 3-4 h en changeant l'eau tous les jours. On peut ajouter � d'eau de rin�age 2 pour cent d'acide citrique. Cette op�ration doit s'effectuer imm�diatement apr�s vidange de la soude pour stopper le processus de d�sam�risation et �viter le noircissement des olives. Un �gouttage est indispensable apr�s ce lavage.

Le tableau 47 r�sume les inconv�nients engendr�s par une dur�e inad�quate des temps de rin�age.

Tableau 47. Inconv�nients d'un temps de rin�age inadapt� dans la conservation des fruits par saumurage

Rin�age trop long

Rin�age trop court

Perte par entra�nement des mati�res fermentescibles, d'o� difficult� � obtenir ensuite l'acidit� n�cessaire

Une acidit� trop importante se d�veloppe, d'o�:

- amertume des fruits

- fermentations butyriques ind�sirables

C. Mise en saumure

Principe

Le saumurage vise �:

- extraire le jus cellulaire contenu dans les fruits (les faire d�gorger);

- faciliter le d�veloppement de certains micro-organismes responsables de la fermentation (lactobacilles) tout en inhibant d'autres micro-organismes nuisibles (Clostridium);

- conf�rer aux fruits des caract�res organoleptiques pr�cis.

Une saumure initiale est vers�e sur les fruits. Au bout d'un certain temps, la concentration en sel va baisser car le sel p�n�tre dans la chair des fruits et ceux-ci c�dent leur eau de constitution (osmose). Il faut donc r�ajuster la saumure par apports r�guliers de sel, la concentration �tant mesur�e au densim�tre.

Remarque: Il faut tenir compte de la stratification des saumures; en effet, celles-ci sont plus dilu�es � la partie sup�rieure des r�cipients en raison de la mont�e en surface des fruits et de l'eau qu'ils lib�rent. On rem�die � cet inconv�nient en diluant tr�s lentement le sel ajout� pour �viter que la saumure de forte densit� ainsi produite ne descende rapidement vers les couches les plus basses. On utilise � cette fin du gros sel.

Mat�riel

On utilise les m�mes mat�riels que pour le stockage dans le sel illustr�s par les figures 69, 70 et 71.

Cas particuliers

Les proc�dures � suivre selon les diff�rents fruits que l'on traite sont expos�es ci-apr�s:

- Ecorces d'agrumes:

· saumure � 7°Baum� pendant 4 � 5 jours;

· puis stockage en sel sec (couches altern�es de sel et d'�corces jusqu'au d�but de transparence de l'�corce);

· enfin, mise en saumure � 10°Baum� pendant 2 mois.

On peut additionner la saumure de 3,7 g de calcium par litre de saumure pour augmenter la turgescence de la peau.

- Olives noires:


· saumure � 5 � 9 pour cent pendant 3 � 6 mois; on peut r�utiliser la m�me saumure apr�s s'�tre assur� que son pH reste voisin de 5 (mesure au papier pH);

· en fin de fermentation, maintien de la concentration de sel � environ 8 pour cent (ne pas d�passer 10-12 pour cent) avec un pH de 4,5-5,5.

- Olives vertes:

· saumure initiale � 5 pour cent (parfois 9-10 pour cent), � r�ajuster avec du sel sec.

La fermentation se d�roule en trois phases au cours desquelles le pH sera v�rifi� pour s'assurer du bon d�roulement de l'op�ration.

- premi�re phase: 48 h apr�s la mise en saumure, le pH doit �tre de 5,75 � 8,5;

- deuxi�me phase: les lactobacilles producteurs d'acide lactique se d�veloppent entre le troisi�me jour (minimum) et le dixi�me (maximum) et se maintiennent pendant 2 � 5 mois; le pH est de 5,0 environ;

- troisi�me phase: l'acidit� augmente par transformation des sucres (glucose) en acide lactique; les levures interviennent �galement (esp�ces fermentatives); le pH atteint 4,0.

Il faut respecter les conditions de pH, la concentration de sel, les conditions d'hygi�ne (fruits propres, eaux non contamin�es) et effectuer correctement les op�rations de lavage et d'�gouttage pour �viter le d�veloppement de micro-organismes ind�sirables (Clostridium, Propionibacterium) susceptibles de provoquer des alt�rations de go�t, d'odeur et de texture.

D. Post-traitements

a) A�ration

Cette op�ration ne concerne que les olives noires. Il s'agit d'extraire ces derni�res de la saumure et de les exposer � l'oxyg�ne de l'air pendant 70 h au minimum pour raviver leur couleur. Les fruits sont simplement dispos�s sur des tables � l'air libre.

b) Ouillage

A l'inverse des �tapes pr�c�dentes, cette op�ration ne concerne que les olives vertes et sert � �viter leur noircissement. Il faut simplement �viter les pertes de liquide dans les f�ts contenant les fruits et la saumure, ce qui provoquerait une mise en contact des olives avec l'air et un d�veloppement des levures oxydatives (d'o� une hausse de pH). Pour que les f�ts restent pleins, on ajoute donc au besoin de la saumure ayant la m�me concentration que la saumure initiale.

c) Triage

On �limine les fruits tach�s, d�form�s ou de couleur non uniforme.

d) Stockage-conditionnement

Il se fait g�n�ralement dans les f�ts o� s'est d�roul� la fermentation (cas des olives vertes). Les olives noires qui ont �t� expos�es � l'air sont ensuite conditionn�es en barils ou en bo�tes de fer-blanc (capacit� 10-20 kg), avec un liquide de couverture qui est une saumure � 8 pour cent.

Les �corces d'agrumes sont laiss�es en f�ts, mais on remplace la saumure par une solution de sel tr�s dilu�e ou par de l'eau de mer.

Dans tous les cas, il est conseill� de recouvrir la surface de la saumure d'un film d'huile de paraffine pour �viter le d�veloppement de micro-organismes ind�sirables (voir le chapitre 8 sur le conditionnement).

6.3.3 Conservation par saumure et vinaigre

A. Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Les concentrations en sel �tant beaucoup moins �lev�es dans ce cas que dans celui des saumures examin� dans la section 6.3.2 (conservation par le sel sans fermentation), il est possible de traiter beaucoup plus de sortes de fruits, puisque leur go�t ne sera pas masqu� par de trop fortes quantit�s de sel. En plus du sel et du vinaigre, une addition de sucre peut �galement �tre envisag�e en fonction de la saveur que l'on d�sire donner au produit fini. Celui-ci est d�nomm� “pickles” et il est surtout appr�ci� dans les pays anglophones. La conservation des pickles est assur�e par l'action conjointe du vinaigre et du sel.

Cette transformation, possible au stade artisanal en raison de la simplicit� de sa technique et du mat�riel restreint qu'elle requiert, l'est �galement au stade semi-industriel en jouant sur la capacit� ou la multiplicit� du mat�riel ainsi que sur la quantit� de main-d'oeuvre.

La ligne g�n�rale de transformation est illustr�e par la figure 73.

B. Pr�traitements

En compl�ment des indications fournies au chapitre 2 consacr� aux pr�traitements, quelques pr�cisions sont donn�es ci-apr�s.

Figure 73. Sch�ma de production de pickles

Lavage
¯
Pr�paration des fruits
(parage, �pluchage, d�noyautage ou �p�pinage, d�coupage en petits morceaux)
¯
Blanchiment
¯
D�gorgement dans le sel sec
¯
Mise en saumure puis �gouttage
¯
Concentration du vinaigre par chauffage
¯

Adjonction de vinaigre

¯
Adjonction d’�pices et �ventuellement de sucre
¯
Conditionnement

a) Compl�ments concernant le blanchiment

Cette �tape, dont l'un des r�les est de stabiliser la couleur des fruits, est facultative. On pr�f�re en effet, pour certains fruits comme les figues et les agrumes, obtenir un aspect translucide du produit fini. Les fruits blanchis sont pr�alablement piqu�s avec une fourchette ou un jeu d'�pingles fix�es sur un bouchon pour �viter leur �clatement. Le blanchiment peut se faire a l'eau bouillante ou encore dans du vinaigre � 4 pour cent ou de l'acide ac�tique dilu� port�s � �bullition: les abricots sont trait�s de cette mani�re pendant une minute, et les papayes pendant trois minutes. Les mangues et les melons ne sont pas blanchis.

b) Mise en saumure

Pour permettre la fermentation lactique, c'est-�-dire le d�veloppement s�lectif de certaines bact�ries produisant de l'acide lactique en milieu sal�, les saumures utilis�es doivent contenir 8 � 10 pour cent de sel. La dur�e de l'op�ration est de 15 � 20 jours au minimum. Le mat�riel requis est celui mentionn� dans la section 6.2.1.

Les fruits doivent �tre convenablement immerg�s pour favoriser le bon d�roulement de la fermentation, qui doit avoir lieu � l'abri de l'air. Un couvercle maintenu par un poids sera plac� � cet effet au-dessus des fruits. On effectue en fin de mise en saumure une vidange de celle-ci et un �gouttage des fruits.

c) Pr�paration du vinaigre

On peut se r�f�rer au chapitre 7 consacr� � la fabrication de vinaigre � partir de fruits. Il est n�cessaire de concentrer le vinaigre, dont la concentration initiale est �gale a 4 pour cent d'acide ac�tique, en le chauffant � 100°C pendant 5 � 10 mn.

Cette op�ration s'effectue dans des marmites de cuisson semblables � celles que l'on utilise pour la fabrication des confitures.

C. Adjonction de vinaigre, d'�pices et �ventuellement de sucre

C'est � ce niveau qu'est compl�t�e l'action stabilisatrice du sel. En effet, le vinaigre ajout� bouillant et de fa�on � recouvrir les fruits contribue � augmenter l'acidit� du milieu et � inhiber par cons�quent le d�veloppement des micro-organismes ind�sirables. Les �pices, ajout�es dans la proportion d'une � deux cuill�res � soupe de chaque vari�t� par kg de fruits, ont une action bact�riostatique ou antifongique, selon les cas. On utilise notamment de la cannelle, des graines de moutarde, du coriandre, du cumin, de la cardamome ou encore du gingembre, des clous de girofle, du piment et de l'ail. Le sucre est ajout� � volont� en fonction du go�t que l'on d�sire conf�rer au produit fini et des habitudes alimentaires des consommateurs, mais il n'est pas indispensable.

Le m�lange de ces divers ingr�dients peut se faire dans des cuves, dans des f�ts ou directement dans les r�cipients de conditionnement.

D. Conditionnement

Le conditionnement est trait� au chapitre 8. Les r�cipients utilis�s pour les pickles sont principalement des bocaux de verre, mais on peut �galement les conditionner en bo�tes m�talliques vernies int�rieurement pour �viter toute r�action entre le m�tal du r�cipient et l'acide du contenu.

Certaines mati�res plastiques thermosoudables sont �galement employ�es.

D'une fa�on g�n�rale, l'emballage doit �tre r�sistant � l'acide, inerte chimiquement et imperm�able aux liquides.

6.4 Action combin�e des agents sel, vinaigre, sucre et chaleur

6.4.1 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

Le produit sp�cifique correspondant � l'intervention de ces divers agents de conservation est le chutney. C'est un m�lange � consistance p�teuse, � la fois sucr�, acide et �pic�, que l'on utilise comme sauce pour l'accompagnement de mets sal�s. La conservation est assur�e par le sucre, le sel et le vinaigre dont les modes d'action ont �t� expos�s dans les chapitres correspondants. Pour diminuer le pourcentage d'eau libre du m�lange (c'est-�-dire contribuer � une inhibition du d�veloppement des micro-organismes) et obtenir la consistance voulue, il est n�cessaire de faire subir � l'ensemble des ingr�dients une cuisson prolong�e � petit feu.

La ligne g�n�rale de transformation est sch�matis�e � la figure 74.

Les �chelles de production envisag�es pour la fabrication des pickles sont �galement valables pour les chutneys.

6.4.2 Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� �tudi�s au chapitre 2.


Figure 74. Ligne de fabrication des chutneys

La pr�paration des fruits comprend les op�rations d'�pluchage, de d�noyautage, d'�p�pinage, de parage et de d�coupage en morceaux dont la forme n'a aucune importance puisqu'ils sont destin�s � �tre r�duits en pur�e par une op�ration prolong�e de cuisson. La mise en saumure est facultative. Si l'on y recourt, c'est afin de provoquer un d�but de fermentation des fruits; elle s'effectue comme pour les pickles.

6.4.3 Mise en pr�sence des ingr�dients et cuisson-concentration

Principe

L'incorporation des ingr�dients peut se faire avant la cuisson, qui dure alors environ une heure � �bullition, ou tout au long de celle-ci; dans ce dernier cas, les adjonctions successives de sucre, de sel, d'�pices et de vinaigre sont s�par�es par des phases de cuisson d'une dur�e de 15 � 20 mn chaucune. On cherche � obtenir un produit fini d'une consistance p�teuse, de couleur brun�tre et d'une texture homog�ne; il faut donc que les fruits aient le temps de d�sagr�ger totalement au cours de la cuisson.

Si l'on d�sire que le sirop obtenu soit tr�s concentr� et que le chutney contienne quelques morceaux de fruits ramollis mais non r�duits en pur�e, on peut faire subir � la phase liquide une concentration s�par�e de 15 � 20 mn.

Mat�riel

On utilise des bassines de cuisson identiques � celles employ�es pour les confitures. Ces bassines doivent si possible �tre munies d'un syst�me d'agitation; au stade artisanal, toutefois, on peut obtenir le m�me r�sultat manuellement avec une louche ou une cuill�re de bois.

Cas particuliers

Le tableau 48 indique les quantit�s des divers ingr�dients qu'il faut ajouter en cours de cuisson en fonction du poids des fruits utilis�s.

6.4.4 Conditionnement

Le conditionnement des chutneys s'effectue � chaud, juste apr�s la fin de la cuisson. Les r�cipients utilis�s peuvent �tre, comme dans le cas des confitures, gel�es ou marmelades, des bocaux ou flacons de verre, des pots de terre cuite ou des bo�tes m�talliques vernies int�rieurement. Le chapitre 8 fournit des pr�cisions concernant les propri�t�s et le mode de fermeture de ces divers emballages.

Tableau 48. Proportions des ingr�dients entrant dans la pr�paration des chutneys


Ingr�dients

Fruits

Sucre

Sel

Vinaigre

Fruits (ingr�dients de base)

Mangues vertes

1 kg

1 kg

70 g

0,5 l


Melons

1 kg

500 g

0

1 l


Abricots

1 kg

280 g

1 c.c.

0,25 l


Goyaves

1 kg

600 g

1-2 c.s.

0,8 l


Pommes de cajou

1 kg

1,2 kg

70 g

0,5 l

Additifs (fruits annexes,

Tamarins

Ajouter au m�lange 1 kg/kg fruits

aromates et �pices)

Raisins

600-700 g/kg de fruits


Epices

1 � 2 c.s. de chaque �pice (cannelle, graines de moutarde, coriandre, cumin, cardamome)


Oignons

300 g/kg de fruits


Clous de girofle

Quelques-uns


Piment

Un peu


Ail

Quelques gousses �cras�es


Gingembre

300 g gingembre/kg de fruits

(c.c. = cuill�re � caf�; c.s. = cuill�re � soupe)

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
7.1 Introduction
7.2 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production
7.3 Pr�traitements
(introduction...)
7.3.1 Compl�ments � l'extraction du jus
7.3.2 Chauffage
7.4 Fermentation alcoolique
7.4.1 Principe
7.4.2 Mat�riel
7.4.3 Cas particuliers
7.5 Ac�tification
7.5.1 Principe
7.5.2 Mat�riel
7.5.3 Cas particuliers
7.6 Post-traitements
7.6.1 D�cantation-filtration
7.6.2 Pasteurisation
7.6.3 Conditionnement

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION

7.1 Introduction

Ce chapitre traite de la fabrication du vinaigre qui est, par d�finition, le produit d'une double fermentation d'un liquide sous l'action s�lective de certains micro-organismes tels que les levures et les bact�ries, le liquide en question �tant un extrait de fruits.

Les micro-organismes se d�veloppent naturellement sur un substrat contenant des mati�res fermentescibles (certains sucres et amidons, notamment); ils les transforment en alcool, puis en acide. Ils peuvent aussi �tre inocul�s dans ce substrat par l'homme pour acc�l�rer la phase de d�marrage de la fermentation. Un traitement ult�rieur � la chaleur (pasteurisation) peut �tre requis pour stabiliser le produit fini.

7.2 Proc�d� g�n�ral et �chelles de production

La fabrication du vinaigre comprend, apr�s extraction du jus de fruits (mo�t), deux �tapes principales:

- la fermentation alcoolique (ou fermentation submerg�e) qui se d�roule en ana�robiose sous l'action de la levure Saccharomyces cerevisiae ou S. ellipsoideus, laquelle transforme les sucres fermentescibles des fruits en alcool �thylique;

- la fermentation ac�tique (ou fermentation a�r�e) qui se d�roule � l'air libre sous l'action de la bact�rie ac�tobacter (Mycoderma aceti), laquelle transforme l'alcool �thylique obtenu � la phase pr�c�dente en alcool ac�tique.

Le produit fini doit contenir 4 pour cent d'acide ac�tique (c'est-�-dire 4 g d'acide pour 100 ml de liquide). Par cons�quent, seuls des fruits donnant un jus contenant au moins 8 pour cent de sucres fermentescibles peuvent entrer dans la fabrication d'un vinaigre r�pondant � cette norme.

La ligne g�n�rale de cette fabrication est illustr�e � la figure 75.

7.3 Pr�traitements

Ceux-ci ont �t� vus au chapitre 2. Les fruits, apr�s lavage, parage, �pluchage et �ventuellement d�noyautage ou �p�pinage, subissent une �tape d'extraction de leur jus.

7.3.1 Compl�ments � l'extraction du jus

Le jus peut �tre extrait de tous les rebuts de calibrage et des d�chets tels que peaux, brisures, etc. A partir d'une tonne d'ananas, par exemple, il est possible d'obtenir 450 kg de d�chets � 75 pour cent d'humidit� et 270 kg de jus par pressage de ces d�chets. Quelques cas particuliers sont examin�s ci-apr�s.


Figure 75. Ligne de fabrication du vinaigre

a) Dattes. Ecraser 4 kg de dattes d�noyaut�es avec 5 l d'eau � 35-40°C, laisser mac�rer; le liquide obtenu doit contenir 300 g de sucre par litre.

b) Bananes. On peut proc�der de l'une des trois mani�res suivantes:

- broyer les fruits et les m�langer � un volume �gal d'eau;

- appliquer le traitement calco-sulfurique suivant:

· additionner la pulpe broy�e de chaux en poudre (0,25 � 1,0 pour cent) afin d'�liminer la pectine contenue dans la pulpe et d'�viter ou de ralentir les ph�nom�nes de brunissement;

· homog�n�iser en tournant vivement ou en malaxant;

· laisser reposer 15 mn;

· ajouter ensuite de l'acide sulfurique concentr� 6N pour neutraliser l'exc�s de chaux et ramener le pH � sa valeur initiale comprise entre 4,2 et 4,7;

· passer ce m�lange dans une presse ou � la centrifugeuse pour en extraire le jus;

· d�canter;

- extraire la pectine de la pulpe des fruits par voie enzymatique au moyen d'une pectinase � froid ou � 50°C et avec une dose de 0,5 � 1,0 g de pectine par kg de bananes. Il peut �tre souhaitable d'ajouter du jus de citron pour �viter tout ph�nom�ne d'oxydation qui d�naturerait la saveur et la couleur du jus.

Les m�thodes d'extraction du jus d'autres fruits ont �t� �tudi�es ant�rieurement.

7.3.2 Chauffage

Principe

Cette op�ration a pour but d'homog�n�iser la pulpe et d'�liminer tous les micro-organismes pr�sents naturellement dans celle-ci ou introduits lors des diverses manipulations. Elle s'effectue a une temp�rature minimale de 90°C et dure par exemple 1 h pour de 36 l de jus de bananes.

On peut faciliter l'action du traitement thermique en ajoutant un acide min�ral (2,5 ml d'acide chlorhydrique concentr� par litre de jus) pour diminuer le pH du jus si celui-ci n'est pas assez bas, c'est-�-dire voisin de 4,0.

Mat�riel

On utilise soit des bassines de cuisson � double fond et chauff�es � la vapeur, soit un bain-marie qui peut �tre chauff� � feu nu puisque le liquide n'est pas directement en contact avec la source de chaleur.

7.4 Fermentation alcoolique

7.4.1 Principe

Le liquide chauff� est transvas� dans une cuve de fermentation o� il refroidit pendant une nuit jusqu'� ce que sa temp�rature soit tomb�e � 40°C. On ajoute alors une levure du genre Saccharomyces qui transforme les sucres fermentescibles du jus selon la r�action suivante:


Un rendement th�orique de 51 pour cent d'alcool correspond en pratique � 45-47 pour cent d'alcool. Si le substrat contient par exemple 10 pour cent de sucres fermentescibles, on obtiendra environ 4,6 pour cent d'alcool.

Le rendement de la fermentation peut �tre accru en incorporant des enzymes pectolytiques (0,5 pour cent en poids de la pulpe des fruits) ou en ajoutant du phosphate diammonique ou bipotassique � raison de 5 g/100 l.

Adjonction de levure. - Celle-ci peut �tre r�alis�e de diverses mani�res:

- on peut ajouter au liquide du mo�t de fruits ayant d�j� subi une fermentation alcoolique;

- on peut fabriquer un ferment en proc�dant comme suit. On prend par exemple 3,8 l de jus de pommes contenant 8 � 15 pour cent de sucre; on fait bouillir, on refroidit une nuit et l'on inocule la levure Saccharomyces ellipso�deus. On laisse ensuite fermenter 24 h dans un endroit chaud puis on inocule avec cette pr�paration 95 � 190 l de jus frais qui pourront eux-m�mes servir � inoculer d'autres jus; ou

- on peut utiliser de la levure de boulanger d�shydrat�e (produit stable tr�s facile � stocker). On ajoute dans ce cas 10 pour cent de ferment (en pour-cent du volume de liquide).

La fermentation dure de 7 � 15 jours. Elle doit se d�rouler en milieu ana�robiose (c'est-�-dire que les cuves doivent �tre ferm�es) et si possible sans agitation pour homog�n�iser le m�lange; au d�but de la fermentation, en effet, la pulpe monte en surface sous l'effet de la production de CO2, ce qui a pour effet de ralentir le processus.

Les conditions optimales d'une bonne activit� des levures sont un pH du jus compris entre 4,2 et 4, et une temp�rature de 29-30°C.

Si la temp�rature d�passe 32°C, la vitalit� des levures diminue et celles-ci font place aux bact�ries qui d�gradent les sucres avec une production de chaleur beaucoup plus importante que celle produite par l'action des levures. Cette �l�vation consid�rable de temp�rature a pour effet de stopper la production d'alcool. Lorsque la teneur en alcool atteint 12 � 18 pour cent (selon les levures), la fermentation est stopp�e. On d�cante alors le m�lange (les d�bris de pulpe tombent au fond), puis on siphonne le liquide surnageant et on le filtre � travers de la gaze ou du nylon. Il doit �tre ensuite stock� � temp�rature ambiante � l'abri de l'air si la phase d'ac�tification n'intervient pas tout de suite.

7.4.2 Mat�riel

La fermentation alcoolique s'effectue en f�ts, en tonneaux ou dans des cuves constitu�es d'un mat�riau chimiquement inerte (inox, ciment enduit de vernis, bois). Les r�cipients seront pr�alablement rinc�s avec de l'eau additionn�e de m�tabisulfite de sodium � 5 pour cent.

La capacit� des r�cipients doit �tre �gale � 1,3 fois le volume du liquide que l'on d�sire faire fermenter; ainsi, 36 l de jus n�cessiteront un f�t de 50 l ou deux f�ts de 25 l chacun. On utilise des cuves et des f�ts d'une capacit� variant entre 20 et 200 l, munis d'un couvercle herm�tique et d'un robinet permettant le soutirage du liquide (figures 69 � 71).

7.4.3 Cas particuliers

Les proc�dures varient quelque peu selon les esp�ces fruiti�res trait�es:

- ananas: il suffit d'ajouter du sucre au jus extrait;

- dattes: il faut ajouter 0,2 g d'acide tartrique par litre de liquide et du phosphate diammonique (le pH doit �tre compris entre 3,3 et 4,0), puis du mo�t ferment� et laisser reposer huit jours � 25-30°C;

- oranges: il faut ajouter du sucre ou des m�lasses d'agrumes dans les jus de presse (on appelle ici m�lasse le jus sucr� et riche en pectine extrait des d�chets d'agrumes par pressage, puis filtr� et �ventuellement d�sacidifi�);

- mangues, raisins: proc�dure normale;

- bananes: on ajoutera les levures sous forme de mo�t d�j� ferment� ou de p�tes ferment�es produites � partir de farine de bananes;

- pommes de cajou: il faut enrichir le jus � 17°Brix (il titre normalement 11,5°Brix en moyenne) avec un sirop � 40°Brix (20 litres de sirop pour 80 litres de jus), puis ajouter du phosphate et du m�tabisulfite de sodium (5 g pour 100 1) et laisser fermenter 2 � 10 jours � temp�rature ambiante.

L'enrichissement d'un jus de fruits en sucre permet sa fermentation si sa teneur en sucres fermentescibles n'est pas suffisante au d�part; il permet aussi d'accro�tre la production d'alcool pour un jus � teneur normale en sucres.

7.5 Ac�tification

7.5.1 Principe

Cette op�ration s'effectue en a�robiose, c'est-�-dire en pr�sence d'oxyg�ne. Elle consiste � utiliser une bact�rie du genre ac�tobacter pour transformer l'alcool �thylique produit � la phase pr�c�dente en acide ac�tique. La r�action chimique est la suivante:


Le rendement th�orique de cette phase est la production de 0,67 g d'acide ac�tique pour 0,51 g d'alcool (lui-m�me produit � partir de 1 g de glucose), c'est-�-dire � peu pr�s 130 pour cent d'acide pour 100 pour cent d'alcool. En r�alit�, on obtiendra 50 � 55 pour cent d'acide ac�tique � partir de 100 pour cent de sucre.

On peut proc�der selon plusieurs m�thodes:

- laisser le f�t ou la cuve ouverts et attendre une contamination naturelle par un ac�tobacter; cette m�thode est peu efficace et peu fiable;

- on peut ajouter du vinaigre non pasteuris� produit lors d'un cycle pr�c�dent (1 l de vinaigre pour 5 l de liquide ferment�); ou

- on peut ensemencer de l'agar-agar avec une culture d'ac�tobacter. Cette m�thode comporte des risques assez fr�quents de mutation de cette bact�rie; si on l'utilise, il vaut mieux la coupler � une addition de 2 pour cent d'acide ac�tique (pourcentage du poids par rapport au volume de filtrat).

La fermentation d�bute � partir du septi�me jour (la bact�rie forme alors un film � la surface du liquide); elle doit se d�rouler � une temp�rature comprise entre 23 et 29°C.

La m�thode � suivre est expos�e au tableau 49; on suppose que l'on dispose au d�part de 30,2 l de liquide ayant subi la premi�re phase de fermentation (fermentation alcoolique).

Tableau 49. Production du vinaigre

(Source: Desrosier, N. et J., 1977)

Jours

Jus ajout� ayant subi la fermentation alcoolique seulement

Acidit� du vinaigre

Quantit� de vinaigre chang�e


Quantit� (l)

Acidit� (%)

(%)

(l)

0

30,2

1,04

1,04


7



1,23


14



2,56


21



4,94

11,4

21

15,1

1,00

3,30


28



4,30


35



5,35

18,9

35

19,5

1,20

3,00


42



4,10


49



5,20

18,9

49

18,9

1,30

3,30


On proc�de comme suit:

- on ajoute le vinaigre non pasteuris� (au jour 0);

- on mesure ensuite r�guli�rement l'acide ac�tique form� (par titrage avec une solution de soude);

- lorsque l'acidit� (c'est-�-dire la teneur en acide ac�tique) atteint la valeur d�sir�e (aux alentours de 4 pour cent), ici aux environs du 21e jour, on soutire la moiti� du vinaigre form� et on la remplace par du mo�t non ac�tifi�;

- on poursuit les mesures d'acidit�; lorsqu'on atteint � nouveau 4 pour cent on remplace une nouvelle fois la moiti� du vinaigre form� par du mo�t non ac�tifi�, et ainsi de suite.

On stocke au fur et � mesure le vinaigre que l'on a soutir�. Cette m�thode pr�sente l'avantage d'�tre tr�s rapide gr�ce � une bonne circulation de l'air dans le liquide en fermentation. En effet, on produit 68 l de vinaigre en sept semaines avec une cuve de 57 litres de contenance (voir tableau 49)

7.5.2 Mat�riel

On utilise des f�ts ou des tonneaux en aluminium, en bois, en m�tal �maill� ou en acier inoxydable, a�r�s par des orifices de diam�tre variant entre 3,8 et 5,0 cm recouverts de gaze pour emp�cher la p�n�tration des insectes.

Un indicateur de niveau est souhaitable pour conna�tre les volumes de vinaigre pr�lev�s. Le f�t sera pourvu d'un robinet de soutirage (figure 76).


Figure 76. F�t d'ac�tification

7.5.3 Cas particuliers

- dattes: la fermentation dure 7 jours � 30°C. On peut obtenir 2 � 4 l de vinaigre � 6-7 pour cent par kg de dattes (avec un reliquat d'alcool de 120 mg par l de vinaigre);

- bananes: on obtient 1 l de vinaigre � 5 pour cent d'acidit� par kg de bananes enti�res (le rendement r�el atteint 74 pour cent du taux de conversion th�orique);

- pommes de cajou: il faut relever si besoin est le degr� d'alcool du produit de la fermentation alcoolique ou �ventuellement ajouter du sucre.

7.6 Post-traitements

7.6.1 D�cantation-filtration

La d�cantation se fait en containers ferm�s et compl�tement remplis pour �viter toute attaque de l'acide ac�tique par des bact�ries a�robies. Elle a pour but de provoquer la s�dimentation des collo�des et dure un mois.

Le liquide est ensuite siphonn� et filtr� grossi�rement.

7.6.2 Pasteurisation

Le principe et le mat�riel de pasteurisation avant conditionnement ont �t� expos�s dans la section 5.2.3.

Cette op�ration, qui permet de stabiliser le liquide chimiquement et microbiologiquement et de favoriser le vieillissement du produit, s'effectue en vrac dans des bassines � double fond pendant 15 mn � 65-70°C.

On peut ajouter du sel (1-2 pour cent en poids par volume) ou sulfiter le produit (70 ppm de SO2), notamment dans le cas des bananes.

7.6.3 Conditionnement

Le remplissage s'effectue a chaud, imm�diatement apr�s pasteurisation, dans des bouteilles de verre ou de plastique. Un mat�riau r�sistant � l'acide est effectivement requis. Ces r�cipients doivent pouvoir �tre ferm�s de mani�re herm�tique. Le chapitre 8 renseigne sur les propri�t�s des mat�riaux d'emballage et les modes de fermeture des r�cipients.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
8.1 G�n�ralit�s
8.2 Mat�riaux de conditionnement
8.2.1 Types d'emballages primaires
8.2.2 Comparaison des diff�rents types d'emballages
8.2.3 Utilisations possibles des diff�rents mat�riaux de conditionnement
8.3 La fermeture des r�cipients
8.3.1 Principe
8.3.2 Papiers et cartons
8.3.3 Mati�res plastiques
8.3.4 Verre
8.3.5 Textiles
8.3.6 Bo�tes m�talliques
8.3.7 Poteries et terres cuites
8.4 Etiquetage

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT

8.1 G�n�ralit�s

a) D�finition

On distingue trois types de conditionnement:

- l'emballage primaire, en contact direct avec le produit (bo�tes, bocaux, bouteilles, etc.);

- l'emballage secondaire, permettant le groupage des emballages primaires (cartons);

- l'emballage tertiaire, facilitant la manutention des emballages secondaires (palettes, conteneurs).

Le pr�sent chapitre traite uniquement de l'emballage primaire, qui joue un r�le essentiel dans la conservation des produits.

b) But du conditionnement primaire

Le conditionnement, r�alis� avant ou apr�s le traitement destin� � assurer la conservation des produits, est n�cessaire pour plusieurs raisons; il doit:

- pr�server l'effet b�n�fique du traitement de conservation et �viter ainsi soit une r�hydratation du produit (dans le cas o� il a �t� s�ch�), soit une recontamination du produit (quand il a �t� pasteuris� ou st�rilis�);

- prot�ger de l'environnement ext�rieur, en particulier dresser une barri�re physique contre les chocs m�caniques, les d�pr�dateurs, la poussi�re, la lumi�re et l'oxyg�ne �ventuellement;

- constituer un r�cipient s�r, c'est-�-dire pouvant �tre clos sans pr�senter de fuites.

c) Caract�ristiques des emballages primaires

Les buts recherch�s lors du conditionnement d�finissent certaines exigences relatives aux mat�riaux d'emballage primaire (tableau 50). Certaines d'entre elles sont obligatoires et communes � tous les mat�riaux d'emballage; d'autres sont au contraire facultatives et d�pendent du traitement de conservation effectu�.

Il est important de noter que le choix du mat�riau de conditionnement d�pend dans une large mesure de la nature du produit � emballer et de la technique de conservation mise en oeuvre. Apr�s avoir subi un traitement, le produit � conditionner peut en effet pr�senter une protection naturelle vis-�-vis de certains risques tout en �tant plus particuli�rement sensible � d'autres. Par exemple, un produit s�ch� en poudre est insensible � l'�crasement, d'o� l'inutilit� d'un mat�riau rigide; il craint par contre la r�hydratation.

Tableau 50. Exigences � remplir pour les mat�riaux d'emballage primaire

Caract�ristiques obligatoires

Caract�ristiques facultatives

Solidit�
Imperm�abilit� aux liquides
Fermeture emp�chant l'�coulement du produit

Rigidit�
Imperm�abilit� aux gaz
Fermeture herm�tique

Inertie vis-�-vis du produit (pas de r�action chimique � son contact)
Co�t peu �lev� par rapport � celui du contenu

Opacit�

8.2 Mat�riaux de conditionnement

8.2.1 Types d'emballages primaires

a) Papier et carton

Le papier est constitu� par un enchev�trement de fibres cellulosiques auquel on a parfois ajout� certains ingr�dients (charges, colles, colorants). Il est caract�ris� par une force variable (la force du papier est d�finie par son poids par unit� de surface: de 16 et 1 000 g/m2 les valeurs les plus �lev�es �tant celles du carton, � partir de 200-300 g/m2).

Le papier, naturel ou modifi�, sert g�n�ralement d'emballage primaire, alors que le carton est davantage mais non exclusivement utilis� comme suremballage.

Le papier et le carton pr�sentent � l'origine une forte porosit� qu'il est cependant possible de combattre par diff�rents moyens:

- combinaison de mat�riaux diff�rents dont l'un est imperm�able, formant ainsi des mat�riaux d'emballage composites. On utilise par exemple l'aluminium ou le poly�thyl�ne;

- affinage du carton;

- impr�gnation du papier ou du carton;

- enduction des papiers par une couche de plastique;

- contrecoll�s papier/papier;

- cartons ondul�s;

- cartons compacts, etc.

Ces diff�rents types d'emballage peuvent �tre utilis�s sous plusieurs formes: sacs en papier de petite contenance, de grande contenance allant jusqu'� 50 kg, ou bo�tes de carton pliantes avec rabats jointifs. Les bo�tes de carton peuvent �galement servir � regrouper les unit�s de conditionnement de taille inf�rieure (emballage secondaire).

b) Mati�res plastiques

Les caract�ristiques des mati�res plastiques d�pendent consid�rablement de leur composition chimique (tableau 51).

On peut multiplier les possibilit�s offertes par les mati�res plastiques en combinant les mati�res primaires cit�es dans le tableau. On r�alise ainsi des associations:

- ac�tate de cellulose et chlorhydrate de caoutchouc; on obtient de cette fa�on un mat�riau transparent, stable, r�sistant � l'humidit� et facilement soudable;

- textile, poly�thyl�ne et papier fort: ensemble tr�s durable et r�sistant � la vapeur d'eau;

- cellophane et chlorhydrate de caoutchouc.

c) Verre

Le verre, dont le mat�riau de base est le sable quartzeux, est tr�s utilis� sous forme de bouteilles, de flacons et de bocaux pour conditionner de nombreux produits alimentaires.

d) Textile

Le textile le plus utilis� est le jute, mais on emploie �galement du coton, du chanvre et du lin. Comme le papier et le carton, ces fibres peuvent �tre impr�gn�es de fa�on � augmenter leur imperm�abilit� et leur r�sistance aux moisissures et � la flamme.

e) M�taux

Les mat�riaux m�talliques utilis�s sont le fer-blanc (constitu� par une feuille d'acier doux recouverte sur ses deux faces par une couche d'�tain) et l'aluminium.

- Fer-blanc: les diff�rentes cat�gories de fer-blanc se distinguent par leur teneur en �tain, le mode d'application de l'�tain et la duret� de l'acier. Ce mat�riau �tant en lui-m�me sensible � la corrosion, il est n�cessaire de respecter certaines consignes de fabrication ou d'utilisation (tableau 52).

Le fer-blanc est utilis� sous forme de bo�tes obtenues par enroulement d'une plaque de fer-blanc et soudure. Le fond peut �tre soit soud�, soit serti.

- Aluminium: l'aluminium a des applications tr�s diff�rentes: utilis� sous forme de sachets en feuilles tr�s minces, il assure une protection directe des aliments, les sachets �tant regroup�s dans des emballages en carton, papier ou plastique. L'aluminium est peu utilis� sous forme de bo�tes, en raison de son co�t �lev�.

f) Terre cuite

La fabrication doit assurer une �tanch�it� � l'eau.

8.2.2 Comparaison des diff�rents types d'emballages

Certains compl�ments aux indications fournies par le tableau 53 s'av�rent n�cessaires, notamment en ce qui concerne les emballages de verre ou de m�tal.

Tableau 51. Caract�ristiques des principales mati�res plastiques utilis�es

Caract�ristiques

Ac�tate de cellulose

Chlorhydrate de polyvinyle

Chlorure de caoutchouc

M�langes de polyvinyle

Poly�thyl�ne

Polyester

Polyamide

Cellophane

Transparence

+

+

+


-



+

Imperm�abilit� aux gaz (O2, N2, CO2)

+

+

+

+

+

+

+

+ si s�che
+ si humide

Imperm�abilit� � la vapeur d'eau

+

-

+

+

+

+

+

+ si s�che
+ si humide

R�sistance m�canique

+

+

+

+

±

+


+

R�sistance chimique (au contact des produit alimentaires)

Bonne pour les graisses et huiles

Bonne

Bonne

Bonne pour les graisses et huiles
Faible pour les solvants organiques

Inerte aux solvants, faible pour les graisses et huiles

Bonne pour les acides, alcalis, graisses et solvants

+

Bonne pour les graisses, huiles, solvants organiques

Faible pour les alcalis et acides

R�sistance thermique

Bonne entre -15° et +150°C

Bonne au-dessous de 30°C

Ramollissement au-dessus de 130°C

Bonne

Bonne entre -15° et + 85°C

Bonne entre -30° et +250°C

Bonne � moins de 110°C

Inflammable

Utilisation principale

Feuilles et films

Jouets-bouchons, films

Feuilles et bouteilles

Films pour doubler des cartons, etc.

Feuilles, sachets films r�tractables, bouteilles

Films

Feuilles, sachets

Feuilles, films

Tableau 52. Corrosion des r�cipients de fer-blanc et pr�cautions � prendre

Localisation de la corrosion

Cons�quences de la corrosion

Causes de la corrosion

Pr�cautions � prendre

Corrosion externe

Rouille, perforation

Contact m�tal-air humide ou eau

S�cher suffisamment apr�s utilisation
Socker � l'abri de l'humidit�


Rouille, perforation

Contact entre m�taux


Corrosion interne

Dissolution partielle des m�taux, d�gagement d'hydrog�ne, bombement, �clatement du r�cipient

Acidit� du contenu

Utiliser des bo�tes comportant un vernis de protection

Le rapport “co�t du contenant/co�t du contenu” d�finit la rentabilit� d'un mode de conditionnement. Or ce rapport est nettement plus �lev� dans le cas des r�cipients en verre que pour des bo�tes m�talliques.

Toutefois, le mode de fermeture des r�cipients en verre permet une r�utilisation du m�me r�cipient un certain nombre de fois, ce qui n'est pas le cas des bo�tes m�talliques dont l'ouverture entra�ne la destruction. La mise en place d'un syst�me de consigne et de r�cup�ration des r�cipients en verre peut donc rendre ce type de conditionnement comp�titif par rapport aux bo�tes m�talliques. Pour s'en assurer, il faut, dans chaque cas, r�aliser un bilan �valuant:

- le nombre de r�utilisations possibles pour un m�me r�cipient;
- l'importance des pertes (casse, non retour);
- l'�tendue du march�: plus le march� sera regroup�, plus le syst�me de collecte sera facilit�;
- le co�t de la r�cup�ration (v�hicules, main-d'oeuvre, lavage des bocaux).

D'autre part le rapport “co�t du contenant/co�t du contenu” dont il vient d'�tre question peut �tre artificiellement abaiss� en utilisant des r�cipients de grande taille. Ce mode de conditionnement risque cependant de ne trouver que peu d'acheteurs. N�anmoins, dans le cas d'un produit peu p�rissable, il est possible de vendre le contenu d'un grand r�cipient � diff�rents clients, � condition toutefois de respecter les consignes alimentaires d'hygi�ne et le faible d�lai d'�coulement du produit.

A la sortie de l'usine, le prix d'achat comparatif des diff�rents types de conditionnement se situe approximativement comme suit:

- bocal de verre (syst�me “twist off”): 10 unit�s par litre;
- complexe carton-aluminium-plastique: 3-8 unit�s par litre, selon la nature du complexe utilis�;
- bo�tes m�talliques: 6 � 8 unit�s pour 850 g.

Tableau 53. Caract�ristiques des diff�rents types d'emballage

Nature des emballages

Formes

Applications

Avantages

Inconv�nients

Souples

Papiers et cartons souples (enduits ou non)

Sachets, bo�tes

Produits secs

Encombrement minimal � vide
Absence de toxicit�
L�g�ret�
Fermeture facile
Faible co�t

Perm�abilit� aux gaz, � l'humidit�, aux odeurs (si non enduits)
Si enduits, rupture de l'enduction aux plis

Mati�res plastiques souples (cellophane et ac�tate de cellulose)

Sachets

Encombrement minimal � vide
L�g�ret�
Variables suivant les plastiques

Fermeture herm�tique n�cessitant un appareillage sp�cifique et cher (voir le tableau 51)

Mat�riaux composites (plastique-plastique ou plastique-aluminium)

Sachets

Diverses

Encombrement minimal � vid�
L�g�ret�
Bonne inertie chimique
Imperm�able aux micro-organismes
Plus grande r�sistance m�canique que les mat�riaux simples

Co�t �lev�
Fermeture herm�tique n�cessitant un appareillage sp�cifique et cher
Utilisation d�licate pour les traitements thermiques (pression interne �lev�e)
Importation n�cessaire

Textiles

Sacs, sachets

Encombrement minimal � vide
L�g�ret�
Fabrication locale possible
Faible co�t

Perm�abilit� aux gaz, odeurs et eau
D�formation sous les chocs

Rigides

Verra

Bocaux, flacons, bouteilles

Produits liquides ou p�teux, ou solides dans un milieu liquide

Conditionnement herm�tique possible avec ou sans appareil de conditionnement
R�sistance � des traitements thermiques importants
Imperm�abilit� aux gaz, odeurs, humidit�, micro-organismes
Possibilit� de voir le contenu
Inertie chimique

Encombrement et poids � vide �lev�s
Fragilit� aux chocs m�caniques et thermiques
Transparence
N�cessit� d'un syst�me de consigne qui s'accompagne n�cessairement de pertes

Mati�res plastiques (poly�thyl�ne, chlorure de polyvinyle)

Bouteilles

Boissons, liquides alimentaires

L�g�ret�
Solidit�
Variables selon les mati�res plastiques (voir le tableau 34)

Encombrement � vide important
Non biod�gradable

M�tal

Bo�tes

Diverses

Rigidit� et solidit�
Imperm�abilit� aux gaz, odeurs, humidit� et micro-organismes
Traitement thermique possible
Protection contre la lumi�re

N�cessit� d'un appareil de fermeture de maniement d�licat
Encombrement et poids � vide �lev�s
N�cessit� d'un vernis int�rieur pour �viter la corrosion par un contenu acide
Si reformage des bo�tes sur place, rupture de la couche de vernis formant un point sensible � la corrosion
Prix �lev� par rapport au contenu pour les petites tailles
Importation

Terre cuite

Pots

Produits ne n�cessitant pas de traitement thermique (probl�me de fermeture herm�tique) une fois conditionn�s

Fabrication locale possible
Faible co�t
Fermeture �tanche possible artisanalement

Pas de fermeture herm�tique r�sistant aux traitements thermiques
Encombrement et poids � vide �lev�s

Cependant, la n�cessit� d'importer les emballages peut augmenter consid�rablement leur prix d'achat dans les pays en d�veloppement. Le prix des bo�tes m�talliques, par exemple, peut quadrupler si celles-ci sont import�es pr�tes � l'emploi, du fait de l'importance du volume qu'elles occupent pendant le transport. Une solution consiste � importer les bo�tes sous forme de plaques et � les former sur place, ce qui permet une r�duction du volume, donc du co�t du fret. Cette solution pr�sente cependant des inconv�nients:

- le reformage peut s'accompagner de craquelures du vernis int�rieur, ce qui oblige � r�enduire les bo�tes pour �viter leur corrosion par le contenu;

- le reformage n�cessite un investissement consid�rable en mat�riel qui ne peut �tre rentabilis� que par une importante production de bo�tes. Il doit donc �tre pris en charge soit par une unit� de transformation de fruits et l�gumes de grande taille, soit par une entreprise sp�cialis�e alimentant plusieurs unit�s de transformation plus petites.

Du fait des co�ts �lev�s des produits import�s, il s'av�re donc extr�mement important, lors du choix du mode de conditionnement, d'exploiter au maximum les ressources disponibles localement (verrerie proche, artisanat de poterie, etc.)

8.2.3 Utilisations possibles des diff�rents mat�riaux de conditionnement

Le choix du type de conditionnement pour un produit donn� d�pend beaucoup de la transformation qu'il a subie. La nature de l'emballage utilisable est pr�cis�e dans chacun des chapitres se rapportant � une technique particuli�re de conservation. Diff�rents formats sont utilisables; ceux-ci font l'objet d'une normalisation, notamment en ce qui concerne les bo�tes m�talliques et les r�cipients en verre (voir le tableau 54).

8.3 La fermeture des r�cipients

8.3.1 Principe

Le mode de fermeture varie consid�rablement selon le type de r�cipient. Du fait de la faible taille des unit�s de transformation envisag�es, les seuls emballages �tudi�s ici sont ceux pouvant �tre ferm�s � la main ou � l'aide d'une machine non automatique. Des syst�mes artisanaux de fermeture existent �galement pour des r�cipients qui, � l'�chelle industrielle, utilisent un mode de fermeture totalement diff�rent et automatis�; l'�tanch�it� dans ce cas est moindre mais peut cependant �tre suffisante dans certains cas particuliers.

8.3.2 Papiers et cartons

Diff�rentes m�thodes sont utilisables, � savoir:

- le collage (figure 77) � l'aide de colle ou de ruban adh�sif, ce dernier �tant plus couramment employ� pour les emballages en carton;

- la couture (figure 78), effectu�e g�n�ralement avec du fil de coton, peut �tre r�alis�e avec une machine fixe ou portative;

- le ficelage, tr�s facile, pr�sente cependant l'inconv�nient d'un remplissage n�cessairement incomplet du sac si l'on veut que ce mode de fermeture r�siste aux manutentions successives.

Tableau 54. Equivalences et caract�ristiques des principaux types de bo�tes � conserves

1. Normalisation Internationale

2. D�signation

3. Dimensions

No.

Limite de capacit� ml

Pays

Normes

Appellation

� ext. in


� ext. mm

h ext. in


h ext. mm

no. 1

� int. mm

no. 2

h int. mm

Vol. ext.

Vol. ext f oz

Vol. int. ml

Cont. f oz

Cont. ml

1.

4186 � 4314

F

NF-H-33001

5/1

6(1/16)

¬

153

9(11/16)

¬

246

-2.48

150.5

-3.70

242.3

4 523

152.94

4 310

143.69

4 250



F

hors normes

5/1

6(1/16)

¬

153

9(4/16)

¬

235


150.5


231.3

4 320

127.77

4 115

118.05

3 992

2.

3053 � 3147

G.B.


A 10














109.20

3 229



USA

603-700

no. 10

6(3/16)

®

157

7

®

178


154.5


174.3

3 449

116.62

3 268

94.59

2 797



F

hors normes

3/1

6(1/16)

¬

153

7(1/16)

¬

180


150.5


176.3

3 309

97.86

3 136

86.23

2 550



F

NF-H-33002

2/1

4(15/16

¬

125

5(15/16)

¬

150

-2.24

122.8

-3.40

146.1

1 840

62.22

1 730

57.48

1 700



USA

502-510

no. 5

5(2/16)

®

130

5(10/16)

®

143


127.8


139.1

1 898

56.13

1 784

51.08

1 510



USA

404-700

no. 3 cyl (46x)

4(4/16)

®

108

7

®

178


105.8


174.1

1 627

55.01

1 531

44.63

1 320



F

NF-H-33001

5/4

6(1/16)

¬

153

2(14/16)

¬

72.5


150.8


68.6

1 333

45.07

1 225

35.91

1 062



F

hors normes

1 litre

3(15/16)

¬

100

5(12/16)

¬

146.2


97.8


142.8

1 448

37.09

1 097

35.50

1 050



G.B.

A2 (1/2)














29.90

884

3.

837 � 863

F

NF-H-33001

1/1 haute

3(15/16)

¬

100

4(11/16)

¬

118.5

-2.20

97.8

-3.30

115.2

931

31.48

865

28.74

850



F

NF-H-33001

1/1 basse

4(15/16)

¬

125

3(/16)

¬

80


122.8


76.7

981

33.17

908

28.74

850



USA

401-411

no. 2 (1/2)

4(1/16)

®

103

4(11/16)

®

119


100.8


115.7

996

33.68

923

25.73

761



USA

307-604

no. 2 tall

3(7/16)

®

87

6(4/16)

®

159


84.8


155.7

945

31.96

879

24.93

737



USA

307-512

no. 2 cyl

3(7/16)

®

87

5(12/16)

®

146


84.8


142.7

874

29.56

806

22.69

671



G.B.


A2














20.40

603

4.

571 � 589

F

hors normes

3/4

3(5/16)

¬

84

4(9/16)

¬

115.2


81.8


111.9

634

21.44

588

19.61

580

5.

451 � 579

USA

307-409

no. 2

3(7/16)

®

87

4(9/16)

®

116


84.8


112.7

690

23.47

657

17.73

524



G.B.


A1 tall














16.90

500

6.

412 � 432

USA

301-411

no. 1 tall

3(1/16)

®

78

4(11/16)

®

119

-2.08

75.9

-3.12

155.9

566

19.14

524

14.40

426



F

NF-H-33001

1/2 haute

2(13/16)

¬

71.5

4(9/16)

¬

115.5


69.4


162.4

464

15.69

425

14.37

425



F

NF-H-33001

1/2 basse

3(15/16)

¬

100

2(8/16)

¬

64


97.9


60.9

503

17.01

458

14.37

425



USA

401-207.5

no. 1 1/4 pineaple

4(1/16)

®

103

2(7/16)

®

62


100.9


58.9

528

17.85

471

12.23

362



USA

211-414

211 cyl

2(11/16)

®

68

4(14/16)

®

124


65.9


120.9

450

15.32

412

11.79

349



G.B.


A1














11.10

328

7.

306 � 325





















USA

211-400

no. 1 picnic

2(11/16)

®

68

4

®

102


65.9


98.9

372

12.58

337

9.45

280

8.

208 � 218

USA

307-205

no. 1 flat

3(7/16)

®

87

2(3/16)

®

56


84.9


52.9

333

11.26

299

7.32

216



USA


180

2(1/16)

¬

52.6

3(8/16)

¬

88.9

-1.96

50.6

-2.94

86.0

193

6.53

173

6.09

180



F

hors normes

(1/5) H

2(3/16)

¬

55

3(1/16)

¬

78


53.0


75.1

185

6.26

166

5.75

170

9.

134 � 148

F

NF-H-33001

(1/6) H

2(3/16)

¬

55

2(11/16)

¬

68


53.0


65.1

162

5.48

144

4.80

142



USA

202-214

-

2(2/16)

®

54

2(14/16)

®

73


52.0


70.1

167

5.65

149

4.23

125

10.

66 � 74



















® = sens des conversions.

8.3.3 Mati�res plastiques

Plusieurs cas peuvent �tre envisag�s selon la mati�re plastique et le type de r�cipient utilis�s.

a) Sachets plastiques souples

La seule fa�on d'obtenir une fermeture herm�tique dans ce cas est le thermosoudage, qui n�cessite une machine d'un co�t relativement �lev�, m�me si son fonctionnement est enti�rement manuel.

On peut cependant se contenter de conditionner les produits secs non moulus de fa�on plus simple et non �tanche en ayant recours � des sacs de grande taille en plastique tr�s souple ferm�s avec de la ficelle, du ruban adh�sif, des agrafes, etc.

b) Bouteilles de plastique rigide

La fermeture, n�cessairement herm�tique puisqu'un tel r�cipient est destin� a contenir un liquide, ne peut �tre obtenue que par des machines on�reuses, ce qui rend ce type de conditionnement peu adapt� aux �chelles de transformation choisies.

8.3.4 Verre

Le verre peut �tre utilis� sous formes de flacons, de bocaux ou de bouteilles selon la nature du produit � emballer. A chacune de ces formes d'utilisation correspond une fermeture sp�cifique.

a) Flacons (pots)

La fermeture peut �tre obtenue au moyen:

- d'une capsule pos�e manuellement ou � l'aide d'une machine. Plusieurs syst�mes existent, dont:

- le syst�me “twist off” (figure 79), dont la pose peut �tre enti�rement manuelle. Il est constitu� d'une capsule crant�e � joint plastique coul�. Son herm�ticit� �tant due en grande partie au vide r�alis� dans le flacon au moment de la pose, le capsulage doit �tre obligatoirement effectu� � chaud;

- le syst�me Eurocap (figure 80) constitu� d'une capsule m�tallique munie d'un joint plastique et dont la fixation est assur�e � la fois par une retenue sur une “bosse” et par le vide partiel cr�� dans le flacon. Ce syst�me n�cessite une capsuleuse dont le fonctionnement peut �tre manuel, mais les flacons doivent obligatoirement �tre ferm�s � une temp�rature aussi �lev�e que possible pour cr�er un vide int�rieur suffisant;

- d'une couche de paraffine coul�e � chaud sur le produit et recouverte d'une feuille de cellophane assurant l'isolation de la paraffine vis-�-vis des poussi�res. Cette m�thode, contrairement au capsulage, n'est pas applicable � des produits pasteuris�s ou st�rilis�s.

b) Bocaux

Les bocaux se ferment par un syst�me de clapet m�tallique, l'�tanch�it� �tant assur�e par un joint de caoutchouc (figure 81). La pose est enti�rement manuelle, mais le bocal et son joint sont d'un prix plus �lev� que les flacons.


Figure 77. Fermeture par collage (papier et carton)


Figure 78. Fermeture par couture (papier et carton)


Figure 79. Fermeture syst�me “twist off” (verre)


Figure 80. Fermeture “Eurocap” (verre)

c) Bouteilles

De nombreux syst�mes existent pour la fermeture des bouteilles, dont le goulot doit �tre adapte au mode de fermeture choisi:

- bouchon m�canique ou � �trier (figure 82): l'obturation de la bouteille est obtenue au moyen d'un c�ne de porcelaine muni d'un joint de caoutchouc. La porcelaine est travers�e par une monture m�tallique articul�e qui vient prendre appui dans deux orifices diam�tralement oppos�s dispos�s dans la bague de la bouteille. Le montage du bouchon se fait � la main;

- bouchon couronne (figure 83), form� d'une capsule de fer-blanc dont la jupe ondul�e est sertie sur la bague de la bouteille. La capsule est munie int�rieurement d'un li�ge formant joint, pourvu ou non d'une pastille isolant le produit du li�ge. Ce type de fermeture n�cessite l'emploi d'une capsuleuse manuelle pour assurer le sertissage du bouchon (figure 84);

- bouchon de li�ge (figure 85): tr�s r�pandu et peu on�reux, il se pose manuellement � l'aide d'un appareil sp�cial, sans grande difficult�.

De nombreux autres syst�mes de fermeture existent (capsules plastiques, compl�t�es ou non par une enveloppe d'aluminium, etc.), mais les plus couramment employ�s et les plus facilement utilisables sont les trois types pr�c�dents.

8.3.5 Textiles

Les sacs de tissu sont clos par couture ou � l'aide d'une ficelle.

Ces deux m�thodes permettent de pr�venir l'�coulement du produit hors du sac.

8.3.6 Bo�tes m�talliques

Celles-ci doivent n�cessairement �tre serties; en d'autres termes, la jonction doit �tre assur�e par le rabattement des bords du couvercle sur le bord du corps de la bo�te (figure 86). Le sertissage doit �tre r�alis� tr�s soigneusement, car il conditionne la conservation du produit pr�alablement pasteuris� ou st�rilis�.

Des coupes de sertis doivent �tre r�guli�rement effectu�es pour contr�ler la bonne r�alisation du sertissage et le r�glage correct de l'appareil. Le sertissage est en effet r�alis� au moyen d'une sertisseuse qui peut �tre manuelle (figure 87), constitu�e essentiellement:

- d'un mandrin sup�rieur entra�n� par un volant et contre lequel vient s'appliquer la bo�te munie de son couvercle � sertir;

- de deux molettes mobiles de sertissage, actionn�es par un levier horizontal;

- d'un plateau inf�rieur press� contre la bo�te par une p�dale � levier.

Le principe du sertissage est le suivant (figure 88): la premi�re molette rabat le bord du couvercle en le roulant, tandis que la deuxi�me provoque l'�crasement des bords.


Figure 81. Bocaux en verre avec joints de caoutchouc


Figure 82. Bouchon m�canique ou � �trier (bouteilles)


Figure 83. Bouchons couronnes (capsules)


Figure 85. Bouchons de li�ge


Figure 84. Capsuleuses � bouchons couronnes (Source: Altersial)

Le volant de la sertisseuse peut �tre entra�n� par un moteur; dans ce cas, l'op�rateur a une main libre pour placer et retirer les bo�tes. Le rendement d'une sertisseuse manuelle est de 40 bo�tes/h; il s'�l�ve � 80 bo�tes/h avec un moteur.

8.3.7 Poteries et terres cuites

Ces r�cipients peuvent �tre clos de la m�me fa�on que les flacons de verre, par une couche de paraffine; si le contenu est liquide, il faut prendre garde � ne pas renverser le r�cipient.

8.4 Etiquetage

Aux �chelles de transformation �tudi�es, l'�tiquetage se fait manuellement, l'investissement d'une machine n'�tant pas justifi�.

L'�tiquetage doit permettre de conna�tre:

- la d�nomination du produit;
- la date de fabrication;
- le pays d'origine;
- le poids et la composition du produit;
- le nom et l'adresse du fabricant.


Figure 86. Jonction �tanche, par sertissage, d'un couvercle m�tallique sur une bo�te de conserve


Figure 87. Sertisseuse manuelle pour bo�tes de conserves


Figure 88. Mode de sertissage d'un couvercle m�tallique

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
9.1 Hygi�ne du personnel, propret� des locaux et des mati�res premi�res
9.2 Traitement de l'eau en fonction de son utilisation
9.3 Nettoyage des locaux et des appareils
9.3.1 Pr�cautions � prendre lors de la conception de l'usine
9.3.2 Principes de nettoyage
9.4 D�sinfection de l'eau et de l'appareillage

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE

9.1 Hygi�ne du personnel, propret� des locaux et des mati�res premi�res

a) Hygi�ne du personnel

L'�tat sanitaire du personnel doit �tre contr�l�, de fa�on � �viter qu'il ne constitue un contaminant ou un v�hicule de contamination. Il importe plus particuli�rement de surveiller les personnes atteintes d'affections des voies respiratoires ou intestinales et �carter les porteurs de furoncles ou de panaris.

L'information concernant les r�gles de propret� individuelle doit constituer un �l�ment important de la formation du personnel. Des installations sanitaires (vestiaires, lavabos et savons) doivent permettre d'appliquer ces r�gles.

b) Propret� des locaux

Il est n�cessaire de concevoir des locaux peu accessibles aux animaux. Il s'av�re cependant parfois indispensable de d�truire insectes et rongeurs: dans ce cas, il faut arr�ter momentan�ment la fabrication.

Pour d�truire les insectes, on a recours � une fumigation aux gaz toxiques ou � la pulv�risation d'insecticides � action rapide; il faut faire suivre ces traitements par un lavage et une a�ration pouss�s. Pour �liminer les rongeurs, il est pr�f�rable d'utiliser des pi�ges plut�t que des poisons qui peuvent �tre �galement dangereux pour l'homme. L'�ducation du personnel et la pr�sence d'une personne responsable du maintien de l'ordre et de la propret� suffisent g�n�ralement.

c) Propret� des mati�res premi�res

Les agents de d�t�rioration de l'hygi�ne (produits �cras�s, surm�ris, moisis) doivent �tre enti�rement ou partiellement �cart�s au cours du triage. Le lavage doit �tre effectu� soigneusement sur les produits, conform�ment aux m�thodes donn�es pr�c�demment.

9.2 Traitement de l'eau en fonction de son utilisation

Avant d'utiliser une eau, il faut d'abord d�terminer:

- sa charge microbienne et sa composition;
- sa teneur en mati�res en suspension;
- sa teneur en sels dissous et la nature de ces derniers.

Chaque utilisation pose des exigences particuli�res. Il serait souhaitable de pouvoir disposer de trois qualit�s d'eau: eau potable, eau d'alimentation des g�n�rateurs de vapeur, eau destin�e � d'autres usages.

a) Eau potable

Une eau potable doit satisfaire des normes pr�cises de nature physique, microbiologique et chimique, d�finies par la l�gislation de chaque pays. Elle ne doit avoir ni odeur, ni saveur.

L'usine se trouve plac�e devant l'alternative suivante:

- soit elle s'alimente sur le r�seau public d'eau potable;

- soit elle proc�de elle-m�me au traitement de son eau, selon des m�thodes �tablies par un sp�cialiste. Celui-ci sera particuli�rement attentif � la teneur en certains sels min�raux. En effet, le magn�sium conf�re une amertume � l'eau, tandis que les bicarbonates g�nent le lavage, l'action des d�tergents et la cuisson de certains l�gumes. Sous l'action de la chaleur, les sels de calcium forment un d�p�t et donnent lieu � un d�gagement de gaz carbonique.

b) Eau d'alimentation des g�n�rateurs de vapeur

Elle pr�sente le risque d'un d�pot de carbonates sous l'action de la chaleur.

La teneur en substances min�rales totales doit �tre inf�rieure � 3,5 g/l dans le cas o� la pression dans le g�n�rateur de vapeur est inf�rieure � 20 bars. En cas de forte teneur en sels min�raux, diff�rents traitements permettent de limiter ces risques. Il est n�cessaire dans ce cas de s'adresser � un sp�cialiste.

c) Eau destin�e � d'autres usages

Il peut s'agir:

- d'eau m�lang�e � des aliments (boissons de fruits, saumures de l�gumes);

- d'eau utilis�e pour le lavage final des produits, appareils, r�cipients, etc.;

- d'eau qui subira une cuisson en m�me temps que les produits, � une temp�rature proche de 100°C:

- d'eau d'alimentation des autoclaves;

- d'eau de refroidissement des bouteilles, bocaux et bo�tes: elle doit satisfaire � des exigences bact�riologiques sp�ciales (le plus souvent, on recourt � la chloration);

- d'eau de pr�lavage.

9.3 Nettoyage des locaux et des appareils

9.3.1 Pr�cautions � prendre lors de la conception de l'usine

Pour faciliter le nettoyage et l'entretien d'une usine, diverses mesures doivent �tre prises d�s le stade de la conception. Il faut notamment pr�voir:

- des sols suffisamment inclin�s, non glissants, offrant une bonne r�sistance m�canique et chimique;

- des drains suffisants;

- des parois lisses pouvant �tre lav�es au jet;

- une ventilation ad�quate.

Les appareils, quant � eux, doivent �tre con�us pour faciliter leur nettoyage; on pr�voira � cet effet:

- des surfaces lisses (les surfaces en bois sont tr�s difficiles a nettoyer);
- un nombre aussi r�duit que possible d'angles vifs;
- l'�limination des points morts o� les aliments risquent de stagner;
- des orifices de vidange au niveau le plus bas.

9.3.2 Principes de nettoyage

Pour �viter la contamination des aliments et la d�gradation des appareils, deux r�gles doivent �tre observ�es:

- ne rien salir ou le moins possible (�vacuation rapide des eaux ti�des et des d�chets);
- nettoyer et d�sinfecter le plus rapidement possible.

Le nettoyage, qui doit �tre effectu� imm�diatement apr�s le fonctionnement d'un appareil pour �viter l'incrustation des souillures, peut �tre r�alis� selon diff�rentes m�thodes que l'on combine g�n�ralement.

a) Nettoyage physique

Il est r�alis� par une action m�canique manuelle � l'aide de brosses, de goupillons ou des racleurs, par des jets de vapeur ou d'eau, ou encore � l'aide de d�tergents.

b) Nettoyage par agents chimiques

Les d�tergents et dissolvants sont utilis�s pour �liminer les souillures.

Leur action est souvent g�n�e par la duret� de l'eau (c'est-�-dire par sa teneur en bicarbonate de calcium), tandis que leur efficacit� d�pend de leur concentration, de la dur�e du contact avec la surface � nettoyer, de la turbulence de la solution dans laquelle ils sont dissous et de la temp�rature.

Certains mat�riaux peuvent �tre sensibles � l'action de divers agents chimiques, si bien que divers produits de nettoyage doivent �tre �vit�s dans certains cas r�pertori�s au tableau 55.

Tableau 55. Sensibilit� de divers mat�riaux aux agents de nettoyage

Mat�riaux

Agents de nettoyage � employer

Agents de nettoyage a �viter

Acier inoxydable

Solutions faiblement acides (temps court)

Acide chlorydrique (HCl), chlorures

Aluminium
Zinc
Etain
Cuivre

D�tergents faiblement alcalins riches en m�tasilicate de sodium


Fer-blanc

D�tergents faiblement alcalins: phosphate trisodique, polyphosphates, m�tasilicate de sodium


Bois et tissus (fibres v�g�tales)

Polyphosphates et agent mouillant

Alcalis forts

Tissus et fibres synth�tiques

Suivre les instructions du fabricant


Verre

D�tergents neutres ou faiblement alcalins, proportion �lev�e de polyphosphates

Alcalis forts

Caoutchouc

Solutions alcalines

Acides et solvants organiques

B�ton, ciment

D�tergents alcalins (m�tasilicate de sodium)


Plastiques

Suivre les instructions du fabricant


Le choix de l'agent de nettoyage d�pend de la nature chimique des souillures � enlever, de l'�paisseur de la couche � �liminer et de la nature des mat�riaux constitutifs des appareils. Le choix du produit appropri� une fois op�r�, il convient de fixer la temp�rature, le temps de nettoyage et la concentration de la solution de lavage. Le choix de l'agent de nettoyage et de ces diff�rents param�tres doit �tre effectu� en collaboration avec un sp�cialiste.

On peut n�anmoins donner quelques indications relatives aux produits les plus courants (tableau 56).

c) R�alisation du nettoyage

D'une mani�re g�n�rale, les diverses �tapes du nettoyage d'un appareil sont les suivantes; il faut, dans l'ordre indiqu�:

- d�brancher l'appareil s'il fonctionne � l'�nergie �lectrique;

- �ventuellement, ouvrir ou d�monter l'appareil;

- effectuer un premier lavage � l'eau froide ou ti�de (40-50°C) a basse pression;

- laver le sol et l'entourage de l'appareil;

- �ventuellement, faire tremper certaines parties particuli�rement encrass�es de l'appareil;

- laver avec la solution d�tergente choisie, chaude, �ventuellement sous forte pression et � l'aide d'une brosse;

- rincer avec de l'eau potable � basse pression, chaude puis froide.

Tableau 56. Caract�ristiques de quelques agents de nettoyage

Agents

Avantages

Inconv�nients

Remarques

Hydroxyde de sodium (soude caustique)

Bon march�
Bact�ricide

Fortement alcalin
Pr�cipice le tartre
Difficile � rincer
Corrosif

En combinaison avec les silicates, �limination des graisses et des r�sidus dess�ch�s ou carbonis�s

Silicates de sodium

D�tergent efficace
Prot�ge contre la corrosion

Le m�tasilicate de sodium ne pr�cipite par le tartre
Alcalinit� variable

Phosphate trisodique

Efficace
Ne pr�cipite par le tartre
Rin�age facile

Assez corrosif
Prix �lev�


Savons

Efficaces

Formation de mousse difficile � �liminer
Insolubles en milieu acide ou riche en calcium ou en magn�sium


Acides organiques

Dissolvent les d�p�ts min�raux et alcalino-terreux

Attaquent la pierre et le b�ton
L�g�re corrosion des m�taux


Acides

Dissolvent les d�p�ts min�raux

Tr�s agressifs

A employer � bon escient, du fait de leur agressivit�, ensemble avec un inhibiteur de corrosion

Un dernier rin�age � l'eau froide sera effectu� imm�diatement avant la reprise de la fabrication.

9.4 D�sinfection de l'eau et de l'appareillage

a) M�thodes de d�sinfection de l'eau

Ces m�thodes varient suivant la destination de l'eau trait�e; on a cependant g�n�ralement recours � la chloration:

- eau potable: chloration l�g�re;

- eau de lavage ou eau de d�sinfection: chloration plus pouss�e. En cas de besoin, on peut �galement d�sinfecter les eaux de lavage ou de rin�age avec des produits bact�ricides � large spectre d'action.

b) M�thodes de d�sinfection des appareils

Pour que son efficacit� soit r�elle, la d�sinfection doit absolument �tre pr�c�d�e d'un nettoyage et d'un lavage pouss�. En g�n�ral, l'appareillage est d�sinfect� sit�t apr�s le nettoyage, puis rinc� � grande eau. Un nouveau rin�age sera effectu� imm�diatement avant la r�utilisation.

c) Caract�ristiques des agents de d�sinfection (tableau 57)

On peut donner quelques caract�ristiques g�n�rales concernant divers agents de chloration. Cependant, le choix d'un de ces agents, ses conditions d'emploi, la fr�quence des op�rations de d�sinfection sont � d�finir avec un sp�cialiste de fa�on � prendre en compte les conditions propres � chaque unit� de production.

Tableau 57. Caract�ristiques de quelques agents de d�sinfection

Agents

Avantages

Inconv�nients

Agents de chloration

Chlore gazeux

Facile a obtenir relativement pur
Bon march�
Utilis� pour de grands volumes d'eau

Toxique et irritant pour la gorge
Tr�s corrosif pour les m�taux
Danger d'explosion lors du stockage

Hypochlorites

Faciles � appliquer
Utilisables pour petits volumes

Instables
Chers
Risque de pr�cipitation du tartre

Chloramines

Stables � temp�rature �lev�es
Action germicide de longue dur�e

Faible pouvoir germicide

Autres agents

Ammonium quaternaire

Germicide
Stable � haute temp�rature
Inodore
Non toxique aux doses employ�es

Inefficace en pr�sence de certains d�tergents et de prot�ines

Solutions d'iodoforme

Germicides en milieu acide

Corrosives
Peuvent donner des colorations ou des saveurs ind�sirables

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
10.1 Effets sur la valeur nutritionnelle des produits finis
10.2 Effets sur l'environnement
(introduction...)
10.2.1 Recyclage des sous-produits solides
10.2.2 Applications pharmaceutiques
10.2.3 Autres utilisations
10.2.4 Recyclage des eaux r�siduaires (effluents)
10.3 Consommation �nerg�tique
10.4 Consommation en eau

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS

10.1 Effets sur la valeur nutritionnelle des produits finis

Les proc�d�s de transformation �tudi�s dans le pr�sent dossier technique visent � prolonger la dur�e de conservation des fruits. Ces traitements sont donc b�n�fiques dans leur ensemble, car:

- ils permettent une consommation hors saison;
- ils offrent une grande vari�t� d'aliments sains;
- ils assurent une bonne qualit� nutritionnelle et organoleptique.

Quelques-uns de ces traitements entra�nent cependant certaines modifications de la valeur nutritionnelle initiale des fruits; il importe de les conna�tre pour tenter de les minimiser lorsqu'elles sont n�fastes.

Ces modifications, engendr�es soit par le processus de conservation lui-m�me, soit au cours des �tapes de pr�paration, font l'objet du tableau 58.

Le mode de conditionnement lui-m�me peut avoir une influence sur la valeur nutritionnelle des produits finis apr�s stockage; c'est ainsi que dans le cas des produits d�shydrat�s, l'imperm�abilit� de l'emballage � l'oxyg�ne assure une meilleure pr�servation de certaines vitamines. De m�me, le verre, plus inerte que le m�tal, n'engendre avec le produit fini aucune r�action chimique susceptible d'alt�rer les caract�ristiques nutritionnelles et organoleptiques de celui-ci.

Des m�thodes on�reuses et sophistiqu�es de transformation (lyophilisation) et de conditionnement (sous gaz inerte, par exemple) permettent d'am�liorer la qualit� des produits finis et de pr�server les �l�ments nutritifs. L'examen de ces proc�d�s n'entre toutefois pas dans le cadre de la pr�sente �tude. Nous nous bornerons par cons�quent � pr�ciser les pr�cautions � prendre pendant la transformation pour limiter les pertes vitaminiques et min�rales et conf�rer au produit fini des propri�t�s organoleptiques satisfaisantes.

10.2 Effets sur l'environnement

Les sous-produits r�sultant de la pr�paration et de la conservation des fruits se pr�sentent sous deux formes:

- sous-produits solides (d�chets d'�pluchage, rebus de triage et de parage);
- sous-produits liquides (eaux de lavage ou de blanchiment).

L'utilisation �ventuelle de ces deux types de sous-produits est donc sensiblement diff�rente.

Tableau 58. Pr�cautions � prendre lors de la conservation des fruits

Pr�traitement ou traitement

Avantages

Inconv�nients

Am�liorations possibles

Stockage avant transformation


Pertes de vitamines (vitamine C, notamment)

Approvisionnement r�gulier de l'usine pour �viter des stocks trop importants

Epluchage

Elimination des parties plus ou moins indigestes

Pertes vitaminiques (vitamines abondantes dans et sous la peau)

Eviter les traitements alcalins
Conserver sous l'eau apr�s �pluchage si la transformation n'est pas imm�diate

Traitement � l'anhydride sulfureux (SO2)

Pr�servation am�lior�e de la vitamine C
Protection contre les d�gradations microbiologiques et enzymatiques

Destruction de la vitamine B1


Blanchiment, cuisson

Modification du go�t, de la consistance
G�latinisation de l'amidon, donc digestibilit� meilleure
Destruction de certaines enzymes n�fastes

Destruction, donc perte de min�raux, ar�mes et vitamines hydrosolubles
Pigmentation amoindrie
Inactivation par la chaleur, donc perte de vitamine C thermolabile

Pr�f�rer la vapeur � l'eau
Cuire en gros morceaux ou sans peler
Pr�-�bullition et cuisson courte
Ajouter un agent de conservation de la couleur (bicarbonate de soude) pour pr�server la chlorophylle

S�chage au soleil

Am�lioration du go�t (par rapport au s�chage � l'air chaud)

Pertes de vitamines
Brunissement

S�cher des morceaux de tailles homog�ne

S�chage � l'air chaud (� l'abri du rayonnement solaire)

Protection am�lior�e de la vitamine A (par rapport au s�chage au soleil)

Perte de vitamines B1 et C et de carot�nes (m�me si att�nu�es)


Conservation par le sel


En cas de dessalage, pertes de vitamines et sels min�raux par dissolution


Conservation par le vinaigre


Pertes vitaminiques par oxydation
Irritation du tube digestif


Conservation par fermentation

Modification de la texture (ramollissement), d'o� une meilleure digestibilit�

Pertes vitaminiques


Pasteurisation


Pertes vitaminiques et min�rales par dissolution dans le liquide de couverture

R�duire la dur�e des traitements en diminuant les tailles des morceaux

Conservation par st�rilisation

Am�lioration de la digestibilit�


Refroidir les r�cipients le plus rapidement possible
Remplir � chaud
Utiliser des r�cipients aussi thermo-conducteurs que possible

10.2.1 Recyclage des sous-produits solides

Ces produits peuvent �tre soit utilis�s directement, soie pr�alablement transform�s avant leur utilisation.

a) Alimentation animale (provendes)

Les d�chets (�corces de fruits, r�sidus de presse, etc.) peuvent �tre donn�s aux animaux sous diff�rentes formes:

- � l'�tat frais, directement apr�s leur production (par exemple, fruits trop m�rs, couronnes d'ananas apr�s tranchage, etc.);

- apr�s ensilage � l'abri de l'oxyg�ne pour �viter une fermentation non contr�l�e des d�chets (notamment des �corces d'agrumes); on peut �ventuellement induire un d�but de fermentation lactique; ou

- apr�s s�chage: les d�chets sont d'abord malax�s avec de la chaux pour �viter une acidification excessive, puis press�s pour �vacuer un jus sucr� et riche en pectine que l'on appelle “m�lasse” (cette �limination facilite le s�chage). Les r�sidus de presse sont enfin s�ch�s au soleil dans un s�choir-tunnel (�corces) ou dans un s�choir-tambour (marcs). Cet aliment peut �tre rem�lang� ou non avec la m�lasse. Celle-ci peut �galement �tre utilis�e pour produire de l'alcool �thylique.

Les provendes (aliments pour b�tail) ainsi produites doivent �tre enrichies en mati�res prot�iques (l�gumineuses, tourteaux) afin de constituer une ration alimentaire compl�te.

b) Pectines

Les pectines sont extraites par pressage des marcs ou des �corces de fruits (mangues, pommes, agrumes, etc.). On obtient un liquide � 15 pour cent d'extrait sec que l'on doit �purer, neutraliser � la chaux et filtrer avant de pouvoir pr�cipiter la pectine par addition d'alcool ou de sel m�tallique.

c) Huiles essentielles

On peut r�cup�rer deux types d'huiles � partir des d�chets de fruits:

- des huiles essentielles (� partir d'�corces de fruits et d'agrumes, notamment): cette op�ration est facilement r�alisable � l'�chelle artisanale, car elle ne n�cessite ni �quipement sophistiqu�, ni investissement important;

- des huiles de p�pins ou de noyaux: apr�s lavage et s�chage, les p�pins ou les amandes contenues dans les noyaux subissent un pressage permettant d'obtenir une huile qui, en raison de son amertume, doit �tre saponifi�e (dans le cas par exemple des abricots, des raisins et des agrumes).

d) Utilisation �nerg�tique

La biomasse peut �tre valoris�e de plusieurs mani�res:

Voies s�ches:

- combustion de d�chets dans des foyers en vue de produire de l'air chaud ou des gaz qui seront utilis�s pour d�shydrater des produits alimentaires ou produire de la vapeur;

- carbonisation (ou pyrolyse): cette technique vise � produire du charbon de bois � partir de r�sidus tels que les coques d'anacardes ou de noix de coco, les noyaux, etc. On obtient un combustible dot� d'un fort pouvoir calorifique;

- gaz�ification: cette m�thode permet de convertir l'�nergie calorifique potentielle des mati�res v�g�tales s�ches en un gaz combustible utilis� en tant que source d'�nergie thermique ou m�canique. Cette op�ration, d'un rendement thermique �lev�, s'effectue dans un gazog�ne. Le gaz peut �tre utilis� dans des moteurs � deux combustibles (dual fuel) ou � allumage command�.

Voies humides:

- fermentation m�thanique: cette technique permet, d'une part, la production d'un biocombustible (m�thane) et, d'autre part, la production d'�l�ments fertilisants (compost) que l'on peut �pandre sur les champs cultiv�s. L'op�ration s'effectue dans un digesteur en induisant une fermentation m�thanique � partir de r�sidus lignocellulosiques;

- fermentation alcoolique: � partir de d�chets (de conserverie, par exemple), on r�cup�re par diffusion un jus sucr� que l'on concentre et que l'on fait fermenter pour obtenir un jus alcoolis� (transformation des sucres en �thanol). On peut, par distillation, fabriquer de l'�thanol pharmaceutique.

10.2.2 Applications pharmaceutiques

Elles sont nombreuses et font appel � des techniques plus complexes (acide ascorbique, produits chimiques � activit� vitaminique P, etc.). On peut mentionner par exemple le baume cajou que l'on extrait de la coque des noix d'anacardes.

10.2.3 Autres utilisations

On peut utiliser les rebus de triage et de calibrage et les d�chets de fruits (tels que les peaux) pour produire du vinaigre selon la m�thode d�crite au chapitre 7.

10.2.4 Recyclage des eaux r�siduaires (effluents)

Ces eaux sont utilis�es:

- soit directement par �pandage sur les champs ou dans les vergers apr�s correction de leur acidit� par de la chaux;

- soit apr�s �puration par des proc�d�s m�caniques (tamisage, d�cantation, filtration, etc.), physico-chimiques (pr�cipitation par agents chimiques) ou biologiques (bact�ries). Les �l�ments �limin�s sont diff�rents selon la technique employ�e; le choix de la m�thode d�pend donc tout � la fois de l'origine de l'eau us�e et de la r�utilisation que l'on d�sire en faire.

10.3 Consommation �nerg�tique

Le tableau 59 indique les besoins en �nergie relatifs aux diverses techniques de conservation.

Tableau 59. Consommation �nerg�tique comparative de diff�rentes techniques de conservation

Techniques de conservation

Consommation en �quivalent vapeur (kg de vapeur/100 kg de produit � traiter)

D�shydratation solaire (par convection naturelle)

0

D�shydratation par combustibles

70-300

Pasteurisation

30-50

St�rilisation

50-100

La d�shydratation par combustibles exige consid�rablement plus d'�nergie que les autres techniques de conservation. Toutefois, le co�t du produit fini est �galement fonction du prix du conditionnement, qui est sensiblement moins �lev� dans le cas de produits d�shydrat�s que dans le cas de fruits conserv�s par le sucre ou par pasteurisation, ceux-ci �tant n�cessairement conserv�s en r�cipients de verre ou de m�tal.

Les unit�s de transformation situ�es en des lieux o� le combustible est facilement disponible et peu on�reux pourront envisager le recours � cette technique.

10.4 Consommation en eau

La consommation en eau d'une unit� constitue elle aussi un crit�re important du choix technologique et peut avoir des cons�quences consid�rables pour l'environnement dans le cas des r�gions s�ches.

Outre les pr�traitements qui utilisent une grande quantit� d'eau (lavages, blanchiments), certains traitements comme la st�rilisation et la pasteurisation n�cessitent entre 0,3 et 0,6 m3 pour 100 kg de produit � traiter.

Ces traitements sont donc � proscrire dans les zones s�ches o� l'eau repr�sente une denr�e rare et ch�re. Des syst�mes d'�conomie en eau peuvent cependant �tre mis au point; on peut avoir recours:

- � une utilisation �chelonn�e de l'eau: cette m�thode consiste � r�utiliser la m�me eau en veillant � ce que son degr� de pollution apr�s une op�ration soit inf�rieur � son degr� de pollution apr�s l'�tape suivante; la figure 89 donne une illustration de cette m�thode;

- au r�emploi de l'eau apr�s �puration. L'�puration, m�me si elle co�te cher, peut s'av�rer avantageuse dans bien des cas si l'on tient compte:

· du co�t de l'eau fournie � l'usine;
· des pertes de mati�res premi�res de valeur pouvant �tre rejet�es avec l'eau;
· des co�ts d'�puration des cours d'eau dans lesquels sont d�vers�s les effluents.


Figure 89. Exemple d'utilisation �chelonn�e de l'eau

(Source: ONUDI, 1970)

Il n'est pas inutile de rappeler, avant de clore ce chapitre consacr� aux effets de la transformation des fruits sur l'environnement, que les eaux r�siduaires des entreprises agro-industrielles, si faible que puisse �tre leur importance, ne doivent jamais �tre rejet�es dans des cours d'eau sans subir une �puration pr�alable visant � �liminer les substances min�rales et organiques qu'elles peuvent contenir en quantit�s excessives.

L'�puration des eaux us�es co�te cher, mais la pr�servation de l'�quilibre biologique des cours d'eau et de l'environnement est � ce prix, et celui-ci n'est jamais trop �lev� � long terme.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
11.1 Introduction
11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique
11.2.1 Introduction
11.2.2 Etude du march�
11.3 Estimation des co�ts de production
(introduction...)
11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels
11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations
11.3.3 Co�t des intrants
11.3.4 Charges de personnel
11.3.5 Frais de gestion et d'administration
11.3.6 Immobilisations fonci�res
11.3.7 Fonds de roulement
11.3.8 Co�ts unitaires de production

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION

11.1 Introduction

La conception d'un projet d'unit� de transformation doit �tre effectu�e selon une proc�dure permettant de d�gager des crit�res de choix aussi bien techniques qu'�conomiques.

Le pr�sent chapitre aborde de mani�re tr�s succincte certains probl�mes d'ordre financier et technique pr�sents dans toute �tude de projet.

L'�laboration d'un projet comprend trois phases successives:

- une �tude d'identification qui, en fonction des habitudes alimentaires, des besoins nutritionnels, du pouvoir d'achat des consommateurs, de l'analyse des disponibilit�s en mati�res premi�res, en �nergie, en main-d'oeuvre et en infrastructure, et suite � la d�cision prise de desservir un march� local ou r�gional, permet de choisir un type de transformation;

- une �tude de faisabilit� (comportant un dossier technique, un dossier emploi et un dossier �conomique) visant � d�terminer la capacit� de production de l'unit� � implanter, le montant des investissements n�cessaires et un essai d'implantation des diff�rents postes de l'entreprise en fonction des surfaces allou�es;

- une �tude d'avant-projet d'ex�cution (planning d'ex�cution, mat�riels � mettre en place, �valuation pr�cise de leur co�t, etc.) qui pr�pare la r�alisation pratique des travaux de montage de l'entreprise.

Dans le cas des unit�s de transformation de petite taille qui nous pr�occupent ici, certaines phases pr�alables d'�valuation pourront �tre regroup�es afin de minimiser les co�ts qu'entra�nerait une �tude exhaustive.

Le pr�sent chapitre a donc pour but d'exposer une m�thode d'�valuation �conomique simple, applicable � des entreprises modestes dont la capacit� de production, souvent limit�e par les disponibilit�s en cr�dits d'investissement, sera con�ue pour satisfaire la demande de march�s locaux ou r�gionaux.

Les entrepreneurs d�sireux d'investir des sommes importantes dans des entreprises de transformation agro-industrielles fruiti�res tourn�es vers les march�s nationaux ou internationaux devront en tout �tat de cause requ�rir les services de soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es qui �tabliront des dossiers comparatifs de faisabilit� complets et fiables quant � la rentabilit� attendue des diff�rentes options technologiques examin�es dans le cadre d'un projet donn�.

11.2 Etude de faisabilit�: Dossier �conomique et technique

11.2.1 Introduction

On proc�dera, dans un premier temps, � l'analyse du march� en vue de d�terminer le volume et la gamme des produits que l'on se propose de fabriquer au cours d'un certain nombre d'ann�es.

Dans un deuxi�me temps, on v�rifiera, par une premi�re estimation des co�ts d'investissement et des co�ts de production, si l'entreprise est rentable ou non et l'on d�terminera les conditions de sa rentabilit�.

Les unit�s de plus grande capacit�, dans lesquelles le management joue un r�le primordial, devront approfondir leur analyse et �tablir un ou plusieurs �ch�anciers de flux financiers pr�visionnels portant sur une p�riode de 5 � 20 ans.

11.2.2 Etude du march�

Il s'agit de d�terminer, pour un produit fini donn�, la taille du march�, son �volution et le niveau de production que la future unit� de production peut esp�rer �couler en fonction du pouvoir d'achat et des go�ts de la client�le vis�e ainsi que de la concurrence et de la structure des co�ts. Il est �galement souhaitable d'effectuer une analyse de l'�volution des prix de gros et de d�tail ainsi que des prix � l'importation du produit consid�r�, car les co�ts de production devront �tre inf�rieurs � ceux de la concurrence locale ou �trang�re.

S'il s'agit d'introduire sur le march� un produit nouveau, le march� potentiel est th�oriquement consid�rable, � condition toutefois que le produit en question soit accept� par les consommateurs. Le taux d'acceptabilit� probable d'un produit nouveau devra d�s lors �tre d�termin� par des m�thodes statistiques parfaitement d�finies et �prouv�es, et non de mani�re empirique comme c'est trop souvent le cas.

Ces diverses donn�es une fois acquises, l'entrepreneur devra faire un choix quant � la capacit� de production de la future entreprise, pour autant que le march� soit suffisamment ouvert et que la limitation des capitaux disponibles n'exclue pas toute possibilit� de choix. La taille de l'entreprise devra �tre d�termin�e non seulement en fonction des d�bouch�s, mais �galement en fonction des possibilit�s d'approvisionnement en mati�res premi�res, de fa�on � ce que l'entreprise soit assur�e de tourner � sa capacit� maximale de production pendant toute l'ann�e. Cette derni�re contrainte implique, pour rentabiliser les investissements, la n�cessit� pour l'entreprise de ne pas limiter sa production � un seul fruit et � un seul type de produit.

L'entreprise devra, par ailleurs, n�cessairement adapter sa production au calendrier de production des esp�ces fruiti�res choisies (comme le montre l'exemple donn� tableau 60) et orienter si possible sa production vers la fabrication de deux ou trois produits finis (confiture, gel�e et p�te de fruits ou marmelade par exemple), tout en simplifiant au maximum sa ligne de fabrication.

Nous verrons, dans la section 12.1 du chapitre suivant, quelles autres donn�es de base l'entrepreneur devra rassembler pour s'assurer que l'unit� de transformation envisag�e soit adapt�e � son environnement et puisse travailler dans de bonnes conditions.

11.3 Estimation des co�ts de production

Apr�s avoir d�termin� le niveau de production en fonction des possibilit�s du march� et des approvisionnements et une fois que le mat�riel de fabrication a �t� soigneusement choisi apr�s un appel d'offres en fonction de diff�rents crit�res (co�t et nature du mat�riel propos� - import� ou fabriqu� partiellement sur place -, choix d'une ligne de fabrication, disponibilit�s en �nergie, niveau de qualification de la main-d'oeuvre locale, traitement des sous-produits et rejets, possibilit�es de transport locales, etc.), l'entrepreneur devra estimer les co�ts comparatifs de production par unit� de produit fini en fonction des diverses variantes de production offertes par diff�rentes techniques possibles de fabrication, diff�rents mat�riels ou diff�rentes formes d'�nergie disponibles.


Tableau 60. Exemple de calendrier de production d'esp�ces fruiti�res

Si l'on veut pouvoir comparer entre elles diff�rentes options techniques, l'estimation des co�ts unitaires de production doit �galement tenir compte des �l�ments suivants:

- frais d'entretien et de r�paration;
- co�t des intrants (fluides, mati�res premi�res, autres mati�res fongibles);
- frais de personnel;
- frais de gestion et d'administration;
- immobilisations fonci�res;
- int�r�ts du fonds de roulement.

Les m�thodes permettant d'estimer ces diff�rents postes sont expos�es dans les sections qui suivent.

11.3.1 Amortissement des b�timents et des mat�riels

L'amortissement annuel des biens mobiliers et immobiliers d�pend de leur prix d'achat, du taux d'int�r�t pratiqu� et de leur dur�e de vie. L'amortissement sera d'autant plus �lev� que les taux d'int�r�ts seront plus �lev�s et que la dur�e d'utilisation des b�timents et des mat�riels sera plus courte.

Connaissant le prix d'achat (Z) d'un bien et le taux d'int�r�t annuel (i), il est facile de d�terminer son co�t annuel d'amortissement en divisant son prix d'achat par le facteur (F) indiqu� au tableau 61. Ainsi, le taux annuel d'amortissement d'une machine ayant �t� achet�e 25 000 UM1 � un taux d'int�r�t de 16 pour cent et dont la dur�e d'utilisation (n) est de 7 ans est �gal �:


1 Unit� mon�taire fictive.

a) Valeur des b�timents et des ouvrages

Celle-ci englobe le co�t de tous les travaux de construction (g�nie civil, b�timent, am�nagements fixes - eau, �nergie, routes, cl�tures, etc.) et peut varier dans des proportions consid�rables selon les mat�riaux utilis�s, l'emplacement choisi et les conditions locales. En 1985, la valeur d'une construction pouvait varier dans la proportion de 1 � 10. On �tablira la valeur des investissements immobiliers sur la base de plusieurs devis �tablis par des entrepreneurs locaux auxquels les travaux pourraient �tre confi�s.

b) Valeur des biens d'�quipement

L'estimation de la valeur des mat�riels non fongibles doit porter sur le co�t des assurances, des emballages, des transports et des manutentions, de fa�on � obtenir le prix total de l'�quipement mont� et pr�t � fonctionner. Pour les mat�riels import�s, il convient donc d'ajouter � la valeur f.a.b. (pour franco � bord)2 tous les frais d'assurances, de transports, de transitaires, etc. qui vont grever le mat�riel depuis son port d'embarquement jusqu'� son lieu de montage, ou d'ajouter � la valeur c.a.f. (co�t, assurance, fr�t) tous les frais aff�rents au d�barquement et � l'acheminement du mat�riel, du port d'arriv�e � son lieu d'utilisation.

2 On dit aussi f.o.b.

Si l'on veut obtenir une valeur plus exacte du co�t annuel d'amortissement des b�timents et des mat�riels en tenant compte de leur valeur r�siduelle � la fin de leur dur�e de vie utile, on peut utiliser la formule:


dans laquelle (Z), (F), (i) et (n) sont identiques aux param�tres pr�c�dents et (S) est la valeur r�siduelle attribu�e aux b�timents et aux mat�riels apr�s amortissement.

L'entrepreneur aura tout avantage � s'adresser � un transitaire pour conna�tre les co�ts d'acheminement du mat�riel de fabrication n�cessaire. Le poids et l'encombrement de ce mat�riel sous emballage seront communiqu�s par le fournisseur.

Tableau 61. Table d'actualisation: valeur actuelle, au taux d'int�r�t (i), de la somme de (n) annuit�s de 1 UM payables en fin d'ann�e

Nombre d'ann�es (n)

Taux d'int�r�t (i)


5%

6%

8%

10%

12%

14%

15%

16%

18%

20%

22%

24%

25%

26%

28%

30%

35%

40%

1

0.952

0.943

0.926

0.909

0.893

0.877

0.870

0.862

0.847

0.833

0.820

0.806

0.800

0.794

0.781

0.769

0.741

0.714

2

1.859

1.833

1.783

1.736

1.690

1.647

1.626

1.605

1.566

1.528

1.492

1.457

1.440

1.424

1.392

1.361

1.289

1.224

3

2.723

2.673

2.577

2.487

2.402

2.322

2.283

2.246

2.174

2.106

2.042

1.981

1.952

1.923

1.868

1.816

1.696

1.589

4

3.546

3.465

3.312

3.170

3.037

2.914

2.855

2.798

2.690

2.589

2.494

2.404

2.362

2.320

2.241

2.166

1.997

1.849

5

4.330

4.212

3.993

3.791

3.605

3.433

3.352

3.274

3.217

2.991

2.864

2.745

2.689

2.635

2.532

2.436

2.220

2.035

6

5.076

4.917

4.623

4.355

4.111

3.889

3.784

3.685

3.498

3.326

3.167

3.020

2.951

2.885

2.759

2.643

2.385

2.168

7

5.786

5.582

5.206

4.868

4.564

4.288

4.160

4.039

3.812

3.605

3.416

3.242

3.161

3.083

2.937

2.802

2.508

2.263

8

6.463

6.210

5.747

5.335

4.968

4.639

4.487

4.344

4.078

3.837

3.619

3.421

3.329

3.241

3.076

2.925

2.598

2.331

9

7.108

6.802

6.247

5.759

5.328

4.946

4.772

4.607

4.303

4.031

3.786

3.566

3.463

3.366

3.184

3.019

2.665

2.379

10

7.722

7.360

6.710

6.145

5.650

5.216

5.019

4.833

4.494

4.192

3.923

3.682

3.571

3.465

3.269

3.092

2.715

2.414

11

8.306

7.887

7.139

6.495

5.938

5.453

5.234

5.029

4.656

4.327

4.035

3.776

3.656

3.544

3.335

3.147

2.752

2.438

12

8.863

8.384

7.536

6.814

6.194

5.660

5.421

5.197

4.793

4.439

4.127

3.851

3.725

3.606

3.387

3.190

2.779

2.456

13

9.394

8.853

7.904

7.103

6.424

5.842

5.583

5.342

4.910

4.533

4.203

3.912

3.780

3.656

3.427

3.223

2.799

2.468

14

9.899

9.295

8.244

7.367

6.628

6.002

5.724

5.468

5.008

4.611

4.265

3.962

3.824

3.695

3.459

3.249

2.814

2.477

15

10.380

9.712

8.559

7.606

6.811

6.142

5.847

5.575

5.092

4.675

4.315

4.001

3.859

3.726

3.483

3.268

2.825

2.484

16

10.838

10.106

8.851

7.824

6.974

6.265

5.954

5.669

5.162

4.730

4.357

4.033

3.887

3.751

3.503

3.283

2.834

2.489

17

11.274

10.477

9.122

8.022

7.120

6.373

6.047

5.749

5.222

4.775

4.391

4.059

3.910

3.771

3.518

3.295

2.840

2.492

18

11.690

10.828

9.372

8.201

7.250

6.467

6.128

5.818

5.273

4.812

4.419

4.080

3.928

3.786

3.529

3.304

2.844

2.494

19

12.085

11.158

9.604

8.365

7.366

6.550

6.198

5.877

5.316

4.844

4.442

4.097

3.942

3.799

3.539

3.311

2.848

2.496

20

12.462

11.470

9.818

8.514

7.469

6.623

6.259

5.929

5.353

4.870

4.460

4.110

3.954

3.808

3.546

3.316

2.850

2.497

21

12.821

11.764

10.017

8.649

7.562

6.687

6.312

5.973

5.384

4.891

4.476

4.121

3.963

3.816

3.551

3.320

2.852

2.498

22

13.163

12.042

10.201

8.772

7.645

6.743

6.359

6.011

5.410

4.909

4.488

4.130

3.970

3.822

3.556

3.323

2.853

2.498

23

13.489

12.303

10.371

8.883

7.718

6.792

6.399

6.044

5.432

4.925

4.499

4.137

3.976

3.827

3.559

3.325

2.854

2.499

24

13.799

12.550

10.529

8.985

7.784

6.835

6.434

6.073

5.451

4.937

4.507

4.143

3.981

3.831

3.562

3.327

2.855

2.499

25

14.094

12.783

10.675

9.077

7.843

6.873

6.464

6.097

5.467

4.948

4.514

4.147

3.985

3.834

3.564

3.329

2.856

2.499

11.3.2 Frais d'entretien et de r�parations

En dehors des cas o�, dans les entreprises de tr�s petite taille, l'entretien et la r�paration du mat�riel et des b�timents ne sont pas assur�s par le propri�taire lui-m�me, les frais d'entretien et de r�paration doivent comprendre non seulement les pi�ces de rechange et autres mati�res fongibles comme les peintures, les d�tergents, les graisses, etc., mais �galement le co�t de la main-d'oeuvre affect�e � ces travaux.

Globalement, les travaux et produits d'entretien peuvent �tre �valu�s annuellement � environ 5-7 pour cent du co�t total du mat�riel de fabrication dans l'exemple consid�r�.

11.3.3 Co�t des intrants

Il importe de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res premi�res (fruits) et en mati�res annexes fongibles (sucre, acides, pectine, par exemple) ainsi que les besoins en fluides (�lectricit�, fuel, eau) qui vont �tre consomm�s en une ann�e pour couvrir les besoins de la fabrication. Les besoins en emballages (bo�tes, bocaux, capsules, cartons, etc.) entrent �galement dans l'�tablissement des bilans mati�res qu'il convient d'�tablir et de chiffrer avec soin pour pouvoir d�terminer les co�ts annuels de fabrication.

En cas d'alimentation de l'installation par le r�seau, le co�t de la consommation annuelle d'�lectricit� s'obtient en multipliant la puissance de chaque moteur (exprim�e en kW) par le nombre pr�sum� de ses heures d'utilisation, en faisant la somme des produits ainsi obtenus et en multipliant celle-ci par le prix d'achat du kWh. Il faudra �ventuellement ajouter � ce co�t annuel le montant des charges fixes d'abonnement, de location de transformateur, etc.

Si l'entreprise produit son �lectricit� elle-m�me, le co�t annuel sera �gal au co�t du combustible utilis� pour actionner le groupe (dont l'amortissement et l'entretien seront �galement pris en compte).

Les co�ts annuels des combustibles (fuel, gaz ou bois utilis�s pour actionner des moteurs ou produire de la vapeur) seront calcul�s en multipliant les consommations horaires en litres de chaque appareil par le nombre d'heures d'utilisation et par le prix du litre du combustible correspondant et en faisant la somme des produits ainsi obtenus.

La puissance d'un moteur exprim�e en CV peut �tre convertie en kW en divisant le nombre de CV par 1,3410. Ainsi, un moteur de 16 CV �quivaut � un moteur d'environ 12 kW.

Dans certains cas, l'entreprise aura int�r�t a acheter son �lectricit� pendant certaines p�riodes de l'ann�e et � en produire elle-m�me � d'autres moments, par exemple en p�riodes d'�tiage. Dans ce dernier cas, elle pourra m�me envisager de vendre du courant �lectrique � l'Etat ou � des tiers si la puissance install�e le permet.

11.3.4 Charges de personnel

Les charges annuelles de personnel sont �troitement li�es � la taille de l'entreprise, � sa structure et � la nature des produits fabriqu�s.

Une toute petite unit� de production de fruits confits ou de confitures peut facilement restreindre son personnel au cercle familial, alors qu'une entreprise semi-industrielle produisant 150 kg/h de confitures en bo�tes et de p�tes de fruits, comme dans l'exemple cit� au chapitre 12, devra consacrer une part non n�gligeable de son budget aux salaires vers�s � quelque 30 personnes.

L'entrepreneur doit pouvoir �valuer ses besoins en main-d'oeuvre non qualifi�e, compte tenu de la capacit� de production de l'entreprise. Le nombre d'ouvriers n�cessaire pour effectuer une t�che donn�e correspond au volume de travail � effectuer en un laps de temps donn� (par exemple 8 h) divis� par la productivit� horaire moyenne. C'est ainsi que s'il faut peler et d�noyauter 120 kg de mangues par heure (pour obtenir les 70 kg de mangues pr�par�es n�cessaires � la production des 150 kg de confiture) et qu'une femme est capable de pr�parer 10 kg de mangues par heure, le poste n�cessitera la pr�sence de 12 femmes pendant 8 h.

L'effectif de la main-d'oeuvre non qualifi�e peut varier journellement ou de fa�on saisonni�re selon la nature des travaux � accomplir et les imp�ratifs de la production. Cette main-d'oeuvre fluctuante est r�num�r�e � l'heure ou � la t�che selon la l�gislation en vigueur, � l'encontre du personnel permanent pay� sur une base mensuelle ou hebdomadaire.

Le co�t annuel total (P) du personnel peut �tre calcul� dans ce cas � partir de la formule:

P = Wt dst + 12 Wp sp + 12 M,

dans laquelle:

- Wt = nombre de manoeuvres journaliers temporaires;

- d = nombre de jours durant lesquels les manoeuvres temporaires sont employ�s;

- st = salaire journalier de la main-d'oeuvre temporaire;

- Wp = nombre d'employ�s permanents;

- sp = salaire mensuel du personnel permanent (ou salaire mensuel moyen pond�r� si tous les membres de ce personnel n'ont pas le m�me salaire);

- M = salaire du directeur de l'entreprise.

Le salaire du directeur de l'entreprise devrait �tre au moins �gal � celui qu'il pourrait obtenir dans une autre entreprise. Quant aux salaires des employ�s qualifi�s et des manoeuvres, ils doivent correspondre aux bar�mes fix�s par la loi.

11.3.5 Frais de gestion et d'administration

Ces frais sont n�gligeables dans les entreprises familiales de tr�s petite taille et peuvent atteindre 0,75-1,0 pour cent du chiffre d'affaires dans les entreprises plus importante susceptibles de commercialiser leur production � l'�chelle locale ou nationale, voire d'exporter une partie de leurs produits.

11.3.6 Immobilisations fonci�res

Que l'entreprise soit propri�taire ou locataire du terrain sur lequel elle est implant�e, il convient de tenir compte, pour �tablir un choix technologique, de la valeur de ce terrain. Le co�t annuel de cette immobilisation fonci�re peut �tre estim� en fonction de la superficie occup�e et du prix de location d'un terrain situ� � proximit�.

11.3.7 Fonds de roulement

Le fonds de roulement n�cessaire varie en fonction du volume des stocks de mati�res premi�res et des stocks de produits finis requis pour assurer la bonne marche de l'entreprise. Ces stocks de s�curit� sont ceux que l'entreprise estime devoir constituer en intrants (fruits, combustibles, emballages, r�serves de produits de fabrication, etc.) ou en produits finis pour faire face aux demandes de la client�le.

L'int�r�t que cet argent immobilis� sous diverses formes rapporterait s'il �tait plac� � un taux donn� est comptabilis� dans les frais fixes d'exploitation au m�me titre que les immobilisations fonci�res.

Une petite entreprise familiale pourra fonctionner au jour le jour sans immobiliser des sommes importantes, tandis qu'une entreprise semi-industrielle produisant par exemple 150 kg de confiture par heure devra pr�voir un stock de s�curit� amont de mati�res premi�res d'environ deux mois et un stock aval de produits finis d'un mois (soit 30 tonnes de confiture), ce qui repr�sente une somme d'environ 15-17,5 pour cent du chiffre d'affaires annuel. Le fonds de roulement varie en fonction du choix technologique retenu, notamment en ce qui concerne les intrants de fabrication n�cessaires.

En g�n�ral, le fonds de roulement est estim� � 20-25 pour cent des d�penses d'exploitation (co�t des intrants plus charges de personnel).

11.3.8 Co�ts unitaires de production

L'estimation des co�ts unitaires de production, qui repr�sentent la somme des co�ts annuels de production d�finis dans les sections 11.3.1 � 11.3.7 divis�e par le tonnage annuel de produits finis fabriqu�s, constitue la derni�re �tape analytique avant le choix technologique. En effet, la technique la mieux appropri�e sera celle dont le co�t de production est le plus bas; il convient de choisir le mat�riel et l'�chelle de production en fonction de ce crit�re.

Dans les tr�s petites entreprises artisanales utilisant la seule main-d'oeuvre familiale, le choix technologique se portera sur la technique associ�e au taux d'amortissement des constructions et des mat�riels ainsi qu'au co�t unitaire de l'�nergie consomm�e les plus bas, le co�t de la main-d'oeuvre restant constant.

Dans les entreprises semi-industrielles, le choix devra porter sur la technique susceptible d'assurer la plus forte valeur ajout�e1 pour le plus faible investissement en mat�riel et les co�ts de production les plus bas. Il s'agit dans ce cas de comparer le co�t des divers �quipements, ainsi que les prix de vente au d�tail des produits finis et des sous-produits qu'ils permettent d'obtenir. Autrement dit, le choix technologique devra �tre simultan�ment la r�sultante d'un choix technique et d'un choix de produits.

1 La valeur ajout�e se calcule en retranchant du chiffre d'affaires les d�penses d'exploitation vers�es � des agents ext�rieurs � l'entreprise: achat des intrants, travaux ex�cut�s par l'ext�rieur.

Quant aux entreprises industrielles, elles devront proc�der � des analyses �conomiques et financi�res beaucoup plus fines fond�es sur l'�tude des �ch�anciers de flux financiers relatifs aux diff�rentes variantes d'un projet. Ce travail, on l'a vu, doit �tre r�alis� par des soci�t�s d'ing�nierie sp�cialis�es.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
12.1 Introduction
12.2 Exemple de conception et d'�valuation
(introduction...)
12.2.1 Sous-dossier technique
12.2.2 Sous-dossier �conomique

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE

12.1 Introduction

Lors de la conception d'un projet d'unit� de transformation agro-industrielle, la connaissance d'un certain nombre de donn�es de base est indispensable pour que l'usine projet�e soit rentable et adapt�e � son environnement.

L'acquisition des donn�es de base doit porter sur des objets aussi divers que:

- l'environnement g�oclimatique et humain;

- le march� potentiel;

- la main-d'oeuvre et la l�gislation du travail;

- la disponibilit� et le co�t de l'�nergie, de l'eau, etc.;

- l'�valuation des co�ts d'investissement et les facilit�s de cr�dit;

- les structures de la production et les disponibilit�s en mati�res premi�res;

- l'infrastructure locale et les conditions de transport;

- les utilisations potentielles des sous-produits, l'�limination des d�chets et le traitement des eaux r�siduaires;

- les normes � respecter et la l�gislation locale.

La possession de ces donn�es permet de passer � la pr�paration de l'avant-projet, puis � la r�alisation du projet lui-m�me. Selon la taille de l'entreprise projet�e, l'�tude concernant la conception d'une unit� de transformation doit comprendre deux ou trois grands dossiers:

- un dossier technique;
- un dossier main-d'oeuvre;
- un dossier �conomique et financier.

Gr�ce aux donn�es de base dont il vient d'�tre question, le dossier technique permet de d�finir:

- le choix du proc�d� (apr�s comparaison des diff�rentes possibilit�s permettant de fabriquer le produit final recherch�);

- le sch�ma de fabrication;

- les bilans “mati�res”;

- la capacit� de production;

- le plan d'implantation.

Chaque usine constitue �videmment un cas particulier du fait de son environnement et des contraintes qu'il impose.

Un exemple de dossier technique conduisant � la conception d'une usine es propos� dans la section 12.2.1; il ne peut toutefois en aucun cas s'appliquer � toutes les situations puisqu'il r�sulte de certaines caract�ristiques et de choix pr�cis.

12.2 Exemple de conception et d'�valuation

L'exemple qui suit est donn� d'un point de vue uniquement technique, sans aucune �tude de rentabilit� et de viabilit� �conomique.

12.2.1 Sous-dossier technique

a) Donn�es de base

Dans l'exemple choisi:

- l'usine est implant�e dans une zone fruiti�re dont le calendrier de production des esp�ces fruiti�res correspond au tableau 60;

- l'usine doit fabriquer des confitures et des marmelades de mangues, d'oranges, de goyaves, de pommes de cajou, de papayes, de tamarins, de corossols, de noix de coco, de bananes, d'ananas ainsi que des gel�es de grenadilles, de goyaves et d'agrumes, et cela gr�ce � la polyvalence de son mat�riel (les bassines de cuisson permettent �galement de produire des p�tes de fruits � partir de la plupart des fruits pr�cit�s);

- l'usine va travailler pendant 12 mois � raison de 8 h par jour et de 6 jours par semaine, soit pendant 300 jours environ;

- la capacit� effective de production est de 150 kg de confitures par heure n�cessitant 90 kg/h de fruits frais pr�par�s, ce qui correspond � des quantit�s variables de produits frais selon l'esp�ce fruiti�re consid�r�e (165 kg d'ananas frais ou 120 kg de mangues par heure, par exemple);

- � l'exception d'un laveur-tambour pour les fruits non fragiles (comme les agrumes) et d'un presse-agrumes �lectrique permettant de r�aliser une importante �conomie de temps et de main-d'oeuvre, tous les pr�traitements sont ex�cut�s manuellement;

- les confitures, les gel�es et les marmelades sont conditionn�es en bo�tes de 500 g et 1 kg serties manuellement, les p�tes de fruits �tant d�coup�es, enrob�es et mises � la main en cartons de 600 g. Seul le remplissage � chaud des bo�tes de confitures et de gel�es est effectu� � l'aide d'une doseuse semi-automatique.

b) Bilan mati�res

Il s'agit de conna�tre avec pr�cision les besoins en mati�res premi�res et en mati�res annexes (sucre, acide, pectine), les besoins en �nergie (fuel, �lectricit�) et en eau ainsi que les besoins en emballages (bo�tes, bocaux, couvercles, capsules, cartons, etc.).

Ces �l�ments sont r�pertori�s dans le tableau 62. Les co�ts des appareils n'ont pas �t� chiffr�s du fait de leurs grandes variations et des possibilit�s de r�alisation locale. L'exemple comment� dans le sous-dossier �conomique 12.2.2 permettra cependant de fixer les ordres de grandeur.

Aux mat�riels �num�r�s dans le tableau 62, il convient d'ajouter d'autres mat�riels tels que:

- chariots transporteurs, bacs interm�diaires, tables tournantes pour les manutentions;
- mat�riels de stockage pour les bo�tes, cartons vides ou pleins;
- mat�riels de contr�le de fabrication (thermom�tres, papiers pH, louches, densim�tres, etc.);
- la chaudi�re devant fournir la vapeur n�cessaire (100-200 kg/h)
- le mat�riel de nettoyage et de d�sinfection.

Par ailleurs, les quantit�s de mati�res accessoires (sucre, acide, pectine) varient consid�rablement selon les fruits trait�s en fonction notamment de leur richesse en pectine et leur acidit� et la formule de fabrication que l'on a choisie. Cela explique l'amplitude des fourchettes de chiffres du tableau 62.

En ce qui concerne les besoins, la fabrication de 150 kg/h de produits finis n�cessite environ:

- 500 � 1 000 l d'eau,
- 100 � 200 kg de vapeur,

et une puissance install�e de quelque 3 CV (2,2 kW environ), sans compter l'�clairage �ventuel des b�timents. Il convient d'ajouter � ces chiffres les besoins en eau chaude et en eau froide pour le nettoyage des appareils et des sols en fin de journ�e.

c) Bilan main-d'oeuvre et organisation du travail

Les bassines de cuisson et les postes ult�rieurs ne seront employ�s qu'apr�s que les premiers lots de fruits auront �t� pr�par�s. Par ailleurs, les postes de pr�traitement seront inoccup�s en fin de journ�e, � moins que l'on ne mette les fruits pr�par�s le soir � l'abri de l'oxydation en les conservant jusqu'au lendemain matin dans des bassines remplies d'eau. Le personnel sera donc affect� aux divers postes en fonction des besoins momentan�s.

Par ailleurs, certaines �tapes ne concernent qu'un seul type de produit fini ou qu'une seule esp�ce fruiti�re; on �conomise de ce fait de la main-d'oeuvre que l'on peut affecter � d'autres activit�s.

Tableau 62. Exemple de bilan mati�res (Fabrication de confitures et de p�tes de fruits)

Op�rations

Mat�riels

Nombre

Capacit�

Temps pour traiter 90 kg de fruits par�s

Eau (l/h)

Vapeur (kg/h)

Puissance �lectrique n�cessaire

Nombre de personnes

Mati�res premi�res

Pesage

Bascule

1

50 kg

1/4 h

-

-

-

1

100-130 kg/h

Stockage

Cagettes

10-15

20 kg/cagettes


-

-

-



Lavage

Bac

1

500 l


1000

-

-

2

-


Laveur-tambour

1


30 mn-1 h







(fruits peu fragiles)


150-300 kg/h


400-600

-

0,5 CV

1

-

Triage

Table 5 × 0,8 m

1

20 kg/h/pers.

1 h

-

-

-

5-6

-

Parage

Couteaux









D�noyautage

Couteaux

15-20

10 kg/h/pers.

1 h

-

-

-

12-15

-

Epluchage

Table 5 × 0,8 m









D�coupage










Extraction du jus (agrumes)

Presse-agrumes �lectrique

1

50 l/h/pers.

1 h 30

-

-

0,4 CV

1

-

Broyage

Broyeur manuel

1

30 kg/charge
400-600 l/h

20-30 mn

-

-

-

2

-

Tamisage

Tamis rotatifs manuels

2

50-60 l/h/pers.

1 h

-

-

-

2

-

Pesage ingr�dients

Balances

1

100 g-5 kg






Sucre: 50-100 kg/h



1

10-50 kg

1/4 h

-

-

-

2

Jus de lime:
2-3 cl/kg fruits ou acide: 5-10 g/kg fruits
Pectine: 0 � 50 g/kg fruits
Eau (compotes): 0,2-0,25 l/kg fruits

Cuisson

Bassines avec agitateur et possibilit� de vidange

2

40 l
100 kg/h/bassine

30-40 mn

-

40-50 /bassine

Agitation 0,75 CV

1


Remplissage

Doseuse semi-automatique pour produits p�teux (confitures)

1

jusqu'� 300 bo�tes/h (ou bocaux)

30-60 mn

-

-

0,5 CV

1

150 bo�tes de 1 kg/h ou 300 de 500 g/h


R�cipients inox � bords peu relev�s et fond plat (p�tes de fruits)

15

Dimensions:
0,75 × 0,75 × 0,05 m
Capacit�: 10 kg p�te de fruits

30-40 mn

-

-

-

2

-

Fermeture r�cipients

Sertisseuses manuelles

2

2 bo�tes/mn/pers.
120 bo�tes/h (selon taille)

30 mn

-

-

-

4

Capsules ou couvercles m�talliques: 150 ou 300/h

Refroidissement (confitures) S�chage (p�tes de fruits)

Etag�res (courant d'air frais)

-

150 bo�tes de 1 kg ou 300 bo�tes de 500 g par charge

Plusieurs jours

-

-

-

1

-

D�coupage

Emporte-pi�ce

5 � 8

12 kg/h/pers.

1 h

-

-

-

5-8

Sucre cristallis�:
10 g/kg produit fini

Enrobage
Conditionnement (p�tes de fruits)

Table 5 × 0,8 m

1








Bo�tes cartonn�es de 600 g

Etiquetage

Table 2 × 1 m

1

150 bo�tes/h

1 h

-

-

-

1

Etiquettes
Colle, pinceau

Encartonnage



150 bo�tes/h


-

-

-


Ruban adh�sif
Cartons de 48 bo�tes de 500 g ou 24 bo�tes de 1 kg 5 � 10 cartons/heure

Dans ces conditions, on peut �valuer les besoins globaux de l'usine en main-d'oeuvre � environ:

- 25-30 ouvriers pour la pr�paration des fruits;
- un ouvrier pour surveiller la cuisson;
- 7-12 ouvriers pour les post-traitements,

soit une quarantaine de personnes au total, y compris un chef d'atelier charg� de l'organisation et du contr�le de la production, de l'entretien, du d�pannage et de la surveillance de la main-d'oeuvre.

c) Plan de l'usine

Certaines r�gles g�n�rales doivent �tre respect�es lors de la conception d'un plan d'usine; on peut les r�sumer en disant qu'il faut:

- s�parer les divers ateliers (r�ception et stockage des produits frais, atelier de production, stockage des r�cipients vides, stockage des produits finis, bureaux, sanitaires et vestiaires, magasin pour l'entretien, chaufferie);

- �viter les trajets inutiles entre les postes;

- pr�voir une zone d'expansion possible;

- s�parer les aires de manoeuvres des v�hicules pour l'alimentation de l'usine en produits frais et le d�part de l'usine des produits finis;

- � l'int�rieur de l'atelier de production, �tablir une succession des op�rations Celle qu'elle refl�te dans l'espace le sch�ma de fabrication;

- pr�voir des syst�mes d'�vacuation des eaux us�es par sol inclin� et caniveaux grillag�s, ainsi qu'une aire de stockage des d�chets hors de l'usine.

La figure 90 reproduit le plan d'une usine qui s'inspire des r�gles essentielles que l'on vient d'�num�r�er et qui correspond aux donn�es techniques de base mentionn�es dans la section 12.2.1.

12.2.2 Sous-dossier �conomique

a) Calcul des d�penses d'investissement

Terrain et am�nagements

Il faut am�nager (drainage, stabilisation) un terrain de 500 m2 dont la valeur est estim�e � 12 000 UM/m2, soit 6 000 000 UM au total.

Construction

Le b�timent occupe une surface au sol de 350 m. Son co�t de construction est de 35 000 UM/m2, soit 12 250 000 UM au total.

Mat�riels

Dans les mat�riels r�pertori�s au tableau 63 sont inclus les machines, leur co�t d'installation et de mise en route, les lignes et �quipements �lectriques et t�l�phoniques, les mat�riels de bureau et d'entretien ainsi que les engins de manutention.


Figure 90. Plan d'une petite conserverie de fruits

L�gende:

A: Aire de r�ception
B: Stockage des mati�res premi�res (fruits)
C: Pesage
D: Lavage
E: Triage-parage
F: D�noyautage-�pluchage-d�coupage
G: Pressage des agrumes
H: Broyage
I: Tamisage
J: Bacs � d�chets
K: Stocks d'ingr�dients
L: Bassines de cuisson
M: Stocks de bo�tes, bocaux et couvercles
N: Remplissage
O: D�coupage-enrobage-conditionnement
P: Refroidissement/s�chage
Q: Etiquetage-encartonnage
R: Stocks de produits finis et cartons vides
S: Chaudi�re
T: Magasin d'entretien
U: Sanitaires et vestiaires
V: Bureaux
W: Zone pr�vue pour l'expansion

Tableau 63. D�penses de mat�riels1

1 Les rapports entre les diff�rents co�ts, exprim�s en UM (unit� mon�taire fictive) sont conformes � la situation qui existait en 1985.

Op�rations

Mat�riels

Nombre

Co�t total (installation et mise en route) (UM)

Stockage

Cuves plastiques

15

400 000

Pesage

Bascule

1

500 000

Lavage

Laveur m�canique

1

1 800 000

Triage, parage

Manuel (1 table, 10 couteaux)


100 000

D�noyautage, �pluchage

Manuel (2 tables, 20 couteaux)


200 000

Extraction des jus

Extracteur �lectrique

1

1 500 000

Broyage

Broyeur manuel

1

600 000

Tamisage

Tamis rotatifs manuels

2

500 000

Pesage des ingr�dients

Balances

2

300 000

Cuisson + agitation

Bassines avec agitateur �lectrique

2

2 200 000

Remplissage

Doseuse m�canique �lectrique

1

1 700 000


Cuves inox

15

1 200 000

Fermeture

Sertisseuses manuelles

2

1 200 000

Refroidissement

Etag�res

15

150 000

D�coupage

8 emporte-pi�ce + 1 table


350 000

Etiquetage, encartonnage

Manuel (table)

1

50 000

Manutention

3 diables, 1 l�ve-palettes 50 caisses en plastique


1 600 000

Installation �lectrique



150 000

Mat�riel de bureau

Table, chaises, meubles de rangement


250 000

Mat�riel d'entretien

Tuyaux, cuves


250 000

Total


15 000 000

Le co�t total de ces mat�riels, pour l'usine envisag�e, s'�tablit � 15 000 000 UM.

Fonds de roulement

Le stock de s�curit� est estim� � 2 mois de production:

- Stock de mati�res premi�res:

Fruits et ingr�dients:

1 800 000 UM

Energie:

300 000 UM

Emballages:

1 900 000 UM


4 000 000 UM

- Stock de produits finis (�quivalant � 1 mois de production ou 30 tonnes de confitures, � raison de 120 000 UM/t), soit


3 600 000 UM

Total du fonds de roulement:

7 600 000 UM

Pi�ces de rechange

Le co�t d'un stock de s�curit� de pi�ces de rechange est normalement �valu� � 20 pour cent du total des mat�riels; il d�pend de la facilit� d'approvisionnement. Dans le cas de mat�riels fabriqu�s dans le pays � proximit� de l'usine, cette �valuation peut �tre faite sur la base de 10 pour cent du total des mat�riels.

Dans le cas des mat�riels import�s pour lesquels il n'existe pas sur place de r�seau apr�s-vente, la valeur du stock, de pi�ces de rechange peut atteindre 20 � 25 pour cent du co�t total des mat�riels.

Dans le cas pr�sent, la valeur du stock de pi�ces de rechange peut �tre estim�e � 20 pour cent de la valeur des mat�riels correspondants, soit 3 000 000 UM.

Frais de premier �tablissement

Dans le cas d'une entreprise artisanale, les frais de premier �tablissement sont tr�s faibles. On les estimera � 250 000 UM.

b) D�termination des d�penses techniques d'exploitation

Toutes les d�penses d'exploitation telles que:

- achats de mati�res premi�res et autres intrants;
- consommations d'�nergie et de fluides;
- charges sociales,

sont �tablies en fonction des donn�es de base d�taill�es au paragraphe 12.2.1.a) ci-dessus (production horaire de 150 kg de confiture � partir de 150 kg de fruits frais - en moyenne - ce qui repr�sente une consommation de 1,2 t de fruits frais par jour et de 360 t par an) et du bilan mati�res qui en d�coule (tableau 62).

Le tableau 65 indique les quantit�s de produits consomm�es par an ainsi que les prix unitaires correspondants. C'est sur la base des donn�es qu'il contient qu'ont �t� calcul�es les d�penses techniques d'exploitation figurant aux postes 2 � 4 du paragraphe 12.2.2.d) ci-apr�s.

c) D�termination des autres d�penses d'exploitation

Aux d�penses techniques r�pertori�es au paragraphe pr�c�dent viennent s'ajouter les autres d�penses constitutives du co�t de production telles que les d�penses d'entretien, de r�paration, de gestion et d'administration, ainsi que les dotations aux amortissements. Ces d�penses peuvent �tre �valu�es conform�ment aux indications donn�es au chapitre 11 relatif � la m�thodologie d'�tude des co�ts:

D�penses d'entretien et de r�paration

On peut les �valuer � 6 pour cent environ par an des investissements en mat�riels, soit � 900 000 UM.

D�penses d'administration et de gestion

300 000 UM/an.

Dotations aux amortissements

Pour simplifier, on consid�rera que la dur�e de vie moyenne des mat�riels est de 10 ans et celle des b�timents de 20 ans. Quant aux taux d'int�r�ts, on les estimera � 12 pour cent dans les deux cas. On est conduit dans ces conditions, sur la base des taux d'actualisation indiqu�s au tableau 61, aux montants ci-apr�s:

Co�ts d'investissement (UM)

Dur�es de vie (ans)

Taux d'actualisation

Amortissements annuels (UM)

Mat�riels: 15 000 000

10

5 650

2 654 800

B�timents: 12 250 000

20

7 469

1 640 100

Pi�ces de rechange 3 000 000

5

3 605

832 100

soit un amortissement annuel total de:

5 127 000 UM

d) Calcul des d�penses annuelles d'exploitation

A partir des donn�es des paragraphes a), b) et c) ci-dessus, on peut �tablir quelles seront les d�penses totales d'exploitation correspondant � la production d'une ann�e.

1) Mati�res premi�res


Fruits:

360 t

20 000 UM/t

7 200 000 UM


Sucre:

216 t

35 000 UM/t

7 560 000 UM


Additifs:

5 t

50 000 UM/t

250 000 UM


15 010 000 UM


2) Fluides et �nergie


Eau:

3 000 m3

15 UM/m3

45 000 UM


Electricit�:

6 000 kWh

20 UM/kWh

120 000 UM


Fuel:

36 t

70 000 UM/t

2 520 000 UM


2 685 000 UM


3) Emballages


Bo�tes 4/4:

180 000

25 UM/bo�te

4 500 000 UM


Bo�tes 1/2:

360 000

15 UM/bo�te

5 400 000 UM


Cartons:

12 000

50 UM/carton

600 000 UM


Cagettes, palettes



50 000 UM


10 550 000 UM


4) Personnel


Manoeuvres:

20

150 000 UM/an

3 000 000 UM


Ouvriers qualifi�s:

7

320 000 UM/an

2 240 000 UM


Contrema�tre:

1

400 000 UM/an

400 000 UM


Responsable:

1

500 000 UM/an

500 000 UM


Adjoint:

1

400 000 UM/an

400 000 UM

6 540 000 UM


5) Entretien et r�parations

900 000 UM


6) Frais de gestion et d'administration

Bureau, poste, t�l�phone, papeterie, etc.

300 000 UM


7) Amortissements

5 127 000 UM

D�penses totales d'exploitations:

41 112 000 UM

e) Co�ts unitaires de production

Si l'on se reporte au chapitre 11, section 11.3.8, les co�ts unitaires de production repr�sentent, dans le cas analys� ci-dessus:


Une autre ligne de fabrication, ou une cha�ne de fabrication �quip�e et log�e diff�remment, conduira a des r�sultats sensiblement diff�rents. Parmi toutes les options envisag�es, on choisira celle dont le co�t unitaire de production est le plus bas.

f) Compte d'exploitation pr�visionnel simplifi�

Il peut �tre int�ressant de d�terminer le b�n�fice brut d�gag� par chaque option. Dans l'exemple choisi:

Stock de d�but d'exercice

3 600 000 UM

Stock de fin d'exercice

3 600 000 UM

Achat de mati�res premi�res

15 010 000 UM

Ventes de confitures

43 200 000 UM

Achats compl�mentaires:


Ventes de p�tes de fruits

1 800 000 UM

- fluides et �nergie

2 685 000 UM



- emballages

10 550 000 UM



Salaires du personnel

6 540 000 UM



Entretien et r�parations

900 000 UM



Gestion et administration

300 000 UM



Dotations aux amortissements

5 127 000 UM



B�n�fice brut

3 888 000 UM




48 600 000 UM


48 600 000 UM

Tableau 64. R�capitulation des d�penses d'investissement

D�nomination

(en UM)

Terrain et am�nagements

6 000 000

Construction

12 250 000

Mat�riels

15 000 000

Pi�ces de rechange

3 000 000

Frais de premier �tablissement

250 000

Fonds de roulement

7 600 000

Total

44 100 000

Tableau 65. D�termination des d�penses techniques d'exploitation

D�nomination


Quantit�s consomm�es/an

Prix unitaires

Mati�res premi�res

Fruits

150 kg/h × 8 h × 300 j = 360 t

20 000 UM/t


Sucre

90 kg/h × 8 h × 300 j = 216 t

35 000 UM/t


Additifs

5 t

50 000 UM/t

Fluides

Eau

10 m3/jour en comprenant l'entretien et le lavage de l'atelier, soit 3 000 m3 au total

15 UM/m3


Electricit�

2,5 kWh × 8 h × 300 j = 6 000 kWh

20 UM/kWh


Fuel

Les besoins de l'unit� sont de 150 kg de vapeur/h, soit 360 t de vapeur/an (1 t de fuel peut produire 10 t de vapeur), soit encore 36 t de fuel

70 000 UM/t de fuel

Emballages

Bo�tes 4/4

180 000 bo�tes/an

25 UM/bo�te


Bo�tes 1/2

360 000 bo�tes/an

15 UM/bo�te


Cartons avec �tiquetage-feuillard

12 000 cartons

50 UM/carton


Cagettes de r�ception, palettes


50 000 UM/an

Personnel

Manoeuvres

20 manoeuvres permanents

150 000 UM/an


Ouvriers qualifi�s

7 ouvriers permanents

320 000 UM/an


Contrema�tre

1

400 000 UM/an


Responsable d'unit�

1

500 000 UM/an


Adjoint

Administration, comptabilit�

400 000 UM/an

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
ANNEXES
Annexe I: Glossaire de termes techniques
Annexe II: Table de conversion d'unit�s
Annexe III: Liste d'organismes et d'instituts
Annexe IV: Bibliographie
Annexe V: Questionnaire

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)

ANNEXES

Annexe I: Glossaire de termes techniques

A�robie

Micro-organisme vivant ayant besoin d'air et plus exactement d'oxyg�ne pour se d�velopper



Agar-agar

G�lose extraite de certaines algues marines que l'on trouve principalement dans l'oc�an Indien et le Pacifique



Alcalin

Basique



Alcali

Base



Ana�robie

Micro-organisme pouvant se d�velopper en l'absence d'air ou d'oxyg�ne



Antifongique

Produit utilis� pour lutter contre les champignons



Antiseptique

Substance emp�chant la prolif�ration des microbes



Appertisation

Proc�d� de conservation des aliments p�rissables par st�rilisation � la vapeur dans des r�cipients herm�tiquement ferm�s



Aseptique

Exempt de tout germe microbien



Astringence

Qualit� d'une substance qui conf�re une saveur �pre



Bact�ricide

Se dit d'un agent chimique ou physique d�truisant les bact�ries



Bact�rie

Micro-organisme unicellulaire jouant un r�le essentiel dans l'ensemble des processus biologiques et la d�gradation des produits alimentaires



Bact�riostatique

Se dit d'une substance emp�chant la prolif�ration des bact�ries sans les d�truire



Base

Compos� qui, dissous dans de l'eau pure, donne une solution de pH sup�rieur � 7



Biomasse

Masse de mati�re vivante, animale ou v�g�tale



Bourbe

Sorte de boue constitu�e par de fines particules qui se sont d�pos�es dans des eaux stagnantes



Cellule

Unit� fondamentale de tout organisme vivant



Chlorophylle

Pigment vert donnant leur couleur aux v�g�taux sup�rieurs



Collo�de

Substance compos�e de particules de petites dimensions dispers�es dans un fluide



Compost

Engrais form� par le m�lange ferment� de d�bris organiques avec des mati�res min�rales



D�cantation

S�paration par gravit� des mati�res solides en suspension dans un liquide et qu'on laisse d�poser



Degr� Baum�

Mesure de la densit� d'une solution � l'aide d'un ar�om�tre



Degr� Brix

Poids (en grammes) de mati�re s�che contenue dans 100 g de solution, donn� par un densim�tre � flotteur (1 degr� Brix = 1,82 degr� Baum�)



Densit�

Grandeur physique correspondant au rapport de la masse d'un corps homog�ne � celle d'un m�me volume d'eau � 4°C



D�sinfectant

Produit servant � d�truire les micro-organismes les plus redoutables dans un milieu donn� (mais non tous les micro-organismes)



D�tergent

Produit d'origine naturelle ou synth�tique utilis� pour nettoyer les appareils, r�cipients, canalisations, etc., agissant par attaque chimique



Drupe

Fruit charnu � noyau qui ne s'ouvre pas spontan�ment lorsqu'il atteint sa maturit� (abricot, p�che, cerise, etc.)



Duret� (d'une eau)

Caract�ristique d'une eau contenant des sels de calcium ou de magn�sium



Edulcorant

Substance chimique, en g�n�ral synth�tique, donnant une saveur sucr�e



Effluent

Ensemble des eaux us�es rejet�es par une usine



Ensilage

M�thode de conservation des produits agricoles, sp�cialement des fourrages verts, en les mettant dans des silos



Enzyme

Substance prot�inique acc�l�rant certaines r�actions biochimiques



Ferment

Micro-organisme capable de provoquer une fermentation



Fermentation

Transformation de substances organiques sous l'influence d'enzymes produits par des micro-organismes



G�latine

Substance albumino�de constitu�e de longues fibres, extraite des os, des cartilages et de certaines algues et soluble dans l'eau



Granulom�trie

M�thode de classement des produits pulv�rulents selon la proportion des grains de diff�rents calibres qui le composent



Humidit� relative

Proportion entre la quantit� de vapeur d'eau contenue effectivement dans l'air et la capacit� d'absorption de l'air � une temp�rature donn�e, la valeur 100 correspondant au point de saturation en vapeur d'eau



Hydrolyse

D�composition chimique d'une substance par l'action de l'eau; cette r�action est souvent r�versible



Hydrosoluble

Soluble dans l'eau ou dans une solution aqueuse



Hygrom�trie

D�termination de la quantit� d'humidit� contenue dans l'air



Hygroscopique

Se dit d'une substance qui absorbe facilement l'humidit�



Indice de r�fraction

Mesure de la d�viation que subit un rayon lumineux en passant d'un milieu dans un autre; mesur� � l'aide d'un r�fractom�tre, cet indice permet de conna�tre la dose de solide dissoute dans une solution



Intrants (inputs)

El�ments n�cessaires � la production



Inversion du sucre

Traitement du sucre par voie microbiologique ou chimique conduisant au d�doublement du saccharose (dextrogyre) en glucose et en fructose (l�vogyre)



Jutage

Remplissage d'un r�cipient de conditionnement avec un jus chaud destin� � combler les vides



Levure

Champignon microscopique unicellulaire capable de produire des transformations biologiques � l'air libre ou en milieu clos; les levures sont des agents de fermentation



Liposoluble

Soluble dans les graisses et les huiles



Marc

R�sidu solide de l'extraction des jus de fruits



M�lasse

Sous-produit liquide de la cristallisation des sucres de canne ou de betterave (sirop dense, visqueux et incristallisable)



Moisissure

Ensemble de champignons de petite taille qui croissent rapidement en milieu biologique et provoquent des transformations utiles ou nuisibles, selon les cas



Mo�t

Liquide sucr� extrait de fruits, servant de mati�re premi�re dans les industries de fermentation



Neutraliser

Ramener � un pH neutre (�gal � 7)



Organoleptique

Qualifie les sensations appr�hend�es directement par les organes des sens: go�t, odeur, aspect, texture, couleur d'une substance



Osmose

Ph�nom�ne physique de diffusion d'ions � travers une membrane semi-perm�able s�parant deux solutions de concentrations diff�rentes



Oxydation

Fixation d'oxyg�ne pouvant avoir lieu � l'air ou en vase clos



Pasteurisation

Destruction de germes pathog�nes par chauffage suivi d'un refroidissement brusque



Pathog�ne

Capable de provoquer une maladie



Pectine

Substance g�lifiante, glucidique, souvent pr�sente dans les plantes, en particulier dans les jus de fruits



Pectolytique

Se dit d'une substance qui d�sagr�ge les composants pectiques



pH

Potentiel d'hydrog�ne. Indice caract�risant l'activit� ou la concentration de l'ion hydrog�ne dans une solution. L'�chelle des pH s'�tend de 0 (tr�s acide) � 14 (tr�s alcalin); la neutralit� est caract�ris�e par un pH de 7



Pigment

Mati�re color�e de structure chimique vari�e



Poids net

Poids d'un r�cipient plein diminu� du poids du r�cipient vide



Pression osmotique

Pression qu'il faut exercer sur une solution pour emp�cher le solvant pur de traverser la membrane semi-perm�able qui le s�pare de la solution



Prot�olytique

Qui provoque une hydrolyse partielle ou totale des prot�ines



Saumure

Eau plus ou moins fortement sal�e dans laquelle on met des aliments pour en faire des conserves



Spore

Forme arrondie de certaines bact�ries plus r�sistantes � des conditions de milieu d�favorables, en particulier � une �l�vation de temp�rature. Les spores peuvent retrouver la forme v�g�tative lorsque le milieu redevient favorable



Substrat

Substance sur laquelle agit une enzyme en d�terminant sa transformation biologique ou chimique



Tanin

Compos� ph�nolique ayant une structure complexe et poss�dant notamment la propri�t� de pr�cipiter les prot�ines



Tartre

Cro�te dure et insoluble d'origine calcaire qui se forme sur les parois des r�cipients contenant des liquides, des chaudi�res, des �changeurs, etc.



Texture

Dans le pr�sent contexte, ce terme exprime les propri�t�s physiques des aliments (structure) et la mani�re dont ces propri�t�s sont appr�ci�es dans la bouche (consistance)



Thermolabile

D�truit ou modifi� par la chaleur



Titrage

Op�ration par laquelle on proc�de au dosage volum�trique d'une solution



Turgescence

R�sultant de l'afflux d'eau dans une cellule, qui conf�re une certaine fermet� aux tissus v�g�taux

Annexe II: Table de conversion d'unit�s

Longueur

1 inch (in.) = 2,54 cm
1 foot (ft.) = 0,305 m
1 yard (yd.) = 0,914 m

Superficie

1 square inch (sq.in.) = 6,452 cm2
1 square foot (sq.ft.) = 0,0929 m2
1 square yard (sq.yd.) = 0,836 m2

Volume

1 cubic inch (cub.in.) = 16,387 cm3
1 cubic foot (cub.ft.) = 0,02832 m3
1 cubic yard (cub.yd.) = 0,7646 m3

Masse

1 pound (lb.) = 453, 6 g
1 ounce (oz.) = 28,35 g

Pression

1 pound per square inch (p.s.i.) = 6 894,7 N/m2
1 millim�tre de mercure (mm Hg) = 133 N/m2
1 Pascal (Pa) = 1 N/m2 (1 Newton/m2)
1 Bar = 105 Pa

Energie

1 British thermal unit (Btu) = 1 055 J (joules)
1 kilowattheure (kWh) = 3,6 × 106 J
1 calorie (cal) = 4,185 J

Puissance

1 kilocalorie/h (kcal/h) =1,16 W
1 cheval-vapeur (CV) = 735 W

Temp�rature

Degr�s Fahrenheit (°F) = 1,8 × (degr�s Celsius) + 32

Degr�s Celsius

(degr�s Fahrenheit - 32)

Annexe III: Liste d'organismes et d'instituts

Les institutions mentionn�es ci-apr�s pourront fournir les noms des constructeurs des �quipements qui ne pourraient �tre r�alis�s localement et apporter une contribution � l'�tude et � l'implantation de petites unit�s de transformation de fruits ou de l�gumes.

R�publique f�d�rale d'Allemagne

German Appropriate Technology Exchange
1, Dag-Hammarskj�ld-Weg
6236 Eschborn 1

Institut f�r Lebensmitteltechnologie
Frucht und Gem�se Technologie
22 K�nigin Luise Strasse
Berlin 33

Institut f�r Obst- und Gem�severarbeitung
805 Freising - Weihenstephan

Autriche

ONUDI
Postfach 707
A-1011 Vienne

Belgique

ATOL
9, Blijde Inkomstraat
3000-Leuven

Collectif d'�changes pour la technologie appropri�e (COTA)
28, rue de la Sablonni�re
1000-Bruxelles

Institut national pour l'am�lioration des conserves et l�gumes
78, rue du Long Ch�ne
1970-Wezembeek-Oppem

Universit� catholique de Louvain
Laboratoire de conservation des aliments
92, Kardinal Mercierlaan
3030-Heverlee Leuven

Br�sil

CETEC
2000, Avenida Jose Candido da Silveira
P.O. Box 2306
Belo Horizonte (Minas Gerais)

Canada

Brace Research Institute
P.O. Box 400, Mc Donald Campus
Mc Gill University
Sainte-Anne de Bellevue (Qu�bec) HOA 100

Centre de recherche et de d�veloppement international
(International Development Research Centre)
P.O. Box 8500
Ottawa (Ontario) K16 3H9

Fondation canadienne contre la faim
323, Chapel Street
Ottawa (Ontario) K1N 722

Colombie

Instituto de Investigaciones Tecnol�gicas
Avenida 30 No. 52 A 77
Apartado Aereo 7031
Bogota

Danemark

Forsknings Laboratoriet for Gront og Frugtindustrie
133, Blangstedgaardsuej
5220 Odense SO

Etats-Unis

Control Data Corporation
8100 34th Avenue South
Minneapolis, Minnesota 55440

Industrial Development Research Council
Peachtree Air Terminal 1954
Airport Rd
Atlanta, Georgia 30341

Meals for Millions Foundation
1800 Olympic Boulevard
P.O. Box 680
Santa Monica, Ca. 90506

Technoserve
36, Old King's Highway South
Darien, Conn 06820

France

Alternatives technologiques et recherches sur les industries agricoles et alimentaires
1, avenue des Olympiades
91305 Massy

Centre d'�changes et de promotion des artisans en zones � �quiper
18, rue de Varennes
75007 Paris

Centre international de recherche agronomique pour le d�veloppement,
42, rue Scheffer
75016 Paris

Centre technique interprofessionnel des fruits et l�gumes
22, rue Berg�re
75009 Paris

Groupe de recherches et d'�changes technologiques
34, rue Dumont d'Urville
75116 Paris-C�dex

Institut Appert
44, rue d'Al�sia
75014 Paris

Organisation de coop�ration et de d�veloppement �conomiques (OCDE)
94, rue Chardon Lagache
75016 Paris

Inde

Central Food Technological Research Institute
Cheluramba Mansion
Mysore 570013

Irlande

Kinsealy Research Centre
Malahide Road
Dublin 5

Italie

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
Via delle Terme di Caracalla
00100 Rome

Istituto Sperimentale per la Valorizzazione
Tecnologica dei Prodotti Agricoli
26, Via Venezia
20133 Milano

Stazione Sperimentale per l'Industria delle Conserve Alimentari
33, Via le Tanara
43100 Parma

Jama�que

Food Technology Institute
Jamaica Industrial Development Corporation
4, Winchester Road
Kingston 10

Kenya

UNICEF
Food Technology and Nutrition Section
P.O. Box 44145
Nairobi

Nig�ria

Project Development Agency
3, Independance Layout
P.O. Box 609
Enugu

Nouvelle-Guin�e

Department of Primary Industries
P.O. Box 2417
Kone Dobu

Pays-Bas

Sprenger Institute
6, Haagsteeg
6708 PM Wageningen

Royaume-Uni

Beecham Products
Beecham House
Brentford Middle TW8 9BD

Intermediate Technology Development Group
9, King Street
London WC 2E8 HN

Tropical Development Research Institute
56/62, Gray's Inn Road
London WC1X 8LU

S�n�gal

Institut de technologie alimentaire
Route des P�res Maristes
BP 2765
Dakar-Hann

Annexe IV: Bibliographie

Aubert, C.: S�chage solaire: Technologies appropri�es dans la transformation des c�r�ales, fruits et l�gumes et de la canne � sucre dans quatre pays de l'Afrique de l'Ouest (BIT/PECTA, 1981)

Cadiet, P.A.: Le blanchiment des fruits et l�gumes avant cong�lation (CNRS/SIARC, Massy, France, 1980).

Chouard, P.: La conservation familiale des fruits et l�gumes et autres denr�es alimentaires (Paris, La Maison Rustique, 1944).

Crowther, P.C.; The processing of banana products for food use (Londres, TPI-G122, 1979).

Cruess, W.V.: Commercial fruit and vegetables products (4e �dition, New York, Mc Graw Hill Book Company Inc., 1958).

Desrosier, N.W., Desrosier, J.N.: The technology of food preservation (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1977).

Dupaigne, P.; “Boissons di�t�tiques � base de fruits”, Fruits, vol. 25, 1970, no 9, pp. 635-647.

Dupaigne, P.; “Les boissons de fruits. Pr�paration et conservation” (Paris, PUF, collection “Techniques vivantes”, 1972).

Duverneuil, G.: “Les machines sp�cifiques d'�pluchage et de pr�paration de fruits tropicaux”, Machinisme agricole tropical, 1979, vol. 63, no 17.

Duverneuil, G., Haendler, L.: “Organisation des usines de d�corticage m�canique des noix de cajou”, Fruits, vol. 28, no 10, 1979.

Duverneuil, G., Haendler, L.: “Evolution des m�thodes de traitement des noix”, Fruits, vol. 28, no 7-8, 1979.

FAO, Annuaire de la production, vol. 35, 1981.

Fremond, Y.: Le cocotier (Paris, Maisonneuve et Larose, Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, no 8, 1966).

Grimwood, B.E.: Les produits du cocotier (Rome, FAO, Progr�s et mise en valeur - Agriculture, no 9, 1976).

Groupement de recherches et d'�tudes technologiques: Le point sur la transformation des fruits tropicaux (Paris, dossier no 2, 1984).

Haendler, L.: “Produits de transformation de la banane”, Fruits, vol. 21, no 7, 1966, pp. 329-342.

Harris, R.S., Karmas, E.: Nutritional evaluation of food processing (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1975).

Lancrenon, X.: “Les sous-produits des conserveries d'ananas”, dans Industries alimentaires et agricoles, no 7-8, 1982, pp. 583-588.

Laroussilhe-de, F.: “Le Manguier” (Paris, Maisonneuve et Larose, Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, no 29, 1980).

Lasnet de Lanty, H.: Conserves familiales (Paris, Flammarion, 1965).

Leraillez, P.: La conservation industrielle des fruits (Paris, J.B. Bailli�re et fils, 1969).

Leroy, J.F.: Les fruits tropicaux et subtropicaux (Paris, PUF, collection “Que sais-je?”, 1971).

Lery, F.: Les conserves (Paris, PUF, collection “Que sais-je?”, 1971).

Miche, J.C.: La conservation des aliments (Paris, PUF, collection Techniques vivantes, 1973).

Nagy, S., Shaw, P.E.: Citrus science and technology (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., vol. 1-2, 1977).

Nagy, S., Shaw, P.E.: Tropical and subtropical fruits (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1980).

Nelson, Tressler: Fruit and vegetable juice processing technology (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1980).

ONUDI: Le conditionnement des denr�es alimentaires et ses mat�riaux, Etude sur les industries alimentaires no 5 (Vienne, 1970).

ONUDI: First global study on the food processing industry (Vienne, 1981).

Praloran, J.C.: Les agrumes (Paris, Maisonneuve et Larose, Ed. Techniques agricoles et productions tropicales, 1971).

Villemont, M.: Le grand livre de la nutrition et de la di�t�tique, vol. 3 (Paris, R. Laffont, 1973).

Woodroof, J.G., Philipps, F.: Beverages - Carbonated and non carbonated (Westport, Connecticut, AVI Publishing Co., 1981).

Worgan, J.T.: “Canning and bottling as methods of food preservation in developing countries”, Appropriate Technology, vol. 4, no 3, pp. 15-16.

Annexe V: Questionnaire

1. Nom ............................................................................................................


2. Adresse .......................................................................................................

.........................................................................................................................

.........................................................................................................................


3. Profession (pri�re de cocher la case correspondante)




Responsable d'une conserverie de fruits et l�gumes .....................

/_/

Dans l'affirmative, indiquer l'�chelle de production .........................................

.........................................................................................................................



Fonctionnaire d'un organisme d'Etat ...............................................

/_/

Dans l'affirmative, indiquer la fonction ............................................................

.........................................................................................................................



Collaborateur d'une institution financi�re ........................................

/_/

Dans l'affirmative, indiquer la fonction ............................................................

.........................................................................................................................



Membre d'une universit� .................................................................

/_/



Collaborateur d'une institution technologique ..................................

/_/

Dans l'affirmative, donner le nom de l'institution ............................................

.........................................................................................................................



Collaborateur d'un institut de formation ...........................................

/_/

Dans l'affirmative, pr�ciser .............................................................................

.........................................................................................................................


Autre

(Sp�cifier) .......................................................................................................

.........................................................................................................................


4. Comment avez-vous obtenu une copie du pr�sent dossier technique?

Pr�ciser si vous l'avez obtenue gratuitement ou si vous l'avez achet�e:

.........................................................................................................................

.........................................................................................................................


5. Ce dossier vous a-t-il aid� (cocher la case correspondante):


- � prendre connaissance de techniques de conservation que vous ne connaissiez pas ................................................................

/_/



- � estimer le co�t unitaire de production pour diff�rentes �chelles de production et diff�rentes technologies
.........................................................................................................

/_/



- � commander de l'�quipement pour la production locale
.........................................................................................................

/_/



- � am�liorer votre technique de production ....................................

/_/



- � diminuer les co�ts de fonctionnement .......................................

/_/



- � s�lectionner une �chelle de production ou une technologie pour cr�er une unit� de transformation de l�gumes .......................

/_/



- si vous �tes employ� par le gouvernement, � formuler des mesures et des politiques pour l'industrie de la conserve .........................................................................................................

/_/



- Si vous �tes membre d'une institution financi�re, � �tudier une demande de pr�t pour la cr�ation d'une unit� .................................

/_/



- Si vous travaillez dans un institut de formation, � l'utiliser comme mat�riel didactique ..........................................................................

/_/



- Si vous �tes un expert international, � am�liorer la qualit� des conseils fournis � vos interlocuteurs sur les technologies de conservation des fruits et l�gumes ..................................................

/_/




6. Ce dossier est-il suffisamment d�taill� en ce qui concerne:



(Oui)

(Non)

- la description des aspects techniques,

/_/

/_/

- l'estimation des co�ts,

/_/

/_/

- l'�valuation des effets socio-�conomiques,

/_/

/_/

- les informations bibliographiques?

/_/

/_/


Si vous avez fourni des r�ponses n�gatives, pri�re d'en donner les raisons ci-dessous ou sur une feuille s�par�e
.........................................................................................................................
.........................................................................................................................
.........................................................................................................................
.........................................................................................................................

7. Comment pourrait-on am�liorer le pr�sent dossier dans l'�ventualit� d'une seconde �dition?
.........................................................................................................................
.........................................................................................................................

8. Pri�re de faire parvenir le pr�sent questionnaire, d�ment rempli, �:

Service de la technologie et de l'emploi
Bureau international du Travail,
CH-1211 Gen�ve 22 (Suisse)

9. Si vous d�sirez obtenir des informations compl�mentaires sur certaines questions trait�es dans le pr�sent dossier, le BIT s'efforcera de vous les fournir.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
ANNEXES
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE

QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT

Technologie du travail de la corne

Description des techniques de travail de la corne et du mode de fabrication d'une s�rie d'objets utilitaires ou d�coratifs en corne. Donn�es pour le calcul des prix de revient.

ISBN 92-2-205358-3
15 fr. suisses

Pr�cis de dessin technique � l'usage des formateurs d'artisans

Le d�veloppement de l'artisanat exige une am�lioration des outillages, des �quipements et des m�thodes de production. Mais il exige aussi l'acquisition d'un «langage»: le dessin technique, sans lequel il est exclu d'�tablir des normes de qualit� et d'aborder la production en petite s�rie. Fond� sur une p�dagogie originale d�j� exp�riment�e avec succ�s, cet ouvrage est � la fois un manuel � l'usage des formateurs et un aide-m�moire o� les artisans trouveront tous les renseignements dont ils pourront avoir besoin durant leur apprentissage du dessin technique et dans leur vie professionnelle.

ISBN 92-2-205686-8
15 fr. suisses

Le s�chage solaire. M�thodes pratiques de conservation des aliments

Description de plusieurs mod�les de s�choirs et pr�sentation d�taill�e de proc�d�s simples de s�chage et de conditionnement du poisson, des l�gumes, des fruits et des c�r�ales. Expos� des principes et des m�thodes de l'action de vulgarisation.

ISBN 92-2-205357-5
20 fr. suisses

S�rie Technologie

Les dossiers techniques publi�s dans cette s�rie s'adressent aux petites entreprises, aux services de planification et de promotion de la petite industrie comme aux organismes de coop�ration technique. Leur but est de faire conna�tre des techniques de production � petite �chelle particuli�rement adapt�es aux conditions socio-�conomiques qui se rencontrent dans les pays en d�veloppement. Plusieurs des volumes publi�s en anglais doivent �tre traduits en fran�ais.

ISSN 0258-0462

N° 3: Small-scale processing of fish

Traitement du poisson. Pr�paration, conservation, conditionnement de poisson sal�, s�ch�, fum�, bouilli ou ferment�. Evaluation �conomique des diff�rentes m�thodes de pr�paration. Mesures de protection de l'environnement.

ISBN 92-2-103205-1
17,50 fr. Suisses

N° 5: Small-scale oil extraction from groundnuts and copra
Production d'huile d'arachides et d'huile de coprah.

ISBN 92-2-103503-4
17,50 fr. suisses

N° 7: Small-scale maize milling

Mouture du ma�s. Description d�taill�e de diff�rentes techniques de mouture pour la production de trois qualit�s de farine. Pr�paration des grains, d�corticage, mouture, tamisage et ensachage. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes techniques.

ISBN 92-2-103640-5
17,50 fr. suisses

N° 9: Small-scale processing of pork
N° 10: Small-scale processing of beef

Fabrication de produits carn�s, porc et bœuf. Description des proc�d�s de production de divers produits. Approvisionnement en viande, installations et mat�riel, fabrication, conditionnement. Evaluation socio-�conomique des diff�rentes options techniques. Mesures de protection de l'environnement.

ISBN 92-2-100542-9
20 fr. Suisses

ISBN 92-2-105050-5
20 fr. suisses

N° 11: Le stockage du grain

Description des techniques de stockage au niveau villageois et au niveau communautaire. Caract�ristiques des grains et facteurs de d�gradation. Moyens de stockage traditionnels, utilisation de structures nouvelles. Calcul des co�ts de stockage.

ISBN 92-2-205415-6
20 fr. Suisses

N° 13: Conservation des l�gumes � petite �chelle

Description d'une s�rie de techniques de conservation - par s�chage, par le sel, par le vinaigre, par fermentation, par appertisation - pour une production artisanale ou semi-industrielle. R�gles d'hygi�ne et de protection de l'environnement � observer. Evaluation des co�ts de production. Etude d'une petite unit� de transformation.

ISBN 92-2-206402-X
20 fr. Suisses

N° 15: Fabrication artisanale d'outils manuels pour l'agriculture

Description des techniques de fabrication de dix-sept mod�les d'outils, � l'unit� ou en petites s�ries. D�termination des co�ts de production avec fiches de calcul du prix de revient.

ISBN 92-2-206404-6
27,50 fr. suisses

Les prix peuvent �tre modifi�s sans pr�avis.

Conservation des Fruits � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 244 p.)
(introduction...)
PREFACE
REMERCIEMENTS
CHAPITRE 1. SUJET ET CONTENU DU DOSSIER TECHNIQUE
CHAPITRE 2. PRETRAITEMENTS
CHAPITRE 3. CONSERVATION PAR SECHAGE
CHAPITRE 4. CONSERVATION PAR LE SUCRE
CHAPITRE 5. CONSERVATION PAR LA CHALEUR
CHAPITRE 6. CONSERVATION PAR LE SEL ET LE VINAIGRE
CHAPITRE 7. CONSERVATION PAR FERMENTATION
CHAPITRE 8. CONDITIONNEMENT
CHAPITRE 9. HYGIENE ET PROPRETE DANS L'USINE
CHAPITRE 10. EFFETS DE LA TRANSFORMATION ARTISANALE OU SEMI-INDUSTRIELLE DES FRUITS
CHAPITRE 11. METHODES D'ETUDE DES COUTS DE PRODUCTION
CHAPITRE 12. CONCEPTION D'UNE UNITE DE TRANSFORMATION DE FRUITS ET APPLICATION DE LA METHODOLOGIE
ANNEXES
QUELQUES PUBLICATIONS DU BIT
COUVERTURE ARRIERE

COUVERTURE ARRIERE

Conservation des fruits � petite �chelle

La conservation des denr�es alimentaires pose un grand probl�me dans beaucoup de pays en d�veloppement. Il existe de nombreuses m�thodes simples de conservation tout � fait adapt�es aux conditions qui se rencontrent dans ces pays, mais elles sont tr�s mal connues. C'est la raison qui a conduit le BIT � publier une s�rie de dossiers techniques sur le sujet. Celui-ci traite de la conservation des fruits, qui peut concourir � compenser les fluctuations de la production, � am�liorer l'�quilibre nutritionnel des populations, � substituer certaines conserves aux produits import�s et � cr�er des emplois dans les zones rurales. Un dossier analogue a �t� publi� sur la Conservation des l�gumes � petite �chelle (ISBN 92-2-206402-X).

Le dossier pr�sente une s�rie de techniques de conservation - par s�chage, par le sucre, par la chaleur, par le sel et le vinaigre, par fermentation - pour une production artisanale ou semi-industrielle. Il indique les r�gles d'hygi�ne et de protection de l'environnement � observer et propose une m�thodologie pour l'�valuation des co�ts de production, illustr�e par l'�tude d'une petite unit� de transformation.

Ce dossier a �t� pr�par� sous l'�gide du Bureau international du Travail et du Programme des Nations Unies pour l'environnement. La s�rie Technologie, dans laquelle il est publi�, a pour but de faire conna�tre diff�rentes techniques de production � �chelle restreinte et d'aider les petites entreprises, les services de planification et de promotion de la petite industrie comme les organismes de coop�ration � choisir les solutions les mieux adapt�es aux conditions socio-�conomiques locales.

ISBN 92-2-206403-8
Prix: 27,50 francs suisses

↑ Back to top